Énergie Climat

Enjeux énergétiques : une sélection d’article, décryptages et note de la Fabrique Écologique

Face à l’urgence climatique et aux tensions internationales, La Fabrique Écologique partage une sélection de ses dernières publications dédiées aux enjeux énergétiques. À travers ces travaux, elle a exploré la transition énergétique sous différents angles : la souveraineté solaire et nos dépendances au Moyen-Orient, mais aussi des sujets plus ancrés dans nos territoires comme la place du paysage ou le défi persistant de la mobilité rurale.

Décryptage « La démarche paysagère au service de la transition énergétique territorialisée dans les grands sites de France »

Les Grands Sites de France constituent des territoires laboratoires. Ils relèvent le défi d’intégrer les énergies renouvelables au cœur de sites à la fois protégés et habités. L’approche paysagère y est centrale. Elle sert de levier à une concertation démocratique entre les acteurs locaux pour concilier préservation du patrimoine et transition énergétique. Alors que le déploiement de l’éolien et du photovoltaïque s’intensifie, ces sites s’inscrivent désormais dans la dynamique des « zones d’accélération » prévues par la loi, et démontrent que protection de l’environnement et souveraineté énergétique peuvent aller de pair.

Les Grands Sites de France sont des paysages emblématiques connus de tous pour leur beauté. Engagées auprès de l’État dans la politique nationale des Grands Sites de France, les collectivités locales qui en sont gestionnaires œuvrent à leur préservation, leur gestion au quotidien et à long terme ainsi qu’à leur mise en valeur dans le cadre d’un projet de territoire concerté, transversal et cohérent. Face à la multiplication des projets éoliens et photovoltaïques au sol de grande dimension sans prise en compte du paysage, les élus du Réseau des Grands Sites de France ont adopté une position qui appelle à une meilleure prise en compte du paysage dans la planification de la transition énergétique. Pour aller plus loin, le Réseau des Grands Sites de France a mené, en partenariat avec le ministère en charge de l’Environnement et l’ADEME, l’expérimentation nationale “Paysage et transition énergétique dans les Grands Sites de France”. Elle a visé à identifier, à partir de stratégies paysagères de transition énergétique (plans de paysage transition énergétique ou autres outils) élaborées par et pour des Grands Sites de France volontaires, des recommandations méthodologiques permettant aux collectivités de favoriser des projets de transition énergétique (maîtrise de la demande d’énergie et énergies renouvelables) respectueux des valeurs paysagères locales et de disposer d’arguments pour écarter les autres. Cette démarche encore exploratoire a montré sa pertinence pour permettre aux territoires d’opérer des choix éclairés et acceptés. Elle vise à s’inscrire dans la mise en œuvre de la transition énergétique indispensable pour lutter contre le changement climatique sans renoncer à préserver l’identité du territoire et la qualité du cadre de vie. 

Décryptage « Développement de l’énergie solaire et enjeux de souveraineté »

Le 28 janvier 2026 s’est tenu à Marseille un séminaire d’une journée organisé par La Fabrique écologique, avec le soutien de l’Institut pour la Recherche de la Caisse des Dépôts (CDC), consacré aux enjeux de souveraineté associés à l’énergie solaire et à la filière industrielle correspondante. Cet article revient sur les principales réflexions, touchant à l’autonomie énergétique, à la souveraineté industrielle, mais également aux enjeux démocratiques et citoyens.

Développement de l’énergie solaire et enjeux de souveraineté

Le 28 janvier 2026 s’est tenu à Marseille un séminaire d’une journée organisé par La Fabrique écologique, avec le soutien de l’Institut pour la Recherche de la Caisse des Dépôts (CDC), consacré aux enjeux de souveraineté associés à l’énergie solaire et à la filière industrielle correspondante. Il s’inscrivait dans un cycle organisé par la CDC sur plusieurs domaines où se posent des questions de souveraineté (industrie, énergie, numérique et finance). La Fabrique écologique a naturellement été sollicitée pour prendre en charge le montage de ce séminaire compte tenu de ses travaux sur l’énergie.

Ce décryptage entend revenir sur certains des thèmes abordés lors de ce séminaire, à la lumière des échanges du 28 janvier 2026, sans se limiter à une stricte recension des débats. La publication en février de la programmation pluriannuelle de l’énergie 2025-2035 et l’actualité de la guerre au Moyen-Orient conduisent notamment à faire évoluer la perspective[1].

Les enjeux de souveraineté liés au développement en cours de l’énergie solaire dans notre pays – en se concentrant sur le photovoltaïque – peuvent être rattachés à trois enjeux de vulnérabilité, ce qui a donné lieu à trois tables rondes lors du séminaire. Le premier a trait à la dépendance aux énergies fossiles importées et au rôle de l’énergie solaire pour en sortir. En contrepoint, le deuxième interroge les nouvelles dépendances technologiques et industrielles qui caractérisent le secteur solaire. Enfin, le développement de l’énergie solaire sur notre territoire soulève des questions démocratiques, dans un contexte de prise de distance des concitoyens vis-à-vis des processus de décision publics et de montée de discours caricaturaux sur l’énergie, ce qui renvoie au rôle des élus dans la planification énergétique et à la place des citoyens dans le développement des initiatives et l’examen des projets.


[1] Voir la publication « Agenda écologique n°5 » de La Fabrique écologique intitulée « La guerre au Moyen-Orient, un révélateur de notre dépendance excessive aux énergies fossiles » – mars 2026

Décryptage « Transitions énergétiques en Amérique du Nord : La nature oubliée ? »

Alors que le conflit au Moyen-Orient a remis sur le devant de la scène la dépendance de l’ensemble du monde, Europe et Etats-Unis mais aussi Afrique et Asie, aux énergies fossiles, ce décryptage compare les situations respectives des Etats-Unis, du Canada et du Mexique en matière énergétique. Il met en avant des contrastes qui tiennent aux dotations en ressources naturelles, à l’organisation institutionnelle et l’histoire, et les options politiques des gouvernements. Il s’intéresse également aux effets des politiques énergétiques nationales sur l’état de la biodiversité en rappelant l’extrême richesse de la nature dans ces pays. Il invite à une vision large de l’écologie conformément au Manifeste de La Fabrique écologique.

Transitions énergétiques en Amérique du Nord : La nature oubliée ?

En juillet 2025, le président Donald Trump a promulgué la loi « One Big Beautiful Bill Act» (OBBBA), marquant un net recul de la politique climatique fédérale américaine. Cette législation démantèle l’essentiel des mesures de soutien aux énergies renouvelables et favorise explicitement le maintien des combustibles fossiles. Elle rompt avec l’ « Inflation Reduction Act» (IRA) de 2022, adopté sous la présidence de Joe Biden, qui constituait jusqu’alors le pilier de la stratégie climatique des États-Unis, en soutenant massivement le déploiement des énergies propres et la décarbonation du secteur électrique.

Ce revirement s’inscrit dans une continuité politique. Déjà lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait retiré les États-Unis de l’Accord de Paris, avant que le pays ne le réintègre sous Joe Biden, puis s’en retire à nouveau peu après sa deuxième investiture. À l’échelle fédérale, les États-Unis ne poursuivent donc plus de trajectoire climatique nationale ambitieuse. Toutefois, en tant que fédération décentralisée, de nombreux États continuent de mener leurs propres politiques énergétiques et climatiques, parfois particulièrement avancées comme le cas de la Californie ou de New York.

Le Canada a adopté une trajectoire différente. L’État canadien a réaffirmé son objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 et s’est doté, avec le  « Clean Electricity Regulation » (CER ou Règlement sur l’électricité propreREP) fin 2024, d’un cadre fédéral visant un réseau électrique neutre en carbone d’ici 2035. S’appuyant sur un mix déjà largement dominé par l’hydroélectricité (55º% en 2024), le pays se positionne comme un leader des énergies renouvelables en Amérique du Nord.

À l’inverse, le Mexique demeure fortement dépendant des hydrocarbures, y compris pour la production électrique. Malgré l’arrivée au pouvoir de Claudia Sheinbaum, la politique énergétique reste centrée sur le gaz et le pétrole. En 2024, plus des trois quarts de l’électricité mexicaine (76 %) provenaient des énergies fossiles. Par ailleurs, le pays poursuit de grands projets d’infrastructures ferroviaires, comme le Tren Maya dans la Riviera Maya ou le Tren Interoceánico dans l’isthme de Tehuantepec, mais ceux-ci soulèvent de vives inquiétudes environnementales.

Ces trois trajectoires illustrent la diversité des réponses nord-américaines à la transition énergétique. Elles partagent toutefois un risque commun : une « vision tunnel du carbone », centrée presque exclusivement sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, au détriment d’autres limites planétaires, notamment la biodiversité. Dans un contexte où plusieurs limites planétaires ont déjà été dépassées (7 sur 9 en 2025), ce décryptage analyse la manière dont le Canada, les États-Unis et le Mexique cherchent à décarboner leurs systèmes énergétiques, avec un focus particulier sur l’électricité, tout en évaluant si ces stratégies sont compatibles avec la protection de la biodiversité.

Note sur la « Mobilité rurale, 10 ans après : des territoires en mouvement, une même dépendance à la voiture »

En 2016, deux ans avant le mouvement des Gilets jaunes, La Fabrique Ecologique publiait une première note sur la mobilité rurale. Dix ans après, à quelques jours des élections municipales, alors que 70% des communes françaises ont moins de 1000 habitants et près de 50% moins de 500, cette deuxième note fait le point des évolutions sur ce sujet toujours aussi sensible. Ces territoires sont devenus un laboratoire des mobilités de demain avec un foisonnement de projets mais la dépendance à la voiture n’a pas diminué. Cette note propose d’éclairer le débat au travers d’une analyse des dynamiques de mobilité dans les territoires ruraux, et donne des clés de compréhension et d’actions.

Mobilité rurale, 10 ans après : des territoires en mouvement, une même dépendance à la voiture

Cette Note est actuellement ouverte à la co-construction citoyenne. Ceci signifie que chacun(e) peut contribuer à son amélioration en faisant des commentaires et surtout en proposant des amendements précis, soit ci-dessous ou par email à l’adresse contact@lafabriqueecologique.fr. À l’issue de cette période collaborative, les auteurs qui ont rédigé le document initial se réuniront une dernière fois pour retenir les amendements jugés pertinents. Leurs auteurs seront dans ce cas sollicités pour que leur nom figure, s’ils le souhaitent, dans la fiche de présentation de la note en tant que contributeur. La version définitive sera ensuite publiée. 

Signataires

  • Laurent Jégou – Directeur de l’expertise Mobilités durables et inclusives d’Auxilia
  • Marie Huyghe – Docteure en Aménagement de l’espace et Urbanisme, experte des mobilités rurales
  • Agnès Alfonso-Chariol – Maire de Sainte-Terre (Gironde), Vice-Présidente Environnement du Grand Saint-Emilionnais et membre de la Commission Mobilité de l’AMRF

Article sur « La guerre au Moyen-Orient, un révélateur de notre dépendance excessive aux énergies fossiles »

Dans ce nouvel Agenda Ecologique, la Fabrique Ecologique revient sur les chocs économiques récents provoqués par la guerre au Moyen Orient et montre en quoi celle-ci révèle notre dépendance envers les énergies fossiles. Face à cette dépendance, la transition énergétique apparait comme un levier stratégique, de souveraineté et de résilience. Toutefois, ce n’est pas une solution magique, il faut faire attention aux nouvelles dépendances que les énergies renouvelables créent. 

La guerre au Moyen-Orient, un révélateur de notre dépendance excessive aux énergies fossiles

La guerre ouverte au Moyen‑Orient illustre avec une clarté brutale à quel point l’économie mondiale demeure vulnérable aux tensions régionales autour des hydrocarbures. Le conflit militaire mené par Israël et les Etats Unis en Iran a entraîné un quasi‑blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial. Le trafic maritime y a chuté de 70 à 80 % selon les analystes, sous l’effet des attaques sur les navires et de la suspension des opérations par les grands armateurs internationaux.

Cette situation a provoqué une réaction immédiate des marchés : le Brent a bondi de plus de 15%, tandis que les prix du gaz européen augmentaient de 40 %, alimentant une nouvelle vague d’inflation énergétique susceptible de déstabiliser durablement les économies importatrices. Comme souvent, les tensions géopolitiques dans le Golfe se traduisent par des chocs de prix qui montrent la dépendance persistante des économies au pétrole.

En 2022, dans un précédent contexte de forte tension régionale, les importations énergétiques de la France, composées principalement de pétrole et de gaz, ont atteint 148 milliards d’euros. En 2024, elles se situent encore à plus de 60 milliards.

Les réponses immédiates centrées sur le contrôle et la limitation des hausses de prix des produits issus des hydrocarbures ne peuvent être des réponses durables.

+ de publications énergie de La Fabrique écologique

A propos de La Fabrique Écologique

Créée en 2013, La Fabrique Écologique, Fondation pluraliste de l’écologie, est un Think et Do-Tank qui a pour objectif de promouvoir l’écologie et le développement durable sur la base de propositions pragmatiques et concrètes.

Présidée par Lucile Schmid, elle est animée et soutenue par de nombreuses et très diverses personnalités de toutes générations (responsables d’entreprise et d’ONG, universitaires, syndicalistes, parlementaires et anciens ministres de l’écologie de tous bords politiques, …). Elle est financée, en majeure partie, par du mécénat, en toute transparence et en s’appuyant sur une charte éthique garantissant son indépendance intellectuelle et sa liberté d’action.

Avec de nombreuses publications sur des sujets divers et un réseau de près de 800 experts répertoriés et actifs, ses travaux sont reconnus comme particulièrement sérieux et innovants : dans le baromètre annuel des think-tanks réalisé par l’Institut Think, La Fabrique Ecologique est sur la première marche du podium pour la qualité de ses travaux et sa transparence.

Des travaux autour de six principes forts

  • Une rigueur scientifique irréprochable : Sous la caution de son conseil d’orientation et de son réseau d’experts représentant l’excellence dans leurs aires de compétence respectives, La Fabrique Ecologique garantit, sur chaque sujet, un état des lieux objectif et une analyse exhaustive des avantages, inconvénients, modalités et difficultés de mise en œuvre des propositions portées. Une méthodologie des travaux très précise assure cette rigueur.
  • Une exigence pluraliste et transpartisane : La Fabrique Ecologique, soutenue par des femmes et hommes impliqués dans la société civile et (ou) adhérents des partis politiques républicains, fait avancer la réflexion sur l’écologie et le développement durable au service de tous, dans l’intérêt général. Elle s’efforce de valoriser l’expertise citoyenne autour de ses travaux.
  • Une transparence absolue : La Fabrique Ecologique publie ses propositions en toute indépendance. Les experts qui y publient des travaux déclarent leurs intérêts. Une Charte Éthique et de Conformité assure cette indépendance vis-à-vis des partenaires.
  • Une approche européenne et internationale : Le défi écologique est mondial. Les réglementations, les économies, les normes, les bonnes pratiques sont aujourd’hui élaborées aux quatre coins du monde, et en particulier au niveau européen. Les travaux de La Fabrique Ecologique se doivent d’intégrer cette réalité.
  • Des réponses concrètes : Intégrant pleinement les impératifs économiques et sociaux, La Fabrique Ecologique souhaite faire émerger des solutions à la fois ambitieuses et immédiatement applicables.
  • Un positionnement unique, au service du développement durable : De nombreuses organisations travaillent sur ces sujets. La Fabrique Ecologique reconnaît le travail important accompli et dialogue en parfaite entente avec elles. Son originalité tient dans son positionnement inédit, alliant recherche et production d’idées à une proximité forte avec les responsables politiques, administratifs, de l’entreprise et des ONG. Ceci permet d’assurer un maximum d’impact aux propositions qu’elle porte.

Le Manifeste de La Fabrique Écologique pour une écologie engagée

Au quart de ce XXIe siècle furieux, quand se fissurent les digues démocratiques, quand se multiplient les dirigeants populistes, quand se répand la post-vérité, quand se radicalisent les opinions, La Fabrique Ecologique entend contribuer à la pensée et à l’action en faveur d’une transition socialement juste, économiquement viable et humainement harmonieuse.

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttp://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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