Après un été brûlant sans précédent en France et en Europe, et en préambule de la COP27 Climat et COP15 Biodiversité, les scientifiques de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et leurs partenaires du Burkina Faso et du Sénégal présentaient des solutions concrètes ancrées dans la science pour faire face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité.
COP27 : la « tolérance zéro » pour l’écoblanchiment est réclamée par le chef de l’ONU

Alors qu’un nombre croissant de gouvernements et d’acteurs non étatiques s’engagent à être sans carbone, la réalité de nombreux engagements « net zéro » laisse à désirer, a dénoncé le Secrétaire général de l’ONU alors que son groupe d’experts sur la question a publié mardi son premier rapport.Le rapport dénonce l’écoblanchiment (greenwashing) – induire le public en erreur en lui faisant croire qu’une entreprise ou une entité fait plus pour protéger l’environnement qu’elle ne le fait en réalité – et les faibles engagements « net zéro ». Selon les experts, les acteurs ne peuvent prétendre être « net zéro » tout en continuant à construire ou à investir dans de nouveaux approvisionnements en combustibles fossiles ou dans des activités destructrices pour l’environnement. Ils ne peuvent pas non plus participer ou faire participer leurs partenaires à des activités de lobbying contre le changement climatique ou simplement présenter une partie des actifs de leur entreprise tout en cachant le reste.
« Nous devons avoir une tolérance zéro pour l’écoblanchiment ‘net zéro’. Le rapport du groupe d’experts d’aujourd’hui est un guide pratique pour garantir des engagements ‘net zéro’ crédibles et responsables », a déclaré le chef de l’ONU, António Guterres, lors de la présentation du rapport à la Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP27, à Charm El-Cheikh, en Égypte.L’année dernière, lors de la COP26 à Glasgow, M. Guterres avait annoncé qu’il nommerait un groupe d’experts pour remédier à un « excès de confusion et un déficit de crédibilité » concernant les objectifs « net zéro » des entités non étatiques. Le premier rapport du groupe est le résultat d’un travail et de consultations intenses pendant sept mois et reflète les meilleurs conseils des 17 experts sélectionnés par le chef de l’ONU. À travers 10 recommandations pratiques, le rapport apporte des éclaircissements dans quatre domaines clés : l’intégrité environnementale ; la crédibilité; la responsabilité; et le rôle des gouvernements.

Les recommandations du rapport expliquées par le chef de l’ONU
1. Les promesses ne peuvent pas être une « dissimulation toxique »
Selon le rapport, les promesses « net zéro » doivent être conformes aux scénarios du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies limitant le réchauffement à 1,5 degré Celsius.« Cela signifie que les émissions mondiales doivent diminuer d’au moins 45 % d’ici 2030 – et atteindre ‘net zéro’ d’ici 2050. Les engagements devraient avoir des objectifs intermédiaires tous les cinq ans à partir de 2025 », a expliqué le Secrétaire général.Les objectifs doivent également couvrir toutes les émissions de gaz à effet de serre et tous leurs périmètres. Pour les institutions financières, cela signifie toutes leurs activités financières, et pour les entreprises et les villes, cela signifie toutes les émissions – directes, indirectes et celles provenant des chaînes d’approvisionnement.
« Le message est clair pour tous ceux qui gèrent des initiatives volontaires existantes – ainsi que pour les PDG, les maires [et] les gouverneurs qui s’engagent au ‘net zéro’ : respectez cette norme et mettez à jour vos directives immédiatement – et certainement pas plus tard que la COP28 », a déclaré M. Guterres.Le chef de l’ONU a également envoyé un message fort aux entreprises de combustibles fossiles et à leurs « facilitateurs financiers » qui font des promesses qui excluent les produits et activités de base qui empoisonnent la planète.
« Il est répréhensible d’utiliser de fausses promesses de ‘net zéro’ pour dissimuler l’expansion massive des combustibles fossiles. C’est une supercherie. Cette dissimulation toxique pourrait pousser notre monde au bord du précipice climatique. L’imposture doit cesser », a dit M. Guterres.

2. Les plans doivent être détaillés et concrets
M. Guterres a déclaré que les promesses « net zéro » devraient être accompagnées d’un plan sur la manière dont la transition se déroule. « Les dirigeants doivent être responsables de la tenue de ces promesses. Cela signifie plaider publiquement pour une action climatique décisive et divulguer toute activité de lobbying », a-t-il déclaré, ajoutant que l’absence de normes, de réglementations et de rigueur dans les crédits volontaires du marché du carbone est profondément préoccupante. En outre, les promesses doivent détailler comment la transition répondra aux besoins des travailleurs des industries des combustibles fossiles et des secteurs touchés par la transition vers les énergies renouvelables. Le rapport fournit également des éclaircissements et des détails sur ce que les entreprises, les institutions financières et les autorités infranationales doivent faire pour éliminer progressivement le charbon, le pétrole et le gaz.3. Les promesses doivent être responsables et transparentes
Le Secrétaire général a appelé toutes les initiatives volontaires « net zéro » à accélérer les efforts de normalisation des rapports d’étape, dans un format ouvert et via des plateformes publiques qui alimentent le Portail mondial de l’ONU sur l’action pour le climat.« Nous devons travailler ensemble pour combler les lacunes du manque d’autorités tierces crédibles universellement reconnues – et nous devons renforcer les mécanismes en mesure de mener ce processus de vérification et de responsabilisation », a-t-il expliqué.
4. Les initiatives volontaires doivent devenir une nouvelle norme
Enfin, le chef de l’ONU a déclaré que les gouvernements doivent veiller à ce que les initiatives désormais volontaires deviennent une « nouvelle normalité ». « J’exhorte tous les chefs de gouvernement à fournir aux entités non étatiques des conditions équitables pour passer à un avenir juste et ‘net zéro’. Résoudre la crise climatique nécessite un leadership politique fort », a-t-il souligné, réitérant que les pays développés doivent également accélérer leur décarbonisation et montrer l’exemple.
La voix des experts
Le rapport intervient dans une année au cours de laquelle le monde a été en proie à une crise énergétique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ainsi qu’à des impacts climatiques comme les inondations sans précédent au Pakistan et la sécheresse aux États-Unis. Actuellement, plus de 80% des émissions mondiales sont couvertes par des promesses « net zéro ». « En ce moment, la planète ne peut pas se permettre des retards, des excuses ou davantage d’écoblanchiment (greenwashing) », a déclaré l’ancienne ministre canadienne Catherine Mckenna, Présidente du groupe d’experts de haut niveau. Elle a expliqué qu’à une époque aussi cruciale, faire des promesses « net zéro » consiste à réduire les émissions, pas à se défausser. Mme Mckenna a félicité certains acteurs qui progressent, tels que les entreprises qui investissent dans l’innovation, les investisseurs qui transfèrent leur argent du « sale vers le propre » et les villes qui transforment leur réseau énergétique en énergies renouvelables. « Mais la mauvaise nouvelle est que trop de promesses ‘net zéro’ ne sont… guère plus que des slogans vides et du battage médiatique », a-t-elle affirmé. « Pourquoi l’écoblanchiment est-il si mauvais ? En partie parce que les enjeux sont si importants. Il ne s’agit pas seulement de publicité, les fausses déclarations de ‘net zéro’ augmentent le coût que tout le monde paiera en fin de compte ». Mme Mckenna a également noté mardi que le Président français Emmanuel Macron et l’Envoyé des Nations Unies pour le climat Michael Bloomberg ont lancé une nouvelle initiative visant à créer un service public de données « net zéro », qui fournira des données vérifiées pour tenir les entreprises responsables.
Eau et changement climatique : les comités de bassin s’engagent à agir pour des solutions d’adaptation dans les territoires
Agir plus vite, plus fort dans les territoires
Plus que jamais il convient de mobiliser les territoires. L’adaptation au changement climatique n’est plus une option, elle est impérative. Le Gouvernement a engagé la hausse des moyens des agences de l’eau en augmentant leurs plafonds de dépenses de 100 millions d’euros pour 2022. Il lance cet automne une vaste démarche de planification écologique dont le premier chantier est consacré à l’eau, avec la volonté d’associer les acteurs locaux et les spécificités territoriales. Forts de leur rôle essentiel dans la définition des stratégies locales concertées de gestion de l’eau, les 7 comités de bassin, ont été saisis mi-octobre par Christophe Béchu, Ministre de la Transition écologique et de la Transition des territoires, et Bérangère Couillard, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, pour contribuer à ce chantier eau, avec le soutien et l’expertise des agences de l’eau. Aujourd’hui, il faut passer du diagnostic à l’action. Des solutions existent et sont déjà mises en œuvre sur les territoires. En 2021, 1,045 milliards € d’aides ont été attribuées par les agences de l’eau pour des opérations contribuant directement à l’adaptation au changement climatique telles que les économies d’eau, la ré-utilisation des eaux usées traitées, la gestion des eaux de pluie et désimperméabilisation des sols, la renaturation des rivières et la restauration des zones humides… Il convient d’accélérer les investissements, de lever les freins organisationnels et de mobiliser les acteurs locaux pour engager les nécessaires mutations dans les territoires ruraux et urbains.Accompagner la transition vers une agriculture plus sobre en eau
Très sensible aux effets du changement climatique, la production agricole est d’autant plus fragilisée que les systèmes de culture sont fortement dépendants de la disponibilité en eau. Dans un contexte où les ressources diminuent et où la concurrence entre les usages de la ressource s’amplifient, le modèle agricole doit être ré-interrogé. Les comités de bassin recommandent unanimement de tout faire pour produire avec moins d’eau. Des solutions techniques existent : pilotage de l’irrigation (la bonne dose au bon moment) et efficacité des systèmes d’irrigation, lutte contre les fuites, choix de variétés mais aussi de cultures économes en eau et résistantes à la chaleur et au stress hydrique… Ces solutions doivent être amplifiées pour diminuer les besoins en eau des systèmes agricoles et limiter les prélèvements d’eau. L’agriculture est en effet le premier consommateur d’eau en période d’étiage. Une autre piste est de limiter l’assèchement des sols. Moins travailler le sol, maintenir un couvert végétal, développer l’agroforesterie, planter des haies pour faire de l’ombre sont autant de pratiques à déployer pour maintenir l’humidité dans les sols. Enfin le changement climatique se caractérisant par une amplification des variabilités et des phénomènes extrêmes, les exploitations qui diversifient leurs productions sont plus résilientes face aux aléas. La diversification des productions a également comme avantage d’étaler le besoin en eau et d’éviter qu’il soit concentré sur une même période surtout lorsqu’il s’agit de la période estivale. Les comités de bassin s’accordent sur le fait que la mise en œuvre de ces actions ne sera toutefois pas suffisante sur tous les territoires, et que la mobilisation de nouvelles ressources en eau sera nécessaire, qu’il s’agisse de transferts d’eau, de stockage, ou de réutilisation des eaux usées traitées. Mais cette mobilisation devra se faire dans le respect de la préservation des milieux naturels et devra être adaptée aux spécificités de chaque territoire, à l’issue d’un processus de concertation autour du partage de l’eau entre tous les usages.Porter l’effort sur l’organisation du partage de l’eau
Cette stratégie est déjà à l’œuvre dans les bassins hydrographiques sous forme de projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE). La finalité est de garantir un partage équilibré entre les usages (eau potable, irrigation, industrie…) tout en laissant un volume d’eau suffisant dans les rivières et les nappes pour leur bon fonctionnement écologique. Grâce à ces démarches, les actions en faveur des économies d’eau se sont multipliées ces dernières années et, bien souvent, l’agriculture est d’ores et déjà le secteur qui contribue le plus à ces économies d’eau. Les agences de l’eau, en 1ère ligne dans le déploiement de ces démarches, avec les services de l’Etat, ont investis 102 M€ en 2021 pour accompagner les économies d’eau dans les territoires. En 2021, sur l’ensemble des bassins hydrographiques de France métropolitaine, 34 Mm3 d’eau ont été économisés, c’est plus que la consommation annuelle d’une ville comme Lyon. C’est un progrès mais l’urgence climatique nous demande d’aller plus vite, plus fort !Rendre les espaces urbains résilients
Dans les espaces urbains aussi, les effets du dérèglement climatique nous imposent de changer notre rapport à l’eau. Il nous faut évoluer dans l’aménagement de nos villes et rompre avec une tradition hygiéniste considérant l’eau comme une nuisance – visant à l’enfermer dans le « tout tuyau » ou à enterrer les rivières pour se protéger – au profit d’une logique d’aménagement autour de la nature, au bénéfice d’une eau visible et valorisée. Face aux tensions sur la ressource, rendre les villes perméables est une solution d’adaptation efficace. En France, entre 20 000 et 30 000 hectares sont encore artificialisés chaque année. En évitant d’imperméabiliser les sols et en désimperméabilisant ceux qui le sont déjà, on laisse les eaux infiltrées recharger directement les nappes souterraines. Les solutions mises en œuvre, telles les noues végétalisées ou encore les jardins de pluie, permettent bien souvent de végétaliser les villes et ainsi de lutter contre les îlots de chaleur l’été. On estime à 1,5 degré supplémentaire la différence de température entre un milieu urbain et un jardin ombragé. En 2021, les agences de l’eau ont accompagné financièrement la désimperméabilisation de 205 ha dans les espaces urbains. Les comités de bassin sont moteurs pour impulser de nouvelles formes d’urbanisme intégrant les solutions fondées sur la nature (SFN). La rivière en ville peut combiner biodiversité, cadre de vie et sécurité face aux évènements extrêmes. En lui redonnant libre-cours pour retrouver des écoulements variés et sans obstacles, un espace de fonctionnement (élargissement), une diversité de substrats et de végétaux, on redonne vie à la biodiversité. La rivière est plus résiliente lors des hautes eaux ou des périodes d’assèchement. Et elle offre en ville un cadre de vie plus frais et attractif pour les riverains.« La sécheresse 2022 est inédite par son intensité, sa durée et le nombre de territoires concernés. Bien que la sécheresse ait été sérieusement anticipée, nous avons été collectivement confrontés à la gestion d’une crise hors norme. Dans ce contexte, le Gouvernement a lancé un exercice de retour d’expérience afin de tirer tous les enseignements de cet épisode et être prêts à affronter l’été prochain. Cependant, au-delà de la gestion de crise, c’est bien la gestion structurelle qu’il faut faire évoluer. Avec le ministre Christophe Béchu, nous avons ainsi engagé un chantier dédié à l’eau, qui s’inscrit dans l’exercice de planification écologique menée par la Première ministre, structuré autour de trois grands axes : sobriété des usages, accès à une eau potable de qualité, restauration du grand cycle de l’eau. Nous repartons des travaux des Assises de l’eau et du Varenne agricole. Ce plan d’action ne sera pas le plan d’action de l’État. Ce sera un plan d’action collectif, avec les territoires. Nous mobiliserons un panel de solutions adaptées aux enjeux locaux », déclare la Secrétaire d’État chargée de l’Écologie Bérangère Couillard.
A propos des comités de bassin
Les comités de bassin sont formés à 40 % d’élus des collectivités territoriales, à 20 % d’usagers non professionnels de l’eau (pêcheurs, associations de défense de l’environnement, consommateurs…) à 20% d’usagers professionnels (agriculteurs, industriels…) et à 20 % de représentants de l’Etat. Leurs membres sont nommés pour 6 ans. Les comités de bassin débattent des grands axes de la politique de gestion de la ressource en eau et de protection des milieux naturels aquatiques.
- Agence Rhône Méditerranée Corse : https://www.eaurmc.fr/
- Agence Loire Bretagne : https://agence.eau-loire-bretagne.fr/home.html
- Agence Seine Normandie : https://www.eau-seine-normandie.fr/
- Agence Rhin-Meuse : https://www.eau-rhin-meuse.fr/
- Agence de l’eau Artois-Picardie : https://www.eau-artois-picardie.fr/
- Agence Adour-Garonne : https://eau-grandsudouest.fr/
Adaptation des côtes au changement climatique : comment s’adapter et œuvrer avec la nature ?
A l’occasion de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, le Conservatoire du littoral, en partenariat avec la Plateforme Océan Climat (POC), l’association Eurosite, l’association des Pays et Territoires d’Outre-Mer (OCTA), le groupe interparlementaire SEARICA (Seas, Rivers, Islands and Coastal Areas) et la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) ont organisé à Marseille, en France, du 15 au 17 Juin 2022, un atelier international sur le sujet de l ’adaptation du littoral au changement climatique. Cet évènement avait pour but d’intensifier la coopération entre les Agences littoral d’Europe et de Méditerranée, et les autres parties prenantes en développant des réflexions et stratégies sur l’adaptation des territoires littoraux au changement climatique.
Le Comité de pilotage de cet évènement a décidé d’élaborer un Policy Paper s’appuyant sur les retours d’expériences des Agences littoral et comportant des recommandations et stratégies développées conjointement lors d’échanges tenus en amont et pendant l’évènement avec plus d’une trentaine d’institutions et d’organisations européennes et méditerranéennes. Cette publication vise différentes problématiques liées à l’adaptation au changement climatique en zone côtière et est centré autour de deux axes principaux :
- Un axe orienté sur les zones naturelles et non-bâties (aires protégées, terres agricoles, espaces forestiers, patrimoine naturel)
- Un second axe portant sur l’interaction entre les espaces naturels et urbanisés (villes, routes, ports, aéroports, infrastructures touristiques exposés aux impacts du changement climatique, etc …)
Résumé pour les décideurs
Adaptation des côtes au changement climatique : comment s’adapter et œuvrer avec la nature ? Depuis le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) paru le 28 février 2022, et à l’occasion de la COP 27 (Conférence des Nations Unies sur le changement climatique) organisée du 06 au 18 novembre en Egypte à Sharm-el-Cheikh, le changement climatique est plus que jamais au cœur de l’actualité : pour atteindre tous les objectifs de développement durable (ODD), il est indispensable désormais que gouvernements, entreprises et société civile unissent leurs efforts et prennent des mesures urgentes. Le sujet de l’adaptation des littoraux constitue un volet essentiel de ces actions à entreprendre : qu’ils soient bâtis ou non-bâtis, les territoires côtiers sont de plus en plus sensibles aux impacts du changement climatique (élévation du niveau de la mer, érosion, salinisation des sols, intensification des tempêtes et submersions, etc.) , et les conséquences directes sont déjà visibles, au niveau des écosystèmes côtiers comme pour les millions d’habitants qui y habitent ou les exploitent. Face à l’urgence, des stratégies d’adaptation en zone côtière doivent être développées sur le long terme avec l’ensemble des populations et acteurs locaux, et mises en œuvre dans le souci de rendre les territoires littoraux plus résilients. Une adaptation efficace et durable ne pourra se faire sans une gestion et utilisation raisonnée de la nature alliant préservation des espaces naturels et protection des enjeux socio-économiques et humains. Suite à l’atelier international sur le sujet de l’adaptation du littoral au changement climatique, organisé à Marseille, en France, du 15 au 17 juin 2022 dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, le Conservatoire du littoral, la Plateforme Océan Climat (POC), l’association Eurosite, l’association des Pays et Territoires d’Outre-Mer (OCTA), le groupe interparlementaire SEARICA (Seas, Rivers, Islands and Coastal Areas) et la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) ont travaillé à la production d’un Policy Paper sur ces enjeux, avec les contributions de plus d’une trentaine d’institutions et d’organisations européennes et méditerranéennes.
Ce Policy Paper synthétise les recommandations et stratégies développées conjointement autour de plusieurs axes :
- Adapter l’aménagement du territoire côtier (en développant des outils juridiques et financiers pour géographiques adéquates…) et faciliter le déplacement en retrait des infrastructures et des biens à risque, en mettant en place des mesures d’adaptation à des échelles
- Préserver des espaces non bâtis en zone littorale et leurs services (en stoppant la perte d’espaces non bâtis – naturels, agricoles non intensifs, forestiers-, en mettant en place des actions de restauration écologique…)
- Prévoir les outils et moyens financiers pour l’adaptation côtière (en favorisant le financement de Solutions fondées sur la Nature, en mettant en place des incitations financières impliquant les pouvoirs publics, les banques et les assurances…)
- Développer les connaissances scientifiques (en renforçant la collecte de données sur les impacts du changement climatique comme sur les solutions d’adaptation, en favorisant le partage et l’accessibilité à ces données par le plus grand nombre, …)
- Impliquer la société civile en travaillant sur l’appropriation des projets de territoires et l’acceptabilité sociale (en renforçant l’intégration de la société civile dans la co-construction de projets de territoires et dans les prises de décision…)
- Capitaliser et coopérer entre acteurs côtiers à l’échelle européenne et international (en s’appuyant sur les réseaux et plateformes existants ou sur le montage de projets de coopération et de partage d’expériences et de savoir-faire, …).
Policy paper version française
Face au changement climatique, comment s’adapter et œuvrer avec la nature ?A propos du Conservatoire du littoral
La préservation du littoral répond à 4 enjeux principaux :
- la conservation d’espaces dont la valeur patrimoniale engage notre responsabilité à l’égard des générations futures ;
- la préservation d’un capital naturel et historique fondamental pour l’attractivité de notre territoire;
- le bien-être social de tous par l’accueil équitable et partagé des populations;
- la protection des biens et des personnes contre les phénomènes climatiques extrêmes en permettant un espace tampon entre l’océan et les enjeux humains.
Documents joints
« Coopérer ou périr » : l’ONU appelle à un pacte de solidarité pour le climat
A la Conférence des Nations Unies sur le climat, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à un pacte historique entre les pays riches et les pays en développement pour éviter une catastrophe climatique. « L’humanité a le choix : coopérer ou périr. Il s’agit soit d’un pacte de solidarité climatique, soit d’un pacte de suicide collectif », a-t’il déclaré à plus de 100 dirigeants mondiaux réunis pour la première séance plénière officielle de la COP27 à Charm El-Cheikh, en Egypte.
Impact de la coupe du monde au Qatar, une empreinte carbone neutre ou un bilan sous-estimé ? Une enquête Greenly
Le bilan carbone sous-estimé des infrastructures







Le poids carboné du transport et de l’hébergement
D’après les calculs réalisés par Greenly, le transport aérien des 1,2 millions de supporters jusqu’aux pays du Golfe Arabo-persique pourrait peser aux alentours de 2,4 millions de tonnes équivalent CO2. Ce à quoi s’ajouteraient les 160 navettes quotidiennes par avion entre Doha et ses voisins – soit 1 avion toutes les 10 minutes. En admettant que ces vols soient effectués avec des Airbus A320 dotés d’une capacité de 150 passagers et remplis à 75 % de leur capacité (la moyenne d’un vol traditionnel), 160 allers-retours entre Doha et Dubaï équivaudraient à 2160 tonnes de CO2e. Remplis à 100 %, ils pèseraient 2880 tonnes, soit 83 520 tonnes équivalent CO2 sur les 29 jours que compte la compétition.
L’invisible pollution numérique
La Coupe au Qatar réunira environ 3,2 milliards de téléspectateurs, un chiffre du même ordre de grandeur que celui de la précédente Coupe du monde en Russie en 2018. Rapport de la FIFA Selon le rapport de la FIFA, cette dernière avait alors comptabilisé plus de 34,66 milliards d’heures de visionnage. Or, il est important de souligner que la production électrique nécessaire au fonctionnement des téléviseurs est elle aussi source d’émissions de CO2, lorsqu’elle implique le recours aux énergies fossiles. Selon Total Energies, la consommation électrique moyenne d’une télévision LCD est de 0,1 kWh par heure de visionnage, quand la moyenne mondiale de l’intensité carbone de l’électricité, elle, est de 475 gCO2e/kWh. Greenly estime ainsi que l’empreinte carbone de la retransmission des matchs se situera aux alentours de 1 à 2 millions de tonnes équivalent CO2 à elle seule.
“L’ensemble de ces estimations n’est pas à prendre au pied de la lettre. Leur ordre de grandeur nous permet cependant de constater à quel point les chiffres annoncés par le Qatar sont en-deçà de la réalité”, estime Alexis Normand, CEO et co-fondateur de Greenly.
Une Coupe du monde loin d’être neutre en carbone

Alexis Normand conclut : « Il est impossible d’estimer précisément l’empreinte carbone de la Coupe du monde au Qatar. Pourtant, avec nos seules estimations « au bas mot », nous avoisinons d’ores et déjà les 6 millions de tonnes de CO2e, soit presque le double des émissions annoncées par le Qatar. Sur le volet écologique, le principal reproche que l’on peut formuler réside dans l’irrationalité de la tenue d’un tel événement dans un pays dont le climat est inadapté, qui ne disposait pas des infrastructures requises – car inutiles en temps normal – ni de la capacité d’accueil nécessaire à un tel afflux de spectateurs. »
À propos de Greenly
Créée en octobre 2019 par Alexis Normand[[DG, ex-Directeur santé de Withings, HEC, Sciences-Po, passé par le bureau de Boston de Withings et Techstars), Matthieu Vegreville (CTO, X-Telecom, data scientist chez Withings]] et Arnaud Delubac[[CMO, ESSEC-Centrale, INSEE, précédemment chargé de communication digitale au cabinet du premier ministre]], la société Offspend SAS, a lancé en janvier 2020 Greenly, première plateforme mondiale de comptabilité carbone avec près de 1000 clients entreprises en France, UK et USA. La climate tech permet aujourd’hui à toutes les entreprises, peu importent leur taille ou secteur, de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, en commençant par mesurer simplement leurs émissions de CO2. Une fois le bilan réalisé, Greenly les accompagne dans la définition d’une feuille de route pour les aider à s’aligner sur une trajectoire Net Zéro. Greenly a obtenu le label B-Corp en septembre 2022 et entend mettre à disposition son expertise à la communauté.
Documents joints
La coalition Unlock appelle une refonte du financement de la rénovation énergétique des logements
La coalition Unlock appelle à une refonte du financement de la rénovation énergétique des logements à travers l’action conjointe de l’État, de la BCE et des banques commerciales
- Les systèmes de financement actuels n’incitent pas les ménages à engager des rénovations performantes : seuls 45 000 logements font l’objet d’une rénovation BBC chaque année
- Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France devrait rénover 700 000 logements de manière performante tous les ans. Le rythme des rénovations globales doit donc être multiplié par plus de quinze
- La campagne Unlock demande des subventions publiques et des prêts à taux zéro garantis par la BCE à hauteur de 28 milliards d’euros par an pour que la France atteigne ses objectifs. La campagne plaide pour une prise en charge intégrale des travaux pour les familles les plus précaires
- Selon les estimations de la campagne Unlock, une rénovation performante permettrait à un ménage d’économiser en moyenne 760 euros par an sur ses factures d’énergie s’il habite dans un appartement, 1 250 euros s’il habite dans une maison
- La France pourrait économiser l’équivalent des émissions de carbone de tout le pays pendant un an et demi si les objectifs de rénovations BBC des logements étaient tenus jusqu’en 2050
Lucas Chabalier[[Lucas Chabalier : Responsable plaidoyer d’Agir pour le climat, Lucas est chargé de partenariat et stratégie sur la campagne Unlock France. Historien de formation et collaborateur à la revue L’Histoire depuis 2014, Lucas a rejoint Agir pour le climat en 2018. Fondée à l’origine pour promouvoir un Pacte Finance-Climat européen, cette association citoyenne et transpartisane, initiée par le climatologue Jean Jouzel en 2017, s’est concentrée au cours des deux dernières années sur la rénovation énergétique. En 2021, en partenariat avec l’ADEME, l’Agence de la transition écologique, Lucas a coordonné la conférence « Investir dans la rénovation profonde pour relancer l’économie : mode d’emploi pour les États membres » et la publication du livret « Financing A Deep Renovation Wave: recovery and beyond », qui regroupe les contributions de plusieurs experts européens.]], responsable plaidoyer au sein d’Agir pour le climat et chargé de partenariat et stratégie sur la campagne Unlock France, a déclaré : « Parce que nos dirigeants ne se sont pas donné les moyens de tenir leurs objectifs en matière de rénovation énergétique au cours des 15 dernières années, ils sont contraints aujourd’hui de dépenser des milliards pour nous protéger contre la hausse des prix de l’énergie. Pour ne plus être acculé demain à ces dépenses en pure perte, le gouvernement doit enfin engager un plan de transformation de notre parc de logements. Ce serait un chantier fondateur. »
Paul Schreiber[[Paul Schreiber : Depuis 2020, Paul dirige la campagne de Reclaim Finance qui vise à aligner les politiques de la Banque centrale européenne (BCE) et les règlements financiers de l’UE sur les objectifs climatiques internationaux et européens. Il est par ailleurs membre de plusieurs groupes d’experts qui travaillent sur des méthodologies visant à aligner le secteur de la finance sur ces objectifs. Avant de rejoindre Reclaim Finance, Paul a occupé le poste d’assistant parlementaire auprès de deux membres de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Paul est titulaire d’un diplôme en sciences politiques et en politiques publiques de l’Institut d’études politiques (IEP) de Lyon.]], chargé régulation et banques centrales au sein de Reclaim Finance a déclaré : « La colère monte face au coût de la vie qui explose. Si l’Etat est en première ligne pour y répondre, c’est le rôle de la BCE de contrôler l’inflation au sein de la zone Euro. Pour contribuer à la réduction de la demande en énergie et des factures des Européens, la Banque centrale peut lancer une facilité de financement permettant aux citoyens d’accéder à des prêts à taux zéro pour financer la rénovation des logements. Face à la crise, il est temps que ses dirigeants – dont le gouverneur de la Banque de France – prennent leurs responsabilités. »
Comment cela va-t-il fonctionner ?
Le coût moyen d’une rénovation performante est de 53 800 euros pour un logement individuel et 19 700 euros pour un logement collectif. Les propriétaires les plus modestes se verraient offrir une prise en charge intégrale. Les ménages moins vulnérables auraient accès à une combinaison de subventions et de prêts à taux zéro, selon un barème dégressif en fonction de leurs revenus. Ceci exige des subventions à hauteur de 13 milliards d’euros par an environ. Après avoir réaffecté les primes existantes, le taux de TVA réduit et les crédits d’impôt liés à l’éco- PTZ (prêt à taux zéro pour les travaux de rénovations énergétiques), soit environ 5 milliards d’euros de dépenses annuelles, les pouvoirs publics français devraient investir 8 milliards d’euros supplémentaires par an. Cette somme représente environ 10 % du budget annuel de l’Education nationale. L’État doit également veiller à ce que les 2 milliards d’euros dépensés chaque année au titre du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) pour les logements soient consacrés à des rénovations performantes. La campagne demande à la BCE d’offrir aux banques commerciales des taux d’escompte verts pour les prêts à la rénovation afin d’encourager ces prêts et de réduire le coût des emprunts pour les ménages. Les banques seraient tenues de répercuter les avantages du taux d’escompte vert auprès des consommateurs sous la forme de prêts à taux zéro, à rembourser sur une période pouvant aller jusqu’à 30 ans. Une augmentation annuelle de 13 milliards de l’encours des banques pour financer la rénovation performante des logements correspondrait à une expansion du bilan de la BCE très modeste au regard des 450 milliards d’euros de TLTRO (opérations de refinancement ciblé à long terme) engagés en 3 mois lors de la crise Covid. Ces mesures permettraient aux ménages qui vivent dans des logements individuels d’économiser en moyenne 1 250 euros par an, 760 euros pour ceux qui vivent dans des logements collectifs, sur la base des prix moyens de l’énergie entre 2013 et 2021. Plus de 12 millions de personnes, soit 20 % des ménages français, sont actuellement en situation de précarité énergétique. La hausse des prix de l’énergie, appelée à durer, risque d’aggraver ces chiffres.Revendications d’Unlock
1 Lettre ouverte : Les banques centrales doivent soutenir la vague de rénovations énergétiques des logements
Informations complémentaires et références
- Rénovations performantes et rénovations globales sont entendues comme des rénovations permettant aux logements d’atteindre le niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation), soit une consommation inférieure à 80 kWh d’énergie primaire par mètre carré et par an, correspondant aux classes A et B du DPE.
- Le coût moyen d’une rénovation performante est de 53 800 euros pour une maison et de 19 700 euros pour un appartement.
- Environ 21 millions de résidences principales dont le DPE est inférieur à C ou D doivent être rénovées en France d’ici à 2050, soit 700 000 par an.
- A titre indicatif, 5 milliards d’euros (montant annuel dépensé par l’Etat pour soutenir la rénovation énergétique des logements) équivalent au coût de la rénovation BBC de 93 000 maisons (5 milliards € / 53 800 €) ou de 254 000 appartements (5 milliards€ / 19 700 €).
- Entre 2012 et 2016, 13,3 % des résidences ont fait l’objet d’une rénovation énergétique en France par an en moyenne.
- Sur 33 millions de résidences en France, 45 000 ont fait l’objet d’une rénovation BBC en 2021, soit un taux de rénovation performante de 0,14 %.
- Entre 2012 et 2016, 56 % des rénovations ont, en moyenne, conduit à des économies d’énergie inférieure à 3 % ((7,4 % / 13,3 %) * 100 = 55,63 %).
- La somme de 8 milliards d’euros représente environ 10% du budget 2022 de l’Education nationale ((8 milliards € / 77,1 milliards €) * 100 = 10,37 %)
- On peut estimer à 2 milliards d’euros le montant des certificats d’économie d’énergie (CEE) dans le résidentiel. Cette somme devrait servir exclusivement aux rénovations performantes.
- Une rénovation performante permettrait d’économiser en moyenne 1 250 euros par an pour les ménages habitant en logement individuel et 760 euros pour ceux habitant en logement collectif.
- La France doit rénover tous les ans quinze fois plus de logements au niveau BBC pour atteindre la neutralité carbone en 2050 (700 000 / 45 000 = 15.6).
- Plus de 12 millions de personnes, soit 20 % des ménages français, sont en situation de précarité énergétique.
- La France devrait connaître une hausse des températures pouvant aller jusqu’à 1,5 °C en 2050 par rapport à aujourd’hui, et des hausses potentielles extrêmes jusqu’à 4,5 °C en été.
À propos d’Unlock
La campagne Unlock réunit des organisations travaillant sur la transformation écologique et son financement, la rénovation et la précarité énergétiques, convaincues que les logements peuvent faire partie de la solution pour une Europe plus verte et plus pacifique. Unlock comprend un niveau européen, un niveau français et un niveau espagnol. La coalition rassemble Positive Money Europe, Renovate Europe, le WWF, Reclaim Finance, Agir pour le Climat, l’Institut Rousseau, l’Association et l’Institut négaWatt, le Shift Project, Dorémi, la Fondation Abbé Pierre, le CLER-Réseau pour la transition, l’Institut Veblen, Révo, Asufin, GBCe, Déco.
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La COP 27 replace le climat au centre du débat public à suivre sur Vie-publique.fr

Forêts françaises : quel avenir face au changement climatique ?


Plaine, littoral, montagnes, les forêts en France métropolitaine couvrent 31% du territoire. Entre 1850 et 2019, le taux de boisement a doublé. Elle représente 17 millions d’hectares d’une centaine d’espèces d’arbres, de mammifères et d’oiseaux. Mais la forêt n’a pas toujours été celle d’aujourd’hui. Au cours de l’histoire, l’homme a déboisé ou replanté, détruit ou protégé selon ses besoins (terres cultivables, pâturage, chauffage, industrie…) et sa conception de la forêt. Si les Romains préféraient la ville, symbole de civilisation, à la silva sauvage, la noblesse des XVIIe et XVIIIe siècles protégeait leurs hautes futaies.
Flotte aérienne de la sécurité civile : quelles évolutions face aux feux de forêts ?
La Cour des comptes a rendu public un référé concernant la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. Les « imprécisions de [sa] vision stratégique » handicapent celle-ci, pointe la Cour, face aux défis à venir (menaces croissantes d’incendies et renouvellement de la flotte aérienne).

Plan de sobriété énergétique : limiter la consommation d’énergie et sortir des énergies fossiles
Température maximale de chauffage des bureaux, travail en horaires décalés, télétravail, covoiturage… Dans un contexte d’urgence climatique mais aussi de crise énergétique en lien avec la guerre en Ukraine, le Gouvernement a présenté, le 6 octobre 2022, un plan de sobriété énergétique qui s’articule autour de plusieurs secteurs. Lire l’article
Protection de l’environnement : quel respect des règles par les pays de l’UE ?
Biodiversité, eau, économie circulaire, pollution, climat : le manque de mise en œuvre de politiques environnementales par les États membres de l’Union européenne (UE) ne cesse de se creuser dans certains domaines. Ce manque a pour conséquence une vulnérabilité à la pollution et aux risques qui y sont liés.


Rapport annuel 2022 du Haut conseil pour le climat – Dépasser les constats, mettre en œuvre les solutions
Le rapport 2022 du Haut conseil pour le climat dresse une analyse des impacts du changement climatique en France, des budgets carbone, du suivi de la SNBC2 et des politiques associées, et présente ses recommandations pour un renforcement coordonné au niveau du Premier ministre de l’action climatique territoriale, nationale et internationale. Rapport annuel 2022 du Haut conseil pour le climat – Dépasser les constats, mettre en œuvre les solutionsL’eau, une ressource menacée ?
D’abord pensée en termes d’approvisionnement, la politique de l’eau est désormais soumise à d’autres enjeux. Usage intensif, effets du changement climatique avec des situations de sécheresse à répétition, la gestion de l’eau nécessite de prendre en compte de multiples contraintes. Le point en vidéo. L’eau, une ressource rareL’Europe, ça sert à quoi ? L’Europe en action, l’exemple des politiques climatique et migratoire
Depuis le 1er janvier 2022, la France préside, pour six mois, le Conseil de l’Union européenne (PFUE). À cette occasion le podcast « L’Actualité de la vie publique » vous propose une nouvelle série consacrée à l’Europe. Comment l’Europe lutte-t-elle contre le changement climatique ? Quelle est la politique migratoire de l’UE ? Lire le podcastParlons climat en 30 questions
Les bouleversements écologiques sont aujourd’hui inéluctables et le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publié en août 2021 est formel : le climat est en train de changer partout dans le monde, plus rapidement que prévu et l’activité humaine en est responsable. Cet ouvrage permet de comprendre les enjeux cruciaux aujourd’hui de limiter l’ampleur du réchauffement climatique et d’adapter nos sociétés à ces bouleversements. Ce livre de poche répond à 30 questions essentielles que tout citoyen se pose sur le climat, le cycle de l’eau, les variations dues au changement climatique, les événements extrêmes, l’effet des activités humaines sur le cycle du carbone, etc.. Parlons climat en 30 questionsÀ propos de la DILA
La direction de l’information légale et administrative (DILA) est une administration centrale placée sous l’autorité du Secrétaire général du Gouvernement au sein des services du Premier ministre. Elle exerce les missions de diffusion légale, d’information administrative et d’édition publique et, à ce titre, gère les sites legifrance.gouv.fr, service-public.fr, vie-publique.fr, boamp.fr et bodacc.fr, journal-officiel.gouv.fr. Elle est également un éditeur public avec la marque La Documentation française et propose à ses partenaires publics des prestations d’édition et d’impression, avec son activité d’imprimerie.
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Durabilité de la transition environnementale ? Forrester dévoile ses prévisions pour 2023.
La transition environnementale alimente une révolution du marché où les entreprises auront l’occasion de développer de nouveaux produits et services et de tirer parti de ces innovations. Ce rapport présente les cinq prédictions de Forrester concernant la transition environnementale en 2023
- – Au moins 10 entreprises se verront infliger des amendes de 5 millions de dollars ou plus pour blanchiment écologique. L’examen minutieux des consommateurs méfiants et des chiens de garde habilités, tels que la CMA au Royaume-Uni et la FTC aux États-Unis, augmentera considérablement, poussant les régulateurs à sévir contre l’écoblanchiment.
- – Cinq entreprises du classement Fortune Global 200 annonceront des politiques limitant les déplacements pour des raisons de RSE. Avec la reprise des voyages d’affaires après la pandémie, certaines entreprises vont réévaluer leurs pratiques en matière de déplacements professionnels en suivant les données relatives aux émissions. Alors que les entreprises publiques se préparent à un examen plus approfondi et à des amendes pour fausses déclarations et omissions, les objectifs de durabilité seront ancrés dans les politiques d’entreprise.
- – Les compensations et les crédits carbone reviendront à la mode, mais avec moins de fraude. Les fournisseurs de technologies et les organisations matures montreront la voie en établissant des normes de transparence en matière de compensation carbone et en fournissant des places de marché.
- – Les sociétés d’investissement investiront 20 milliards de dollars pour combler les lacunes des batteries au lithium. La course est lancée pour trouver des batteries moins chères, plus écologiques, plus durables et moins dépendantes des minéraux extraits dans une poignée de pays que les batteries au lithium-ion. Pour stimuler les technologies de batteries alternatives, les investissements en capital-risque et en capital de croissance vont se multiplier pour atteindre 10 milliards de dollars de financement en 2023.
- – Une norme revendiquera la suprématie pour une plus grande transparence dans la comptabilisation du carbone. Une nouvelle norme de comptabilisation du carbone, qui s’inspire des meilleures normes existantes et qui est applicable dans tous les secteurs et toutes les régions, émergera d’un organisme international reconnu comme l’ISO ou d’une collaboration public-privé dirigée par une agence des Nations unies.
Thomas Husson, VP, Principal Analyst

- Les consommateurs européens exigent plus de transparence et sont plus susceptibles de se méfier de la communication des marques sur le changement climatique. Seuls 30 % des consommateurs européens en ligne (et jusqu’à 24 % et 25 % des consommateurs néerlandais et suédois, respectivement) font confiance aux entreprises lorsqu’elles affirment qu’elles s’engagent à réduire le changement climatique. Cinquante pour cent des consommateurs européens (et jusqu’à 53 % et 57 % des consommateurs français et néerlandais, respectivement) conviennent que les marques ont tendance à induire les consommateurs en erreur lorsqu’elles communiquent sur leurs initiatives environnementales.
- Les organismes de surveillance habilités à faire respecter le droit de la consommation, tels que l’autorité britannique de la concurrence et des marchés, seront plus nombreux, ce qui incitera les régulateurs à sévir contre l’écoblanchiment. En 2021, la Commission européenne a constaté que la moitié des allégations vertes manquaient de preuves.
Prévisions Européennes 2023 : Points Clés

L’Europe doit s’attendre à des consommateurs plus soucieux de l’environnement et à la méfiance des citoyens.
En 2023, les entreprises et les consommateurs européens seront confrontés à d’importants défis résultant des conséquences de la pandémie de COVID-19 et de la guerre en Ukraine. Parmi eux ; une crise énergétique, des taux d’inflation au plus haut depuis 40 ans et une économie européenne dont les perspectives se dégradent de jour en jour. Pour aider les leaders européens des secteurs du commerce, du marketing et de la technologie à se préparer à une année 2023 tumultueuse, voici quelques-unes des principales prévisions de Forrester pour l’année à venir :D’ici à la fin de 2023, seul un citoyen européen sur cinq fera encore confiance à son gouvernement.
Avec une marge de manœuvre financière moindre après deux années de soutien financier pour faire face à la pandémie, les gouvernements européens auront du mal à aider leurs citoyens frissonnants à surmonter un hiver marqué par des coûts énergétiques élevés ; et certains feront porter cette responsabilité aux entreprises. Par exemple, le gouvernement britannique exerce déjà une pression réglementaire plus forte sur les entreprises du secteur des services financiers et les fournisseurs de services publics, afin de protéger les consommateurs vulnérables (avec par exemple le Consumer Duty of Care de la FCA). Par conséquent, la confiance des consommateurs envers les gouvernements en Europe diminuera considérablement, ce qui donnera aux entreprises européennes la possibilité de compenser ce manque de confiance.Le pourcentage d’Européens qui entrent dans la catégorie « éco-engagés » de Forrester (qui préfèrent largement acheter des produits respectueux de l’environnement) passera de 24 à 36 % d’ici la fin de l’année.
Aujourd’hui, 58 % des consommateurs européens surveillent leur consommation d’énergie à domicile afin de réduire leur empreinte écologique. La flambée des coûts et les incitations financières des gouvernements et des entreprises de services publics à réduire la consommation d’énergie et à adopter des modes de vie plus durables inciteront 50 % de consommateurs supplémentaires à rejoindre les rangs des « éco-engagés » d’ici la fin 2023.Les dévaluations et les licenciements dans le secteur de la technologie feront à nouveau des secteurs « peu attrayants » des employeurs intéressants.
Au cours de la dernière décennie, les valorisations astronomiques des entreprises technologiques et l’afflux de fonds de capital-risque ont privé les entreprises établies en dehors du secteur technologique de talents numériques. Ce n’est plus le cas. Des startups européennes comme Gorillas, Menmo et Nuri ont réduit leurs effectifs de 10 à 40 %. Par le passé, les spécialistes de la technologie et du marketing les plus qualifiés auraient ri au nez des sociétés de services financiers ou des services publics « vieillots », mais ceux qui ont moins le goût du risque trouveront la stabilité relative offerte par les entreprises bien installées dans ces secteurs plus attrayante dans une économie incertaine.A propos de Forrester
Forrester est l’un des cabinets d’études et de conseils les plus influents au monde. Nous vous accompagnons et aidons à mettre le client au coeur de votre leadership, stratégie et opérations. En effet, les entreprises centrées sur leur client augmentent deux fois plus vite leurs revenus et bénéfices, l’engagement de leurs employés et la fidélisation de leurs clients.
Climat : les huit dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées selon l’OMM



Une fonte record des glaciers
Les glaciers des Alpes ont particulièrement souffert en 2022, les premières indications faisant état d’une fonte record. L’inlandsis groenlandais a perdu de la masse pour la vingt-sixième année consécutive et il y a plu (plutôt que neigé) pour la première fois en septembre. On estime actuellement qu’en 2022 la température moyenne mondiale dépasse d’environ 1,15 [1,02 à 1,28] °C la moyenne préindustrielle (période 1850-1900). En raison du refroidissement causé par un rare « triplé La Niña » (s’étendant sur trois années consécutives), l’année 2022 ne sera probablement « que » la cinquième ou sixième année la plus chaude enregistrée. Toutefois, cette situation n’indique pas que la tendance à long terme s’inverse. Ce n’est qu’une question de temps avant que se présente une nouvelle année record. En effet, le réchauffement se poursuit. On estime que la moyenne décennale de la période 2013-2022 est supérieure de 1,14 [1,02 à 1,27] °C au niveau de la période préindustrielle de référence (1850-1900). À titre de comparaison, dans son sixième Rapport d’évaluation, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a prévu une augmentation de 1,09 °C entre 2011 et 2020. Le contenu thermique de l’océan a aussi atteint des niveaux record en 2021 (dernière année évaluée) alors que le taux de réchauffement est particulièrement élevé ces vingt dernières années.Déjà trop tard
« Plus le réchauffement est important, plus les impacts sont graves. Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone sont si élevées que le seuil de 1,5 °C fixé dans l’Accord de Paris est à peine à notre portée », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.
« Il est déjà trop tard pour de nombreux glaciers et la fonte va se poursuivre pendant des centaines, voire des milliers d’années, avec de lourdes conséquences pour la sécurité hydrique. Le niveau de la mer s’élève à un rythme qui a doublé en 30 ans. Bien que nous mesurions encore cette élévation en millimètres par an, elle représente un demi-mètre à un mètre par siècle, ce qui constitue une menace majeure et durable pour les pays de faible altitude et les millions de personnes vivant sur les côtes », a-t-il poursuivi.
« Trop souvent, ce sont ceux qui contribuent le moins au changement climatique qui en souffrent le plus, comme nous l’avons vu avec les terribles inondations au Pakistan et la sécheresse meurtrière qui sévit depuis longtemps dans la corne de l’Afrique. Toutefois, cette année, même les sociétés bien préparées ont été ravagées par les extrêmes, tels que les vagues de chaleur et les sécheresses prolongées dont ont pâti une grande partie de l’Europe et le sud de la Chine », a indiqué M. Taalas. « Du fait de l’intensification des conditions météorologiques extrêmes, il est plus important que jamais de veiller à ce que chaque habitant de notre planète ait accès à des alertes précoces susceptibles de sauver des vies ».

Un changement qui se produit à une vitesse catastrophique
Dans un message publié dimanche, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, note que le nouveau rapport de l’OMM montre clairement que « le changement se produit à une vitesse catastrophique ».
« Les personnes et les communautés du monde entier doivent être protégées contre les risques immédiats et toujours croissants de l’urgence climatique. C’est pourquoi nous insistons tant pour des systèmes universels d’alerte précoce d’ici cinq ans », déclare-t-il. « Nous devons répondre au signal de détresse de la planète par une action climatique ambitieuse et crédible. La COP27 doit être le lieu – et maintenant doit être le moment ».Selon l’OMM, le chef de l’ONU doit dévoiler à la COP 27 un plan d’action visant à mettre en place des alertes précoces pour tous dans les cinq prochaines années. Actuellement, la moitié des pays du monde en sont dépourvus. Le rapport de l’OMM sur l’état du climat mondial est publié chaque année et fait autorité dans ce domaine. Il se fonde sur des indicateurs climatiques clés et rend compte des phénomènes extrêmes et de leurs impacts. Les données sur la température figurant dans le rapport provisoire 2022 concernent la période jusqu’à la fin du mois de septembre. La version finale sera publiée en avril prochain.

Ce qu’il faut savoir sur la Conférence des Nations Unies sur le climat
La Conférence des Nations Unies sur le climat (COP27) se tient à Charm El-Cheikh, en Egypte, dans un contexte d’événements météorologiques extrêmes dans le monde entier, d’une crise énergétique alimentée par la guerre en Ukraine et de données scientifiques réitérant que le monde ne fait pas assez pour lutter contre les émissions de carbone et protéger l’avenir de notre planète. Le Secrétaire général de l’ONU a déclaré que la COP27 devait déposer un « acompte » sur les solutions climatiques qui répondent à l’ampleur du problème. Mais, est-ce que les dirigeants seront à la hauteur ? ONU Info a compilé ce guide sur ce que vous avez besoin de savoir.
Un Monde Nouveau : Cyril Dion, indispensable porteur d’espoirs
Face aux constats terrifiants sur l’avenir de la planète, et fort du succès de son film Demain (César du meilleur film documentaire 2016), Cyril Dion revient avec Un Monde Nouveau. Dans ce documentaire en trois épisodes, Cyril Dion sillonne plus de quinze pays. L’activiste écologiste nous embarque à la rencontre des acteurs qui ont révolutionné une région, un pays ou une activité. Des femmes et hommes qui ont régénéré la terre, les océans, créé les écoles de demain ou la démocratie du futur. Si le premier épisode revient sur l’étendue des catastrophes, Un Monde Nouveau reste un documentaire optimiste. Cyril Dion signe le récit d’une civilisation plus juste, qui redonne de l’espoir. Et dans cette période, c’est vital d’y croire encore.
Les prix du carbone couvrent une part croissante des émissions de gaz à effet de serre selon les données de l’OCDE
« La tarification du carbone est une des nombreuses stratégies politiques dont les pays disposent pour réduire les émissions. Ce rapport illustre la progression des parts d’émissions couvertes par les prix du carbone au cours de ces dernières années », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann. « Il est également manifeste que diverses stratégies politiques peuvent être utilisées pour aller plus loin dans l’atténuation tout en préservant la sécurité et le caractère abordable des approvisionnements énergétiques. Le nouveau Forum inclusif sur les approches d’atténuation des émissions de carbone de l’OCDE aidera la communauté internationale à atteindre la neutralité en gaz à effet de serre en améliorant le partage de données et d’informations sur l’efficacité comparée d’un ensemble complet de démarches, outre la tarification carbone ».

- Le TEC net moyen a augmenté dans 47 des 71 pays étudiés, du fait de l’instauration de nouveaux systèmes de tarification ou du renforcement de ceux déjà en place.
- En 2021, un quart des émissions de GES des 71 pays étudiés relevaient d’un SEQE, d’une taxe carbone, ou des deux.
- La part des émissions visées par les droits d’accise sur les combustibles et carburants, qui constituent une forme implicite de tarification du carbone couramment employée dans le secteur des transports routiers, s’élevait toujours à 24 % en 2021.
- Les subventions aux énergies fossiles qui contrecarrent le signal-prix du carbone émanant des autres instruments concernent quelque 22 % des émissions de GES, soit autant qu’en 2018.
- Au total, 39 des 71 pays étudiés sont dotés d’instruments de tarification explicite du carbone (SEQE ou taxe carbone), au niveau national ou infranational, ou participent au Système d’échange de quotas d’émission de l’UE.
- Les prix du carbone ont augmenté pour tous les combustibles fossiles. Cela étant, les carburants utilisés principalement dans les transports routiers restent, par comparaison, soumis à un TEC net moyen notablement plus élevé. Le TEC net s’établit à 72 EUR dans le cas du gazole et à 88 EUR dans celui de l’essence, contre plus de dix fois moins pour le charbon (6 EUR).

A propos de l’OCDE
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques propres à sauvegarder les libertés individuelles et à améliorer le bien-être économique et social des populations du monde entier.– https://www.oecd.org/fr/
Un nouveau cours de l’ONU aide à se protéger de la désinformation qui prolifère sur les réseaux sociaux

Lutter contre la désinformation
Depuis 2020, l’initiative Verified (Vérifié) de l’ONU visant à améliorer l’accès à des informations en ligne précises et wikiHow collaborent pour aider les utilisateurs à se préserver de la mésinformation et de la désinformation.
Le cours Comment lutter contre la désinformation proposé par l’ONU a démontré qu’il pouvait aider les participants à reconnaître et déjouer avec assurance la désinformation en ligne, et ses performances lui ont valu d’être finaliste du classement World Changing Ideas 2022 de Fast Company.
Dans sa dernière mise à jour, wikiHow et Verified aident les utilisateurs à repérer les contenus délibérément inexacts, créés pour tromper et causer du tort.
Le cours gratuit explore les modes de propagation de la désinformation et donne les moyens d’identifier certaines des tactiques courantes utilisées pour la diffuser, tels les programmes en ligne autonomes connus sous le nom de bots qui peuvent interagir avec les systèmes ou avec les utilisateurs.
L’accent est mis aussi sur les contenus fallacieux, les comptes piratés et les trolls, des utilisateurs qui suscitent intentionnellement confrontations et l’hostilité.
Prendre le temps de réfléchir.
Le cours encourage les utilisateurs à se montrer sceptiques face aux nouvelles informations et à prendre le temps de les jauger avant de les partager. « Ne vous contentez pas de faire défiler ces informations en les prenant pour argent comptant, et regardez-y à deux fois avant de les partager », préconise l’ONU La désinformation peut être préjudiciable et ces informations doivent être validées avant d’être transmises. Cela vaut aussi pour leurs sources et leurs dates.« Recherchez l’information à la source pour voir si elle y a réellement été publiée. Vérifiez la date de l’article ou de l’information pour vous assurer qu’ils sont à jour et toujours pertinents », conseille l’ONU. « Habituellement, la date est située à côté de l’auteur de l’article ».Par exemple, si un réseau social mentionne un organe de presse au sujet d’une attaque terroriste, les lecteurs ont intérêt à consulter le site officiel de cette publication pour s’assurer qu’il provient vraiment de cette source. La date peut être extrêmement importante. Un article sur les nouveaux cas de coronavirus vieux de six mois n’est peut-être plus exact. Autre conseil prodigué par le cours : les dates des images peuvent être vérifiées en faisant glisser l’image dans le champ de recherche du navigateur, puis en cliquant sur le bouton de recherche.
Vérifier les auteurs
Les utilisateurs sont également invités à localiser la source originale du contenu afin de s’assurer que l’auteur est bien un expert de ce sujet avant de le croire sur parole. « Si un article ou une information ne mentionne pas l’auteur, c’est un indice d’informations fausses ou trompeuses », prévient l’ONU. Le cours recommande également aux utilisateurs de vérifier les allégations sur d’autres sources en ligne pour s’assurer que les déclarations sont similaires; méfiez-vous des informations qui suscitent une forte réaction émotionnelle; soyez vigilant face au langage sensationnel ou aux termes chargés; comme en présence de propos blessants ou insultants« Nous pouvons tous contribuer à arrêter la propagation de la désinformation », a déclaré l’ONU.Commencer le cours « Comment Lutter Contre la Désinformation en Ligne » Le cours est disponible en anglais, tchèque, allemand, français et russe.

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La « fuite du carbone » des pollueurs vers les pays moins avancés est dénoncée dans le rapport de la CNUCED – Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement

« La communauté internationale doit tenir compte de leurs besoins en matière de développement et les soutenir pleinement pour assurer une transition vers une économie sobre en carbone juste, équilibrée et durable », a déclaré Rebeca Grynspan, Secrétaire générale de la CNUCED.
Danger de déplacer des industries polluantes des pays riches vers les PMA
En effet, toute politique des partenaires commerciaux ciblant les émissions de carbone générées par la production de biens exportés pourrait avoir un fort effet modérateur sur les exportations des PMA, même indirectement au cas où ces derniers en sont exemptés. Le Rapport 2022 sur les pays les moins avancés de la CNUCED indique que les conséquences pourraient être graves si de telles politiques devaient « déplacer des industries polluantes des pays développés vers les PMA pour permettre aux premiers de respecter leurs engagements en matière de réduction des émissions de CO2 – c’est ce qu’on appelle la fuite de carbone », a mis en garde Mme Grynspan. Selon la CNUCED, les fuites de carbone se produisent lorsque des pays qui appliquent des politiques strictes en matière d’émissions de carbone déclenchent une augmentation des émissions dans d’autres pays en conséquence directe de l’augmentation du coût de la réduction des émissions dans le pays réglementé.Des « paradis du carbone » pour maintenir une compétitivité internationale
Dans ces conditions, le remplacement des produits nationaux par des importations moins chères peut entraîner des fuites opérationnelles. « Cette perte de compétitivité internationale devrait être de courte durée et négligeable si les producteurs confrontés à la concurrence internationale sont exemptés de la politique ou bénéficient systématiquement de concessions pour préserver leur compétitivité internationale », a fait observer la CNUCED. Le rapport s’inquiète du fait que les PMA, qui sont marginalisés dans le commerce mondial, sont désormais confrontés à des vents contraires supplémentaires en raison des politiques environnementales de leurs partenaires commerciaux. La CNUCED exhorte la communauté internationale à prendre en compte les intérêts des PMA et à éviter les mesures politiques qui limitent la marge de manœuvre de ces pays et augmentent la probabilité de voir apparaître des refuges des pollueurs parmi eux. Les 46 PMA, qui abritent environ 1,1 milliard de personnes, ont contribué de façon minime aux émissions de CO2. En 2019, ils représentaient moins de 4% du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, au cours des 50 dernières années, 69% des décès à niveau mondial causés par des catastrophes liées au climat sont survenus dans les PMA.Le piège des produits de base accroît la vulnérabilité
Mais les économies des PMA dépendent en grande partie des exportations de produits de base tels que les minéraux, les métaux et les combustibles, qui entraînent des émissions élevées de CO2 et constituent souvent des intrants dans les chaînes de valeur mondiales à forte intensité de carbone, telles les produits métalliques, le ciment, les engrais ou l’électricité. Entre 2018 et 2020, quelque 80% des PMA ont été classés comme dépendant des produits de base, ce qui signifie que plus de 60% de leurs exportations de marchandises étaient constituées de produits primaires. Par conséquent, l’élan vers la réduction des émissions de carbone pourrait avoir un impact négatif sur les secteurs des exportations des PMA, prévient le rapport. Les plus de deux tiers des PMA dont l’économie dépend de l’exportation de produits de base à fortes émissions de carbone pourraient être confrontés à de graves contraintes budgétaires et à une perte de production économique si l’extraction de ces produits devait être fortement réduite.Appel à « relancer » le soutien international et le financement du climat
Face à la vulnérabilité des économies des PMA, la CNUCED exhorte les partenaires de développement à accorder un traitement spécial et différencié aux PMA en leur fournissant un financement ciblé, suffisamment souple et à long terme. Cela implique qu’ils respectent leurs engagements en matière de financement climatique et qu’ils relèvent leur niveau d’ambition en matière d’objectifs de financement. Dans le même temps, les PMA ont besoin de politiques nationales pour une transition vers une économie sobre en carbone. Il s’agit de promouvoir l’adoption de technologies et d’innovations vertes et de créer un environnement propice à la mise à niveau technologique et à une innovation plus large. Selon le rapport, cela implique de réorganiser la fiscalité, de redoubler d’efforts pour réduire et, à terme, éliminer les flux financiers illicites et de réaménager le rôle des banques publiques de développement et des banques centrales.Rapport 2022 sur les pays les moins avancés
Le Rapport 2022 sur les pays les moins avancés examine les obstacles particuliers que rencontrent les PMA sur la voie de la transformation structurelle et d’un développement sobre en carbone. Elle cherche à démêler les liens pluridimensionnels entre l’adaptation aux changements climatiques et le développement durable, en mettant en évidence les options qui profitent à tous et les risques de compromis qui rendent indispensable l’appui de la communauté internationale. Rapport 2022 sur les pays les moins avancés À propos de la CNUCED
La CNUCED est la principale institution de l’ONU chargée du commerce et du développement. C’est un organe intergouvernemental permanent créé par l’Assemblée générale des Nations unies en 1964.
La CNUCED fait partie du Secrétariat de l’ONU et compte 195 pays membres, ce qui en fait l’une des plus grandes institutions du système des Nations unies. La CNUCED aide les pays en développement à accéder de manière plus efficace et équitable aux avantages d’une économie mondialisée.
Nous fournissons des analyses économiques et commerciales, facilitons la formation de consensus et offrons une assistance technique pour aider les pays en développement à utiliser le commerce, l’investissement, le financement et la technologie pour un développement inclusif et durable.
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L’urgence de réduire les émissions de méthane – Focus sur l’élevage
Le rapport de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), publié le 26 octobre 2022, montre que depuis 40 ans – début des mesures systématiques – la progression annuelle des concentrations de méthane n’a jamais été aussi forte qu’en 2021. Réduire les émissions de méthane constitue ainsi le levier le plus rapide pour limiter le réchauffement climatique. Après une mise en contexte en France et à l’international, ce décryptage propose des pistes d’actions concrètes pour réduire les émissions de méthane en France, concernant notamment le secteur agricole.
Le réchauffement climatique avance plus vite en Europe que dans le reste du monde, selon l’OMM

Depuis 30 ans, l’Europe subit un réchauffement plus de deux fois supérieur à la moyenne planétaire, et apparait comme le continent le plus touché par le changement climatique, révèle un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et du service Copernicus de surveillance du changement climatique.La persistance du phénomène laisse présager vagues de chaleurs, feux de forêt, inondations et autres incidences à caractère exceptionnel qui affecteront les sociétés, les économies et les écosystèmes. Les températures, en Europe, ont subi une élévation considérable au cours de la période 1991-2021, avec un réchauffement d’environ +0,5 °C par décennie, constatent les experts de l’OMM. En conséquence, les glaciers alpins ont perdu 30 mètres d’épaisseur entre 1997 et 2021. De son côté, la calotte glaciaire du Groenland fond progressivement, contribuant à accélérer l’élévation du niveau de la mer. Au cours de l’été 2021, le Groenland a connu un épisode de fonte et, pour la première fois, des précipitations ont été enregistrées à son point le plus élevé, la station Summit.
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les catastrophes naturelles d’origine météorologique, hydrologique et climatique devraient augmenter à l’avenir.
Quelle que soit la progression du réchauffement climatique, dans toutes les régions de l’Europe, il est déjà probable que l’élévation des températures continuera à dépasser la moyenne planétaire.
La fréquence et l’intensité des chaleurs extrêmes ont augmenté au cours des dernières décennies et, selon les projections, la tendance devrait se poursuivre quel que soit le scénario envisagé pour l’évolution des émissions de gaz à effet de serre. On prévoit même un dépassement des seuils critiques établis pour les écosystèmes et pour les êtres humains en cas de réchauffement planétaire de 2 °C ou plus.
Selon les projections, les précipitations devraient diminuer en été dans la région méditerranéenne et plus au nord. Si le réchauffement planétaire dépasse 1,5 °C, les pluies extrêmes et les inondations pluviales devraient augmenter dans toutes les régions, à l’exception de la Méditerranée.

D’innombrables incidences sur la santé des populations
Le rapport souligne que le changement climatique et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, en particulier les vagues de chaleur, ont d’innombrables incidences sur la santé de la population européenne en particulier à cause de l’augmentation des zoonoses (les pathologies passant de l’animal à l’homme), et des maladies transmises par des aliments, l’eau ou des vecteurs divers, ainsi que des problèmes de santé mentale. Les canicules restent les évènements météorologiques extrêmes les plus meurtriers sur ce continent, en particulier en Europe occidentale et méridionale, et la conjonction du changement climatique, de l’urbanisation et du vieillissement de la population continuera à aggraver la vulnérabilité à la chaleur. Autre problème : l’impact du changement climatique sur les pollens et les spores provoque une augmentation des allergies qui touchent plus de 24% des adultes d’Europe, et induit aussi des formes sévères d’asthme. Chez les enfants de la région, la proportion est de 30 à 40% et ne cesse d’augmenter. Le changement climatique a aussi une incidence sur la répartition des maladies à transmission vectorielle, comme par exemple les tiques qui peuvent propager la maladie de Lyme et l’encéphalite à tiques. Selon le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, en 2019, environ un demi-million de décès prématurés ont aussi été causés par une pollution de l’air ambiant due à des particules fines d’origine anthropique, dont une part importante provenait de la combustion de matières fossiles. Le rapport estime qu’environ 138.000 décès prématurés pourraient être évités chaque année grâce à une réduction des émissions de carbone, qui permettrait d’économiser entre 244 et 564 milliards de dollars. Les enfants sont plus vulnérables aux effets du changement climatique que les adultes, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Selon l’Indice des risques climatiques pour les enfants (IRCE) de l’UNICEF, près de 125 millions d’enfants européens vivent dans des pays à risque « moyen à élevé» (le troisième niveau sur cinq de la classification adoptée dans le monde)
Des infrastructures et des populations encore peu adaptées
Les écosystèmes sont également mis à mal par le réchauffement climatique. La plupart des dommages causés par les feux de forêt sont dus à des phénomènes extrêmes auxquels ni les écosystèmes ni les populations ne sont adaptés. Le changement climatique et les comportements humains créent des conditions propices à une multiplication, une intensification et une aggravation des incendies en Europe, avec de lourdes conséquences socio-économiques et écologiques. Enfin, de nombreuses infrastructures de transport sont également menacées parce qu’elles ont été construites pour résister aux conditions météorologiques de l’époque, bien moins extrêmes. L’Europe, selon le rapport, dispose néanmoins de nombreux atouts face à ces dangers. Dans l’Union européenne, les émissions de gaz à effet de serre ont déjà diminué de 31% entre 1990 et 2020, grâce aux politiques de plusieurs pays, alors que l’objectif est une réduction nette de 55 % à l’horizon 2030. L’Europe est également l’une des régions les plus avancées en matière de coopération transfrontière pour l’adaptation au changement climatique, en particulier dans les bassins fluviaux transnationaux. Elle s’illustre aussi par l’efficacité de ses systèmes d’alerte précoce : environ 75% de sa population est ainsi protégée. Enfin, malgré l’impact des vagues de chaleur, ses plans d’action contre les canicules ont permis de sauver de nombreuses vies.
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Projets Planète : on a besoin de toi !
2022 est encore une année qui nous rappelle l’urgence climatique : flambée de nos forêts, chaleur insoutenable, biodiversité en grand danger et pollution de nos sols et mers… Il est plus que temps d’agir ! C’est pourquoi wweeddoo.com, 1ère plateforme collaborative dédiée à la réussite des jeunes de 13 à 30 ans, lance une campagne de mobilisation pour la planète intitulée : « ProjetsPlanète, on a besoin de toi ! » L’objectif est de mobiliser 100.000 jeunes pour lancer des projets en lien avec le développement durable, l’écologie et la sauvegarde de la biodiversité… Pour la planète, engages toi et viens participer !
L’économie circulaire pour une mobilité décarbonée : l’Œil de La Fabrique Ecologique

- Le transport routier constitue la majorité des émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport en représentant 76 % du pétrole consommé mondialement par ce secteur. L’économie circulaire (EC), envisagée ici comme modèle alternatif à l’économie linéaire (prendre, fabriquer, jeter), est présentée comme un moyen pertinent pour limiter les impacts néfastes du transport routier sur le climat et l’environnement. Elle désigne un système économique encourageant un modèle de production-consommation en boucle fermée par la gestion durable du cycle de vie des produits.
- L’article propose d’optimiser la gestion des déchets et des émissions dans le secteur mondial du transport routier en relevant 46 pratiques d’EC catégorisées au sein de douze étapes. Ces étapes regroupent les processus du cycle de vie d’un véhicule ; de la production, la distribution, l’usage, la maintenance, à la gestion de fin de vie, auxquels on peut associer les principes de Réduction, de Réparation, de Redistribution, de Réutilisation et de Recyclage (développés en ‘7R’ dans l’article). Ainsi, les étapes « Matières Premières » et « Réduire » peuvent par exemple être optimisées en privilégiant l’usage des matériaux secondaires issus des véhicules en fin de vie, dits « hors d’usage » en France (VHU), l’étape « Fabrication » pourrait prioriser l’utilisation de matériaux légers.
- Une fois les véhicules produits, l’étape « Usage et Consommation » peut, entre autres, être optimisée par la réduction du trafic ou le partage de véhicules. Les étapes de « Collecte » et de « Recyclage » peuvent être améliorées par le développement d’un maillage territorial des centres de traitement des VHU. L’étape finale d’ « Élimination et traitement » pourrait être facilitée par une régulation stricte des composants et par la valorisation énergétique. En somme, les mesures identifiées ici pour le transport routier permettent d’appréhender les émissions du secteur dans toute sa complexité, et pourraient ainsi guider les acteurs décisionnaires dans l’élaboration de politiques climatiques exhaustives.
Situation en France
Il existe en France des politiques sur le transport routier liées à l’EC. On peut notamment citer le développement des services d’autopartage et de covoiturage ; les primes au rétrofit électrique, les possibilités d’usage de pièces détachées issues de l’EC dans la réparation ou l’entretien ; ou encore la filière de responsabilité élargie du producteur (REP) des VHU devant permettre de meilleurs collecte, gestion et traitement. Si ces mesures sont importantes, elles demeurent disparates, sans cadrage global du secteur par des objectifs concrets d’EC ou une analyse sur la globalité du cycle de vie. De plus, elles ne sont pas articulées avec les mesures non-circulaires visant à réduire les émissions de GES des mobilités.
L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE
« L’insuffisance de l’action climatique pour respecter les engagements internationaux implique de considérer d’autres outils pouvant réduire les impacts des secteurs émetteurs : sans se substituer à l’impératif de réduction de la consommation, l’EC constitue une stratégie prometteuse ».
- Article écrit par Céraline Théo
Documents joints
COP27 : Reprendre aux sociétés financières le pouvoir sur le financement du climat et fixer une réglementation stricte pour sauver la planète selon ATTAC-France

Pour Gonzálo Berrón, associé au Transnational Institute : « Cette capture de la gouvernance climatique par la finance privée n’a été possible que grâce à la croissance exponentielle du multipartenariat au sein du système des Nations unies. Le résultat est qu’une partie cruciale des politiques de gouvernance climatique est élaborée dans les salles de conseil de Wall Street ou de la City de Londres ».
Pour Kenneth Haar de Corporate Europe Observatory : « Au niveau de la COP, toute l’initiative visant à transformer les marchés financiers pour soutenir la transition a été confiée aux mêmes sociétés financières qui sont en tête de liste pour le financement des combustibles fossiles. C’est une impasse, et nous le voyons très clairement ces jours-ci. Cela conduit à l’écoblanchiment, à l’inertie et à une prise de pouvoir des grands banquiers. La promesse de l’Accord de Paris était d’introduire des réformes dans le fonctionnement des marchés financiers. Au lieu de cela, ce que nous voyons, c’est que les acteurs dominants des marchés financiers prennent en charge la CCNUCC. Nous avons besoin de voir des réformes audacieuses, et certains paramètres sont clairs : les investissements dans de nouvelles infrastructures ou explorations de combustibles fossiles doivent être interdits immédiatement. »
Pour Dorothy Guerrero de Global Justice Now : « Alors que la crise climatique s’aggrave et que les ménages sombrent dans la pauvreté, l’inflation et la flambée des factures d’énergie, les sociétés financières et les investisseurs en assurance font d’énormes profits. Cela doit cesser et lors des prochaines négociations sur le climat, les gouvernements devraient dire que les marchés financiers ne sont pas nos maîtres et mettre fin à leur rôle puissant. »
Pour Alice Picard, co-porte-parole d’Attac France : « Le dérèglement du climat s’accélère et nous appelle à exiger plus fortement des règlementations urgentes et contraignantes des pollueurs tels que les grandes banques, qui continuent de soutenir massivement l’industrie fossile en dépit des engagements de l’Accord de Paris. Nous devons libérer la gouvernance climatique de l’influence nocive des banques, stopper leurs investissements climaticides et faire cesser leurs activités de greenwashing. »
Cessez de financer la catastrophe climatique Les grandes banques font partie du problème, pas de la solution
01.11.2022 Nous ne pouvons pas sauver la planète d’un changement climatique désastreux sans nous attaquer aux marchés financiers. Tant que des milliers de milliards de dollars financeront en toute impunité combustibles fossiles et déforestation, nous ne pourrons ni freiner le changement climatique ni permettre aux communautés impactées de s’adapter. Reconnaissant le rôle déterminant joué par la finance dans l’aggravation du chaos climatique, l’un des principaux engagements de l’Accord de Paris était de rendre « les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques« . Si cet engagement est bienvenu, depuis la signature de l’accord en 2015, les banques ont investi à elles seules 3 800 milliards de dollars dans des projets liés aux combustibles fossiles, y compris dans de nouvelles infrastructures d’exploration. Les investisseurs récoltent actuellement d’énormes bénéfices grâce aux prix élevés des combustibles fossiles, alors qu’aucune réglementation ne leur interdit d’investir encore davantage de capitaux dans la destruction de notre planète.Comment les grandes banques ont pris le pouvoir
Ce scénario scandaleux n’est possible que parce qu’au lieu de réglementer la finance, comme le réclament les mouvements mondiaux pour la justice climatique depuis 2010, la COP26 a permis à des coalitions de sociétés financières de prendre le contrôle – avec la bénédiction des gouvernements et des Nations unies (ONU). Sous la direction de l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, et du magnat de la finance de Wall Street, Mike Bloomberg, la « Glasgow Financial Alliance for Net Zero » (GFANZ, alliance financière pour des émissions nettes zéro) a pris en charge l’agenda de gouvernance de la finance privée, laissant ainsi à certains des plus importants financeurs mondiaux des combustibles fossiles et de la déforestation le soin de réformer la finance privée pour faire face au défi climatique, tandis que les organismes officiels étaient relégués à une modeste position consultative. Il était clair dès le début que les sociétés financières et le GFANZ considéraient leur engagement dans la COP comme une nouvelle opportunité de tirer profit des efforts mondiaux dans la lutte contre le changement climatique. Leurs initiatives « Net zéro d’ici 2050 » n’ont jamais permis d’envisager des réductions significatives et rapides du financement des combustibles fossiles, et ces sociétés n’ont jamais eu l’intention de changer leur business model. Pourtant, ces mesures sont nécessaires et urgentes. Au lieu de cela, elles ont construit un discours basé sur des technologies futures fantaisistes et sur la compensation des émissions, entraînant encore plus d’émissions et d’accaparement des terres dans les pays du Sud. De plus, elles profitent aujourd’hui de leur position de force pour promouvoir leur propre modèle de financement du climat, qui repose sur des allégements fiscaux et une protection onéreuse des investissements, encore une fois au détriment des pays du Sud. Cette capture de la gouvernance climatique par la finance privée n’a été possible que grâce à la croissance exponentielle du multi-partenariat au sein du système des Nations Unies. Ce phénomène,qui décrit la capture de la gouvernance multilatérale quand les entreprises sont invitées à s’asseoir aux côtés des États aux tables de décision, a permis aux grands banquiers de fixer l’ordre du jour et de l’exécuter ensuite selon leurs propres idées et visions. En conséquence, une part cruciale des politiques de gouvernance climatique est conçue dans les salles de conseil de Wall Street et de la City de Londres, ce qui conduit au chaos climatique et au greenwashing.La crise climatique exige des actions concrètes
Le critère de référence ne peut plus être de savoir si les sociétés financières s’en sortent un peu mieux que l’année dernière, ni si elles envisagent des améliorations à long terme. Le critère doit être de savoir si leurs investissements font passer la planète au-dessus de 1,5°C. La science est claire : l’Agence internationale de l’énergie (AIE, 2021) et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, 2022) ont déclaré que tout nouvel investissement dans les infrastructures de combustibles fossiles nous fait dépasser les 1,5°C, la limite pour un dangereux emballement du changement climatique. Les gouvernements, avec le soutien de la société civile et du mouvement pour le climat, doivent reprendre le contrôle de la finance privée. Nous avons besoin de réglementations convaincantes pour éviter un effondrement total du climat. Nous devons envisager de taxer les transactions financières et de réformer en profondeur les marchés financiers, en mettant l’accent sur la réglementation, le contrôle et la responsabilité. Nous devons prendre un nouveau départ. Les grandes banques et le libre marché font partie du problème, pas de la solution.Nos demandes à nos gouvernements
Les soussignés demandent donc instamment aux gouvernements de : * Limiter et réglementer l’influence de l’industrie financière dans les organes de décision de la COP. Les financeurs de la catastrophe climatique, tels que la GFANZ, ne devraient avoir aucune plateforme à aucune COP, aucun siège à aucun groupe consultatif, et aucun de leurs représentants ne devrait avoir un quelconque rôle dans les organes décisionnels ou consultatifs. En outre, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques doit adopter un code de conduite qui limite les contacts avec les entreprises impliquées dans l’exploration, la distribution et le financement des combustibles fossiles. * Rendre l’ensemble de l’industrie financière compatible avec les clauses et les objectifs de l’Accord de Paris. Nous avons besoin, au minimum et non exclusivement, de règles fortes pour abandonner progressivement les investissements dans les combustibles fossiles et la déforestation ; et des interventions des banques centrales pour augmenter le prix du capital pour les entreprises à forte intensité de carbone. * Garantir que les pays développés prennent des mesures immédiates pour arrêter tous les investissements dans les projets de combustibles fossiles, et qu’un plan crédible soit élaboré pour financer la transition dans les pays du Sud. Ce plan doit répondre aux demandes du Sud et à la responsabilité historique disproportionnée du Nord dans le changement climatique. Il doit également inclure des plans de compensation pour le maintien des combustibles fossiles dans le sol. * Augmenter de manière substantielle les fonds destinés à la lutte contre le changement climatique dans le Sud. Le fonds annuel de 100 milliards de dollars, promis en 2009 mais jamais honoré, doit être revu et augmenté, et il doit être basé sur des subventions. Le prix de la transition se chiffre en milliers de milliards, pas en milliards. Il est nécessaire de s’accorder sur la taxation des transactions financières et des entreprises pour atteindre cet objectif.siteon0-b22b1.png?1634316073 Traduction: ATTAC-France
Signé par
- Action Aid Netherlands
- Africa Network for Environment and Economic Justice (ANEEJ), Nigeria
- Africa Transcribe Enterprises
- Afrikagrupperna (Sweden)
- Aitec
- Al-Haq, Law in the Service of Man (Palestine)
- Alternative Information and Development Center (AIDC), South Africa
- ALTSEAN-Burma
- Aluna Minga e.V., Germany
- Anti-Jindal & Anti-POSCO Movement, Odisha, India
- Asian People’s Movement for Debt and Development (APMDD)
- Assistance Mission for Africa
- Association of Ethical Shareholders Germany
- ATTAC Burkina
- Aufstehn.at – Verein zur Förderung zivilgesellschaftlicher Partizipation
- Bangladesh Nari Progati Sangha (BNPS)
- Banktrack
- Bio Vision Africa (BiVA)
- BreakFree Suisse
- CADTM France
- CAJUST (Citoyens Actifs pour la Justice Sociale)
- Center for Constitutional Rights
- Centre tricontinental – CETRI
- Church and Society Programme -Livingstonia Synod
- Civil Society Coalition on Natural Resources (CSCNR)
- Coalition Ecopreneur Kaya (Belgium)
- CODEPINK
- Collectif BreakFree Suisse
- Commission for Filipino Migrant Workers (CFMW)
- Committee in Solidarity with Indigenous Peoples of the Americas (CSIA-Nitassinan)
- Corporate Europe Observatory
- DAWN (Development Alternatives with Women for a New Era)
- Ecologistas en Acción
- European ATTAC Network
- European Coordination Via Campesina (ECVC)
- Fairfin (Belgium)
- Financial Justice Ireland
- Focus on the Global South
- Fresh Eyes
- Friends of the Earth International
- Gender Action
- Global Justice Now (UK)
- GRAIN
- Grands-Parents pour le Climat (Belgium)
- Institute for Policy Studies Climate Policy Program
- intercoll
- Kebetkache Women Development & Resource Centre
- KRuHA Indonesia
- La Fédération Nationale du Secteur Agricole (FNSA) Maroc
- LAB Sindikatua (Euskal Herria)
- Law 4 Palestine
- London Mining Network
- Maan ystävät / Friends of the Earth Finland
- Milieudefensie – Friends of the Earth Netherlands
- Move your Money
- Naturefriends Greece
- New Apostolic Centre for Development (NCD), Nigeria
- NGO Forum on ADB
- Oil Change International (OIC)
- Pakistan Fisherfolk Forum
- Pakistan Kissan Rabita Committee
- Participatory Research & Action Network- PRAAN
- Peace Point Development Foundation-PPDF
- Plataforma América Latina mejor sin TLC
- Re Common (Italy)
- Red de Información y Acción Ambiental de Veracruz
- REDES-Amigos de la Tierra Uruguay
- Reset.Vlaanderen
- RQMI : Réseau québécois pour une mondialisation inclusive
- Sahita Institute (HINTS)
- Society for International Development (SID)
- SpiralCentric
- The Association for Women’s Rights in Development (AWID)
- The Gaia Foundation
- The Platform of Filipino Organisations in Europe
- Third World Network
- TIPPING POINT NORTH SOUTH
- Trade Justice Pilipinas
- Transnational Institute
- Transnational Migrant Platform-Europe
- Transport & Environment
- Unión de Afectados por las Operaciones de Texaco UDAPT
- Wacam
- Waling Waling – supporting migrant workers rights
- WIDE – Network for Women´s Rights and Feminist Perspectives in Development
- Women Environs in Zambia
- Women’s Life Wellness Foundation -Zambia (WLWF)
- WoMin African Alliance
- World March of Women
