Dès le printemps de nombreuses annonces ont été faites pour mieux anticiper les impacts du réchauffement climatique et s’y préparer : hausse exceptionnelle du plafond de dépenses des agences de l’eau, création d’un fonds vert pour contribuer à l’adaptation des territoires, hausse des moyens pour la sécurité civile. Le projet de budget pour 2023 est l’occasion de vérifier comment ces annonces se sont traduites concrètement en moyens humains et financiers. Et malgré plusieurs signaux encourageants, on peut regretter que le compte n’y est pas.
Incendies, vagues de chaleur, sécheresse, orages violents : l’été 2022 a de nouveau été marqué par des phénomènes climatiques extrêmes. Un symptôme de plus – s’il en faut – que le changement climatique est déjà bien à l’œuvre en France. Le GIEC est formel : même si les efforts en matière d’atténuation devront continuer et s’intensifier à l’avenir, il est également nécessaire d’investir pour renforcer la résilience de la France face aux nouvelles conditions climatiques. Il est urgent de ne pas attendre, c’est une question d’efficacité de la dépense publique : intégrer l’évolution du climat dans les politiques publiques dès leur conception coûtera moins cher que d’en subir les coûts a posteriori. Pourtant cette démarche reste marginale et en septembre 2022 nous identifiions un ensemble d’au moins 50 milliards d’euros d’investissements publics pour lesquels la question de l’adaptation au changement climatique n’est pas explicitement posée.
Au moins 50 milliards d’euros d’investissements publics devraient intégrer l’adaptation au changement climatique selon l’I4CE
Dès le printemps de nombreuses annonces ont été faites pour mieux anticiper les impacts du réchauffement climatique et s’y préparer : hausse exceptionnelle du plafond de dépenses des agences de l’eau, création d’un fonds vert pour contribuer à l’adaptation des territoires, hausse des moyens pour la sécurité civile. Le projet de budget pour 2023 est l’occasion de vérifier comment ces annonces se sont traduites concrètement en moyens humains et financiers. Et malgré plusieurs signaux encourageants, on peut regretter que le compte n’y est pas.
Forte hausse pour le budget de la sécurité civile
Commençons par le budget de la sécurité civile. Pour son directeur, Alain Thirion, l’intensité et la succession des évènements climatiques de l’été 2022 ont amené notre système de réponse « proche de sa rupture capacitaire ». Dès lors, pour anticiper les prochaines crises et ne plus revivre les situations tendues, le budget 2023 de la sécurité civile connait une hausse de ses moyens de près de 60%. Cette hausse correspond certes à des augmentations de crédits sans lien avec l’évolution du climat (jeux olympiques de Paris 2024, nouvelles tensions géopolitiques), mais aussi – surtout – au renouvellement de la flotte d’avions et d’hélicoptères qui assurent les missions de secours, de reconnaissance aérienne et de lutte contre les feux de forêt, ainsi que les infrastructures liées. Déjà engagée depuis plusieurs années, les échéanciers de paiements ont en fait été accélérés dans le budget 2023. Ce renouvellement contribuera à améliorer la réponse opérationnelle, mais sera-t-il suffisant pour faire face à l’évolution des risques au premier rang duquel les feux de forêt ? Des discussions sont en cours au ministère de l’intérieur en lien avec l’ensemble des ministères pour tenter de répondre à cette question.
Malgré la sécheresse persistante : le budget des agences de l’eau reste gelé depuis deux ans
Alors que la France connait toujours en octobre un épisode de sécheresse intense qui touche l’ensemble de son territoire, le budget des agences de l’eau pour 2023 dont les missions recouvrent -entre autres – l’adaptation au changement climatique, est toujours gelé à sa valeur de 2021, soit 2,2 milliards d’euros. Le gel de leur budget pose évidemment question dans le nouveau contexte climatique, alors que les besoins additionnels sont estimés autour de 300 M€/an et qu’elles connaissent une baisse d’effectifs depuis plus de 10 ans. Le manque de budget a été mis en lumière cet été, l’Etat ayant dû l’augmenter en urgence de 100 millions d’euros pour faire face à la sécheresse estivale. Une enveloppe exceptionnelle qui, donc, ne sera pas pérennisée. Plusieurs amendements ont été déposés à l’Assemblée pour rehausser, suspendre et supprimer le plafond des dépenses des agences. Ils ont tous été rejetés.
Des moyens toujours limités pour les principaux opérateurs qui contribuent à l’adaptation
À la suite des violents orages qui ont frappé la Corse cet été, Météo-France s’est retrouvé sur le devant de la scène et une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur le dysfonctionnement de son système d’alerte qui a été déclenché trop tardivement. Pour certains, c’est le manque de moyen de l’opérateur qui en est l’origine. En 10 ans, Météo-France a perdu près de 25% de ses postes et 17% de sa subvention pour service publique.
Évolution du plafond d’emplois de Météo France de 2012 à 2023
En 2023, la tendance s’inverse. 6 emplois équivalents temps-plein (ETP) supplémentaires ont été accordés à Météo-France, alors qu’une suppression de 35 postes était initialement prévue, ainsi qu’un budget additionnel de 16 millions supplémentaires. Ces nouveaux crédits sont fléchés vers les moyens opérationnels pour, justement, mieux anticiper les phénomènes orageux. Pour autant, les besoins humains et financiers restent nombreux, tant en recherche amont pour mieux connaitre l’évolution du climat en France qu’en moyens renforcés sur le territoire pour mieux répondre aux obligations de service public d’alerte et de suivi des évènements météos redevenus incontournables dans le nouveau contexte climatique.
S’agissant des autres opérateurs qui jouent un rôle important pour l’adaptation, les moyens humains dans le budget 2023 sont gelés pour l’IGN, le CEREMA, les parcs nationaux, le conservatoire du littoral. Et la baisse des effectifs se poursuit à l’ONF sur une trajectoire légèrement revue (-80 ETP en 2023, contre -95 prévus initialement). Seul les moyens humains et financiers de l’ADEME connaissent une hausse structurelle, notamment pour assurer la mise en œuvre des actions du plan France 2030.
Un fonds vert à 2 milliards d’euros, mais combien pour l’adaptation ?
Lors de son discours du 13 octobre aux Assises Nationales de la Prévention des Risques, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Christophe Béchu a confirmé la volonté du gouvernement de rehausser le budget dédié au nouveau Fonds vert. Initialement doté d’1,5 milliards d’euros, les crédits à engager en 2023 atteindront finalement 2 milliards d’euros. Les crédits dédiés à l’adaptation quant à eux, initialement prévus à 135 millions d’euros, devraient aussi logiquement augmenter. Si l’annonce de ce fonds est une bonne nouvelle pour l’adaptation des collectivités, plusieurs points de vigilance subsistent.
Tout d’abord, quelle sera in fine la part du Fonds réellement dédié à l’adaptation ? En finançant « tout ce qui est bon pour le climat », le fonds laisse la liberté aux collectivités quant à son utilisation. Elles auront la possibilité d’investir dans des projets de zones à faibles émissions, de rénovations énergétiques autant que de renaturation ou de désimperméabilisation des sols. Dans ces conditions, il est difficile de connaitre précisément à quelle hauteur le Fonds vert contribuera à renforcer la résilience de la France.
Se donner les moyens de s’adapter aux conséquences du changement climatique en France : de combien parle-t-on ?
Par ailleurs, on peut douter du fait que les crédits prévus pour l’adaptation seront suffisants. En juin 2022, nous proposions un ensemble de 18 mesures budgétaires chiffrées à 2,3 milliards d’euros supplémentaires pour initier des premières briques d’adaptation dont une grande partie pourrait entrer dans le périmètre du Fonds vert. Il s’agit par exemple d’actions relatives à la renaturation et la désimperméabilisation en ville, à la prise en compte de l’évolution du climat dans certains bâtiments publics ou encore à l’accompagnement des collectivités dans la construction de leur stratégie de recomposition du littorale.
Se donner les moyens de s’adapter aux conséquences du changement climatique en France : de combien parle-t-on ?
Enfin, les moyens humains et financiers en lien avec les politiques d’adaptation doivent s’inscrire dans la durée car s’adapter au changement climatique demande du temps. À ce jour, les autorisations d’engagement de 2 milliards d’euros ne concernent que l’année 2023 et aucune annonce n’a encore été faite pour la suite. L’enjeu est donc bien de pérenniser ces crédits dans la durée.
Des discussions à engager dès maintenant pour préparer la suite
Le climat change et il n’est plus possible de ne pas en tenir compte. Cela nécessite de réinterroger un grand nombre de politiques qui contribuent déjà à l’adaptation : la sécurité civile, la prévention des risques ou encore la gestion de la ressource en eau. Mais cela nécessite aussi d’intégrer ce nouveau paramètre dans de nombreuses politiques discutées par ailleurs : construire des bâtiments ou des villes en tenant compte de l’évolution de la chaleur, recomposer le littoral avec la hausse du niveau de la mer ou encore réinventer certains modèles touristiques ou agricoles. Ces « chantiers » de l’adaptation demandent des moyens financiers et humains spécifiques dont l’ampleur exacte reste à définir. Pour ne pas perdre de temps, il est nécessaire d’engager sans attendre des discussions pour chacun d’entre eux afin de situer plus finement le niveau de besoin à engager notamment par l’état. Et préparer ainsi, dès maintenant, la future loi de programmation énergie-climat, la future stratégie française énergie-climat et le budget 2024.
Depuis le 1er janvier 2021, conformément à la loi antigaspillage pour une économie circulaire (AGEC), cinq produits pilotes sont soumis à l’indice de réparabilité, un outil visant à transmettre au consommateur une meilleure information sur le caractère réparable de ses achats. Alors que cet indice s’étendra dès le 4 novembre à de nouvelles catégories de produits, le Gifam, Groupement des marques d’appareils pour la maison, s’est associé à Agoragroup pour créer une plateforme d’information de référence recensant l’ensemble des appareils soumis à l’indice de réparabilité.
En bref
L’indice de réparabilité a été créé par l’ensemble de la filière : pouvoirs publics, industriels, consommateurs et associations. Il vient en plus de l’étiquette énergie pour mieux informer le consommateur et pour encourager la réparation
Il existe des informations dispersées sur les différents sites des fabricants et des distributeurs avec un enjeu fort de mise à jour des données. D’où l’intérêt d’une plateforme pour centraliser, transmettre et actualiser l’info sur monindicedereparabilite.fr, une plateforme :
Complète dans l’exhaustivité des données collectées ou transmises par les fabricants
Fiable grâce à un travail en concertation avec tous les acteurs et parties prenantes de la filière
Impartiale avec un financement par les marques dans l’intérêt général sans but lucratif
Simple et lisible avec une recherche intuitive par marque, catégorie d’appareils ou référence
Évolutive vers l’indice de durabilité et pourquoi pas intégrer plus d’informations (étiquette énergie et futures normes sur le recyclage des pièces ou la part de produits recyclés utilisés)
L’indice concerne aujourd’hui 1000 références. La plateforme permet d’identifier les marques engagées à transmettre leurs données liées à l’indice de réparabilité. 28 marques ont financé le développement initial permettant à tous les autres, quelle que soit leur taille, d’accéder à la plateforme pour une somme forfaitaire.
Faciliter l’information des consommateurs et des professionnels avec l’indice de réparabilité
Recueillir des données pour mesurer la durée de vie des produits réparables et leur recyclage
Favoriser l’économie circulaire et le développement durable de toute la filière
2015 : info sur la réparabilité en affichant la durée de la disponibilité des pièces détachées
2021 : loi AGEC et naissance de l’indice de réparabilité avec la création d’un baromètre Gifam sur la durée de vie des produits
2022 : Bilan du déploiement de l’indice de réparabilité et lancement de la plateforme en ligne monindicedereparabilite.fr
2024 : Vers un indice de durabilité en France et bientot en Espagne et en Allemagne pour préparer un indice européen
Le fonds réparation (abondé par l’éco participation qui finance déjà le recyclage) aide à lever le frein sur le coût incompressible d’une intervention pour réparer un produit (-10 à 15% de remise sur le coût de la réparation) par rapport à l’achat d’un produit neuf)
Loi anti-gaspillage
Transformer notre système en profondeur : tel est l’objectif de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dont les 130 articles permettent de lutter contre toutes les différentes formes de gaspillage. La loi vise à transformer notre économie linéaire, produire, consommer, jeter, en une économie circulaire.
Elle se décline en cinq grands axes :
sortir du plastique jetable ;
mieux informer les consommateurs ;
lutter contre le gaspillage et pour le réemploi solidaire ;
agir contre l’obsolescence programmée ;
mieux produire.
Elle fixe de nouveaux objectifs pour les années à venir.
Mis en place il y a près de deux ans, l’indice de réparabilité est un dispositif ambitieux et unique à l’échelle mondiale, issu d’un travail collaboratif initié en 2018 par les pouvoirs publics et associant les parties prenantes : fabricants, ONG, associations de consommateurs, réparateurs et acteurs de la distribution. Depuis le 1er janvier 2021, il est obligatoire pour cinq catégories d’appareils : les lave-linge à hublot, les smartphones, les PC portables, les téléviseurs et les tondeuses. Son objectif : attribuer à chaque appareil issu de ces catégories une note sur 10 indiquant leur caractère plus ou moins réparable.
Aujourd’hui, l’indice de réparabilité constitue un outil fiable et efficace pour améliorer l’information délivrée aux consommateurs et faire émerger des appareils de plus en plus réparables. A partir du 4 novembre 2022 il s’étendra à de nouveaux produits : les lave-linge top, lave-vaisselle, aspirateurs (filaire, non filaire et robot) et nettoyeurs haute-pression. A terme, l’indice de réparabilité évoluera vers un indice de durabilité, incluant des paramètres supplémentaires.
Engagés sur les enjeux de sensibilisation des consommateurs à la réparabilité et la durabilité des appareils depuis de longues années, les fabricants d’électroménager ont souhaité aller encore plus loin dans leur démarche en lançant une plateforme d’information dédiée au dispositif, accessible à l’adresse : www.monindicedereparabilite.fr
Pensée pour devenir un outil de référence autant pour les consommateurs que pour les distributeurs, cette plateforme vise à répertorier au sein d’un espace unique les catégories d’appareils et références soumises à l’indice de réparabilité (incluant les appareils hors électroménager), afin de clarifier l’information transmise aux consommateurs avant leur achat. Son architecture et son fonctionnement ont été pensés pour proposer une vue exhaustive des notes attribuées à chacun des appareils concernés. L’information dispensée sera impartiale, sans classement ou mise en avant arbitraire des produits, afin que le consommateur puisse faire son choix en disposant d’informations complètes.
Concrètement, les utilisateurs pourront entrer la catégorie, la marque et la référence du produit pour obtenir l’ensemble de ses caractéristiques.
Cette plateforme a par ailleurs vocation à être évolutive : les indices déjà calculés pourront être mis à jour et elle pourra également évoluer en fonction des obligations légales autour de l’indice de réparabilité.
« Pour assurer le succès de l’indice de réparabilité et sa compréhension, il nous semble indispensable que les consommateurs aient une vision exhaustive de l’ensemble des produits qui y sont soumis. » commente Véronique Denise, Présidente du Gifam.
Une plateforme développée par Agoragroup
Né sous l’impulsion des marques d’électroménager, monindicedereparabilite.fr a été entièrement créé par Agoragroup, spécialiste de l’ingénierie IT de la gestion du service après-vente et de la réparation des biens de consommation.
Partenaire historique des fabricants, Agoragroup est en contact quotidien avec les acteurs de la chaine à travers son expertise IT en matière de gestion du SAV. La société gère notamment 8 millions de commandes de pièces détachées par an et accompagne 2 millions de consommateurs chaque année.
Garant de l’exhaustivité, de la fiabilité et de l’impartialité de la plateforme, il assurera le contact direct avec les fabricants – qui proactivement soumettront leur note et les paramètres de l’indice – la maintenance et l’évolution technique du site.
– www.agoragroup.io/
À propos du Gifam
Le Gifam est historiquement le Groupement Interprofessionnel des Fabricants d’Appareils d’équipement Ménager. Devenu le Groupement des marques d’appareils pour la maison, il rassemble aujourd’hui une centaine de marques, grands groupes internationaux et PME, qui accompagnent le consommateur au quotidien en proposant des produits innovants en électroménager et confort thermique électrique.
monindicedereparabilite.fr s’inscrit dans la continuité des initiatives menées par le Gifam pour sensibiliser les consommateurs avant, pendant et après l’achat de leurs appareils. Ainsi, le site vient compléter le panel d’outils mis à leur disposition pour s’informer à l’instar du baromètre sur la durée de vie des appareils, des guides pratiques sur l’entretien des appareils ou encore des données informatives portant sur la durée de disponibilité des pièces détachées des appareils de GEM et de PEM.
Le Gifam encourage plus largement les consommateurs à la réparation, au réemploi et au recyclage de leurs appareils électroménagers. Il a participé activement aux groupes de travail sur l’indice de réparabilité et contribue activement aux travaux concernant le futur indice de durabilité.
La guerre en Ukraine est venue placer la crise alimentaire mondiale sur le devant de la scène. Celle-ci n’est pourtant pas nouvelle. L’insécurité alimentaire ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années, à l’instar des prix alimentaires mondiaux qui ont atteint des niveaux records en 2021. Après deux années de pandémie, face aux dérèglements du climat, aux conflits et à leurs conséquences économiques pour les populations, l’absence de résilience de nos systèmes agricoles et alimentaires est flagrante. À l’heure où le monde subit sa troisième crise alimentaire du 21e siècle, affectant en premier lieu les populations vulnérables, les réponses à apporter doivent être en rupture avec celles proposées lors des précédentes crises alimentaires. Ce décryptage s’intéresse aux facteurs déterminants des crises alimentaires et identifie les leviers nécessaires pour apporter des réponses efficaces et structurantes pour l’avenir de nos systèmes alimentaires.
Pourquoi est-on autorisé à vivre dans de nombreux parcs nationaux en Europe alors que cela n’est pas permis en Afrique ? Pourquoi qualifions-nous de « chasseur » une personne blanche qui chasse alors que, s’il s’agit d’une personne noire et/ou autochtone, on parle de « braconnier » ? Et pourquoi pensons-nous que la « nature sauvage » est un paysage naturel vide de toute population alors qu’en réalité presque tous ces lieux ont été habités, façonnés et gérés par les humains depuis des millénaires ? Survival International lance son Guide pour décoloniser le langage de la conservation, qui répond à des questions telles que celles posées ci-dessus et remet en question une grande partie du langage « neutre » et « scientifique » couramment utilisé pour parler de la conservation de la nature, la biodiversité ou le changement climatique.
l’I4CE – Institute for Climate Economics publie l’édition 2022 du Panorama des investissements climat en France et le résumé exécutif de l’Évaluation des besoins d’investissements des collectivités pour le climat. Les collectivités devraient plus que doubler leurs investissements climat pour atteindre les objectifs inscrits dans la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC). Avec la crise énergétique et le bouclier tarifaire, la France paie au prix fort une dépendance aux énergies fossiles entretenue par un manque chronique d’investissements dans la décarbonation de l’économie.
Les enjeux biodiversité et entreprisesCréé en 2016, le Forum Biodiversité et Économie est un événement organisé tous les deux ans par l’Office français de la biodiversité. Sa 4e édition s’est déroulée mi octobre 2022 à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris. À destination des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs confondus, ce Forum est le lieu de rassemblement et de mobilisation des entrepreneurs, organisations professionnelles, représentants des secteurs privés, associations, etc. déjà engagés ou qui souhaitent s’engager en faveur de la biodiversité.
Cette édition 2022 a été l’occasion d’aborder les principaux enjeux du monde économique et de la biodiversité ainsi que des sujets spécifiques et d’actualité tels que l’adaptation au changement climatique, le rôle du secteur financier, le zéro artificialisation nette, la conciliation entre la transition énergétique et la biodiversité ou encore le développement économique en Outre-mer.
Il a aussi été question de l’ambition, de la qualité et de la robustesse des engagements pris par les entreprises. De nombreux sujets pour lesquels l’Office français de la biodiversité et ses partenaires portent des programmes, travaux et dispositifs pour enclencher un mouvement de transformation des entreprises et de leur écosystème d’acteurs.
4éme édition du Forum Biodiversité et Économie
4éme édition du Forum Biodiversité et ÉconomieL’édition 2022 du Forum Biodiversité et Économie s’est structurée autour d’une question majeure : comment changer d’échelle et accélérer la mise en œuvre des changements nécessaires sur le terrain et dans les entreprises ?
Afin de répondre au mieux aux besoins des entreprises, le programme a été coconstruit via un appel à propositions d’atelier et grâce à l’appui de neuf partenaires : BPI France, CDC Biodiversité, Engage, Entreprises pour l’environnement (EpE), Finance for tomorrow, La ligue pour la protection des oiseaux (LPO), ORÉE, RespectOcean et le Comité français de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).
Au total, 64 ateliers portés par plus de 30 organisations étaient proposés sur ces deux journées. Six thèmes ont été mis à l’honneur :
le parcours Climat et biodiversité traite des enjeux de conciliation entre préservation de la biodiversité et transition énergétique,
le parcours Aménagement et biodiversité se focalise sur les nouveaux enjeux liés à l’objectif de zéro artificialisation nette,
le parcours Finance et biodiversité donne des outils pour répondre au nouveau contexte réglementaire et les nouvelles trajectoires d’investissement.
une animation fresque de la biodiversité, fresque océane ou encore fresque du facteur humain.
le parcours Biodiversité marine aborde notamment les passerelles terre-mer à faire tant dans les impacts que dans les solutions
le parcours Ultra-marin, 100 % en digital, traite en particulier des modalités de développement de filières favorables à la biodiversité.
Favoriser les projets d’activités économiques favorables à la biodiversité dans les territoires d’Outre-mer
En dehors de ces parcours, les ateliers traitent de différentes méthodes et outils pour intégrer la biodiversité dans les entreprises (agir contre la pollution lumineuse, utiliser des végétaux locaux, etc.).
Deux séances plénières ont été l’occasion de débattre des « changements transformateurs » nécessaires pour résoudre la crise de la biodiversité, selon l’expertise scientifique de l’IPBES. La place des entreprises, les trajectoires possibles ou souhaitables ou encore les leviers de transformation pour les secteurs économiques ont été abordés.
Les enjeux biodiversité et entreprises
L’évaluation mondiale réalisée par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) décrit une crise de la biodiversité sans précédent avec près d’1 million d’espèces menacées d’extinction.
Elle identifie 5 facteurs d’érosion de la biodiversité :
LE CHANGEMENT D’USAGE DES TERRES ET DES MERS : En France, 600 000 ha de sols ont disparu sous le béton entre 2006 et 2015, soit l’équivalent du département de la Seine-et-Marne. 462 000 km de routes et d’autoroutes et 30 000 km de voies ferrées entravent le cycle de vie des espèces.
LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : La température moyenne observée localement près du massif du Mont-Blanc a augmenté de +4°C entre les années 1950 et 2000.
LA SUREXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES : En France, 40% des stocks de pêche qui font l’objet d’une évaluation, s’avèrent ne pas être exploités de façon durable.
LES POLLUTIONS : 68 500 tonnes de pesticides ont été achetés pour être épandus sur les sols français en 2016.
LES ESPÈCES EXOTIQUES ENVAHISSANTES : 49 espèces exotiques envahissantes ont été repérées sur le territoire français.
Dans ce rapport, et à l’instar des messages concernant le changement climatique, les scientifiques appellent à engager rapidement des « changements transformateurs », c’est-à-dire des changements en profondeur de nos modes de vie, de consommation
et de production afin de rejoindre une trajectoire de préservation et de restauration du tissu vivant de la planète.
Ces changements nécessitent une mobilisation de l’ensemble de la société. Aux premiers rangs des acteurs qui peuvent jouer un rôle significatif, les entreprises ont une marge de manœuvre importante pour intégrer la biodiversité au cœur de leur activité.
Concilier les enjeux de transition énergétique et de préservation de la biodiversité
En effet, les activités économiques ont un impact sur la biodiversité, elles contribuent aux facteurs d’érosion listés ci-dessus, que ce soit sur leur territoire comme à l’échelle mondiale à travers les chaînes de production, d’approvisionnement ou encore les choix d’investissements. En parallèle, les entreprises sont aussi dépendantes, directement ou indirectement, d’une biodiversité en bonne santé et du bon fonctionnement des écosystèmes naturels. Elles en tirent un certain nombre de biens et services (dits « services écosystémiques ») nécessaires à leurs activités (matières premières, fibres, matériaux, pollinisation, énergie, régulation des évènements extrêmes ou des maladies, etc.).
Offrir des leviers d’action aux entreprises pour s’adapter aux effets du changement climatique
Cette relation d’impacts et de dépendances entre les entreprises et la biodiversité représente un double enjeu. D’une part, elle invite à réintégrer l’économie dans
les limites planétaires, en réduisant les impacts et en multipliant les contributions positives, mais aussi en développant de nouveaux modèles économiques. D’autre part, parce qu’elle est à la fois source de risques à gérer et d’opportunités à saisir, la biodiversité doit prendre toute sa place dans les modèles d’affaires de ces dernières.
Cette matérialité des enjeux n’est pas toujours perçue par les entreprises. Pour cela, l’OFB a développé des infographies permettant d’illustrer, à l’aide de données chiffrées, l’intérêt économique pour les entreprises à prendre en compte la biodiversité et à agir pour la préserver.
Mieux cerner les relations complexes entre biodiversité et système financier
Celles-ci regroupent les opportunités en trois grandes catégories :
• Intégrer la biodiversité offre de nouveaux débouchés : accès à de nouveaux marchés de produits dits « verts » à forte valeur ajoutée pour répondre à l’augmentation des préoccupations environnementales qui peut se traduire par des changements de comportement des consommateurs et des donneurs d’ordres (appels d’offres, etc.).
• Intégrer la biodiversité permet de réduire certains coûts et de gérer des risques : sécuriser ses approvisionnements en ressources naturelles pour éviter les coûts liés aux pénuries, optimiser ses coûts d’exploitation via l’utilisation de solutions fondées sur la nature, anticiper voire limiter le risque réputationnel ou encore mieux prendre en compte la réglementation.
• Intégrer la biodiversité permet de diversifier les sources de financement d’une entreprise : obligations vertes, programmes d’investissement de l’État, financement participatif et investissement à impact.
Les entreprises face à l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN)
Aujourd’hui les entreprises se saisissent du sujet, mais seule une mobilisation plus large, avec un portage au plus haut niveau, permettra d’intégrer la biodiversité dans les stratégies d’entreprises et d’être à la hauteur des enjeux.
Entreprises engagées pour la nature
Pour cela, l’OFB a développé le programme « Entreprises engagées pour la nature » qui vise à faire émerger, reconnaître et suivre les actions des entreprises pour réduire leurs impacts sur la biodiversité. Il accompagne la montée en compétence des entreprises sur le sujet avec l’animation de réseaux d’acteurs et le développement des compétences.
– https://engagespourlanature.ofb.fr/entreprises
un MOOC « Entreprises et Biodiversité : Passez à l’action ! » porté par la LPO en partenariat avec le Medef, ou encore la publication de guides et la mise à disposition de ressources pour les entreprises.
– http://www.mooc-entreprises-biodiversite.fr/
MAIF a lancé l’été dernier la Consultation Sport Planète, une étude sur le rôle du sport dans la protection de l’environnement et plus largement de sa place dans la société. Forte de 6500 répondants, elle a permis d’identifier les enjeux, ressentis et volontés d’action liés au sport responsable parmi des publics affinitaires (pratiquants, responsables d’organisations sportives…). Nous vous proposons de découvrir ci-dessous une infographie regroupant ces tendances et chiffres clefs.Infographie – Consultation Sport Planète : les tendances et chiffres clefs de l’étude citoyenne sur le sport responsable réalisé pour la MAIF
Les états généraux Sport Planète
les États Généraux Sport Planète qui se tiendront les 18 et 19 octobre prochains au CREPS Île-de-France à Chatenay-Malabry
Ces résultats viendront nourrir les États Généraux Sport Planète qui se tiendront les 18 et 19 octobre prochains au CREPS Île-de-France à Chatenay-Malabry. Associations, sportifs, journalistes ou encore fédérations seront présents pour échanger et débattre sur les bonnes pratiques, problématiques et solutions liées à la pratique d’un sport responsable.
Une analyse plus précise de l’étude permettra d’actualiser l’info dans les prochaines semaines.
Découvrez toutes les fonctionnalités de l’outil unique de suivi et d’auto-évaluation national des démarches d’écologie industrielle et territoriale (EIT). Le référentiel ELIPSE, lancé en 2016, s’adresse à tout type de territoire et tout niveau de maturité de projet et permet aux acteurs de l’EIT de co-évaluer leurs initiatives en termes de gouvernance, de modèle économique et d’activités. Cette nouvelle version du référentiel ELIPSE est portée par OREE avecle soutien de l’AdemeNouvelle version du Référentiel ELIPSE pour le suivi et l’auto-évaluation des démarches d’écologie industrielle et territoriale EIT
Pourquoi évaluer sa démarche globale d’écologie industrielle et territoriale ?
Au niveau de la démarche :
Constater les évolutions, les points forts, les axes d’amélioration en capitalisant sur les données chaque année ;
Mesurer la pertinence et l’efficacité des actions menées ;
Échanger, comparer, s’inspirer des autres grâce à une base de travail commune ;
Donner matière à réflexion sur les perspectives d’actions ;
Faire évoluer son modèle économique grâce au suivi des indicateurs.
Au niveau local :
Communiquer auprès des partenaires financiers à travers un reporting ;
Permettre aux acteurs qui soutiennent la démarche de suivre ses évolutions ;
Sensibiliser de nouveaux acteurs à intégrer la démarche.
Au niveau national :
Avoir une vision globale des démarches d’EIT en France et réaliser un état des lieux national ;
Observer le fonctionnement des démarches ;
Identifier leur maturité.
Indicateurs de gouvernance, du modèle économique et de résultats
La nouvelle architecture permet de répertorier les indicateurs selon les trois aspects relatifs à la pérennité d’une démarche :
La gouvernance
Le modèle économique
Les activités et résultats
Au total, ce sont 29 indicateurs quantitatifs et/ou qualitatifs qui permettent à l’animateur d’appréhender son modèle dans sa globalité. Parmi les 29, 19 sont nécessaires à remplir pour clôturer son évaluation et avoir accès à une visualisation graphique des résultats (radar, courbes).
Les indicateurs sont adaptés au reporting à diffuser aux financeurs de projets.
La rubrique « Pour aller plus loin » a été développée et étoffée afin de faciliter l’appréhension des indicateurs par les animateurs. Cette rubrique sert aussi de boîte à outils donnant accès à des publications, retours d’expériences ou méthodologies pour faire évoluer les démarches.
Guide d’utilisation du Référentiel ELIPSE
Webinaire de lancement du référentiel pour découvrir toutes ses fonctionnalités !
Premier pas vers une écologie industrielle et territoriale à la hauteur des enjeux de durabilité
Intégration de la durabilité dans le Référentiel ELIPSE, résultats, points de vigilance et perspectives
L’architecture qui a été proposée pour le Référentiel ELIPSE vise à répondre à l’ensemble des enjeux, tout en prenant en compte le point de vue des entreprises et celui des territoires. Certains indicateurs sont incontournables parce que les actions qu’ils évaluent ne peuvent être omises si la démarche se réclame de l’EIT. Pour les autres, l’utilisateur peut répondre aux indicateurs qu’il souhaite en fonction du contexte de la démarche (périmètre ou acteurs impliqués : système productif ou ensemble du territoire…) et la valorisation qu’il entend faire des résultats, selon qu’ils sont destinés aux entreprises, au comité de pilotage ou au conseil d’administration, ou bien aux élus locaux, ou encore aux financeurs.
Une enquête auprès des utilisateurs potentiels du référentiel a été réalisée afin d’identifier leurs besoins en terme d’évaluation et leur vision de la durabilité d’une démarche. Cet effort de co-construction du référentiel a permis de repositionner les ambitions de l’équipe en termes de durabilité selon la maturité et les réalités du terrain. Il existe en effet un écart notable entre les repères théoriques sur la durabilité et leur opérationnalité. En raison des modèles économiques d’entreprises, des questions de concurrence et de rentabilité, les enjeux de durabilité ne sont pas habituellement pris en compte dans les réflexions des acteurs de terrain qui donnent priorité aux effets à court terme de leurs activités.
Les indicateurs répartis selon les trois principes d’action reflètent l’ambition présentée ici en matière d’évaluation de la durabilité des démarches et conservent encore des perspectives pour mettre en œuvre une EIT totalement à la hauteur de ces enjeux :
Gouvernance :
Le Référentiel ELIPSE accorde une grande place à l’évaluation de la gouvernance et des pratiques coopératives : Elle permet d’avoir un regard sur le portage et l’animation de la démarche. Elle challenge le porteur de projet sur l’évolution de cette gouvernance à long terme. Cette rubrique permet de mettre en lumière l’implication des diverses typologies d’acteurs dans les étapes de la démarche (pilotage, partenariat, détection de synergies etc.) et permet d’évaluer l’ancrage des objectifs d’EIT sur le territoire (inscription dans les stratégies locales, partage des objectifs autour d’un projet commun)
Modèle économique :
Cette seconde rubrique permet de renseigner et challenger son modèle économique qui se doit d’être pensé à long terme dès le lancement de la démarche. L’objectif des indicateurs est de faire réfléchir les animateurs sur son évolution dans le temps, une des recommandations pour pérenniser le modèle étant de réussir à diversifier ses sources de financements pour augmenter sa capacité de résilience économique. Il est donc demandé de détailler son modèle, son budget annuel et sa répartition sur les postes de dépenses, les sources de financements actuelles.
Activités et résultats
Le Référentiel ELIPSE permet aussi d’aborder les questions de dynamique de la démarche avec les types et le nombre de rencontres entre acteurs économiques, la communication faite autour de ces actions et la participation à l’évaluation de la démarche… même s’il n’est pas toujours facile de collecter des informations pour évaluer la co-construction et la coopération et leurs effets (confiance, partage de valeur entre les acteurs, acculturation à l’EIT et garantie de l’intérêt général). Cette rubrique permet de renseigner des données qualitatives et quantitatives liées à la relocalisation des approvisionnements, des services et à la valorisation de flux grâce à la mise en place de synergies… qu’il serait pertinent d’approfondir avec des indicateurs intégrés sur la relocalisation des chaînes de valeurs, en sachant que le calcul des ratios de fournisseurs ou exutoires locaux par exemple peut représenter un lourd travail. Des indicateurs évaluent également l’existence de critères de développement durable dans le choix des synergies de substitution et de mutualisation. Ils pourraient être complétés par des indicateurs opérationnels et objectifs pour mesurer la vigilance des porteurs de projet face aux effets rebonds et impacts de leur démarche au-delà des limites de leur territoire et sur des échelles de temps plus larges. Il serait également intéressant dans un second temps que les acteurs interrogent de manière plus approfondie la modification des modes d’usages et la transformation des modèles d’affaires autour de la circulation des flux de ressources sur le territoire, objet des approches de l’économie de fonctionnalité et des nouveaux modèles de développement territoriaux. Il a par ailleurs été possible d’intégrer des indicateurs permettant d’évaluer le partage des retombées financières entre les acteurs du territoire, ou encore l’implication des salariés dans la démarche et leur possibilité d’en retirer des bénéfices financiers pour compléter l’aspect économique et social.
La rubrique « impacts hors synergies » permet d’enrichir les critères d’évaluation environnementale avec des considérations sur la réduction des flux en amont et en interne aux entreprises (ex : écoconception) au-delà de la mise en synergie. Par ailleurs, pour prendre en compte l’anticipation des risques et des opportunités, essentielle à la pérennité de la démarche, le référentiel intègre des questions concernant les actions de veille et de prospective sur de nombreux sujets (méthodologie, stratégie acteurs, contexte local, national…). Il paraît également important de bien reconnecter les préoccupations propres aux démarches d’EIT à la stratégie globale du territoire avec d’autres critères de durabilité tels que la couverture des besoins locaux par les activités économiques, la résilience du territoire etc.
Concernant la mise en œuvre d’une co-évaluation à l’échelle ocale, l’expérimentation a fait émerger quelques points de vigilance au regard des moyens et capacités des porteurs de projets. Il est essentiel de bien intégrer la démarche de co-évaluation aux habitudes de pilotage global pour réussir à faire mobiliser du temps à des acteurs ayant eux-mêmes peu de disponibilités et ainsi améliorer les retombées des évaluations et la diffusion de ses enseignements. Le second point de vigilance concerne le périmètre de la démarche qui fait toujours débat et de l’articulation entre les problématiques du réseau d’acteurs impliqués dans les synergies et celles liées aux politiques et stratégies globales de territoires. Les territoires en début de démarche souhaitent par exemple se centrer sur les entreprises et ne voient pas l’intérêt d’engager une démarche trop globale qui ne serait pas comprise ni jugée pertinente par les acteurs de terrain. A l’inverse, certains territoires ont engagé une démarche globale et l’implication des entreprises est encore balbutiante, comme dans les démarches d’Agenda 21 par exemple. L’articulation des échelles pourtant fondamentale mais souvent complexe à mettre en œuvre sur le terrain, se traduit dans la sélection des indicateurs et joue ainsi sur la précision de l’évaluation. Il est donc important que les porteurs de projets et les acteurs participant à l’évaluation se placent dans une posture de conduite du changement pour s’efforcer d’élargir leurs objectifs et élaborer un projet de territoire véritablement durable.
ConclusionLe Référentiel ELIPSE constitue donc un premier pas pour accompagner les démarches d’EIT vers la durabilité forte. La méthodologie de construction s’est efforcée de produire un cadre d’évaluation au plus près des attentes du terrain. Il pourra cependant être envisagé de l’améliorer une fois qu’il aura été appliqué par un large éventail de territoires assez représentatifs de la diversité des initiatives pour répondre davantage aux besoins des acteurs.
Il nous paraît alors essentiel de rappeler l’importance de la concertation collective à l’échelle des projets pour répondre aux spécificités locales, mais aussi de soulever la nécessité de la sensibilisation et de l’acculturation des acteurs autour des concepts et enjeux de durabilité forte pour favoriser leur opérationnalisation à travers les démarches d’EIT.
Les populations de vertébrés étudiés sur plusieurs décennies – poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles – ont chuté de 69% en moyenne entre 1970 et 2018. Un nouveau constat alarmant que dévoile le rapport Planète Vivante 2022, une analyse scientifique réalisée tous les deux ans par le WWF sur la santé de notre planète et l’impact de l’activité humaine. À cette occasion, le WWF France présente ses recommandations et lance un appel pour inciter les gouvernements à inverser la tendance lors de la Convention sur la diversité biologique COP15.
La compatibilité entre société plus sobre et bien-être
88% des Français estiment que la sobriété énergétique est une nécessité
73% des Français estiment qu’elle est avant tout rendue nécessaire par le changement climatique
79% des Français estiment qu’elle est compatible avec l’idée qu’ils se font du bien-être
31% estiment qu’il serait préférable de laisser les acteurs modifier eux-mêmes leur comportement
31% des Français privilégient des mesures allant vers une meilleure gestion de la consommation d’énergie
66 % des Français attendent des engagements de l’Etat (38% des mesures incitatives et 28% des mesures contraignantes)
42% des Français estiment que la rénovation énergétique des logements doit être la priorité de l’Etat ; 33%, le développement des énergies renouvelables, 33% la lutte contre l’obsolescence programmée
A l’occasion de sa 10e édition, et alors que le gouvernement vient de présenter son plan de sobriété, le Printemps de l’économie et OMNES Éducation dévoilent les résultats d’un sondage Opinionway sur la perception qu’ont les Français de la sobriété énergétique : ses avantages et ses freins, les efforts qu’ils sont prêts à faire, ceux qu’ils font déjà, leurs attentes en termes de politiques publiques ou encore vis-à-vis de leurs entreprises.Confrontés à cet enjeu économique mondial et aux incitations du gouvernement que pensent et que veulent les Français ?
La sobriété énergétique, une nécessité partagée par l’immense majorité des Français
La sobriété énergétique, une nécessité partagée par l’immense majorité des Français
Les Français sont unanimes : la sobriété énergétique est un impératif pour 88% d’entre eux, rendu nécessaire par le changement climatique (73%) bien plus que par la guerre en Ukraine (15%). Ils ont contre toute attente, une posture positive face à cette transition, puisque 79% des Français estiment que la transition vers une société plus sobre énergiquement est compatible avec l’idée qu’ils se font du bien-être, et 19% considèrent même cela tout à fait compatible.
« Je baisse, j’éteins, je décale », les Français le font déjà !
Les actions concernant la consommation de chacun, dont les effets probablement plutôt symboliques en terme d’impact cumulé, sont pourtant perçues par les sondés comme très importantes. En tête de celles-ci :
La réparation des appareils plutôt que de les changer (86% pour des efforts évalués à 6,4/10 en moyenne)
Réduire sa consommation d’eau lors de la vaisselle, des douches, etc. est important pour 84% des Français,
Réduire sa consommation d’énergie en baissant le chauffage, éteignant les lumières (82%).
« Déjà acquis à la sobriété domestique par effet prix ou conscience des gaspillages dénoncés par de nombreuses campagnes de sensibilisation, on est surpris du manque d’ambition des annonces du gouvernement, qui enfoncent des portes ouvertes » souligne Pierre-Pascal Boulanger, Président du Printemps de l’économie.
Mais…
74 % des Français estiment que privilégier le train à la voiture ou à l’avion a un impact plus positif que de diminuer sa consommation de viande (58%). Pourtant, la production industrielle de viande est connue pour être un poste de pollution important.
L’importance pour les Français des effets positifs des différentes actions de sobriété
« La question de la viande laisse supposer qu’on se heurte à deux freins, la méconnaissance de la complexité de l’industrie des protéines animales et également le fait « culturel » et social, manger de la viande est un marqueur social auquel les Français les plus fragiles ne voudraient pas devoir renoncer » souligne Pierre-Pascal Boulanger.
Comment perçoivent-ils le rôle de l’entreprise dans la perspective de sobriété ?
L’efficacité des actions en entreprises pour organiser une société plus sobre
Alors que 87% d’entre eux jugent la transition vers une société plus sobre comme une nécessité, les salariés estiment que plusieurs actions efficaces pourraient être mises en place dans leur entreprise. Parmi celles-ci, trois actions seraient efficaces pour plus de quatre salariés sur cinq :
Privilégier les fournisseurs locaux (85%, dont 35% estimant que cela serait très efficaces)
Relocaliser la production en France ou en Union Européenne (84%, dont 41% très efficaces)
Limiter les déplacements des dirigeants (81%, dont 38% très efficaces).
En revanche, la réduction du confort par la baisse du chauffage ou la limitation des fournitures de bureau est l’action qui convainc le moins même si elle considérée comme efficace par plus de deux tiers des actifs (69%).
Une affaire de revenus, la sobriété ?
La vision des actions a mener pour plus de sobriété diffère la catégorie socio-professionnelle. Si l’ensemble des CSP montre d’un niveau de conscience très élevé face à l’impact environnemental des modes de vie, dans le détail, une différence intéressante s’esquisse en fonction du niveau de vie.
Les mesures principales à prendre pour organiser une société plus sobre énergétiquement
Les CSP+, par exemple, sont davantage convaincus qu’il faut réduire la consommation d’énergie (+8pts vs CSP- ), de biens importés (+8pts vs. CSP-) ou l’utilisation de véhicules thermiques individuels (+5pts vs. CSP-). A l’inverse, 83% des CSP- considèrent qu’il faut privilégier la consommation d’objets de seconde main. C’est 9pts de mieux que les CSP+… qui ont très probablement moins recours à ce type d’offre. Dis-moi combien tu gagnes, et je te dirai à quel type de sobriété tu es prêt ?
Les femmes, avenir de la sobriété ?
Les femmes et les hommes ne sont pas égaux non plus dans la sobriété. Elles sont une sur cinq a déclarer faire des efforts de sobriété conséquents contre un homme sur huit.
Plus positives – ou plus optimistes – sur l’impact des actions à mener, les femmes s’attachent plus aux gestes du quotidien et croient moins aux actions à grande échelle que les hommes.
L’intensité des efforts de sobriété déjà fournis par les Français
Par exemple, réduire les emballages les convainc plus que l’énergie nucléaire ou le fret ferroviaire. Elles déclarent aussi consentir plus d’efforts pour réduire la consommation d’eau et privilégier la seconde main, contrairement aux hommes.
Manger moins de viande leur paraît aussi plus utile pour la sobriété environnementale.
Au travail aussi, le concret a leurs faveurs, comme mieux organiser le travail : elles croient bien plus à ses vertus sur la sobriété que les hommes (84 % vs 69 %). Enfin, les femmes se distinguent par leur plus forte demande d’exemplarité des dirigeants. Elles ont une confiance accrue dans le changement des comportements pour organiser la sobriété. L’avenir dira si, comme elles le pensent un peu plus fortement que les hommes, cette sobriété s’avère compatible avec le bien-être.
Les Français expriment des attentes envers l’Etat
Les politiques publiques prioritaires pour organiser une société plus sobre énergétiquement
La rénovation énergétique des logements les moins bien isolés (dits « passoires thermiques ») déjà ciblés par le gouvernement au travers de sa loi Climat et Résilience, est de loin la politique publique prioritaire pour les Français (42%). Suivent le développement des énergies renouvelables (33%) et la lutte contre l’obsolescence programmée (33%). Ces priorités sont en cohérence avec les mesures citées spontanément par les Français qui privilégient des mesures allant vers une meilleure gestion de la consommation d’énergie (31%).
Un deuxième groupe de mesures citées par environ un quart des interviewés se distingue : la réduction des emballages (29%), privilégier le fret ferroviaire au transport routier (26%) et développer l’énergie nucléaire (25%). Autre débat de la rentrée : l’instauration d’une taxe sur les superprofits des entreprises est prioritaire pour 22% des Français.
Les mesures les moins prioritaires pour les Français concernent la voiture, sujet particulièrement sensible comme l’avait montré le rejet de la taxe carbone en 2018 et 2019. L’interdiction de vendre des véhicules thermiques neufs avant 2035 et la réduction de la vitesse maximale sur l’autoroute ne sont citées que par 6% des interviewés.
Incitation ou sanction ?
Si les objectifs sont assez clairs, la méthode pour parvenir à organiser une société plus sobre énergétiquement paraît plus floue. La méthode la plus citée est le recours à des méthodes incitatives – comme des taxes ou subventions – destinées à orienter les comportements sans rien imposer (38%). Mais près d’un tiers des Français (31%) estiment qu’il serait préférable de laisser les acteurs modifier eux-mêmes leur comportement. Et 28% des personnes interrogées, conscientes des limites des autres méthodes face à l’urgence climatique, considèrent qu’il est préférable de prendre des mesures contraignantes quitte à restreindre certaines libertés.
La mesure principale à prendre pour organiser une société plus sobre énergétiquement
La position de chaque interviewé diverge en fonction des opinions politiques : les mesures incitatives sont privilégiées par 53% de sympathisants de la France insoumise et 47% des sympathisants de Renaissance. En revanche, l’approche libérale laissant la liberté à tous les acteurs de modifier leurs comportements convainc davantage les personnes proches de l’extrême-droite (41%).
« Comment rêver si on nous invite à ne voir la sobriété que par le petit bout de la lorgnette ? Les petits gestes ne suffiront pas, on le sait. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas les faire. Mais celles et ceux qui les adopteront les feront-ils pour sauver la planète ? ou parce que l’atteinte au pouvoir d’achat, l’effet du signal-prix les y contraindront ? Pourquoi les feraient-ils, ces gestes, s’ils ont le sentiment que les entreprises et autres acteurs ne modifient pas également ou suffisamment leurs comportements ? Pour que la sobriété soit acceptée, il faudra que les efforts soient partagés, donc de la justice sociale.» conclut Pierre-Pascal Boulanger, Président-fondateur des Économiques et du Printemps de l’économie.
Résultats du sondage Opinionway pour le Printemps de l’économie
L’étude « Les Français et la sobriété énergétique », pour Le Printemps de l’économie et OMNES Education, a été réalisée en ligne du 20 au 21 septembre 2022 auprès d’un échantillon de 1039 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.
A propos du Printemps de l’économie
Créé en 2013 par Pierre-Pascal Boulanger, à la suite d’une impulsion que lui a donnée Michel Rocard, le Printemps de l’Economie a pour ambition de proposer au grand public et particulièrement aux jeunes (lycéens, étudiants, jeunes actifs) de réfléchir chaque année à un thème de l’actualité économique. Il a été rejoint en 2015 par Rémi Jeannin. L’ambition d’ouvrir la sphère éducative sur l’économie et d’œuvrer à la citoyenneté par une meilleure compréhension du monde permet à cet événement d’être soutenu par de nombreux partenaires institutionnels, scientifiques et associatifs (Académie de Paris, CAE, Institut CDC pour la recherche, Centre d’Economie de la Sorbonne, CEPII, Cnam, France Stratégie, IGPDE, Insee, PSE/Ecole d’économie de Paris, La finance pour tous, APSES, Les Economiques de Turgot, Lycée Turgot, Mairie du 3e, Natixis, OFCE Sciences Po, Xerfi). Le Printemps de l’économie dispose d’un Conseil Scientifique rassemblant dans leur plus grande diversité des économistes et des chercheurs en sciences sociales, des représentants des médias et de l’Education nationale. Par ailleurs, un Conseil Etudiant (une vingtaine d’étudiants issus d’établissements du supérieur : universités, écoles d’économie, écoles d’ingénieurs et écoles de commerce) veille à maintenir l’accessibilité et l’attractivité du programme proposé, et participe à l’organisation de l’événement. Au cours de ses 5 premières éditions, le Printemps de l’économie a accueilli 300 intervenants différents dans plus de 200 conférences pour un public supérieur à 21 000 visiteurs dont plus de 55% sont des jeunes.
– www.printempsdeleco.fr
France Télévisions s’est associée à France Nature Environnement pour organiser une grande soirée thématique sur la forêt – ses bienfaits, sa richesse, les défis qu’elle doit affronter également, « Aux arbres citoyens » à quelques jours de la prochaine COP, avec Cyril Dion et présentée par Hugo Clément et Léa Salamé.Aux arbres citoyens !
Cette grande soirée de sensibilisation et d’appel aux dons des téléspectateurs pour soutenir des projets de régénération forestière permettra de s’interroger et de comprendre la place et l’importance des forêts dans l’indispensable transition écologique pour construire un monde vivable.
Cette soirée permettra aussi à chacun et chacune de devenir acteur de la préservation des forêts françaises dans toute leur diversité et de l’incroyable biodiversité qu’elles recèlent en contribuant financièrement à un fonds qui servira à soutenir des projets de régénération et de restauration forestières. Ainsi pourront, par exemple, être soutenus des projets d’acquisition de forêts, de restauration de la diversité des essences, de restauration du bocage, de développement de l’agroforesterie… Partout en France, des forêts provençales aux massifs vosgiens, des mangroves de Mayotte au bocage du grand Ouest, des dizaines de projets qui reflètent la diversité des situations et des défis qui se posent aux forêts françaises attendent l’aide et le soutien des Françaises et des Français.
Cyril Dion, Léa Salamé et Hugo Clément présentent
France Nature Environnement a été choisie par France Télévisions pour récolter ces dons et mettre en place le processus de sélection et de suivi des projets qui seront ainsi financés.
Un cahier des charges très strict permettra d’orienter les financements autour de 4 axes :
Axe 1. Accompagner la gestion des forêts s’appuyant sur les dynamiques naturelles ;
Axe 2. Pérenniser la libre-évolution de peuplements forestiers ;
Axe 3. Restaurer et préserver des écosystèmes associés aux milieux forestiers ;
Axe 4. Sensibiliser un large public à la protection des écosystèmes forestiers.
Ces axes d’action s’inscrivent dans les 21 recommandations pour la forêt proposées par les associations de protection de la nature dans le rapport Forêts en crise de juin 2020.
FORÊT EN CRISE : 21 PROPOSITIONS POUR PRÉSERVER NOS FORÊTS
Un comité de sélection composé d’experts reconnus du monde de la forêt sélectionnera les projets à l’issue de la levée de fonds.
Parce que la transparence est essentielle lorsque l’on fait appel à la générosité du public, les téléspectateurs et téléspectatrices pourront suivre la sélection et la mise en œuvre des projets financés grâce à leurs dons, à travers l’application Sentinelles de la Nature de France Nature Environnement, qui recense les atteintes, mais aussi les initiatives positives pour l’environnement partout en France.
Sentinelles de la nature : Carte participative des dégradations ou des initiatives favorables à l’environnement
Arnaud Ngatcha, Directeur des Opérations spéciales à France Télévisions, à la Direction générale des antennes et des programmes : « C’est la mission de France Télévisions d’alerter le public sur les menaces qui pèsent sur la planète et d’accompagner les changements de comportement indispensables à la protection de notre environnement. France Télévisions a ainsi souhaité s’engager plus fortement encore et passer à l’action. Notre ambition s’est construite autour d’un prime événementiel, Aux arbres citoyens !, qui marque le coup d’envoi d’une mobilisation du groupe autour de notre offre éditoriale sur nos antennes linéaires et non linéaires et à travers une mobilisation social media. »
Léa Salamé et Hugo ClémentFrance Nature Environnement, Humanité et Biodiversité, le Comité français de l’UICN, Réserves naturelles de France, la LPO et le WWF unies pour sauver les Forêts en criseFrance Nature Environnement
Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement : « Cette soirée est une magnifique initiative. Elle associe la force de frappe médiatique de France Télévisions et de Radio France permettant ainsi de sensibiliser l’ensemble de la population à la richesse et aux fragilités de notre système forestier, au maillage territorial très fin du mouvement France Nature Environnement qui nous permet d’identifier et de suivre au plus près des territoires les projets les plus urgents et pertinents de restauration forestière »
Christophe Chauvin, pilote du réseau Forêts de France Nature Environnement : « Les dépérissements et les incendies de ces dernières années ont confirmé le fort attachement de nos concitoyens pour leurs forêts, symboles de nature et de vie, et patrimoines communs dorénavant menacés. L’objectif de cet appel à projet, conçu dans le cadre de l’émission spéciale de France TV à l’occasion de la COP 27, est de financer une sélection de projets de gestion, de protection et de restauration de forêts, permettant de présenter de façon pédagogique une panoplie d’actions au-delà de la seule plantation d’arbres. Car cette dernière, souvent privilégiée dans les financements, est en effet loin d’être l’outil principal de la sylviculture. »
Le moteur thermique vit ses dernières heures sans gloire, les véhicules à moteur électrique devant les remplacer en masse sur les véhicules neufs d’ici une décennie. Ce n’est donc plus sur la motorisation que se gagneront les futures batailles, mais sur l’autonomie et les capacités du « réservoir ». Sur ce sujet très particulier, les piles à combustibles fonctionnant à l’hydrogène liquide ont aussi de sérieux arguments à faire valoir face aux batteries.
Moteur électrique envers et contre tout
En dépit des inquiétudes actuelles sur la fourniture d’électricité et l’éventualité de coupures de courant cet hiver, les véhicules à moteur électrique sont clairement l’avenir de la mobilité. Le durcissement des normes antipollution a déjà supposé une complexification importante des moteurs thermiques et un renchérissement notable des coûts des véhicules neufs. La future norme Euro 7 en particulier inquiète les thuriféraires du thermique : « Il faut que la loi soit alignée avec les nouveaux développements technologiques », s’inquiète déjà le porte-parole de la VDA, l’association des constructeurs allemands. La difficulté technique devient en effet telle qu’elle constitue l’explication du fameux « Diesel-Gate » : il faut désormais des investissements considérables en R&D pour gagner à peine quelques grammes de CO2/km ou éliminer un peu plus certains polluants sur un moteur thermique. Alors certains ont été tentés de tricher.
La norme Euro 7 inclura les émissions polluantes des poussières de freins
Depuis que la fraude a été éventée, l’immense majorité des constructeurs a fait le choix de miser sur le moteur électrique, puisqu’en fonctionnement, le compteur de CO2 reste à zéro quoi qu’il arrive. Le moteur électrique étant une technologie globalement maitrisée, les efforts de R&D portent désormais non sur le moteur mais vers la solution de stockage et/ou de production d’électricité, le « carburant ». Concernant donc le réservoir et le carburant : deux solutions techniques font pour l’instant la course en tête : « la batterie et l’hydrogène, notamment, constituent les deux solutions pérennes de ce nouveau paradigme. Parce qu’elles présentent chacune leurs propres avantages et inconvénients, batterie et hydrogène sont des solutions complémentaires ; seul l’usage permet de déterminer la plus adaptée des deux solutions » souligne Alexandre Garese, fondateur de Kouros, une société d’investissement spécialisée dans les énergies et la mobilité propres. Et en effet, les deux solutions sont complémentaires, chacune avec ses spécificités.
Alexandre Garese, fondateur de Kouros
Batteries et hydrogène : complémentarité des solutions
Dans l’imaginaire collectif, la batterie est souvent immédiatement associée à la voiture électrique. Or il ne s’agit que d’une solution de stockage d’énergie parmi d’autres. Elle a pour elle le fait d’être une technologie connue, immédiatement disponible, facile d’emploi et avec des points de recharge qui peuvent être installés à domicile. Et à regarder les progrès sur les batteries des téléphones portables en deux décennies, on peut légitimement penser que la technologie n’a pas encore donné son plein potentiel.
Fort d’une impressionnante carrière de pilote automobile, Max Mamers est désormais organisateur de courses automobiles, dont le Trophée Andros devenu E-Trophée Andros.
Mais sur une voiture électrique, la batterie présente souvent la difficulté d’être très complexe à changer, tout en ayant une durée de vie limitée (bien plus courte que celle du moteur). De plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer le coût environnemental de l’extraction minière pour les métaux nécessaires aux batteries, en plus de la question de leur recyclage. Les temps de charge des batteries vont également représenter un véritable défi pour l’architecture des stations-services, notamment sur autoroutes : en période d’affluence, l’été, il va falloir prévoir la recharge et le stationnement de plusieurs centaines à plusieurs milliers de véhicules simultanément. « Deux axes de progrès demeurent. Non pas sur les moteurs mais sur la puissance, la capacité des batteries : il faut toujours l’augmenter à poids constant. L’évolution finale va vers l’hydrogène », résume Max Mamers, pilote automobile et organisateur e-Trophée Andros, compétition de sport automobile zéro émission.
Quelle est l’autonomie d’une voiture hydrogène ?
Les solutions hydrogène reposent, elles, sur les piles à combustibles, transformation hydrogène et oxygène de l’air en eau, le tout en produisant de l’électricité. L’avantage de ce système est sa relative similitude avec une voiture thermique : on fait le plein d’un réservoir en quelques minutes pour 500 à 1000 km d’autonomie, selon les modèles actuellement disponibles. Le prix du plein n’est pas aussi intéressant que dans le cas d’une recharge électrique, mais il reste moins cher qu’un plein d’essence. Et il n’y a pas à ajouter le prix de la location de la batterie. Les véhicules équipés de piles à combustible sont pour l’instant plus chers (de l’ordre de 20 à 30%) que les équivalents à batteries, mais il s’agit pour l’instant de petites séries ; les effets de seuil constatés sur les voitures électriques à batteries devraient logiquement se produire aussi pour les véhicules hydrogène, une fois vendus en plus grand nombre. Dernière difficulté, a priori temporaire : les points de recharge (autrement dit les stations-services) sont encore en nombre limité.
Un plein à 75 € ? C’est possible, mais avec une voiture à hydrogène !
Mais l’hydrogène présente par contre un « avantage de poids » : contrairement aux batteries, la propulsion électrique-hydrogène est possible pour tous types de véhicules, y compris les plus lourds. Début septembre 2022, Faurecia et Air Liquide annonçaient ainsi le début d’un partenariat pour « apporter des solutions concrètes aux constructeurs et opérateurs de poids lourds ». Le but : favoriser le passage à des motorisations hydrogène des poids lourds, en concevant en particulier des réservoirs d’hydrogène liquide adaptés aux poids lourds. Pour Éric Prades, Directeur Partenariats Transition Énergétique chez Air Liquide, « l’hydrogène liquide est un vecteur énergétique répondant parfaitement aux besoins de la mobilité lourde. Notre expertise sur la cryogénisation de l’hydrogène et sur toute sa chaîne de valeur est l’alliée naturelle de Faurecia pour proposer une solution crédible bas carbone aux constructeurs et exploitants de flotte de poids lourds ». Derrière ce partenariat industriel et technique, se profile une réalité technique indéniable : les solutions de mobilité électrique fondées sur les seules batteries ne satisfont pas tout le spectre des besoins, et des camions de transport de fret fonctionnant sur batteries ne sont tout simplement pas envisageables pour l’instant.
Mobilité hydrogène pour les poids-lourds : Air Liquide et Faurecia en action !
C’est la raison pour laquelle les offres de « mobilité lourde », à base de solutions de motorisation hydrogène, commencent à se multiplier, mais sous des formes spécifiques comme le leasing ou les offres clés en main, compte tenu de la jeunesse de la technologie et d’un réseau de maintenance encore insuffisamment dense. C’est notamment ce que propose la société Hyliko, lancée par le fonds Kouros. « Souhaitant se concentrer sur la mobilité lourde, Kouros a privilégié l’hydrogène et a développé une certaine expertise depuis 4 ans (avec 6 investissements et 2 nouvelles sociétés créées dans l’hydrogène). En particulier, Kouros a lancé Hyliko, premier service de décarbonation des flottes de poids lourds […] Cette offre unique permet d’accélérer l’adoption de l’hydrogène pour les camions. Les transporteurs ne s’y trompent et la plébiscitent ; avec plusieurs centaines de camions hydrogène préréservés, Hyliko s’est hissé en moins d’un an aux premiers rangs des acteurs du camion hydrogène en Europe », explique Alexandre Garese.
Ce camion géant est le plus gros engin minier roulant à l’hydrogène
La mobilité hydrogène commence à faire parler d’elle jusque dans les cas extrêmes. Le Nugen, de la société minière Anglo-American collectionne ainsi les superlatifs : 220 tonnes à vide, 290 tonnes de charge utile, et le tout propulsé par une pile à combustible associée à des batteries. Ce véhicule minier est symbolique à lui seul des possibilités de l’hydrogène y compris dans les situations les plus exigeantes. Moins limité en termes de performances (puissance et autonomie), moins problématique sur la question des ressources utilisées, l’hydrogène a clairement l’avenir devant lui.
CDURABLE.info publie la tribune libre rédigée par les délégués du Grand Défi des Entreprises pour la planète. Fondé en décembre 2022 par Virginie Raisson-Victor, chercheuse-analyste en relations internationales, géopolitique et prospective, Présidente du Giec Pays de la Loire et Jérôme Cohen, Président fondateur d’ENGAGE. Cette initiative participative inédite rassemble une centaine de représentants d’entreprises tirées au sort. Leur mission est de définir 100 propositions permettant d’accélérer la transition écologique du monde économique et des entreprises.
Le Grand Défi est soutenu par de nombreuses personnalités du monde de l’entreprise, des sciences, de la recherche, des associations et de la société civile, dont Bettina Laville, Yann Arthus-Bertrand, Alain Grandjean, Gaël Giraud, François Gemenne, Hélène Valade, Christian de Perthuis. Il rassemble un écosystème de plus de 100 partenaires : organisations dédiées à la transition, réseaux d’entreprises, institutions, associations (WWF, FNH, Orse, C3D, CDC biodiversité, ADEME, OFB, Pour un réveil écologique…) et entreprises marraines, qui participent activement et soutiennent sa démarche. Il se réunira six fois jusqu’à la mi-décembre 2022 où les résultats de ses travaux seront rendus publics.
Le Grand Défi des Entreprises pour la Planète pour créer un nouveau modèle de prospérité économique, humaniste et régénérative « En un concentré d’épreuves, l’été 2022 a donné à voir ce que l’avenir nous réserve si nous ne changeons pas collectivement de cap pour faire face, enfin, aux défis du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité.
Les entreprises sont au cœur de l’économie, de l’organisation sociale, de la culture et sont ancrées dans nos territoires. Elles ont un rôle majeur à jouer pour transformer positivement notre société. Car, même s’il est tard, il n’est pas trop tard !
100 entreprises représentatives de l’économie française, de toutes tailles, tous secteurs, toutes régions, ont accepté, après avoir été tirées au sort, de relever un « Grand Défi » collectif pour faire bouger tout un écosystème.
Délégués du « Grand Défi des entreprises pour la planète », nous sommes les représentants de ces entreprises. Nous sommes salariés, dirigeants, actionnaires. Nous sommes surtout 100 humains, de tous âges, tous métiers et tous parcours. Notre diversité est notre force.
Ensemble, nous regardons en face les enjeux d’aujourd’hui et de demain grâce à des interventions d’experts reconnus, acteurs de terrain, qui nous inspirent, nous bousculent et nous bouleversent. Individuellement, nous nous sentons parfois impuissants face à l’ampleur de la tâche mais collectivement nous nous sentons capables de faire bouger les lignes.
Ensemble, nous faisons tomber toutes les barrières de concurrence, de profession, de hiérarchie pour rendre possible ce que seuls nous n’osions pas imaginer. Nous identifions les freins au changement et nous échangeons pour tenter de les lever. Nous faisons face à nos contradictions, nous planifions les transitions et esquissons l’idée nouvelle de certains renoncements.
Ensemble, nous voulons vous embarquer dans ce Grand Défi, dont l’objectif dépasse largement notre collectif. Il doit devenir celui de toutes les entreprises, en France et en Europe. Bien sûr, nous restons humbles et gardons les pieds sur terre mais l’envie d’agir nous anime et chacune de nos entreprises, peu importe d’où elle part, avancera sur le chemin.
Les trois premières sessions du Grand Défi nous ont permis de nous ancrer, de créer le collectif et de nous mettre en mouvement grâce à des méthodes d’intelligence collective. Au cours des trois prochaines sessions, il s’agira d’élaborer des propositions concrètes et réalisables pour contribuer à créer un nouveau modèle de prospérité économique, humaniste et régénérative.
Pour mener à bien ce Grand Défi, nous avons besoin de vous.
Vous, entrepreneurs, actionnaires et salariés, suivez nos actualités, inspirez-vous de notre mouvement et accélérez la transition de vos entreprises.
Vous, acteurs des pouvoirs publics, venez dialoguer avec nous dès maintenant et saisissez- vous de nos propositions une fois formulées en décembre 2022.
Vous, médias, relayez nos messages pour démultiplier nos impacts.
Face à l’urgence environnementale, nous nous devons d’être courageux. Nous en sommes convaincus, le point de bascule des entreprises est arrivé. »La Tribune des Délégués du Grand Défi des Entreprises pour la planète
Les Délégués du Grand Défi des Entreprises pour la Planète
Raphaël BOSCH-JOUBERT / Président / 22EME SIECLE / Ile-de-France • Mathis CASTELNAU / Analyste RSE / ACCEN- TA / Ile-de-France • Amélie MEUNIER / Directrice financière / ALAÏA SAS / Ile-de-France • Christelle BUISSON / Ambassa- drice RSE / ALPHA2F / Pays de la Loire • Jacques LEBLAIS / Président / ALUMINIUM FERRI / Grand Est • Alexandre GODIN / Directeur Développement Durable / ANDROS / Occitanie • Valentine STICHELBAUT / Investissement Respon- sable / APICIL / Auvergne – Rhône-Alpes • Sébastien BOLLE / Coordinateur RSE • Développement Durable / APLIX / Pays de la Loire • Charlotte PHILIBERT / Chargée de mission / ARCHE / Centre-Val de Loire • Thibault JOSSELIN / Ingénieur développeur / ASTEK / Ile-de-France • Valentine REBATTET / Responsable RSE / ATLAS FOR MEN / Ile-de-France • Rémi GROVEL / Président / BETA ENERGIE / Auvergne – Rhône-Alpes • Ronan LAFROGNE / Directeur Qualité / BIOCOOP / Ile-de-France • Sophie THOMAS / Directrice Marketing & Industries France / CARTAMUNDI / Grand Est • Julien BOSCH / Président Directeur Général / CAUSE À EFFET / Ile-de-France • Flora CHAISE / Responsable RSE / CHABE / Ile-de- France • Serge BRUNEAUD / Gérant / CICEA / Pays de la Loire • Laura DALLOT / Acheteuse nationale Fruits et Légumes / COMPASS GROUP / Ile-de-France • Sophie D’ANGLADE / Senior Manager / CONVICTIONS RH / Ile-de-France • Brizou Pierre-Marie / Responsable Agriculture / DANONE / Ile-de-France • Marine DUGORD / Chargée de projet RSE / DIRECT / Normandie • Aurélien DULCY / Dirigeant / ECHOPROPRE / Nouvelle-Aquitaine • Marie PINEAU / Chief financal Officer / EDEN PARK / Ile-de-France • Isabelle VAN WAESBERGHE / Associée / ENJOYOURSPACE / Pays de la Loire • Nathalie PATRAT / Directrice / ESG – ECOLE (GROUPE GALILEO) / Ile-de-France • Frédéric SEGUIN / Président / ESTAMPE / Hauts-de-France • Fanny DIEVAL / ESG Leader / EUROP ASSISTANCE / Ile-de-France • Fabien ROLLAND / Directeur Général France / EUROSILICONE SAS / GCA FRANCE / Provence-Alpes-Côtes d’Azur • Romain ADAM / Chef de projet R&D / FILAB / Bourgogne – Franche-Comté • Laurence DART / Directrice Générale Adjointe / FIMM MANUTENTION / Bourgogne-Franche-Comté • Patrick RIBAU / Président / GAUTIER FRET SOLUTIONS / Bretagne • Alexandra GRES- TEAU / Responsable Grands Comptes / GROOM RECYCLAGE / Ile-de-France • Céline PROCOP / Président Directeur Général / GUYENNE PAPIER / Nouvelle-Aquitaine • Agnès COSTE / Responsable qualité et RSE / HYTECK AROMA ZONE / Ile-de-France • Jérôme NICOT / Directeur de la stratégie foncière et partenariats / IMMOBILIERE 3F / Ile-de-France • Claire GAUTIER-LE BOULCH / Responsable RSE / INTERSPORT / Ile-de-France • Martine LARUAZ / Présidente / ISORE OUEST ATLANTIQUE / Pays de la Loire • Aline GELARD / Responsable RSE / JARDINS DE L’ORBRIE / Nou- velle-Aquitaine • Sébastien EVRARD / Directeur des Ressources Humaines / JPG / Ile-de-France • Vincent BOUTHORS / Président / KAESER COMPRESSEURS SAS / Auvergne – Rhône-Alpes • Seigneur GBEBONDI / Responsable RSE / KLEE CONSEIL ET INTEGRATION SASU / Ile-de-France • Sylvain PIERSON / Directeur RSE / KRYS GROUP / Ile-de- France • Philippe BAGARD / Regional Transformation and Digital Officer Europe West / KSB SAS / Ile-de-France • Paul KUHN / Chef de projet QSE / RSE / LIPPI / Nouvelle-Aquitaine • Elise SCHOTT / Responsable RSE / LOEBER / Grand Est • Christian LE ROUX / Secrétaire Général / M2i GROUP / Ile-de-France • Julia CATTIN / Président Directeur Général / MANUVIT / Normandie • Aurélie CORDÉ / Responsable Communication Marketing / MB PACK / Pays de la Loire • Alice LE BOEDEC / Technical Support Engineer & Sustainability Ambassador / MERCK MILLIPORE SAS / Grand Est • Christophe CAUVIN / Responsable RSE – CSR Manager / MONDIAL RELAY / Hauts-de-France • Denis REGNAULT / Gérant / MONT- BARD DISTRIBUTION • INTERMARCHE / Bourgogne-Franche-Comté • Caroline CATALAN / Directrice RSE / GROUPE NICOLLIN / Occitanie • Charlotte QUIN / Responsable QSE / NSI GROUPE / Hauts-de-France • Camille CARON / Manager RSE / ONEY BANK / Hauts-de-France • Mireia MATENCIO / Juriste / OPALE ENERGIES NATURELLES / Bour- gogne-Franche-Comté • Pierre-Charles GARRIGUES-LOUCHE / Directeur délégué / OUI CARE • O2 JARDINAGE & BRICOLAGE / Pays de la Loire • Matthieu GIOVALE / Directeur Commercial / OVINALP GROUPE / Provence-Alpes-Côtes d’Azur • Phillipe CHALDJIAN / Responsable de site / PALFINGER / Ile-de-France • Charlotte DOUILLET / Chargée de mission Développement Durable / PAPREC / Ile-de-France • Bertrand PASSOT / Directeur / PASSOT INNOVATION / Au- vergne – Rhône-Alpes • Guillaume CARON / Pharmacien / PHARMACIE CARON / Hauts-de-France • Pierre-Yves MIRON / Directeur associé / PICARD ET CIE SAS / Grand Est • Marine DUFRENNE / Responsable HSE / RDV TRANSPORT / Hauts-de-France • Carole PERIN / Directrice Relation clients / REIMS HABITAT / Grand Est • Bruno MACE / Gérant / ROINE / Bretagne • Aurélie Hablot / Animatrice QSE / SARC / Bretagne • Sophie DONABEDIAN / Directrice Stratégie / SEDIVER / Ile-de-France • Laurent FRASCONI / Responsable QHSE / SEFI INTRAFOR / Ile-de-France • Laurent GUERIN / Directeur général / SETEC ORGANISATION / Ile-de-France • Olivier GUILLAUD / Président / SIDAMO / Centre-Val de Loire • Thierry SOULARD / Responsable RSE / SIGMA / Pays de la Loire • Ludovic GINESTE / Explorateur de futurs pos- sibles / SIMPLICITI / Occitanie • Pascal SCHELL / Directeur / COMPLET FRANCE / Grand Est • Philippe RONDEAU / Di- recteur du Développement durable / SODEBO / Pays de la Loire • Carla SAB / Business Designer / SPHÈRES / Ile-de- France • Frédérique SALOU / Directrice adminitratif et financier / SPIE BATIGNOLLES CONSTRUCTION REGIONS / Ile- de-France • Emilie FRAISSE / Directrice générale / SYGMAT / Auvergne – Rhône-Alpes • Hervé LAMOUREUX / Directeur financier / TELEDYNE OLDHAM SIMTRONICS / Hauts-de-France • Nathy PARTY / Ingénieure Logiciel / THALES / Ile-de- France • Roman BERENSTEIN / Co-founder LEFTY / Directeur Produit THE INDEPENDENTS / Ile-de-France • Olivier FAUCHEUX / Co-gérant / TRANSPORT FAUCHEUX / Centre-Val de Loire • Marion RIEDEL / Conseillère en mobilité / TRANSWAY / Pays de la Loire • Laure-Marine JEANNEL / Directrice Développement Durable / VYV3 / Ile-de-France • Maud THENOT / Directrice QSE / WARNING / Ile-de-France • Jean-Louis VANHEE / Président / WEH / Hauts-de-France • Maximilien JOUY / Impact gouvernance leader / YNSECT / Ile-de-France.
Leonard, la plate-forme de prospective et d’innovation du Groupe VINCI, accueillait aujourd’hui une table ronde consacrée au secteur des Climate Tech et aux promesses de l’élimination du carbone atmosphérique, avec Greg De Temmerman, Managing Director chez Zenon Research & Associate Researcher, Mines Paris – PSL, Elodie Le Cadre Loret, Program Manager chez Engie Research & Innovation et Benjamin Tincq, Founding Partner de Marble et membre du comité de direction de Carbon Gap.
Selon le dernier rapport du GIEC, les technologies d’élimination du carbone dans l’atmosphère (parfois appelées émissions négatives, ‘Carbon Dioxide Removal‘ en anglais) ont un rôle à jouer pour atteindre la neutralité carbone, en complément d’une décarbonation rapide et profonde de l’économie.
L’élimination du carbone atmosphérique recouvre une large palette de méthodes à divers stades de maturité. En quoi consistent ces procédés ? Quels sont les enjeux et perspectives du développement de ces technologies ? Pour quels besoins de financement/réglementation et quels modèles économiques ?
Leonard nous invite à mieux connaître ce secteur des Climate Tech, qui attire de plus en plus d’investisseurs et qui a fait l’objet d’une note « Élimination du carbone atmosphérique » publiée en juillet 2022 par Carbon Gap, Zenon Research et Mines PSL.
Élimination du carbone atmosphérique
L’accumulation du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère due aux activités humaines est la cause principale du changement climatique. Pour limiter ce réchauffement, il est nécessaire de réduire drastiquement les émissions, en déployant un large éventail de solutions, pour la plupart connues et opérationnelles. En complément, différentes méthodes permettant de retirer du CO2 de l’atmosphère à grande échelle, plus récentes, ont un rôle à jouer dans les années à venir. En quoi consistent ces procédés ? Comment les émissions négatives qui en résultent contribuent-elles aux objectifs climatiques ? Quels sont les enjeux et perspectives du développement de l’élimination du carbone ?
Note réalisée par Zenon en partenariat avec l’ONG anglaise Carbon Gap.
Élimination du carbone atmosphérique
– Télécharger la Note Élimination du carbone atmosphérique
Des manifestants contre le changement climatique dans le centre-ville de Glasgow, pendant la COP26.
Un nouveau rapport des Nations Unies appelle à une plus grande action de l’Europe pour lutter contre la triple crise environnementale qui secoue la planète : les émissions de gaz à effet de serre, la pollution et la perte de biodiversité.
Ce rapport a été présenté la semaine dernière lors de la neuvième conférence ministérielle « Un environnement pour l’Europe ». Il a été rédigé par la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
Il faut agir, dit ce rapport, sur les émissions de gaz à effet de serre, les déchets, la pollution et la perte de biodiversité. Des solutions peuvent être trouvées en mettant l’accent sur une économie circulaire et des infrastructures durables.
« Les conclusions de cette évaluation doivent être un signal d’alarme pour la région », a déclaré Olga Algayerova, chef de la CEE-ONU.
« La sécheresse historique à laquelle la région a été confrontée cet été annonce ce à quoi nous devons nous attendre dans les années à venir et montre qu’il n’y a plus de temps à perdre ».La pollution atmosphérique provenant des centrales électriques contribue au réchauffement de la planète.
Lutter contre la pollution atmosphérique
Malgré certains progrès, le rapport note que la pollution atmosphérique reste le plus grand risque pour la santé dans la région.
Bien que 41 pays européens aient enregistré une réduction de 13% des décès prématurés suite à une exposition prolongée aux particules fines, les niveaux de concentration continuent de dépasser les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de qualité de l’air pour 2005.
Réduire les gaz à effet de serre
Si les émissions de gaz à effet de serre ont diminué dans la partie occidentale de l’Europe, principalement entre 2014 et 2019, elles sont compensées par des augmentations sur le reste du continent.
Le rapport indique également que l’utilisation des énergies renouvelables a progressé dans 29 pays entre 2013 et 2017, mais l’Europe dépend encore largement des énergies fossiles, qui représentent 78 % de la consommation d’énergie.
Le rapport encourage donc les gouvernements à éliminer ou réformer les subventions néfastes, ainsi qu’à développer des mesures incitatives pour promouvoir la décarbonisation tout en orientant les investissements vers les énergies renouvelables.
Gérer les ressources en eau
Selon le rapport, les bassins fluviaux, les lacs et les nappes phréatiques de la région sont soumis à de multiples stress hydriques. De plus, le changement climatique apporte des défis supplémentaires tels que des inondations, des sécheresses et des maladies transmises à travers l’eau.
La pollution par le rejet d’eaux usées urbaines et industrielles reste un problème de santé publique. Le rapport préconise une conservation de l’eau plus attentive et des solutions fondées sur la nature pour les bassins de rétention d’eau.
« Nous savons ce que nous devons faire, et nous devons agir ensemble », a déclaré Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). « Alors que les citoyens ressentent des difficultés et sont confrontés à des factures d’énergie plus élevées que jamais, qu’ils voient des températures record et que leurs réservoirs d’eau diminuent, les pays doivent montrer qu’il existe un plan ».
Une économie circulaire
Même lorsqu’il existe un engagement politique fort en faveur d’une économie circulaire, comme dans l’Union européenne et d’autres pays d’Europe occidentale, les déchets générés continuent de croître.
En réponse, le rapport exhorte les gouvernements à renforcer la prévention des déchets dans la production, la consommation et la refabrication, grâce à des incitations financières tels que des allégements fiscaux. Le rapport promeut un partenariat paneuropéen pour la gestion des déchets électroniques qui permettrait de récupérer des ressources précieuses.
En parallèle, les extractions minières ont triplé au cours des cinquante dernières années. Ces extractions sont responsables de plus de 90% de la perte de biodiversité, du stress hydrique et d’environ 50% des impacts du changement climatique.
En développant l’économie circulaire, les gouvernements régionaux pourraient renforcer la gestion des matières premières.
« Comme le souligne le rapport, les Nations Unies ont élaboré de multiples outils et approches pour réduire la pollution, renforcer la protection de l’environnement, réduire l’utilisation des ressources et favoriser le passage à une économie circulaire. Leur mise en œuvre doit être considérablement accélérée », a rappelé Olga Algayerova, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Europe (CEE).
« Cela nécessitera un engagement politique urgent et audacieux et des changements de comportement de la part de chacun d’entre nous avant qu’il ne soit trop tard ».
Depuis sa création en 1972, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) est l’autorité mondiale qui définit l’agenda environnemental, promeut la mise en œuvre cohérente de la dimension environnementale du développement durable au sein du système des Nations Unies et fait autorité en tant que défenseur de l’environnement mondial.
Après avoir chuté pendant la pandémie, le tourisme reprend de plus belle. C’est une bonne nouvelle pour de nombreux travailleurs et entreprises, mais peut-être pas pour la planète. Est-il possible d’être un « touriste durable » ? 12 façons de donner un impact positif à vos voyages selon l’ONU. Au tant d’idées qui permettraient aux touristes d’éviter de nuire à l’environnement pendant leurs vacances.
CDURABLE.info relaie une tribune de la filière hydrogène française qui demande une législation européenne qui permette réellement de « reconnaitre l’hydrogène bas-carbone, notamment produit à partir d’énergie nucléaire, comme un moyen indispensable et complémentaire de l’hydrogène renouvelable, pour décarboner l’économie européenne ». Elle appelle également à établir dans les meilleurs délais un plan concret de connexion hydrogène entre le Sud et le Nord de l’Europe.
Au changement climatique et à ses conséquences violentes s’ajoute désormais une crise énergétique majeure résultant du retour d’une guerre sur le sol européen, provoquée par l’invasion russe en Ukraine. L’impératif qui s’impose alors à la France et à l’Europe est d’accélérer pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles.
L’ampleur de ce défi, et la vitesse -moins de trois décennies- à laquelle il doit être relevé, nous oblige, nous européens, collectivement. Il est urgent de ne plus opposer les diverses stratégies énergétiques nationales, mais au contraire de les envisager comme des réponses complémentaires pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Le développement de l’hydrogène renouvelable ou bas-carbone doit être vecteur d’une décarbonation en profondeur de nombreux secteurs de l’économie – industrie et mobilités lourdes ou intensives – ainsi que d’une réindustrialisation des territoires, à l’échelle française comme européenne. Réponse à l’agression de l’Ukraine par la Russie, le Plan européen RePowerEU confirme cette dimension stratégique de l’hydrogène dans le renforcement de la souveraineté énergétique et industrielle de l’Union, en doublant les cibles d’utilisation d’hydrogène renouvelable d’ici 2030 : 20 mégatonnes (Mt), pour moitié produites au sein de l’Union, et pour moitié importée de pays tiers. Cette ambition devrait désormais se matérialiser notamment dans la directive révisée sur les énergies renouvelables (RED III), avec l’établissement de cibles d’utilisation d’hydrogène renouvelable dans l’industrie et les transports d’ici 2030 -respectivement 50% et 5,7% dans le rapport adopté par le Parlement européen, et désormais discuté en trilogue. En ligne avec cette vision européenne, la France s’est dotée d’une ambitieuse Stratégie Nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné. Dotée d’un soutien de l’Etat de 9 milliards d’euros[[Stratégie Nationale Hydrogène dotée d’un soutien de 7,2 milliards d’euros renforcée par 1,9 milliards dans le cadre du Plan France 2030.]], cette Stratégie vise notamment à déployer une filière compétitive de l’électrolyse pour produire massivement, en France, l’hydrogène propre nécessaire à la décarbonation de notre industrie et de nos mobilités lourdes ou intensives. Dans ce cadre, l’Etat investit dans la construction d’usines de fabrication d’électrolyseurs de grandes capacités, tant afin de faire baisser les coûts des équipements que pour rendre l’Union autonome quant à l’approvisionnement en électrolyseurs.
L’autre grand défi, posé par la production par électrolyse d’hydrogène propre sur le territoire européen, est d’assurer un approvisionnement suffisant en électricité décarbonée. L’objectif de production domestique de 10Mt d’ici 2030, fixé par la Commission européenne dans son plan RePowerEU, représente un besoin en électricité renouvelable d’environ 550 TWh supplémentaires, ce qui est considérable. Dans ce cadre, il apparaît impératif de reconnaître le rôle de l’hydrogène bas-carbone, notamment produit à partir d’électricité nucléaire, aux côtés de l’hydrogène renouvelable, pour l’atteinte de nos objectifs de décarbonation. Le défi est trop important, et les systèmes énergétiques au sein de l’Union trop divers, pour se permettre de n’encourager qu’un type d’énergie primaire, uniquement renouvelable. Les énergies renouvelables seront le pilier de la décarbonation européenne, mais exclure aujourd’hui l’hydrogène bas-carbone des cibles d’utilisation d’hydrogène risque d’obérer la capacité de production domestique d’hydrogène propre et de conduire à un recours massif aux imports.
Or, dans un cadre géopolitique extrêmement mouvant, il apparaît primordial de sécuriser une part de production d’hydrogène en Europe afin de ne pas créer de nouvelles dépendances à d’autres pays dans ce domaine. Il s’agit également d’assurer la capacité d’approvisionnement des industries européennes utilisatrices d’hydrogène : il serait légitime que les régions disposant de fortes ressources renouvelables (notamment Afrique du Nord et Afrique subsaharienne) les utilisent en priorité pour développer et décarboner leur propre système énergétique, tendre vers l’accès universel à l’électricité, et développer leurs propres capacités industrielles. L’approche équilibrée prise par la Commission européenne (10Mt domestique, 10Mt importées) nous apparaît, à ce titre, pertinente. Elle doit désormais concrétiser le volet de production domestique en s’ouvrant, d’une manière ou d’une autre, à l’hydrogène bas-carbone, comme explicitement mentionné dans RePowerEU. La production d’hydrogène via le mix nucléaire (69% en 2021) – renouvelables (23,6%) de la France est une opportunité pour renforcer dès aujourd’hui l’autonomie énergétique de l’Europe et éviter de reproduire des dépendances extérieures excessives. Il est impératif que l’hydrogène soit un moteur de souveraineté pour l’Union.
Si la France souhaite répondre à ses propres besoins en hydrogène décarboné avec une production nationale, cela ne signifie pas pour autant que la France se positionne pour une fermeture du territoire aux flux d’hydrogène qui seraient nécessaires à d’autres pays. Contrairement à ce qui a pu être présenté parfois, la stratégie française n’est pas insulaire, et ne se bâtit aucunement contre la vision et les besoins spécifiques d’autres Etats membres. Autonomie n’est pas synonyme d’autarcie.
En témoigne notamment l’engagement français dans le projet transfrontalier MosaHYc, qui doit permettre d’interconnecter des sites d’utilisation d’hydrogène situés en Allemagne (Sarre) et en France (Moselle) grâce à la reconversion de canalisations de gaz existantes. De même, dans le cas où seraient présentés des projets d’infrastructures hydrogène visant à connecter la péninsule ibérique (richement dotée en énergies renouvelables) et le Nord de l’Europe, particulièrement l’Allemagne, la filière française est disposée à étudier la viabilité de tels projets, et les manières de s’y impliquer. Cela nécessite bien évidemment l’établissement d’une vision de long terme, que nous appelons de nos vœux, avec des garanties sur les flux futurs tant de la part des producteurs (ibériques ou nord africains) que des grands consommateurs industriels finaux (principalement d’Allemagne). Cette connexion de la péninsule ibérique au Nord de l’Europe est un levier de cohésion européenne pour l’atteinte de nos objectifs collectifs de décarbonation, et nous ne pouvons qu’y souscrire, si cela sert bien à transporter de l’hydrogène et non des hydrocarbures, et ne sert pas de simple transit. Si la réflexion sur la construction d’une telle infrastructure de transport doit commencer immédiatement, il apparaît néanmoins décisif de garder à l’esprit que de telles infrastructures participant à la construction d’une dorsale européenne, très lourdes en investissement, ne monteront véritablement en charge qu’au cours de la décennie 2030 : même en planifiant le déploiement de ces actifs stratégiques pour interconnecter les pays européens, la structuration d’écosystèmes locaux de production et consommation d’hydrogène décarboné reste un modèle incontournable pour atteindre nos objectifs climatiques d’ici 2030. C’est par ailleurs ce modèle qui permettra de poser les premières pierres d’une infrastructure hydrogène européenne, d’abord en réalisant les infrastructures pour transporter l’hydrogène à l’intérieur de ces écosystèmes locaux, puis de relier les hubs industriels entre eux.
Tout comme pour l’ensemble des solutions de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles, le déploiement de l’hydrogène est un défi aux ordres de grandeur colossaux, mais qu’il faut impérativement atteindre. A ce titre, opposer au sein de l’Union européenne les différentes stratégies hydrogène nationales, qui sont basées sur des systèmes énergétiques différents, ne fait pas sens. L’ensemble des leviers disponibles doit être mobilisé. La filière hydrogène française appelle à ce que la législation européenne permette réellement de reconnaitre l’hydrogène bas-carbone – notamment produit à partir d’énergie nucléaire – comme un moyen indispensable, et complémentaire, de l’hydrogène renouvelable- pour décarboner l’économie européenne. Elle appelle également à établir dans les meilleurs délais un plan concret de connexion hydrogène entre le Sud et le Nord de l’Europe (qui ne vienne pas justifier l’investissement dans de nouveaux actifs gaziers carbonés).
C’est à ces deux conditions que l’hydrogène pourra réellement devenir le moteur de souveraineté et de cohésion européenne que nous appelons de nos vœux.
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Tout savoir (ou presque) sur l’hydrogène
Alors que des épisodes météorologiques violents de plus en plus fréquents font prendre conscience de la réalité du changement climatique, la nécessité de trouver des solutions pour accélérer la transition écologique s’impose.
L’hydrogène fait partie de ces solutions et est une opportunité unique de changer de modèle énergétique pour décarboner de larges secteurs de l’économie comme l’industrie, les transports et l’énergie.
Considéré comme un objet de laboratoire il y a encore quelques années, ou comme une énergie possible d’un avenir très lointain, l’hydrogène fait désormais valoir sa contribution indispensable à un nouveau mix énergétique décarboné, incontournable pour réussir la transition.
Son développement est également une question de souveraineté avec l’opportunité de réindustrialiser le territoire national, créer et reconvertir des emplois, gagner en indépendance technologique et énergétique. C’est à ce titre notamment que la filière est identifiée et soutenue comme une industrie stratégique pour la France. Au-delà, le mouvement est européen et international.
Enjeu industriel, technologique et environnemental, l’hydrogène est donc amené à entrer dans la vie des citoyens. C’est déjà le cas aujourd’hui pour certains français, usagers des transports de collectivités pionnières qui ont mis en service des bus à hydrogène sur leurs lignes, ou clients de taxis hydrogène franciliens. Bientôt, des bennes à ordures ménagères ou des camions circuleront dans les villes et sur les routes, des trains à hydrogène sur des lignes régionales, des bateaux et des ferries à hydrogène sur les océans et pourquoi pas des avions ? L’hydrogène-énergie est déjà déployé pour stocker et alimenter en électricité des sites très isolés comme des refuges en haute-montagne, pour de l’alimentation de secours ou temporaire grâce à des groupes électrogènes à hydrogène…
L’hydrogène est ainsi à l’aube d’une nouvelle ère, celle de l’appropriation par l’ensemble des publics. Véritable sujet de société naissant, il s’accompagne de questions essentielles.
L’hydrogène, c’est quoi ? Comment ça marche ? A quoi ça sert ? Est-ce que c’est sûr ? C’est qui, où et pour quand ?
Tour d’horizon des questionnements et idées reçues sur cette petite molécule promise à un grand avenir.
Livret pédagogique pour tout savoir (ou presque) sur l’hydrogène
Les Ministres de l’environnement de toute la région paneuropéenne se sont mis d’accord pour promouvoir la transformation du tourisme en s’appuyant, pour guider leur action, sur les grandes initiatives du programme tourisme durable du réseau One Planet.logo.svg
Au terme de la neuvième Conférence ministérielle « Un environnement pour l’Europe » organisée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe à Nicosie (Chypre), les délégués ont adopté une Déclaration ministérielle reconnaissant le besoin urgent de « reconstruire en mieux » le secteur du tourisme alors qu’il se relève des impacts de la pandémie. Pour cela, il est crucial d’accélérer le passage à une économie circulaire du tourisme tout en réduisant les déchets et en s’assurant que le secteur honore ses responsabilités en matière d’action climatique.
La Déclaration de Glasgow sur l’action climatique dans le tourisme, rendue publique par l’OMT et ses partenaires lors de la Conférence des Nations Unies de 2021 sur les changements climatiques (COP26), et l’Initiative mondiale sur les plastiques dans le secteur du tourisme, conduite conjointement par l’OMT et le PNUE, ont toutes deux été citées comme références d’initiatives clé pour guider la transformation du secteur.
Le programme tourisme durable du réseau One Planet a coorganisé avec le PNUE et son Plan d’action pour la Méditerranée une manifestation parallèle sur « Le tourisme et la circularité pour un développement durable dans la Méditerranée ».
Ce fut l’occasion de présenter un nouveau référentiel d’outils et de ressources sur l’économie circulaire et le tourisme, ainsi que deux nouvelles publications de l’Initiative mondiale sur les plastiques dans le secteur du tourisme concernant la mesure et les approvisionnements produites avec le soutien financier du Gouvernement français.
Une chance à saisir pour toutes les parties prenantes du tourisme
«J’encourage les Ministres européens de l’environnement à travailler en synergie avec leurs homologues des ministères du tourisme pour mettre en place une économie circulaire dans le secteur du tourisme.»
Dans son intervention à la Conférence ministérielle, le Secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili, a déclaré : « L’économie circulaire peut donner aux entreprises un avantage comparatif ; elle peut aider les destinations à avoir des chaînes de valeur locales plus inclusives ; et elle permet aux touristes de laisser une empreinte positive. J’encourage les Ministres européens de l’environnement à travailler en synergie avec leurs homologues des ministères du tourisme pour mettre en place une économie circulaire dans le secteur du tourisme. »
S’exprimant aussi à la Conférence ministérielle, le Secrétaire d’État du Ministère de l’économie et du développement durable de la Croatie, Mario Šiljeg, a insisté sur l’importance du tourisme pour les économies européennes et souligné les avantages considérables découlant de « l’adoption d’approches innovantes, en particulier pour dépasser les relations traditionnelles le long de la chaîne de valeur en leur préférant des modes plus systémiques de production et de consommation circulaires. »
Les Ministres et l’UE favorables à une économie circulaire dans le tourisme
Toujours à Nicosie, la Ministre du tourisme et de l’environnement de l’Albanie, Mirela Kumbaro Furxhi, a présidé une discussion plénière sur « L’application des principes de l’économie circulaire dans le tourisme », avec des contributions de la Suisse, la Suède, la Bulgarie, Chypre, l’Ukraine, l’Allemagne, la Grèce, l’Arménie et l’Union européenne. L’UE a ensuite prononcé une déclaration recommandant à son tour de s’appuyer sur la Déclaration de Glasgow et l’Initiative mondiale sur les plastiques dans le secteur du tourisme pour donner corps aux intentions de rendre le secteur plus durable.
Manuel
Au terme de la réunion de Nicosie, les délégués ont signé une Déclaration ministérielle dans laquelle ils annoncent : « Nous favoriserons la transformation du secteur du tourisme en mettant en œuvre des programmes et des projets orientés vers l’application de modèles circulaires dans sa chaîne de valeur. En outre, nous renforcerons les connaissances en nous appuyant sur les outils et les initiatives circulaires existants, en vue de permettre une plus grande diffusion et un plus grand rayonnement de l’économie circulaire dans les États membres de la CEE concernés. Nous encourageons les États membres et les autres parties prenantes en mesure de le faire à envisager de s’associer et de s’engager à participer aux activités menées dans le cadre de l’Initiative mondiale sur les plastiques dans le secteur du tourisme, qui rassemble le secteur du tourisme autour d’une vision commune de l’économie circulaire des plastiques et de la Déclaration de Glasgow, intitulée ‘Un engagement pour une décennie d’action climatique dans le tourisme’ ».
L’Organisation mondiale du tourisme (UNWTO), institution spécialisée du système des Nations Unies, est la principale organisation internationale jouant un rôle central et décisif dans la promotion du tourisme durable, responsable et accessible à tous. Elle fait office de tribune mondiale pour les questions de politique touristique et elle est une source pratique de savoir-faire. Ses membres comprennent 158 États, six territoires, deux observateurs permanents et plus de 500 membres affiliés.
Depuis plusieurs années, l’agriculture fait face à des évènements climatiques de plus en plus forts. TSE a développé des systèmes agrivoltaïques qui permettent aux agriculteurs de lutter contre ces aléas climatiques.
Alors que le Président de la République a annoncé son souhait de promouvoir l’agrivoltaïsme, dans son discours de Saint-Nazaire du 22 septembre dernier, le projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables (AER), présenté en Conseil des ministres le 26 septembre suivant, est étonnamment muet sur ce point.
Pour combler cet angle mort, la commission des affaires économiques a adopté, à l’unanimité, la proposition de loi en faveur de l’agrivoltaïsme, présentée par Jean-Pierre Decool et plusieurs de ses collègues. Ce texte permet de doter l’agrivoltaïsme d’une définition et d’un objectif et de lui appliquer un dispositif de soutien budgétaire, un cadre d’instruction clarifié et de solides garanties financières. Il constitue l’aboutissement législatif d’une résolution, adoptée par le Sénat le 4 janvier 2022, à l’initiative du Président Jean-François Longeot et de Jean-Pierre Moga.
Le texte adopté par la commission garantit la vocation agricole des parcelles, la réversibilité complète des installations et la compétence effective des élus locaux. Un avis systématique de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), de même que des modalités de suivi, de contrôle et de sanction, co-construites avec les acteurs agricoles, doivent prévenir tout conflit d’usage entre production électrique et agricole.
Ce texte s’inscrit dans la droite ligne des travaux de simplification des normes réalisés par la commission des affaires économiques : aussi a-t-elle fait prospérer 30 solutions législatives en matière d’énergies renouvelables ces deux dernières années, qu’il s’agisse de l’hydroélectricité, de l’hydrogène, de l’éolien en mer, du biogaz ou du photovoltaïque.
Ce texte guidera l’action de la commission des affaires économiques dans le cadre du projet de loi AER, dont les articles 3, 6 et les titres IV et V ont été confiés à son rapporteur Patrick Chauvet.
L’Agrivoltaisme pour coupler Agriculture et Production d’Énergie Solaire
Pour Franck Menonville, « En ce qu’elle confère un cadre stratégique, législatif et budgétaire précis aux installations agrivoltaïques, la proposition de loi doit permettre de favoriser un développement raisonné de l’agrivoltaïsme. L’enjeu est d’encourager les projets exempts de conflit d’usage et de ne pas autoriser les ″projets alibis″ ; le développement de l’agrivoltaïsme doit toujours s’effectuer en bonne complémentarité et au bénéfice des agriculteurs et des territoires, et viser ainsi le double objectif de souveraineté alimentaire et énergétique. »
Solutions agrivoltaïques TSE
Pour Sophie Primas, « Après l’hydroélectricité, l’hydrogène, l’éolien en mer et le biogaz, la commission des affaires économiques a poursuivi ses travaux de simplification des normes, en s’attaquant au photovoltaïque. Le Sénat n’a pas attendu le discours de Saint-Nazaire pour accélérer, de manière intelligente car territorialisée, sur la production d’énergies renouvelables ! »
TERAPOLIS, producteur français d’énergies renouvelables, ambitionne de participer à la production de 5 % des objectifs nationaux d’énergie renouvelable d’ici 2028. Son offre est principalement tournée vers l’agrivoltaïsme, une pratique qui consiste à combiner la production d’énergie solaire avec des activités agricoles sur une même surface de terrain.
Pour Patrick Chauvet, « Le projet de loi AER est muet sur l’agrivoltaïsme, pourtant promis par le Président de la République. Nous veillerons collectivement à corriger cet angle mort ! »
Pour Daniel Gremillet, « Légiférer sur l’agrivoltaïsme est utile car les projets fleurissent actuellement. C’est le moment de promouvoir les bonnes pratiques et d’en sanctionner les mauvaises. Après il sera trop tard, comme l’a démontré le développement anarchique des éoliennes terrestres ! »
siteon0-b22b1.png?1634316073Attac publie une note intitulée « Reprendre la main pour financer la bifurcation sociale et écologique ». Avec pour objectif principal de mettre en débat des pistes de réflexion et des propositions pour assurer, d’une part, une véritable justice fiscale, sociale et écologique et, d’autre part, une réorientation du système financier.Reprendre la main pour financer la bifurcation sociale et écologique une note d’Attac
Qu’est-ce que la bifurcation écologique ? Il s’agit d’une transformation profonde de la société et de l’appareil productif, qui nécessite des investissements massifs. Son objectif : sortir de la logique d’accumulation capitaliste et de l’impasse sociale et écologique actuelle. Une telle orientation nécessite une réelle volonté politique et des financements suffisants pour faire face aux enjeux. Elle doit reposer sur un choix clair et des politiques adaptées, plus radicaux qu’une évolution progressive et soumise aux politiques néolibérales, habituellement nommée « transition ».
En matière de finances publiques, on est aujourd’hui loin de se donner les moyens d’une telle bifurcation. La politique budgétaire actuelle est orientée vers la recherche d‘économies à tout prix (« faire plus avec moins », ce que la novlangue néolibérale qualifie de « performance ») sans objectifs environnementaux. La fiscalité dite « écologique », à l’image du système fiscal dans son ensemble, est inégalitaire et inefficace. Elle est par ailleurs trop faible en volume. Enfin, les aides publiques sont attribuées sans condition aux entreprises, alors que les investissements publics pour la bifurcation sont certes en progression mais encore très insuffisants.
Pour reprendre la main et financer la bifurcation sociale et écologique, il faut donc réorienter la politique budgétaire sur la base d’un cadre clair (et donc changer le cadre budgétaire également nommé « gouvernance » budgétaire), mettre en œuvre une réforme fiscale visant à renforcer la progressivité du système fiscal et sa dimension écologique, et conditionner et verdir les aides publiques afin de donner la priorité aux investissements verts dans le cadre d’une planification écologique.
Réussir la bifurcation sociale et écologique suppose également de sortir de la domination de la finance privée. La logique de rentabilité financière à court terme poursuivie par les banques et les marchés constitue un frein au financement de la bifurcation. La finance verte est une illusion, pour ne pas dire un leurre. Pour sortir de cette impasse, il est nécessaire de mettre en œuvre un véritable tournant écologique de la politique monétaire en réorientant le rôle, décisif, de la Banque centrale européenne (BCE) pour financer les dettes publiques et les investissements verts.
Il s’agit également d’accroître et de revaloriser le rôle du pôle public bancaire pour le financement des investissements de long terme et de la transformation du système productif, et de renforcer les normes et la régulation du système bancaire et financier. Cela passe par l’interdiction du financement des énergies fossiles, la réduction de l’emprise des actionnaires et la mise en place d’une coordination des politiques budgétaire et monétaire (un « policy mix ») en direction des urgences sociales et écologiques.
Reprendre la main pour financer la bifurcation sociale et écologique une note d’Attac
DÉCLARATION de DAKAR
des acteurs non-étatiques à l’issue de la
SEMAINE DE LA MOBILITÉ DURABLE ET DU CLIMAT #SMDC2022À Dakar en cette Semaine de la Mobilité Durable et du Climat du 03 au 07 octobre 2022, des acteurs du monde entier – en particulier du continent africain, hôte de la prochaine COP27 – se sont réunis pour réaffirmer leur engagement et le rôle déterminant de l’action territoriale pour développer une mobilité durable et pour atténuer le changement climatique autant que de s’adapter à ses conséquences.
La science est sans équivoque et le dernier rapport du GIEC le montre, le changement climatique est une menace concrète sur tous les continents. Un réchauffement supérieur à 1,5 °C entraînera des impacts graves et irréversibles, limitant la capacité d’adaptation et menaçant gravement l’équilibre aussi bien des écosystèmes naturels que des sociétés humaines. L’année 2022 et son cortège de catastrophes climatiques en est une claire illustration.
Les participants au sommet de Dakar, issus de toutes les catégories d’acteurs du climat et de la mobilité durable, réaffirment les priorités fortes qu’ils souhaitent voir mises au cœur des débats de la COP 27 en rappelant que le changement climatique est une menace directe pour la paix dans le monde, en particulier par l’insécurité alimentaire et énergétique qu’il génère.
Nous rappelons la nécessité de renforcer l’attention sur les enjeux d’adaptation et de rééquilibrer les négociations et les financements par rapport aux investissements sur l’atténuation.
Nous réaffirmons le besoin de renforcer l’accès à tous les types de financements au niveau des territoires, la nécessité d’innovation dans des financements verts, qui doivent s’ouvrir plus aux pays en développement. Nous insistons sur la prise en compte du rôle des collectivités locales qui sont souvent les mieux à même de mettre en œuvre des politiques holistiques et adaptées aux réalités locales en étroite liaison avec les acteurs économiques et sociaux de leurs territoires.
Dans cette perspective, le renforcement des capacités (formation et ingénierie de projet) est d’une importance capitale.
Nous soulignons l’importance d’une action résolue pour assurer le droit en tout lieu, pour toutes et tous, à une mobilité durable qui est une condition majeure pour l’accès à l’éducation, à l’emploi et à la liberté individuelle. Pour cela l’accent doit être mis sur toutes les innovations et les financements permettant de développer les solutions alternatives à l’usage individuel de moyens de transports carbonés. Nous rappelons l’importance de ces politiques de mobilité collectives et actives dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Nous voulons, plus que jamais, accélérer la transition énergétique dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, notamment du fait de la fragilisation des approvisionnements en énergies fossiles, impactant l’ensemble des économies du monde.
Nous demandons que l’ensemble des mutations nécessaires se fassent dans un souci permanent de justice et d’équité. Nous rappelons que les Etats n’ont pas tous ni la même responsabilité dans la situation climatique actuelle, ni les mêmes moyens pour y faire face. Ceci vaut aussi au niveau des personnes et nous insistons sur la nécessaire prise en compte dans les politiques publiques concernées des inégalités de genre, de génération et de territoire.
Nous rappelons enfin qu’une réponse globale aux défis du changement climatique nécessite un monde régulé, la définition d’objectifs et de stratégies communes entre les Etats, pour la stabilisation du climat, la réduction des émissions, l’adaptation et la réponse aux pertes et dommages subies par les pays les plus vulnérables. Aussi la paix dans le monde et le respect par tous de la Charte des Nations Unies est une condition absolument nécessaire de la réussite des accords de Paris sur le climat dont la mise en œuvre doit être accélérée et déclinée en actions concrètes et ambitieuses, notamment sur le continent africain.
LA FEUILLE DE ROUTE DES ACTEURS AFRICAINS DU CLIMAT RÉUNIS A DAKAR
4ème SOMMET CLIMATE CHANCE AFRIQUE #SCCA2022
DAKAR, SENEGAL 4 AU 6 OCTOBRE 2022
Nous, représentants des collectivités territoriales et des acteurs non étatiques d’Afrique, réunis lors du 4ème sommet Climate Chance Afrique, du 4 au 6 octobre 2022, dans le cadre de la semaine de la mobilité durable et du climat de Dakar :
Soulignons que cette rencontre est le dernier évènement majeur sur les défis du changement climatique en Afrique organisé en amont de la 27ème conférence des parties (COP 27), en Égypte, où le financement de l’adaptation et des pertes et dommages seront au cœur des négociations et où l’importance de développer des actions d’ampleur sur le continent africain sera fortement rappelée.
Rappelons donc l’importance d’une prise en compte par les États-Parties des propositions et demandes des acteurs des territoires, dont l’expérience et la capacité de mettre en œuvre des solutions concrètes sont au cœur des réponses à apporter face aux défis du changement climatique.
Inscrivons ces priorités dans la suite des messages développés lors des précédents sommets Climate Chance africains (Agadir 2017, Abidjan 2018, Accra 2019), véritables “pré-COP” non étatiques et en cohérence et synergie avec les déclarations spécifiques d’autres grands évènements de rassemblement des acteurs territoriaux, en particulier le Sommet Africités de mai 2022 à Kisumu au Kenya et la déclaration des collectivités et organisations de la société civile africaine réunies à Saly au Sénégal en juillet 2022.
Nous réaffirmons donc en complément de la déclaration “chapeau” de la Semaine de la Mobilité Durable et du Climat de Dakar :
1 – L’urgence absolue de la lutte contre le changement climatique, après une année 2022 particulièrement difficile, où les catastrophes liées à ce dérèglement auront été nombreuses, frappant d’abord les pays et les populations les plus vulnérables. Nul ne peut aujourd’hui contester les diagnostics posés par la communauté scientifique internationale, rassemblées dans le GIEC, et leurs préconisations se doivent d’être suivies, notamment l’importance d’une stabilisation des températures au plus proche de 1,5 °C.
2 – Dans ce contexte, l’Afrique souffre particulièrement d’un réchauffement dont elle ne porte pas la responsabilité. Aussi le financement, à la hauteur des enjeux, des politiques d’adaptation et des pertes et dommages des pays les plus vulnérables, doit être une priorité de la communauté internationale et des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre.
3 – Les politiques d’actions climatiques ne peuvent réussir que si elles prennent en compte les questions de justice sociale et d’égalité de genre, en intégrant les besoins des groupes les plus exclus, notamment les peuples autochtones, les femmes et les jeunes, pourtant porteurs de solutions très adaptées aux réalités locales. Alors que l’ONU vient de reconnaitre le droit humain à un environnement propre, sain et durable comme droit humain universel, nous rappelons la nécessité de mettre en cohérence et en synergie les Agendas du climat et des objectifs de développement durable (ODD).
4 – L’année 2022 est celle où se tiennent les COP des trois conventions de RIO, sur la biodiversité, le climat et la désertification. C’est au niveau des territoires que cette convergence peut être le mieux assurée. Nous notons avec intérêt la volonté exprimée par nombre de parties de travailler à une convergence de ces trois conventions. Nous insistons tout particulièrement sur l’importance de prendre en compte et de financer les propositions élaborées lors de la COP désertification à Abidjan, et sur les possibilités offertes par la nature, tant dans les politiques d’adaptation que de captation du carbone. En ce sens, la préservation et le renforcement des ceintures de mangroves et du couvert forestier sont des enjeux majeurs, passant par la mobilisation de tous les acteurs concernés, peuples autochtones et populations locales, élus territoriaux, ONG, filières économiques.
5 – Dans quelques années, une majorité de la population africaine vivra dans les villes, notamment côtières. La planification urbaine durable et la structuration des réseaux des villes dans le cadre d’une politique volontariste d’aménagement du territoire sont donc un enjeu central pour l’adaptation comme pour la réduction des émissions. Nous rejoignons les préconisations de CGLU-Afrique, soulignées dans la déclaration d’Africités à Kisumu : l’importance de renforcer la décentralisation fondée sur des recettes fiscales autonomes et la maîtrise foncière, et d’avoir des politiques de mobilité cohérentes. Le renforcement des capacités des collectivités territoriales est un enjeu majeur, et nous réaffirmons donc l’importance de l’initiative du pacte des maires sur le climat, porté par l’Union européenne qui doit concerner tant les mégalopoles que les villes moyennes qui sont un atout négligé jusqu’ici pour la mise en œuvre des solutions efficientes.
6 – Il ne saurait être question pour autant de nier les enjeux du monde rural. Le développement de filières agricoles durables, l’accès à l’eau et à l’énergie, l’attention portée à la situation des femmes et des jeunes sont des défis essentiels qui passent là aussi par une confiance renforcée envers les acteurs des territoires, le renforcement de leurs capacités d’action, par l’accès aux financements et à la formation.
7 – L’accès au financement pour les actions de terrain reste toujours une difficulté majeure pour le renforcement et le déploiement de l’action climatique. Nous insistons, comme souligné dans la déclaration de Saly, sur l’accréditation par le Fonds Vert d’entités permettant que les ressources financières dudit fonds atteignent le niveau local pour y soutenir l’élaboration et la mise en œuvre des projets climatiques.
8 – Les financements de compensation sont aujourd’hui en fort développement et certains secteurs, comme l’aviation et le transport maritime en font aujourd’hui le socle de leurs actions d’atténuation. Ces financements nouveaux peuvent offrir des perspectives intéressantes pour le renforcement de l’action, mais nous insistons sur la nécessaire vigilance dont nous devons faire preuve. En aucun cas ces financements ne doivent dédouaner les secteurs concernés de leurs efforts de réduction massive de leurs propres émissions. Les projets financés doivent garantir le respect des droits des peuples autochtones et des populations locales, apporter des améliorations en termes de développement humain, notamment en intégrant la dimension genre, la situation des femmes et des jeunes, et préserver la biodiversité des écosystèmes.
9 – Pour renforcer la prise en compte de l’action territoriale, son intégration dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) est nécessaire. Nous plaidons donc pour la mise en place de cadres d’échange et de suivi des acteurs non étatiques et des collectivités territoriales pour leur comptabilisation dans les CDN, sur l’atténuation comme l’adaptation. Dans la même logique nous soutenons l’expérimentation de contributions déterminée au niveau local.
10 – Ce renforcement de la capacité d’action des acteurs territoriaux passe par une meilleure connaissance des actions engagées et de leurs impacts tant qualitatifs que quantitatifs. Aussi nous considérons nécessaire la mise en place d’un véritable observatoire africain de l’action climatique non étatique qui éclairera les décideurs nationaux et internationaux sur l’impact des actions menées, leur potentiel de développement, les freins à leur déploiement.
11 – Nous devons aussi renforcer l’échange de bonnes pratiques, le porter à connaissance sur les succès comme sur les difficultés. Les moyens dédiés à l’information et à la formation se doivent d’être renforcés. Les coopérations décentralisées Sud-Sud, Sud-Nord et l’intégration des apports de la diaspora africaine peuvent aussi être un outil précieux de ce renforcement des capacités.
12 – Nous rappelons enfin que la stabilisation du climat et le renforcement des moyens dédiés à l’adaptation n’est possible que dans un monde de régulation où la gouvernance internationale fonctionne. La paix dans le monde, la fin des conflits et le respect par tous de la Charte des Nations Unies sont des conditions nécessaires à la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat et à l’avenir de l’humanité.
Acteurs signataires de la déclaration de Dakar au Sommet Climat Chance Afrique
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