Accueil Blog Page 23

Mission Nature : un jeu de grattage en faveur de la biodiversité sur l’ensemble du territoire

Contribuer à la protection de la biodiversité près de chez soi pour seulement 3 euros, c’est tout l’enjeu de « Mission Nature » ! Ce jeu de grattage lancé en 2023 par FDJ UNITED, en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB), permet de récolter des fonds directement versés à l’établissement public pour financer des projets de restauration du vivant. Quel bilan 3 ans après des 21 projets de la première saison de Mission Nature ?

Mission Nature est un jeu à gratter vendu 3 euros dans tous les points de vente de la Française des Jeux et disponible également en ligne. Sur ces 3 euros, 43 centimes sont reversés à l’OFB pour financer des projets de reconquête de la biodiversité dans les territoires.

Bilan 3 ans après des 21 projets de la 1ère saison de Mission Nature

De la forêt de Verdun aux gorges de la Siagne, des zones humides du Mont-Saint-Michel aux plaines céréalières de l’Hexagone, des mangroves de Martinique et de Mayotte aux herbiers de Posidonie de Méditerranée, les projets retenus couvrent une diversité de milieux et d’écosystèmes. Portés par des associations, des établissements publics ou des collectivités, ils illustrent la richesse et la complémentarité des acteurs engagés sur le terrain pour la reconquête du vivant, partout en France, dans l’Hexagone comme dans les Outre-mer. La Mission Nature saison 1 en 2023, c’est :

  • 21 projets financés à hauteur de 6,8 millions d’euros
  • Plus de 1 000 hectares préservés et restaurés

Ce premier bilan sera mis à jour au fur et à mesure avec les avancées des projets, et intégrera prochainement les projets 2024 et 2025. Un travail réalisé par Sixtine Lehodey, Nicolas Morard, Guilhem Richard

Projets 2025 de Mission Nature – Saison 3

Pour sélectionner ces projets, un appel à projets est lancé chaque année.

L’année de la Mer

Pour sensibiliser les citoyens, associations, institutions et entreprises à l’importance des mers et des océans, l’année 2025 est consacrée à la mer. A cette occasion, des actions, des projets et des événements seront organisés tout au long de l’année pour faire connaître au plus grand nombre l’importance des enjeux maritimes et susciter l’envie d’agir pour l’océan.

Pseudupeneus maculatus. Crédit photo : Livier Schweyer / OFB

Pourquoi une « Année de la Mer » ?

La mer est un bien commun, essentiel à la vie sur Terre. Elle absorbe une grande partie du carbone que nous émettons dans l’atmosphère, produit plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons et régule le climat. Sans les océans, notre planète ne serait pas habitable.

Les mers et les océans ne sont pas des étendues isolées. Ils sont liés à tout ce qui se trouve sur terre. La mer et la terre sont connectées : tout ce qui se passe sur terre affecte directement l’océan et tout ce qui se passe dans l’océan a des répercussions sur la terre.

Peponocephala electra. Crédit photo : Nils Bertrand / Seablue Nils

La France est le second espace maritime au monde, avec plus de 10 millions de km², répartis sur tous les océans. Les territoires ultramarins représentent 97 % de cette surface et abritent une biodiversité unique.  Leurs écosystèmes marins sont essentiels pour le bien-être de l’ensemble de la planète. La France a donc une responsabilité particulière vis-à-vis des enjeux marins.

Pour célébrer l’Année de la Mer, cette édition est consacrée à la mer et aux littoraux avec un nouveau
ticket faisant la part belle au milieu marin.

Au-delà de ces nouveaux tickets, FDJ UNITED a décidé d’ajouter, en complément du grattage, un tirage Loto dédié. Ce tirage avec un jackpot de 10 millions d’euros minimum sera proposé le samedi 24 mai, à l’occasion de la Fête de la Nature.

10 actions concrètes pour accroître la consommation bio d’ici 2030

Les neuf organisations professionnelles de la bio réunies au sein de la Maison de la Bio et Natexbio saluent l’intégration dans la Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat d’un objectif de développement de la consommation biologique (12% d’ici 2030) permettant de répondre aux objectifs de développement de la production (18% de la Surface Agricole Utile en 2027, 21% d’ici 2030).

C’est un signal fort pour les organisations de la filière bio : atteindre ce doublement de la consommation Bio en France en 5 ans est nécessaire pour accompagner le développement de la Bio à tous les niveaux et avoir des effets significatifs sur la réduction de pesticides dans l’environnement, la qualité de l’eau, la biodiversité et la santé publique.

infographies de l’agence bio

Si elles partagent les constats énoncés de la Stratégie Nationale Alimentation Nutrition Climat (SNANC) et se réjouissent de la place reconnue à l’agriculture biologique pour atteindre les objectifs en matière de santé et de transition écologique pour la France, elles pensent que des actions précises et des moyens à la hauteur de ces ambitions doivent être déclinés pour y arriver.

10 actions concrètes pour accroître la consommation bio

1- Affirmer l’Agriculture Biologique comme levier pour la santé publique et la transition écologique dans le nouveau Programme National Nutrition Santé (PNNS) : afficher des mesures phares en faveur de la consommation de produits bio et de les communiquer auprès du grand public au même niveau que “5 fruits et légumes par jour”. Par exemple : “Privilégiez les produits bio à tous les repas”.

2- Décliner l’objectif de consommation bio dans tous les segments de marché : atteindre et dépasser à 2 ans les 20% de produits bio en restauration collective affichés dans la loi EGALIM, atteindre également les 20% de bio en restauration commerciale d’ici 2030, mesurer et encourager la présence de bio dans les linéaires de la GMS en doublant d’ici 2030 le chiffre d’affaire réalisé en bio.

3- Encourager l’achat de produits bio dans la grande distribution en imposant, dans toute l’offre promotionnelle et sur l’ensemble des canaux de diffusion, l’inclusion systématique des produits bio (opérations de promotion thématiques et saisonnières), co-financées par les transformateurs et les distributeurs.

4- Utiliser un levier fiscal fort pour faciliter l’accès à des produits alimentaires sains, de qualité et durable, et en particulier les produits bio comme cela a été fait dans d’autres secteurs (automobile, logement, réparation…).

5- Développer et renforcer les actions de communication et de promotion de la bio mises en œuvre par l’Agence Bio, pérennisée et dotée de moyens garantis chaque année et jusqu’à 2030 : 10 millions € sur 5 ans.

6- Assurer un réel suivi et pilotage interministériel de la production et de la consommation bio, comme c’est le cas pour la SNANC, en impliquant le ministère de la transition écologique, le ministère de l’agriculture, et le ministère de la Santé, ainsi que l’éducation, les finances et le secrétariat d’état à la consommation.

7- Rendre l’offre bio visible et lisible en soutenant toutes les mesures visant à lutter contre le greenwashing et à informer de façon loyale et sincère les citoyens sur les impacts santé et environnement des produits qu’ils consomment : agir pour un étiquetage environnemental des produits alimentaires permettant de valoriser les bénéfices de l’agriculture biologique et une directive européenne Green claims volontariste, lutter contre les fausses promesses et les labels environnementaux moins-disants.

8- Soutenir, promouvoir et valoriser les expérimentations visant à rendre accessible à tous l’alimentation saine et durable, dont la Bio, en pérennisant et augmentant le fonds “Mieux Manger pour Tous” avec une visibilité jusqu’à 2030.

9- Permettre à tous les acteurs des filières alimentaires saines et durables, dont la Bio, de vivre dignement de leur métier et reconnaître publiquement les labels de commerce équitable qui assurent la fonction de garantie et renforcent les solidarités au sein des filières, soutenant ainsi la transition agroécologique.

10- S’assurer que le dispositif de labellisation des Plans Alimentaires Territoriaux (PAT) inclut un critère sur l’agriculture biologique, en conditionnant en particulier l’octroi de financements publics à l’atteinte des objectifs EGALIM.

Le cahier des charges bio en chiffres

Les clés pour comprendre le bio

La voix des acteurs économiques des filières bio

Avec le BiodivScore, Paris veut faire rimer construction et biodiversité

Pour tout projet de construction ou de rénovation, penser biodiversité ! Promoteur, architecte ou entreprise chargée de la construction, de la réhabilitation ou de la végétalisation d’un immeuble, le BiodivScore, un outil mis en place par l’Agence d’Écologie Urbaine de la Ville de Paris, est là pour permettre d’évaluer l’impact d’un projet sur la biodiversité et de l’améliorer.

Avec le BiodivScore pour évaluer votre projet de construction ou de rénovation, il est possible d’identifier ses points forts, d’ajuster vos choix et de faire de votre projet un véritable atout pour le vivant.

Le BiodivScore s’adresse aux professionnels de la construction et à tous les porteurs de projets souhaitant végétaliser leur bâtiment. Il se décline en deux volets :

  • Pour les grands projets (+200 m²) : conçu pour les architectes, promoteurs, collectivités ou bailleurs sociaux, cet outil permet d’intégrer la biodiversité dès la conception.
  • Pour les projets plus modestes : toitures végétalisées, murs végétaux, petits aménagements verts…

Comment ça fonctionne ?

Inspiré de la démarche Éviter-Réduire-Compenser, le BiodivScore fonctionne sur un principe simple d’auto-évaluation. Il prend en compte quatre grands critères :

  • Le potentiel d’accueil de la biodiversité avant et après le projet
  • L’intégration de la biodiversité dès la conception
  • L’impact des travaux sur le vivant
  • Les pratiques de gestion à long terme

Pas besoin d’être un écologue aguerri, l’outil est un questionnaire à compléter. L’objectif : orienter vers les meilleures pratiques et encourager des projets à biodiversité positive.

Végétalisation du bâti. Je conduis une opération de végétalisation du bâti en toiture et/ou façade.

La notice d’utilisation

Elle vous aide à vous emparer du référentiel de questions en répondant à 10 questions pratiques.

Un calculateur pour une démarche simple et efficace

Le BiodivScore se présente sous la forme d’un fichier à compléter. En renseignant des éléments concrets (présence d’espaces verts, choix de matériaux, intégration d’un écologue au projet, etc.), vous obtenez un score reflétant la performance écologique de votre projet.

Mieux encore : l’outil attribue des bonus et malus pour valoriser les démarches vertueuses et inciter à des améliorations. Le but n’est pas de sanctionner, mais bien d’accompagner vers des pratiques respectueuses du vivant.

Construction/réhabilitation. Je conduis une opération de construction ou de réhabilitation d’un bâtiment avec au moins 200 m² d’espaces libres

Le Guide du projet urbain à biodiversité positive

Il présente les invariants pour limiter les impacts sur la biodiversité et fournit des clés de lecture du BiodivScore en détaillant les notions évaluées dans le référentiel de questions.

Un téléservice à votre disposition

Bonne nouvelle ! Plus besoin de chercher des documents éparpillés : le BiodivScore est accessible en ligne. En quelques clics, vous pouvez accéder aux référentiels adaptés à votre projet et bénéficier d’un accompagnement pas à pas.

Alors, prêt à faire rimer urbanisme et biodiversité ? Pour tester le BiodivScore et faire de votre projet un acteur du vivant, rendez-vous sur la page dédiée : Accédez au Biodivscore

Guide pratique pour la médiatisation des alertes

Ce guide, élaboré avec le soutien de l’UNESCO à travers son Fonds mondial pour la défense des médias, a vu le jour grâce à l’implication précieuse du Syndicat national des journalistes (SNJ), du SNJ-CGT, de la CFDT-Journalistes et de Sherpa, toutes des organisations membres de la Maison des Lanceurs d’Alerte (MLA). Destiné aux journalistes et professionnel·les de l’information, il vise à faciliter leur collaboration avec les lanceur·ses d’alerte. Ce guide se veut un outil pratique pour toutes celles et ceux qui participent à la révélation d’informations d’intérêt général.

Apports du guide pratique pour la médiatisation des alertes

  • un décryptage accessible du cadre juridique (loi Sapin II, loi Waserman, droit des sources) ;
  • une présentation des protections existantes, ainsi que de leurs limites ;
  • des conseils concrets pour évaluer et gérer les risques liés à la médiatisation d’alertes.
     
Mieux comprendre le cadre juridique

Journalistes et lanceur·ses d’alerte, acteurs·trices essentiels pour la démocratie et les libertés.

  • Scandale du Mediator : ce médicament du laboratoire Servier, responsable de la mort de 1 500 à 2 100 personnes en France, sans compter celles qui souffrent des conséquences des effets secondaires.
  • Scandale des manœuvres frauduleuses de la banque suisse UBS : cette révélation a permis au fisc français de récupérer 1,8 milliard d’euros.
  • Scandale des essais nucléaires : « L’héritage de la bombe » et « Les irradiés de la République » décrivent les conséquences des essais nucléaires au Sahara algérien et en Polynésie française sur les populations et les servants de ces essais.

Sans Irène Frachon, Stéphanie Gibaud ou Bruno Barrillot, lanceuses et lanceurs d’alerte, personne n’aurait eu connaissance de ces informations d’intérêt général.

Dominique Pradalié,
Journaliste et Présidente de la Fédération internationale des journalistes
La prise de contact journaliste / lanceur-se d’alerte

Quant à Antoine Deltour et Raphaël Halet, auditeur et assistant de direction chez PricewaterhouseCoopers, d’un côté, Edouard Perrin, reporter de Cash Investigation, de l’autre, ils sont la démonstration que la coopération entre lanceurs d’alertes et journalistes peut être fructueuse. Diffusée en mai 2012 sur France 2, l’émission a dénoncé l’affaire « Luxembourg Leaks », communément appelée Luxleaks. Ce scandale a permis une vraie prise de conscience de certaines techniques d’évasion fiscale des entreprises. Il illustre également parfaitement les risques pris par les lanceurs d’alerte et, dans une moindre mesure, par le journaliste.

Mise en examen, condamnation, puis relaxe : les trois hommes ont subi les rétorsions inhérentes aux révélations d’une telle ampleur. Bien trop souvent, le prix à payer pour les lanceurs et lanceuses d’alerte est exorbitant : licenciement, carrière ruinée, mise au banc professionnelle, poursuites judiciaires, dommages sur la vie personnelle et familiale…

Pourtant, les exemples ne manquent pas du courage de ces lanceurs et lanceuses d’alerte dont les témoignages, les informations et les documents publiés par la presse font avancer le débat public, débouchent sur des instructions, des procès voire des condamnations, des enquêtes parlementaires, des lois…

Protéger et se protéger

Depuis une quinzaine d’années, ils et elles se sont levé•es en nombre croissant, mettant en cause les pratiques d’entreprises françaises ou étrangères, telle Sophie Rollet, veuve d’un routier tué dans un accident de la route à cause de l’éclatement d’un pneu, qui affronte la multinationale Goodyear, en passant par Karim Ben Ali, le chauffeur qui s’est filmé en train de déverser dans la nature de l’acide sur les ordres du géant mondial de la sidérurgie ArcelorMittal ; ce sont des vies bouleversées, voire détruites. Ils et elles figurent parmi les héros et héroïnes de ce XXIe siècle.

Ce guide est le fruit d’un partenariat entre la Maison des Lanceurs d’Alerte et l’UNESCO, via un financement du « Fonds mondial pour la défense des médias » de cette agence de l’ONU. Il a pour
principal objectif d’informer les journalistes français, belges et suisses sur la définition juridique des lanceur·ses d’alerte, sur les lois qui régissent leur activité, sur leur fonctionnement, leurs contraintes

Travailler main dans la main pour faire éclater la vérité

Son rôle est également de les sensibiliser aux techniques à utiliser et aux précautions à prendre
lorsqu’ils collaborent avec des lanceur·ses d’alerte
ou, plus simplement, lorsqu’ils et elles utilisent des informations, données ou documents révélés par ces dernier·es.

Enfin, il identifie les autorités utiles dans le lancement d’alerte, les dangers que repré-
sentent les procédures-bâillons et les protections dont peuvent bénéficier journalistes et lanceur·ses d’alerte
… mais aussi leurs limites.

La modeste ambition de ce document est de contribuer au succès du travail en bonne intelligence entre lanceur·ses d’alerte et journalistes.

Le moment de la médiatisation

Il s’agit d’un enjeu fondamental : favoriser la révélation d’informations d’intérêt général, aux conséquences potentielles considérables. Des informations qui, sans cette coopération, resteraient cachées des yeux du public, voire de la justice ou du pouvoir politique. C’est un enjeu de démocratie et de liberté.

Dominique Pradalié,
Journaliste et Présidente de la Fédération internationale des journalistes
Lanceur·se d’alerte, comment saisir la Maison des Lanceurs d’Alerte ?

Les 10 règles d’Or pour collaborer avec un-e lanceur-se d’alerte

  • 1- Connaître les lois qui encadrent les statuts de lanceur·ses d’alerte et ses spécificités pour la France, la Belgique ou la Suisse.
  • 2- Comprendre et évaluer les risques auxquels s’exposent les lanceur·ses d’alerte en acceptant de partager leur histoire.
  • 3- Adopter une communication sécurisée dès la prise de contact.
  • 4- Rediriger le ou la lanceur·se d’alerte vers les autorités ou associations compétentes (et notamment, la Maison des Lanceurs d’Alerte pour toute alerte concernant le droit français).
  • 5- Respecter les délais de divulgation publique, tels que prévus par la loi Waserman en France (soit 6 mois et une semaine après saisie d’une des autorités compétentes, sans mesures concrètes prises pour remédier à la situation).
  • 6- Demander les attentes du ou de la lanceur·se d’alerte, expliciter votre manière de fonctionner et respecter les termes du contrat.
  • 7- Préserver l’anonymat à tout prix, si celui-ci est demandé.
  • 8- Informer régulièrement le ou la lanceur·se d’alerte des avancées de l’enquête.
  • 9- Faire relire l’article ou visionner/écouter le reportage par le ou la lanceur·se d’alerte avant diffusion pour s’assurer jusqu’au dernier moment de son consentement.
  • 10- Ne pas négliger l’impact sur la santé mentale du ou de la lanceur·se d’alerte, mais aussi la sienne : consulter un·e spécialiste est souvent un plus.
Réagir en cas de menaces ou de poursuites judiciaires

Durable & Détendu : un Décryptage Éco-logique du développement durable

Durable & Détendu est une série de posts ludiques publiés par Lucas Le Gall, consultant formateur indépendant en économie circulaire au sein de la coopérative Boréal Innovation et animateur de la Fresque du Climat pour décrypter, déconstruire et découvrir le vaste monde du développement durable. L’objectif est de prendre du recul, d’offrir différentes perspectives et de se questionner sur les thématiques sociales, sociétales et environnementales.

Et si on pensait différemment ? L’économie, le social et la planète. Passons d’une vision plane à une vision imbriquée !

Pourquoi « Détendu » ?

Les sujets sérieux et graves peuvent être traités de manière apaisée, avec un ton léger. La perception du développement durable dépend de nos sensibilités et de nos connaissances.

🙏 Respectons cela en étant bienveillants et pragmatiques

Lucas Le Gall, Chef de projet économie circulaire et Animateur de la Fresque du Climat

Derrière la façade de la « durabilité »

Les enjeux écologiques, sociaux et économiques n’ont jamais été aussi complexes et interconnectés. Dans cette série de publications, Lucas Le Gall prend de la hauteur sur :

  • ✅ Les événements passés,
  • ✅ Ce qu’est la durabilité,
  • ✅ Les normes et dynamiques qui encadrent le développement durable.

💡 Épisode 1 : Retour sur les débuts d’une prise de conscience

  • Mais comment en sommes-nous arrivés là ?
  • Quels événements marquants ont jalonné ces dernières décennies pour façonner notre vision actuelle du développement durable ?

Du trou dans la couche d’ozone à la CSRD, il nous plonge 40 ans en arrière pour comprendre les origines de cette transformation globale.

👉 Que retenir comme événement(s) marquant(s) dans l’histoire du développement durable ?

💡 Épisode 2 : Durable ?

🌍🍩 Et si le donut nous aidait à mieux comprendre les défis de notre planète ?

On parle souvent de durabilité, mais ce n’est pas qu’une question d’empreinte carbone ou de pollution plastique. C’est aussi la biodiversité, la santé, la paix, l’alimentation… 🌱✨

En réalité, être durable, c’est trouver un équilibre ⚖️ : un espace sûr et juste pour l’humanité, entre les limites écologiques et les besoins humain.

💭 Mais concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?

💡 Épisode 3 : Normes de normes !

Les normes dans l’alimentation : l’énorme quiproquo

Comment assimiler au mieux les enjeux environnementaux et sociaux ? 🌍✨
➡️ On crée des normes ! 📏✅
Mais attention, toutes les normes ne se valent pas, et il en existe une multitude ! 🤯

🧐 Quels types de normes existent aujourd’hui ? Quelles sont leurs différences ?

Comment éviter l’inaction climatique ?

Face aux défis climatiques, chacun pointe du doigt les autres 👇 :

  • ❌ Les citoyens disent que leurs actions individuelles sont insignifiantes…
  • ❌ Les entreprises attendent une demande plus responsable…
  • ❌ Les pouvoirs publics hésitent à légiférer sans consensus…

📌 Résultat ? Nous restons coincés dans le triangle de l’inaction ! Merci Pierre Peyretou pour le concept
👉 Pourtant, chacun a un rôle à jouer. Nos décisions, en tant que consommateurs, entrepreneurs ou citoyens, façonnent le monde de demain.

💡 Décryptons ce mécanisme et explorons comment en sortir.

🔄 Quel levier actionner pour éviter l’inaction climatique ?

« Limites Limites » : Jusqu’où peut-on aller trop loin ? 🚦

On parle souvent de transition écologique, mais sait-on vraiment jusqu’où on peut tirer sur la corde avant qu’elle ne casse ? 🌎💥 « Limites-Limites » est une série de posts de où Lucas Le Gall décortique les 9 limites planétaires – que l’humanité ne devrait pas dépasser si elle veut éviter de transformer la Terre en un épisode de Black Mirror 📺🛑.

🔍 On en parle de plus en plus ! Formations, sensibilisations, et même dans le JT de TF1 🎥📡

📺 Vidéo 👉 JT TF1 – Les limites planétaires

💭 Mais savons-nous réellement ce qui se cache derrière ces « limites » aux noms barbares ?
📢 Au programme :

  • 🔍 Comprendre chaque limite : pourquoi elle existe, comment elle fonctionne et où on en est aujourd’hui.
  • 💣 Identifier les enjeux : car ces limites ne sont pas juste des concepts abstraits.
  • 🌱 Explorer les solutions : parce qu’il n’est pas question de rester les bras croisés à regarder le train dérailler 🚆💥.

🎯 L’objectif ?

  • ✅ Mieux comprendre et décomplexifier la dimension environnementale du développement durable.
  • ✅ Sortir des discours anxiogènes et voir comment on peut collectivement réinventer notre rapport au monde 🌏💚.

Limite N°1 : Pollution chimique et nouvelles substances ☠️💊

📉 Dépassée depuis 2022, cette limite est très difficile à évaluer, mais son impact est colossal, notamment sur notre santé 🏥⚠️. Depuis des décennies, nous inondons notre environnement de produits chimiques sans vraiment savoir :

  • Comment ils interagissent ?
  • Quels effets sur notre santé ?
  • Comment ils se décomposent ?
  • Comment les traiter, les recycler ?

Explorons cette première limite planétaire ! 🚀🌍

Limite N°2 : Intégrité de la biosphère – Perte de la biodiversité 🌍💔

🐝 L’abeille coule… et nous avec ? La biodiversité, c’est un peu comme un jeu de Jenga : plus on retire de pièces, plus l’équilibre devient fragile… jusqu’à l’effondrement. 😬

🔍 Comment mesurer cette limite ?
🌱 Pourquoi on en est là ?
🌍 Quels sont les leviers d’action (pour les États, les entreprises et nous, citoyens) ?
💡 Comment inverser la tendance ?

Limite N°3 : Appauvrissement de l’ozone stratosphérique 🌍💡

Enfin des bonnes nouvelles ?! 🎉
✅ Il s’agit de l’une des rares limites planétaires qui n’est pas/plus franchie !
🔬 Le fameux trou dans la couche d’ozone est en cours de résorption, et la manière dont nous avons réussi à le traiter pourrait être un modèle inspirant pour l’action en faveur de l’environnement 🌱 et de la santé 🏥. Comme quoi, des décisions collectives ambitieuses et fondées sur la science peuvent vraiment changer le cours de l’histoire ! 💪✨

Limite N°4 : Utilisation de l’eau douce & Cycle de l’eau 💧🌍

En 2010, un célèbre philosophe disait : « L’eau, dans 20 ou 30 ans, y en aura plus. » – JCVD 😆
💭 15 ans plus tard, où en sommes-nous ?

💦 L’or bleu est au cœur des préoccupations mondiales :

  • 🌎 Accès à l’eau potable inégal
  • ⚔️ Conflits liés à la ressource
  • 🏜️ Avancée de la désertification

Mais comment évalue-t-on cette limite planétaire ? 🤔

📢 N’en déplaise à JCVD, le problème n’est pas tant une question de quantité d’eau sur Terre 🌊, mais plutôt une perturbation des cycles naturels de l’eau 🌱⚖️

Limite N°5 : Changement d’usage des sols 🌳🛡️

« Couper une forêt pour faire un parking, c’est comme brûler un livre pour faire un barbecue. »

On parle souvent du climat, un peu moins du sol sous nos pieds. Et pourtant, changer l’usage des sols, c’est comme reprogrammer la planète sans mode d’emploi.

  • ➡️ Des forêts en monocultures
  • ➡️ Des zones humides en parkings
  • ➡️ Des prairies en centres commerciaux

Où en est-t-on à l’échelle mondiale ? et en fonction des zones climatiques ?

Limite N°6 : Acidification des océans 🧪🐚

L’une des conséquences du trop-plein de CO₂ dans l’atmosphère se joue… sous l’eau 🌊 !
Eh oui, il n’est pas seulement question de réchauffement climatique 🔥🌡️

🧽Les océans, véritables éponges à CO₂ , rendent bien service… jusqu’à l’overdose d’acide 🧨

👉 Allez, petit retour sur les bancs de l’école en Chimie, pour comprendre ce qui se passe dans nos océans.

La Théorie du Donut : une nouvelle boussole pour penser l’avenir à Grenoble ?

0

En février 2022, la Ville de Grenoble a choisi de s’appuyer sur la théorie du Donut pour renforcer ses trajectoires de transition et penser le futur de manière transversale. A la croisée des neuf limites planétaires définies par une communauté scientifique internationale et de seize objectifs sociaux, le Donut représente visuellement le double impératif écologique et social qui nous incombe pour permettre à chaque être humain de subvenir à ses besoins fondamentaux dans le respect du vivant et de la planète. Ainsi délimité par un plafond écologique au-delà duquel nous exerçons une pression critique sur le système Terre et un plancher social en dessous duquel nous sommes exposé-es à des privations humaines critiques, se trouve l’espace dit écologiquement sûr et socialement juste pour l’humanité.

La Ville de Grenoble, Capitale Verte de l’Europe en 2022, porte des politiques de transition environnementales et sociales dans tous les champs d’intervention communale.

Pour conduire ces politiques, les acteurs publics sont constamment confrontés au fait que les approches classiques de gestion publique établissent une priorité à la gestion budgétaire, et donc financière, sans pleinement prendre en compte les enjeux environnementaux ou sociaux.

En cela, les travers de la primauté économique qui ont conduit à l’échec du concept de développement durable sont profondément ancrés dans le cadre réglementaire, comptable, ainsi que dans les pratiques managériales des acteurs publics.

Pour dépasser cette aporie, il apparaît nécessaire de renouveler les outils de pilotage et d’aide à la décision. C’est la raison pour laquelle la Ville de Grenoble explore les possibilités du modèle du Donut (Kate Raworth, Doughnut Economics, 2017) pour renouveler les études prospectives et l’analyse des projets d’investissement.

Le Donut permet de représenter visuellement le double impératif environnemental et social nécessaire pour préserver les conditions d’habitabilité de la Terre tout en satisfaisant les besoins fondamentaux de toutes et tous.

D’un diagnostic de territoire à l’analyse des plans et stratégies politiques de la collectivité, en passant par une grille d’analyse de projets, la Ville de Grenoble multiplie les applications de la théorie du Donut pour renforcer ses trajectoires de transition. Ces différentes applications sont expliquées dans le présent rapport.

En appréhendant à la fois l’ensemble des limites planétaires par une vision transversale de l’empreinte environnementale d’une politique ou d’un projet ; et le plancher social au titre de la santé humaine, de la cohésion sociale et de la justice sociale, la grille d’analyse est l’une des applications les plus abouties de la théorie du Donut au sein de la collectivité.

La méthode développée par la Ville de Grenoble a pris pour référence celle de la Métropole de Lyon, le budget vert de l’État, la méthode I4CE et la comptabilité CARE qui sont présentées de manière synthétique dans le rapport.


Les 6 axes d’analyse

Les principaux axes d’innovation sont les suivants :

  • la recherche d’un modèle complet permettant une approche holistique de l’empreinte environnementale et de la responsabilité sociale ;
  • une intégration du modèle d’analyse au cœur du processus de décision et de priorisation stratégique de la collectivité ;
  • une méthode de cotation des projets qui repose sur la contribution des acteurs porteurs des projets par une approche de formation-action và la grille d’analyse.

Les premiers enseignements de la démarche sont les suivants : le portage politique par le Maire, l’Adjoint aux Finances et l’Adjoint à la Prospective a permis de mener la démarche jusqu’à un séminaire stratégique de l’exécutif dédié à la priorisation des projets d’investissement ; la qualité du modèle conçu et l’approche par la formation-action ont par ailleurs permis une appropriation et une adhésion fortes par les agent‑es de la collectivité.

Pour Nathalie Duponchelle🌱- Stratégie RSE et au delà, « le Donut, ce n’est pas un gadget. C’est une nouvelle grammaire pour penser l’avenir. Pas juste une question de “sens”, mais de viabilité.

Et dans un monde où tout déborde, se poser la question : en quoi mon projet/objectif/envie tient dans le Donut ?… c’est peut-être le meilleur réflexe à adopter
« 

Planter local, durable et engagé pour faire du jardinage un acte citoyen !

Le printemps est là. L’appel du jardin se fait sentir, les jardineries se remplissent, et les Français, toujours plus soucieux de l’origine et de la qualité de ce qu’ils plantent, sortent leurs outils. Mais face à une offre pléthorique, comment faire les bons choix ? Et si pour beaucoup, c’est une passion, aujourd’hui, c’est aussi un acte de consommation responsable, un choix en faveur du climat et une manière d’agir pour la biodiversité. En choisissant des végétaux certifiés, les jardiniers ne se contentent plus de planter : ils soutiennent des producteurs, protègent les écosystèmes et participent à la transition écologique. Excellence Végétale guide votre choix avec une sélection de plantes labellisées qui allient performance, beauté, durabilité… et écoresponsabilité.

🌱 Semer et planter mieux, pas plus

Planter, c’est s’engager : et si le jardin devenait le premier écogeste du printemps ?

Le jardin devient un espace de vie, de bien-être et d’engagement. Choisir des végétaux labellisés Fleurs de France :

  • C’est soutenir des producteurs français engagés,
  • C’est réduire l’empreinte carbone liée à l’importation de végétaux,
  • C’est encourager une production respectueuse des sols, de la biodiversité, de la ressource en eau,

Et si ces végétaux portent le Label Rouge, alors vous avez l’assurance :

  • D’investir dans des plantes plus résistantes : moins d’intrants, moins d’arrosage, plus de succès,
  • D’avoir la garantie de plantes produites « dans les règles de l’art » grâce aux contrôles réguliers réalisés chez les producteurs.

5 plantes qui changent la donne

1 – Le gazon

De la verdure dans les moindres recoins de votre jardin. Le Gazon Label Rouge : durable et adapté au climat. Les mélanges sont pensés pour résister à la sécheresse, au piétinement et aux maladies. Une vraie alternative à l’arrosage intensif.

  • Deux versions : “Détente & agrément” ou “Sport & jeux”.
  • À semer de mars à juin, ou dès fin août.

2 – Les géraniums

Les Géraniums Label Rouge : la fleur française par excellence. Populaire, esthétique, résistant, le géranium labellisé est le symbole d’un balcon fleuri. Des variétés sélectionnées pour leur floraison généreuse et leur croissance rapide.

  • Parfaits pour balcons, massifs ou jardinières.
  • À planter dès les dernières gelées (avril-mai).

3 – Les tomates

Les Plants de tomates Label Rouge : une meilleure réussite au jardin. Une trentaine de variétés testées pour leur productivité, leur reprise et leur tolérance aux maladies.

  • Disponibles dès mars en jardineries.
  • À planter entre mars et juin selon les régions.

4- Les rosiers

Les Rosiers Label Rouge : la reine des fleurs. Des variétés testées pour un résultat garanti dans votre jardin, des plants produits par un producteur « au petit soin », votre rosier Label Rouge a tout pour réussir.

  • En pot ou à racines nues, selon vos envies.
  • À planter d’octobre à juin.

5 – Les arbres fruitiers

Les Arbres Fruitiers Label Rouge : biodiversité et pollinisation au jardin. Pommiers, poiriers, cerisiers, abricotiers ou pruniers Label Rouge : des variétés reconnues pour leur adaptation, leur reprise rapide, et leur attrait pour les pollinisateurs. En plus de produire des fruits , ils attirent les pollinisateurs.

  • À planter entre août et fin avril.
  • Bonus : planter un arbre fruitier, c’est aussi stockage de carbone + habitat pour la faune + source alimentaire locale.

Les labels qui font la différence

  • Label Rouge : le top de la qualité en horticulture. Des critères stricts et contrôlés, des essais comparatifs, une sélection exigeante.
  • Fleurs de France : la garantie d’un produit cultivé en France, dans le respect de l’environnement, des travailleurs et de la saisonnalité.

Pour les repérer en jardinerie : logos visibles sur les étiquettes, et pots. Découvrez toutes les infos pratiques, guides et points de vente sur : www.certificationsduvegetal.org

L’Association Excellence Végétale

Cadre européen des compétences pour la durabilité : l’éducation est un levier central de la transition écologique et sociale

1

Le GreenComp, cadre européen des compétences pour la durabilité, positionne l’éducation comme un levier central de la transition écologique et sociale. Il vise à doter les apprenants des outils nécessaires pour comprendre les défis complexes de notre époque et agir de manière transformatrice, en s’appuyant sur quatre piliers essentiels. Une analyse de Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique.

Représentation visuelle de GreenComp

Quatre Piliers essentiels

  • Le premier pilier met en lumière l’importance des valeurs dans la construction des compétences. La durabilité, l’équité intergénérationnelle et la préservation de la nature constituent le socle des apprentissages, en orientant les décisions et actions vers le bien commun et les impératifs écologiques.
  • Le GreenComp insiste également sur le développement de la pensée complexe pour aborder les « wicked problems », ces problématiques globales, intriquées et sans solutions simples. Les compétences mobilisées, comme la pensée systémique, l’esprit critique et la problématisation, permettent de comprendre les interactions entre les systèmes naturels et sociaux et d’imaginer des réponses adaptées.
  • Le troisième axe concerne la capacité à anticiper des futurs souhaitables grâce à la littératie du futur, alliant créativité et pensée exploratoire. Cette compétence encourage des transformations profondes dans les modes de vie et les organisations, au-delà des simples ajustements techniques, pour répondre aux limites planétaires.
  • Enfin, le GreenComp valorise une action concrète et transformatrice, qu’elle soit individuelle, collective ou politique. En renforçant l’agentivité, il incite les apprenants à s’engager dans des projets de durabilité, à influencer leur environnement et à agir sur les structures existantes pour les rendre plus justes et durables.

En résumé, le GreenComp redéfinit l’éducation à la durabilité en intégrant valeurs, pensée systémique, imagination prospective et action transformative, pour bâtir un futur respectueux des limites planétaires !

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Résumé

GreenComp répond à la nécessité croissante d’améliorer et de développer les connaissances, aptitudes et attitudes nécessaires pour vivre, travailler et agir de manière durable.

GreenComp est un cadre de référence1 pour les compétences en matière de durabilité. Il offre une
base commune pour les apprenants et des orientations pour les enseignants, et donne une définition consensuelle de ce que suppose la durabilité en termes de compétences.

Les compétences en matière de durabilité peuvent aider les apprenants à devenir des penseurs systémiques et critiques, ainsi qu’à développer leur agentivité, et forment une base de connaissances pour quiconque se soucie de l’état actuel et futur de notre planète.

Neuf processus critiques du système terrestre et leurs limites Remarque: P = phosphore; N = azote; IIB = indice d’intégrité de la biodiversité et E/MEA = extinctions par million d’espèces par an. Source: Steffen et al., 2015 SCIENCE 15 janvier 2015, vol. 347, numéro 6223, DOI: 10.1126/science.1259855. Reproduit avec l’autorisation d’AAAS.

L’objectif de GreenComp est de cultiver une mentalité favorable à la durabilité en aidant les utilisateurs à développer les connaissances, les aptitudes et les attitudes nécessaires pour penser, planifier et agir avec empathie, responsabilité et égard pour notre planète.

GreenComp est le résultat d’une méthode de recherche robuste qui a mobilisé un grand nombre d’experts et de parties prenantes très divers, afin de parvenir à un consensus sur une proposition établie.

Principales étapes de l’élaboration de GreenComp.

Il offre un modèle de référence général que toute personne engagée dans l’apprentissage tout au long de la vie peut utiliser pour concevoir des possibilités d’apprentissage visant à développer les compétences en matière de durabilité et pour évaluer les progrès réalisés dans le soutien à l’éducation et à la formation au service de la durabilité.


Une feuille de route en France pour
l’encapacitation des acteurs de la transition écologique

Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) propose de franchir une étape décisive et ne plus se limiter à sensibiliser, mais développer de véritables compétences, adaptées aux défis et aux responsabilités de chacun.

Le document publié en avril 2025 rappelle plusieurs constats essentiels :

  • ✔️ De nombreuses initiatives, bien que pertinentes individuellement, restent trop souvent cloisonnées. Elles peinent à s’articuler dans une dynamique d’ensemble, ce qui limite leur capacité à produire un véritable changement systémique. La rareté des évaluations rigoureuses complique encore la mesure de leur impact réel.
  • ✔️ Les investissements humains, financiers et organisationnels dans la formation à et pour la transition écologique demeurent insuffisants au regard des ambitions fixées pour 2030. Cet écart fragilise la capacité collective à atteindre nos objectifs environnementaux, en laissant persister des lacunes critiques dans le développement des compétences.
  • ✔️ Enfin, il est clair que la sensibilisation seule ne suffit pas. Sans accompagnement vers la mobilisation et l’action concrète, l’écart entre la prise de conscience et le passage à l’acte reste important, rendant l’engagement écologique souvent instable et inégal.
5 impératifs pour faire des activités d’encapacitation un levier de la transition écologique

Ce document propose des outils concrets qui permettent de mieux agir et invite à distinguer clairement les démarches de sensibilisation, de formation et d’accompagnement à travers un continuum d’encapacitation. Il propose une matrice de l’engagement écologique pour mieux évaluer l’impact réel des dispositifs. Il insiste également sur une exigence forte, celle de rendre les compétences accessibles, fiables et directement tournées vers l’action.

Construire une société écologique suppose de repenser profondément notre manière d’apprendre, de coopérer et d’agir. Cela passe par l’acquisition de compétences nouvelles, mais aussi par une approche collective de leur développement.

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Pour Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, « cette feuille de route ne pourra porter tous ses fruits que si elle est construite démocratiquement, en s’appuyant sur des processus de concertation ouverts, en renforçant le dialogue social à toutes les échelles, et en mobilisant pleinement les acteurs de terrain, les organisations publiques et privées ainsi que la société civile. C’est en donnant toute leur place à la discussion, à la co-construction et à la coopération que nous pourrons faire de cette dynamique un véritable levier de transformation ! « 


12 compétences dans 4 domaines

GreenComp se compose de 12 compétences (en gras) organisées en quatre domaines (en italique) comme suit:

  • Incarner les valeurs de la durabilité, et les compétences correspondantes :
    • accorder de la valeur à la durabilité
    • encourager l’équité
    • promouvoir la nature
  • S’ouvrir à la complexité dans la durabilité, et les compétences correspondantes :
    • pensée systémique
    • pensée critique
    • cadrage des problèmes
  • Envisager des avenirs durables, et les compétences correspondantes :
    • littératie des futurs
    • adaptabilité
    • pensée exploratoire
  • Agir pour la durabilité, et les compétences correspondantes :
    • agentivité politique
    • action collective
    • initiative individuelle

GreenComp répond aux ambitions définies dans le pacte vert pour l’Europe. Suivant cette direction politique, la Commission a publié des documents d’orientation intitulés « Stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience » (2020) et « Un espace européen de l’éducation d’ici à 2025 » (2020), dans lesquels elle souligne la nécessité de créer un cadre européen des compétences en matière de durabilité.

Caractérisation des problèmes et changement requis [Source: Glasser, 2018]

Dans ces documents d’orientation, la Commission recommande explicitement d’activer l’éducation et la formation en développant les aptitudes, y compris le perfectionnement des compétences et la reconversion, et en investissant dans l’apprentissage au service de la durabilité environnementale.

La stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 : « Ramener la nature dans nos vies » (2020) souligne aussi le rôle majeur de l’éducation et de la formation pour permettre à l’Union d’atteindre son objectif de devenir un continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050.

GreenComp : le cadre européen des compétences en matière de durabilité

En tant qu’instrument de référence, GreenComp peut servir toute une série de finalités, y compris la révision des programmes de cours, la conception des programmes de formation des enseignants, l’(auto)
évaluation/réflexion, l’élaboration des politiques, la certification, l’appréciation, le suivi et l’évaluation.


  1. Il est conçu pour étayer les programmes d’éducation et de formation tout au long de la vie. Il est rédigé pour tous les apprenants, quels que soient leur âge, leur niveau d’éducation et leur contexte d’apprentissage (formel, non formel ou informel).
    Les définitions des termes clés utilisés tout au long du document figurent à la fin du présent rapport. ↩︎

Quelle contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable ?

Un rapport, rendu fin décembre 2024 par l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC), porte sur la régulation de la publicité pour une consommation plus durable. Il propose un véritable bouleversement de la gouvernance de la consommation en France, en appelant à une réorientation radicale des communications commerciales.

Cette publicité montre quatre plans au cours desquels il est possible de constater que des personnes mangent devant des écrans de télévisions ou d’ordinateurs au sein d’un foyer.

Trois constats clés

En s’appuyant sur les diagnostics posés par le rapport Guibert-Libaert (2020), les travaux de l’Institut Veblen & Communication et Démocratie (2022), et le rapport Heilbrunn (remis au conseil national de la consommation fin 2023), le rapport pose trois constats clés :

  • 1️⃣ Les communications commerciales doivent être intégrées à la politique de sobriété et à la planification écologique.
  • 2️⃣ Elles orientent les consommateurs vers des produits peu durables ou néfastes pour la santé.
  • 3️⃣ Elles placent les citoyens face à des injonctions contradictoires entre incitation à consommer et appels à la sobriété.
Marché des communications commerciales en 2023

Des propositions de régulation

La mission propose une politique publique cohérente de régulation… pilotée par le Premier ministre lui-même via le La planification écologique – SGPE !

  • 🔹 Proposition 3 : plafonner le volume publicitaire sur les grandes plateformes via une évolution du règlement DSA.
  • 🔹 Proposition 4 : revoir la directive SMA pour restreindre les pubs promouvant des comportements éco-irresponsables.
  • 🔹 Proposition 7 : confier la supervision de l’ARPP – Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité à l’Arcom afin de doter l’autorégulation d’un cadre législatif.
  • 🔹 Proposition 8 : simplifier l’information des consommateurs, en généralisant notamment l’affichage nutritionnel (que le ministère de l’Agriculture vient d’abandonner …).

« Le rapport fait 465 pages (!) avec ses annexes et constitue sans doute la base documentaire la plus complète jamais produite sur la gouvernance de la consommation en France »

Jacques-Olivier Barthes, Directeur conseil – stratégie et influence au service de la RSE
Dépenses de communications commerciales par secteur en 2023 (en M€ et part du marché)

Les 13 propositions du rapport

  • Proposition n° 1 : [Premier ministre] Définir et piloter une politique publique de régulation des communications commerciales dans le but d’une consommation plus durable.
  • Proposition n° 2 : [Premier ministre/DGMIC, DGCCRF, DGE] Proposer la révision de la directive e-commerce afin de simplifier le recours aux exceptions au principe du pays d’origine par les États membres et d’inclure dans celles-ci la protection de l’environnement.
  • Proposition n° 3 : [Premier ministre/DGMIC, DGE] Plafonner la quantité de communications commerciales sur les grandes plateformes par l’intermédiaire d’une évolution du règlement européen sur les services numériques (DSA) ou dans le cadre de sa mise en œuvre. Faire évoluer le règlement pour mieux tenir compte de certains risques liés aux communications commerciales.
  • Proposition n° 4 : [DGMIC] Revoir la directive sur les services de médias audiovisuels (SMA) pour limiter la publicité présentant des comportements dommageables à l’environnement sur l’ensemble des services de vidéos. Étendre le champ prévu dans la directive pour l’autorégulation à la protection de l’environnement.
  • Proposition n° 5 : [DGCCRF en lien avec l’Arcom] Exploiter les registres publicitaires des plateformes par une veille systématique des communications commerciales les plus diffusées et une automatisation du rappel des règles, préalables à d’éventuelles enquêtes ou sanctions.
  • Proposition n° 6 : [DGMIC, DLF] Considérer une augmentation de la fiscalité applicable aux plateformes via le relèvement de la taxe sur les services numériques.
  • Proposition n° 7 : [Premier ministre/DGMIC en lien avec l’Arcom] Prévoir le fonctionnement de l’autorégulation dans la loi et confier la supervision de l’ARPP à l’Arcom.
  • Proposition n° 8 : [DGCCRF, SGAE, RPUE] Porter un haut niveau d’exigences en matière d’harmonisation de la certification des labels et allégations avant leur usage et des sanctions applicables, dans le cadre du trilogue visant à l’adoption de la directive « Green Claims » (allégations environnementales).
  • Proposition n° 9 : [DGS, DGMIC, DGAL, Arcom] Rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les communications commerciales, voire sur les produits alimentaires, et réduire le volume de communications commerciales pour les produits D et E, sur les étals et dans les communications commerciales touchant les enfants via la charte alimentaire de l’Arcom.
  • Proposition n° 10 : [CGDD, Ademe] Prévoir un dispositif d’évaluation scientifique de l’affichage environnemental, sur sa pertinence et sur son efficacité à faire évoluer l’offre (processus de fabrication) et la demande (évolution des paniers) en parallèle de son déploiement volontaire. Associer les producteurs et distributeurs au processus d’évaluation.
  • Proposition n° 11 : [DGMIC, administrations concernées par les mentions] Une fois l’information du consommateur suffisamment améliorée, supprimer toutes les mentions obligatoires, hors celles prévues par le droit européen.
  • Proposition n° 12 : [CGDD, Arcom] Transformer les contrats climat : conditionner leur publication à des engagements des principaux annonceurs sur des trajectoires d’amélioration effective de leurs investissements publicitaires, suivies par des indicateurs communs en nombre limité.
  • Proposition n° 13 : [DGEC, CGDD] Prendre des mesures nationales d’interdiction de communications commerciales (y compris celles des influenceurs) appliquées à certains secteurs
Indice de durabilité et de réparabilité

Corps du rapport

La liste des personnalités interviewées, du CESE à TikTok, remplit 14 pages. C’est sérieux !

Une lecture incontournable pour toutes celles et ceux qui s’intéressent à la régulation de la publicité, à la consommation responsable… et à l’avenir même de notre modèle économique

Jacques-Olivier Barthes, Directeur conseil – stratégie et influence au service de la RSE


Rapport complet

ARPP : Bilan publicité et environnement 2023 – 2024

ARPP : Bilan Publicité et Comportements Alimentaires 2023

Quand les enfants dessinent la nature : une vision faussée de la faune et de la flore ?

0

Kate Howlett, University of Cambridge

Les enfants s’intéressent souvent aux animaux. Mais connaissent-ils bien la nature dans toute sa diversité ? Leurs dessins soulèvent un certain nombre d’enjeux écologiques.

Les enfants qui passent du temps dans la nature deviennent des adultes plus soucieux de l’environnement. Shutterstock

Les livres et les émissions de télévision destinés aux enfants sont pleins d’animaux. Mais dans quelle mesure les enfants ont-ils une juste connaissance de la nature ?

La grande majorité des espèces animales connues, soit 96,9 % d’entre elles, sont des invertébrés, comme les insectes, les escargots, les araignées et les vers. Pourtant, quand mes collègues et moi-même avons demandé à des enfants de dessiner les animaux de leur environnement, la plupart d’entre eux ont représenté des mammifères ou des oiseaux.

Voilà qui suggère un décalage entre la manière dont les enfants perçoivent la faune et la flore et la réalité du monde qui les entoure. Si nous ne nous penchons pas sur ce problème, nous risquons de laisser perdurer cette vision biaisée de la nature, ce qui aura des répercussions sur les efforts déployés pour lutter contre la perte de la biodiversité et le changement climatique.

Dessin d’enfant représentant une chouette, un hérisson, une mésange bleue et un rouge-gorge
Dessin réalisé par un enfant quand on lui demande de représenter les animaux de son jardins. Kate Howlett, CC BY-SA

Nous avons demandé à plus de 400 enfants âgés de 7 à 11 ans, sous la supervision de leurs enseignants, de dessiner leur jardin ou leur parc local et de nommer tous les animaux qui y vivent d’après eux. Nous avons recueilli 401 dessins au total. Nous avons compté le nombre de types d’animaux différents représentés, et relevé ceux qui ont été dessinés le plus ou le moins souvent. Nous avons constaté que les dessins des enfants ne reflétaient pas très bien la composition du monde naturel. 80,5 % d’entre eux contenaient au moins un mammifère et 68,6 % au moins un oiseau. Dans le monde extérieur, cependant, seuls 4,7 % des espèces animales décrites par la science sont des vertébrés, tels que les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les poissons.

Un enfant dessine les plantes et les animaux de son jardin
Un enfant dessine les plantes et les animaux de son jardin. Howlett, Turner, 2023, PLOS ONE, CC BY-SA

Un tiers des dessins ne contenait pas le moindre invertébré. Et lorsqu’on a demandé aux participants de nommer les créatures qu’ils avaient représentées, ils se sont avérés bien moins aptes à délivrer des informations détaillées sur les insectes et autres invertébrés. Alors qu’ils pouvaient souvent désigner des espèces spécifiques de mammifères et d’oiseaux, c’était rarement le cas pour ces animaux plus petits et méconnus.

Nombreux sont les enfants qui ont par exemple été capables d’identifier un oiseau comme étant un rouge-gorge. Pour les insectes, l’équivalent pourrait être de reconnaître un papillon amiral rouge. Mais, en général, les papillons ont seulement été désignés par le terme « papillon ».

Des préjugés sur la nature à prendre en compte

Ce biais fait écho à ceux que nous avons précédemment identifiés dans les documentaires sur la nature, qui traduisent eux-mêmes la tendance humaine à accorder plus d’attention aux espèces plus grandes et plus charismatiques, qui ressemblent davantage à l’homme qu’aux invertébrés.

Dessin d’enfant représentant un renard
Dessin de renard. Kate Howlett, CC BY-SA

Cela peut avoir des conséquences sur les fonds attribués à la conservation des espèces. Les animaux que nous considérons comme plus intéressants reçoivent des niveaux de soutien plus élevés. Or, les insectes et autres invertébrés jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes mondiaux, et ont besoin que nous unissions tous nos efforts pour les protéger si l’on veut lutter contre le changement climatique et l’appauvrissement de la biodiversité.

Nous savons que les enfants qui passent du temps dans la nature deviennent des adultes soucieux de l’environnement. Mais beaucoup grandissent sans nouer de véritable relation avec la faune et la flore environnantes, quand bien même l’on sait que le contact de la nature leur fait du bien.

A child’s drawing of their back garden, with animals and plants labelled
Dessin d’un enfant représentant son jardin, en étiquetant animaux et plantes. Kate Howlett, CC BY-SA

Dans de nombreux pays, les enfants ont beaucoup moins de liberté que par le passé pour se promener et jouer librement autour de chez eux. En Grande-Bretagne, par exemple, le temps de jeu en extérieur a été divisé par deux par rapport à la génération de leurs parents.

Il n’est pas non plus inéluctable que les enfants s’intéressent en priorité aux mammifères, c’est un phénomène en réalité très lié à l’accent que la culture met sur les mammifères et les oiseaux. Les parents et les enseignants peuvent aider les enfants à développer une bonne vision d’ensemble du monde naturel en les aidant à observer de plus près la faune.

Comment parler d’animaux invertébrés aux enfants

Quand vous êtes à l’extérieur avec votre enfant, vous pouvez tout à fait contribuer à élargir sa compréhension du monde vivant – et stimuler cette prise de conscience écologique dont nous avons besoin pour le futur.

Autour du mois de juillet, par exemple, vous pourrez peut-être apercevoir des chenilles noires et poilues sur les orties, qui correspondent aux chenilles de l’Amiral rouge, du Paon-du-jour ou de la Petite tortue.

[Plus de 85 000 lecteurs font confiance aux newsletters de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde. Abonnez-vous aujourd’hui]

Retournez n’importe quelle brique ou pierre et vous aurez toutes les chances d’y trouver des cloportes. Les femelles transportent leurs petits dans une poche située sur leur ventre, comme les kangourous. Les enfants seront amusés d’apprendre que les cloportes peuvent boire par leurs fesses.

Les libellules et les demoiselles sont faciles à repérer et leur vol est impressionnant et rapide. Elles sont également d’excellents indicateurs de la qualité de l’eau. En effet, leurs nymphes – la jeune forme larvaire – vivent sous l’eau et ont besoin d’une eau claire pour pouvoir chasser.

Kate Howlett, PhD candidate in Zoology, University of Cambridge

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Vous aimerez aussi

La santé, un argument plus porteur que l’écologie pour verdir les villes ?

Ariane Rozo, Ademe (Agence de la transition écologique)

L’urbanisme favorable à la santé est une approche qui réfléchit l’aménagement des villes à l’aune de son impact sur la santé… et souvent par ricochet, sur l’environnement.

Les pistes cyclables encouragent une pratique non seulement vertueuse pour l’environnement mais aussi pour la santé. Shutterstock

Il existe de nombreux paramètres qui contribuent à conditionner l’état de santé d’une personne, la santé étant définie par l’OMS comme un état de complet bien-être comprenant la santé physique, mentale et sociale.

Contrairement aux idées reçues, une grande partie de ces déterminants de santé ne dépendent ni de facteurs génétiques, ni du système de soins : ils sont surtout liés à des facteurs socioéconomiques ou environnementaux et à des comportements individuels.

Or ce sont trois dimensions sur lesquelles les collectivités ont la capacité d’influer, par leurs politiques de mobilité, de nature en ville, de lutte contre le phénomène d’îlot de chaleur urbain, de choix de mobiliers urbains, de promotion de vie sociale qu’elles peuvent encourager dans leur espace public, etc.

Pourtant, du fait de la répartition officielle des compétences, les villes n’ont souvent pas conscience d’être des acteurs-clés en matière de promotion de la santé. En réalité, chaque nouvel aménagement qu’elles conçoivent peut être abordé sous le prisme de l’impact qu’il aura sur la santé de la population – et sur l’environnement.

Urbanisme favorable à la santé

C’est toute la logique dans laquelle s’inscrit « l’urbanisme favorable à la santé » (UFS). Depuis une quinzaine d’années, cette méthodologie se développe en France sous l’impulsion de l’EHESP, l’École des hautes études en santé publique, avec l’objectif de remettre au coeur de l’urbanisme la recherche de la santé et du bien-être des populations.

Concrètement, l’UFS est une démarche qui permet d’aboutir à un choix d’aménagement qui va réduire l’exposition des populations à ce qui nuit à leur santé et leur bien-être, et qui va au contraire maximiser tout ce qui leur fait du bien, et cela toujours en veillant à diminuer les inégalités sociales.

Parce que les deux sont liés, cette méthodologie a des co-bénéfices directs en matière d’environnement et de transition écologique : la présence de nature dans la ville a des effets vertueux sur la santé mentale, la promotion des mobilités actives (vélo ou marche) au détriment de la voiture améliore la qualité de l’air mais aussi la forme physique, etc.

[Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.]

Santé et transition écologique

Cela montre que les deux enjeux sont intrinsèquement liés : à quelques exceptions près, ce qui est bon pour la santé va systématiquement dans le sens de la transition écologique. Et vice versa !

C’est la raison pour laquelle des institutions comme l’Agence de la transition écologique (Ademe) s’y intéressent : elles y voient un levier efficace en faveur de la transition des villes.

L’argument de la santé et du bien-être, parce qu’il touche tout le monde, peut être plus mobilisateur et fédérateur pour promouvoir des transformations urbaines que le seul argument écologique, parfois perçu comme plus lointain – quand bien même il ne l’est pas.

Autrement dit, quand il s’agit de bouleverser des habitudes bien ancrées – comme passer de la voiture au vélo pour se rendre au travail – une personne de 50 ans sera par exemple plus sensible aux arguments portant sur sa santé (diminution du mauvais cholestérol, baisse de sa tension artérielle) qu’à celui des émissions de gaz à effet de serre.

La végétalisation d‘une cour d’école, à travers la création d’un potager, est un exemple de démarche d’UFS. Shutterstock

Un superpouvoir pour les collectivités

Pourtant, si les acteurs académiques et institutionnels s’en emparent, rares sont les collectivités à prendre conscience du « superpouvoir » que peut représenter cette démarche pour transformer leurs espaces publics.

Il s’agit donc de faire évoluer les mentalités chez les élus, afin qu’ils décloisonnent leur vision de la santé, très centrée sur l’hôpital et le soin, et qu’ils déconstruisent l’idée selon laquelle ils n’auraient dessus aucune compétence. Et qu’ils comprennent aussi que se saisir de ces outils peut devenir un bel argument électoral.

Pour encourager ce type de démarche, l’Ademe a tout d’abord contribué à la réalisation du guide ISadOrA. Publié en 2020 et porté par l’EHESP, ce guide est une vraie référence pour intégrer la santé dans les opérations d’aménagement. Il permet de questionner la façon de concevoir les espaces publics, les mobilités, les logements, les espaces verts… afin qu’ils soient le plus propices à la santé, au bien-être, à l’inclusion.

Pour sortir du format « guides & études exhaustifs », et montrer que l’UFS peut aussi être attaqué par « petits morceaux », de manière pragmatique voire innovante, l’Ademe a organisé en juin 2023 le « booster de l’UFS ». Cet exercice exploratoire a réuni une cinquantaine d’acteurs provenant d’univers très variés (santé, urbanisme, transition écologique, design, inclusion, data…) afin de décloisonner les regards.

Des idées originales pour faire ses premiers pas en matière d’UFS ont été produites collectivement : réhabiliter un fort Vauban abandonné en un véritable îlot fraicheur, agrémenter un abribus, cet incontournable lieu d’attente, pour qu’il devienne un outil au service de la santé.

Il s’agit ainsi de donner des exemples concrets de ce que peut être une stratégie d’UFS mais aussi d’alerter sur de potentiels écueils. La démarche ne se résume pas à planter des fleurs ou des arbres n’importe comment – au risque d’avoir des effets contre-productifs. Il doit par ailleurs toujours veiller à ne pas contribuer à creuser les inégalités et partir de l’identification des lieux où évoluent les populations les plus vulnérables. Construire un superbe écoquartier plein de nature qui va participer à la gentrification n’a par exemple aucun sens.

Des villes pionnières en France

De grandes villes se sont déjà emparées du sujet. Rennes, Lyon, Lille, Strasbourg, Paris font par exemple partie des pionniers.

La ville de Lyon est ainsi cheffe de file sur l’approche « One Health / une seule santé » qui met en exergue les liens entre l’état de santé des individus, des animaux et l’état des écosystèmes. Des cours d’école ont été renaturées et une alimentation saine pour la santé et les écosystèmes est proposée aux enfants.

Paris a quant à elle systématisé et internalisé la réalisation d’évaluations d’impacts sur la santé, ce qui lui permet de réajuster en amont les projets d’aménagement afin qu’ils impactent le plus positivement la santé

Lille a aménagé une colline « acoustique et cultivée » au sein d’un quartier politique de la ville dans le but de diminuer les nuisances sonores provenant de l’autoroute voisine, tout en proposant des parcelles de jardinage à une cinquantaine de familles.

La lutte contre les îlots de chaleur, la mise en place de pistes cyclables sécurisées, la piétonnisation d’espaces tels que les rues scolaires, qui redonnent un lieu de vie sociale devant les écoles tout en y améliorant la qualité de l’air, sont d’autres exemples.

Des expérimentations en cours

Si peu d’études ont été menées pour évaluer les effets concrets sur la santé des démarches d’UFS, certaines mesures qui s’inscrivent dans ce cadre ont déjà fait leurs preuves. Des mesures récentes sur 10 écoles d’Île-de-France ont par exemple montré que la mise en place de rues scolaires avait des résultats probants : les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) baissent jusqu’à 30 % aux abords de ces écoles piétonnisées.

L’objectif désormais est double : prendre le réflexe de mesurer l’impact sur la santé et le bien-être des actions menées, afin de montrer aux élus que ces démarches d’UFS ont des effets tangibles ; et encourager de plus petites collectivités, des villages par exemple, à intégrer ces enjeux à leur échelle. L’UFS n’est pas réservé aux métropoles, bien au contraire.

Pour répondre à ce double objectif, l’Ademe et l’Ecolab (laboratoire d’innovation dépendant du Commissariat général du développement durable), en partenariat avec le Cerema, Santé Publique France et l’Institut national du cancer, accompagnent pendant un an, de mai 2024 à mai 2025, 10 expérimentations de terrain.

Des porteurs très hétérogènes, qui vont de la toute petite ville en milieu rural à la grande métropole en passant par l’outre-mer se sont lancés des défis concrets qu’ils vont expérimenter et évaluer: et si un parking redevenait une place de village ? Et si la rénovation d’une école rimait avec bien-être et santé pour les petits, les grands, les animaux, les plantes ? Et si l’on abandonnait la voiture au profit de boucles piétonnes efficaces et agréables à la fois ? Et si on maillait finement le territoire d’espaces verts pour maximiser leurs effets sur la santé ?

Ces expérimentations variées permettent de démocratiser l’urbanisme favorable à la santé. Grâce à l’effort d’évaluation, elles espèrent aussi prouver que les bénéfices sur la santé et le bien-être sont bien au rendez-vous.

Ariane Rozo, Coordinatrice urbanisme en lien avec la santé et l’environnement, Ademe (Agence de la transition écologique)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La généralisation du vélo en ville comme à la campagne permettrait d’éviter 19 000 décès d’ici à 2035

Souvent, imaginer faire du vélo est associé, en milieu urbain, aux artères des métropoles pour se rendre au travail, faire ses courses, rentrer à son domicile le soir. Pourtant, pendant longtemps, la bicyclette était la petite reine de nos campagnes, bien plus que celle des villes. Et aujourd’hui, les territoires ruraux, où 80 % des trajets sont effectués en voiture, disposent d’un fort potentiel cyclable. Partout sur le territoire, miser sur les mobilités douces pourrait entraîner de nombreux bienfaits. Une étude montre ainsi que la généralisation du vélo permettrait d’éviter 19 000 décès d’ici à 2035.

Le vélo était omniprésent dans les villages jusque dans les années 1970. Pxhere, CC BY

La réalité diverse du vélo à la campagne, derrière les clichés de grands sportifs ou de néo-ruraux militants

Alice Peycheraud, Université Lumière Lyon 2

Jadis omniprésent dans la ruralité, le vélo hors la ville a du mal à s’implanter dans nos imaginaires. Qui sont donc les cyclistes des routes de campagne ? Pas seulement des sportifs ou des néo-ruraux montre une nouvelle recherche, qui pointe également le fort potentiel cyclable de nos campagnes.


Mais qui sont donc les cyclistes s’aventurant sur les routes de campagne ? Les forçats du Tour de France, évidemment ! Et les touristes, de plus en plus nombreux à sillonner les véloroutes. Ces images s’imposent instantanément. Mais lorsque l’on pense aux déplacements du quotidien, l’imaginaire se grippe.

Y a-t-il seulement des cyclistes « de tous les jours » dans le rural, en dehors de stakhanovistes de la petite reine ou de militants convaincus ?

Une pratique rurale longtemps en perte de vitesse

Pédaler dans les territoires ruraux n’est certes pas une évidence. Le vélo était pourtant omniprésent dans les villages jusque dans les années 1970. Depuis, sa présence n’a fait que s’étioler. S’il est difficile d’obtenir des données aussi précises que pour les métropoles, les chiffres généraux sur la fréquentation vélo tendent à montrer que la dynamique peine à s’inverser.

Alors qu’en ville, le vélo, pratique et rapide, représente un avantage comparatif vis-à-vis de la voiture, les contraintes rencontrées dans les territoires ruraux semblent barrer la voie à la bicyclette.

Le territoire y est en effet organisé par et pour la voiture : non seulement les ruraux parcourent au quotidien des distances deux fois plus importantes qu’en ville, mais les routes comme l’urbanisme des bourgs sont pensés pour l’automobile. De fait, 80 % des déplacements s’y effectuent en voiture.

Les ruraux sont ainsi pris en étau par un modèle fondé sur l’automobile, à la fois préjudiciable écologiquement et excluant socialement, mais nécessaire pour pouvoir habiter ces territoires.

Près de la moitié des trajets font moins de 5 km

Pourtant, il existe un potentiel cyclable dans le rural, où près de la moitié des trajets concernent des distances de moins de 5 km. De fait, les observations et la soixantaine d’entretiens menés dans trois territoires ruraux, le Puy-de-Dôme, la Saône-et-Loire et l’Ardèche, dans le cadre de ma thèse de géographie, montrent qu’il y a bel et bien des cyclistes dans le rural, utilisant leur vélo pour aller au travail, faire les courses ou tout autre activité du quotidien.

Croisés sur les marchés, dans les cafés ou dans des associations pro-vélo, les profils rencontrés sont variés : autant d’hommes que de femmes, des retraités, des cadres comme des employés. Se pencher sur leurs pratiques et sur leurs engagements, c’est aussi s’intéresser à la complexité des territoires ruraux qu’ils parcourent et aux nouvelles façons d’habiter ces espaces, au-delà des images d’Épinal.


Visuel d'illustration de la newsletter Ici la Terre représentant la planète Terre sur un fond bleu.

Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».

Abonnez-vous dès aujourd’hui.


Au-delà des seuls sportifs, des manières de rendre le vélo envisageable pour le plus grand nombre

L’émergence du vélo électrique (dont le nom complet demeure « vélo à assistance électrique », dit VAE) a grandement contribué à rendre les déplacements cyclistes envisageables par le plus grand nombre, tempérant les distances et les reliefs parfois prononcés. Dans des espaces ruraux souvent concernés par le vieillissement de la population, le déploiement de cette technologie n’a rien d’anodin. Le vélo électrique est d’ailleurs particulièrement valorisé par les retraités actifs.

Fabrice (65 ans, retraité, Saône-et-Loire) a ainsi fait coïncider son passage à la retraite avec l’achat d’un vélo électrique et repris une pratique cycliste abandonnée depuis l’adolescence. Le vélo électrique, en modulant les efforts, permet aussi à un public plus jeune d’effectuer plus régulièrement des trajets jugés exigeants. Cet outil ne peut toutefois pas porter à lui seul l’espoir d’un développement du vélo dans le rural. D’abord, parce qu’il reste coûteux ; ensuite, parce qu’il faut le penser en regard du contexte de pratique.

La sécurité et le manque d’aménagement sont souvent les premiers arguments opposés à la pratique du vélo à la campagne.

De fait, certaines routes départementales s’avèrent inhospitalières pour la plupart des cyclistes. Pourtant limiter le rural à ce réseau de « grandes routes » serait oblitérer sa richesse en routes secondaires et en chemins agricoles. Ceux-ci représentent un vivier d’alternatives, ne nécessitant pas toujours d’aménagement supplémentaire, si ce n’est un effort de jalonnement et d’information de la part des collectivités.

Cela peut passer par l’indication d’un itinéraire conseillé par un panneau, ou par une carte des itinéraires, parfois assortie des temps estimés pour les trajets, comme cela a été fait dans le Clunisois. La connaissance des itinéraires alternatifs permet d’envisager le rural au-delà du seul prisme automobile.

Les cyclistes valorisent d’ailleurs le sentiment de découverte lié à cette façon différente de s’approprier leur territoire.

Se déplacer à vélo dans le rural, ce n’est pas que faire de longues distances

Au gré des stratégies mises en place par chaque cycliste, différentes stratégies se dessinent. Une part des cyclistes, souvent des hommes jeunes ayant une pratique sportive par ailleurs, affrontent de longues distances et les routes passantes sans trop d’appréhension. Mais la majorité des cyclistes rencontrés, dont les profils sont variés, roule en utilisant le réseau secondaire, évitant les situations anxiogènes, sur des distances plus courtes. Ce sont ces pratiques qui gagnent le plus à être accompagnées par des politiques publiques.

Le vélo de Jeanne, septuagénaire, attaché sans trop de précaution devant un café du bourg auvergnat où elle réside depuis toujours
Le vélo de Jeanne, septuagénaire, attaché sans trop de précaution devant un café du bourg auvergnat où elle réside depuis toujours. Peycheraud, 2022, Fourni par l’auteur

Enfin, une dernière partie des enquêtés cantonne sa pratique du vélo aux centres-bourgs, n’investissant quasiment jamais l’espace interurbain. Les petites centralités constituent un maillage essentiel de l’espace rural, polarisant les services de proximité. Se déploient en leur sein de nombreux déplacements, facilement effectués à vélo. Or, ces mobilités cyclistes, loin d’être rares, sont parfois banalisées par les cyclistes eux-mêmes.

Pourtant, elles participent à nourrir les sociabilités locales particulièrement valorisées par les habitants de ces territoires. Jeanne, septuagénaire et secrétaire de mairie à la retraite, rencontrée dans un petit bourg auvergnat, expliquait ainsi qu’elle habitait là « depuis toujours », se déplaçant invariablement à vélo, et que tout le monde la connaissait ainsi. Si le fait de pouvoir s’arrêter et discuter est le propre des déplacements cyclistes en général, dans les espaces ruraux, cela nourrit également un idéal de « vie villageoise ».

Pédaler dans le rural, c’est donc aussi investir la proximité, tant spatiale que sociale.

Choisir le vélo contre la voiture… mais aussi par plaisir

La mobilité ne se définit pas seulement par ses dimensions matérielles et fonctionnelles : elle est toujours porteuse de sens et de valeurs. Dans les discours, trois justifications reviennent très régulièrement pour expliquer le choix du vélo : il est économique, écologique et bon pour la santé. Pour Madeleine (60 ans, fonctionnaire territoriale, Puy-de-Dôme),

« C’est le côté économique, et aussi écologique. Je regarde les deux. Je n’ai pas plus de priorités sur l’un ou sur l’autre. »

Nathanaël (42 ans, ouvrier intérimaire, Puy-de-Dôme) explique que « vendredi, je suis venu avec le vélo. C’est qu’en faire, me permet de ne plus avoir mal au genou ». Certes ces raisons se retrouvent aussi chez les cyclistes urbains. Toutefois, dans le rural, elles s’expriment tout particulièrement en référence à l’omniprésence de la voiture et à son poids dans les modes de vie.

Prendre le vélo, c’est aussi faire le choix d’échapper à la norme automobile, chère et polluante, dominante dans ces territoires. Néanmoins, rares sont les cyclistes ruraux à ne pas avoir de voiture, souvent perçue comme une nécessité. Le vélo doit ainsi trouver sa place dans des organisations quotidiennes plus ou moins remaniées. Pour certains, le vélo n’est qu’une mobilité adjuvante, seulement utilisé lorsque les conditions sont jugées favorables : une météo clémente, un temps disponible suffisant… D’autres engagent une réflexion plus radicale sur leur mode de vie, choisissant de « ralentir » et de réduire le nombre de leurs déplacements pour les effectuer essentiellement en vélo.

Limiter les raisons de faire du vélo à ces justifications rationalisées serait toutefois oublier que le plaisir constitue une motivation centrale.

On roule aussi et surtout pour soi. Bien sûr, cette dimension affective du vélo n’est pas l’apanage des ruraux. Néanmoins, l’environnement rural colore tout particulièrement la pratique : la relation à la nature et aux paysages est largement plébiscitée par les cyclistes rencontrés. L’une évoquera les biches croisées de bon matin, l’autre le plaisir de passer par des chemins habituellement réservés aux vététistes. Le vélo du quotidien dans le rural incarne parfaitement la porosité grandissante entre les loisirs et les activités « utilitaires » qui caractérise la société contemporaine.

Le vélo à la campagne n’est pas qu’une pratique importée de la ville

Si certains territoires continuent de perdre des habitants, le rural a globalement renoué avec l’attractivité résidentielle. Il serait tentant de voir dans cette dynamique démographique le vecteur de développement du vélo du quotidien dans le rural. Des néo-ruraux fraîchement arrivés importeraient ainsi leurs habitudes acquises en ville, où l’on assiste à un retour des déplacements cyclistes. Ce type de profil existe, mais n’épuise pas la diversité des trajectoires des cyclistes rencontrés. Quelques nuances méritent ainsi d’être évoquées.

D’une part, jusque dans les années 1990, on pratiquait davantage le vélo dans les territoires ruraux qu’en ville. Certains cyclistes, la cinquantaine passée et ayant toujours habité le rural, ont ainsi connu une pratique ininterrompue tout au long de leur vie et roulent parfois encore avec des vélos dotés eux-mêmes d’une certaine longévité (photo 2).

Yann, 71 ans, vient faire réparer son vieux Peugeot, lors d’un atelier de réparation itinérant. Peycheraud, 2022, Fourni par l’auteur

D’autre part, les parcours des cyclistes croisés amènent à considérer la complexité des liens qui s’établissent entre pratiques urbaines et rurales du vélo. Les trajectoires résidentielles ne sont pas linéaires et se composent souvent d’allers-retours entre ville et campagne, ce qui colore la pratique.

Mariette, retraitée de 65 ans, a par exemple grandi et appris à pédaler dans un village de Saône-et-Loire. L’acquisition d’une voiture lui fait arrêter le vélo. Elle ne le reprendra que vingt ans plus tard, arrivée à Grenoble, motivée par la dynamique cyclable de la ville. À la retraite, elle retourne dans son village d’enfance mais continue le vélo, électrique cette fois, poussée par la rencontre avec d’autres cyclistes locaux.

Souvent le passage en ville, les socialisations qui s’y jouent, marquent un jalon pour la pratique du quotidien. Mais il s’inscrit dans un ensemble d’autres temps d’apprentissage et de rencontres. Le prisme du vélo permet donc d’insister sur les circulations qui s’établissent entre urbain et rural, plutôt que sur leur opposition tranchée.

Il existe de multiples façons de se déplacer à vélo dans le rural, des plus banalisées aux plus engagées, en fonction des stratégies et des motivations de chacun. Elles s’inscrivent toutefois dans une organisation globale de la ruralité et des mobilités qui la constituent. L’accompagnement de ces pratiques repose donc sur la prise en compte de leur diversité, ainsi que sur une réflexion collective des transitions possibles et souhaitables dans ces territoires.

Alice Peycheraud, Doctorante en géographie, Université Lumière Lyon 2

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Vélo ou voiture électrique ? Comment nos choix de mobilité impacteront la santé publique

Léo Moutet, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM); Aurélien Bigo, École polytechnique; Kévin Jean, Université Paris Dauphine – PSL; Laura Temime, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et Philippe Quirion, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

La mise en œuvre de politiques publiques encourageant le recours aux modes de transport actifs (marche, vélo) plutôt qu’à la voiture améliore la santé de la population non seulement directement, mais aussi indirectement, en réduisant l’utilisation de combustibles fossiles, la pollution sonore et la pollution de l’air. De nouveaux travaux chiffrent ces bénéfices, en s’appuyant sur les quatre scénarios Transition(s) 2050 de l’Agence pour la transition écologique (ADEME).


Le secteur des transports, qui représente un tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France, joue un rôle crucial dans la transition écologique qui doit impérativement être mise en place pour tenir compte des enjeux climatiques.

Parmi les solutions permettant de « décarboner » les transports, autrement dit de limiter le recours aux énergies fossiles, les transports actifs, qui incluent notamment la marche et le vélo (classique et électrique), se distinguent par leurs bénéfices pour la santé.

Ces modes de transport contribuent en effet non seulement à améliorer la qualité de l’air et à diminuer les émissions de CO2, mais aussi à favoriser l’activité physique régulière. D’un point de vue individuel, une personne qui remplace pour un déplacement quotidien la voiture par le vélo pendant 200 jours peut réduire ses émissions de CO2 de 0,5 tonne par an, tout en bénéficiant de nombreux effets positifs pour sa santé.

Nous avons évalué l’impact sur la santé des quatre scénarios de transition proposés par l’Agence pour la transition écologique (ADEME).

Cinq leviers pour diminuer les émissions dans les transports

En 2021, l’Agence pour la transition écologique (ADEME) a présenté les résultats du projet Transition(s) 2050, qui explore quatre scénarios pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 en France métropolitaine :

  • S1 (« Génération frugale ») ;
  • S2 (« Coopérations territoriales ») ;
  • S3 (« Technologies vertes ») ;
  • S4 (« Pari réparateur »).

Chaque scénario repose sur des choix sociétaux distincts, illustrant différentes trajectoires possibles vers une société décarbonée. Tous décrivent l’évolution des principaux facteurs influençant la consommation d’énergie et de matériaux, notamment la demande en transports, qui inclut les modes actifs. Ces estimations prennent également en compte les distances parcourues à pied pour accéder aux transports publics.

En parallèle, un scénario tendanciel prolonge les tendances de société actuelles sans atteindre l’objectif de neutralité carbone (scénario BAU, pour « Business As Usual »).

Dans cet exercice de prospective, cinq leviers sont utilisés pour diminuer les émissions dans les transports (diminuer la demande de transport, se reporter vers des modes moins émetteurs, augmenter l’occupation des véhicules, augmenter l’efficacité énergétique et décarboner la production énergétique), chaque scénario activant les différents leviers afin de satisfaire la demande de transport de la population d’ici 2050.

Là où S1 et S2 misent davantage sur les leviers de sobriété via la diminution de la demande, le report modal et une meilleure occupation des véhicules, S3 et S4 reposent principalement sur les leviers technologiques d’efficacité énergétique et de décarbonation de la production énergétique.

Dans notre étude, nous avons modélisé les effets sur la santé du transport actif en France dans le cadre des scénarios Transition(s) 2050, en nous basant sur la méthode de l’évaluation quantitative d’impact sanitaire.

Une amélioration de la santé

En tenant compte de la répartition actuelle des transports actifs par groupe d’âge, nous avons estimé les bénéfices pour la santé, tels que le nombre de décès évités et les années de vie gagnées par la population.

Les évolutions de la demande de transport actif entre 2021 et 2050 montrent des tendances distinctes selon les scénarios explorés. En 2015, les modes actifs en France généraient en moyenne et par personne 80 minutes d’activité physique modérée par semaine.

Si l’on suit le scénario S2, ces niveaux atteignent 150 minutes hebdomadaires à partir de 2035, soit l’équivalent des recommandations minimales de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l’activité physique. Le scénario S1 y parvient quant à lui seulement 15 ans plus tard, en 2050.

En revanche, le scénario S3 reste insuffisant pour atteindre ces objectifs. Les scénarios S4 et tendanciel (« business as usual », autrement dit sans changement par rapport aux tendances actuelles) prévoient des évolutions limitées des transports actifs. Ces résultats, différenciés par groupe d’âge, illustrent des trajectoires inégales pour promouvoir l’activité physique en France.

Figure 1. Durée (moyenne pour les 20-89 ans) de l’activité physique générée par les transports actifs en 2035 et 2050 comparés aux niveaux français de 2015 (tous estimés par les scénarios de transition de l’ADEME) et aux directives de l’OMS pour l’activité physique modérée.

Selon l’ampleur du report modal, les impacts sanitaires projetés, quel que soit l’âge, varient considérablement et s’amplifient avec le temps. Dès 2035, on peut attendre 19 000 décès évités si l’on suit le scénario S2. À l’inverse, si le scénario S4 est choisi, chaque année 2 000 décès supplémentaires (attribués à une diminution des déplacements à pied) pourraient être enregistrés par rapport au scénario tendanciel.

Ces indicateurs sanitaires peuvent être traduits en espérance de vie de la population : dans ces deux cas S2 et S4, elle pourrait alors respectivement augmenter de 3 mois ou diminuer de 0,2 mois.

Figure 2. Décès évités ((a) et (b)), gain d’espérance de vie ((c) et (d)) et coûts évités ((e) et (f)) d’ici 2035 ((a), (c), (e)) et 2050 ((b), (d), (f)).

Un rapport bénéfice-risque largement positif

Pour évaluer correctement les conséquences sur la santé du report modal, il est crucial de considérer certains facteurs supplémentaires, comme l’exposition à la pollution de l’air et les risques de blessures routières (pour les cyclistes notamment).

Dans notre étude, ces impacts sont considérés – indirectement – dans le calcul, car celui-ci est basé sur la mortalité « toutes causes confondues ».

On sait en outre grâce à diverses études que les bénéfices absolus de l’activité physique générée par les transports actifs l’emportent effectivement largement sur les effets négatifs liés à l’exposition à la pollution ou aux accidents de la route lors de la pratique.

Ainsi, de manière générale, l’exposition à la pollution de l’air des usagers de transport en commun et des cyclistes tend à être plus faible que celle des automobilistes, tandis que celle des piétons est la plus faible.

En ce qui concerne les accidents de vélo, il est attendu qu’ils diminuent avec l’augmentation des usages, un phénomène appelé la « sécurité par le nombre ».

Des avantages indirects

Au-delà des bénéfices sanitaires directs, l’augmentation du report modal dans les centres urbains contribuerait aussi à réduire la pollution sonore, améliorant ainsi la qualité du sommeil des habitants.

Par ailleurs, consacrer davantage d’espaces aux infrastructures cyclables, notamment en limitant l’espace dédié à la voiture, et générer du report vers les mobilités actives permet aussi d’optimiser l’utilisation de l’espace public.

Enfin, l’activité physique améliore également la qualité et les performances au travail, renforçant ainsi le bien-être des employés et leur productivité.

Des objectifs atteignables

Dans tous les scénarios étudiés, la majorité des bénéfices sanitaires sont issus d’une augmentation significative de la mobilité à vélo, en particulier grâce à l’essor des vélos électriques.

Le scénario le plus optimiste envisage que chaque Français parcourt 20 kilomètres à vélo et 7 kilomètres à pied par semaine en moyenne en 2050, soit environ 20 minutes d’activité physique modérée (marche et/ou vélo) par jour, contre 11 minutes en 2015. Bien que cette progression soit notable par rapport aux niveaux observés avant 2020, elle demeure en deçà de ce que l’on constate dans d’autres pays européens.

Ainsi, aux Pays-Bas, les transports actifs représentent déjà entre 24 et 28 minutes par jour ; plus de 50 % des trajets de moins de 2 kilomètres y sont effectués à vélo. En France, seulement 5 % de la population utilise un vélo pour des trajets de moins de 5 kilomètres, tandis que 60 % choisissent la voiture.

Si l’on suit la trajectoire actuelle de la feuille de route gouvernementale (Stratégie nationale Bas-Carbone), l’activité physique issue des pratiques cyclables permettrait de prévenir environ 5 000 décès sur l’année 2030 (par rapport aux niveaux observés en 2019).

Cependant, atteindre, en 2030, les niveaux de vélo contemporains de nos homologues danois ou néerlandais permettrait respectivement de doubler et quadrupler ces bénéfices.

Ces chiffres mettent en évidence le potentiel d’amélioration dans notre pays, et confirment que les niveaux projetés dans les scénarios S1 et S2 sont tout à fait réalisables.

L’évolution des pratiques cyclable pourrait donc être plus ambitieuse, comme le montre l’analyse des données de fréquentation cyclable dans certaines villes.

Encourager les transports actifs : par où commencer ?

Parmi les leviers dont on sait qu’ils sont efficaces pour encourager les transports actifs figure l’amélioration des aménagements urbains. Améliorer l’accessibilité et procurer des infrastructures sécurisées favorise en effet ces modes de déplacement.

En outre, lorsque des infrastructures adaptées existent, le coût important de la voiture incite les usagers à l’abandonner au profit de la marche ou du vélo.

Les bénéfices sanitaires liés à l’usage du vélo sont considérables et peuvent aussi encourager les décideurs à mettre en place des politiques publiques pour favoriser sa pratique. Voire, convaincre la population de s’y convertir…

Malheureusement, alors que le gouvernement avait promis en 2023 un plan vélo ambitieux à 2 milliards d’euros, qui présentait une attention particulière aux zones rurales et périurbaines, celui-ci semble avoir disparu du budget 2025.

Les collectivités qui s’étaient engagées dans des politiques cyclables pourraient voir disparaître un levier financier indispensable. Si les mesures essentielles à la transition vers une société plus résiliente s’en trouvaient vulnérabilisées, cela aurait des conséquences pour l’environnement comme pour la santé…

Léo Moutet, Doctorant en sécurité sanitaire, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM); Aurélien Bigo, Chercheur sur la transition énergétique des transports – chaire Énergie et Prospérité – Institut Louis Bachelier, École normale supérieure, Ensae ParisTech, École polytechnique; Kévin Jean, Professeur junior en Santé et Changements Globaux, Université Paris Dauphine – PSL; Laura Temime, Professor, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et Philippe Quirion, Directeur de recherche, économie, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Vous aimerez aussi

Coq Vert, une communauté de dirigeants convaincus de la nécessité d’agir et engagés dans la transition écologique et énergétique

Le Coq Vert est une communauté de dirigeants convaincus de la nécessité d’agir et déjà engagés dans la transition écologique et énergétique. Lancée par Bpifrance, en partenariat avec l’ADEME et le ministère de la Transition écologique, cette Communauté a vocation à favoriser le partage d’expertise entre entrepreneurs engagés.

Communauté du Coq Vert : les chiffres clés

Climat a trouvé patrons militants

La communauté du Coq Vert regroupe des entreprises engagées dans la transition écologique et énergétique. Une communauté pour entraîner, réunir d’une part des éclaireurs et d’autre part des entrepreneurs convaincus de la nécessité d’agir, ayant déjà entamé leur transition, et cherchant à être informés et accompagnés par leurs pairs.

Elle fédère et fait résonner les communautés locales d’entrepreneurs engagés en faveur de la transition écologique.

Le Coq Vert – Manifeste

Devenir un patron militant

  • Continuez votre transition en étant accompagné par un réseau d’acteurs engagés ​
  • Optez pour une Communauté active et présente sur tout le territoire ​
  • Questionnez les enjeux environnementaux et approfondissez vos connaissances ​
  • Valorisez vos actions et inspirez d’autres entrepreneurs ​
  • Echangez avec des spécialistes lors de webinaires et d’événements dédiés.​
  • Rencontrez des acteurs engagés lors d’événements locaux et nationaux ​
  • Trouvez des solutions pour accélérer votre transition énergétique et écologique 

S’engager, ensemble

Intégrer la communauté du Coq Vert, c’est bénéficier de contenus et de ressources inédites pour accélérer la transition de votre entreprise et participer à des événements, entre pairs, afin de s’engager tous ensemble pour le climat.

  • Une bibliothèque de ressources​
  • Des événements locaux et nationaux ​
  • Un groupe LinkedIn réservé aux membres pour échanger​
  • Du contenu de formation en partenariat avec les Mines ParisTech ​
  • Des webinaires 

Des éclaireurs pour montrer la voie

Les éclaireurs sont les membres exemplaires de la Communauté du Coq Vert qui ont déjà engagé leur transition. Ils participent activement à la diffusion des valeurs de la Communauté dans leurs environnements.​

Écouter les patrons militants

Des dirigeants engagés pour le climat. Retrouvez des témoignages de dirigeants de PME/ ETI ou d’experts sur les sujets brûlants de l’actualité pour les entreprises, avec les podcasts proposés par Bpifrance Université.

Devenir membre de la Communauté du Coq Vert

Pour rejoindre la communauté il faut être une entreprise engagée dans la transition écologique et remplir une des conditions suivantes :

  • Suivre un programme de transformation énergétique ou écologique ayant bénéficié au cours des 3 dernières années :
    • d’un soutien de l’ADEME : aide financière ou formation 
    • ou d’un d’un soutien Bpifrance : Diag Éco-Flux, Diag Écoconception, Diag Décarbon’action, Accélérateur Transition Énergétique ou un autre accélérateur sur le sujet de la transition énergétique et écologique, Prêt Vert, VTE Vert ou tout autre module d’accompagnement ou de financement dédié à la transition écologique 
    • ou d’un label reconnu parmi ceux recensés sur le site de l’ADEME (les labels régionaux non listés sont également étudiés) 
  • Être un producteur d’énergies renouvelables – celles-ci devant représenter plus de la moitié des énergies produites 
  • Développer ou fournir des solutions technologiques, industrielles ou organisationnelles aux entreprises en matière de transition écologique 

ET ayant fait l’objet d’une étude et validation de dossier par Bpifrance et l’ADEME.

24 chargés de coordination et tout le réseau de Bpifrance en régions sont mobilisés pour accompagner les entreprises engagées sur l’ensemble du territoire et mettre en œuvre le Plan Climat. Lancé par Bpifrance et la Banque des Territoires, ce plan doté de 40 Md€ vise simultanément les projets de transition verte des entreprises et des acteurs publics des territoires.

Attention : Afin de proposer des animations et contenus pertinents ne sont pas intégrés dans la communauté de structure du type : conseil, financement ou investissement, formation, labellisation, lobbying, ONG ou club d’entreprises. 

Les bons gestes simples à adopter pour protéger la biodiversité

Dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité, et en collaboration avec le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, l’Office français de la biodiversité souhaite sensibiliser les Français à l’importance de préserver la biodiversité, tout en leur donnant des clés pour agir, avec quelques gestes simples à adopter sur terre comme sur mer.

Le film

Humains, plantes, animaux, micro-organismes, nous faisons tous partie du grand réseau du vivant ! La biodiversité c’est la vie sous toutes ses formes.

La biodiversité est partout : dans les lacs, les océans, dans les campagnes et les villes, les montagnes, jusque dans nos corps.

Sources : 1 La liste rouge mondiale des espèces menacées; 2 Communiqué de presse: Le dangereux déclin de la nature : Un taux d’extinction des espèces « sans précédent » et qui s’accélère, “https://www.ipbes.net/news/Media-Release-Global-Assessment; 3 Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, Plan biodiversité 2018

C’est la diversité du vivant et des relations qui s’y tissent qui créent les conditions de notre vie sur terre. Or la biodiversité décline à un rythme sans précédent et les activités humaines en sont la cause. Les extinctions d’espèces s’accélèrent. Les milieux se dégradent. Sans cette richesse, l’humain aussi est menacé. Nous mettons à mal nos propres moyens de subsistance, notre qualité de vie et même nos modèles économiques.

La bonne nouvelle c’est qu’en tant que membre de cette grande famille du vivant, nous faisons partie de la solution ! Chacun à notre échelle nous pouvons agir pour sauvegarder la biodiversité.

La consultation citoyenne

Une consultation citoyenne s’est déroulée du 25 juin au 22 septembre 2024 sur biodiversite.make.org, où les citoyens ont été invités à faire des propositions, afin de construire ensemble un plan d’actions concrètes pour préserver la biodiversité avec un impact décisif et durable sur l’ensemble du territoire. Découvrez aujourd’hui les résultats !

Agir collectivement pour protéger la biodiversité et donc nous protéger. La biodiversité, c’est la vie ! 

La biodiversité représente toutes les formes de vie et l’ensemble des interactions qui s’établissent entre elles. Elle est donc fondamentale pour notre bien-être, la survie des espèces, la santé et la stabilité de notre planète. Production d’oxygène, écosystèmes qui régulent notre climat, pollinisation des cultures, ressources naturelles… Elle fournit des ressources indispensables à la vie quotidienne.

Nous faisons partie de la biodiversité et nous dépendons d’elle. Il n’y a pas de vie possible sur Terre pour les humains sans biodiversité. Or, elle est menacée par les activités humaines. 

On a tous un rôle à jouer

Citoyens, État, collectivités ou entreprises, chacun peut agir pour préserver la biodiversité.

17 gestes simples à adopter sur terre et sur mer

Les 43 gestes citoyens du quotidien

Évaluer son impact et prendre de nouvelles habitudes

Mon impact biodiversité

Mon impact forêt

Participer et s’engager

J’agis pour la nature

Observer, connaître pour agir

Je fais des sciences participatives

J’apprends à protéger

Mon application Espèces

L’État, les collectivités et des entreprises s’engagent

Stratégie nationale biodiversité

Territoires engagés pour la nature

Entreprises engagées pour la nature

Qu’est-ce que la biodiversité ?

La biodiversité est fondamentale. Elle crée les conditions indispensables pour rendre la Terre habitable pour les humains.

L’oxygène que nous respirons est produit par les océans et par la photosynthèse opérée par les organismes végétaux. Notre eau, notre alimentation, nos vêtements, notre santé, nos maisons, tout ce que nous touchons vient de la biodiversité ou en est dépendant.

Par exemple, la biodiversité est la clé de notre eau potable. Les végétaux, les champignons et les micro-organismes contribuent à purifier l’eau qui s’infiltre dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques, en dégradant les pollutions organiques et en piégeant les métaux lourds. Ce sont aussi des bactéries ou des plantes qui nettoient nos eaux usées dans les stations d’épuration.

La préservation de la biodiversité apporte d’innombrables bénéfices : éviter de nouvelles épidémies, lutter contre les aléas climatiques, trouver de nouveaux médicaments, collecter des matériaux pour se loger, se nourrir… ou simplement se ressourcer dans la nature.

> Plus de vidéos
> La biodiversité, c’est la vie

Les menaces sur la biodiversité :

EXPLOR’AE des projets de recherche en rupture et à haut risque, en agriculture, alimentation et environnement

Le programme France 2030 « Accélération de la recherche à risque en Agriculture, Alimentation et Environnement » EXPLOR’AE offre un cadre inédit pour soutenir des projets de recherche sortant des sentiers battus dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement. Il cible des projets de « recherche en rupture et à haut risque », c’est-à-dire des investigations originales fondées sur des hypothèses audacieuses dont l’étude est associée à de réelles incertitudes et la possibilité assumée d’échec. En cas de réussite, il est escompté que les résultats obtenus débouchent sur des ruptures scientifiques et technologiques et engendrent des innovations importantes susceptibles de transformer un ou plusieurs secteurs économique, politique ou social.

Ce programme s’adresse à l’ensemble de la communauté scientifique nationale et vise à encourager la prise de risque pour générer les connaissances de demain.

Son appel à la créativité est une réponse à un contexte où les systèmes agricole et alimentaire sont confrontés à des enjeux majeurs de production et de compétitivité.

Les projets soutenus sont au cœur des défis climatique, sanitaire, énergétique et environnemental.

Financé par France 20301 et piloté par INRAE, EXPLOR’AE est doté d’un budget de 20 millions d’euros pour sa phase de mise en route qui a débuté au printemps 2024.

Les 3 piliers d’EXPLOR’AE

  • Le pilier acculturation sensibilise la communauté scientifique aux principes de la rupture en recherche. Cela passe notamment par des activités de veille scientifique, l’organisation d’ateliers de formation « prendre le risque de la rupture en recherche » et des temps d’échanges mensuels proposés par l’équipe du programme : les cafés EXPLOR’AE.
  • Le pilier exploration vise à soutenir l’exploration hors des sentiers battus d’idées (max. 150 000 €, 18 mois) s’inscrivant dans une recherche disciplinaire ou interdisciplinaire et ne nécessitant pas de données préliminaires, avec un potentiel d’impact à long terme. En invitant à la soumission au fil de l’eau, le pilier exploration s’affranchit du concept de date limite pour privilégier la maturation des idées.
  • Le pilier transformation soutient les projets de recherche en rupture. Préalablement repérés en concertation avec les établissements partenaires du programme, ces projets se caractérisent par un potentiel d’impact clairement identifié qui sert de boussole pour leur conduite. Pouvant aller de la recherche fondamentale jusqu’à la mise à l’essai de prototypes, les projets transformation (de grande envergure et nécessairement interdisciplinaires, 1 à 2 millions € sur 3-4 ans) doivent ouvrir sur de nouvelles orientations scientifiques et technologiques, susceptibles de bouleverser un domaine ou de créer de nouvelles opportunités.

  1. Le programme EXPLOR’AE piloté par INRAE bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’Agence nationale de la recherche au titre de France 2030 portant la référence « ANR-24-RRII-0003 ». Chiffres clés des projets financés (avril 2025) :
    39 idées exploration
    5 projets transformation
    15,5M€ engagés ↩︎

128 cas avérés de “désinformation climatique” par les principales chaînes de télévision et de radio françaises depuis le début de l’année 2025

128 cas de “désinformation climatique” recensés sur les 18 principales chaînes de télévision et de radio françaises depuis le début de l’année 2025. C’est la conclusion d’un rapport publié par QuotaClimat, Data for good et Science Feedback, sur la base des données traitées par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie. Grâce à l’intelligence artificielle, ces associations ont relevé les occurrences d’affirmations “non étayées”, “scientifiquement contredites”, “manipulatrices par omission” ou encore “fondées sur des théories invalidées” dans les médias de l’audiovisuel.

Nous observons un boom inquiétant de la désinformation climatique dans le monde

Cette note est portée par un collectif d’ONGs (QuotaClimat, Data for good et Science Feedback), sur la base des données traitées par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie visant à identifier les contenus environnementaux dans les médias audiovisuels.

Ces travaux sont menés conjointement dans le cadre de la démarche internationale de détection automatisée de la désinformation climatique “Climate Safeguards et l’analyse de la désinformation climatique par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie.

Evolution (en %) de la part du temps d’information dédié aux problématiques environnementales

Les résultats sont extraits via une approche préliminaire d’Intelligence Artificielle, puis validés à la main1.

Data For Good

Rediriger la technologie au service de l’intérêt général

Ainsi, avec 10 cas avérés par semaine, ce rapport révèle que la majeure partie des médias traditionnels, surtout privés mais aussi publics, sont susceptibles de produire de la désinformation climatique avec, en tête du classement, SudRadio et CNEWS qui concentrent plus de la moitié des cas recensés à eux seuls.

128 CAS DE DÉSINFORMATION CLIMATIQUE avérés sont détectés sur la période analysée

Deux sujets sont particulièrement ciblés : les énergies renouvelables et les véhicules électriques.

Comment les médias traitent-ils les enjeux environnementaux ?

Le 6ème rapport du GIEC l’affirme : « Les médias jouent un rôle crucial dans la formation des perceptions, de la compréhension et de la volonté du public à agir vis-à-vis du changement climatique » (page 2516).

L’Observatoire des médias sur l’écologie, partie prenante du rapport, rappelle que sur la période étudiée, seuls 2% du temps d’antenne des médias ciblés étaient consacrés à l’écologie.

Pour les auteurs du rapport “cette faible couverture, combinée au volume de la désinformation, accroît la vulnérabilité des audiences face aux tentatives de manipulation de la science du climat”. Le rapport invite alors à une “prise de conscience du grand public, afin de développer un regard critique sur l’information consommée”.

Des informations exactes sont le fondement d’une démocratie qui fonctionne.

Science Feedback trie les faits de la fiction dans la couverture médiatique de la science.
Son objectif est d’aider les lecteurs à savoir à quelles informations se fier.

  1. Ils ne reflètent donc pas encore la qualité des modèles et des méthodologies en cours de développement.
    La démarche consolidée et les résultats définitifs sur le périmètre français, publiés par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie et appuyée par Science Feedback, seront disponibles au dernier trimestre 2025. ↩︎

Désinformation climatique : le rapport

Comparaison entre les chaînes d’information : prévalence de certaines chaînes privées

Défossiliser l’industrie chimique : 10 propositions pour passer du carbone fossile au carbone renouvelable

Comment défossiliser l’industrie chimique ? C’est-à-dire comment la libérer des énergies fossiles ? Les nouvelles propositions politiques de l’Initiative pour un Carbone Renouvelable (RCI) s’appuient sur un avenir basé sur le carbone renouvelable, pour faciliter la transition du carbone fossile au carbone renouvelable issu de la biomasse, du CO2 et du recyclage en Europe.

L’industrie chimique européenne, pierre angulaire de l’industrie manufacturière avec un impact économique significatif et un catalyseur clé pour de nombreuses autres industries, est à la croisée des chemins. Le secteur est confronté à une crise aiguë due à la concurrence mondiale, à l’augmentation des coûts de l’énergie et aux contraintes réglementaires.

Autrefois leader en matière de brevets et de production, l’Europe est aujourd’hui distancée par la Chine et les États-Unis, ce qui témoigne d’une baisse de compétitivité.

Accélérer la transition du carbone fossile au carbone renouvelable

La forte dépendance du secteur à l’égard des combustibles fossiles pour les matières premières (plus de 90 %) exacerbe ses difficultés, créant des dépendances et limitant le contrôle de son empreinte carbone à un moment où l‘Europe est confrontée à la nécessité d’une transition verte pour assurer sa prospérité et sa compétitivité à long terme. En conséquence, il y a des signes évidents de désindustrialisation en cours dans l’industrie chimique de l’UE.

Combler le déficit de mise en œuvre des solutions en matière de carbone renouvelable en Europe, Source: Renewable Carbon Initiative/nova-Institut GmbH

Au milieu de ces défis se trouve une opportunité : Défossiliser le secteur chimique européen en passant à des sources de carbone renouvelables telles que la biomasse, le captage et l’utilisation du carbone (CCU) et le recyclage.

Ce changement n’est pas seulement une nécessité environnementale, mais un mouvement stratégique pour renforcer la compétitivité industrielle de l’Europe et sa résilience sur le marché mondial. Toutefois, les progrès sont entravés par des obstacles réglementaires, la lenteur de l’expansion des énergies renouvelables, la demande insuffisante de produits durables et l’adoption limitée des nouvelles technologies.

Pour lever ces obstacles, la Renewable Carbon Initiative (RCI) a publié un rapport complet présentant dix propositions politiques destinées à accélérer la transition vers le carbone renouvelable dans les matières premières et les matériaux. Élaborées en collaboration avec des experts du nova-Institute et des membres de la RCI, ces propositions visent à combler le fossé entre l’innovation et la mise en œuvre à grande échelle.

Les produits du secteur des produits chimiques et des matériaux dérivés dans notre vie quotidienne

Une vision de la défossilisation :
Stimuler le changement par des politiques ciblées

La défossilisation de l’industrie chimique européenne nécessite non seulement un engagement clair, mais aussi un cadre politique concret qui soutienne, oriente et encourage la transition vers le carbone renouvelable.

Au cœur de cette vision se trouve un engagement global en faveur de la défossilisation – un accord de haut niveau qui jette les bases sur lesquelles toutes les futures politiques européennes pourront s’appuyer.

Afin de créer une demande concrète du marché pour des produits durables à base de carbone renouvelable, il convient de fixer des objectifs obligatoires pour l’utilisation du carbone renouvelable dans les produits chimiques et les matériaux.

Cet objectif peut être atteint soit par une nouvelle réglementation, soit par l’adaptation de réglementations existantes telles que le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), le règlement sur la fin de vie des véhicules (ELVR) ou le règlement sur l’écoconception des produits durables (ESPR), ainsi que par une adaptation du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) ou d’un système européen alternatif d’échange de quotas d’émission de carbone (CUTS).

Pour que la transition vers le carbone renouvelable devienne une réalité, la politique de l’UE doit en outre permettre un accès durable aux matières premières du carbone renouvelable tout en garantissant la compétitivité au niveau mondial et sectoriel.

Pour y parvenir, les propositions politiques de la RCI comprennent des suggestions concrètes pour faciliter l’accès à davantage de déchets en tant que matières premières, garantir l’accès local à la biomasse issue de l’agriculture, de la sylviculture et de la capture du carbone, montrer la voie en matière de commerce international de matières premières de carbone renouvelable, équilibrer la réglementation entre les utilisations énergétiques et matérielles afin de maximiser les synergies et accélérer la disponibilité d’une énergie renouvelable abordable, par exemple en créant des conditions favorables à l’alignement sur les objectifs de défossilisation.

Comment un pacte combinant un engagement contraignant en matière de défossilisation et un soutien à un accès bon marché à l’électricité renouvelable facilite une production compétitive de produits chimiques et de plastiques renouvelables.

Combler le déficit de mise en œuvre pour libérer l’innovation

La transition vers le carbone renouvelable n’est pas seulement une question de durabilité environnementale ; il s’agit d’assurer l’avenir industriel de l’Europe et de maintenir sa compétitivité mondiale dans un monde en mutation rapide.

En faisant œuvre de pionnier dans le domaine des technologies liées au carbone renouvelable, l’UE peut dégager des avantages économiques et libérer son potentiel d’innovation tout en faisant progresser ses ambitions en matière de neutralité climatique.

S’attaquer à la défossilisation et soutenir la transition vers le carbone renouvelable fournira un cadre global et fiable pour la transformation du secteur des produits chimiques et des matériaux – en particulier en comblant le fossé de mise en œuvre entre l’innovation et la production à grande échelle.

« Pour faire évoluer l’économie vers la production propre et la circularité, l’UE doit développer des marchés et des politiques de premier plan pour récompenser les acteurs précoces.»

Compas de compétitivité de l’UE

Les 10 propositions politiques du RCI s’inscrivent dans cette perspective en relevant les principaux défis et en apportant des solutions concrètes.

Aperçu des mesures politiques visant à permettre une transition globale vers le carbone renouvelable

10 propositions pour passer du carbone fossile au carbone renouvelable

  • 1. Engagement global en faveur de la défossilisation : Conclure un accord de haut niveau sur la défossilisation de l’industrie chimique, qui servira de base aux politiques futures.
  • 2. Objectifs en matière de carbone renouvelable : Introduire des objectifs obligatoires pour l’utilisation de carbone renouvelable dans les produits chimiques et les matériaux.
  • 3. Adaptation au SCEQE et au MACF : Permettre au système d’échange de quotas d’émission de l’UE de faciliter la transition vers le carbone renouvelable, en mettant l’accent sur le captage et l’utilisation du carbone (CCU).
  • 4. Déchets comme matière première : Mettre en œuvre un cadre européen harmonisé pour maximiser l’utilisation des flux de déchets comme matière première.
  • 5. Accès local au carbone renouvelable : Promouvoir l’utilisation de la biomasse disponible localement et du carbone capté comme matières premières renouvelables.
  • 6. Commerce international du carbone renouvelable : Établir des règles commerciales équitables, transparentes et durables pour les importations de carbone renouvelable.
  • 7. Équilibrer le cadre réglementaire entre l’énergie et les matériaux utilisant du carbone renouvelable, et favoriser les synergies entre les secteurs.
  • 8. Soutien financier : Mettre en place des mécanismes complets de soutien financier pour faciliter la transition vers le carbone renouvelable.
  • 9. Pacte sur les énergies renouvelables et la défossilisation : Offrir aux entreprises un accès à une énergie renouvelable compétitive en échange d’engagements contraignants en matière de défossilisation.
  • 10. Système d’échange de quotas d’émission de carbone : Mettre en place un système européen d’échange de quotas d’émission de carbone (CUTS) pour favoriser la transition des sources de carbone fossiles vers les sources de carbone renouvelables.

À propos du rapport

Le rapport a été commandé par la Renewable Carbon Initiative (RCI) à nova-Institut. L’expert de nova-Institut a élaboré les dix propositions en étroite collaboration avec les membres de la RCI. Le rapport complet peut être téléchargé ici : https://renewable-carbon.eu/publications/product/rci-policy-proposals-for-facilitating-the-transition-to-renewable-carbon-pdf/

Les bureaux sont situés au nova-Institut für politische und ökologische Innovation GmbH, Leyboldstraße 16, DE-50354 Hürth (Allemagne)

« Futurhable » : pour un logement durablement habitable au service d’une croissance locale, sociale et environnementale

« Futurhable » est la stratégie de l’Association Foncière Logement pour accélérer la croissance de son parc de logements de qualité, au bénéfice des entreprises et des salariés. Plan Climat de l’Association, Futurhable est une stratégie ambitieuse pour un logement durablement habitable placée au service d’une croissance locale, sociale et environnementale. Porteuse d’objectifs précis et affichés, Futurhable est aussi une méthode collective et partenariale qui associe tous les acteurs de la construction (architectes, promoteurs, financeurs, administrateurs de biens, partenaires sociaux, élus et acteurs publics) pour partager les expertises, tirer les enseignements des expériences de chacun, et bâtir ensemble des perspectives concertées et réalistes.

UN OBJECTIF : LE DÉVELOPPEMENT D’UN PARC PLACÉ AU SERVICE DES ENJEUX SOCIAUX ET SOCIÉTAUX

Cécile Mazaud, Pascaline Fourgoux et Yanick Le Meur, respectivement Présidente, Vice-présidente et Directeur général de Foncière Logement, ont présenté « Futurhable », en présence de François Gemenne, auteur principal pour le 6ème rapport du GIEC. Futurhable s’inscrit pleinement dans la stratégie RSE du groupe Action Logement qui vise zéro émission nette d’ici 2040.

François Gemenne, auteur principal pour le 6ème rapport du GIEC, et Cécile Mazaud, Présidente de Foncière Logement lors de la présentation de Futurhable (Crédit : Zélie Noreda – Foncière Logement)

Cette stratégie ambitionne la croissance de 36 % du parc d’ici 2033 (pour atteindre 45 000 logements) accompagnée du réinvestissement de 19 600 logements existants (avec 100 % en classes A, B et C) pour diminuer les émissions de GES et l’intensité carbone de l’Association de 43 %. À terme, les 45 000 logements de 2033 auront donc un impact carbone moindre que les 36 500 de 2025. Proposée aux salariés du secteur privé à des prix maitrisés, à proximité des zones d’emploi et des bassins de vie, l’offre de logement de l’Association renforcera ainsi son engagement à faciliter le lien emploi-logement, à améliorer le cadre de vie de ses locataires et à répondre aux besoins des entreprises.

Futurhable est aussi un levier de renforcement de l’attractivité du patrimoine, donc un levier pour accentuer la mixité, tant dans les QPV que dans la résorption de l’habitat indigne (grâce à Dignéo), en répondant à l’attente de la clientèle de l’association qui cherche un habitat décarboné.

La présentation de Futurhable en vidéo (Crédit : Foncière Logement)

« Futurhable est une stratégie qui articule mieux la croissance de notre parc avec les enjeux de société. Elle permet, grâce à l’innovation, le développement du niveau environnemental de nos projets et le renforcement de la qualité de construction et d’usage de nos logements. Nous répondrons ainsi aux besoins des salariés, des entreprises, des élus et de la transition.« 

Cécile Mazaud, Présidente de Foncière Logement.

DES OUTILS POUR LA TRANSITION DES ACTIVITÉS DE FONCIÈRE LOGEMENT

Futurhable a pour objectif d’accroitre le parc de Foncière Logement tout en générant des économies pour le locataire, préservant ainsi son pouvoir d’achat grâce à une baisse forte du coût énergétique de 350 à 600 euros par an (selon la source d’énergie).

Pour cela, Futurhable offre des outils qui se matérialisent tant pour la construction neuve que la rénovation. Chaque projet est engagé selon un référentiel précis, grâce à plusieurs critères et indicateurs environnementaux (confort d’été, frugalité de la ressource en eau, sobriété foncière, préservation du biotope…). Les projets sont alors examinés puis certifiés par PRESTATERRE, un organisme accrédité COFRAC.

Le référentiel Futurhable de Foncière Logement (Crédit : Foncière Logement)

UNE MÉTHODE : LE COLLECTIF POUR FAVORISER L’INNOVATION

Futurhable, c’est une méthode collective et partenariale qui s’appuie sur l’expertise des différents partenaires de Foncière Logement. Elle correspond parfaitement à l’ADN de l’Association dans sa capacité à être un partenaire de confiance.

« C’est très important d’initier des démarches telles que Futurhable. Proposer des objectifs clairs, mesurables et partagés est la clé pour réussir la transition, et pour rassurer et embarquer l’ensemble des acteurs. Nous avons besoin de concret et de solide pour convaincre les financeurs et engager une dynamique« 

François Gemenne, auteur principal pour le 6ème rapport du GIEC
Les lauréats Futurhable (Crédits : Zélie Noreda – Foncière Logement)

« Le modèle de fonctionnement de notre Association, qui fait appel à l’externalisation, est un atout pour Futurhable. Nous voulons ainsi faire foisonner les expertises et décupler la capacité d’innovation pour placer le logement au service d’une croissance durable et sociale de tous les territoires »

Pascaline Fourgoux, Vice-présidente de Foncière Logement.

Pour souligner l’importance du travail collectif mené avec ses partenaires, Foncière Logement a souhaité récompenser trois équipes de projets remarquables, car s’inscrivant tant dans les objectifs que dans la méthode présentés.

  • Le premier projet s’inscrit dans le dispositif Digneo de Foncière Logement pour transformer une ancienne école dans un état dégradé en des logements de qualité et répondre au besoin de logement des salariés dans l’agglomération de Louviers, et a été remis à Anne Terlez, première adjointe au maire de Louviers, et Ludovic Charamon, architecte ;
  • Le deuxième a salué un programme créant la mixité sociale au cœur de La Courneuve, grâce à la qualité architecturale et environnementale des logements, et a été remis à Gilles Poux, maire de La Courneuve, Loïc Madeline, directeur général de Sogeprom, et Gaétan Engasser, architecte ;
  • Le dernier a distingué la mise en place d’infrastructures de recharge de véhicules électriques (IRVE) dans les résidences de Foncière Logement, et a été remis à Thierry Smadja, directeur général délégué du Groupe Evoriel-Lamy, et Xavier Fleurent, directeur général de Waat.

La nouvelle finance sera humaniste, fraternelle et engagée

Le kaori est un arbre des régions australes qui a compris que lorsque les conditions sont difficiles, seule la solidarité, avec une circulation équitable des ressources, permet de prospérer. Kaori est aujourd’hui le nom d’une association qui propose une vision alternative de la finance : humaniste, fraternelle et engagée. L’association d’épargnants Kaori a été créée à l’initiative du Secours Catholique – Caritas France pour des investissements éthiques qui conjuguent performances potentielles et esprit de fraternité.

La philosophie

Kaori revendique une nouvelle finance fraternelle, dans le prolongement de l’encyclique Laudato Si et du message du pape François. Investie sur des supports répondant aux exigences éthiques de Kaori, l’épargne contribue à transformer la société.

Les supports sont sélectionnés pour allier recherche de performance financière et d’exigences sociales, de gouvernance ou environnementales du comité éthique de Kaori.

Les produits

Les supports proposés par Kaori sont des Investissements Socialement Responsables (ISR), sélectionnés sur la base de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) très exigeants. Ils excluent les acteurs les plus polluants et financent ceux dont les pratiques sont les plus vertueuses, luttent contre le réchauffement climatique et privilégient l’utilité sociale des supports en unités de comptes du produit Kaori.vie.

Kaori veille à sélectionner des supports offrant les meilleures espérances de profit tout en profitant à la société tout entière.


A l’issue d’une analyse approfondie des critères financiers et extra-financiers de l’ensemble des supports d’investissements, le comité d’éthique de Kaori a fait le choix d’intégrer le fonds Ethibonds1, investi dans une sélection d’obligations (titres de dette) d’entreprises, libellées en euros, majoritairement émises par des grandes entreprises des pays de l’OCDE, et qui sont conservées jusqu’à leur échéance.

Si les fonds restent des investissements intrinsèquement risqués, celui-ci adopte cependant un positionnement relativement prudent.

Partageons les bénéfices d’un monde plus juste !

VÉRONIQUE FAYET – PRÉSIDENTE DE KAORI

Le processus d’investissement comprend l’intégration de critères extra-financiers conformes à la Doctrine Sociale de l’Église. Créé à l’initiative d’une congrégation religieuse en juin 2024, Ethibonds a ainsi pour point fort de suivre les Repères éthiques pour la gestion des Biens d’Église définis en 2017 par la Conférence des Évêques de France : 

  • 1) Le respect des droits de l’homme, de la vie, et la promotion de la paix 
  • 2) Le respect des droits fondamentaux du travail 
  • 3) Le développement du progrès social et de l’emploi 
  • 4) La préservation de l’environnement 
  • 5) Le respect des règles de fonctionnement du marché 
  • 6) Le respect des règles de bonne gouvernance.

Ses investissements sont l’objet d’un suivi par un Comité trimestriel tripartite2. Les frais de gestion d’Ethibonds restent contenus, s’établissant à 0,86 % des sommes placées chaque année. Le nombre de fonds, aussi appelés « unités de compte », sélectionnés dans le contrat d’assurance-vie passe ainsi de 25 à 26.


Votre argent travaille conformément à vos valeurs

Kaori.vie vous permet de contrôler la destination de votre épargne. C’est à vous de déterminer :

  • Votre profil de risque : équilibré ou dynamique.
  • Les orientations souhaitées de vos investissements :

Les racines

A l’origine, Kaori est le nom d’un conifère qui pousse en Nouvelle-Zélande. Cet arbre a la particularité de partager ses racines avec ses congénères afin de créer un réseau souterrain de solidarité permettant aux arbres les plus solides de venir en aide aux plus vulnérables.

L’eau et les nutriments sont ainsi mis en commun et distribués selon les besoins.

Le Kaori de Nouvelle-Zélande incarne parfaitement les valeurs de fraternité et d’enrichissement mutuel que défend l’association éponyme. C’est donc tout naturellement que l’association d’épargnants lui a emprunté son nom.

La défense de l’intérêt commun

En sa qualité d’association d’épargnants, Kaori a pour objectif de proposer des contrats de groupe souscrits auprès d’assureurs partenaires.

Totalement indépendante des assureurs, l’association négocie les conditions tarifaires afin d’obtenir les coûts les plus justes. L’épargnant peut ainsi accéder à des contrats compétitifs avec la certitude que ses intérêts financiers sont défendus.

Cette offre est ouverte à tous : il suffit d’adhérer à l’association en s’acquittant d’une cotisation annuelle de 20 euros.

La distribution

Les placements Kaori sont commercialisés par un courtier associatif, reconnu pour sa vision éthique, solidaire et son indépendance vis à vis des assureurs et des banques :

La transparence

Les supports choisis par Kaori sont régulièrement examinés pour contrôler le respect des critères éthiques et financiers. Si un support n’est plus conforme à ces critères, Kaori en informera ses adhérents et l’exclura de sa sélection. Cette méthodologie est transparente, innovante et évolutive. Elle vous est présentée ici.

De plus, afin de permettre aux membres de l’association d’influer sur les critères de sélection des supports, leurs vœux sont régulièrement recueillis. Chaque épargnant peut ainsi faire entendre ses attentes en matière de gestion extra-financière et orienter la sélection des unités de compte.

  1. Fonds géré par Dubly Transatlantique Gestion (filiale de la Banque Transatlantique et de Crédit Mutuel Asset Management) ↩︎
  2. investisseurs catholiques, gérant, cabinet de conseil Amadeis, également prestataire de Kaori, chargé de la mise-en-œuvre de l’approche extra-financière ↩︎

La diversité fantôme des espèces végétales révèle l’impact mondial des activités humaines sur l’érosion de la biodiversité

Une étude publiée dans la revue Nature, menée par l’Université de Tartu (Estonie) et impliquant plus de 200 scientifiques à travers le monde, dont plusieurs chercheurs français du CNRS, met en lumière l’effet majeur des activités humaines sur l’érosion de la biodiversité végétale. L’analyse simultanée de la diversité observée et de la diversité qui, au vu de ses caractéristiques, devrait être présente, révèle que de nombreuses espèces de plantes natives sont absentes de leurs habitats naturels, notamment dans les régions les plus impactées par l’activité humaine. 

En résumé

  • La « diversité fantôme » désigne les espèces qui pourraient naturellement occuper un environnement en raison de leurs besoins écologiques, mais qui en sont absentes pour des raisons historiques.
  • Une équipe de chercheurs internationale a analysé le potentiel de la diversité végétale de plus de 5 000 sites dans le monde, en mesurant la part de diversité réellement présente, révélant l’impact inapparent des activités humaines sur la végétation.
  • Dans les régions fortement affectées par les activités humaines, les écosystèmes ne contiennent que 20 % des espèces qui pourraient s’y établir, contre 35 % dans les régions les moins impactées, un écart causé par la fragmentation des habitats, favorisant la part de la diversité fantôme.
Estimation de la diversité fantôme et les paramètres de la biodiversité qui y sont associés dans les communautés écologiques.
a, Les données comprenaient un site d’étude local où certaines espèces étaient présentes, mais de nombreuses espèces échantillonnées ailleurs dans la région étaient absentes. Pour estimer la probabilité qu’une espèce qui s’absente au site mais présente dans la région appartient à la diversité sombre du site, nous avons utilisé des informations sur les co-occurrences d’espèces sur d’autres sites de la région. b, Nous avons calculé une matrice indicatrice dans laquelle chacune des espèces présentes indiquait l’adéquation écologique de chaque espèce absente pour le site d’étude. Nous avons comparé le nombre de co-événements observés avec le nombre de co-occurrences attendues au hasard (selon la distribution hypergéométrique) et normalisé la différence en utilisant l’écart type par rapport à la distribution hypergéométrique. c, En moyenne pour toutes les espèces observées, chaque espèce absente a été affectée d’une probabilité d’appartenance à la diversité sombre pour le site d’étude. Par conséquent, la diversité sombre était un ensemble flou auquel les espèces appartenaient à des degrés divers. d, plusieurs paramètres de la biodiversité ont été caractérisés pour chaque site dans la région. La diversité alpha était le nombre d’espèces enregistrées sur le site, et la diversité gamma était le nombre total d’espèces enregistrées dans une région. La taille de la diversité sombre a été estimée comme la somme des probabilités d’espèces absentes appartenant à la diversité sombre du site d’étude. L’alpha et la diversité sombre formaient ensemble le pool d’espèces spécifiques au site, et la diversité gamma ne tombant pas dans cette catégorie a été considérée comme la partie inadaptée de la diversité gamma, c’est-à-dire appartenant aux réservoirs d’espèces d’autres sites. Nous avons étudié le pourcentage du réservoir d’espèces qui était présent dans la diversité alpha (complétude de la communauté) et le renouvellement des pools d’espèces dans la région, exprimé en pourcentage de la diversité gamma qui était impropre au site de l’étude (diversité bêta).

Les espèces végétales fantômes

La végétation naturelle est souvent dépourvue de nombreuses espèces qui pourraient y être présentes, en particulier dans les régions fortement touchées par les activités humaines. Une nouvelle étude coordonnée par des chercheurs de l’Université de Tartu (Estonie) et impliquant plus de 200 scientifiques du réseau de recherche DarkDivNet, dont des chercheurs français du CNRS, des universités PSL, Claude Bernard-Lyon 1, de Toulouse et de Bordeaux, a mis en lumière ce phénomène. 

Pour réaliser cette étude, l’ensemble des espèces végétales de près de 5 500 sites répartis dans 119 régions du monde ont été recensées. Grâce à ce travail, les chercheurs ont identifié la « diversité fantôme » (dark diversity1), c’est-à-dire les espèces natives susceptibles de vivre sur ces sites, mais qui en sont actuellement absentes. Cette approche permet d’évaluer le potentiel de la diversité végétale, et de mesurer la proportion de celle qui est réellement présente, soulignant l’impact inapparent des activités humaines sur la végétation.

Diversité des plantes dans la végétation naturelle en fonction des effets de l’homme dans les régions environnantes.
a, Relation entre l’exhaustivité de la communauté dans la végétation naturelle et l’indice d’empreinte humaine dans la zone environnante, défini par un rayon de 300 km. La ligne de prédiction d’un modèle de régression linéaire multiple est représentée avec les intervalles de confiance à 95 %. Notez que les valeurs d’exhaustivité de la communauté sur l’axe y sont rétro-transformées à partir de l’échelle logit. Les tonalités symboles indiquent la couverture forestière (0-100%). La valeur de R 2 du modèle et la valeur P à deux queues de la relation sont indiquées; n x 116 régions. La répartition de l’exhaustivité de la communauté est montrée dans l’histogramme à droite (médiane, 25 %). b, gauche, résumés types reliant l’exhaustivité de la communauté à l’indice d’empreinte humaine et à ses composantes à toutes les échelles spatiales. L’influence humaine a été en moyenne sur différentes échelles spatiales autour des régions de l’étude (radii 10 km, 50 km, 100 km, 200 km, 300 km et 400 km), et les modèles respectifs ont été comparés à l’aide du critère d’information d’Akaike (AIC). Les symboles remplis indiquent des relations significatives (P – 0,05), et le grand symbole indique l’ensemble des meilleurs modèles significatifs (AIC 2). À droite, à partir du meilleur modèle (à l’échelle la plus petite à laquelle l’indice d’empreinte humaine ou l’un de ses composants est représenté sous la forme d’un coefficient normalisé (point) avec un intervalle de confiance à 95 % (IC; ligne); n x 116 régions. Les symboles remplis et les lignes d’intervalle de confiance au caractère gras indiquent des effets significatifs. c, Carte des régions d’échantillonnage, avec l’exhaustivité de la communauté indiquée par la taille des symboles et la carte sous-jacente montrant la variation globale de l’indice d’empreinte humaine 34 (la valeur la plus élevée à l’intérieur de chaque maille de l’ordre de 0,25 x 0,25o). L’encart montre une partie de l’Europe contenant un grand nombre de régions d’étude. Les triangles indiquent des régions dans lesquelles seules des essences ligneuses ont été échantillonnées. Les symboles des tonalités indiquent le pourcentage de forêts dans les régions.

Dans les régions fortement affectées par la présence humaine, les écosystèmes ne contiennent que 20 % des espèces qui peuvent s’y établir. Les mesures classiques de la biodiversité, comme le simple comptage d’espèces, ne détectent pas cette différence, en raison des variations naturelles qui masquent l’ampleur des conséquences anthropiques. Celles-ci peuvent être mesurées à l’aide de l’indice d’empreinte humaine, incluant la densité des populations, l’usage urbain ou agricole des terres, ainsi que les infrastructures routières et ferroviaires. 

Répartition des 119 régions de l’étude DarkDivNet par rapport à la température annuelle moyenne et aux précipitations annuelles.
Les lignes indiquent les plages situées dans un rayon de 100 km. Les biomes larges approximatifs sont représentés. Les triangles indiquent des régions dans lesquelles seules des essences ligneuses ont été échantillonnées.

L’équipe de scientifiques révèle que la diversité d’un site se retrouve négativement influencée par cet indice et la plupart de ses composantes, dans une zone pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres. Ce constat alarme sur l’étendue des conséquences des activités humaines, plus importantes qu’on ne le pensait, affectant même les aires protégées. 

La pollution, l’exploitation forestière, les déchets, le piétinement et les incendies d’origine anthropique peuvent exclure certaines plantes de leurs habitats.  Cependant, l’impact humain est moins prononcé lorsqu’au moins un tiers de la région environnante est naturelle, soutenant ainsi l’objectif mondial de protection de 30 % des terres de la planète.

Richesse végétale en fonction de l’empreinte humaine, sur fond de carte des sites étudiés dans le projet DarkDivNet.

Cette étude dévoile l’importance de préserver les écosystèmes au-delà des aires protégées. Le concept de diversité fantôme offre aux défenseurs de l’environnement un outil précieux pour identifier les espèces absentes pourtant adaptées à un milieu, et suivre ainsi les bienfaits de la restauration des écosystèmes.

Référence de la publication 

Pärtel, M., Tamme, R., Carmona, C. P., Riibak, K., Moora, M., Bennett, J. A., Chiarucci, A., Chytrý, M., Francesco, D. B., Eriksson, O., Harrison, S., Lewis, R. J., Moles, A. T., Öpik, M., Price, J. N., Amputu, V., Askarizadeh, D., Atashgahi, Z., Aubin, I.,. . . Zobel, M. (2025). Global impoverishment of natural vegetation revealed by dark diversity. Nature. Publié le 2 avril 2025. 

Laboratoires CNRS impliqués 

  • Centre de Recherche sur la biodiversité et l’Environnement (CRBE – CNRS/IRD/Univ. Toulouse III – Paul Sabatier/Toulouse INP)
  • Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux (EPOC, Bordeaux INP/CNRS/Univ. Bordeaux)
  • Laboratoire d’Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés (LEHNA – CNRS / ENTPE / Université Claude Bernard)
  1. Le terme dark diversity se réfère à celui de dark matter, ou matière noire en français, qui est une matière hypothétique dont les scientifiques soupçonnent la présence dans l’Univers mais qui reste indétectable à ce jour. ↩︎

Le climat entre nos mains – Modèles climatiques

0

« Le climat entre nos mains – Modèles climatiques » est le nouveau manuel publié par l’Office for Climate Education. Conçu pour les enseignants de lycée, ce guide pédagogique propose une approche claire, rigoureuse et active pour faire découvrir aux élèves ce que sont les modèles climatiques, comment ils fonctionnent, et pourquoi ils sont essentiels pour comprendre et anticiper les effets du changement climatique.

LES CONCEPTS DÉVELOPPÉS DANS CE MANUEL

Avis d’expert

Le manuel s’appuie sur une pédagogie d’investigation et de projet, combinant jeux de rôle, expériences, activités numériques et animations multimédias. Il vise à développer la pensée systémique, l’analyse critique et la capacité d’action des élèves, tout en intégrant les dimensions émotionnelles et sociales du sujet.

Il permet aussi d’aborder les notions parfois floues de scénario, modèle ou projection, et offre des cas concrets, comme l’étude des îlots de chaleur urbains, pour ancrer les apprentissages dans le réel.

Un outil complet, gratuit et testé en classe, au service d’une éducation au climat ambitieuse !

L’ORGANISATION DES ACTIVITÉS

L’Office for Climate Education (OCE) a publié Le Climat entre Nos Mains – Modèles Climatiques, un manuel conçu spécialement pour les enseignants du lycée. Ce manuel fournit aux enseignants les outils et ressources nécessaires pour aborder les modèles climatiques et leur rôle clé dans la compréhension du changement climatique. Il intègre une large gamme d’activités, telles que des jeux de rôle, des expériences, des exercices de modélisation, une activité basée sur une animation multimédia et des analyses documentaires. Chaque activité est accompagnée d’un éclairage scientifique et pédagogique, garantissant ainsi que les enseignants disposent des connaissances et compétences nécessaires pour guider leurs élèves dans l’exploration des concepts climatiques complexes.

L’un des objectifs clé de ce guide est de répondre à un défi éducatif majeur : encourager une pensée systémique chez les élèves. Il les invite à comprendre les interconnexions entre les différents systèmes terrestres, tels que l’océan, la biosphère et l’atmosphère. En tenant compte du temps, de l’espace et du contexte, les élèves analysent comment ces éléments interagissent à l’intérieur et entre ces systèmes. Ce travail leur permet d’approfondir les connaissances acquises au collège sur le climat et de développer des compétences clés grâce à l’utilisation des pédagogies actives et de la démarche d’investigation. Le guide met également l’accent sur le développement de la pensée critique, essentielle pour analyser et relever les défis complexes posés par le changement climatique. Par ailleurs, il prend en compte l’impact émotionnel du changement climatique en proposant des activités de prospective, permettant aux élèves d’imaginer et de créer des scénarios futurs.

LES COMPOSANTES DU SYSTÈME CLIMATIQUE

Comprendre les modèles climatiques

Les modèles climatiques sont des outils indispensables en science du climat. Ils permettent de simuler et d’analyser les interactions entre les différentes composantes des systèmes terrestres, comme l’atmosphère, les océans et les calottes glaciaires, sur différentes échelles de temps. Ces modèles sont essentiels pour prévoir les évolutions climatiques futures en étudiant des variables telles que les concentrations de gaz à effet de serre, les variations de température et les tendances des précipitations.

Sources : 2023, Ministère de la Transition Énergétique. Adapté de : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-
climat-2023/pdf/chiffres-cles-du-climat-2023.pdf, page 19.

Le guide propose des explications accessibles sur les différents types de modèles, qu’ils soient numériques ou analogiques, ainsi que sur leur utilité pour produire des projections climatiques. Par exemple, l’animation multimédia sur l’effet des îlots de chaleur urbains repose sur des données scientifiques réelles et des scénarios du GIEC. Les différentes projections de température obtenues sont fournies par des climatologues utilisant de véritables modèles climatiques ! Cependant, l’utilisation des modèles est progressive et adaptée aux élèves du secondaire. Le manuel clarifie également la distinction entre un modèle et une projection, une notion souvent source de confusion pour les élèves. Adoptant une approche axée sur les solutions, il montre comment les modèles climatiques peuvent être mobilisés pour élaborer des stratégies efficaces d’adaptation aux défis climatiques futurs.

Objectifs pédagogiques principaux

En utilisant le manuel Les Modèles Climatiques, vos élèves acquerront plusieurs compétences essentielles, notamment :

  • Compréhension des modèles climatiques : découvrir ce que sont les modèles climatiques et leur rôle dans la prévision de phénomènes comme le changement climatique et les événements extrêmes.
  • Élaboration de scénarios : développer et analyser des projections futures basées sur différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre, et comprendre les implications de ces trajectoires sur notre avenir climatique.
  • Distinction entre scénario et projection, une différence fondamentale.
  • Études de cas : analyser l’impact du changement climatique sur les villes à travers une animation multimédia illustrant le phénomène des îlots de chaleur urbains.
Changement climatique – îlots de chaleur urbains
  • Atténuation vs adaptation : différencier les stratégies d’atténuation du changement climatique et les stratégies d’adaptation, à différentes échelles.
  • Action concrète et locale : comprendre que chacun, y compris les élèves, peut agir et avoir un impact.
  • Analyse de données réelles : interpréter des données et projections issues de sources reconnues, comme le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et les recherches menées dans le cadre du projet ESM2025, afin de mieux appréhender les défis climatiques à venir.
  • Se projeter positivement dans un monde en mutation, en élaborant des récits prospectifs.

Un manuel développé dans le cadre du projet ESM2025

Le Manuel Modèles Climatiques s’inscrit dans le cadre du projet ESM2025, une initiative financée par l’Union européenne visant à faire progresser la nouvelle génération de modèles de systèmes terrestres (Earth System Models, ESM). Coordonné par le Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM) de Météo-France, ESM2025 rassemble plusieurs des principaux instituts de recherche européens pour affiner les projections climatiques et soutenir l’élaboration de stratégies solides d’adaptation et d’atténuation du changement climatique à travers l’Europe.

L’Office for Climate Education est chargé du volet outreach du projet ESM2025, veillant à ce que les avancées scientifiques les plus récentes, notamment en matière de modélisation, soient transformées en supports pédagogiques accessibles et adaptés aux enseignants.

Manuel à destination des enseignants du lycée