L’eau douce est la plus précieuse richesse de notre planète, mais aussi la plus convoitée et la plus menacée. Elle est à l’origine de toute vie sur Terre et a le pouvoir de former les paysages les plus spectaculaires : gorges, canyons, glaciers, chutes, deltas, fleuves…
Le Guide Vert des Stations de Montagne
Où en est le développement durable en station de montagne ?
C’est à cette question que l’association Mountain
Riders a souhaité répondre en publiant son premier Guide Vert des stations de sports d’hiver.
Tri sélectif, traitement des eaux usées, transports collectifs, chauffe eau solaire, chaufferie au bois … autant d’alternatives environnementales qui
commencent à voir le jour dans nos montagnes.
C’est pour encourager les professionnels, les élus et informer le grand public, que le Guide de Vert de Mountain Riders répertorie les actions novatrices de 45 stations alpines et pyrénéennes. On y apprend notamment comment se rendre en station sans sa voiture, si votre station préférée organise le tri ou développe les énergies renouvelables …
Indispensable pour choisir sa station cet hiver !
Prix : 2 €. Plus d’info ou commande sur www.mountain-riders.org
Laurent Burget, du pôle environnement de l’association précise : «L’objectif de ce guide est d’encourager les professionnels et les élus et d’informer le grand public, pour une pratique des loisirs plus en accord avec notre environnement».
Une démarche de concertation :
S’appuyant sur une enquête réalisée cet été auprès de 80 grandes stations des Alpes et des Pyrénées, le Guide répertorie les 45 stations qui y ont répondu. Mairies, remontées mécaniques et offices de tourisme de chaque station se sont vues interrogées sur leurs équipements et leurs actions concernant 23 critères environnementaux :
– Transport : station piétonne, incitation au covoiturage, accès facile, carburants verts.
– Déchets : tri, déchetterie, journée de ramassage des déchets sur les pistes, tri en interne, cendrier de poche.
– Eau : assainissement, boues, système de réduction de la consommation d’eau, toilettes sèches.
– Sensibilisation à l’environnement : certification ISO14001, panneaux de prévention sur les pistes, école, événement, prévention environnement, information au tri.
– Énergie : systèmes à basse conso, énergie solaire ou chauffe eau solaire, dynamo ou mico-centrale, chaufferie au bois.
C’est pour encourager les professionnels, les élus et informer le grand public, que le Guide Vert de Mountain Riders répertorie les actions novatrices de ces 45 stations alpines et pyrénéennes. On y apprend notamment comment se rendre en station sans sa voiture, si votre station préférée organise le tri ou développe les énergies renouvelables… Indispensable pour choisir sa station cet hiver !
Laurent Burget, du pôle environnement de l’association précise : «L’objectif de ce guide est d’encourager les professionnels et les élus et d’informer le grand public, pour une pratique des loisirs plus en accord avec notre environnement. Nous souhaitons que chaque année plus de stations nous fassent part de leur actions en faveur de l’environnement pour que nous puissions communiquer sur ces actions pour informer les vacanciers et inciter les professionels à continuer dans cette voie là ».
Un Pool de partenaires
Toutes les données récoltées ont été vérifiées et recoupées par les partenaires à la fois publics : ADEME et Agences de l’Eau, privés : Lyonnaise des eaux et indépendants : associations locales de citoyens.
Ce guide voit le jour grâce au soutien financier de : La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, l’ADEME, l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, La Fondation Somfy, La Lyonnaise des eaux…
Le sport au service de l’action humanitaire
En 2006, Jean Galfione, champion olympique de saut à la perche, Vincent Ohl, photographe, et Alain Trouvé, professeur d’arts martiaux, ont décidé de regrouper leurs forces et leurs compétences en fondant Athlètes du Monde. Depuis, l’association mène des actions pour les enfants et les femmes victimes de l’exploitation et de la violence dans le monde. Elle sensibilise le grand public et le monde sportif à l’enfance privée de droits pour mobiliser les opinions locales et internationales.
Gazéification de la biomasse : nouvelle avancée des chercheurs du CEA
Bientôt au large de l’Angleterre, la plus grande ferme éolienne du monde
Plus de de 340 moulins à vent, pouvant atteindre 100 mètres de haut, vont être érigés en pleine mer • De quoi produire chaque année environ 1% de l’électricité consommée en Grande-Bretagne •
Par Denis Delbecq
LIBERATION.FR : mercredi 20 décembre 2006
Voilà une ferme «aquatique» qui ne nourrirra personne mais éclairera plus d’une lanterne. La Grande-Bretagne a décidé de se doter de la plus grande installation éolienne au monde. Pas moins de 341 moulins à vent géants d’une hauteur de 85 mètres à 100 mètres, seront érigés en pleine mer au large des côtes sud-est de de l’Angleterre, face à l’estuaire de la Tamise.
Le projet «London array» devrait produire la consommation d’un quart de la population de Londres, dans une gamme de vents comprise entre 11 km/h et 90 km/h. Il permettra d’éviter chaque année «l’émission de presque deux millions de tonnes de dioxide de carbone», responsable du réchauffement climatique, a souligné le consortium London array, composé des groupes énergétiques EON et Shell ainsi que de l’équipementier Core. La ferme produira environ 1% de l’électricité consommée chaque année en Grande-Bretagne.
Face à l’urgence écologique, que ferez-vous ?
« La maison brûle et nous regardons ailleurs… », tel était le cri lancé par l’actuel président de la République au Sommet mondial du développement durable en 2002 à Johannesburg.
Chacun sait que les perspectives de ce siècle sont préoccupantes (changement climatique, perte de biodiversité, pollutions, insécurité sanitaire…). Aujourd’hui, les enjeux environnementaux rejoignent en importance les grands enjeux politiques, et ils interpellent nécessairement les politiques à tous les niveaux, du local à l’international.
Le Manifeste de l’Express pour préserver la Planète
LEXPRESS.fr a recueilli les propositions de ses invités et des internautes pour répondre à « l’urgence écologique ». Elles ont servi à composer un manifeste, que L’Express a soumis à la signature des principaux présidentiables.
Guide de l’engagement citoyen
La jeune Maison d’Edition Voie citoyenne a le plaisir de vous informer de la récente parution de son 1er ouvrage :
« Guide de l’engagement citoyen – 100 sites référencés pour construire un monde plus juste et plus humain »
Préface de Jean-Marie PELT
14.8 x 21 cm. 112 pages en bichromie –
Imprimé sur papier recyclé – 3ème trim. 2006
11,90 € TTC
Un ouvrage de référence qui facilite la découverte du monde citoyen grâce à :
– un parcours thématique exposant les grands enjeux actuels :
démocratie participative, énergies renouvelables, commerce équitable, information indépendante, solidarité internationale…
– des fiches pratiques présentant de façon synthétique les associations
Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire
Vous souhaitant d’agréables fêtes
Bien cordialement,
Frédérique Maury
Gérante
Voie citoyenne
8 allée des Peupliers
54130 St Max
06 74 49 27 51
Ideo, le premier magazine de l’éco-citoyen
10 propositions pour une économie solidaire
Citoyens, vivez solidaires
Investissez-vous dans toutes les initiatives soucieuses de l’Homme et de l’environnement. Faites appel au commerce équitable qui rémunère les producteurs à leur juste prix. Participez aux groupements de consommateurs et de producteurs et privilégiez ainsi les circuits courts du producteur au consommateur. Adressez-vous aux entreprises de services, de production, de recyclage (vêtements, électroménager, etc.) qui emploient de nombreuses personnes en risque d’exclusion ou des handicapés. Réconciliez l’acte de consommation avec le désir de solidarité. Donnez un sens solidaire à votre épargne. Donnez de votre temps à ceux qui en ont besoin.
Salariés, épargnez solidaire
Depuis 2001, vous pouvez confier une partie de votre rémunération à des fonds salariaux solidaires créés dans les grandes entreprises ou dans des groupements d’entreprises. Leur montant global a déjà doublé entre 2004 et 2005. Une fraction de ces fonds – 5 à 10% – est investie dans des entreprises solidaires, pourcentage sur lequel l’épargnant retrouve son capital initial mais renonce à ses intérêts. Cette capacité d’investissement solidaire pourrait atteindre 200 millions d’euros d’ici à cinq ans. Il est possible d’aller bien au-delà. A deux conditions : assurer sa promotion et améliorer la réglementation.
Étudiants, actifs, syndicalistes, militants associatifs, devenez entrepreneurs solidaires
Préparons les candidats à ces métiers difficiles en leur proposant des formations de qualité, en les accompagnant dans leur projet. Ce sont là des défis décisifs : point d’entreprises sans entrepreneurs qualifiés.
Collectivités publiques, achetez solidaire
La loi permet de faire exécuter une partie des marchés publics de l’État, des collectivités locales, des bailleurs sociaux par des entreprises solidaires. Mais ces clauses sociales sont souvent ignorées par manque de volonté politique mais aussi de compréhension mutuelle. Mettez en place des facilitateurs qui concilient les contraintes techniques des donneurs d’ordre et les capacités opérationnelles des entreprises solidaires du bâtiment, des travaux publics, de l’entretien des espaces verts, du nettoyage, de la surveillance, de la restauration…
Régions, contribuez au développement de l’économie solidaire
Fortes de votre double compétence en développement économique et en formation, appuyez les opérateurs qui orientent et accompagnent les porteurs de projets à travers les maquis administratif et financier. Facilitez le débat démocratique autour de leurs projets. Organisez l’allocation des aides régionales au démarrage du projet et les soutiens durables à leur mise en œuvre. Assurez une évaluation périodique des résultats obtenus. Veillez à consacrer 15% de votre budget d’action économique à l’économie sociale et solidaire en passant contrat de projet avec l’Etat et en travaillant étroitement avec les départements et les communes.
Départements, appuyez-vous sur l’économie solidaire pour employer les personnes en grande difficulté
Au-delà de l’impératif moral de leur redonner une place dans la société, tout démontre que le soutien à l’économie solidaire est un investissement rentable pour les finances publiques. En retrouvant un travail, ces personnes deviennent des producteurs de richesses et donc d’impôts et de cotisations sociales.
Financiers, prenez des risques sur l’économie solidaire
La Caisse des Dépôts en a la tradition et les banques mutualistes le font de longue date, parce que c’est conforme à leur vocation sociale et qu’elles y gagnent des clients stables. Les réseaux de finance solidaire, comme France Active, savent placer l’épargne solidaire dans des projets dont la viabilité a été expertisée et confortée. Le capital-risque solidaire n’en est qu’à ses débuts. Toutes les banques peuvent prouver qu’elles sont socialement responsables : l’inscription de leurs actions en ce sens dans leur rapport annuel influencerait leur notation.
Entreprises, coopérez avec l’économie solidaire
Les entreprises solidaires ne sont pas des concurrentes mais des partenaires qui peuvent donner du sens à votre engagement social et conforter votre ancrage territorial. Engagez avec elles toute forme de coopération par recours à leurs services et à leur personnel ou en passant des marchés de co-traitance et de sous-traitance. Encouragez et abondez la participation de vos salariés à l’épargne salariale solidaire. Tout ceci vaut particulièrement pour les entreprises de l’économie sociale qui peuvent nouer de fructueux partenariats avec l’économie solidaire.
Syndicats, impliquez-vous dans l’économie solidaire
Développez l’épargne salariale solidaire dans les entreprises. Sensibilisez les institutions représentatives des salariés (comités d’entreprise, etc.) aux initiatives de l’économie solidaire. Enfin, soyez novateurs pour que les salariés des entreprises solidaires aient les mêmes possibilités de représentation que ceux des entreprises classiques.
À l’État enfin de lancer un Plan en faveur de l’économie solidaire et de le respecter
Cette économie se développe par l’expérimentation, le bénévolat, et l’initiative locale. Mais, elle a aussi besoin de la solidarité nationale, ce qui la rend très vulnérable aux changements incessants des directives publiques. C’est pourquoi l’État doit définir un cadre juridique souple et stable, soutenir l’économie solidaire par des aides à la personne, par des co-financements des initiatives des Régions et des Départements, qui s’inscriraient très naturellement dans les contrats de projets pluriannuels en cours de négociation. Il doit aussi veiller à la pérennité et au développement de l’économie solidaire en se portant garant, à long terme, des financements qui lui sont destinés.
L’économie solidaire de proximité a l’ambition, non pas bien sûr de remplacer l’économie de marché, mais de s’attaquer aux problèmes des plus démunis et aux besoins individuels et collectifs délaissés par le marché et l’État. A travers cette solidarité active, nous voulons manifester notre résistance à la fatalité, et notre confiance dans le progrès social et la démocratie. Cette ambition vaut aussi pour l’Europe et pour le monde. L’Europe ne peut se construire sur les seules forces du marché. Elle aspire à plus de solidarité, avec des résultats jusqu’ici contrastés et fragiles. L’équilibre économique mondial est menacé s’il ne prend pas la voie de relations équitables et s’il ne se résout pas à ménager et à partager les ressources.
À nos concitoyens qui redoutent de perdre toute prise sur leur futur et sur l’avenir de leurs enfants, nous envoyons un message de confiance : l’économie solidaire est créatrice de nouveaux emplois et porteuse de grands espoirs.
Pour un New Deal écologique

Autobio, ça roule pour la Terre

Guide méthodologique de l’Agenda 21 scolaire
Le guide « De l’école au campus, agir en ensemble pour le développement durable – guide méthodologique de l’Agenda 21 scolaire » est sorti !
Conçu par le Comité 21 en coordination avec le groupe de pilotage de son programme « Education au développement durable » (une quarantaine d’organismes experts), ce guide s’adresse à la communauté éducative et aux acteurs de l’éducation au développement durable. L’ouvrage propose dans sa partie centrale une méthodologie pour conduire une démarche Agenda 21, de l’école au campus. Illustrée par de nombreux exemples et témoignages de jeunes, d’enseignants, de parents d’élèves, d’associations et de collectivités, elle fournit des ressources pour rendre ces démarches convaincantes et efficaces, à la fois pour l’établissement, pour le territoire et pour la planète. La méthodologie est complétée par une approche pédagogique des enjeux du développement durable et un panorama des Agenda 21 scolaires en Europe et des possibilités offertes aux jeunes pour contribuer activement à la protection de l’environnement et à la solidarité, du local à l’international.
Edition : Comité 21 – Co-diffusion avec le CRDP Académie de Paris – avec le soutien de l’ADEME et la Fondation Véolia Environnement. 104 pages – 16 euros
Le paradoxe du choix
Eco-ecole : un label international d’éducation à l’environnement
Une contribution à la généralisation de l’éducation à l’environnement dans les établissements scolaires
Télécharger la plaquette d’appel à projet national 2006
Télécharger la synthèse de l’évaluation de l’année pilote
Télécharger le dossier de participation
Programme international d’éducation à l’environnement, Eco-Ecole est un label décerné aux écoles élémentaires et aux établissements scolaires du secondaire qui se mobilisent pour l’environnement.
Dans les écoles et les établissements qui se portent volontaires, les élèves, les enseignants, la direction et les personnels travaillent successivement sur quatre thèmes prioritaires : l’eau, l’énergie, les déchets et l’alimentation, nouveau thème proposé depuis la rentrée 2006.
Dans le cadre des enseignements et en partenariat avec les élus locaux, des associations locales et des parents d’élèves notamment, ils mènent un diagnostic qui débouche sur des réalisations concrètes d’amélioration des bâtiments scolaires et de leur gestion.
La méthodologie en sept étapes favorise l’action sur l’environnement de proximité que constitue l’école ou l’établissement scolaire.
Les outils d’accompagnement (manuel Eco-Ecole) fournis par l’of-FEEE permettent aux acteurs et aux partenaires de l’école de se rassembler dans la démarche. Grâce aux liens faits avec le programme scolaire et des propositions d’activités, les enseignants intégrent l’éducation à l’environnement dans leurs cours.
Sensibilisation aux enjeux environnementaux et éducation à la citoyenneté sont donc au cœur de ce programme.
Paris 2011, la grande inondation

Il est temps de coopérer !

Aux arbres, citoyens !

REACH adopté par le Parlement européen
Mercredi 13 décembre 2006, à Strasbourg, les députés européens ont adopté le règlement REACH (enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques). Malgré leur volonté d’une législation plus poussée, les socialistes français ont signé ce texte qui ouvre la voie à l’élimination progressive des produits chimiques les plus dangereux. Mais, ils entendent bien s’assurer que les moyens financiers nécessaires soient déployés pour une application efficace du règlement européen.
Après quatre ans de débats houleux sur la législation sur les produits chimiques (REACH), les eurodéputés ont fini par se mettre d’accord. Ce texte prévoit la création d’une agence chargée d’enregistrer d’ici onze ans les 30 000 substances fabriquées et importées dans l’Union européenne, lorsque leur quantité dépasse une tonne par an. Des tests à l’enregistrement seront pratiqués pour déterminer leur dangerosité.
Mais si l’objectif est louable – éliminer les substances dangereuses pour la santé et l’environnement du marché – la législation reste trop frileuse sur certains points pour les socialistes français. « Nous avons voté en faveur de la position commune sur le règlement REACH par conscience politique », souligne Bernard Poignant, président de la délégation socialiste française au Parlement européen. Car « le rapport de sécurité chimique que l’entreprise doit remettre lors de l’enregistrement de sa substance n’est obligatoire que pour les substances produites à partir de 10 tonnes, alors que REACH couvre celles produites à partir de 1 tonne », expliquent les eurodéputés socialistes.
Ecolos cherchent intellos
Alors que l’environnement devient un enjeu central de la présidentielle grâce à Nicolas Hulot, les intellectuels français, eux, restent absents du débat. Pourquoi un tel silence ?
L’écologie, tout le monde en parle. Vous, moi, vos voisins, vos médias et même – si, si ! – vos politiques, depuis qu’un certain M. Hulot a mis les pieds dans le plat de la campagne présidentielle. En 1995, le sociologue Emmanuel Todd avait alerté sur la « fracture sociale » ; au tour de Nicolas Hulot de déclarer l’« urgence écologique » et de déclencher une avalanche verte : livres à la pelle, couvertures de magazines comme s’il en pleuvait, émissions télé et expos de sensibilisation – dont la dernière en date à La Villette, « Changer d’ère ». Mais bizarrement, les intellectuels restent assoupis, quasi absents du débat public dans un pays qui a pourtant fait de la pensée « engagée » un label maison. Hulot lui-même s’en désole. « Où sont-ils donc ? Pourquoi sommes-nous seuls à porter ce discours ? Du coup, on nous demande d’assumer toutes les missions : alerter, agir, théoriser et repenser le monde. Peut-être sommes-nous des crétins absolus mais qu’on nous le dise ! »
On a voulu partir à la recherche des intellectuels perdus. Un matin, au Press Club, à deux pas des Champs-Elysées. Naïvement, on s’était dit que ce jour-là ils y seraient, forcément. Nicolas Hulot et son comité de veille lançaient leur Pacte écologique, adossé à un livre de propositions concrètes et éminemment politiques. Il y avait là beaucoup de journalistes, des représentants d’ONG, un bon panel d’experts et de figures de l’écologie comme l’astrophysicien Hubert Reeves, l’agroécologue Pierre Rabhi ou le photographe Yann Arthus-Bertrand. Et puis, last but not least, une brochette artistico-people : Luc Besson, Mathieu Kassovitz, Pascal Obispo, Julien Clerc, Florent Pagny. Et puis ? Et puis rien. Tandis que, lyrique et efficace, Nicolas Hulot appelait à la tribune à redonner du sens au progrès, à inventer un nouvel humanisme, on s’est dit qu’il était bien là, le chaînon manquant : dans ce silence des intellectuels, en décalage flagrant avec une société de plus en plus sensible, elle, aux enjeux environnementaux (neuf Français sur dix préoccupés par la question, selon un sondage Ifop de novembre).
Bien sûr, on pourrait voir là l’énième signe d’une époque obnubilée par les médias, où les deux seules figures capables de mobiliser l’opinion sur l’« urgence écologique » sont Nicolas Hulot et, dans une moindre mesure, Yann Arthus-Bertrand, soit deux baroudeurs télégéniques, comme le fut déjà leur aïeul au bonnet rouge, le commandant Cousteau. Drôle d’époque où il faut qu’Hulot menace de se présenter à l’élection présidentielle pour que – enfin ! – l’écologie devienne un thème de campagne sérieux. Et que Yann Arthus-Bertrand passe un coup de fil à Jean-Louis Debré pour que ce dernier organise une projection à l’Assemblée d’Une vérité qui dérange, le docu d’Al Gore sur le réchauffement climatique.
Ségolène Royal : « Ce que je veux dire à Nicolas Hulot »
En exclusivité pour le Nouvel Observateur, la candidate socialiste explique pourquoi elle est « favorable à la signature du pacte écologiste ». Elle répond point par point à ses propositions qui sont, à ses yeux, « des premiers pas » encore insuffisants pour relever le triple défi de la lutte pour l’environnement, de l’urgence sociale et du développement économique durable.
Quelques extraits de la Tribune de Ségolène Royal :
« Le Pacte écologique est un engagement qui touche au cœur de l’exigence environnementale, mais je propose de lancer dès maintenant une nouvelle étape allant au-delà.
J’ai placé l’excellence environnementale au cœur de mon programme et je placerai le développement durable au cœur de mon action. La France doit devenir exemplaire en matière de politiques publiques visant au développement durable dans l’ère de l’après-pétrole.
Dans ma région, j’ai appliqué cette politique par la preuve en assignant l’objectif d’excellence environnementale au territoire, notamment avec l’initiative Climat qui reprend les objectifs de Kyoto.
Depuis le Sommet de Rio en 1992, où je représentais la France en tant que Ministre de l’Environnement, l’évolution n’est pas bonne. Pourtant, la prise de conscience est là. Manque la volonté politique. Nous avons une responsabilité historique face aux défis du changement climatique et à la préservation de la biodiversité.
Nous ne devons pas avoir peur d’affronter cette réalité nouvelle, mais au contraire la saisir comme l’occasion d’une révolution douce dans nos modes de production et de consommation. »
« Je suis animée par cette volonté et je m’engage, si je suis élue, à mettre tout en œuvre pour que la France devienne le pays leader de l’excellence environnementale, de la réussite économique et de l’ordre social juste. »
« Si je suis élue c’est la Présidente de la République qui sera garante des choix de la croissance durable !
Si le climat n’a pas de frontière, le changement climatique et le passage à l’après-pétrole ne frapperont pas tout le monde de la même manière. Certes le diagnostic de la crise n’est ni de droite ni de gauche, mais seule une véritable politique de gauche permettra d’éviter que ce soient les plus modestes qui soient les plus touchés par les désordres écologiques. »
« Je m’engage donc sur :
– l’exemplarité de l’Etat et des administrations en matière d’excellence environnementale ;
– une politique des transports ambitieuse prolongeant les mesures encore trop faibles du Plan Climat ;
– l’incitation des entreprises à faire des efforts importants de recherche et développement pour l’efficacité énergétique ;
– la réduction de l’utilisation des substances dangereuses pour la santé publique. »
« Merci à Nicolas Hulot d’avoir fait émerger la prise de conscience de l’urgence écologique. Il a montré que les Français se soucient de l’état dans lequel ils la laissent la planète aux générations futures.
Je veillerai à ce que cette question reste centrale tout au long de la campagne.
Je m’engage aujourd’hui, comme je l’ai fait en tant que Ministre et dans ma région, en faveur du développement durable. Je ferai de l’environnement l’un des cœurs de mon action, comme un pilier de la croissance durable et de l’ordre social juste. »
