Ce guide d’Une Fonction Publique pour la Transition Ecologique sous forme « abécédaire » a pour objectif d’aider les agents des collectivités à structurer et accélérer leur action en faveur de la transition écologique.C’est l’un des nombreux outils, guide et fiches de synthèse du kit d’auto-formation à la transition écologique
I4CE (Institute for Climate Economics ou Institut de l’économie pour le climat) propose un guide méthodologique pour l’évaluation environnementale des budgets des collectivités. Dans les collectivités territoriales, c’est notamment au moment des arbitrages budgétaires qu’il est possible de questionner les dépenses et les orienter le plus possible vers la transition climatique. C’est pourquoi I4CE et ses partenaires se sont lancés dans la coconstruction d’une méthodologie commune et partagée pour évaluer un budget local sous le prisme des enjeux climatiques. Accompagné d’un résumé pour les décideurs et de toutes les ressources sur l’évaluation environnementale des budgets des collectivités, ce document vise à présenter étape par étape la méthodologie d’évaluation proposée par I4CE.
Mieux comprendre le rôle des collectivités dans la transition écologique
Les collectivités territoriales sont des acteurs clés de la transition écologique. Depuis plusieurs décennies, elles s’engagent dans la lutte contre la pollution, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la préservation de la biodiversité. Aujourd’hui, leur rôle est encore plus déterminant pour coordonner et accélérer les actions locales face aux défis climatiques.
Dans cette fiche complète sur les obligations et opportunités des collectivités territoriales en matière de transition écologique :
✔️ Les concepts clés : quelles sont les notions fondamentales à connaître pour une transition écologique efficace ? La lutte contre le changement climatique, le développement durable et les Objectifs de Développement Durable (ODD), la biodiversité, ou encore la territorialisation sont autant de notions essentielles qui structurent l’action publique locale.
✔️ Les instruments de pilotage territorial : comment les collectivités peuvent-elles mettre en œuvre la transition écologique sur leur territoire ? La fiche détaille les principaux outils disponibles :
Le SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), qui fixe la stratégie régionale en matière de climat, d’énergie et d’aménagement du territoire.
Le PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial), un outil clé pour les intercommunalités de plus de 20 000 habitants visant à structurer les politiques locales d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.
Les autres dispositifs de planification, comme les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU/PLUI), qui doivent intégrer les objectifs environnementaux.
✔️ L’articulation entre les différents niveaux de gouvernance : la transition écologique ne peut être efficace qu’à travers une coordination cohérente entre les échelons territoriaux et l’État. La fiche met en lumière les interactions entre les régions, les intercommunalités et les communes, tout en soulignant les enjeux d’une meilleure intégration des stratégies locales avec les engagements nationaux et européens.
✔️ Les leviers d’action concrets pour les collectivités : la transition écologique repose sur une mise en mouvement collective des acteurs publics et privés. Quels dispositifs et financements peuvent être mobilisés pour accélérer la transition ? Parmi eux, les Contrats de Relance et de Transition Écologique (CRTE) offrent un cadre de contractualisation entre l’État et les collectivités pour structurer les projets de territoire. Ces contrats permettent d’aligner les politiques locales avec les objectifs nationaux et de mobiliser des financements dédiés à des projets ambitieux en matière de climat, de biodiversité et d’économie circulaire.
Obligations et opportunités des collectivités territoriales en matière de transition écologique
Avant même de parler de transition écologique, les collectivités territoriales ont depuis longtemps commencé à s’impliquer dans la lutte contre les pollutions, la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et la protection de la nature.
En parallèle de la prise de conscience croissante de l’importance et de l’urgence de lutter contre le changement climatique et de s’y adapter, les collectivités territoriales ont dû davantage s’engager dans le cadre de leur fonction d’animatrices de leur territoire.
En 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte, la même année que l’Accord de Paris sur le climat, un programme, souvent moins bien identifié, de développement durable à horizon 2030, dit « Agenda 2030 ». Cet agenda prend la suite des « objectifs du millénaire pour le développement », en élargissant la perspective et en impliquant l’ensemble des pays du monde et pas seulement les pays en développement. Ce programme, qui réunit 193 pays, se décline en 17 « objectifs de développement durable » [ODD]
La mise en œuvre de la transition écologique à l’échelle territoriale permet de prendre en compte la diversité des problématiques et donc des solutions, la nécessité pour les différentes parties prenantes de s’approprier les unes et les autres, et l’impératif de réduire les inégalités et renforcer la cohésion entre territoires ou parties de ceux-ci.
La présente fiche s’adresse à la fois aux élus territoriaux et aux agents travaillant dans leurs services ; elle vise à permettre à celles et ceux qui ne sont pas directement impliqués (par leur délégation, par le service dans lequel elles/ils sont employés) d’acquérir une vision globale des enjeux et de la manière dont les collectivités peuvent contribuer aux transformations en cours.
Pour aborder les différentes politiques publiques permettant la mise en œuvre de la transition écologique à l’échelle locale, voir « l’abécédaire des politiques publiques locales liées à la transition écologique » ci-après.
L’abécédaire des politiques publique locales liées à la transition écologique
Les collectivités territoriales sont en première ligne face aux défis climatiques et environnementaux. Elles portent des responsabilités majeures en matière d’adaptation, d’atténuation et de transformation des territoires.
Pourtant, la diversité des compétences, des réglementations et des dispositifs peut rendre leur action complexe. Cet outil est une aide pour structurer leur action publique locale
✔️ L’Abécédaire des politiques publiques locales liées à la transition écologique propose un panorama des politiques environnementales territoriales, en identifiant les dispositifs réglementaires, les cadres d’action et les outils disponibles. Il permet de comprendre comment les collectivités peuvent intervenir sur des sujets clés comme la qualité de l’air, l’énergie, la biodiversité, la gestion des déchets ou encore la commande publique durable.
✔️ Conçu comme un guide pratique, cet abécédaire ne se limite pas aux grands principes mais il apporte des repères concrets pour traduire les ambitions écologiques en actions locales. Il met en lumière des dispositifs de financement, des cadres réglementaires et des exemples inspirants pour aider les élus et les agents à élaborer des stratégies adaptées aux spécificités de leur territoire.
✔️ Favoriser la coopération et la diffusion des bonnes pratiques. Parce que la transition écologique ne peut être menée de manière isolée, cet abécédaire encourage la mise en réseau des collectivités. En valorisant des initiatives locales réussies et en proposant une approche transversale, il permet d’identifier des synergies et de faciliter la mutualisation des compétences et des ressources entre acteurs territoriaux.
Les investissements des collectivités territoriales en matière de climat
Cet abécédaire pourrait devenir un outil de référence pour toutes celles et ceux qui souhaitent accélérer la transition écologique au sein des territoires.
Certaines villes, telle Amsterdam, ont adopté la théorie du donut développée par l’économiste britannique Kate Raworth et qui postule que tout développement doit être compris entre le premier cercle vert, le « plancher social », constitue le but à atteindre pour assurer l’épanouissement de chacun et le cercle extérieur qui symbolise le « plafond », des neuf limites planétaires.
La Transition Écologique vue par l’Administration Française : Enquête Annuelle 2024
La formation continue connaît l’évolution la plus significative, ce qui est encourageant mais qui s’explique aussi peut-être par le profil des répondants
Des agents mieux formés et plus exigeants vis à vis de leurs employeurs
Protection et restauration de la biodiversité : comprendre et agir
Au niveau mondial, 36 « points chauds de biodiversité » ont été identifiés4. Cinq d’entre eux comportent des territoires français : outre le bassin méditerranéen, les Antilles, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, l’Océan Indien. Par ailleurs, la Guyane fait partie de l’Amazonie, le premier réservoir mondial terrestre de biodiversité.
Selon les experts, cinq principales causes sont à l’origine de la perte de la biodiversité que l’on peut aujourd’hui constater1 :
Les liens entre la santé et l’environnement sont connus depuis longtemps, mais la pandémie de Covid-19, ainsi que les catastrophes météorologiques qui se multiplient depuis quelques années, en ont accéléré la prise de conscience par l’ensemble de la population. Les risques sanitaires liés à l’environnement sont aussi un problème social car les populations modestes ou pauvres y sont davantage exposées.
L’intervention des pouvoirs publics est attendue en amont, pour prévenir les risques et corriger les déséquilibres, sachant que le coût de l’inaction s’annonce fort élevé.
Une FPTE a publié un dossier sur le thème « Santé et transition écologique ». Destiné en priorité aux agents publics, il permet de mieux comprendre :
✅ Les liens entre la santé et l’environnement : comment le dérèglement climatique, la perte de biodiversité, les pollutions, créent des risques sanitaires ou les aggravent ;
✅ Comment une bonne santé environnementale améliore la santé des humains ;
✅ Comment les pouvoirs publics mettent en place des solutions, et comment celles-ci peuvent être améliorées et déclinées au plus proche du terrain.
Qu’ils appartiennent aux professions de santé ou non, tous les agents publics peuvent jouer un rôle actif et positif, à travers les politiques publiques qu’ils mettent en œuvre et leurs pratiques professionnelles.
Les Directions ressources humaines au service de la Transition écologique
En quoi la Direction des Ressources Humaines est-elle concernée par la transition écologique ? En quoi son action dans ce domaine est-elle légitime ?
Tout d’abord, parce que la transition écologique est une approche globale, qui engage l’ensemble de la structure, où chacun doit faire sa part, y compris la DRH. La DRH rend possible la transition écologique dans les autres services en la mettant en œuvre dans ses propres fonctions (recrutement, formation, gestion prévisionnelle des emplois…).
Par ailleurs, en fonction de son propre degré d’engagement, et sous réserve du rôle que les autorités décident de lui confier, la DRH peut contribuer à la mise en place d’une « culture » de transition écologique, à la définition de la stratégie environnementale de la structure, voire en être le coordonnateur et le « chef d’orchestre » pour le compte de la direction générale.
Le présent guide propose aux directions des ressources humaines de jouer pleinement un rôle de leader dans le développement de la transition écologique des organisations publiques. Il leur propose d’interroger leurs pratiques sous l’angle de la transition écologique, méthodiquement, thématique par thématique, en suscitant au moins la curiosité, sûrement le débat, et en apportant le maximum d’éléments de réflexion.
Bifurcation RH : Écologie et redirection du travail municipal
Les nouveaux chemins du futur Grenoble 2040
« L’écologie est considérée comme contraignante et punitive. On veut tous une meilleure planète & protéger le climat. Mais changer c’est difficile et inconfortable » rappelle Nathalie Duponchelle🌱 Humaine Born in 335 PPM – Stratégie RSE et au delà. « L’écologie, ce n’est pas juste un truc en plus à gérer. C’est un changement structurel, apolitique (et j’ose dire culturel) qui redéfinit le travail, les métiers, l’organisation même de nos boîtes. »
Et pourtant … on continue d’évaluer la performance avec les mêmes critères. On gère comme si les ressources (humaines, matérielles, naturelles) étaient illimitées. On vit court terme
L’étude Bifurcation RH ! de la Ville de Grenoble le dit sans détour : la transition écologique va transformer le travail. « Ça ne se limite pas à “monter en compétences” sur la RSE. Ça impacte la gouvernance, les conditions de travail, la gestion des métiers«
“Is water simply a flow? Exploring an alternative mindset for recognizing water as a legal person” est un article d’Alexandre Lillo, professeur de droit à l’UQÀM, spécialisé dans la question du droit de l’eau et de la gouvernance environnementale. Dans cet article, il interroge la création d’une personnalité juridique pour l’eau. Revenant sur diverses expériences dans le domaine et s’appuyant sur différents paradigmes juridiques, il questionne la faisabilité d’une telle démarche.
En France, la volonté d’octroyer des droits aux entités naturelles, comme les fleuves, s’observe à travers différentes initiatives. La majorité ne dépasse pas le cadre de la fiction, comme le montre le projet du « Parlement de Loire » (Toledo, Le fleuve qui voulait écrire, 2021).
Le collectif « Vers un parlement de Loire » En 2023, un collectif appelé « Vers un parlement de Loire » se forme pour ouvrir, amplifier et étendre cette démarche à l’ensemble du bassin versant de la Loire.
En Corse, un collectif d’associations a créé une déclaration de droit symbolique afin d’assurer la protection du fleuve Tavignanu, menacé par un projet d’enfouissement de déchets. Le cas du Tavignanu est assez spécifique, car il est le premier exemple national à sortir du domaine associatif pour devenir un dossier avec une portée politique au niveau régional.
Des droits pour le fleuve Tavignanu !
Si cette déclaration n’est que symbolique et n’est pas contraignante au niveau juridique, elle ouvre une brèche pour une reconnaissance des droits de la nature en France.
De plus, en France l’eau dispose d’un statut de res communis, c’est-à-dire qu’elle n’appartient à personne : son usage est donc commun à tous. Cette démarche (des communs) pourrait permettre aux rivières, mers ou fleuves de bénéficier de moyens de protection efficaces vis-à-vis du risque de pollution.
Des droits pour le fleuve Tavignanu !
#1 Dans un premier temps, l’auteur revient sur le caractère hybride que revêt l’eau, à la fois objet naturel et sociologique. Cette double dimension émerge dans les années 1960-1970, au moment où se développe la théorie éthique de l’environnement, construite autour de la relation entre l’Humain et la Nature. Cette approche a pour but de sortir du rapport binaire de domination de l’Humain sur la Nature et propose de conférer une valeur intrinsèque à tout ce qui est non humain. Par extension, il serait possible d’en faire une personnalité juridique, qui reposerait sur l’hypothèse qu’elle dispose de sa propre individualité, santé et esprit, indépendamment de l’Humain.
#2L’attribution d’une personnalité juridique à l’eau n’est pas sans précédent, comme l’illustre l’auteur en citant le cas de la rivière Wanganui en Nouvelle-Zélande et celui des rivières Gange et Yamuna en Inde. Ces deux exemples se sont construits à partir du lien culturel qui unit ces entités aux populations humaines vivant à proximité. Il s’agit donc de les considérer dans leur dimension géologique, mais également sociologique. De cette manière, en cas de préjudice potentiel sur la santé de la rivière, elle peut être représentée de manière légale devant toute juridiction compétente. Les systèmes juridiques modernes (de common law1 ou de droit civil) reconnaissent largement la personnalité juridique, mais son application tend à varier selon les contextes culturels et historiques.
#3 L’auteur met en avant certaines questions qu’il estime essentielles lorsque l’on cherche à attribuer une personnalité juridique à une entité comme l’eau. Tout d’abord, il s’agit de savoir s’il faut reconnaître l’eau dans son entièreté comme personne. De son point de vue, il est préférable d’adopter une approche au cas par cas. Reconnaître l’entièreté de l’eau comme personne juridique pourrait engendrer des problèmes d’ordre pratique, mais cela reviendrait aussi à nier sa dimension sociale. Enfin, il soulève la difficulté de définir les frontières matérielles de ce à quoi on souhaite attribuer une personnalité juridique : où commence et où s’arrête une rivière ? D’après lui, la caractérisation juridique devrait prendre en compte l’ensemble du système naturel dans lequel elle s’inscrit.
En Corse, des associations se battent pour protéger le fleuve Tavignavu
La vallée du Tavignanu
L’attribution d’une personnalité juridique à l’eau a été proposée par un collectif d’associations afin de protéger le fleuve Tavignanu, en Corse, menacé par un projet de site d’enfouissement de déchets. Cela a pris la forme d’une déclaration symbolique de droits, incluant le droit de ne pas être pollué. Une telle démarche doit permettre à tout un chacun de saisir la justice en cas de pollution. Elle a vocation à être étendue à d’autres entités naturelles.
En France l’eau dispose d’un statut de res communis, c’est-à-dire qu’elle n’appartient à personne : son usage est donc commun à tous.
Cette démarche pourrait permettre aux rivières, mers ou fleuves de bénéficier de moyens de protection efficaces vis-à-vis du risque de pollution.
L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE
Un article de Desprez Simon pour La Fabrique écologique
« Cette réflexion autour du statut de l’eau traduit une nécessité plus large de repenser la manière dont nous catégorisons le non-humain, afin de passer de l’exploitation destructrice à la collaboration »
Le common law est un système juridique basé sur la jurisprudence et les décisions des tribunaux plutôt que sur un code écrit exhaustif, comme dans le droit civil : les juges interprètent et appliquent la loi en se basant sur les précédents judiciaires, ce qui permet une évolution flexible du droit en fonction des cas concrets. ↩︎
Selon un modèle prédictif élaboré par un chercheur du CNRS1 et ses collègues européens, les microalgues présentes dans les tourbières pourraient compenser jusqu’à 14 % des émissions futures de CO2, grâce à leur activité photosynthétique2. Pour arriver à cette conclusion, il s’est basé sur une expérimentation in situ et sur les différents scénarios prédictifs établis par le GIEC.
Figure 1 – Les tourbières abritent une grande diversité de microalgues capables de fixer le carbone de l’atmosphère. Ces microalgues sont sensibles à la hausse des températures. Cette sensibilité conduit à une assimilation de CO2 accrue dans les tourbières nordiques.
Increased photoautotrophic photosynthesis under warming depends on SWC.
C’est le premier modèle qui quantifie la compensation potentielle des émissions futures de CO2 par les tourbières à l’échelle mondiale. Ce résultat lève le voile sur un pan encore mal connu du cycle du carbone3 terrestre et de ses altérations par le changement climatique d’origine anthropique. L’étude associée est parue dans Nature Climate Change.
Response of photoautotrophic photosynthesis to warming.
Représentant seulement 3% de la superficie des terres émergées, les tourbières contiennent pourtant plus de 30% du carbone retenu dans les sols4 sous la forme de matière organique fossilisée en profondeur.
On estime que ce stock représente entre 500 et 1000 gigatonnes de carbone, ce qui correspond à une proportion de 56 à 112% de l’ensemble du carbone présent dans l’atmosphère terrestre5.
Si certains micro-organismes de ces sols émettent du CO2 par respiration, les microalgues, elles, en assimilent, notamment via la photosynthèse. Or l’augmentation de température stimule la photosynthèse microbienne, ce qui améliore le potentiel de capture du CO2 des tourbières.
Variation among predictive models of projected gains in annual photoautotrophic CO2 fixation across the northern peatland region for the near, medium and long term (SSP1, SSP2, SSP5).
Du Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement (CRBE, CNRS/UT/IRD/Toulouse INP) ↩︎
La photosynthèse est un phénomène observé chez les végétaux à chlorophylle. Sous l’effet des rayons solaires, ces plantes absorbent le CO2 dans l’atmosphère et rejettent du dioxygène (O2). ↩︎
Le cycle du carbone correspond aux échanges bilatéraux de molécules carbonées entre le sous-sol, la surface, les océans et l’atmosphère de la Terre. ↩︎
En complément des océans, les sols terrestres constituent un puits de carbone naturel. Il y est stocké sous des formes diverses (hydrocarbures, carbone fixé par les végétaux à chlorophylle, roches calcaires etc.). ↩︎
En 2023, la concentration atmosphérique en CO2 était de 419,31 ppm (NOAA Global Monitoring Laboratory – Trends in Atmospheric Carbon Dioxide (2025)), ce qui correspond à une masse de 893 gigatonnes de carbone. ↩︎
Increased photoautotrophic CO2 fixation potential under projected climate conditions.
Bibliographie
Microbial photosynthesis mitigates carbon loss from northern peatlands under warming Samuel Hamard, Sophie Planchenault, Romain Walcker, Anna Sytiuk, Marie Le Geay, Martin Küttim, Ellen Dorrepaal, Mariusz Lamentowicz, Owen Petchey, Bjorn Robroek, Eeva-Stiina Tttila, Maialen Barret, Régis Céréghino, Frédéric Delarue, Jessica Ferriol, Tristan Lafont Rapnouil, Joséphine Leflaive, Gaël Le Roux, Vincent E.J. Jassey,*, Nature Climate Change, 20/03/2025, https://doi.org/10.1038/s41558-025-02271-8
Le Baromètre de l’Esprit critique est une enquête d’Universcience qui interroge les Français sur leur rapport aux sciences, aux moyens d’information et à l’esprit critique. Le Baromètre s’intéresse à une thématique d’actualité : après la vaccination en 2022, le réchauffement climatique en 2023 et l’intelligence artificielle en 2024, c’est le sujet de l’alimentation qui a été choisi pour 2025.
LA MAJORITÉ DES FRANÇAIS ESTIME AVOIR UN ESPRIT CRITIQUE. FORMÉ PAR L’ENTOURAGE, L’ÉCOLE ET LES SCIENCES, IL S’EXPRIME DIFFÉREMMENT SELON L’ÂGE ET INFLUENCE LE COMPORTEMENT AU QUOTIDIEN
Comment nos concitoyens perçoivent-ils et pratiquent-ils les sciences ? Quels médias utilisent-ils pour s’informer ? Quelle confiance leur accordent-ils ? Pour se forger leur opinion, s’appuient-ils plutôt sur leurs intuitions ou sur l’avis d’autrui ?
Quelles sont les pratiques alimentaires de nos concitoyens ? Quelles sont les idées reçues autour de l’alimentation ? Comment se construisent nos choix en matière d’alimentation, alors que les réseaux sociaux fourmillent de conseils de toute sorte ?
L’enquête a été menée auprès de deux échantillons : un premier, de 2 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, le second, de 610 personnes, représentatif de la population française de 15 à 24 ans.
Les Français et l’alimentation
3 Français sur 4 font attention à l’équilibre de leur repas et 8 Français sur 10 intègrent systématiquement ou presque des fruits et légumes dans leur repas.
Le choix des produits alimentaires repose en priorité sur le prix ou les promotions (critère le plus cité par 69 % des répondants), sur le goût (54 %), mais aussi sur des aspects nutritionnels et éthiques. Près d’un sondé sur deux (49 %) prend en compte au moins un aspect nutritionnel comme le Nutri-score pour 24 %, ou un critère éthique (47 %) comme le mode de production ou le caractère équitable. Les critères éthiques atteignent 60 % chez les moins de 35 ans (contre 44 % des 50 ans et plus).
8 Français sur 10 partagent une opinion erronée sur l’alimentation.
Les Français et la science
L’intérêt pour les sciences est en recul par rapport à janvier 2024, mais reste largement partagé au sein de la population : 62 % des sondés rapportent que les sujets scientifiques les intéressent.
Malgré ce recul, l’image des sciences demeure très bonne : 78 % des sondés attribuent plus de valeur à une affirmation si elle a été validée scientifiquement.
La consultation d’outils d’intelligence artificielle pour s’informer sur les sujets scientifiques est une pratique émergenterapportée par 8 % des répondants et 19 % des 18-24 ans.
Les 15-24 ans manifestent un plus grand intérêt pour les sciences : 27 % citent les sciences parmi leurs principaux centres d’intérêt, elles occupent la 7e place dans leur classement des 14 thèmes proposés (contre la 11ème pour les 18 ans et plus).
Les Français et l’esprit critique
Si la majorité des répondants se défnit comme ayant l’esprit critique, un quart répond par la négative ou ne se prononce pas.
Lorsqu’on leur demande de définir l’esprit critique, ils le définissent en premier lieu par le raisonnement logique et rationnel (43 %), la capacité à échanger avec des personnes aux opinions divergentes (40 %) et le fait de s’informer davantage avant de se positionner (39 %).
Près d’un Français sur deux admet qu’il lui arrive de persister dans ses arguments sans être sûr de leur solidité (près de deux sur trois chez les 15-24 ans).
Parmi les personnes qui ont le plus contribué à former leur esprit critique, les Français désignent avant tout leur cercle familial (84 %).
Le Printemps de l’esprit critique, partout sur le territoire
Initié en 2022 par Universcience, le Printemps de l’esprit critique est aujourd’hui un événement national. Il rassemble plus de 120 acteurs s’engageant pour promouvoir auprès du grand public l’esprit critique, cette capacité – indispensable aujourd’hui – à trier et à qualifier l’information pour être en mesure de construire, aussi librement que possible, un jugement fondé.
Entre infox et remise en cause des principes de modération, dans un monde où la science n’a jamais été aussi indispensable, le développement de l’esprit critique est un défi d’utilité citoyenne à relever collectivement.
Du 20 mars au 3 avril 2025, retrouvez une programmation de 250 événements dans 120 lieux sur tout le territoire et à l’étranger, ainsi qu’à la Cité des sciences et de l’industrie, aux Étincelles du Palais de la découverte.
L’Union européenne et la France se sont fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Ce qui suppose une planification écologique à la fois ambitieuse et réaliste, que France Stratégie s’attache à éclairer. Après les évaluations des coûts d’abattement sectoriels1 et les analyses macroéconomiques du rapport Pisani-Ferry/Mahfouz, ce nouveau rapport de la commission sur la valeur de l’action pour le climat2 met à jour la trajectoire de valeur du carbone.
« Ce rapport est essentiel pour guider l’action publique et réussir la transition écologique : grâce à la valeur donnée aux émissions évitées, il permet d’atteindre nos objectifs climatiques au meilleur coût, en choisissant les mesures et les projets les plus efficaces«
Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan et commissaire général de France Stratégie.
Répartition des efforts dans le temps, de la SNBC 2 à la SNBC 3, par décennie entre 2019 et 2050 Note : le projet de SNBC 3 soumis à concertation en novembre 2024 présente une trajectoire jusqu’en 2030. La SNBC 3 finale qui sera publiée en 2025 précisera la trajectoire post-2030 (présentée dans ce document sous forme de fourchettes). La commission a toutefois pu intégrer les travaux les plus récents pour l’élaboration de la VAC. Lecture : le volume d’émissions brutes de CO2 e à abattre entre 2019 et 2030 est passé de 120 MtCO2e dans la SNBC 2 à 159 MtCO2e dans la version provisoire de la SNBC 3, ce qui traduit un renforcement des efforts à fournir à court terme. Source : DGEC
Le rapport actualise les travaux menés par les deux précédentes commissions.3 Outil d’aide à la planification, la valeur de l’action pour le climat constitue une référence visant à s’assurer que l’on se met sur le « bon chemin » de décarbonation au meilleur coût.
Elle ne doit pas être confondue avec un niveau souhaitable ou optimal de taxation ; elle n’a rien à voir avec une « taxe carbone ». Sa vocation première est d’aider à définir et ordonner dans le temps les actions de décarbonationet à valoriser les impacts carbone des projets d’investissements, afin d’identifier et soutenir les projets et les actions « verts » les plus efficaces.
Suite au premier rapport de la Commission Quinet sur la valeur de l’action pour le climat, qui faisait le constat de la nécessité « de poser un cadre méthodologique clair et partagé pour pouvoir évaluer le coût d’abattement socio-économique des différentes actions », France Stratégie a lancé une évaluation des coûts d’abattements de différentes solutions de décarbonation. Installée en septembre 2019, la commission sur les coûts d’abattement des émissions de gaz à effet de serre est présidée par Patrick Criqui, et composée d’économistes et d’experts sectoriels.
La valeur de l’action pour le climat peut servir de référence commune à l’ensemble des acteurs publics et privés, notamment les entreprises se dotant d’un prix interne du carbone. Elle est aussi mobilisée pour enrichir la comptabilité nationale.
Nouvelle trajectoire de la valeur de l’action pour le climat Source : commission
« La planification écologique doit reposer sur une évaluation robuste. Une trajectoire de valeur de l’action pour le climat permet à l’État et à l’ensemble des parties prenantes engagées dans la decarbonation de disposer d’une référence commune pour concevoir et mettre en œuvre les actions les plus efficaces«
Alain Quinet, président de la commission sur la valeur de l’action pour le climat.
Usage de la valeur de l’action pour le climat pour évaluer les actions et les mesures prises pour les soutenir Source : commission
En cohérence avec le relèvement de l’objectif à l’horizon 2030 prévu par la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC), le niveau initial de la valeur de l’action pour le climat est rehaussé à 256 €/tCO2e.
Compte-tenu du rythme et de l’ampleur de l’effort à fournir dans la lutte contre le réchauffement climatique, il est indispensable de prendre en compte son impact sur l’économie. Jean Pisani-Ferry s’est vu confié une mission d’évaluation des impacts macroéconomiques de la transition écologique, dont France Stratégie assure le secrétariat et qui bénéficie de l’appui de l’Inspection générale des finances. Le rapport de synthèse publié vise à améliorer la compréhension des impacts macroéconomiques de la transition climatique, en sorte que les décisions qui vont devoir être prises soient « le mieux informées possible ».
Dans un contexte où la dimension européenne des politiques climatiques est de plus en plus importante, et où les États-Unis remettent en cause de tels concepts essentiels à la décarbonation, le rapport appelle à étendre et à adapter ce cadre d’analyse, unique au sein des Vingt-sept, au niveau de l’Union européenne.
Note de synthèse
Comment atteindre les objectifs français et européens de réduction des émissions carbone à moindre coût ?
La valeur d’action pour le climat (VAC) est un outil de planification écologique. La VAC attribue une valeur monétaire aux gains d’émissions que permettent les actions menées pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Ce rapport propose une nouvelle trajectoire de la valeur de l’action pour le climat, issue de la commission présidée par Alain Quinet réunissant près d’une trentaine d’experts de tous horizons.
Pourquoi actualiser la VAC ? Pour tenir compte du réhaussement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des nouvelles actions et technologies mobilisables.
La commission sur la valeur de l’action pour le climat de France Stratégie est présidée par Alain Quinet et composée de près d’une trentaine d’experts venus de tous horizons ↩︎
présidées par Alain Quinet en 2008 puis 2019, qui elles-mêmes prolongeaient de premières analyses réalisées sous l’égide de Marcel Boiteux au Commissariat général du plan, au début des années 2000. ↩︎
Inondations, pénuries d’eau, sécheresse des sols, canicules, feux de forêts, retrait-gonflement des argiles…, le changement climatique impacte déjà notre quotidien, notre environnement et nos manières de vivre. Et ces impacts vont s’aggraver, malgré les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Car l’accumulation et la durée de vie de ces gaz dans l’atmosphère conduisent inexorablement à une hausse des températures d’ici à la fin du siècle. Il est donc nécessaire de s’adapter au changement climatique, c’est-à-dire de gérer les impacts déjà constatés et d’anticiper ceux à venir. L’enjeu du Plan national d’adaptation au changement climatique est de préparer tous les pans de notre société (citoyens, collectivités territoriales, entreprises) à un environnement changeant. À quoi doit ressembler la France dans ce contexte climatique ? Quel est le niveau d’adaptation souhaitable ? Quelles sont les solutions à privilégier ? Synthèse des avis et contributions de la consultation publique et mise à jour de la Trajectoire de Réchauffement de Référencepour guider l’Adaptation au Changement Climatique– TRRAC 3
La démarche d’adaptation, enclenchée au niveau national par le ministère de l’Environnement à la fin des années 1990, est complémentaire des actions d’atténuation. Elle traite des conséquences du changement climatique.
S’adapter, ce n’est pas renoncer.
Synthèse de la consultation publique
Du 25 octobre au 27 décembre 2024, le projet de PNACC a fait l’objet d’une consultation publique afin de sensibiliser aux enjeux de l’adaptation et de recueillir les attentes des citoyens et des parties prenantes pour enrichir les travaux d’élaboration de ce plan.Après une analyse des résultats de ces contributions, le ministère en dresse un bilan et la synthèse.
Dans 6 ans, la France aura gagné +2°C. En 2050 +2,7°C, et en 2100 +4°C. Inondations, pénuries d’eau, feux de forêts, retrait-gonflement des argiles, îlots de chaleur … Notre économie et notre société sont-elles prêtes ?
C’est la réponse que souhaite apporter le troisième Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-3), lancé par le ministère de la Transition écologique. Ce Plan, qui a fait l’objet d’une consultation publique réunissant 6 000 réponses et dont la synthèse a été publiée début février, a été peu médiatisé. Pourtant, le PNACC-3 a des implications directes pour tous : entreprises, citoyens, collectivités. Il a un impact concret pour accompagner la continuité d’activité des entreprises, leurs accès aux financements et aux services d’assurances, et s’attache également à prendre en compte la nécessaire adaptation des conditions de travail …
Concrètement, que va-t-il changer ? Pauline Roulleau de ici&demain a analysé le PNACC-3 sous l’angle de l’adaptation et de la résilience des entreprises.
Voici les 7 points essentiels de cette analyse du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-3) à retenir pour l’entreprise :
1️⃣ Une trajectoire de réchauffement de référence (+4°C en 2100) pour structurer vos stratégies d’adaptation.
2️⃣ Une obligation progressive pour les entreprises d’élaborer un plan d’adaptation.
3️⃣ De nouveaux outils pour aider les entreprises à anticiper et gérer les risques climatiques.
4️⃣ Des actions ciblées pour les secteurs économiques les plus vulnérables, comme l’agriculture, le tourisme et l’énergie.
5️⃣ Plus de conditions d’adaptation pour les financements publics et privés.
6️⃣ Une incitation au maintien des assurances contre les risques naturels
7️⃣ Un aménagement des conditions de travail pour les métiers les plus sensibles
Les enjeux comme les coûts sont de taille, car lorsque l’on parle adaptation, l’enjeu est celui de la continuité de l’activité.
L’infographie « Pourquoi 1,5°C c’est important » reprend les différents scénarios du GIEC et illustre de manière claire les impacts associés à chaque palier de changement climatique.
Dans son dernier rapport, publié le jeudi 20 mars, Météo-France dresse le portrait d’une France à +4 °C, un réchauffement qui pourrait être atteint d’ici 2100 si les politiques climatiques actuelles restent inchangées. Ce document allie approche statistique et narrative pour analyser l’évolution d’une vingtaine d’indicateurs climatiques sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec des écarts marqués dès 2050.
Selon ces projections, la France pourrait connaître des canicules ininterrompues de deux mois en été, un nombre dix fois plus élevé de vagues de chaleur et de nuits tropicales (températures supérieures à 20 °C), ainsi que jusqu’à deux mois supplémentaires de sols secs, augmentant considérablement le risque d’incendies sur tout le territoire.
L’eau deviendrait une ressource de plus en plus rare, la couverture neigeuse en montagne s’amenuiserait, tandis que les épisodes de précipitations et d’humidité s’intensifieraient.
Interrogé par Le Monde, David Faranda, climatologue et directeur de recherche au CNRS, alerte : “Les extrêmes seront tellement intenses et fréquents qu’il ne s’agira plus de vivre, mais de survivre à de tels bouleversements.” Il estime que le sud du pays pourrait évoluer vers un climat semi-aride, tandis que le nord serait frappé par des pluies diluviennes et des tempêtes plus violentes.
Dans ce rapport, Météo-France rappelle que la lutte contre le changement climatique repose sur deux leviers indissociables : la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux nouvelles conditions climatiques.
Trajectoire de Réchauffement de Référence pour guider l’Adaptation au Changement Climatique 2026 – TRRAC 3
La France franchit une étape décisive de sa politique d’adaptation au changement climatique en intégrant, pour la première fois, une Trajectoire de Réchauffement de Référence (TRACC) dans le cadre juridique national. Annoncée par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, cette trajectoire est inscrite dans le Code de l’environnement par décret et s’intègre au 3ᵉ Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3). Elle vise, d’ici 2030, à intégrer systématiquement l’adaptation climatique dans l’ensemble des politiques publiques, notamment en matière de santé, d’économie, d’urbanisme, d’agriculture et d’aménagement du territoire, incluant la construction, la rénovation des infrastructures et la prévention des risques.
La TRACC : une trajectoire commune issue de la science du climat
La TRACC définit des hypothèses de réchauffement fondées sur les travaux du GIEC et les projections climatiques disponibles pour la France. Elle retient un réchauffement de l’ordre de +2 °C dès 2030, +2,7 °C en 2050 et jusqu’à +4 °C à horizon 2100, par rapport à l’ère pré-industrielle, pour la France hexagonale.
Projection des impacts du changement climatique en France hexagonale d’ici 2100
En fixant une trajectoire unique, la TRACC devient la boussole partagée de l’État, des collectivités, des entreprises et des citoyens pour évaluer les risques climatiques et adapter les politiques publiques, les investissements et les projets. C’est une première étape pour construire collectivement notre stratégie d’adaptation au changement climatique.
Un décret qui fait du climat futur une donnée à prendre en compte
Le décret en Conseil d’Etat, publié le 23 janvier, intègre la TRACC dans le code de l’environnement en indiquant ses modalités de définition et les conditions de sa mise à jour. Le décret est accompagné d’un arrêté qui vient préciser les niveaux de réchauffement de cette trajectoire.
Concrètement, pour les citoyens et les territoires, cela se traduira par une révision des plans de prévention des risques naturels (inondations, feux de forêt, glissements de terrain) afin d’y intégrer les projections de la TRACC (par exemple, l’extension des zones inondables ou de nouvelles restrictions de construction). L’approche retenue est d’intégrer la TRACC dans le code de l’environnement pour pouvoir progressivement y faire référence dans les documents de planification et sectoriels pertinents.
Pour les entreprises et les secteurs économiques, les normes techniques encadrant la construction et l’entretien des infrastructures (routes, ponts, centrales électriques) évolueront également, afin de tenir compte de ces nouvelles contraintes climatiques (par exemple, des rails de train conçus pour résister à des températures plus élevées).
En dimensionnant les ouvrages, les infrastructures et les services publics pour le climat de demain, la TRACC permet d’éviter des reconstructions répétées, coûteuses et parfois inefficaces. C’est à la fois une mesure de prévention pour protéger les populations exposées aux canicules, aux inondations ou aux sécheresses, et une garantie de bon usage de l’argent public en finançant des projets conçus pour durer dans un climat plus chaud et avec des évènements climatiques plus fréquents et plus intenses.
Une trajectoire construite avec les territoires et les citoyens
Les modalités d’utilisation de la TRACC s’appuient sur une concertation avec les acteurs de terrain et une transparence vis-à-vis du public. Les textes ont été présentés aux élus puis soumis à consultation publique à l’automne 2025, afin de favoriser l’appropriation par tous et une mise en œuvre cohérente sur l’ensemble du territoire. La TRACC constituera ainsi un outil central des COP territoriales.
Enfin, pour mener à bien ces actions, les acteurs de l’adaptation au changement climatique peuvent s’appuyer sur un ensemble de services climatiques mettant à leur disposition les différentes données climatiques de référence aux échelles nationale et locale et permettant déjà de les exploiter pour l’aide à la décision. Ces projections climatiques locales sont d’ores et déjà disponibles gratuitement sur le site de Météo-France DRIAS – les futurs du climat.
« Canicules à répétition, inondations, sécheresses : derrière ces événements, il y a des vies bousculées, des familles déplacées, des territoires meurtris. La TRACC s’appuie sur la science pour dire la vérité sur le climat qui nous attend et nous donner les moyens d’anticiper plutôt que de réparer dans l’urgence. Adapter dès maintenant nos bâtiments, nos infrastructures et nos services publics, c’est protéger les Français, surtout les plus vulnérables, et c’est un devoir envers nos enfants : leur léguer une société qui aura eu le courage de regarder la réalité en face et d’agir à temps. » Monique BARBUT, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
Qu’est-ce que l’adaptation ?
L’adaptation au changement climatique, définie au fil des rapports du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), est la démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, qu’il s’agisse de la variabilité climatique mais aussi des évènements climatiques extrêmes.
Concrètement, il s’agit de limiter les impacts du changement climatique et les dommages associés sur la population, les activités socio-économiques et sur la nature. Les politiques publiques d’adaptation ont pour objectifs d’anticiper les impacts à attendre du changement climatique, de limiter leurs dégâts éventuels en intervenant sur les facteurs qui contrôlent leur ampleur (par exemple, l’urbanisation des zones à risques) et de profiter des opportunités potentielles.
La démarche d’adaptation, qui agit sur les conséquences du changement climatique, est complémentaire des actions d’atténuation qui visent à réduire les causes du changement climatique, c’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre.
Mission Adaptation
Arnaud Bouissou / Terra
la “Mission Adaptation” : une offre unifiée d’ingénierie de l’État pour l’adaptation des collectivités locales
25ème mesure du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), ce dispositif est un guichet unique ayant vocation à fournir un appui technique aux collectivités territoriales dans leurs projets d’adaptation de leur territoire aux conséquences du changement climatique.1
Alors que toutes les collectivités ne disposent pas de compétences internes pour construire une analyse de vulnérabilité, la Mission adaptation réunit en une offre commune l’expertise et l’ingénierie des opérateurs de l’État (Cerema, Ademe, les Agences de l’eau, Météo-France, l’Office Français de la biodiversité, l’Agence nationale de la cohésion des territoires, l’Agence nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux) et la Banque des Territoires. Elle permettra de passer d’actions ponctuelles à des démarches plus intégrées.
Cette mission accompagnera dans un premier temps une centaine de territoires, dont le retour d’expérience contribuera à sa généralisation en 2025.
L’offre de la Mission Adaptation comprend six briques :
Brique 1 / Compréhension initiale des besoins et des capacités : Premier échange entre la collectivité et le référent Mission Adaptation pour préciser la demande et les besoins en fonction de divers éléments (niveau de maturité, organisation interne, etc.), puis orienter vers les autres briques, dans l’optique d’un « parcours » opérationnel.
Brique 2 / Montée en compétence : Formation à destination des chargés de mission en collectivités, à hauteur de deux jours de formation, permettant d’embarquer par la suite plus largement sa collectivité, y compris les élus.
Brique 3 / Élaboration d’une stratégie d’adaptation : Sur la base de la démarche Trajectoires d’adaptation au changement climatique des territoires (TACCT) :
travailler sur le long terme, identifier les priorités, monter des partenariats,
se raccrocher à la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC),
optimiser les investissements et éviter la mal-adaptation.
Brique 4 / Fléchage vers les opérateurs pour approfondissements thématiques : Certaines demandes des collectivités pourront faire l’objet d’un accompagnement des opérateurs sur des approfondissements thématiques : infrastructures, bâtiments, ressource en eau…
Brique 5 / Passage de relais à l’ingénierie privée pour mise en œuvre des actions spécifiques : En complément des briques 3 et 4, les référents de la mission adaptation pourront accompagner les collectivités vers une ingénierie privée qualitative, par la proposition de cahiers des charges types, pour conduire certaines études ou accompagner la mise en œuvre opérationnelle de projets.
Brique 6 / Animation collective et amélioration continue : Partage de bonnes pratiques, de problématiques communes et de difficultés, dans un souci de transversalité et d’articulations entre les opérateurs, de capitalisation des retours d’expérience, etc.
Une plateforme pour recenser l’ensemble des données environnementales, commune par commune, dont dispose l’État et ses opérateurs.
Solliciter la Mission Adaptation
Un premier échange avec la Mission Adaptation permettra d’identifier les modalités et le calendrier d’accompagnement et de conseil. Les résultats visés à l’issue de l’accompagnement sont :
un plan d’actions pour la collectivité, dont les jalons seront cohérents avec la TRACC et qui vient consolider, entre autres, le volet adaptation des plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) ;
la composition et le séquencement de différentes briques d’offres techniques et financières apportées par les opérateurs pour la mise en œuvre du plan d’actions ;
une collectivité embarquée dans la durée et insérée dans un écosystème d’acteurs.
Adaptation, Citoyens, Territoires pour 2050 Agir et s’engager ensemble pour un futur durable et désirable
ACT50 est le premier événement européen consacré à tous les défis et à toutes les solutions possibles pour aborder les 25 années qui viennent. S’y côtoient experts, citoyens, décideurs, chercheurs, étudiants, associations pendant une journée entière et une soirée exceptionnelle.
Dans trois espaces, trois thèmes clefs sont abordés face à ces enjeux majeurs :
ACT GLOBAL: pour se préparer, dans tous les domaines, aux conséquences du réchauffement climatique désormais enclenché, tout en continuant à amplifier la décarbonation et à mieux maîtriser notre rapport à l’environnement.
ACT LOCAL: pour agir de façon concrète, sur le terrain, en adoptant une approche locale, afin de prendre en compte les spécificités territoriales et les enjeux sociaux.
L’AGORA CITOYENNE : pour impliquer les citoyens dans toutes les réflexions, car le succès ne sera que collectif.
ACT50 se distingue comme le premier événement européen dédié à tous les enjeux liés au réchauffement climatique et à l’érosion de la biodiversité, incluant les enjeux de formation et de la santé, la résilience des modèles économiques et des infrastructures, l’assurance, l’emploi, la prévention, la culture du risque, etc. Ces défis sont abordés à l’échelle locale et mondiale de façon à promouvoir des solutions concrètes et collaboratives.Meem/Onerc
La mal-adaptation
On utilise également le concept de mal-adaptation pour désigner un changement opéré dans les systèmes naturels ou humains qui font face au changement climatique et qui conduit (de manière non intentionnelle) à augmenter la vulnérabilité au lieu de la réduire.
Une situation de mal-adaptation correspond à l’une des situations suivantes :
utilisation inefficace de ressources comparée à d’autres options d’utilisation (par exemple, le recours massif à la climatisation au lieu de l’investissement dans l’isolation) ;
transfert incontrôlé de vulnérabilité: d’un système à un autre, mais également d’une période à une autre ; réduction de la marge d’adaptation future (mesures qui limitent la flexibilité éventuelle, par exemple, plantation d’essences d’arbres à rotation longue) ;
erreur de calibrage : sous-adaptation ou adaptation sous-optimale (par exemple, une digue de protection n’a pas été suffisamment rehaussée).
Dans le contexte d’incertitude de la prise de décision en matière de changement climatique, l’erreur de calibrage est un axe potentiel important de mal-adaptation. Prendre la mesure du risque de mal-adaptation, c’est notamment privilégier le choix de stratégies « sans regret », qui permettent de réduire la vulnérabilité au changement climatique et qui gardent des avantages quelles que soient les évolutions climatiques.
Les activités de renforcement des capacités d’adaptation sont souvent considérées comme des mesures « sans regret » dans la mesure où elles rendent la société moins vulnérable à un ensemble de pressions (y compris à la variabilité climatique), quel que soit le niveau effectif du changement.
Evolution de la température moyenne annuelle mondiale de 1850 à 2022
Politique nationale d’adaptation au changement climatique
La France est l’un des pays les plus avancés en matière de planification de l’adaptation au changement climatique.
Stratégie relative aux risques d’origines glaciaire et périglaciaire Plan d’actions interministériel 2024 – 2026
Lancement de la stratégie de prévention des risques glaciaires et périglaciaires, des mesures de protection des glaciers et des écosystèmes post-glaciaires,
Renforcement du soutien de l’État aux territoires montagneux.
Une stratégie qui s’inscrit dans le cadre du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC)
3e Plan national d’adaptation au changement climatique
Pour avancer de manière coordonnée sur le sujet de l’adaptation au changement climatique, la France s’est dotée d’une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Définie à partir du scénario tendanciel, elle doit servir de référence à toutes les actions d’adaptation menées en France.
Intensité et durée des vagues de chaleur observées / attendues. La taille des bulles indique la sévérité de la vague de chaleur : elle est proportionnelle à la chaleur cumulée pendant l’épisode.
Les travaux en cours d’élaboration du 3e Plan national d’adaptation au changement climatique ont ainsi pour socle la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique.
Les 5 axes du PNACC soumis au débat dans le cadre de cette consultation sont :
Protéger la population des effets du changement climatique
Assurer la résilience des territoires, des infrastructures et des services essentiels
Adapter les activités humaines : assurer la souveraineté alimentaire, économique et énergétique de notre pays à +4°C
Protéger notre patrimoine naturel et culturel
Mobiliser les forces vives de la Nation pour réussir l’adaptation au changement climatique
Axes en débat
Axe 1 – Protéger la population des effets du changement climatique
Ce premier axe du PNACC renforce ou instaure de nouvelles mesures d’action pour protéger la population face aux effets déjà perceptibles du changement climatique. Ainsi, des actions sont prévues pour cartographier les risques du changement climatique sur la santé, maintenir un système assurantiel abordable et disponible sur le territoire, limiter les risques liés à l’évolution du cycle de l’eau, à l’accroissement progressif de l’exposition aux risques naturels et, à très court terme, des effets des fortes chaleurs, que ce soit dans les logements, au travail ou en environnement urbain. Des actions de déploiement des solutions fondées sur la nature doivent permettre de réduire la vulnérabilité des territoires aux impacts du changement climatique. Des mesures spécifiques sont prévues pour les populations les plus vulnérables, en particulier les personnes précaires. Des adaptations sont également prévues pour les territoires ultra-marins dans lesquels le changement climatique a des impacts différents de ceux constatés dans l’Hexagone et impose des mesures particulières.
Axe 2 – Assurer la résilience des territoires, des infrastructures et des services essentiels
Le deuxième axe du PNACC décline la dimension territoriale du plan avec les actions touchant à la politique territoriale de l’eau et s’appuie sur la construction des stratégies d’adaptation propres à chaque collectivité territoriale. Il prévoit des mesures visant à intégrer les enjeux de l’adaptation dans toute l’action publique dans les territoires, tant en matière de financement de projets et d’ingénierie territoriale que de stratégie de planification publique, avec une trajectoire de réchauffement s’imposant progressivement lors de leur mise à jour à tous les documents locaux de planification. Cet axe affiche également plusieurs mesures d’adaptation des services publics et des grands réseaux d’infrastructure à l’évolution du climat, comme la continuité de l’enseignement, la résilience des transports ou encore des infrastructures critiques d’énergie et de télécommunications.
Axe 3 – Adapter les activités humaines : assurer la souveraineté alimentaire, économique et énergétique de notre pays à +4°C
Le troisième axe du PNACC se concentre sur les actions visant à assurer la résilience de l’économie française, avec des actions touchant l’ensemble des secteurs économiques et d’autres actions ciblant plus particulièrement les secteurs d’ores et déjà identifiés comme les plus vulnérables aux effets du changement climatique : l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, la pêche, le tourisme, l’industrie du bois… Les filières économiques seront plus ou moins impactées selon la localisation de leurs infrastructures, leurs procédés de fabrication, leurs chaînes d’approvisionnement et leurs débouchés, y compris à l’étranger. Les filières économiques jouent surtout un rôle essentiel pour déployer des solutions d’adaptation, et innover pour répondre à ce nouveau défi. Un ensemble de mesures est prévu pour construire et leur fournir les outils pour intégrer la question du climat futur dans leurs décisions structurantes.
Axe 4 – Protéger notre patrimoine naturel et culturel
Le réchauffement climatique va impacter nos milieux naturels et notre patrimoine culturel. En complémentarité avec les stratégies et plans d’actions déjà existants, en particulier la Stratégie Nationale Biodiversité (SNB) et le Plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau (« Plan Eau »), le PNACC vient renforcer les actions en faveur de l’adaptation de l’ensemble des milieux naturels afin que notre société continue à bénéficier des services écosystémiques qu’ils rendent. Il s’agit d’actions de connaissances et d’évolution progressive des actions de conservation. Pour ce qui est du patrimoine culturel, des actions immédiates doivent être prises pour les sites fragiles qui se traduiront par des plans d’adaptation dédiés aux sites classés et sites UNESCO les plus vulnérables.
Axe 5 – Mobiliser les forces vives de la Nation pour réussir l’adaptation au changement climatique
Le développement et la mise en œuvre de solutions pour l’adaptation et la lutte contre la mal-adaptation doivent reposer sur des études scientifiques solides qui nécessitent une mobilisation forte des acteurs de la recherche notamment autour de grands programmes. La question de la mobilisation et de la négociation avec les parties prenantes, institutionnelles et citoyennes, est également centrale pour réussir le pari de l’adaptation à l’heure de l’affirmation d’un nouvel élan qui s’incarne dans le PNACC. L’objectif derrière la liste de ces mesures est que chaque acteur, chaque corps de métier prenne dans son travail et son quotidien le réflexe de l’adaptation. Cette mobilisation se construit dans le processus de consultation, mais il s’agit aussi de construire les conditions pour cette mobilisation de long terme par des dispositifs de gouvernance représentatifs et adaptés, par une expertise interdisciplinaire de la part de la communauté scientifique, par de la formation et de la sensibilisation, notamment des élus et agents publics et par la mise à disposition de données permettant de sensibiliser les acteurs et d’éclairer leurs décisions. La mobilisation de la jeunesse est également cruciale dans le défi de l’adaptation, avec une mobilisation du service civique écologique dans des missions dédiées à la prévention des risques.
Document complet de présentation du Plan national d’adaptation au changement climatique
Annoncé le 25 octobre dernier par le Premier ministre, Michel Barnier, le PNACC planifie en 5 axes déclinés et 51 mesures la stratégie de la France pour adapter l’ensemble de la société au dérèglement climatique. ↩︎
Le modèle économique dominant est au cœur des problèmes sociaux et environnementaux actuels : il n’y aura pas de transition (écologique, sociale et sociétale, économique et politique) sans un changement de modèle économique, au service d’un autre modèle de développement des territoires. Ce référentiel s’attache plus spécifiquement au modèle économique «territorial» correspondant à notre « pouvoir d’agir », tout en ayant conscience des changements de conjoncture et de cadre qu’introduisent les inflexions de politique économique nationale comme internationale.
La notion de modèle économique
Les dynamiques économiques relèvent de trois niveaux généralement dénommés comme :
micro : périmètre de l’entreprise – cf fiche n°5
méso : secteurs d’activité et territoires infranationaux
macro qui sont articulés et interdépendants les uns aux autres.
Ce référentiel s’attache plus spécifiquement au modèle économique «territorial» correspondant à notre « pouvoir d’agir »
Un acteur économique est une personne morale qui, au regard d’un ensemble de finalités qu’il souhaite porter, conçoit, réalise un ensemble de biens et de services destinés à un ou plusieurs types de bénéficiaires. Il perçoit de ces activités des revenus, des recettes ou des contributions…
Cette personne morale peut avoir différents statuts : de droit privé (SA, SARL, Scop, SCIC…), associatif, mixte (SEM) ou public (Syndicat intercommunal, Société Publique Locale).
Par extension nous pouvons (pourrions ?) parler du modèle économique des collectivités, qui elles aussi produisent des biens / services, avec un système de revenus / recettes spécifique.
Quel que soit le statut, nous pouvons décrire et analyser le modèle économique existant de l’acteur au travers de six registres, qui s’articulent entre eux autour de la mobilisation du travail des personnes dans une visée de création de valeur. Cette première étape permet de poser un premier état des lieux pour s’inscrire dans une dynamique de transformation et d’évaluation d’un nouveau modèle économique
Référentiel pour une économie de la fonctionnalité et de la coopération au service des territoires en transition
Le modèle industriel
Le modèle économique dominant est issu du « modèle industriel » fondé sur une logique de vente de biens et de services standardisés, associée à une recherche de production en volume : il incite donc les acteurs économiques à utiliser plus de matières, plus d’énergies, pour produire plus de biens ou de services.
Cette logique, consistant à indexer le volume des biens et des services vendus et le chiffre d’affaires, imprègne fortement nos modes de pensée, nos organisations et s’avère incompatible avec les enjeux du développement durable.
Cette dynamique est à l’œuvre aussi bien dans les entreprises ayant une activité industrielle que dans celles dont l’activité relève des services.
Cette vidéo présente la manière dont la dynamique servicielle fait rupture avec le modèle industriel
Décrire son modèle économique
Dans les relations, identifier :
les différents bénéficiaires d’effets utiles (bénéfices pour les personnes ou d’autres acteurs économiques, institutionnels), y compris les bénéficiaires indirects.
ce qui ressort de dimensions de travail, de relations monétaires (relation entre un prescripteur, un opérateur, s’il y a une rémunération apportée directement ou indirectement par les bénéficiaires), ce qui est lié par une dimension contractuelle / juridique.
Le modèle économique présenté par Christian Du Tertre, Directeur Scientifique d’Atemis
Appréhender la multiplicité des dimensions de valeur
La valeur recouvre conjointement plusieurs domaines de préoccupation des acteurs engagés dans des Transitions. Trois principaux champs se dégagent :
Une dimension d’utilité sociale qui se traduit par une capacité à prendre en compte des enjeux sociaux, sociétaux et à accompagner l’émergence de modes de vie et d’engagements dans le travail qui soient désirables et soutenables ;
Une dimension « écologique » qui se traduit, notamment, par une capacité des actions à prendre en charge les enjeux de la préservation et du développement de la biodiversité, comme des enjeux climatiques ou de préservation, renouvellement des ressources (matière, énergie) ; En d’autres termes, contribuer à rendre habitable, vivable notre Terre ;
Un développement économique des activités qui permette de créer de l’emploi sur le territoire, de relocaliser les activités productives et pérenniser le développement des acteurs économiques locaux.
Comment apprécier la valeur créée ?
Pour appréhender et qualifier la valeur créée dans ces trois champs, s’intéresser d’une part aux effets utiles pour différentes catégories de bénéficiaires, d’autre part aux effets d’externalités.
Quelle conception avoir de la valeur ? Est-elle uniquement appréhendée à travers les aspects monétaires et financiers de l’activité (ex : le chiffre d’affaires) ou du territoire (le produit intérieur brut) ? Si ce n’est pas le cas, comment apprécier, qualifier la valeur créée par une activité, un acteur économique ? Uniquement à travers les aspects dénombrables et mesurables des biens, des services, des ressources créées ? Sinon, comment appréhender et développer ce qui compte mais ne se mesure pas ?
La valeur d’un bien dépend des services qui lui sont associés
Du point de vue des collectivités locales
Comme toutes les entreprises, les collectivités ont du mal à apprécier la valeur créée et recourent à des modalités classiques d’évaluation : mesure de l’efficacité et de la qualité des services publics.
Pourtant, les collectivités locales sont à la fois productrices d’un service public directement créateur de valeur mais aussi prescriptrices au travers de la commande publique – de l’achat public. Or, formaliser un cahier de charges de propreté des locaux qui mette en avant des fréquences et des mètres carrés à nettoyer ne rend pas compte de la valeur liée à la mise en propreté des locaux.
Dans cette perspective, il est intéressant de poursuivre le travail depuis les collectivités locales : reconnaitre les effets utiles et les élargir aux externalités positives (voire négatives) générés par le service public rendu par la collectivité et ce faisant reconnaitre l’apport des agents publics, au-delà de leur périmètre d’intervention.
Décrire les effets utiles d’un service pour ses bénéficiaires
Les ressources immatérielles
Les ressources immatérielles évoquées ici, sont des ressources économiques liées à l’activité de travail. Elles se différencient de la notion d’actifs immatériels, qui correspondent à une démarche de valorisation comptable de l’entreprise à certains moments de la vie de l‘entreprise. Elles se différencient aussi du capital immatériel, qui correspond à des notions de type « RH ».
Les ressources immatérielles se développent dans la durée – sous réserve de mettre en œuvre des dispositifs d’investissement immatériels.
Attention aux contresens : immatériel et dématérialisation ne sont pas synonymes. La dématérialisation est le processus qui consiste à passer d’un support physique à un support numérique. Cependant, le numérique n’est pas « immatériel » : il mobilise même beaucoup d’énergie et de matière (pour produire les composants électroniques, les serveurs, les réseaux).
Les quatre registres de ressources immatérielles
Les ressources immatérielles présentent un ensemble de caractéristiques qui les distinguent des ressources matérielles.
A l’opposé des ressources matérielles qui s’épuisent lors de leur usage (d’où un amortissement comptable) ou sont consommées dans la production, les ressources immatérielles peuvent se développer dans l’activité productive.
Elles ont ainsi la particularité de pouvoir se développer dans la durée, mais peuvent aussi se dégrader brutalement sous l’effet d’un évènement imprévu. D’où l’enjeu de veiller à leur soutien.
Les ressources immatérielles sont des ressources non mesurables et non dénombrables, mais elles sont évaluables : on peut en prendre compte à travers un « système de preuves » robuste.
Quelles sont les ressources immatérielles présentes au sein de votre organisation ou votre territoire ?
Développement économique et sobriété : l’effet ciseau
Face aux enjeux environnementaux, notre modèle économique global doit relever le défi majeur de permettre le développement des activités économiques tout en réduisant le recours aux ressources naturelles qui ne sont pas renouvelables et / ou dont l’exploitation est source d’externalités négatives importantes.
Abordé au travers de la sobriété, cette question a pris soudain une place importante dans le paysage médiatique, suite à la guerre en Ukraine qui a entrainé une augmentation des prix de l’énergie et, couplé à d’autres causes plus locales, un risque de coupures électriques l’hiver 2022 / 2023. Depuis lors, la sobriété est promue comme une orientation en termes de politiques publiques.
Dans cette fiche, découvrez pourquoi le modèle économique industriel ne permet pas de prendre en charge cet enjeu de sobriétéet ce que l’EFC amène comme réponses.
C’est une reprise – adaptation de l’article Sobriété et Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération rédigé en juillet 2022 par Christian du Tertre, directeur scientifique du laboratoire d’intervention et de recherche ATEMIS
L’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC) privilégie la sobriété et la performance d’usage, à travers une offre intégrée de biens et de services associés. Cette fiche pratique vous accompagne pour engager la transition de votre entreprise industrielle.
Les limites du modèle économique dominant, du point de vue des acteurs économiques
Pour expérimenter de nouveaux modèles économiques qui permettent de prendre en charge les enjeux environnementaux et sociaux de notre temps, il est important de comprendre pourquoi et comment le modèle dominant actuel enferme si souvent les entreprises et les collectivités dans des limites ou impasses.
Cette seconde partie s’intéresse à ces limites, ici pour les entreprises (quel que soit leur statut) ; et pour les collectivités dans la Fiche suivante, avec une forme renouvelée de développement territorial.
Dans ce document, vous découvrirez comment on est passé du régime de développement d’après-guerre à un nouveau régime à partir des années 80, « hyper-industriel, globalisé et financiarisé ».
Puis, sont décrites les caractéristiques et les impasses de ce nouveau régime ainsi que les parades mises en place. Les conséquences pour les entreprises clôtureront la partie « contenu » de cette fiche avant un exercice qui vous permettra de poser cette question des limites dans un contexte que vous aurez choisi.
Les limites identifiées concernent-elles mon entreprise ?
Les limites du modèle dominant du point de vue des collectivités
Pour expérimenter de nouveaux modèles économiques qui permettent de prendre en charge les enjeux environnementaux et sociaux de notre temps, il est important de comprendre pourquoi et comment le modèle dominant actuel enferme si souvent les entreprises et les collectivités dans des limites ou impasses.
Cette seconde partie s’intéresse à ces limites, ici pour les collectivités après avoir traité des limites pour les entreprises dans la Fiche N°5.
Une forme renouvelée de développement territorial.
Dans ce document, vous découvrirez comment les mutations économiques à partir des années 70 ont impacté les territoires et les ont notamment fait passer d’une logique de mise en concurrence à l’échelle nationale, parfois européenne, à une mise en concurrence à l’échelle mondiale.
Les évolutions institutionnelles et les évolutions des politiques publiques vous permettront de comprendre comment développement économique et développement du territoire sont liés aujourd’hui.
Cette partie permet d’aborder les limites rencontrées par les collectivités territoriales quant à leurs dynamiques et leur modèle de développement et notamment la difficulté à mettre en place des réponses permettant de résoudre les problèmes rencontrés.
Une forme renouvelée de développement territorial
Découvrir ce que le référentiel EFC propose pour construire une forme renouvelée de développement territorial.
Cette fiche n°7 aborde la question des dispositifs d’évaluation de la valeur créée par les activités : comment évaluer ce qui ne se mesure pas, soit les différentes dimensions précédemment présentées, pour ne pas se restreindre à la dimension monétaire de la valeur ? Les enjeux associés à la mise en place de ces dispositifs sont également présentés.
Les acteurs économiques s’intéressent traditionnellement à 3 registres de valeur :
la qualité (des biens ou des services),
la productivité (= les moyens mobilisés pour produite une unité de bien ou de service)
et la rentabilité.
La fiche n°8 revient sur les déterminants de productivité dont la conception, issue de l’ère industrielle et productiviste, est très prégnante.
Pour compléter ce chapitre sur le pilotage par la valeur, la fiche n°9 aborde la question des revenus et contributions.
L’écologie s’inscrit dans un nouvel équilibre : moins abstraite, plus concrète, davantage liée au vécu et aux préoccupations des Français. C’est l’idée qui ressort du baromètre annuel Les Français parlent climat 2026, réalisé par Parlons Climat auprès de 5000 répondants. En 2025 on parlait de plus en plus de “backlash” environnemental mais qu’en est-il vraiment ? Comme souvent, c’est un peu plus compliqué quand on se penche sur l’état d’esprit des Français.
Les enjeux climat et environnement s’inscrivent désormais dans un entre-deux, fait d’une polarisation politique plus marquée à droite et d’un ralentissement du soutien déclaré à la transition ; alors que dans un même temps l’écologie du vécu, celle qui touche au cadre de vie et à la préservation de notre santé, rassemble et est largement plébiscitée par les Français. C’est donc sur ce double-tableau que s’ouvre cette nouvelle séquence 2026, avec son lot de défis et d’opportunités.
4 idées phares à retenir du Baromètre 2026
Un Français sur deux se dit très inquiet ; en particulier en matière d’eau potable et d’alimentation
1- L’écologie tend à s’imposer et à se normaliser dans les modes de vie. Végétarisme, voiture électrique, déplacements à vélo, rénovation thermique, panneaux solaires, ne sont plus des pratiques isolées.
La majorité des Français connaissent et/ou côtoient des citoyens ayant des pratiques écologiques
2 – Les enjeux de santé, de plus en plus prégnants, mettent tous les électorats d’accord : moins de pesticides, plus de surface agricole en bio.
Vision des enjeux écologiques : la protection de la nature rassemble
3 – L’autonomie, terme particulièrement positif aux yeux des Français, tend à s’imposer sur fond de tensions géopolitiques.
Les mots d’autonomie, convivialité, nature, indépendance, progrès, protection, démocratie sont connotés positivement pour plus de 70% des répondants
4 – Enfin, si on observe bien une baisse sur certains indicateurs de soutien à l’écologie à droite de l’échiquier politique, il semble plus juste de parler de phénomène de polarisation que de backlash.
Un Français sur quatre estime que son parti préféré ne prend pas assez en compte le climat
Beaucoup d’autres enseignements sont à découvrir dans l’étude complète
Les Français parlent climat 2026
Polarisation politique et normalisation des modes de vie, les deux sons de cloche de la transition écologique
En 2026, les indicateurs de soutien au climat et à l’environnement enregistrent de légères baisses, cependant plus fortes à droite de l’échiquier politique, traduisant un phénomène de polarisation, plus qu’un recul en arrière. Ainsi les enjeux environnementaux restent une priorité pour 24% des Français (-2 pts vs. 2025) et les politiques publiques restent majoritairement soutenues par la population (8 sur les 13 politiques suivies), malgré une baisse notable de ce soutien en 2026.
En parallèle, on note qu’une forme de proximité s’est installée entre les Français et la transition. Cela se traduit notamment dans les modes de vie avec près des deux tiers des Français déclarant côtoyer des individus ayant des pratiques écologiques (voiture électrique, rénovation énergétique, végétarisme, panneaux solaires, déplacements en vélo) et une évidence que le processus de transition engagé doit se poursuivre (seuls 8% des Français estiment que les responsables politiques en font déjà trop).
Un son de cloche l’on retrouve en période d’élections municipales dans d’autres sondages. “63 % des Français se disent gênés de voter pour un candidat remettant en cause les mesures de transition écologique déjà engagées dans leur territoire” (Ifop X RAC) et “70% des élus municipaux mettent l’environnement dans leur top 3 des enjeux prioritaires pour le prochain mandat.” (Grande Consultation, The Shift Project).
Des enjeux santé montants, notamment ceux liés à l’alimentation
Si les Français se déclarent préoccupés par la question de la pollution, c’est celle de l’eau potable et de leur alimentation qui les inquiète le plus fortement (respectivement 63% et 60% se disent “très inquiets”). Des sujets qui touchent d’ailleurs plus particulièrement les femmes (+11 pts par rapport aux hommes).
Dans un contexte marqué par plusieurs scandales sanitaires ces derniers mois et années (PFAS, cadmium, algues vertes…), le niveau de soutien aux politiques publiques visant à réduire le recours aux pesticides et à tripler la surface agricole en bio ne faiblit pas (respectivement 84% et 71% de soutien), et reste majoritaire dans tous les électorats.
La santé demeure donc un sujet de préoccupation majeur pour le pays, le troisième derrière le pouvoir d’achat et l’insécurité, comme l’année passée. Or le lien entre protection de l’environnement et protection de la santé apparaît de plus en plus évident aux Français qui sont 76% à avoir déjà entendu parler de ce lien et 75% à affirmer que prendre soin de l’environnement c’est aussi prendre soin de notre santé.
L’autonomie comme horizon désirable
L’année 2026 s’ouvre sur une montée des tensions géopolitiques dont le niveau de priorisation de la part des Français dépasse à présent celui des enjeux climatiques et environnementaux. Ainsi, 28% mettent les tensions internationales dans leur 3 priorités pour le pays (+ 7pts en un an), contre 24% pour l’environnement (- 2pts).
Pour autant, ces deux enjeux se recoupent. Quand il est question d’évoquer des propositions de société idéale, l’idée d’une consommation “produite localement par de petites entreprises” est majoritaire, et ce, dans tous les électorats. Plus de 6 Français sur 10 adhèrent à l’idée que “remplacer les énergies fossiles comme le pétrole, c’est sortir de la dépendance aux pays qui nous en vendent”.
Notons que l’indépendance est aussi une valeur particulièrement forte au niveau individuel. “S’en sortir par ses propres moyens” est même la première source de fierté des Français devant la nationalité française (84% vs. 72%). Les termes “indépendance” et “autonomie” sont d’ailleurs largement connotés positivement (75% et 82%).
Autant d’indicateurs qui donnent à penser la transition écologique comme un moteur de souveraineté dans tous les domaines (énergétique, alimentaire, industriel, numérique…)
Les Français parlent climat 2025 : Quelles perspectives dans un contexte nouveau ?
En bref
➡️ La priorisation du sujet climat recule. Mais de – 4pts par rapport à 2022. Et il s’agit surtout d’une dépriorisation au vu d’un contexte de crises multiples qui inquiète énormément les Français.
➡️ La transition écologique pâtit de la défiance, intense, vis-à-vis de l’État et des politiques. Mais les mesures climatiques restent en grande majorité acceptées, voire consensuelles, dans l’opinion publique.
➡️ Les oppositions sont en augmentation (climatoscepticisme, techno-solutionnisme), mais elles ne se traduisent pas par une opposition systématique aux politiques publiques.
➡️ La part de Français qui pensent qu’on ne parle pas assez du climat dans les médias diminue (cf. ADEME), mais on est encore loin d’avoir entendu tous les acteurs perçus comme légitimes pour porter le sujet, notamment les élus locaux et les acteurs économiques.
1. Contexte général : vision de la société et du politique
La défiance gagne du terrain dans un monde qui fait de plus en plus peur
La défiance impacte le rapport à l’État et à la solidarité
Justice sociale : Dans la définition d’une société juste, le mérite prédomine
3 points majeurs de contexte à prendre en compte
La lutte contre le changement climatique est un enjeu de coopération conditionnelle, au niveau national et international. La défiance l’abîme.
L’État joue un rôle central dans les propositions pour la transition écologique, or son intervention est questionnée, avec des manques perçus sur ses missions historiques.
La transition juste se base sur une définition de la justice sociale qui n’est pas univoque. Dans une société du “mérite”, les aides sont un outil qui perd de son évidence.
2. Environnement et climat : un contexte difficile
Le contexte économique tend à éclipser l’écologie
En termes de sujets importants pour le pays, l’environnement est légèrement dépriorisé et passe en 5ème positionLa question du coût de la vie éclipse de plus en plus les préoccupations environnementales.
La priorisation climat reste hétérogène au sein de la population
Une forte croyance dans la capacité du politique à résoudre les problèmes … moins celui du climat
Diriez-vous que si les responsables politiques français le voulaient vraiment, ils pourraient résoudre le problème… ?
Une montée des oppositions, mais un impact sur le soutien aux politiques publiques à relativiser
3. Opportunités et challenges spécifiques
Des politiques publiques qui restent consensuelles
La santé : un lien direct avec le climat à mieux exploiter
Faire le lien entre santé et climat s’impose
Des Français qui disent déjà être informés des solutions à leur portée, sans que cela ne se traduise forcément en passage à l’action
La voiture, un sujet inflammable qui ne se résoudra pas que par l’accessibilité financière
Le soutien aux organisations et mouvements écolos est sociologiquement et idéologiquement marqué
Des émetteurs légitimes pour parler d’environnement et de changement climatique
Les chefs d’entreprise et les marques sont dans leur rôle pour parler climat
Les ONG sont perçues comme légitimes bien que dans le détail, seuls Greenpeace et WWF parviennent à émerger.
Dans les quartiers populaires, les jeunes attendent qu’on les accompagne vers l’action environnementale
La question environnementale intéresse les jeunes habitants des quartiers populaires. Ils et elles sont même prêts à passer à l’action… à condition qu’on leur explique pourquoi et comment, et qu’on leur montre comment ça peut améliorer leur vie. C’est ce qui ressort de l’analyse croisée de plusieurs enquêtes et études.
À compter du 1er janvier 2024, les collectivités territoriales sont dans l’obligation de fournir une solution de tri et de valorisation (par compostage ou méthanisation) à leurs populations. À en croire certains titres de presse, la mise en place du compostage relèverait de l’innovation. Pourtant, ce processus est tout sauf récent, comme le rappelle Émile Zola dans son roman La Terre, qui, dans une scène où Jean Macquart, ouvrier agricole, réalise son compost à partir des « ordures du pays entier », conclut que « tout ce qui vient de la terre est bon à renvoyer à la terre ».
Malgré la longue histoire du compostage, la loi du 1er janvier 2024 est toutefois loin de signer un retour à des traditions agricoles ancestrales. En effet, depuis le XIXe siècle, la pratique du compostage en France a connu un drôle de destin au gré de la gestion des déchets ménagers, des guerres, des chocs pétroliers et de la crise climatique.
Massification des déchets : circulez, il n’y a rien à voir ? Des piétons passent devant des poubelles pleines dans le 5e arrondissement de Paris, pendant la grève des éboueurs contre la réforme des retraites, le 17 mars 2023. Bertrand Guay/AFP
Composter les restes urbains pour nourrir les sols
Au XIXe siècle en France, les pratiques de compostage répondent à une préoccupation centrale : comment nourrir des populations urbaines qui ne cessent de croître ? On doit à la chercheuse Sabine Barles d’avoir mis en lumière les fortes relations qu’entretiennent la ville de Paris et sa campagne, que l’auteure désigne par l’expression de « métabolisme urbain ».
Tout au long du XIXe siècle, la capitale est nourrie grâce aux excédents alimentaires produits dans les campagnes environnantes, tandis que les restes urbains sont acheminés vers les zones agricoles afin de servir de fertilisants dans un contexte de « chasse à l’engrais », le fumier étant jugé insuffisant pour fertiliser les sols. Ces restes, loin de se limiter aux déchets alimentaires visés par la loi du 1er janvier 2024, rassemblent de multiples matières organiques – boues de rue, excréments ou encore carcasses d’animaux provenant des abattoirs parisiens.
Les politiques d’aménagement haussmanniennes de la fin du XIXe siècle conduisent à de profondes transformations de ce métabolisme urbain. L’arrêté d’Eugène Poubelle de 1883, par exemple, oblige les propriétaires à fournir à leurs locataires un récipient muni d’un couvercle. Cet arrêté, qui ne va pas sans résistance de la part de la population et des chiffonniers, s’inscrit plus généralement dans un mouvement de transformation de la ville qui conduit à l’« invention des déchets urbains » : les matières auparavant réutilisées sont de plus en plus dépréciées au profit de matériaux chimiques, les transformations morphologiques des villes éloignent les zones agricoles et rendent plus difficile le transport des matières organiques vers les campagnes.
Malgré ces évolutions notables, le XXe siècle reste marqué par de profondes ambivalences en matière de compostage. D’un côté, certains épisodes historiques ravivent la demande rurale en engrais organiques : pendant la Seconde Guerre mondiale, une forte pénurie en engrais chimiques et en fumier favorise l’utilisation des restes organiques en agriculture. D’un autre côté, les engrais chimiques deviennent prédominants dans l’agriculture à partir de 1945, tandis que le recours à l’incinération des déchets ménagers s’impose progressivement au cours du XXe siècle, et de manière décisive après les années 1970 : les chocs pétroliers érigent l’incinération – et sa production de chaleur – comme la solution technique à privilégier.
Composter, un acte militant
À partir des années 1990, et encore plus des années 2000, le compostage revient au goût du jour sous une forme inédite, celle du compostage dit « de proximité ». Réalisé par des bénévoles à proximité de leur domicile, généralement dans des parcs et/ou jardins, le compostage de proximité est présenté comme un moyen de gérer écologiquement les restes alimentaires domestiques – seuls déchets concernés désormais – mais aussi de créer du lien social dans un quartier.
Loin de la chasse à l’engrais qui caractérise les époques précédentes, le compostage de proximité est investi par celles et ceux qui le pratiquent comme une modalité de lutte contre la surproduction de déchets, parfois qualifiée d’aberration – incinérer les déchets organiques reviendrait ainsi à « brûler de l’eau ». Il faut dire que les préoccupations du début du XXIe siècle diffèrent nettement de celles du XIXe siècle. C’est dans un contexte de crise climatique que se déploie le compostage de proximité, généralement porté par une population urbaine diplômée issue des classes moyennes et supérieures, qui cherche à verdir son mode de vie.
Le compostage de proximité, loin d’être un phénomène d’ampleur, est donc une pratique située socialement. Pour autant, plusieurs sociologues mettent en avant le caractère subversif du compostage domestique ou de proximité par opposition au recyclage du plastique qui favorise in fine la perpétuation d’un modèle productiviste et capitaliste. Gérer soi-même ses déchets, prendre conscience de leur volume, observer leur décomposition crée une rupture avec le système centralisé de gestion des déchets, et son incitation à se défaire de la responsabilité de leur gestion une fois les déchets déposés à la poubelle.
Le Réseau Compost Citoyen organise la 12ème édition de Tous au Compost !, la quinzaine nationale dédiée au compostage de proximité.
Du 29 mars au 13 avril 2025, plus de 2 000 événements auront lieu partout en France pour sensibiliser et mobiliser citoyen.nes, collectivités, élu.es, entreprises, établissements scolaires et associations, autour de la gestion des biodéchets.
Face aux enjeux environnementaux et règlementaires liés aux biodéchets, Tous au Compost ! 2025 met l’accent sur la collaboration et l’engagement collectif pour adopter des pratiques plus durables et renforcer la santé des sols.
Placée sous le thème « Ensemble pour nourrir le sol », cette édition est également l’occasion pour le Réseau Compost Citoyen d’interpeller citoyen.nes et collectivités afin d’accélérer le déploiement de solutions locales et durables. Une thématique qui s’inscrit pleinement dans les débats à venir, à l’approche des élections municipales de 2026, concernant les politiques environnementales locales.
Un nouveau visage du compost ?
Au cours des années 2010, les pouvoirs publics se saisissent de la question des déchets organiques et rendent obligatoires pour les « gros producteurs » (à partir de 5 tonnes par an) le tri et la valorisation des déchets organiques. Ces obligations règlementaires croissantes favorisent l’émergence de petites entreprises spécialisées dans la collecte et le compostage des déchets alimentaires à l’échelle locale, telles que les Détritivores à Bordeaux. Les services de ces entreprises, dans un premier temps dédiés aux commerces alimentaires, ont été étendus aux habitations dans certaines métropoles.
On assiste ainsi à une modification en profondeur du modèle économique du compostage. Auparavant bénévole, autogéré et (presque) gratuit, le compostage devient une activité professionnelle, marchande et industrielle. Déployés par des ex-cadres du secteur privé, les services de collecte et de compostage des déchets organiques réinstaurent un système où la gestion des déchets est déléguée à des industries spécialisées, dont l’ambition est de traiter une bonne partie des 40 millions de tonnes de déchets organiques produites par an en France.
Plus ou moins subversives, les pratiques contemporaines de compostages domestiques et professionnelles ont en commun d’être avant tout une réponse à la surproduction de déchets alimentaires, bien loin du retour à des relations complémentaires entre ville et campagnes que suggère le concept d’« économie circulaire ». Les nouvelles entreprises spécialisées mettent cependant en avant leur volonté de produire un compost à même de nourrir les sols agricoles. Pourtant, l’enquête que j’ai menée auprès de plusieurs de ces entreprises permet de souligner la difficulté que ces dernières ont à développer une véritable filière pour ce fertilisant agricole. Dans l’entreprise nantaise de collecte et de compostage étudiée, la vente de compost représente un chiffre d’affaires de 900 euros en 2020, soit… 2 % du chiffre d’affaires, les 98 % restants provenant de la vente des services de collecte.
Valoriser les utilisations agricoles du compost reste encore difficile pour les nouveaux entrepreneurs du compost. Maud Hetzel, Fourni par l’auteur
Alors qu’une salariée avait été recrutée pour développer la vente de compost en 2019, cette mission passe finalement au second plan au vu des faibles ressources économiques que cela apporte à l’entreprise. Les entreprises sont alors financées avant tout en tant pour leur activité de gestion des déchets, tout comme les politiques d’économie circulaire sont elles aussi pensées en premier lieu comme un moyen de prendre en charge des quantités considérables de déchets. Tous ces éléments mettent en lumière à quel point la chasse à l’engrais du XIXe siècle a laissé place à une chasse au déchet, dont la production démesurée est au cœur des préoccupations contemporaines.
La nouvelle loi
La loi du 1er janvier 2024 suscite un fort enthousiasme dans le monde du compostage, aussi bien du côté de celles et ceux qui pratiquent le compostage partagé que des entreprises de collecte. Le relatif flou de l’obligation règlementaire qui s’applique désormais aux collectivités laisse présager une grande diversité de mises en pratique. Tandis que dans les zones rurales, on peut s’attendre à ce que le compostage domestique soit privilégié, les collectivités urbaines insistent sur la nécessité de proposer un « panel de solutions » à leurs populations, cumulant ainsi compostage de proximité et systèmes de collecte, ces derniers pouvant être gérés directement par la collectivité ou délégués à des prestataires.
L’enthousiasme que suscite la généralisation du tri et de la valorisation des déchets organiques ne doit pas faire oublier que, si toutes ces solutions de compostage ne sont pas aussi subversives les unes que les autres, la question du retour au sol du compost est la grande oubliée de ces politiques publiques, tant c’est la surproduction de déchets qui est au cœur de nos préoccupations.
Jadis de simples rebuts à mettre à la poubelle, nos déchets sont devenus une ressource à recycler et à valoriser. Ce glissement linguistique ne témoigne pas seulement de l’essor de l’économie circulaire, mais aussi d’un rapport intime au déchet, en pleine évolution dans les familles. Dans ce contexte, jeter peut aussi devenir un échec, composter une fierté et posséder une poubelle normale… presque une faute morale, soulignent des travaux récents d’anthropologie sociale.
Le problème ? Le tri élude l’enjeu de société qui impose de produire moins de déchets. En fin de compte, ce sont les individus qui sont tenus pour responsables du bon déroulement du tri, alors que le recyclage est aussi l’affaire des industriels.
Les mots de la gestion des déchets : quand le langage façonne nos imaginaires. Le tri des déchets peut avoir des effets inattendus. RawpixelCom/Shutterstock
À l’heure où la transition énergétique modifie progressivement nos modes de consommation et de production, les données sur l’électricité jouent un rôle central dans les politiques territoriales, l’évolution des offres sur le marché, l’adaptation des comportements des consommateurs et le développement des énergies renouvelables. « Électricité : les données au service de la transition », la nouvelle note de La Fabrique Écologique explore comment les pouvoirs publics peuvent encourager les évolutions des pratiques et les décisions des acteurs – ménages, entreprises et collectivités – au service de la transition énergétique, tout en protégeant les consommateurs.
Pour une nouvelle éthique de la modélisation énergétique
La part de l’électricité dans notre consommation d’énergie en 2050 devrait se situer légèrement au-dessus de 50 %, soit deux fois plus qu’aujourd’hui ; cela laissera encore une large place à d’autres formes d’énergie finale (gaz, carburants liquides, bois-énergie)1.
Les bioénergies : quelle place dans la transition énergétique ?
La Note de La Fabrique Ecologique « Les bioénergies : quelle place dans la transition énergétique ? » issue du groupe de travail initié par François Demarcq a un double objectif : rappeler ce qu’est la biomasse, à quoi elle peut servir pour mettre en lumière les limites et les arbitrages nécessaires, et expliciter quelques messages simples pour une prise en compte raisonnée et partagée de la biomasse dans les politiques publiques. Alors que la révision de notre stratégie énergétique est un enjeu majeur pour atteindre la « neutralité carbone » en 2050, cette Note propose de redonner une juste place à la thématique de la biomasse, une source d’énergie majeure et « multiusages » insuffisamment prise en compte dans les débats publics.
Au-delà des objectifs européens et de la planification nationale (PPE2 et SNBC3), la loi a confié d’importantes responsabilités aux collectivités territoriales. Et la mise en œuvre des objectifs relève d’une multitude d’acteurs de terrain, y compris les entreprises et les ménages.
Tous ont besoin de données pertinentes pour décider des actions à conduire.
C’est particulièrement le cas des données relatives à l’électricité, objet de la présente note, mais plus largement pour l’ensemble des données territoriales sur l’énergie.
Au cœur du système électrique, entre producteurs, fournisseurs et consommateurs, les gestionnaires de réseaux de transport et de distribution doivent veiller à l’équilibre permanent du système électrique et adapter leurs infrastructures. Ils collectent, utilisent et mettent à disposition, directement ou par l’intermédiaire de plates-formes mutualisées (associant dans certains cas les gestionnaires des réseaux de gaz), dans des conditions juridiquement encadrées (en particulier pour protéger la vie privée), les multiples données qui permettent aux différents acteurs de prendre des décisions éclairées : « données sur demande » ou « données ouvertes » (open data) selon leur nature.
Tous ces acteurs sont légitimement attentifs à la pérennité, à la disponibilité et à la qualité de ces données. Pour la transition écologique, l’investissement dans les données est donc un enjeu d’intérêt général.
Le secteur électrique est promis d’ici 2050 à une expansion forte par les nouveaux usages (pompes à chaleur, véhicule électrique, etc.) et à une décarbonation totale grâce à la montée en puissance des énergies renouvelables.
La sobriété est indispensable, notamment pour limiter les investissements lourds dans les infrastructures et leurs impacts environnementaux.
Les productions éolienne et solaire n’étant pas forcément « pilotables », un enjeu essentiel pour les décennies à venir consistera à assurer la flexibilité du système, tout en limitant les coûts économiques et écologiques de la transition. Les solutions de stockage sont limitées (stations de pompage hydrauliques) ou chères et très consommatrices de métaux (stockage électrochimique par batteries).
Le recours à d’autres formes d’énergie « stockables » (gaz renouvelable, biomasse…) est une option complémentaire, économiquement intéressante mais probablement limitée à la gestion des pointes de consommation d’hiver.
Les consommateurs (ménages, entreprises, collectivités) sont incités à maîtriser leurs consommations d’électricité : les quantités consommées mais aussi désormais le moment où interviennent les appels de puissance.
La recharge des véhicules électriques et le pilotage fin du chauffage de locaux bien isolés ouvrent de grandes possibilités de flexibilité.
Pour les ménages intéressés, cela pourrait reposer sur l’utilisation des données issues de leurs compteurs Linky et sur la programmation de ces usages en fonction de tarifs « dynamiques », tenant compte de l’état du réseau mais simples à appréhender et protecteurs pour le consommateur.
Ceci suppose de faire évoluer la doctrine des autorités publiques et les textes en vigueur, après concertation avec les associations de consommateurs et les fournisseurs.
Une grande flexibilité de la demande d’électricité des consommateurs permettra de minimiser le recours au stockage, de pallier partiellement la variabilité de la production des énergies éolienne et solaire et ainsi de limiter la volatilité des prix. En consommant au moment où l’électricité est peu chère et décarbonée, on limite les coûts du système électrique, avec un intérêt collectif, économique et environnemental. La répartition de la valeur ainsi apportée par la flexibilité au système devra être régulée sous le contrôle de la CRE, en protégeant les consommateurs.
En parallèle, on peut réduire les coûts et les délais de développement des projets d’énergies renouvelables et améliorer leur planification en simplifiant les outils de mise à disposition des données sur le réseau électrique et l’environnement, au profit des industriels et des collectivités territoriales responsables de la planification locale (notamment pour définir les zones d’accélération des énergies renouvelables).
Trois priorités sont donc essentielles pour l’avenir
1. Considérer la montée en puissance quantitative et qualitative du système de gestion du réseau et des outils et plateformes de données électriques comme un véritable investissement d’intérêt général et veiller à leur utilisation optimale.
2. Encourager les fournisseurs d’énergie à proposer à leurs clients des « tarifs dynamiques » adaptés à leurs données de consommation, accompagnés de moyens techniques de programmation et d’une assistance pour qu’ils puissent en tirer le meilleur parti. Avec un encadrement ad hoc fixé par la CRE en liaison avec le Médiateur de l’énergie, et des moyens humains affectés pour en vérifier activement le respect
3. Mobiliser les moyens de communication, notamment publics (ADEME, ANAH, CRE, RTE, ENEDIS, etc.) pour sensibiliser les consommateurs aux besoins de flexibilité du système électrique, aux solutions techniques et contractuelles disponibles et aux garanties associées en matière de protection des données et d’équilibre des contrats.
Comprendre les causes du réchauffement climatique et les moyens d’action pour l’atténuer, dès le plus jeune âge ! Une exposition de trois panneaux, proposée par le Réseau Action Climat en collaboration avec l’ADEME, présente les causes et conséquences du changement climatique ainsi que des pistes pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et adapter nos activités et nos modes de vie.
Trois panneaux pour expliquer le changement climatique
Pour comprendre tous les aspects du changement climatique, mais aussi comment le limiter et découvrir des moyens d’adapter nos modes de vie, l’exposition est composée de trois panneaux :
Causes et impacts du changement climatique
Pour mieux comprendre à quoi est dû le réchauffement de la planète et les conséquences que cela engendre pour tous les êtres vivants.
Réduire nos émissions de gaz à effet de serre… oui, mais comment ?
Plusieurs mesures à mettre en place aux niveaux individuel et collectif pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
S’adapter au changement climatique, une nécessité
Parce que la planète va continuer à se réchauffer malgré nos efforts, quelques actions pour adapter nos activités et nos modes de vies aux conséquences du changement climatique.
Panneaux d’exposition : Expliquer le changement climatique en classe
Un livret accompagne et complète les trois panneaux d’exposition. Il propose des définitions, des informations et quelques idées d’activités pour aborder ces thématiques en classe.
Expliquer le changement climatique en classe : Livret de l’exposition
Vous avez une idée de projet lié aux sciences participatives ou aux voyages scientifiques, mais vous ne savez pas par où commencer ? Vous êtes enseignant, animateur ou encore scientifique et souhaitez acquérir les compétences et les outils nécessaires pour structurer et concrétiser votre initiative ? A la fois formation et concours, le Hackathon de Terra Scientifica, organisé à Nice dans le cadre de la conférence des Nations Unies pour l’Océan, est un événement unique pour passer de l’idée à l’action.
« Ce hackathon est un Apprentissage par la Pratique » explique Thomas Egli, fondateur de Terra Scientifica, le Salon international des Sciences Participatives et du Voyage Scientifique. « Il permet de donner vie à un véritable projet de sciences participatives et/ou de voyage scientifique. L’idée est de venir avec ses rêves impossibles ou de vieux projets ressortis des tiroirs pour les transformer en réalité. Ce Hackathon va permettre de récupérer des compétences, des outils et de présenter son projet aux décideurs présents à la Conférence des Nations Unies« .
Les #SciencesParticipatives pour l’ #Océan à Nice
Les Sciences Participatives se sont imposées comme un levier puissant pour mobiliser les publics, favoriser l’apprentissage et co-construire des solutions concrètes.
Qu’il s’agisse d’expéditions citoyennes, de voyages scolaires ou de formats immersifs comme le slow travel et les week-ends en famille, ces approches offrent une expérience engageante et transformatrice.
Les bénéfices sont multiples. Les Sciences participatives permettent de renforcer l’esprit critique, d’encourager l’engagement citoyen, de faciliter l’accès des filles aux sciences ou encore promouvoir la solidarité internationale.
De l’astronomie à la biodiversité, en passant par l’ingénierie, les low-techs ou l’autonomie alimentaire, tous les domaines scientifiques et techniques peuvent s’enrichir de cette dynamique collective. Pour ceux qui souhaitent impulser un projet porteur de changement ou donner un nouvel élan à une initiative existante, ce hackathon est l’opportunité de venir seul-e ou en équipe et d’agir ensemble.
Seul-e ou en groupe, inventez et créez le voyage de vos rêves
Pour qui ?
Enseignant-e-s du primaire et du secondaire, pour enseigner des objectifs du programme scolaire via un projet concret et passionnant de sciences participatives.
Guides d’Agences de Voyages, de Parcs Nationaux, Régionaux, Musées…, pour impliquer les voyageurs/visiteurs sur un apprentissage ludique par des activités utiles au projet de votre organisme ou pour créer de nouveaux séjours et de nouvelles activités au catalogue de votre structure.
Ingénieur-e-s, Chercheurs-euses pour pouvoir créer un projet de Recherche scientifique participatif qui permette d’impliquer les citoyen-ne-s à toutes les étapes de la recherche.
Animateurs-trices scientifiques qui veulent s’engager dans les Sciences Citoyennes et la Recherche Participative pour savoir quelle progression pédagogique mettre en place afin de pouvoir monter votre public en capacité et en implication à propos du projet de sciences participatives que vous avez choisi.
Elu-e-s locaux de Communes, Conseils départementaux, Conseils régionaux pour savoir comment transformer en projet participatif sur son territoire une problématique rencontrée localement ou pour pouvoir co-piloter la conduite de ces projets par le personnel éducatif de votre commune (centres de loisirs, foyers…).
Destiné aussi bien qu’aux enseignants, animateurs, chercheurs du monde entier, le hackathon est l’occasion de présenter son projet aux acteurs présents pendant la Conférence des Nations Unies. Crédit photo : Terra Scientifica
Quand et où ?
Ce Hackathon est organisé durant toutes les après-midi pendant 10 jours du mardi 3 juin au jeudi 12 juin 2025, à Nice, dans le cadre de la 3e Conférence Mondiale de l’ONU pour l’Océan. En vous inscrivant à cet hackathon, vous pourrez profiter du programme de ces 2 semaines d’événements internationaux qui auront lieu tout du long à Nice.
En sortie de la formation, vous repartirez avec une esquisse complète de projet ficelée et viable à la fois sur le plan scientifique, pédagogique, logistique et financier, prêt à être mise en oeuvre sous la forme d’un avant-projet. Les meilleurs projets pourront être primés et récompensés lors des présentations en fin du Hackathon. Tous les projets seront donc accompagnés vers leur concrétisation.
Ce hackathon a été imaginé par Thomas Egli. Il se définit lui même comme un « serial » entrepreneur actif depuis l’âge de 17 ans dans les domaines de l’éducation, des sciences pour le développement durable, les technologies de rupture, la viabilisation de projets complexes. Inventeur de la Recherche Participative dans le cadre des Sciences Citoyennes, il est le Directeur du Forum de Genève organisé à l’ONU.
« Les dirigeants français doivent s’adapter ou disparaître », selon Thomas PINET qui veut rendre la CSRD opérationnelle pour tous. S’il y a cinq ans, le changement climatique était un sujet de prospective, aujourd’hui, il est devenu un risque business immédiat : chaînes d’approvisionnement fragilisées, infrastructures mises à rude épreuve et les assurances réduisent leurs couvertures face aux catastrophes climatiques. Une étude Boston Consulting Group et Quantis a analysé l’adaptation et la résilience des entreprises au changement climatiquedans le monde.
Adaptation et résilience des entreprises face au changement climatique : entre impératif de survie et enjeu de différentiation
Pourquoi les entreprises tardent-elles à s’adapter aux conséquences du changement climatique ? 3 raisons selon Thomas Pinet :
👉 Parce que l’adaptation n’est pas encore perçue comme un levier de croissance.
👉 Parce que les entreprises pensent à tort que leur modèle tiendra encore quelques années.
👉 Parce que l’urgence financière à court terme prime sur la résilience à long terme.
Les chaînes d’approvisionnement sont exposées à différents types de risques : au niveau de la région, de l’industrie et du fournisseur
C’est, selon lui une erreur stratégique monumentale. Les entreprises qui dominent aujourd’hui leur secteur d’activité sont celles qui ont déjà pris le virage. Trois exemples :
Schneider Electric revoit toute sa supply chain pour réduire sa dépendance aux zones à risques.
Michelin optimise son usage de l’eau pour ne pas être piégé par la raréfaction des ressources.
Nexans sécurise ses approvisionnements en cuivre en développant une filière de recyclage.
Ce sont des décisions stratégiques vitales. Et le marché ne fera pas de cadeaux :
Les primes d’assurance explosent pour les entreprises exposées.
La réglementation européenne impose un reporting climat plus strict avec la CSRD.
Les investisseurs se désengagent des entreprises jugées vulnérables aux risques climatiques.
Attendre, c’est choisir de disparaître.
La question n’est plus “devons-nous nous adapter ?” mais “sommes-nous encore en capacité de le faire ?”
Le changement climatique apporte deux types de risques physiques pour les acteurs privés
Synthèse de l’étude
Milton, Hélène, Chido… Les ouragans se sont enchaînés depuis le mois de juin 2024, rendus de plus en plus fréquents et destructeurs par le changement climatique. Partout dans le monde, ses effets sont désormais tangibles. La trajectoire visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici 2050, fixée par l’Accord de Paris, s’éloigne de plus en plus.
À mesure que les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître, les événements extrêmes se multiplient, entre tempêtes, inondations et sécheresses. Les évolutions plus structurelles, comme la montée du niveau des océans ou la hausse des températures, accélèrent.
Ces risques physiques menacent les entreprisesà plusieurs égards.
Ils peuvent peser directement sur les actifs et les infrastructures (déficit de production de plusieurs milliers de véhicules pour Volkswagen en 2023 provoqué par les inondations de certains sites, arrêt temporaire de deux usines General Motors après l’ouragan Hélène…).
Ils ont aussi des conséquences indirectes en perturbant les chaînes d’approvisionnement. Les inondations frappant un fournisseur de Porsche ont, par exemple, causé une perte de plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires.
Disponibilité de la main d’œuvre, primes d’assurance, coûts de financement sont aussi impactés par ces évènements.
Les impacts économiques du changement climatique ne cessent de croître, avec des pertes financières importantes pour les entreprises
La capacité d’une entreprise à s’adapter devient clé pour assurer sa compétitivité.
D’une part, l’adaptation est une question de survie (ou a minima, de maîtrise des coûts) pour beaucoup d’entreprises qui doivent protéger leur bilan et leur marge face au risque climatique (jusqu’à 25 % de pertes d’EBITDA dans un scénario à 2°C).
D’autre part, l’adaptation engendre aussi de nouveaux besoins. À court terme, c’est un marché pour les entreprises « apporteuses de solutions » capables d’aider les acteurs publics comme privés à renforcer leur résilience. À plus long terme, c’est une piste pour toutes les sociétés capables de renforcer leur positionnement en intégrant, dans leur stratégie, l’évolution des comportements des consommateurs, de la disponibilité des ressources ou de l’accès à certains territoires.
Le changement climatique impacte une multitude de secteurs
Prendre conscience de l’enjeu et des risques
Historiquement, les financements climatiques se sont concentrés sur l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. En 2022, seulement 5 % des flux de financement climatiques étaient destinés à l’adaptation. Le secteur public y joue un rôle clé (98 % des financements), tandis que l’implication du secteur privé reste limitée.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
la faible rentabilité perçue des mesures d’adaptation,
l’exposition jusqu’alors limitée de certaines entreprises aux risques physiques (en raison de leur secteur ou de leur positionnement sur la chaîne de valeur),
leur capacité financière à absorber à court terme les coûts des catastrophes
et l’incertitude des scénarios climatiques.
Mais de plus en plus d’entreprises prennent conscience de l’enjeu stratégique de l’adaptation. Elles étaient quatre fois plus nombreuses en 2023 à mesurer les impacts des risques climatiques qu’en 2020. Les investissements pour y répondre ont doublé sur la même période, à périmètre constant. Cette dynamique est soutenue par le renforcement des incitations réglementaires, l’expérience directe ou indirecte de crises climatiques et la demande grandissante des parties prenantes (clients, partenaires, investisseurs…).
Des tendances communes apparaissent dans la façon d’évaluer les impacts et de répondre aux risques physiques. Ces derniers ont des conséquences sur la marge et le bilan en diminuant le chiffre d’affaires (environ 40 % des impacts attendus), en endommageant les actifs (20 à 25 % des impacts), en augmentant la base de coûts (20 à 25 % des impacts) ainsi que les coûts de financement (environ 10 % des impacts).
Les mesures mises en œuvre par les entreprises pour qualifier les risques et s’en prémunir se concentrent aujourd’hui sur la cartographie et la quantification des risques, la protection des infrastructures et le renforcement de la couverture assurantielle. En parallèle, des leviers opérationnels spécifiques aux secteurs sont activés, réduisant la vulnérabilité de certaines filières déjà très exposées. Par exemple, les systèmes d’agriculture de précision pour réduire l’impact du stress hydrique.
Des apporteurs de solutions se positionnent tout au long de la chaîne de valeur de l’eau pour améliorer la résilience hydrique
La façon d’appréhender l’adaptation diffère encore selon les entreprises, y compris au sein d’un même secteur :
Elles sont 60 % à se concentrer sur l’anticipation des évènements extrêmes sans se pencher sur les évolutions plus structurelles.
Le montant des investissements dans l’adaptation en pourcentage des revenus peut varier d’un facteur de 1 à 10 au sein d’un même secteur, proportionnellement au chiffre d’affaires.
Certaines industries sont déjà fortement affectées et sensibles au sujet (agriculture, immobilier…).
Les mesures mises en place par les entreprises se concentrent sur l’analyse des risques, la couverture assurantielle et la résilience des infrastructures
Une partie des acteurs considèrent l’adaptation comme une occasion de renforcer leur proposition de valeur et leur avantage compétitif. Dans l’énergie ou les infrastructures, certaines entreprises se différencient en proposant des équipements capables de résister aux évènements climatiques extrêmes (forte température, intempéries, etc.) et garantissent ainsi une meilleure continuité de service à leurs clients.
Les dirigeants qui se penchent sur le sujet de l’adaptation sont confrontés à de nombreux défis. Ils doivent composer avec le manque de données fiables, l’hétérogénéité des méthodologies et des indicateurs ainsi que la faible attractivité financière de certains projets. Cela explique en partie la disparité de niveaux de maturité constatés.
L’ampleur des investissements varie considérablement d’une entreprise à l’autre, avec des différences de maturité par secteur
Mettre en mouvement l’organisation
À défaut d’une réponse anticipée, les entreprises vont se fragiliser.
Les dirigeants sont appelés à définir la feuille de route et à mettre en mouvement l’ensemble de l’organisation.
Qualifier et quantifier les risques climatiques est la première étape pour les comprendre et les prioriser. Des outils existent (données, modèles, taxonomie, IA…), à même d’aider les équipes dans l’analyse des scénarios climatiques.
Mobiliser les entités pertinentes à chaque étape, depuis l’identification des risques, jusqu’à la définition des mesures d’adaptation (mitigation du risque, saisie des opportunités), le financement, le déploiement et le suivi de ces mesures.
Piloter au niveau de la direction. Conseils d’administration, de surveillance et comités exécutifs jouent un rôle central. Ils portent la vision, assurent la coordination entre les différentes entités et effectuent les arbitrages nécessaires.
Mobiliser l’innovation technologique, tant pour anticiper et évaluer les risques que pour proposer des solutions (gilets rafraîchissants pour les travailleurs, agriculture régénérative, géothermie, bétons cicatrisants, etc.)
Faire évoluer la notion de retour sur investissement. Sa définition actuelle pénalise les projets d’adaptation. Elle doit être repensée pour tenir compte du coût de l’inaction. Il faut intégrer le risque à l’équation économique en se fondant sur les scénarios climatiques, les données météorologiques et les expériences passées.
Entretenir des marges de manœuvre opérationnelles et financières pour répondre aux bouleversements soudains. Cela passe par une gestion de portefeuille de produits et de services dynamique, susceptible de diluer le risque, par la diversification des fournisseurs ou encore par la revue des coûts et des processus.
Se préparer à la gestion de crises liées aux catastrophes climatiques. Cela suppose de former des équipes capables de déployer localement les solutions pertinentes (sécurité du personnel, protection des actifs…).
Intégrer l’incertitude. Les risques climatiques sont par définition incertains, complexes car interconnectés et pondérés par les mesures d’atténuation. L’entreprise peut néanmoins apprivoiser cette incertitude (grâce à la modélisation, à l’IA…) et l’intégrer à ses processus de décision.
Les dirigeants devront opérer des changements profondspour retrouverune perspective de long terme.
Les acteurs les plus avancés se sont saisis de l’adaptation comme d’une opportunité de renforcer leur avantage compétitif
Les feuilles de route Adaptation et Atténuation ne sont pas indépendantes et des synergies existent. Les solutions sont souvent complémentaires (en matière d’efficacité énergétique ou de résistance des infrastructures, par exemple), même si <des arbitrages entre atténuation et adaptation peuvent s’avérer nécessaires (notamment en cas de conflit sur l’utilisation de ressources).
Sans une réponse anticipée et coordonnée, les entreprises s’exposent à la mal-adaptation. De mauvais choix peuvent se révéler inefficaces sur le long terme, voire accroître leur vulnérabilité ou transférer les risques vers d’autres parties prenantes.
Mettre en mouvement l’écosystème
Intégrer l’adaptation climatique à des stratégies de résilience plus larges, notamment à la recherche d’un nouvel équilibre des chaînes d’approvisionnement. Ces dernières sont confrontées à des perturbations géopolitiques, sanitaires, et économiques aboutissant à des hausses des prix des matériaux et des retards de livraison. Vouloir davantage de stabilité invite à recomposer certaines chaînes de valeur, en relocalisant ou en révisant le portefeuille de fournisseurs. Mais cette approche globale demeure encore sous-estimée par les entreprises.
Les entreprises sont moins de 20 % à évaluer leurs risques physiques à la fois en amont et en aval de leurs opérations.
Coopérer localement pour accélérer le déploiement des mesures d’adaptation. Les risques physiques sont localisés. Entreprises, populations et acteurs publics sont donc exposés aux mêmes menaces et les réponses sont souvent complémentaires. La coopération peut aussi bien porter sur l’anticipation de ces risques par des alertes météorologiques, sur la définition des mesures d’adaptation (environ 90 pays disposent d’un Plan National d’Adaptation, décliné en sous-régions), que sur le financement (beaucoup de projets d’adaptation étant capitalistiques, partager avec des co-financeurs privés ou publics donne accès à davantage de solutions). La coopération avec le secteur public revêt une importance particulière, car celui-ci joue un rôle clé dans le financement de projets d’adaptation.
Embarquer le secteur financier privé pour lancer et financer les projets d’adaptation. Ces derniers ont longtemps été relégués par manque de rentabilité. Or, nombre d’entre eux représentent désormais des opportunités commerciales rentables (directement ou indirectement, en investissant dans des entreprises « apporteuses de solutions »). Financiers et assureurs sont aujourd’hui les acteurs les plus matures pour quantifier et qualifier l’impact économique des risques climatiques. Ils peuvent exercer une influence considérable en fléchant leurs flux de capitaux et ceux de leurs clients vers des projets résilients. Et ils ont intérêt à partager leurs connaissances avec leur portefeuille de clients pour réduire le montant des primes ou le risque crédit.
L’entreprise doit collaborer avec les différentes parties prenantes pour accélérer sa démarche d’adaptation
Conclusion
D’après l’ONU, les politiques mises en place au niveau mondial permettraient de contenir la hausse des températures à +2.8°C d’ici 2100, bien au-delà donc de l’objectif fixé par l’Accord de Paris.
Sans changement de cap, les menaces pesant sur les entreprises vont donc gagner en fréquence et en intensité. Et la pression sur les épaules des dirigeants pour décider de mesures d’adaptation ne fera qu’augmenter.
Plus de 90 pays ont mis en place un plan national d’adaptation
Il est urgent pour les entreprises de définir un plan d’adaptation, à l’image de ce qui existe à l’échelle des États.
D’abord parce que l’impact économique des risques physiques peut fortement détériorer la performance financière de l’entreprise – tant sur sa marge que sur son bilan.
Ensuite, parce que le rôle du dirigeant est de construire la durabilité de l’entreprise, et que celle-ci repose à la fois sur la protection des actifs existants, l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement et de l’adaptation continue de la proposition valeur – au-delà de renforcer la résilience des entreprises, l’adaptation est une source d’innovation et d’avantages compétitifs.
Enfin, parce que l’adaptation, lorsqu’elle est planifiée, est aussi une source d’atténuation, répondant aux engagements des entreprises en termes de décarbonation.
Les entreprises les plus promptes à s’emparer du sujet seront ainsi les plus à même de transformer ce risque en opportunité.
Consciente des enjeux croissants liés à la gestion de l’eau, l’association UNICEM entreprises engagées a conçu un recueil de bonnes pratiques dédié à la gestion de l’eau, visant à partager et valoriser les initiatives mises en place par les acteurs de la filière des matériaux minéraux.
La gestion responsable de l’eau, ressource essentielle, figure au cœur des préoccupations de la filière des matériaux minéraux.
UNICEM Entreprises Engagfées (UEE)
Les phénomènes climatiques extrêmes observés ces dernières années ont encore renforcé l’importance et la nécessité pour les entreprises du secteur d’adopter des démarches toujours plus innovantes et adaptées pour une gestion responsable de l’eau.
RÉCUPÉRATION DE L’EAU D’ESSORAGE DU SABLE
Ce recueil rassemble près de 40 bonnes pratiques, mises en œuvre par des adhérents aux profils variés, illustrant la diversité des actions engagées en matière de sobriété, d’optimisation, de préservation de la qualité de l’eau, ainsi que d’intégration dans les dynamiques territoriales et environnementales.
À travers cette publication, UNICEM entreprises engagées entend inspirer et accompagner les entreprises du secteur, en leur offrant des références concrètes pour progresser collectivement.
Il s’adresse également à toutes les parties prenantes de la profession, afin de mieux faire connaître les engagements des entreprises qu’elle représente en faveur d’une gestion responsable et durable de l’eau.
NSTALLATION D’UN DISPOSITIF « ZÉRO REJET PLUVIAL »
Démarche d’accompagnement sur l’eau proposée par UEE
La gestion de la ressource en eau figure parmi les enjeux historiques abordés par UNICEM entreprises engagées et dans le Label RSE que l’association porte.
En 2022, l’association a publié un recueil de bonnes pratiques RSE dont plusieurs actions sont relatives à l’eau. En 2023, UEE a organisé un webinaire dédié à la gestion de l’eau visant à rappeler les nouvelles obligations et invitant les adhérents à partager des retours d’expérience.
Dès 2024, des formations spécifiques sur la gestion de l’eau ont été proposées afin d’aider les entreprises à intégrer ces mesures de sobriété dans leurs opérations quotidiennes.
PLAN D’ACTION SÈCHERESSE EN FONCTION DU NIVEAU DE CRISE
La publication de ce recueil de bonnes pratiques sur l’eau s’inscrit donc dans la continuité des actions menées par UEE pour inciter à l’utilisation plus durable de la ressource en eau.
Chaque fiche du recueil offre une description détaillée des enjeux initiaux, des actions entreprises, des obstacles rencontrés et des solutions déployées, ainsi que des bénéfices obtenus.
Les exemples présentés couvrent un large éventail d’initiatives volontaires mises en place par les adhérents, allant au-delà des exigences réglementaires.
Parmi ces exemples, figurent des actions permettant d’économiser l’eau utilisée pour réduire les émissions de poussières générées par la circulation des engins et les installations de production de granulats, ainsi que des mesures pour limiter les prélèvements dans le milieu naturel et optimiser le circuit de recyclage des eaux de lavage.
ELEVAGE DE SAUMONS DE L’ATLANTIQUE ET D’OMBRE COMMUN DANS UN PLAN D’EAU
D’autres initiatives concernent la gestion des installations de traitement des eaux d’exhaure ou encore la sauvegarde d’une espèce de poisson patrimoniale en danger d’extinction.
UNICEM entreprises engagées met à l’honneur ces initiatives en les compilant dans cet ouvrage, structuré autour de cinq thématiques clés :
1. les économies d’eau,
2. la qualité de l’eau,
3. le pilotage et la gestion de la ressource,
4. l’ancrage territorial et les projets locaux,
5. la biodiversité et les aménagements.
Cette publication met en lumière les efforts déployés par les adhérents en faveur d’une utilisation plus soutenable de la ressource en eau, et au-delà, des initiatives qui contribuent à la préservation de l’environnement et à la résilience des territoires.
ÉCRETEUR DE CRUES
Recueil de bonnes pratiques EAU & Industries Minérales
En partageant des bonnes pratiques et en mettant en œuvre des solutions innovantes, les entreprises de la filière minérale témoignent de leur capacité à aller au-delà des exigences réglementaires et à s’engager dans des démarches volontaires vertueuses.
Ces initiatives ne se contentent pas de répondre aux enjeux immédiats ; elles anticipent les défis futurs et préparent les entreprises à y faire face de manière efficace.
Ensemble, elles tracent la voie vers une gestion plus respectueuse de l’environnement et un aménagement plus durable des territoires.
TRAVAUX ÉCOLOGIQUES : AMÉLIORATION D’UN RU ET CRÉATION DE ZONE HUMIDE
Les multiples fonctions des carrières de granulats : Préserveret valoriserla ressourceen eau
Les carrières, bien plus que des sites d’extraction essentiels à l’aménagement des territoires, se révèlent être des alliées précieuses dans la gestion durable des ressources naturelles.
C’est ce que L’Union Nationale des Producteurs de Granulats (UNPG), membre de l’UNICEM (Union Nationale des Industries de Carrières et Matériaux de Construction), dévoile dans la brochure « Préserver et valoriser la ressource en eau » qui met en avant un aspect souvent méconnu des carrières : leur rôle dans la gestion et la préservation de la ressource en eau, pendant leur exploitation comme après leur réaménagement.
Pour mieux comprendre les solutions durables mises en place, plusieurs projets exemplaires illustrent comment les carrières peuvent répondre à des enjeux environnementaux tout en contribuant à la gestion des ressources naturelles.
Maîtrise des crues, stockage stratégique de l’eau, soutien des débits en période d’étiage, reconnexion hydrologique, création de zones humides, réalimentation des nappes phréatiques, protection des populations et infrastructures, ou encore valorisation des eaux d’exhaure sont les différents services rendus aux territoires.
Les 35 exemples publiés montrent comment, dans toutes les régions, les carrières peuvent jouer un rôle important dans des solutions durables pour la gestion de l’eau, la préservation de la biodiversité et la sécurité, tout en conciliant efficacement les enjeux environnementaux et industriels.
Qui peut dire qu’il a été formé à l’écologie ? Et à quelle écologie ? En quête des enseignements écologiques de demain, « Mais qui enseigne l’écologie ? » est un Petit manuel de résistance académique écrit par Baptiste Lanaspeze et Marin Schaffner, publié aux éditions Wildproject.
Qui peut dire qu’il a été formé à l’écologie ? Et à quelle écologie ?
Entre sciences dites humaines et sciences dites naturelles, l’écologie à l’université est-elle en train de recomposer l’ordre établi des savoirs – ou de promouvoir une « transition écologique » qui est avant tout une vaste relance industrielle ?
Issu d’une enquête de 3 ans, ce livre offre un état des lieux critique sur la place de l’écologie dans les mondes de la recherche et de l’enseignement.
À l’heure où le gouvernement français organise la standardisation de l’enseignement à la « transition », ce livre est un outil de résistance pour nourrir le débat entre sciences et humanités, entre écologie et décarbonation, entre profs et étudiant·es.
Baptiste Lanaspeze, formé en philosophie, dirige les éditions Wildproject. Il est aussi l’auteur de nombreux textes et de plusieurs ouvrages dont Marseille, ville sauvage: essai d’écologie urbaine (Actes Sud, 2012, rééd. 2020) et Nature (Anamosa, 2022).
Marin Schaffner, Ethnologue, auteur et grand témoin des éditions de l’Observatoire de l’Eau
Marin Schaffner, formé en ethnographie,est auteur, traducteur et éditeur aux côtés de Wildproject. Membre fondateur du collectif Hydromondes, ses travaux portent principalement sur l’écologie radicale et sur les enjeux liés à l’eau. Il est notamment l’auteur de Un sol commun (Wildproject, 2019).
Cette enquête, produite par le Centre des Politiques de la Terre – Université Paris-Cité, a été réalisée en lien avec un comité éditorial composé de : Joanne Clavel, écologue et chercheuse en esthétique, Anne-Sophie Milon, chargée de projets, Magali Ader et Jérôme Gaillardet, géochimistes, et Nathalie Blanc, géographe.
Un programme de formation ouvert et gratuit
Tout le monde parle de transition écologique, mais savons-nous ce que cela signifie vraiment ? La « transition écologique » (Green Transition) est devenue depuis une décennie le nouveau mot d’ordre du développement. Mais de quelle écologie s’agit-il ? À quel projet technique, social et écologique renvoie exactement cette transition ? Et sur quelles hypothèses et quel diagnostic écologique est-elle fondée ?
“Vers les sociétés écologiques de demain : les problèmes de la transition écologique”
Campus Groupe AFD : Le Campus groupe AFD est le centre de formation de l’Agence française de développement dédié à la construction de savoirs en commun, au partage d’expériences et à l’acquisition des compétences nécessaires à la conception et à la mise en œuvre de politiques ou projets à fort impact sur les transitions dans les pays du Sud.
Dans la foulée de cette enquête, les éditions Wildproject ont lancé en 2025 avec le Campus AFD un programme de formation ouvert et gratuit intitulé “Vers les sociétés écologiques de demain : les problèmes de la transition écologique” qui se déroulera en présentiel et en ligne tout au long de l’année 2025.
Lancement à la Friche La Belle de Mai en janvier 2025 du programme de formation “Vers les sociétés écologiques de demain : les problèmes de la transition écologique”.
Il y a deux ans, la température mondiale à la surface des océans a connu une hausse vertigineuse, dépassant largement les records précédents. Une étude de l’Université de Berne montre que de tels sauts extrêmes de température ne seraient guère possibles sans l’influence du changement climatique. Elle confirme également que les modèles climatiques reproduisent de manière réaliste de tels événements.
Les températures mondiales à la surface des océans ont atteint de nouveaux records en 2023/24, dépassant de 0,25 °C le précédent record de 2015/16. Les barres bleues montrent les anomalies annuelles par rapport à la moyenne de 1982-2011. La barre orange marque 2015/16, la barre rouge 2023/24. Les valeurs annuelles couvrent toujours la période d’avril à mars de l’année suivante.
Les températures mondiales à la surface des océans ont atteint de nouveaux records entre avril 2023 et mars 2024, dépassant tous les records précédents de 0,25 °C, un niveau jamais atteint auparavant.
Les nombreux chercheurs et chercheuses ont été surpris.e.s par l’ampleur du saut de température, car l’événement El Niño, qui a un effet réchauffant, n’a pas été plus prononcé que la moyenne ces années-là. En conséquence, les chercheurs et chercheuses ont supposé que d’autres facteurs que le changement climatique et El Niño pouvaient jouer un rôle, ou que le changement climatique progressait plus rapidement et plus fortement qu’on ne le pensait jusqu’à présent.
Dr Jens Terhaar du département de physique du climat et de l’environnement de l’Institut de physique de l’Université de Berne
Une étude dirigée par le Dr Jens Terhaar du département de physique du climat et de l’environnement de l’Institut de physique de l’Université de Berne montre maintenant que la forte augmentation de la température de l’eau de mer de ces deux dernières années est très probablement une vague de chaleur qui peut être entièrement expliquée par les tendances connues du réchauffement global et d’origine humaine et qui n’a donc pas forcément besoin d’autres facteurs d’influence pour être expliquée.
L’étude est publiée aujourd’hui dans la revue spécialisée Nature1.
La vague de chaleur liée au réchauffement climatique
Pour leur étude, les chercheurs ont utilisé une combinaison de données d’observation, de modèles statistiques et de simulations de modèles climatiques afin de calculer la probabilité de telles augmentations de température.
« Nos résultats montrent que cette vague de chaleur est très probablement un événement auquel on peut s’attendre tous les 500 ans environ dans les conditions climatiques actuelles », explique le Dr Jens Terhaar, qui étudie les océans du monde au Centre Oeschger de recherche sur le climat. « Le réchauffement de la planète dû à l’être humain contribue de manière déterminante à ces conditions climatiques dominantes – sans ce réchauffement, l’événement serait pratiquement impossible ».
Thomas Frölicher, co-auteur de l’étude, professeur et directeur adjoint du département de physique climatique et environnementale de l’Institut de physique
Les chercheurs bernois montrent en outre que les modèles climatiques – qui se basent sur les lois des sciences naturelles – peuvent simuler de manière réaliste la vague de chaleur océanique.
« Certains chercheurs craignaient que ce saut de température extrême soit le signe que notre compréhension du système climatique – et donc des modèles climatiques – est incomplète », explique Thomas Frölicher, co-auteur de l’étude, professeur et directeur adjoint du département de physique climatique et environnementale de l’Institut de physique.
Cela aurait pu signifier que d’autres simulations – comme celles du réchauffement climatique futur et de ses conséquences – ne seraient pas fiables. Mais les chercheurs ont pu trouver des sauts similaires dans les températures de surface de la mer dans les 35 modèles climatiques étudiés.
« Le fait que les modèles simulent correctement le saut de température renforce notre confiance dans leur utilisation pour les projections climatiques passées et futures », déclare Thomas Frölicher.
D’avril 2023 à mars 2024, les températures de surface des océans ont été particulièrement élevées dans l’Atlantique Nord, le Pacifique Nord et le Pacifique Tropical. La carte montre les températures à la surface des océans en comparaison avec les températures moyennes des 30 années précédentes (1993-2022).
Après ce record de température, que se passe-t-il ?
Les modèles climatiques peuvent non seulement simuler des sauts de température fulgurants comme ceux de 2023/24, mais ils ont aussi correctement prédit que les températures ne seraient plus à des niveaux records en été 2024. D’après les modèles climatiques, les températures des océans n’augmenteront pas plus rapidement au cours des prochaines années après cet événement extrême, mais resteront identiques à ce qui était déjà prévu avant cet événement.
Les modèles montrent qu’un changement de température aussi rapide que celui de 2023/24 ne se produit que lorsque les conditions El Niño sont présentes simultanément. Pour expliquer le saut de température, des chercheurs et chercheuses avaient auparavant proposé d’autres facteurs d’influence. Il s’agit par exemple d’une diminution de la réverbération du rayonnement solaire réchauffant grâce à une réduction des aérosols due à une diminution de la teneur en soufre des carburants utilisés dans la navigation. Moins d’aérosols peuvent également entraîner une diminution de la quantité de nuages réfléchissants, ce qui permet de réfléchir et de renvoyer encore moins de rayonnement solaire.
« Nous ne pouvons pas exclure que des facteurs aient contribué au saut de température observé. Cependant, les modèles climatiques montrent que la hausse extrême est possible sans eux »
Dr Friedrich Burger, co-auteur de l’étude et chercheur au département de physique climatique et environnementale de l’Institut de physique.
Informations relatives à la publication : Jens Terhaar, Friedrich A. Burger, Linus Vogt, Thomas L. Frölicher, Thomas F. Stocker (2025). Record sea surface temperature jump in 2023/24 unlikely but not unexpected, Nature, 12 mars 2025. URL: https://www.nature.com/articles/s41586-025-08674-z DOI: 10.1038/s41586-025-08674-z ↩︎
Pour répondre aux défis environnementaux et sociétaux, l’Université PSL lance le programme de recherche TERRAE pour Transition environnementale par la Recherche, la Recherche-Action et l’Enseignement. 150 chercheuses et chercheurs issus de 5 établissements et aux multiples horizons disciplinaires se mobilisent collectivement et collaborent directement avec les acteurs de terrain pour co-construire des solutions innovantes et accompagner les transitions écologiques et sociales. En 2025, deux premiers projets verront le jour : un sur la gestion de la sécheresse et l’autre sur la transition agroécologique.
La réorganisation des savoirs et des enseignements face aux crises écologiques Face aux crises écologiques actuelles, aux défis civilisationnels et épistémologiques, des chercheuses et chercheurs, enseignantes et enseignants de l’ENS-PSL expriment ici leur responsabilité historique et existentielle, ainsi que leurs désirs de contribuer à des changements essentiels dans l’évolution de leurs enseignements et la formation de leurs étudiantes et étudiants aux enjeux écologiques.
Anne Christophe, Vice-présidente Recherche, Science et Société de l’Université PSL.
« TERRAE, l’un des 14 grands programmes de recherche lancés le 1er janvier 2025, incarne une ambition de faire de la recherche autrement : en s’engageant directement avec les acteurs du changement, nous amplifions l’impact scientifique tout en répondant aux besoins sociétaux. C’est l’essence même de la recherche-action. Ce programme1 illustre parfaitement notre engagement commun à relever les défis contemporains par l’interdisciplinarité et l’innovation scientifique »
Anne Christophe, Vice-présidente Recherche, Science et Société de l’Université PSL.
Un programme né d’un défi sociétal majeur
Face au changement climatique, à l’érosion de la biodiversité et aux tensions sociales associées, il est urgent de repenser nos approches. TERRAE s’inscrit dans cette dynamique.
TERRAE vise à dépasser la fragmentation disciplinaire pour proposer des solutions novatrices adaptées aux enjeux du changement global. En réunissant des chercheuses et chercheurs de premier plan et en favorisant les synergies entre géosciences, sciences du vivant et sciences humaines et sociales, le programme de recherche souhaite produire des réponses concrètes et applicables pour une transition efficace et résiliente.
« Face aux crises environnementales et sociales profondes que nous traversons, il me semble essentiel de collaborer avec les acteurs non académiques afin de mener une recherche transformative, ancrée dans les réalités et les besoins des territoires. C’est dans cette optique que je me suis engagée dans TERRAE : une coopération entre disciplines et acteurs variés sera précieuse pour participer à des trajectoires transformatives collectives. »
Corinne Robert – professeure attachée à l’ENS – PSL.
Lancement du grand programme TERRAE À l’occasion du lancement du Grand Programme TERRAE « Transition Environnementale pour la Recherche, la Recherche-Action et l’Enseignement », est organisé un événement qui vise à donner des pistes pour s’engager dans une dynamique inter-établissements PSL afin de contribuer à une recherche à fort impact sociétal, détailler les différents appels à projets en cours et à venir, et échanger sur les rendez-vous scientifiques et les espaces de fertilisation croisée entre projets qui rythmeront la vie du programme durant les 5 prochaines années.
Des enjeux scientifiques et sociétaux majeurs
Analyser les défis systémiques des transitions : comprendre les interactions complexes entre le changement climatique, la biodiversité et les enjeux sociaux.
Concevoir des Hotspots de transition et des projets Éclaireurs : expérimenter des solutions transdisciplinaires pour des objets de transition sociale et écologique (secteurs d’activité, territoires, pratiques).
Promouvoir la recherche collaborative et l’impact sociétal : impliquer les acteurs de terrain pour co-construire des solutions adaptées aux réalités locales.
Former une nouvelle génération d’acteurs du changement : intégrer la recherche en science de la durabilité aux programmes d’enseignement pour sensibiliser et former aux transitions écologiques et sociales.
Deux premiers projets emblématiques
HOTSPOT Activer la transition agro-écologique
105 lauréats de l’appel à projets « Accompagnement des agriculteurs face au changement climatique » : plus de 10 000 agriculteurs seront accompagnés dans leur transition climatique
Réduire l’usage des pesticides nécessite une transformation adaptée à chaque territoire et impliquant divers acteurs agricoles. Le projet vise à co-construire des trajectoires de transition agroécologique avec des acteurs locaux, en organisant des ateliers participatifs.
Ces ateliers favoriseront la réflexion et les échanges, et leurs résultats seront intégrés dans les stratégies locales pour une mise en œuvre continue. Les premiers ateliers avec les actrices & acteurs du monde agricoles débutent en 2025.
HOTSPOT Sécheresse : un défi systémique
Comment la sécheresse impacte l’agriculture
Les sécheresses extrêmes seront l’un des stress climatiques les plus marquants en France dans les décennies à venir. Elles auront des impacts sur l’agriculture, l’énergie et les ressources en eau.
Une équipe scientifique analysera les liens systémiques entre les sécheresses et d’autres événements climatiques extrêmes et explorera les voies de transition pour une adaptation durabl compatible avec les objectifs d’atténuation et la préservation de la biodiversité.
Située au cœur de Paris, l’Université PSL fait dialoguer tous les domaines du savoir, de l’innovation et de la création en sciences, sciences humaines et sociales, ingénierie et arts. Sélective et engagée en faveur de l’égalité des chances, elle forme au plus près de la recherche en train de se faire, des chercheuses, chercheurs, artistes, entrepreneures/entrepreneurs et des dirigeantes/dirigeants conscients de leur responsabilité sociale, individuelle et collective.
Avec 2 900 enseignants-chercheurs/ enseignantes-chercheuses, 17 000 étudiantes et étudiants, 140 laboratoires et une dizaine d’incubateurs, fablabs et espaces de coworking, PSL est une université à taille humaine. Elle figure parmi les 50 premières universités mondiales selon les classements de Shanghai, du THE (Times Higher Education), CWUR et QS (Quacquarelli Symonds) et au 2e rang des universités de moins de 50 ans du classement Young du THE.
Les établissements de l’Université PSL : − Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique – PSL − Dauphine – PSL− Ecole d’architecture Paris – Malaquais – PSL − Ecole des Arts Décoratifs – PSL − École nationale des chartes – PSL − École nationale supérieure de Chimie de Paris – PSL − École normale supérieure – PSL − École Pratique des Hautes Études – PSL − ESPCI Paris – PSL − Mines Paris – PSL − Observatoire de Paris – PSL − Collège de France − Institut Curie
Avec le soutien de trois organismes de recherche CNRS, Inserm, Inria
porté par cinq établissements-composantes de PSL : l’École Normale Supérieure – PSL, Dauphine – PSL, l’EPHE – PSL, le Collège de France et Mines Paris – PSL↩︎
En 2025, 136 organisations sont reconnues pour leur attachement inébranlable à l’intégrité. Les lauréats couvrent 19 pays, 44 industries et comprennent 11 primo-accédants et 6 organisations nommées sur la liste des lauréats 19 fois depuis la création de la Liste des sociétés les plus éthiques du monde en 2007.Quatre entreprises françaises sont dans cette liste : Capgemini, L’Oréal, Schneider Electric et Sodexo.
Quatre entreprises françaises sont reconnues parmi les plus éthiques au monde par l’Éthisphere Institute, leader mondial dans la définition et la promotion des normes de pratiques commerciales éthiques.
Capgemini (13 fois) et L’Oréal (16 fois)
Dans cette édition, les 136 entreprises sont présentes dans la liste 2025 des World’s Most Ethical Companies® pour leurs bonnes pratiques et leur politique RSE / ESG.
Schneider Electric (14 fois) et Sodexo (2 fois)
La sélection 2025 comprend 136 entreprises de 19 pays et 44 secteurs d’activité. Les entreprises distinguées ont surpassé le reste des entreprises mondiales de près de 8 points entre janvier 2020 et janvier 2025.
« Être reconnue comme l’une des entreprises les plus éthiques au monde est une distinction qui démontre un véritable engagement à faire progresser l’intégrité dans le monde des affaires.
Les candidats remplissent le champ d’application et un questionnaire exclusif évaluant les principaux domaines de pratiques commerciales éthiques, notamment : Culture d’éthique, Gouvernance, Éthique et conformité, Gestion des parties prenantes, Impact environnemental et social
Cette approche par les acteurs économiques est vertueuse et nous valorisons les entreprises qui privilégient ces types de pratiques. C’est ce que nous mesurons à travers notre processus »
Erica Salmon Byrne, Chief Strategy Officer et Executive Chairman, Éthisphere.
Pour sélectionner les entreprises les plus éthiques au monde, les World’s Most Ethical Companies® doivent répondre à plus de 200 questions. Le questionnaire est conçu pour évaluer divers aspects de l’éthique organisationnelle. L’enquête couvre des sujets tels que la culture éthique, la gouvernance, les programmes de conformité, la responsabilité sociale des entreprises et son impact, garantissant une analyse structurée et standardisée.
Chaque année, « l’Ethisphere Institute » met à jour ce questionnaire en fonction des retours d’experts, de partenaires et d’anciens candidats. De plus, des adaptations sont faites pour refléter les changements réglementaires, l’avancement mondial sur ce sujets et l’émergence de pratiques vertueuses.
Depuis 2016, le FRENE — Réseau français d’éducation à la nature et à l’environnement — porte et coordonne la recherche-action participative (RAP) « Grandir avec la nature ». Située en milieu scolaire, elle documente l‘école dehors et ses effets sur les élèves, les pédagogues et leurs pratiques.
Initiée en 2016 au sein de la Dynamique Sortir!, la recherche-action participative « Grandir avec la nature » a documenté l’école dehors, pratique alors éparse et ponctuelle.
Il s’agissait d’établir les effets identifiables des approches pédagogiques, des lieux et de la durée de l’action éducative sur le développement de l’enfant dans ses multiples dimensions : cognitive, affective, comportementale, existentielle.
Le rapport de recherche national publié par le Réseau français d’éducation à la nature et à l’environnement (FRENE) sur l’école dehorsest disponible.
Soixante-cinq classes réparties sur six territoires en France ont expérimenté l’école dehors, accompagnées d’éducateurs à l’environnement et de chercheurs. Une étude connexe réalisée par Ecotopie en Belgique alimente également les résultats quant à l’écocitoyenneté.
Écotopie, laboratoire d’écopédagogie : L’éducation relative à l’environnement comme levier de transformation de la société.
Une initiative novatrice qui répond aux enjeux contemporains avec pour objectif de faire évoluer l’éducation en rapprochant les enfants de la nature, au bénéfice de leur développement et de leur apprentissage, comme de leur écocitoyenneté.
Les points clés du rapport
1/ Les effets de l’enseignement dehors sur :
le développement des capacités des élèves et leurs rapports à soi, aux autres et au monde;
les pédagogues, leurs pratiques, leurs postures et leurs évolutions ;
2/ Les effets formateurs du processus participatif de recherche-action participative sur les pédagogues :
Une démarche au croisement de la recherche, de l’éducation et de l’action citoyenne qui outille.
32èmes Rencontres nationales des acteurs et actrices de l’éducation à l’environnement
3/ Des outils pour analyser un site ou encore prendre du recul sur sa démarche, savoir où en sont les élèves.
Cette recherche-action participative est animée par un comité de pilotage composé de professionnels de l’éducation à l’environnement, de l’éducation populaire, de la recherche et de l’enseignement.
Cartographie des projets
A l’école de la biodiversité
Cahier pédagogique à l’usage des enseignants des lycées
Le cahier « À l’école de la biodiversité » propose un ambitieux projet aux enseignants de second degré : agir en faveur de la biodiversité avec leurs élèves au sein même de leur établissement.
L’ouvrage est organisé en 5 parties permettant 5 approches différentes :
– Approche littéraire et philosophique « Homme et nature ? »,
– Approche scientifique « Biodiversité »,
– Approche économique « Les différentes valeurs de la biodiversité »,
– Approche géographique « Biodiversité et territoire »,
– Approche transition écologique « Biodiversité et changement climatique ».
L’ouvrage regorge d’activités de débats riches et variées et d’actions concrètes à réaliser avec les élèves. Ce projet est aussi l’occasion d’impliquer différents acteurs au sein de l’établissement.
Surprendre un chamois au détour d’un chemin, construire une cabane, se laver dans un torrent, se balader à pied, en vélo ou en kayak, découvrir le goût acidulé de l’Oxalis ou le goût noisette du Cynips, du rosier, s’endormir dans l’immensité du ciel, ramper, grimper, explorer, se dépasser, couper du bois, bricoler un sifflet, faire un feu…
Pourquoi une recherche-action sur les pratiques d’éducation dans la nature ?
Cette recherche découle d’une volonté de faire appel à la recherche en sciences de l’éducation pour évaluer l’efficience des pratiques et approches pédagogiques en contact avec la nature développées de manière empirique par les professionnels. Le projet de Recherche action participative (RAP) “Grandir avec la nature” a été initié au sein de la Dynamique Sortir! du FRENE qui œuvre à ce que chacun puisse accéder à des expériences de nature sans condition depuis 2008.
Rencontres internationales de la classe dehors
Ces dernières années, des recherches sont menées dans le domaine de la santé, en psychologie de l’environnement, en sociologie de l’environnement (voir notamment ci-dessous le syndrome de manque de naturesuite à l’enquête de Richard Louv) et démontrent les intérêts pour le bien-être humain d’un contact régulier avec la nature :
contribue à maintenir les élèves en bonne santé ;
participe au développement de la communication, la collaboration, la créativité et l’esprit critique ;
favorise l’acquisition des savoirs en langues, en sciences et en mathématiques ;
aide à la gestion du stress et renforce l’estime de soi.
Ces bienfaits de l’éducation au plein air sont connus de longue date par les acteurs de l’éducation à l’environnement, et depuis quelques années, des recherches essentiellement anglo-saxonnes* se développent pour documenter les effets du contact avec la nature. En revanche, en sciences de l’éducation en France, le sujet faisait peu l’objet de recherches structurées au moment du lancement de “Grandir avec la nature”.
Le FRENE, anciennement Réseau École et Nature est né en 1983 afin de se mettre au service de tous les acteurs de l’éducation à l’environnement, dans le respect de leurs approches, de leurs appartenances et de leurs pratiques.
C’est une association d’acteurs engagés, artisans d’une éducation à l’environnement, source d’autonomie, de responsabilité et de solidarité avec les autres et la nature.
Peu après la publication de sa « Boussole de l’UE pour la compétitivité« , la Commission européenne présentait le 26 février les deux premières initiatives phares pour redresser l’économie et garantir une prospérité durable : le Paquet Omnibus et le Clean Industrial Deal. En réaction, Impact France, accompagné de huit organisations et réseaux d’entreprises et financeurs, appelle dans une position commune à faire de la transition une opportunité stratégique pour renforcer la compétitivité, l’innovation et la résilience des entreprises européennes, et présente ses propositions concrètes pour y parvenir.
Les points et messages essentiels abordés dans cette note de position
La simplification, portée par le paquet Omnibus, doit être un levier de compétitivité et de croissance, et non un renoncement aux ambitions de durabilité de l’Europe.
La mise en oeuvre du Clean Industrial Deal doit permettre de créer un cadre ambitieux et incitatif pour accélérer la décarbonation de l’économie et soutenir l’innovation.
Les propositions concrètes d’Impact France sur les réglementations sur le reporting de durabilité (CSRD), le devoir de vigilance européen (CS3D), la taxonomie verte, la taxe carbone aux frontière (MACF) et les initiatives du Clean Industrial Deal.
Quelques semaines après la publication de sa « Boussole de l’UE pour la compétitivité », la Commission européenne présentait mercredi 26 février 2025 les deux premières initiatives phares de la nouvelle mandature pour renforcer la compétitivité de l’économie européenne et garantir une prospérité durable : le premier Paquet Omnibus et le Clean Industrial Deal.
9 organisations et réseaux d’entreprises et de financeurs réunis à l’initiative d’Impact France partagent leur position en réaction à ces propositions.
Réforme CSRD : préparer la suite !
6propositions alternatives au projet Omnibus par le groupe Expertise ESG du collectif We Are Europe
Le groupe Expertise ESG au sein du collectif WeAreEurope1, composé de plus de 30 organisations ESG2, accompagne plus de 3 000 entreprises dans leurs plans stratégiques ESG.Le collectif partage une note de position pour livrer son décryptage et ses propositions alternatives au projet de réforme de la directive CSRD dite « Omnibus » de la Commission européenne.
6 propositions qui s’appuient sur les attentes des entreprises, exprimées lors des travaux de préparation de la CSRD et des nombreux échanges glanés par les acteurs du collectif avec les quelques 3 000 entreprises qu’ils accompagnent et conseillent dans leur stratégie ESG.
Des contributions pensées pour aider les entreprises et permettre de concrétiser les ambitions du Green Deal.
La Commission européenne présentait mercredi dernier son premier Paquet Omnibus, visant à simplifier et faciliter la mise en œuvre de plusieurs réglementations liées à la durabilité pour les entreprises européennes.
Dans sa proposition, la Commission européenne préconise de réviser :
la directive de 2022 sur le reporting extra-financier (CSRD),
celle de 2024 sur le devoir de vigilance (CSDDD),
le règlement de 2020 sur la taxonomie,
ainsi que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).
Si la démarche visant à optimiser la mise en œuvre de certaines réglementations de durabilité est saluée, le collectif initié par Impact France rappelle que celle-ci ne doit pas conduire à un renoncement des ambitions environnementales et sociales de l’UE ni à l’instauration d’une nouvelle période d’instabilité délétère pour la compétitivité des entreprises européennes.
Pour allouer efficacement les financements qui permettront la décarbonation des acteurs économiques, la pérennisation de technologies propres et le renforcement de notre compétitivité et souveraineté, notre économie a besoin d’une grammaire commune en matière de durabilité.
Dans un monde en constante évolution, les entreprises doivent ainsi pouvoir s’appuyer sur un cadre réglementaire stable et adapté à leurs réalités opérationnelles pour les guider sur le chemin de la transition.
Le déploiement de la CSRD : pour un changement de posture plutôt qu’un moratoire
Terra Nova est un think tank progressiste indépendant ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes en France et en Europe.
Michel Barnier a créé la surprise en octobre 2024. Premier ministre, il a appelé à une simplification réglementaire, notamment en matière de normes visant les entreprises, et évoqué « un dispositif – une forme de moratoire par exemple – qui puisse reporter de deux ou trois ans les dates d’entrée en vigueur de réglementations très lourdes ». Et « cela vaut en particulier pour des textes européens comme la directive CSRD dont il convient de réexaminer la portée ».
La CSRD est une directive qui vise à encadrer le « reporting de durabilité » au niveau européen, c’est-à-dire la manière dont les entreprises doivent rendre compte de leurs impacts dans les domaines environnementaux, sociaux, sociétaux et de gouvernance.
Terra Nova montre dans ce rapport que le moratoire sur la CSRD est une très mauvaise idée, d’abord parce qu’elle se heurterait à la réalité et aboutirait à des résultats contraires à ceux qui sont visés par ses promoteurs, ensuite parce qu’elle s’appuie sur un diagnostic erroné.
Terra Nova développe ensuite ses propositions alternatives, de façon à remettre le déploiement de la CSRD sur les rails qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Les entreprises et les parties prenantes n’ont pas besoin d’un moratoire sur le déploiement de la CSRD mais d’un changement de posture.
Nous regrettons le chemin emprunté par la Commission européenne qui, en modifiant plusieurs de ces textes, fait courir le risque de remettre en cause les principes au cœur de notre résilience future.
Cette insécurité juridique génère un risque concurrentiel pour les entreprises engagées dans la transition écologique et conformes au cadre en vigueur : il n’est pas souhaitable économiquement que ces dernières pâtissent de leur engagement.
Le collectif appelle à la conduite de débats pragmatiques et ambitieux entre la Commission, le Conseil et le Parlement, avec une finalisation rapide des discussions à venir permettant de faire de ces normes simplifiées de véritables leviers de compétitivité et de protection de nos entreprises.
Simplifions la CSRD sans renoncer à son ambition
Directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD )
La principale évolution de la directive CSRD concerne son champ d’application. Initialement applicable à toutes les entreprises comptant plus de 250 salariés, elle ne s’étendrait désormais qu’aux entreprises employant plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires net de plus de 50 millions d’euros ou un total du bilan supérieur à 25 millions d’euros.
Cette révision conduirait à une diminution de 80 % du nombre d’entreprises couvertes par la directive selon la Commission européenne. La Commission a toutefois précisé que les entreprises se situant en-dessous de ces seuils auraient la possibilité d’effectuer un reporting volontaire. Un standard dédié serait publié, fixant un cadre minimal d’exigences que les banques et autres donneurs d’ordre ne pourront dépasser.
Parmi les autres propositions, la Commission prévoit :
Le report de 2 ans de l’entrée en vigueur de la réglementation pour les sociétés des vagues 2 et 3
La réduction de moitié du nombre de points de données obligatoires
La suppression des normes ESRS sectorielles initialement attendues
La transformation en optionnel de l’obligation, pour les entreprises de plus de 1 000 salariés etdont le chiffre d’affaires est inférieur à 450 millions d’euros, de rendre compte de l’alignement de leurs activités avec la taxonomie européenne
Le maintien d’un niveau d’assurance limité pour les audits, sans renforcement du contrôle.
En revanche, Impact France se félicite du maintien de principes fondamentaux de la directive : la double matérialité, l’extra-territorialité, et le principe d’un reporting sur les trois volets ESG et non le seul volet E (environnement).
Recommandations
Face à ces évolutions, il nous paraît essentiel de préserver le cadre établi par la CSRD et d’éviter une refonte des indicateurs qui serait longue et complexe. À ce titre, nous proposons d’intégrer le modèle de données de la norme LSMEs (Listed Small and Medium Enterprises) dans le cadre général. Ce modèle simplifié de la CSRD, principalement axé sur des indicateurs quantitatifs et semi-narratifs, répond aux besoins des PME et permettrait de réduire de 30 % le nombre de KPI, en simplifiant les narratifs et en offrant une structure plus claire avec moins de contenu spécifique par ESRS. Il pourrait ainsi devenir la norme de référence pour les entreprises de plus de 1000 salariés.
Nous considérons également que le référentiel VSME (Voluntary Standard for non-listed micro-small-and medium-sized undertakings) devrait devenir obligatoire pour les entreprises comptant entre 500 et 1000 salariés, anciennement couvertes par la directive NFRD, afin d’assurer une harmonisation des pratiques au sein des États membres. De plus, ces entreprises pourraient, sur une base volontaire, se conformer aux exigences du cadre général afin d’améliorer la comparabilité de leurs performances avec celles des entreprises de plus grande taille.
Enfin, nous préconisons que la norme VSME demeure volontaire pour les entreprises de moins de 500 salariés.
Nous regrettons également le possible décalage de deux ans de la mise en œuvre de la CSRD pour les vagues 2 et 3, et resterons vigilants afin que tout report éventuel ne pénalise pas les entreprises déjà engagées dans leur mise en conformité et n’engendre pas de distorsions de concurrence dues à une instabilité juridique.
Si nous accueillons plutôt favorablement l’abandon de la transition vers une assurance raisonnable, nous appelons néanmoins la Commission européenne à publier des lignes directrices sectorielles en l’absence des normes ESRS dédiées. Ces orientations sont essentielles pour accompagner les entreprises dans la mise en œuvre de la directive, en tenant compte des spécificités de chaque secteur.
Si les co-législateurs confirment l’instauration d’un reporting volontaire pour les entreprises de moins de 1 000 salariés, il nous apparaîtrait alors important d’associer un mécanisme d’incitation à la réalisation d’un tel reporting. Les PME et les entreprises de taille intermédiaire qui se conformeraient alors volontairement à ces exigences pourraient par exemple avoir un accès préférentiel au financement vert. Ce serait avant toute chose leur simplifier le travail dans la mesure où la production de données extra-financières leur sera de toute façon demandée par leurs donneurs d’ordre.
Nous resterons particulièrement vigilants quant à la proposition de mise en place d’un plafond d’exigence pour le reporting volontaire. Une telle mesure ne devrait en aucun cas restreindre la liberté des entreprises souhaitant développer des politiques d’achats responsables à forte valeur écologique et sociale.
Enfin, nous préconisons d’adosser la CSRD à des trajectoires de progrès intégrant des engagements progressifs et des échéances définies, dont la certification pourrait être assurée par le CAC en parallèle des comptes financiers, afin d’en faire un véritable outil de pilotage stratégique pour le entreprises.
Par ailleurs, la mise en place d’outils sectoriels et de cadres de référence open source permettrait une évaluation harmonisée des impacts et bénéfices liés à la prise en compte de la double matérialité, facilitant ainsi l’appropriation et l’opérationnalisation du reporting par les entreprises.
Directive sur le devoir de vigilance des entreprises (CSDDD)
Adoptée il y a moins d’un an avec une application initialement prévue pour 2027, la CSDDD fait l’objet de propositions de modifications substantielles par la Commission européenne. Tout d’abord, son périmètre serait considérablement restreint, s’inspirant du modèle allemand.
Alors que le devoir de vigilance s’applique actuellement à l’ensemble de la chaîne de valeur des entreprises, il ne concernerait plus que leurs propres opérations, ainsi que leurs sous-traitants et partenaires commerciaux directs.
Les demandes d’informations que pourraient formuler les grandes entreprises à l’égard des entreprises de moins de 500 salariés et des petites entreprises de leur chaîne de valeur seraient allégées. Par ailleurs, les entreprises ne seraient plus tenues de rompre leurs relations avec un partenaire dont les pratiques portent atteinte aux droits humains ou à l’environnement. La Commission européenne propose également de reporter d’un an le délai de transposition de la directive dans les ordres juridiques nationaux (26 juillet 2027), ainsi que la mise en œuvre de la première phase d’application du texte pour les grandes entreprises (26 juillet 2028).
Autre changement majeur, les entreprises ne seraient plus dans l’obligation de mettre en œuvre un plan de transition climatique, mais seulement de l’adopter. De plus, la fréquence des évaluations de l’efficacité des systèmes de vigilance serait revue à la baisse, passant d’une évaluation annuelle à un contrôle quinquennal.
Enfin, la suppression du régime de responsabilité civile européenne déléguerait aux États membres la responsabilité de garantir l’accès des victimes à la justice et à une indemnisation. Cette nouvelle approche interdirait par ailleurs aux États d’adopter des mesures plus ambitieuses, mettant ainsi en péril le cadre établi par la loi française de 2017 sur le devoir de vigilance (dite loi Potier).
Recommandations
La CSDDD est essentielle pour renforcer la responsabilité sociétale des entreprises et constitue un instrument clé dans la lutte contre la concurrence déloyale, en protégeant nos entreprises contre les pratiques qui ne respectent pas ces normes de durabilité.
Face aux reculs proposés par la Commission européenne, nous préconisons l’approche suivante :
Le maintien d’une évaluation annuelle de l’efficacité des systèmes de vigilance, conformément aux dispositions de la loi française
Un repositionnement du périmètre des sous-traitants concernés, en incluant non seulement les partenaires directs mais également tous les fournisseurs et sous-traitants avec lesquels l’entreprise entretient une relation commerciale établie3.
La sauvegarde du régime de responsabilité civile européen, afin d’éviter des distorsions de concurrence entre États membres.
Si nous saluons la volonté de la Commission d’harmoniser les exigences relatives aux plans de transition entre la CSDDD et la CSRD, nous regrettons la direction empruntée.
Nous proposons l’instauration d’un unique plan de transition climatique, aligné sur les objectifs de l’Accord de Paris. Celui-ci devrait inclure non seulement une obligation de transparence et de publication mais également une obligation de mise en œuvre effective.
Règlement sur la taxonomie
La taxonomie verte de l’UE est un système de classification des activités économiques permettant d’identifier celles qui sont durables sur le plan environnemental, c’est-à-dire qui n’aggravent pas le changement climatique. Véritable “boussole environnementale” de l’UE, la taxonomie a été lancée par la Commission européenne en 2018 pour guider et mobiliser les investissements privés pour parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050.
Le paquet Omnibus de la Commission européenne introduit des amendements aux actes délégués relatifs à la Taxonomie climatique et environnementale.
Parmi les principales évolutions, la Commission propose de rendre la taxonomie européenne optionnelle pour les entreprises de moins de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 450 millions d’euros.
La proposition prévoit également une simplification des obligations de reporting, avec une réduction de 70 % des points de données dans les modèles de déclaration et une exemption d’évaluation pour les activités jugées peu significatives financièrement, soit celles représentant moins de 10 % du chiffre d’affaires, des investissements ou des actifs4.
Ne pas causer de préjudice important
Enfin, la Commission lance une consultation sur les critères « Do No Significant Harm » (DNSH) en matière de prévention et de contrôle de la pollution, notamment sur l’utilisation des produits chimiques, en proposant deux options pour en simplifier l’application.
Recommandations
La Taxonomie européenne est un outil essentiel pour orienter les capitaux vers des activités durables. Son adoption progressive par les acteurs financiers et économiques prouve sa valeur, mais la complexité de sa mise en œuvre limite encore son efficacité.
La Commission simplifie les règles en matière de finance durable, permettant aux entreprises d’économiser plus de 6 milliards d’euros
La Commission européenne propose des simplifications intéressantes et pertinentes, mais elles restent partielles face aux enjeux soulevés par la Plateforme de l’UE sur la finance durable dans son rapport du 5 février et méritent d’être renforcées :
Rendre la Taxonomie optionnelle pour les entreprises sous le seuil de 1 000 salariés et 450 millions d’euros risque d’affaiblir son intégration dans l’économie. Plutôt qu’une exemption totale, nous recommandons une approche progressive avec des modèles de reporting allégés pour préserver une dynamique d’engagement
Dans le cadre de la consultation de la Commission visant à simplifier les critères DNSH5, nous plaidons pour une différenciation des exigences selon le type d’entreprise et la zone géographique afin d’adapter réellement les obligations aux réalités économiques
L’exemption des activités représentant moins de 10 % du chiffre d’affaires, des investissements ou des actifs proposée par la Commission européenne va dans le bon sens car elle permet d’éviter un reporting disproportionné sur des éléments peu significatifs, réduisant ainsi la charge administrative pour les entreprises
La Commission ne prévoit pas d’encadrement spécifique des estimations, ce qui risque d’accroître l’incertitude. Nous recommandons de définir des règles claires et des marges de tolérance pour assurer la fiabilité et la comparabilité des données
L’exclusion de certaines expositions du Green Asset Ratio (GAR)6 ne doit pas conduire à fausser la mesure de la part verte des financements en réduisant la comparabilité entre institutions. Plutôt que des exclusions, nous proposons d’assouplir le cadre en permettant l’usage d’estimations et d’approximations encadrées, afin de garantir à la fois faisabilité et robustesse des ratios verts.
Le Green Asset Ratio (GAR) est un indicateur innovant conçu pour mesurer la part des actifs bancaires finançant des activités durables. Cet outil clé aide à comprendre dans quelle mesure les institutions financières soutiennent la transition vers une économie bas-carbone respectant les piliers ESG.
Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF)
Les modifications proposées au Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) visent à simplifier les procédures pour les entreprises, en réduisant la charge administrative et en allégeant les obligations pour les petits importateurs.
Un seuil d’exemption de 50 tonnes par an (environ 80 tonnes équivalent CO2) permettrait d’exclure les importations de faible volume, tout en maintenant une couverture de 99 % des émissions concernées. En parallèle, la Commission envisage un renforcement du MACF pour prévenir les contournements, ainsi qu’une future extension à d’autres secteurs du système d’échange de quotas d’émission (ETS).
Une révision plus large est prévue à terme, notamment pour accompagner les exportateurs européens face aux risques de fuite de carbone.
Recommandations
Nous soutenons ces ajustements mais appelons à une mise en œuvre accélérée et plus ambitieuse afin d’assurer que le MACF soit un véritable levier de compétitivité pour les entreprises européennes.
À ce titre, nous préconisons deux évolutions majeures :
1. étendre rapidement le MACF à de nouveaux secteurs
2. inclure les produits finis afin d’éviter une distorsion de concurrence.
Ces mesures garantiraient un mécanisme plus juste, plus efficace et plus souverain, capable de protéger les entreprises européennes tout en renforçant la cohérence de la politique climatique de l’UE.
Le Clean Industrial Deal
La situation actuelle impose de renforcer la compétitivité industrielle de l’Europe en accélérant la décarbonation de notre industrie et en favorisant la réindustrialisation du continent, des leviers essentiels pour revitaliser l’économie européenne.
Dans ce contexte, le collectif initié par Impact France salue la présentation du Clean Industrial Deal par la Commission européenne, qui apporte des réponses concrètes aux défis des entreprises, notamment sur le coût de l’énergie, la concurrence équitable pour les produits décarbonés, le développement de l’économie circulaire et les besoins d’investissements dans les technologies propres.
Tirant les enseignements du rapport Draghi, le Clean Industrial Deal démontre que compétitivité et décarbonation peuvent aller de pair.
Ce plan intègre plusieurs de nos recommandations, en particulier :
Le plan d’action pour une énergie abordable
L’introduction de critères de durabilité, de résilience et de proximité dans les marchés publics et privés pour les cleantech et secteurs stratégiques
L’intégration de la circularité dans la stratégie de décarbonation européenne, avec notamment le réexamen des règles sur la TVA appliquée aux produits d’occasion dans le cadre d’une initiative TVA Verte et l’adoption à venir d’un Circular Economy Act.
La mobilisation de plus de 100 milliards d’euros pour financer la transition.
Recommandations
L’adoption de ces mesures constituerait une avancée significative pour la relance de la compétitivité industrielle européenne.
Le Clean Industrial Deal identifie que la décarbonation de l’industrie européenne se fera sur deux jambes, la décarbonation des sites existants et le renforcement d’acteurs émergents décarbonés, et nous saluons cette approche. Il sera ainsi essentiel d’assurer le déploiement des dispositifs dans des conditions justes et efficaces, en phase avec les attentes des entreprises.
Le collectif appelle à construire les instruments pragmatiques et utiles pour maximiser les effets de levier, libérer massivement les capitaux européens privés en faveur de l’industrie décarbonée et soutenir l’innovation. Ces instruments devront être suffisamment accessibles pour les entreprises.
Les organisations, financeurs et réseaux d’entreprises réunis par Impact France resteront attentifs aux débats concernant les critères de durabilité et de proximité introduits dans les marchés publics, qu’ils souhaitent ambitieux pour générer de la croissance et des emplois en Europe.
En outre, la Commission est encouragée à renforcer le réemploi dans son Circular Economy Act, en développant la collecte et la réparation des produits usagés pour soutenir la réindustrialisation et réduire la dépendance aux matières premières importées.
Face à ces constats, les organisations resteront mobilisées pour garantir que ces initiatives répondent pleinement aux besoins des entreprises engagées dans la transition écologique et sociale. La simplification, portée par le paquet Omnibus, doit être un levier de compétitivité et de croissance, et non un renoncement aux ambitions de durabilité de l’Europe.
En parallèle, le Clean Industrial Deal doit créer un cadre stable, prévisible et incitatif pour accélérer la décarbonation de l’économie et soutenir l’innovation.
Loin d’être une contrainte, cette transition doit être une opportunité stratégique pour renforcer la compétitivité, l’innovation et la résilience des entreprises européennes.
À propos de WeAreEurope Lancé en 2025, WeAreEurope est un mouvement de citoyens et de leaders d’entreprises mettant en place des initiatives dans tous les États membres de l’UE pour promouvoir l’approche européenne du business durable. Celle-ci repose sur les principes ESG, la science, le développement de villes centrées sur l’humain ainsi que la promotion de la diversité, de l’égalité et de l’inclusion
WeAreEurope rassemble des dirigeants d’entreprises, d’universités, de cabinets de conseil et de plateformes numériques afin de réussir les défis collectifs liés au changement climatique, à la perte de la biodiversité et aux inégalités sociales. L’objectif est d’encourager la participation des parties prenantes au débat public et de garantir une évaluation adéquate des impacts. Pour plus d’information, visiter le site http://www.weareeurope.group/↩︎
WeAreEurope – 30 acteurs experts de l’ESG réunis pour conjuger compétitivité et durabilité : Agathe Farges, AGEC Solutions – Alexis Kryceve, Haatch – Amaury Salette et Lea Caen, Kiosk – Arnaud Bergero, GoodWill Management – Aurélie Sykes-Darmon et Marion Letorey, KeekOff – Candice Lourdin et Pauline de Saint Front, Cabinet de Saint Front – Charles Margnat, Positive Company – Cindy David, I Care by BearingPoint – Corentin Decouty, Komizo – Delphine Gibassier, Dix Septembre – Dominique Royet, Hyssop – Eloïse Briodin, Anaïs Chung Segonds et Florence Faure, BL Evolution – Elsa Boniface, ici&demain – Fanny Picard, Meilleur demain – Fanny Tresallet, CorpoKarma – Germain Gouranton, Naldéo Technologies & Industries – Jules Pigassou, Sustainsoft – Laurent Barbezieux, Aktio – Ludovic Flandin et Timothy Elkihel, R3 – Nicolas Perdrix, Sidiese – Noël Bauza, Zei – Tanguy Robert, Sami – Thomas Nouvian, Lysi – Théo Alvès Da Costa, Ekimétrie – Timothée Quellard, ekodev – Sepanta Sharafuddin, Normative.io – Vanessa Logerais, Parangone – Anne Carmier, Utopies ↩︎
Cette définition, fondée sur la régularité et la stabilité des échanges commerciaux (avec ou sans contrat et à partir d’un certain volume d’affaires), est déjà en vigueur dans la loi française ↩︎
Les institutions financières sont également concernées par ces ajustements, notamment les banques, qui pourraient exclure certaines expositions de leur Green Asset Ratio (GAR) lorsqu’elles concernent des entreprises ne relevant pas des nouvelles obligations de reporting. ↩︎
Un indicateur de performance durable pour évaluer l’impact environnemental du secteur bancaire – selon l’Étude Pulse of banking KPMG↩︎
Pour un économie d’intérêt commun
Les membres d’Impact France défendent un plaidoyer régi par 4 principes clés :
1. Sobriété : Impact France propose et soutient les mesures encourageant les entreprises à diminuer leur consommation de ressources, à se concentrer sur les produits à forte valeur sociale et écologique, à centrer leurs innovations sur la réponse aux besoins plutôt que sur la création de nouveaux, afin d’intégrer les limites planétaires dans les modèles d’affaires.
2. Partage : Impact France propose et soutient les mesures encourageant les entreprises à mettre la diversité, la parité, l’équité et l’inclusion au cœur de leur mode de fonctionnement, à adopter une gouvernance éthique et partagée, à pratiquer un partage de la valeur équitable et transparent avec l’ensemble de leurs parties prenantes.
3. Intérêt commun : Impact France préconise des politiques budgétaires et fiscales qui garantissent le financement de la solidarité, des services publics et autres communs et incitent les entreprises à s’engager pour la transition écologique et sociale telles que la conditionnalité des aides publiques et des appels d’offres, et la fiscalité comportementale.
4. Transparence : Impact France propose et soutient les mesures garantissant un étiquetage compréhensible des produits et des services, et une information extra financière fiable, accessible, auditable, comparable, pour permettre aux consommateurs, aux salariés, aux pouvoirs publics, aux investisseurs, et aux entreprises de faire des choix éclairés.
La justice vient d’annuler l’autorisation environnementale du projet d’autoroute A69. Ce n’est pas la première fois que des mobilisations environnementales parviennent à leurs fins contre des projets controversés. Retour sur l’abandon d’une concession de sable coquillier en Bretagne en 2016 grâce à la mobilisation locale.
Une manifestation contre le projet autoroutier de l’A69 en décembre 2023. Matthieu RONDEL / AFP
Usage disproportionné de la force à Sainte-Soline, tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, procédures antiterroristes à l’encontre de militants soupçonnés de dégradations sur un site du cimentier Lafarge… Les temps sont durs pour les défenseurs de l’environnement.
Dans un contexte de moindre tolérance des pouvoirs publics à l’égard des contestations, on peut donc s’interroger : que peuvent encore les mobilisations locales face à des projets controversés ? Il est utile de se pencher sur celles qui sont parvenues à leurs fins. L’opposition à la concession de sable coquiller de Pointe d’Armor, en Bretagne, finalement abandonné en 2016, en fournit un exemple éclairant.
Des autoroutes aux concessions minières, comprendre les contestations locales
La question de l’impact des mouvements sociaux a de longue date préoccupé les chercheurs en sciences sociales. Ceux-ci se sont intéressés au poids des formes d’organisation dans « l’efficacité » des luttes, à leur influence sur les trajectoires militantes, ou encore à leurs effets culturels à grande échelle.
Dans ma thèse, je me suis penché sur les impacts de trois mobilisations contre des titres miniers, dans le Tarn et dans les Côtes-d’Armor. J’aimerais ici m’attarder sur l’opposition au projet de Pointe d’Armor, en baie de Lannion. Il devrait s’agir d’une concession minière de sable coquillier, c’est-à-dire de sable calcaire constitué de débris de coquillages, utilisé comme amendement agricole pour diminuer l’acidité des terres.
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Comme l’A69, soutenu par les Laboratoires Pierre Fabre, l’extraction de sable impliquait un important acteur économique régional, la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), filiale du groupe Roullier, poids lourd de l’agroalimentaire breton.
Autre point commun : l’opposition à ces deux projets fédère ou a fédéré de vastes coalitions d’opposants.
L’opposition à Pointe d’Armor était de son côté animée par Le Peuple des dunes en Trégor, large coalition d’acteurs locaux. Ceux-ci ont obtenu la suspension des extractions en septembre 2016, avant que le projet ne soit définitivement abandonné en novembre 2021.
Bien que chaque lutte ait ses propres spécificités et que le contexte politique soit changeant, il est utile de revenir sur une mobilisation qui a réussi à peser sur la décision politique. Une telle démarche permet d’éclairer les dynamiques observées au sein des conflits environnementaux actuels.
Mobilisation contre l’A69 : vers de nouvelles dynamiques de la violence ? Des policiers délogent un manifestant occupant un arbre à Saix en protestation contre le projet d’autoroute de l’A69. Ed Jones / AFP
Une importance économique relative
L’A69 est présentée par ses partisans comme vitale pour le sud du Tarn, mais l’importance stratégique et économique des projets industriels ou d’aménagement peut souvent être relativisée.
La concession de Pointe d’Armor était par exemple présentée par la CAN comme nécessaire pour fournir à l’agriculture bretonne des amendements calcaires. Elle devait aussi préserver la vingtaine d’emplois de marins salariés par la société.
Mais surtout, le projet allait dans le sens d’orientations économiques impulsées par les pouvoirs publics. Le Livre bleu de la mer et des océans, signé en 2009 par le Premier ministre de l’époque, François Fillon, encourageait par exemple la valorisation des granulats marins.
En prévision de la fin annoncée de l’exploitation du maërl, un autre amendement agricole, la CAN était ainsi encouragée à trouver de nouveaux gisements de sable coquillier.
L’Ifremer a mis ses données à disposition, ce qui a permis d’identifier la dune sous-marine de Trezen-ar-Gorjegou, en baie de Lannion, situé entre plusieurs zones protégées Natura 2000. L’enquête publique concernant Pointe d’Armor soulignait d’ailleurs que le projet de concession était en cohérence avec la politique gouvernementale, concluant que « le recours aux matériaux et produits issus de la mer [devait ] être développé ».
À y regarder de plus près toutefois, il ne s’agissait pas d’un projet majeur du point de vue de l’économie bretonne.
Les activités de la CAN, devenues marginales au sein du groupe Roullier, ne dépendaient pas à court terme de l’obtention de la concession, puisqu’elle continue à exploiter deux autres sites de sable coquillier. Les agriculteurs ont d’ailleurs questionné eux-mêmes l’importance les volumes demandés.
Se coaliser pour mieux contester
La concession était en outre contestée par des associations de protection de l’environnement et des acteurs économiques du territoire qui ont réussi à s’allier au sein du Peuple des dunes en Trégor.
Pour comprendre comment différents groupes parviennent à se coordonner pour agir de concert, Suzanne Staggenborg invite à s’intéresser à ce qu’elle nomme le « travail de coalition » effectué par certains acteurs mobilisés.
En baie de Lannion, ce sont des militants écologistes qui ont ainsi pris la peine de contacter la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), association qui bénéficie d’une forte légitimité locale et nationale. Plus surprenant, ils ont également réussi à convaincre les pêcheurs professionnels travaillant dans la baie. Ce ralliement permettait de mettre l’accent sur une activité traditionnelle potentiellement menacée par l’extraction de sable.
Manifestation contre le projet d’extraction de sable à Lannion, en janvier 2015. Damien Meyer/AFP
Corinne Erhel, députée de la circonscription, a porté le sujet dans l’arène parlementaire, tandis que la ministre du Développement durable et de l’Énergie Ségolène Royal l’a critiqué ouvertement. Seul Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et ancien président de la région Bretagne, a refusé de condamner le projet.
Même si la coalition a fini par imploser sous l’effet de divergences politiques et tactiques, elle a réussi à peser pendant plusieurs années face à une restée CAN isolée.
Le contraste est ici saisissant. Contrairement au projet d’extraction de sable coquillier, le projet de l’A69 est non seulement soutenu par les élites locales, mais bénéficie aussi de puissants appuis au sommet de l’État.
Thomas Brail et l’A69, ou les paradoxes de la désobéissance civile Thomas Brail dans un arbre face au ministère de la Transition écologique en 2019 déjà. MARTIN BUREAU AFP
Répertoires tactiques pour une guerre d’usure
Pour analyser les effets d’une mobilisation, on peut examiner le « répertoire tactique » que ses protagonistes mettent en œuvre, c’est-à-dire les moyens dont ils se dotent pour peser sur un projet contesté. On peut appliquer cet exercice à la mobilisation contre le projet d’extraction de sable coquillier.
Et de fait, aucune des procédures engagées par les opposants à l’extraction de sable n’a abouti à un jugement favorable. Elles ont toutefois permis de gagner un temps précieux dans la construction d’un rapport de force local, dans ce qui s’apparente à une guerre d’usure.
Le Peuple des dunes a entretenu une agitation constante sur le territoire, obtenant par là une certaine visibilité médiatique. La coalition a organisé de nombreuses manifestations pour montrer le rejet suscité par l’extraction de sable au sein de la population. Ce sont ainsi jusqu’à 6 000 personnes qui défilent dans les rues de Lannion en janvier 2015.
La CAN a malgré tout été autorisée à démarrer l’exploitation de sa concession en septembre 2016. Les réactions ont été immédiates : certains opposants se sont lancés dans des actions indépendantes, contribuant à mettre la pression sur les pouvoirs publics et sur la CAN.
Quelques éléments de chronologie supplémentaires :
Enfin, les pouvoirs publics redoutaient à l’époque une confrontation en mer entre le navire-sablier et les pêcheurs. Comme observé lors des mobilisations contre le gaz de schiste, ce désordre, et la crainte d’un « dérapage », a poussé le préfet des Côtes-d’Armor à demander à la CAN une suspension de ses opérations dans la baie.
À quoi sert la violence des mouvements écologistes ? Le rituel de l’écodésordre, entre spectacle et espoir d’un nouveau monde En juin 2023, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qualifiait les Soulèvements de la Terre de groupe « écoterroriste ». Emmanuel Dunand/AFP
Rien n’est écrit à l’avance
Le sablier n’a finalement pas obtenu l’autorisation d’y retourner. Mais cette décision dépendait aussi de facteurs difficiles à prévoir. Corinne Erhel est décédée en mai 2017, au cours d’un meeting de soutien au candidat Emmanuel Macron. Lors des obsèques de la députée, le désormais président de la République a déclaré qu’il « saurait se [] [se]souvenir » de son combat contre l’extraction de sable.
La constitution d’une large coalition a néanmoins fait la force d’une mobilisation qui semblait pourtant « mal engagée », pour reprendre les mots d’un de ses protagonistes. Alors que tous les feux étaient au vert pour la CAN, l’irruption de modes d’action moins encadrés, le maintien d’une forte mobilisation et du soutien des élus ont convaincu la préfecture de suspendre le projet, décision politiquement la moins coûteuse.
Les opposants à l’A69 se heurtent, au contraire, à une puissante coalition de notables dans un contexte plus répressif. Au-delà de ce constat, une analyse minutieuse des spécificités sociales, historiques et politiques propres à chaque territoire permettrait d’expliquer ces différences. Le cas de l’extraction de sable en baie de Lannion montre toutefois que l’issue d’une lutte locale n’est jamais écrite par avance.
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