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Climatosceptiques : enquête au plus de près de ceux qui doutent

Alors que plusieurs sondages indiquent leur nombre à la hausse depuis 2 ans, les climatosceptiques n’ont pas fait l’objet de recherches approfondies en France. Parlons Climat publie une enquête exclusive associant travaux existants et apports de nouveaux éclairages, à la lumière de nouvelles analyses statistiques et d’entretiens réalisés avec des climatosceptiques. Son but : remettre en cause les représentations stéréotypées des climatosceptiques et interroger les stratégies d’information et de communication sur le changement climatique et la transition écologique.

Climatosceptiques : Enquête au plus près de ceux qui doutent.
Étude quantitative et qualitative – novembre 2024

Diaboliser les climatosceptiques sans chercher à comprendre les raisons de leurs croyances est non seulement simpliste, mais carrément contre-productif. Fustiger leurs doutes n’apporte rien et, pire, contribue à creuser les fossés. Plutôt que de rester dans une posture moralisatrice, il est temps de s’interroger : qui sont-ils vraiment ? Qu’est-ce qui alimente leurs réticences ? Ignorer ces questions, c’est tourner le dos à une part importante de la société, et c’est précisément ce que nous ne pouvons plus nous permettre si nous voulons agir efficacement.

Pierre-Henry Dodart
Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Toujours plus de climatosceptiques ?

Depuis 2000, l’ADEME réalise un baromètre annuel sur le rapport des Français au climat, qui fait référence en la matière. Alors que la part de climatosceptiques était contenue entre 18% et 22% entre 2020 et 2022, ce chiffre a bondi à 35% en 2023. Cette croissance, si elle peut illustrer une tendance de fond, est aussi liée à une évolution méthodologique au fil des ans pour mieux rendre compte de la pensée des Français1.

Le climatoscepticisme témoigne surtout d’un rejet du sujet environnemental

Le climatosceptiscisme imprègne l’ensemble de la société française : aucune catégorie de la population n’est épargnée, que ce soit en termes de classe d’âge, de sexe, de lieu d’habitation ou de milieu social. Cependant :

  • l’âge a un effet notable : chez les plus de 65 ans, un individu sur trois est sceptique, soit environ sept points de plus que les autres classes d’âge. 
  • les climatosceptiques se retrouvent un peu plus au sein des classes populaires, faiblement diplômées et disposant d’un faible revenu.
  • l’appartenance politique constitue un déterminant particulièrement fort : 30% des individus se déclarant de droite sont climatosceptiques ; 42% chez ceux se déclarant très à droite, contre 13,5% chez les individus se positionnant à gauche.

Mais le prédicteur le plus fort du climatoscepticisme est le rejet du sujet environnemental, et surtout le rejet des mouvements écologistes.​​

30% des climatosceptiques sont de potentiels alliés de la lutte climatique

Le climatoscepticisme englobe en réalité des niveaux de doutes très hétérogènes, de l’ignorance au déni, en passant par l’ambivalence. Ainsi, il n’existe pas un « climatosceptiscime », mais des climatosceptiques.

Au sein de ce segment qui n’est donc pas homogène, deux blocs opposés se dégagent : les climatosceptiques “mous” (30% des climatosceptiques) et les climatosceptiques “durs” (24%)

Chez les premiers, le doute porte essentiellement sur la part de responsabilité de l’activité humaine dans le changement climatique. Sa réalité, ses impacts, la nécessité de trouver des solutions sont acceptés à la même hauteur que dans le reste de la population.

Tandis que chez les seconds, ce sont tous les aspects de la cause climatique qui sont tenus à distance, avec des justifications politiques voire complotistes

climatosceptiques durs vs. mous

Contre intuitivement, tous les climatosceptiques ne sont donc pas des ennemis de la lutte contre le changement climatique et 30% sont même de potentiels alliés. Si le climatoscepticisme a, en moyenne, un effet négatif sur le soutien aux politiques de transition, cet effet n’est pas systématique et tous les climatosceptiques ne sont pas opposés à la transition écologique.

​Être climatosceptique : une posture résultant d’un manque d’agentivité, de défense d’une identité ou d’un mode de vie plus qu’une défiance vis-à-vis de la science​

Le climatoscepticisme comme position défensive

Si le climatoscepticisme s’accompagne le plus souvent d’une mise en cause du consensus climatique, il n’est pas systématiquement la résultante d’un manque d’informations scientifiques.

Ainsi, comme les sciences cognitives nous l’apprennent, la perception du changement climatique tient davantage à la vision du monde, et à l’idéologie politique des individus et à la possibilité d’agir sur ce dernier qu’à un raisonnement rationnel et à l’exposition aux faits scientifiques.

Le climatoscepticisme est souvent une réaction défensive à une transition écologique face à laquelle des personnes peuvent se sentir impuissantes et qui interroge les mode de vie, les valeurs, les croyances, les identités et croyances politiques. 


  1. une évolution méthodologique au fil des ans pour mieux rendre compte de la pensée des Français, avec l’ajout de modalités de réponse permettant de préciser le doute sur l’existence ou les origines du changement climatique. Cette absence de standard occasionne aujourd’hui des variations de résultats notables entre les principaux sondages d’opinion. ↩︎

Une initiative mondiale pour structurer les marchés de crédits biodiversité au service des peuples et de la planète

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Le Groupe consultatif international sur les crédits biodiversité (IAPB) est une initiative indépendante établie par la France et le Royaume-Unis en juin 2023 afin de faciliter la création et la croissance de marchés de crédits biodiversité à haute intégrité et d’encourager la mise en place à l’échelle internationale d’un cadre politique et institutionnel favorable et de mécanismes réglementaires, crédibles, opportuns et cohérents.  Il a lancé à l’occasion de la COP 16 Biodiversité son Cadre pour les marchés de crédits biodiversité à haute intégrité.

L’importance de la biodiversité

C’est la nature qui fournit à la vie les conditions de sa subsistance.

La gestion responsable de la nature est fondamentale pour la santé de la planète et la survie de l’espèce humaine. Il existe une interdépendance extrêmement étroite entre la nature, l’Homme et la biodiversité.

Pourtant, la nature qui nous entoure et sa biodiversité riche et vitale qui sous-tendent nos économies sont en danger, tant nous sommes confrontés à une double crise de la perte de biodiversité et du changement climatique.

Comme l’ont montré le rapport de l’Évaluation mondiale sur la biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES, 2019), le rapport Dasgupta sur l’économie de la biodiversité (2021) et de nombreuses autres études, nous épuisons la nature à des niveaux insoutenables.

En l’absence d’investissements plus importants et d’une gouvernance efficace, la biodiversité continuera à décliner. L’inversion de cette crise de la biodiversité dépend de la réalisation des objectifs du cadre mondial de la biodiversité (CMB) de Kunming à Montréal, qui appelle à une mobilisation efficace des ressources et à l’alignement des flux financiers mondiaux sur les objectifs internationaux en matière de biodiversité.

Les décideurs économiques, notamment les gouvernements, les organisations internationales, les institutions multilatérales et financières et les entreprises, n’en font pas assez.

Il faut faire davantage pour encourager les pratiques qui protègent et régénèrent
la nature plutôt que celles qui la détruisent. L’économie et la finance doivent
prendre en compte la biodiversité et ses valeurs dans le cadre de la transition vers une croissance durable. Nous avons besoin d’une série de mécanismes publics et de mécanismes de marché, et nous devons encourager les entreprises à valoriser la biodiversité et à investir dans ce domaine.

Les crédits biodiversité (et les marchés de crédit) constituent un mécanisme permettant aux acteurs du marché de canaliser les flux financiers pour soutenir la transition vers un avenir propice à la nature.

Au-delà de la simple mobilisation de capitaux, l’adoption des crédits biodiversité pourrait contribuer à modifier la relation des entreprises et des marchés financiers à la nature et à mieux soutenir tous ceux qui, sur le terrain, la préserve.

Qu’est-ce que le Cadre mondial pour les marchés de crédits biodiversité à haute intégrité ?

Le développement de crédits biodiversité à haute intégrité est possible, tout comme le passage à l’échelle progressif de ces marchés. Cela nécessite une action de multiples acteurs, comme indiqué par le Cadre IAPB. En particulier, les gouvernements ont besoin de politiques publiques ou de mécanismes réglementaires solides pour débloquer des financements qui profitent à la Nature et à ceux qui, sur le terrain, la préservent.

L’intégrité signifie que les crédits doivent être conçus de manière à apporter des bienfaits mesurables et vérifiés pour la Nature, à garantir une participation et des revenus équitables pour les personnes et à reposer sur des marchés encadrés. L’intégrité à tous les niveaux est une condition préalable à la croissance de ces marchés, et non un obstacle à celle-ci.

Le rôle de ceux qui, sur le terrain, préservent la nature, est primordial. Les Populations Autochtones comme les communautés locales doivent être co-créatrices des projets et des marchés et être associés à tous les aspects de leur conception et de leur mise en œuvre. 

Un crédit biodiversité est un « certificat qui représente une unité de  bénéfices pour la biodiversité qui soient à la fois durables, mesurés,  adossés à des preuves tangibles et additionnels à ce qui ce serait passé sans intervention » (BCA, 2024).

Le travail de l’IAPB s’est appuyé sur cette définition, valable à la fois en matière de conservation et de restauration, pour en approfondir certains termes, dans le but d’assurer le développement de marchés à haute intégrité.

Les crédits biodiversité peuvent être utilisés pour :

  • Réaliser des contributions, assises sur des preuves tangibles visant des objectifs de protection et de restauration de la Nature ;
  • Servir à financer, selon des critères stricts, la compensation locale et encadrée d’impacts sur la biodiversité ;
  • Investir dans les chaînes de valeur des entreprises, afin de les rendre plus résilientes.

L’IAPB ne soutient pas les approches consistant à prôner une compensation internationale de la  biodiversité : l’action doit impérativement rester locale et porter sur des écosystèmes similaires à ceux qu’elle vient compenser

Dans cette première phase, les marchés de crédits biodiversité seront nombreux et suivront une logique de financement de projet. La biodiversité n’étant pas fongible, une unité standardisée de biodiversité n’est donc pas appropriée (les projets seront financés en fonction de circonstances et de résultats qui leur seront spécifiques).

Les propositions devront donc être adaptées à des marchés multiples, en fonction du contexte, des acteurs et des motivations. Il est important de souligner qu’à ce stade, l’IAPB ne soutient pas les marchés secondaires.

Un engagement collectif ambitieux et urgent, de la part de tous les acteurs du marché, est nécessaire pour développer rapidement les marchés des crédits biodiversité.

Vers un Pacte vert industriel pour l’Europe : un impératif écologique et économique

Dans le contexte des débats au Parlement européen et des auditions des membres de l’exécutif européen, Neil Makaroff, directeur de Strategic Perspectives et expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, publie une analyse sur le Pacte vert industriel, initié par Ursula von der Leyen. Ce projet vise à renforcer la compétitivité de l’industrie européenne tout en accélérant la décarbonation, face aux enjeux de concurrence mondiale avec la Chine et les États-Unis. Le Pacte industriel vert doit permettre de bâtir une économie résiliente, décarbonée et compétitive, condition essentielle pour préserver les emplois et garantir la souveraineté industrielle de l’Europe.

Alors que les auditions des commissaires européens débutent, ce projet de Pacte vert industriel appelle à une collaboration transpartisane. Neil Makaroff, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, souligne l’importance de trouver des compromis pour obtenir le soutien des principaux groupes politiques, en particulier du Parti populaire européen (PPE). En effet, les personnalités clés comme l’Espagnole Teresa Ribera (Socialists&Democrats) et le Français Stéphane Séjourné (Renew Europe) auront un rôle crucial dans l’avancement de ce Pacte.

Face à la pression croissante de la concurrence américaine et chinoise, Neil Makaroff rappelle également l’importance d’une stratégie d’investissement ambitieuse. Le Pacte vert industriel propose un Fonds pour la compétitivité, destiné à soutenir les technologies vertes et à créer un environnement propice à l’innovation industrielle européenne. Ce fonds constitue une réponse nécessaire pour éviter la fuite des startups et garantir la pérennité des emplois verts au sein de l’Union européenne.

Enfin, le rapport met en évidence le besoin d’une coopération renforcée au sein du Conseil européen. Le soutien de pays leaders en matière de transition écologique, comme l’Espagne et la Pologne, sera déterminant pour garantir le succès du Pacte industriel vert. En l’absence de cette alliance européenne, l’industrie verte pourrait voir sa compétitivité compromise, menaçant ainsi les ambitions de souveraineté énergétique et industrielle de l’Union.

Neil Makaroff

Expert des politiques climatiques européennes


Le plan industriel du pacte vert :
Faire de l’industrie européenne un champion du zéro émission nette et jouer un rôle moteur dans la révolution des technologies propres

Le plan industriel du pacte vert renforce la compétitivité de l’industrie européenne à zéro émission nette et accélère la transition vers la neutralité climatique. Pour y parvenir, il crée un environnement plus favorable à l’accroissement des capacités de l’UE en ce qui concerne le développement de technologies et de produits à zéro émission nette, qui sont nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux de l’Europe en matière de climat.

Les quatre piliers du plan

Pour asseoir la place de l’Europe en tant que foyer de l’innovation industrielle et des technologies propres, le plan industriel du pacte vert couvrira quatre piliers clés :


9 propositions stratégiques pour un système de santé français plus résilient

A l’occasion de son 5ème anniversaire, l’Alliance franco-danoise de santé, un think-tank créé en 2019 sous l’égide de l’Ambassade du Danemark en France, présente son manifeste pour aller vers un système de santé français plus résilient, à la lumière des enseignements du modèle danois. Ainsi les cinq laboratoires danois qui composent l’Alliance franco-danoise de santé font part de leurs réflexions sur le système de santé français à travers 5 grands axes stratégiques et 9 propositions.

5 grands axes stratégiques :

  1. FAIRE AVANCER LA PRÉVENTION DES MALADIES CHRONIQUES
  2. UN ACCÈS PLUS RAPIDE ET PLUS SIMPLE AUX NOUVELLES THÉRAPEUTIQUES
  3. PROGRESSER DANS L’UTILISATION RESPONSABLE DES DONNÉES DE SANTÉ
  4. RENFORCER L’INDUSTRIALISATION ET LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE DE LA SANTÉ
  5. CONTRIBUER À RENFORCER L’EUROPE DE LA SANTÉ

L’Alliance franco-danoise de santé : un partenariat pour enrichir le débat public en faveur d’une santé durable et souveraine en France et au Danemark


Créée en 2019 sous l’égide de l’Ambassade du Danemark en France, l’Alliance franco-danoise de santé est composée de cinq entreprises danoises de santé d’envergure internationale implantées en France : ALK, Coloplast, LEO Pharma, Lundbeck et Novo Nordisk.

L’Alliance franco-danoise de santé a pour ambition de favoriser l’accès aux avancées thérapeutiques pour les patients français et également de contribuer à l’attractivité du territoire. Les cinq entreprises s’inscrivent dans une longue tradition de partenariat avec la France, notamment dans le domaine des sciences de la vie.

Implantées depuis des décennies, non pas en tant qu’entreprises danoises mais franco-danoises, leur engagement dans l’économie française va bien au-delà d’une simple représentation commerciale. L’Alliance franco-danoise de santé en France c’est :

  • Près de 4 000 collaborateurs (+16 % des effectifs entre 2013 et 2022) ;
  • 1,9 Md€ de chiffre d’affaires en 2022 ;
  • 16 sites d’implantation dont 6 sites industriels (production, commercialisation, R&D, distribution et fonctions supports) ;
  • 1,2 Md€ de contribution au PIB de la France en 2022.

5 entreprises, 5 axes pour les 5 ans à venir
au service du système de santé français

Après avoir mené des travaux autour des mécanismes de régulation et de financement des produits de santé mais aussi de la transition écologique et de la décarbonation, l’Alliance franco-danoise de santé met à l’honneur pour son 5ème anniversaire une réflexion autour d’un système de santé plus résilient.

Elle présente ainsi un manifeste autour de 5 grands axes et 9 propositions concrètes pour apporter des réponses aux enjeux de santé publique à l’échelle franco-danoise.

AXE 1 : FAIRE AVANCER LA PRÉVENTION DES MALADIES CHRONIQUES

  • Proposition 1 : Favoriser les actions de prévention menées sur la base de partenariats publics-privés.

Au Danemark, la prévention est placée au cœur des politiques de santé

AXE 2 : UN ACCÈS PLUS RAPIDE ET PLUS SIMPLE AUX NOUVELLES THÉRAPEUTIQUES

  • Proposition 2 : Encourager une approche pluriannuelle en santé par l’élaboration d’une feuille de route maladies chroniques.
  • Proposition 3 : Inciter à la création d’un comité des parties prenantes pour les parcours de soins des patients souffrant de pathologies chroniques instauré en guichet unique pour la mise en place de projets territoriaux.

En France, une évolution vers un pilotage pluriannuel des politiques de santé

AXE 3 : PROGRESSER DANS L’UTILISATION RESPONSABLE DES DONNÉES DE SANTÉ

  • Proposition 4 : Encourager et proposer la définition d’une vision commune au niveau de l’european Health Technology Assessment (euHTA) pour les produits de santé dans les maladies chroniques au regard des PROMs et des PREMs
  • Proposition 5 : Dans la logique du Value Based Healthcare, promouvoir un plan d’utilisation des données de santé à des fins d’évaluation en vie réelle de façon concertée avec les Établissements de santé, les professionnels, le Health Data Hub, la CNAM, les industriels de santé et les associations de patients.

AXE 4 : RENFORCER L’INDUSTRIALISATION ET LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE DE LA SANTÉ

  • Proposition 6 : Établir un label durable dont l’ambition est de servir d’outil d’évaluation dans la fixation du prix des produits de santé lesquels deviendraient des catalyseurs d’une industrie verte.
  • Proposition 7 : Promouvoir l’utilisation de critères environnementaux/carbone dans la fixation des prix des produits de santé.

AXE 5 : CONTRIBUER À RENFORCER L’EUROPE DE LA SANTÉ

  • Proposition 8 : Reconnaître les efforts engagés par les industriels en matière d’investissements et de transition écologique.
  • Proposition 9 : Remettre le secteur industriel au cœur des stratégies et des priorités gouvernementales.

Manifeste de l’Alliance franco-danoise de santé


Ce manifeste témoigne de l’engagement de nos deux pays à contribuer à l’amélioration du système de santé français et à garantir l’accès aux soins pour tous.


Diana Arsovic Nielsen, CEO, Danish Life Science Cluster, Secrétariat pour le programme Lighthouse


Le modèle Lighthouse – une coopération pour prévenir le surpoids et la santé mentale – illustre la tradition danoise des partenariats public-privé. Il implique que tous les acteurs travaillent ensemble au profit de la société et s’attaquent à des problèmes complexes.


Diana Arsovic Nielsen, CEO, Danish Life Science Cluster, Secrétariat pour le programme Lighthouse

La COP 16 Biodiversité pour faire la paix avec la nature

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La science est claire : l’effondrement de la biodiversité est l’un des principaux défis de ce siècle. En raison des activités humaines, les écosystèmes de l’ensemble de la planète s’abiment et disparaissent. La préservation du vivant n’est pas seulement une question de protection de la nature et un impératif moral, elle est aussi une condition essentielle pour la survie de l’Humanité. La COP 15 a permis l’adoption du cadre mondial pour la biodiversité, qui prévoit la protection de 30 % des espaces naturels et maritimes d’ici 2030. Cette COP 16 doit accélérer sa mise en œuvre.

Plus d’un million d’espèces végétales et animales sont aujourd’hui menacées d’extinction ; un phénomène sans précédent depuis la précédente extinction de masse, il y a 65 millions d’années.

Agnès Pannier-Runacher
Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie,
du Climat et de la Prévention des risques
© Arnaud Bouissou / Terra

La 16e Conférence des Parties (COP16) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), présidée par la Colombie, s’est tenue à Cali du 21 octobre au 2 novembre 2024. La France salue certaines avancées mais regrette de n’avoir pu obtenir de décision sur le suivi du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.


Déclaration mondiale pour la paix avec la nature

La Coalition mondiale pour la paix avec la nature vous invite à rejoindre le mouvement mondial qui cherche à protéger notre planète et à garantir un avenir durable pour tous. Que propose cette coalition ?

  • Promouvoir des actions concrètes pour protéger la biodiversité et restaurer les écosystèmes.
  • ⁠Promouvoir la justice sociale et environnementale. ⁠
  • Renforcer la coopération internationale.
  • ⁠Donnez aux communautés locales les moyens de mener le changement.

Pays ayant rejoint cette coalition : Allemagne, Andorre, Antigua-et-Barbuda, Autriche, Belize, Bolivie, Canada, Chili, Costa Rica, Équateur, Espagne, Estonie, Finlande, Guatemala, Honduras, Lituanie, Luxembourg, Madagascar, Mexique, Moldavie, Norvège, Panama, Suède, Pologne, le Togo et l’Uruguay.

Organisations internationales : Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD – Global) ; Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture – UNESCO.

Organisations de la société civile : Équipe de conservation de l’Amazonie (ACT) ; Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) ; Conservation Internationale (CI) ; Initiative du Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles ; Fondation pour la conservation et le développement durable (FCDS) ; Solutions pour notre climat (SFOC); WWF International.


COP 16 : Un jalon important pour l’équité selon l’IDDRI malgré des désaccords majeurs

La COP 16 de la Convention sur la biodiversité biologique (CDB) s’est tenue du 21 octobre au 2 novembre au petit matin à Cali (Colombie), deux ans après l’adoption de l’accord historique de Kunming-Montréal (Iddri, 2023). Sous la présidence de la Colombie, cette conférence a connu des débats et des divergences notables entre les pays du Nord et du Sud, laissant certaines décisions cruciales en suspens. Cependant, des avancées importantes ont été réalisées. Que retenir de cette COP 16 et quels défis se profilent pour la suite, notamment pour la COP 17 prévue en Arménie en octobre 2026 ?

Faire la paix avec la nature :
la COP 16 a-t-elle été au rendez-vous ?


La disparition des espèces est irréversible. Cette situation est d’autant plus grave que la diversité du vivant est essentielle à notre survie : elle est à la base de toute production alimentaire et d’une grande partie de l’économie, elle permet de soigner les maladies, elle contribue à freiner le dérèglement climatique et elle participe à la lutte contre les pollutions.

Dans le contexte aggravant de la triple crise planétaire du climat, de la biodiversité et des pollutions, la préservation du vivant n’est donc pas seulement une question de protection de la nature et un impératif moral, elle est aussi une condition essentielle pour la survie de l’Humanité.

La précédente COP 15 sur la Convention sur la diversité biologique, organisée en décembre 2022 à Montréal, avait permis l’adoption historique du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, qui définit 23 cibles à atteindre, comme la protection de 30 % des espaces naturels et maritimes d’ici 2030.

Lors de la COP16 qui se tient à Cali, en Colombie, du 21 octobre au 1er novembre, les États font le point sur l’atteinte de leurs engagements, au travers de leurs stratégies et plans d’action nationaux. Les modalités de suivi des engagements de chacun doivent être finalisées à cette occasion.

Les enjeux financiers sont également au cœur des discussions, puisqu’il s’agit de préciser les outils en soutien des objectifs fixés lors de la COP 15. Les discussions portent aussi sur le partage des avantages liés à l’exploitation commerciale du séquençage des ressources génétiques issues de la nature.

Je défends une ambition forte pour la protection et la restauration de la nature.

Agnès Pannier-Runacher
Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie,
du Climat et de la Prévention des risques
  • Au niveau national : la France a été l’un des premiers pays, fin 2023, à adopter une Stratégie nationale pour la biodiversité alignée avec le cadre mondial de la COP 15.
  • Au niveau international, notre pays a doublé son montant d’aide en faveur de la biodiversité, avec 1,1 milliard d’euros en 2023.

Deux initiatives financières innovantes en faveur du vivant :

  • le financement de partenariats pays pour la forêt, la nature et le climat
  • la définition de principes permettant de déployer des crédits biodiversité qui financent la protection de la nature.

La COP 16 biodiversité sera suivie de la COP 29 sur le climat en Azerbaïdjan, de la COP 16 sur la désertification en Arabie Saoudite et de la dernière session de négociations pour l’adoption d’un traité contre la pollution plastique, en Corée du Sud.

La France accueillera la Conférence sur les Océans, à Nice en juin 2025.

Ces rendez-vous internationaux sont autant d’étapes importantes pour trouver
des solutions communes contre la triple crise planétaire.

Agnès Pannier-Runacher
Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie,
du Climat et de la Prévention des risques

LE FONCTIONNEMENT DES COP BIODIVERSITÉ

La Convention des Nations unies sur la diversité biologique est l’une des trois grandes Conventions de Rio, établies le 5 juin 1992 lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, souvent aussi appelée le Sommet de la Terre.

Dans un contexte d’effondrement de la biodiversité au niveau mondial, elle vise à assurer la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique ainsi qu’à maintenir un partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.

La Convention des Nations unies sur la diversité biologique est le principal instrument international de préservation de la biodiversité.

Deux protocoles accompagnent cette convention cadre des nations unies sur la biodiversité :

  • le protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques
  • le protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation.

La France a ratifié la convention en 1994, le protocole de Nagoya en 2016 et approuvé le protocole de Carthagène en 2003. Les États Parties à cette Convention se réunissent tous les deux ans, lors de la Conférence des Parties (COP), pour travailler à sa mise en œuvre.

© Damien Valente

En 2022, la COP15 a abouti à l’adoption d’un cadre mondial de la biodiversité, nommé cadre mondial de Kunming-Montréal. Ce document dresse la feuille de route pour l’action internationale en faveur de la biodiversité jusqu’en 2030 et offre une vision d’une société en harmonie avec la nature à l’horizon 2050.

LES ENJEUX DE LA COP 16

1- Finaliser la mise en œuvre du cadre mondial

La COP15 a permis l’adoption d’un mécanisme de mise en œuvre permettant une transparence et une redevabilité sur les engagements pris. Ce mécanisme prévoit la production :

  • des stratégies nationales biodiversité (appelées NBSAP pour National Biodiversity Strategies and Action Plans) alignées sur les objectifs et cibles du cadre mondial ;
  • des rapports nationaux faisant état de la mise en œuvre et basés sur des indicateurs communs ;
  • un bilan mondial de la mise en œuvre en 2026 qui aura pour but d’évaluer l’ambition globale et de renouveler les engagements politiques pour la mise en œuvre du cadre lors de la COP17.

La COP16 doit finaliser certains éléments du mécanisme de mise en œuvre, notamment certains indicateurs qui composent le cadre de suivi ainsi que l’adoption de modalités pour l’organisation et le reportage du bilan mondial.

Elle sera également l’occasion de dresser un bilan des engagements nationaux pris, sur la base d’une analyse des stratégies et plans d’actions nationaux pour la biodiversité (SPANB) qui devront être élaborés ou révisés par les États pour s’aligner au cadre mondial Kunming-Montréal.

© Arnaud Bouissou / Terra

2 – Mobiliser l’ensemble des sources de financements pour la biodiversité

Le cadre de Kunming-Montréal appelle à une mobilisation de tous les leviers de politique économique et de toutes les sources de financements, publiques et privées, domestiques comme internationales. Cela représente un niveau d’ambition sans équivalent dans les autres accords multilatéraux sur l’environnement.

Quatre cibles portent sur la mobilisation de l’ensemble des sources de financements (14, 15, 18 et 19).

  • Les cibles 14 et 15 portent sur l’intégration sectorielle de la biodiversité et l’alignement des flux financiers publics et privés en faveur de la biodiversité.
  • La cible 18 prévoit l’identification et l’élimination progressive des subventions néfastes pour la biodiversité avec un objectif de réduction chiffrée de 500 Mds USD par an à partir de 2030.
  • La cible 19, relative aux financements pour mettre en œuvre le cadre mondial, comporte deux objectifs chiffrés à atteindre :
    • un objectif global de 200 Mds USD de financement par an à mobiliser par tous les pays;
    • une augmentation des financements internationaux des pays développés et des pays en capacité de contribuer vers les pays en développement, les petits États insulaires et les pays les moins avancés, à hauteur de 20 Mds USD par an d’ici 2025 et 30 Mds USD par an d’ici 2030.

La COP15 a également demandé au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) de créer en son sein un Fonds du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (Global biodiversity framework fund, GBFF) dédié à l’appui de la mise en œuvre du cadre mondial de la biodiversité.

La COP16 a pour objectif de renforcer et finaliser la stratégie de mobilisation des financements pour la mise en œuvre du cadre. Les pays membres devront notamment décider si le Fonds adopté à la COP15 (GBFF) est suffisant ou si un nouveau fonds distinct dédié à la biodiversité doit être créé.

3 – Définir un mécanisme multilatéral de partage sur l’utilisation de l’information de séquençage numérique des ressources génétiques (DSI)

Le mécanisme multilatéral de partage des avantages liés à l’utilisation commerciale des informations tirées du séquençage numérique des ressources génétiques (DSI) doit permettre une large mobilisation des ressources pour soutenir la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique.

En 2010, le protocole de Nagoya a établi un premier mécanisme bilatéral de partage des avantages liés à l’utilisation des ressources génétiques matérielles. Le cadre mondial pour la biodiversité a élargi cette prise en compte aux formes dématérialisées des ressources génétiques tangibles, appelées information de séquençage numérique sur les ressources génétiques (ou DSI) notamment en prévoyant la mise en place d’un mécanisme multilatéral, y compris un fonds mondial.

L’enjeu de la COP16 est de définir ce mécanisme multilatéral et le fonds mondial dédié.

Les discussions doivent permettre de préciser :

  • les modalités de contribution des entreprises (volontaires ou obligatoires),
  • les bénéficiaires du fond (tous pays ou seulement pays du Sud),
  • les interactions avec le partage des avantages non monétaires (technologies),
  • le rôle des bases de données,
  • la gouvernance du fonds (hébergement par le GBFF ou création d’un nouveau fonds).

Pour la France et l’Union européenne, il est primordial de s’assurer que le mécanisme garantira la sécurité et la clarté juridiques pour tous les utilisateurs de DSI et maintiendra un libre accès aux données, notamment pour le secteur de la recherche. La France et l’Union européenne devront veiller à ce que le mécanisme s’applique à tous les utilisateurs commerciaux de DSI et ne crée pas de distorsion de concurrence.

L’ENGAGEMENT DE LA FRANCE AU SERVICE DE LA BIODIVERSITÉ PENDANT LA COP 16

Mobilisation de la France pour stopper l’effondrement de la biodiversité

1 – Financement de la biodiversité en France

La contribution de la France au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a augmenté en 2022 pour s’établir à 360 M USD sur 4 ans. L’Agence française de développement (AFD) a renforcé la part consacrée à la biodiversité et optimisé la traçabilité de ses actions en faveur de la biodiversité.

Notre objectif de doublement des financements biodiversité entre 2019 et 2025 est déjà atteint, avec
1,1 milliard d’euros en 2023.

L’AFD s’engage également à aligner l’ensemble de ses financements avec le cadre de Kunming-Montréal d’ici 2027, dans le cadre de sa feuille de route climat-nature.

La France est également engagée dans plusieurs partenariats pays pour les forêts, la nature et le climat et dans des initiatives visant à mobiliser des sources innovantes de financement comme les certificats biodiversité.

Pour appuyer les pays en développement dans l’atteinte de la cible de préservation 30×30, la France a créé avec le Costa Rica, en 2020, la Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples (HAC N&P). Cette coalition rassemble aujourd’hui 120 États membres et propose des outils d’assistance technique et financière pour aider les pays à créer des aires protégées.

En parallèle de ces financements internationaux, la France s’est également engagée à tendre vers la suppression ou la réforme de l’ensemble des soutiens publics dommageables à la biodiversité d’ici 2030 grâce à sa nouvelle stratégie nationale biodiversité (SNB).

Le dispositif de compensation écologique des atteintes à la biodiversité occasionnées par des maîtres d’ouvrage a été renouvelé au travers de la loi Industrie Verte avec la création de sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation (SNCRR). Avec la publication des textes relatifs aux SNCRR dans les jours qui viennent, des premiers projets pilotes émergent et permettront par des mesures compensatoires, y compris volontaires, la protection et restauration d’espaces naturels.

LE COMITÉ CONSULTATIF INTERNATIONAL SUR LES CRÉDITS BIODIVERSITÉ

Pour répondre aux enjeux de financement de la biodiversité soulevés dans le Cadre mondial de la biodiversité, la France et le Royaume-Uni ont lancé, en juin 2023, lors du Sommet de Paris pour un nouveau pacte financier, une initiative commune. Placé sous la coprésidence de Dame Amelia Fawcett
(présidente des Jardins botaniques royaux de Kew) et de Sylvie Goulard (ancienne sous-gouverneure de la Banque de France), un panel de haut-niveau a été constitué avec une vingtaine d’experts pour faire émerger une feuille de route mondiale sur les crédits biodiversité.
Lors de la COP16, des principes de haut niveau ainsi que des recommandations seront présentées pour poser les bases de marchés de crédits biodiversité à haute intégrité à différentes échelles dont un marché global, avec une trentaine de projets pilotes expérimentant déjà des crédits biodiversité.

2 – Stratégie nationale Biodiversité 2030 dans l’Hexagone et les Outre-mer

La France a lancé sa stratégie nationale Biodiversité 2030 en novembre 2023, et s’est attachée à encourager l’ensemble des Parties à réviser leur stratégie ou cibles nationales (112 pays ont publié au moins 1 cible nationale et seulement 35 pays ont soumis leur stratégie révisée — chiffres au 24 octobre 2024), avec l’appui du réseau diplomatique et des opérateurs publics français.

La Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 (SNB 2030) est une réponse collective pour faire face à l’urgence et préserver la biodiversité en France. Elle accélère l’engagement de la France en faveur de la biodiversité en proposant 40 mesures précises autour de 4 axes pour atteindre les ambitions portées par le cadre mondial de la biodiversité d’ici 2030 :

  • réduire les pressions qui s’exercent sur la biodiversité ;
  • restaurer la biodiversité dégradée partout où c’est possible ;
  • mobiliser tous les acteurs ;
  • garantir les moyens d’atteindre ces ambitions.

Déclaration des Gardes Nature de Hyères 2024

Le 10ème IRF Congrès mondial des gardes nature, co-organisé par l’International Ranger Federation (IRF) et Gardes Nature de France (GNF), et qui comptait 450 participants de 88 pays, s’est clos le 11 octobre 2024 par l’adoption de la Déclaration des Gardes Nature de Hyères 2024. Ce document acte les attentes et propositions des gardes nature, également appelés rangers, et a été présenté lors de la COP16 de la Convention sur la Diversité Biologique à Cali en Colombie.


3 – Plan national de restauration de la nature

Entré en vigueur en août 2024, le règlement sur la restauration de la nature contribue à inverser la tendance de la disparition de la nature, atteindre la neutralité climatique, etaméliorer la résilience de l’Europe aux effets du changement climatique. Ce règlement mettra en place un ensemble de mesures pour restaurer, d’ici à 2030, au moins 20 % des zones terrestres et des zones marines de l’UE, et l’ensemble des écosystèmes ayant besoin d’être restaurés d’ici 2050.

Le Gouvernement français a lancé plusieurs concertations identifiant les besoins en termes de connaissances, de renforcement des politiques publiques existantes, de nouvelles actions à mener pour établir un plan national de restauration de la nature. Ce plan permettra d’accompagner les territoires dans la restauration des écosystèmes dégradés, qu’il s’agisse d’écosystèmes terrestres, côtiers, forestiers, agricoles et urbains, ou d’écosystèmes marins.


Un jeu de grattage en faveur de la biodiversité

Contribuer à la protection de la biodiversité près de chez soi pour seulement 3 euros ! C’est tout l’objectif de « Mission Nature », le jeu de grattage lancé par FDJ, en collaboration avec l’Office français de la biodiversité, en 2023. Après une première édition réussie, les tickets de la nouvelle saison sont disponibles depuis le 28 octobre 2024. Cette offre de jeu sera complétée par un tirage Loto dédié.


4 – Plan eau pour une gestion résiliente et concertée de l’eau

L’ensemble des 53 mesures du Plan eau, lancé par le Président de la République en mars 2023, a été engagé. Ce plan s’articule autour de plusieurs mesures phares :

  • la lutte contre les pollutions diffuses,
  • la restauration des milieux aquatiques et humides,
  • la gestion durable des ressources en eau pour assurer leur disponibilité et leur qualité.

Le Plan eau s’aligne avec les ambitions de la Stratégie nationale biodiversité 2030 en contribuant à la restauration des écosystèmes dégradés. L’un de ses axes majeurs vise à renforcer la résilience des écosystèmes aquatiques et à davantage valoriser les solutions fondées sur la nature face aux pressions croissantes, notamment en intégrant les problématiques d’adaptation climatique et en mobilisant tous les acteurs – collectivités, agriculteurs, industriels et citoyens – autour d’actions concrètes.

5 – One water Summit pour améliorer la gouvernance mondiale de l’eau

La gestion de l’eau regroupe tous les aspects du changement climatique, de la biodiversité et de la pollution. Elle est aujourd’hui au cœur des politiques d’adaptation au climat. Pour porter la question de l’eau auprès des chefs d’État et de gouvernement, le président de la République française, Emmanuel Macron, et le président de la République du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, ont annoncé lors de la COP28 l’organisation d’un One Water Summit, qui aura lieu début décembre 2024 en marge de la COP16 désertification à Ryiad.

Dans la lignée de la Conférence des Nations unies sur l’eau en 2023, ce sommet contribuera aux discussions et au processus en cours aux Nations unies pour améliorer la gouvernance mondiale de l’eau et répondre à l’objectif de développement durable (ODD) 6 sur l’eau et l’assainissement. Le One water Summit apportera des solutions concrètes avant la préparation de la prochaine Conférence des Nations unies sur l’eau en 2026, tout en intégrant les initiatives existantes dans le domaine de l’eau (Forum mondial de l’eau, Conférence de Douchanbé, Semaine mondiale de l’eau).

6 – Engagement de la France pour la préservation de l’Océan

L’Océan et la biodiversité marine sont aujourd’hui menacés par de nombreuses pressions liées effets du changement climatique, de la pollution et de la surexploitation des ressources marines. La troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3), organisée en France à Nice du 9 au 13 juin 2025, réunira l’ensemble des États membres des Nations Unies, les agences spécialisées, la société civile, le secteur privé et les donateurs internationaux pour proposer des solutions concrètes en faveur de la
préservation de l’Océan.

Cette conférence mettra l’accent sur trois priorités pour aboutir au projet ambitieux des Accords de Nice pour l’océan :

  • œuvrer à l’aboutissement des processus multilatéraux liés à l’océan pour rehausser le niveau d’ambition pour la protection de l’océan, notamment l’entrée en vigueur du traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine ;
  • mobiliser des financements pour conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable (ODD14) et soutenir le développement d’une économie bleue durable ;
  • renforcer et mieux diffuser les connaissances liées aux sciences de la mer pour une meilleure prise de décision politique

Planter une nouvelle haie ne compense pas la destruction d’une haie ancienne

Les victimes des inondations déplorent l’arrachage intempestif des haies, les agriculteurs en colère dénoncent les mesures qui entravent leur destruction. Tantôt considérées comme un obstacle au développement agricole ou érigées comme une infrastructure agroécologique au rôle protecteur, taxées de zones peuplées de nuisibles ou présentées comme des réservoirs de biodiversité utiles à l’agriculture. Alors qu’en est-t-il ? Les haies sont-elles les reliques d’un modèle paysan frappé d’obsolescence ou bien un levier pour engager l’agriculture dans une nécessaire transition écologique ? Universitaires, chercheurs et botanistes, rassemblés au sein de la Société botanique de France synthétisent les connaissances sur cet écosystème essentiel.

Paysage avec haies. Guillaume Decocq, Fourni par l’auteur

La haie est revenue sur le devant de la scène médiatique : tandis que les victimes des inondations dans le Pas-de-Calais déplorent leur arrachage intempestif, les agriculteurs en colère dénoncent les mesures réglementaires entravant leur destruction. Au-delà de ces positions médiatiques, les haies sont accusées de tout et son contraire, tantôt considérées comme un obstacle au développement agricole ou érigées comme une infrastructure agroécologique au rôle protecteur, taxées de zones enfrichées peuplées de nuisibles ou présentées comme des réservoirs de biodiversité utiles à l’agriculture. Alors qu’en est-t-il ? Les haies sont-elles les reliques d’un modèle paysan frappé d’obsolescence ou bien un levier pour engager l’agriculture dans une nécessaire transition écologique ?

Par : Guillaume Decocq, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Arnaud Mouly, Université de Franche-Comté – UBFC; Déborah Closset, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Marc-André Selosse, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN); Michel Botineau, Université de Limoges et Pierre-Antoine Précigout, Inrae

Universitaires, chercheurs et botanistes travaillant de longue date sur les haies, nous nous sommes rassemblés en un groupe de travail au sein de la Société botanique de France pour synthétiser les connaissances sur cet écosystème très particulier. En réalité, toutes les haies ne se valent pas. Si replanter des haies là où elles ont disparu est une avancée écologique indéniable, protéger les haies anciennes là où elles subsistent devrait être une priorité absolue.

Aux origines des haies, une vocation oubliée ?

Pour comprendre les débats actuels sur les haies, il est d’abord nécessaire de revenir à leur raison d’être initiale. Car les haies d’aujourd’hui sont issues de plantations plus ou moins anciennes, répondant à des objectifs précis : délimiter des parcelles, empêcher la divagation des troupeaux, protéger les chemins et les cultures du vent ou encore limiter l’érosion des terres arables.

Les haies étaient aussi, à l’origine, pourvoyeuses de biens : fruits sauvages (mûres, noisettes, voire fruits d’arbres fruitiers) ou bois de chauffage à l’origine de la taille « en têtard » des arbres, dont la silhouette typique inspira de nombreux peintres.

La motivation initiale de la création des haies était donc purement utilitaire. Elles ont accompagné, entre la fin du 18ème et la fin du 19ème siècle, le développement des grands systèmes bocagers français, en complétant une trame jusque-là concentrée autour des villages, remontant parfois au Haut Moyen Âge.

Aujourd’hui, leur vocation a été oubliée ; plus de 1,4 million de kilomètres de haies anciennes ont été arrachées, perçues comme un obstacle à la circulation des engins agricoles et comme une perte de surface cultivable. Selon le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux [MOU2] « depuis 1950, 70 % des haies ont disparu des bocages français ». Le phénomène s’accélère même puisque, d’après le même rapport, 23 500 km de haies ont été annuellement détruits entre 2017 et 2021, contre 10 400 km entre 2006 et 2014.

Paradoxalement, dans le même temps, on replante des haies là où il n’y en avait pas, pour compenser la destruction d’autres haies ou pour réintroduire un peu de « naturalité » dans des paysages de grandes cultures. Mais les politiques d’incitation à la création de haies se sont traduites par la replantation de seulement 3 000 km de haies par an, avec parfois des espèces peu adaptées ou exotiques.

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La haie ancienne est un réservoir de biodiversité

Maintenant, observons un peu ce qui se passe à l’intérieur d’une haie. La haie est un objet hybride : une création humaine artificielle qui se naturalise au fil du temps, et dont l’ensauvagement progressif efface peu à peu l’artificialité au point qu’elle devienne un habitat presque « naturel ». Un nombre croissant d’espèces végétales, animales et microbiennes la colonise alors spontanément : d’abord des espèces « généralistes », participant à la biodiversité ordinaire, puis, au fil des siècles, des espèces de plus en plus « spécialistes », notamment forestières, à la valeur patrimoniale importante.

Fourni par l’auteur

Parallèlement, la structuration verticale et horizontale de la haie se complexifie, créant autant de micro-habitats pour une grande diversité d’espèces. Ni ouverte, ni forestière, la haie constitue un habitat semi-naturel unique : entre 60 et 80 % des espèces animales des campagnes s’y nourrissent ou s’y reproduisent. Si la haie est implantée sur un talus ou au bord d’un chemin creux, abeilles sauvages solitaires et mammifères fouisseurs y creusent leur terrier. Les tas de pierres attirent lézards, serpents et amphibiens. L’exploitation et l’entretien des haies contribuent également à en accroître la biodiversité, en favorisant par exemple la formation de cavités dans les troncs des vieux arbres de la haie, propices à de nombreux invertébrés, oiseaux et mammifères parmi les plus menacés dans les paysages agricoles.

À l’échelle du paysage, les haies forment également un réseau relié à des éléments forestiers ou à des zones humides, facilitant ainsi la circulation de nombreux organismes d’un milieu à l’autre et abritant par-là une diversité plus importante. Les haies les mieux préservées des usages agricoles adjacents, souvent les plus larges et les plus hautes, sont les plus riches et doivent être conservées prioritairement. Il existe en effet une relation entre l’ancienneté d’une haie et sa biodiversité : une nouvelle haie n’offrira pas avant longtemps la richesse en espèces d’une haie ancienne détruite ailleurs ; il faudra plusieurs siècles, si les espèces n’ont pas disparu entre-temps.


Guide « L’arbre et la haie dans les systèmes agricoles martiniquais »

En Martinique, les haies et les arbres champêtres sont des éléments clés du patrimoine agricole. Bien plus que des frontières naturelles, ils jouent un rôle essentiel pour l’équilibre des écosystèmes et la productivité agricole : brise-vent, réduction de l’érosion des sols, ombrage pour les cultures et les animaux, et même source de biomasse valorisable.

Ce guide technique de l’Association française Agroforesterie explore les multiples bénéfices des haies et des arbres, tout en proposant des solutions concrètes pour leur restauration et gestion durable.


La haie ancienne rend de multiples services à l’Homme

Si la haie a donc été créée pour répondre à des objectifs humains, avant de devenir un important réservoir de biodiversité, elle demeure aujourd’hui pourvoyeuse de nombreux services bénéfiques à l’Homme et au fonctionnement des écosystèmes.

Pour comprendre cela, il faut notamment s’intéresser à la partie souterraine des haies.

L’enracinement des arbres et arbustes est plus profond que pour leurs congénères forestiers : la majorité des racines des arbres forestiers se trouvent dans le premier mètre cinquante du sol, tandis que les racines des arbres agroforestiers se concentrent entre 1 et 3 m. Les végétaux des haies freinent de ce fait l’écoulement de l’eau en surface et favorisent son infiltration dans les sols, ainsi que sa remontée par capillarité lors d’épisodes de sécheresse.

Les haies stabilisent également les sols, réduisent la lixiviation des particules limoneuses les plus fines et le lessivage des engrais et pesticides. L’actualité récente a démontré comment la disparition de haies aggravait les inondations lors d’épisodes pluvieux exceptionnels… Alliée des populations locales, mais aussi des agriculteurs, la haie limite l’érosion des sols et les enrichit en matière organique et en nutriments via son tapis de feuilles et de bois morts. Les produits de taille peuvent aussi, après broyage, servir de couvre-sol remplaçant les herbicides.

Les haies peuvent aussi contribuer à améliorer la qualité de l’eau, en fixant certains polluants tels les nitrates ou les métaux lourds lorsqu’ils sont présents dans l’eau de ruissellement. Elles participent aussi à une meilleure qualité de l’air, en interceptant les pesticides volatilisés lorsqu’ils sont épandus par temps chaud.

Les haies, enfin, créent des conditions microclimatiques favorables, par un effet « climatiseur » qui met les cultures et le bétail à l’abri des vagues de chaleur, du vent sec et des gelées tardives. Leur effet « brise-vent » s’étend jusqu’à une distance de dix à vingt fois leur hauteur. À l’heure des changements climatiques, cet effet « tampon » salvateur est plus que bienvenu. Dans ce contexte, selon l’ADEME, les haies fixent et stockent au moins 100 tonnes de carbone par kilomètre linéaire, via les troncs, les branches et les feuilles mais aussi leur système racinaire.

Haie ancienne. Guillaume Decocq, Author provided (no reuse)

Face à l’étendue de ces services écosystémiques, on objecte parfois que les haies seraient des réservoirs de maladies et de bioagresseurs des cultures. Si ce fait est indéniable, l’impact actuel sur les rendements des cultures reste cependant très limité et bien inférieur aux bénéfices apportés par les organismes auxiliaires vivant dans les haies : pollinisateurs des cultures ou prédateurs des bioagresseurs (insectes, araignées, rapaces, chauve-souris…). Or ces auxiliaires sont d’autant plus nombreux et abondants que la haie est ancienne, et de ce fait riche en espèces. Ainsi, selon un rapport de l’INRAE de 2022, une haie réduit de 84 % l’abondance de bioagresseurs dans les cultures adjacentes.

Préserver les haies anciennes avant d’en planter de nouvelles

Combinés, tous ces services améliorent le rendement des cultures et le potentiel fourrager des prairies, avec une intensité qui dépend des types de sol, de la composition et de l’ancienneté des haies et des modes de culture. La possible baisse de productivité liée à la surface de production occupée par la haie et à l’effet « lisière » en bordure de celle-ci, est insignifiante au regard de l’augmentation des services apportés par la biodiversité qu’elle renferme, mais une haie nouvellement plantée mettra plusieurs décennies voire siècles à rendre les mêmes services qu’une haie ancienne. Malheureusement, les acteurs du monde agricole et les décideurs méconnaissent cette réalité : l’arrachage d’une haie amène, à moyen terme, davantage de pertes que de gains.

De fait, le « pacte en faveur de la haie » du gouvernement, qui vise à « arrêter la saignée » en plantant « en quantité et qualité » 50 000 km de haies d’ici 2030, ne pourra jamais compenser la destruction des haies anciennes qui se poursuit, car un kilomètre de haies nouvelles n’équivaut pas à un kilomètre de haies anciennes. « Déplacer » une haie ne conserve ni la biodiversité qu’elle hébergeait, ni la qualité et la quantité des services qu’elle rendait. La préservation des haies anciennes est donc une urgence, au nom de la sauvegarde d’un patrimoine historique, culturel et naturel inestimable, non seulement compatible mais vital pour l’agriculture du 21ème siècle.

Guillaume Decocq, Professeur en sciences végétales et fongiques, directeur de l’UMR EDYSAN, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Arnaud Mouly, Maître de Conférences en Systématique et Ecologie Végétales, Université de Franche-Comté – UBFC; Déborah Closset, Maitre de conférences en écologie forestière, Université de Picardie Jules Verne (UPJV); Marc-André Selosse, Professeur du Muséum national d’Histoire naturelle, Professeur invité aux universités de Gdansk (Pologne) & Viçosa (Brésil), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN); Michel Botineau, professeur de botanique, Université de Limoges et Pierre-Antoine Précigout, Chargé de recherche en agroécologie, Inrae

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Guide « L’arbre et la haie dans les systèmes agricoles martiniquais »

Vers une révolution dans la lutte contre le surpoids et l’obésité ?

Découverte en 1987, la forme active de la molécule GLP-1 s’affiche en Une de nombreux magazines ces derniers mois. Remède miracle contre l’obésité, contre le diabète et autres maladies, elle pourrait changer la donne dans la lutte contre la surcharge pondérale. À condition surtout d’intégrer l’approche médicamenteuse à une approche plus holistique de changement intensif du mode de vie !

« Est-ce que nous aurions soudainement vendu notre âme à « Big Pharma » ?, se questionne le rédacteur en chef du mensuel Science & Avenir, Mathieu Nowak, dans son édito de septembre dernier. En aucun cas, rassurez-vous ! Mais depuis des mois, nous observons qu’il se passe quelque chose autour d’une classe de médicaments encore mal connue en France, des antidiabétiques analogues du GLP-1. Les études se multiplient à un rythme inhabituel, les premiers acteurs explosent en Bourse tandis que d’autres se positionnent, des ruptures d’approvisionnement trahissent une demande croissante des patients. » La nouvelle fait en effet la Une des journaux et s’affiche sur tous les murs des grandes villes. La classe des molécules agonistes des récepteurs au GLP-1, déjà utilisée contre le diabète de type 2, serait également efficace contre l’obésité, mais aussi contre les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, les troubles cardiaques, les maladies dégénératives… voire certains cancers. La révolution semble bel et bien arrivée.

Des médicaments miracles bientôt disponibles ?

De nombreux laboratoires sont dans les starting-blocks, pour ce qui s’annonce être le marché du siècle. Rien qu’en France, 17% de la population serait en situation d’obésité, condition dont la prévalence aurait même doublé depuis 1997. Avec les problèmes de santé publique – et de charge financière sur les comptes publics de la Sécurité Sociale – que cela engendre. Face à cette épidémie, les plus grands noms de l’industrie pharmaceutique sont sur les rangs pour produire des médicaments miracles. Les Américains d’Eli Lilly avec le Zepbound ou encore les Danois de Novo Nordisk avec le Wegovy commencent à commercialiser de nouveaux pays en Europe et dans le monde à l’image de la France où il est possible de se procurer, dans le cadre d’un parcours de soins, le Wegovy depuis quelques jours. De manière générale, les autorités se montrent forcément très prudentes, en particulier en Europe, suite à l’échec et au retrait du médicament anti-obésité Accomplia du laboratoire français Sanofi il y a 15 ans.

Dans les pays de l’Union Européenne comme aux États-Unis ou au Royaume-Uni, les autorités sanitaires veulent donc se donner le temps de la réflexion. À la tête du Centre de recherche sur l’obésité de l’Université de Londres et vice-présidente en charge des affaires médicales internationales chez Lilly International, la Pr. Rachel Batterham a codirigé une large étude dans 16 pays, sur près de 2000 patients. Les résultats sont très encourageants et représentent une avancée plus que significative de la prise en charge de l’obésité : « Les trois quarts des personnes ayant reçu du sémaglutide 2,4 mg [ndla : un agoniste du récepteur au GLP-1 commercialisé par Novo Nordisk sous le nom de Wegovy] ont perdu plus de 10% de leur poids corporel et plus d’un tiers ont perdu plus de 20%. Aucun autre médicament n’a réussi à produire un tel niveau de perte de poids – c’est vraiment une révolution. Pour la première fois, les gens peuvent obtenir grâce aux médicaments ce qui n’était possible que grâce à la chirurgie bariatrique. » En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et son comité scientifique font montre de prudence et se sont donnés jusqu’en juin 2025 pour établir le cadre de la prescription du médicament. Les industriels, eux, y croient dur comme fer. Pour preuve, l’inauguration en grande pompe d’une usine à Fegersheim en Alsace l’an dernier, par le ministre délégué à l’Industrie Roland Lescure, aux côtés de Marcel Lechanteur, président de Lilly France.

Médicaments et suivi thérapeutique

Il est essentiel de rappeler que les règles de prescription de ces médicaments sont très précises : ils ne sont indiqués qu’en deuxième intention, après l’échec d’une prise en charge multifactorielle basée notamment sur l’application des règles hygiénodiététiques simples (contrôle des apports alimentaires et lutte contre la sédentarité) et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique. Si Saxenda s’adresse également aux personnes en surpoids si elles sont atteintes de comorbidités (maladie cardiovasculaire, syndrome d’apnée du sommeil, diabète…), Wegovy est réservé au traitement de l’obésité sévère et ne peut donc être prescrit qu’aux patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 35 kg/m2.

Ainsi, il n’y aura de véritable révolution que lorsque la surcharge pondérale et l’obésité seront prises en charge de manière globale, à la fois grâce à ces médicaments nouvelle génération et grâce à une prise en charge nutritionnelle et psycho-comportementale des patients. « L’obésité est une maladie chronique qui a de graves répercussions sur la vie des gens, ajoute la Pr. Rachel Batterham de l’Université de Londres. Mais les gens ne sont pas diagnostiqués, ne sont pas orientés vers des services spécialisés, et ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin. Il n’y a pas assez d’attention politique ni de recherche sur l’obésité. » Diagnostic, orientation et soins : prendre un médicament, même aux propriétés miraculeuses, sans accompagnement intensif, ne sera probablement jamais suffisant pour obtenir de réels bénéfices à long terme. Les deux sont complémentaires.

Il est donc urgent de proposer une solution globale à ces patients, parfois confrontés aux conséquences dramatiques de leur surcharge pondérale. En effet, surpoids et obésité sont souvent synonymes de diabète de type 2, de MASH (Metabolic dysfunction-Associated SteatoHepatitis), de cholestérol, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, ou d’hypertension artérielle. La liste est longue. Heureusement, parallèlement au parcours de santé classique et surtout en complément de ces nouveaux médicaments anti-obésité, existent des centres spécialisés dans la perte de poids, seule solution de prise en charge efficace de la surcharge pondérale et de ses comorbidités pour ceux qui ne veulent pas prendre de médicaments à vie ni passer par la chirurgie. Un des acteurs incontournables dans ce domaine est réseau de centres RNPC dont l’approche pluridisciplinaire – entre médecins et diététiciens – donne des résultats très probants. « Le programme RNPC, en permettant une perte de poids, principalement au niveau abdominal, et une stabilisation pondérale à long terme, résout pratiquement toutes les problématiques de santé liées à la surcharge pondérale, constate le Pr. Arne Astrup, Vice-Président Senior et responsable du département « Obésité et Sciences Nutritionnelles » de la Fondation Novo Nordisk et expert de renommée internationale dans la lutte contre l’obésité et le surpoids. En agissant sur la cause des comorbidités associées au surpoids et à l’obésité, il permet d’éviter l’apparition, le développement et l’aggravation de ces comorbidités. C’est pourquoi, des structures comme les centres RNPC sont des partenaires inestimables dans la lutte contre la surcharge pondérale et l’obésité. » À eux seuls, les 120 centres RNPC en France ont déjà accompagné plus de 120000 patients dans la résolution de leurs troubles en lien avec leur surcharge pondérale.

Si les médicaments – actuels ou ceux qui seront mis sur le marché dans les deux années à venir – ont leur place dans la pris en charge de l’obésité sévère, l’accompagnement diététique et psychocomportemental reste incontournable pour adopter de bonnes habitudes alimentaires et maintenir un poids santé.

Rester prudent

Le sujet est très sérieux. Même le prestigieux quotidien Le Monde y est allé de son titre « Les traitements de l’obésité vivent une révolution ». Mais en février dernier, la Haute autorité de santé (HAS), par la voix du Pr Pierre-Louis Druais, pointait du doigt les difficultés rencontrées dans la prise en charge de l’obésité qu’il qualifiait de « maladie complexe, avec des aspects médicaux, psychologiques et sociaux ». Selon la HAS, sa prise en charge doit être la responsabilité du médecin traitant « en moyenne sur plus de dix ans de suivi », voire à vie. « Le médicament n’est pas une finalité dans la prise en charge de l’obésité, c’est un moyen, un outil », rappelait la HAS. Attention donc aux effets d’annonce et aux effets de mode à venir sur les réseaux sociaux : la prudence doit rester de mise.

Agrivia : l’ingénierie et le business au service de l’agroécologie

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AGRIVIA est née l’union d’une école d’ingénieurs, ISARA Agro School for life, et d’une école business, ISEMA Business School for life, toutes deux engagées pour la filière agri-agro. Du champ à l’assiette. De l’ingénierie au business. De la science à la conscience. Une initiative encouragée par les résultats d’une étude mondiale sur les performances socio-économiques de l’agroécologie, économiquement plus favorable ou égale à l’agriculture conventionnelle dans 70% des cas étudiées.

Les performances socio-économiques de l’agroécologie1

L’agroécologie est identifiée, dans l‘étude sur ses performances socio-économiques, comme une solution importante pour accroître la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires. Cette nouvelle étude a examiné plus de 13 000 publications pour obtenir des preuves sur les résultats socioéconomiques de la mise en œuvre des pratiques agroécologiques. Résultats qui consolident les preuves des divers effets socio-économiques positifs de l’agroécologie dans un grand nombre de cas au niveau mondial.

Les résultats de l’étude mondiale indiquent que :

  • 1) les pratiques agroécologiques sont plus souvent associées à des résultats socioéconomiques positifs dans un large éventail de mesures évaluées (51% positifs, 30 % négatifs, 10 % neutres et 9 % non concluants);
  • 2) les paramètres socioéconomiques associés au capital financier représentent la grande majorité des paramètres évalués (83 % du total) et sont affectés positivement dans une grande partie des cas (53 %), en raison de résultats favorables sur le revenu et la productivité face à l’augmentation des besoins de main-d’œuvre et des coûts;
  • (4) les résultats varient en fonction des pratiques agroécologiques évaluées. Des résultats qui indiquent un potentiel globalement favorable pour les exploitations qui bénéficient de performances socio-économiques positives avec l’utilisation de pratiques agroécologiques.

En mettant en lumière l’impact socio-économique de l’agroécologie, cette étude offre des perspectives précieuses pour les décideurs et les professionnels du secteur agricole. Les résultats, notamment dans les pays du Sud, soulignent l’importance des pratiques agroécologiques telles que l’agroforesterie et l’association de cultures.

Quelle est la définition de l’agroécologie ?

« L’agroécologie se définit à la fois comme une science, un ensemble de pratiques agricoles et un mouvement social, tous convergeant vers l’objectif de promouvoir une agriculture durable, la justice sociale, la souveraineté alimentaire et économiquement viable pour les agriculteurs. Elle combine des aspects écologiques et sociaux pour développer des systèmes alimentaires durables. L’agroécologie vise à promouvoir des pratiques agricoles qui optimisent les interactions entre les plantes, les animaux, les humains et l’environnement, tout en promouvant des systèmes alimentaires justes et équitables qui permettent aux individus, de faire des choix éclairés concernant leur alimentation et les méthodes de production qu’ils soutiennent. » Alexander WEZEL, Directeur de la recherche AGRIVIA

Les 13 Principes de l’agroécologie

Couvert végétal et système alimentaire durable

Exemple d’innovation : Epat’moi et Vieille graine

A propos d’ISEMA

Business School Agri-Agro, l’école forme des professionnels du commerce engagés pour concilier création de valeur et durabilité dans les secteurs du vivant et de la Naturalité (agri-agro, environnement, phyto-santé, cosmétique).

Ces futurs managers à double compétence en commerce et techniques des filières sont en capacité de proposer et conduire des transformations favorisant des systèmes équilibrés et pérennes.

A propos d’ISARA

Agro School for life, ISARA est une école d’ingénieur spécialisée en agronomie, agroalimentaire et environnement. Elle forme des ingénieurs capables de relever les défis liés à l’agriculture durable, l’agroécologie et l’alimentation de demain.

Forte d’une approche pluridisciplinaire, ISARA propose des formations, Ingénieur, Bachelor et Masters internationaux, intégrant un accompagnement sur-mesure. Proche des réalités du terrain, l’école est reconnue pour son expertise en agroécologie, systèmes alimentaires durables, entrepreneuriat et innovation agrifood.

En parallèle de sa mission de formation, ISARA est un acteur engagé dans le développement de solutions pour une alimentation durable et respectueuse de l’environnement et proche des milieux professionnels.

https://isara.fr

C’est en pensant à l’impact de leurs actions et de celles de leurs étudiants sur la filière agri-agro que les deux écoles ont voulu élargir le champ de leur mission. En connectant ISARA et ISEMA, pour mieux avancer et impacter. Sans a priori sur les différences de culture qui existent entre les deux écoles – les sciences de l’ingénieur et le business – et les métiers proposés, elles sont vues comme une richesse.

Forts de leur ancrage territorial et de leur connexion au monde professionnel, elles accompagnent les acteurs de la filière qui ont l’envie d’agir dès aujourd’hui.

Le Hub des audacieux :
Audace entrepreneuriale et innovation agrifood

Pour transformer nos systèmes alimentaires, il existe un moyen d’aller plus vite et plus loin, c’est d’être un audacieux et de bien s’entourer.

Le Hub des Audacieux est un espace où convergent audace entrepreneuriale et innovation agrifood pour des futurs plus durables. Au cœur de l’union AGRIVIA, fondée par les écoles ISARA et ISEMA, le partage de l’expertise agrifood et d’un large écosystème d’acteurs pour créer les conditions de réussite de celles et ceux qui osent repenser l’alimentation.

CLAS : Centre for Living Agroecology and food Systems

Accompagner la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires durables par la recherche, la formation et le conseil.


  1. L’étude est disponible en libre accès dans la revue Agronomy for Sustainable Development. https://doi.org/10.1007/s13593-024-00945-9 ↩︎

Se former en s’inspirant du vivant à l’IFs – Institut des Futurs souhaitables

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Dans cette période de métamorphoses, l’Institut des Futurs souhaitables propose à celles et ceux qui le désirent de se saisir de cette opportunité pour inventer un monde plus souhaitable. Cette démarche s’appuie sur des formations, accompagnements sur-mesure et activités d’intérêt général, apportant des clés de lecture du présent, ainsi que des armes créatives pour participer, avec bienveillance et bien-vaillance, à la construction de ce nouveau monde qui s’annonce.

Formations

Conçues comme des expériences apprenantes, les formations visent à changer de regard sur l’époque et sur le monde, changer de posture vis-à-vis de demain, provoquer l’envie d’agir, et s’approprier des méthodologies et outils pour y parvenir.

LabSession

Voyage aller-retour vers 2040 pour explorer demain avec un temps d’avance

La LabSession est une formation en Prospective et Innovations qui permet d’explorer demain avec un temps d’avance.

En intégrant la complexité, souvent abstraite et peu préhensible, et la systémique qui permet de travailler sur l’ensemble des champs en mouvement, la prospective apporte de véritables modalités d’actions concrètes. Apologie de la volonté humaine, elle ouvre les futurs pour éclairer les décisions à prendre ici et maintenant, proposant ainsi une véritable philosophie de l’action.

FocusLab Biomimétisme

Réconcilier biodiversité, innovation et économie

S’inspirer de plus de 3,8 milliards d’années de R&D du vivant pour innover de façon soutenable et éthique

Pour toutes celles et tous ceux qui veulent inscrire leur démarche d’innovation dans une dynamique systémique et soutenable

Formation-action de 5 jours, 2 sessions/an

En partenariat avec le Ceebios et le Museum national d’Histoire naturelle

TerritoryLab

Passer de l’aménagement au ménagement de nos territoires

Pour toutes les parties prenantes du territoire : collectivités territoriales, entreprises voulant comprendre et transformer leurs empreintes territoriales, agences de l’État, ONG, professionnels de l’aménagement du territoire, ministères, associations, entrepreneurs…

Expédition apprenante et immersive de 5 jours : 3 jours à Paris et 2 jours dans la vallée de la Drôme, 2 sessions par an

En partenariat avec NovaSens – TerritoryLab – Les Agoras du vivant

FocusLab Organisations souhaitables

Redessiner les règles du jeu au service de votre élan collectif

Transformer vos modes d’organisations (structure, service, équipe, projet…) pour favoriser l’engagement des équipes sur les enjeux de transitions

S’outiller pour fédérer : approche prospective, découverte des modes d’organisations alternatifs pour choisir le mix qui vous convient, échanges personnalisés sur votre situation, travail sur votre posture au sein de l’organisation

Pour toutes les parties prenantes des
organisations : entrepreneurs, managers, dirigeants, chefs de projets, élus, responsables RH, coachs, consultants, chercheurs…

Formation action de 5 jours, 2 sessions/an

entreprendre pour le vivant

Empreinte des organisations sur la biodiversité

Faire prendre conscience du lien entre les enjeux d’une organisation et le vivant, susciter l’envie d’agir pour régénérer la biodiversité, et mettre en mouvement les équipes autour de solutions, inspirées par des exemples d’organisations déjà passées à l’action

Une formation en ligne et 2 coffrets de 137 cartes, pour animer vos ateliers auprès des organisations

Pour les indépendant·e·s/consultant·e·s en organisations sur les enjeux de demain et du vivant.
Et pour les organisations qui souhaitent requestionner leurs relations au vivant

Auto-formation d’1 jour, pour animer des ateliers en organisations de 2h à 1 journée

Repanser la planète pour faire terre ensemble

Comment évoluer ensemble vers une société plus humaine, conciliant résilience écologique, économie et vivre ensemble ? À partir de projets révélateurs de cette métamorphose issus de son expérience professionnelle, l’auteur, Nicolas Imbert, Directeur exécutif de Green Cross France, partage avec nous à la fois sa compréhension de la situation et les modes d’action au quotidien pour « faire terre » ensemble. Il a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable.

Je m’intéresse au futur, car c’est là que j’ai choisi de passer le restant de mon existence.

Orson Welles

Comprendre

  • l’urgence climatique et écologique nous oblige à agir ensemble, en cohésion et maintenant,
  • un triple hold-up générationnel génère une incompréhension forte et des clivages entre la génération Z et la France du Concorde, du Minitel et des centrales nucléaires,
  • jeunes et actifs vivent dans leur corps et leur quotidien une santé environnementale précarisée qui confirme l’urgence humaine à agir.
  • c’est ensemble qu’il nous faut comprendre et dépasser nos vulnérabilités pour devenir plus résilients.

Agir

  • Reprendre en main notre alimentation et nos consommations,
  • préserver l’eau et l’océan,
  • faire de l’énergie chère un accélérateur de la résilience,
  • ménager les territoires.

Cet ouvrage donne des clés pour agir, fait entrevoir des perspectives, incite à l’action concrète, plus précisément à faire terre ensemble.

Autant d’inspirations (…) qu’il nous appartient de transformer en actions et en initiatives.

La suite ? À nous de l’évoquer, de l’écrire et de la vivre ensemble. Il y a une urgence.

L’auteur

Nicolas Imbert est Directeur Exécutif de Green Cross France.

Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross et conférencier, est ingénieur de formation. Il intervient sur la structuration des propositions de la société civile sur le climat, la santé environnementale, la résilience territoriale et la prévention des conflits environnementaux, en France et à l’international.


Portrait de Nicolas IMBERT sur France Inter dans les Chroniques Littorales de José Manuel Lamarque


Je n’écris pas pour passer le temps. L’urgence climatique et écologique est là. Rester passif n’est pas une option. C’est maintenant que nous devons agir pour sortir de l’impasse et transformer notre économie et nos vies pour le meilleur.

Portrait Nicolas Imbert – Sortie de son livre « Repanser la planète » 21.09.24

Comment ? En reprenant en main notre alimentation, en préservant l’eau, l’océan et l’énergie, en ménageant les territoires.

Questions Cdurable
ou c’est pas durable !?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Nicolas Imbert, Directeur exécutif de Green Cross France, a accepté de répondre aux neufs questions Cdurable, essentielles comme les neufs besoins fondamentaux des êtres vivants dont les humains que nous sommes …

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Il faut respecter le vivant, et c’est quelque chose que nous avons désappris au fil des révolutions industrielles. L’homme n’est pas à côté du vivant non humain, et le mettre au centre n’est pas sain du tout car ceci conduit à l’accaparement du vivant, et à confondre vivant et ressource.

Deux postures sont à mes yeux essentielles et complémentaires :

  • le ménagement qui permet dans les zones denses humainement de retravailler notre symbiose au vivant,
  • et le réensauvagement qui permet de sanctuariser de grands espaces en réseau pour le vivant non humain.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je suis obsédé par une alimentation saine, locale, de saison, bio et la plus végétale possible, en travaillant avant tout l’évolution de l’alimentation et en particulier de la mienne par le plaisir. Nous avons besoin de retrouver le rapport au produit alimentaire brut, de nous approvisionner le plus localement possible avec des produits qui respectent les sols et l’eau de nos terroirs ainsi que la santé de celles et ceux qui les mangent, et c’est extrêmement plaisant de découvrir de nouvelles recettes simples, locales et goûtues.

Je ne mange pas de poisson issu de la pêche prédatrice, ai limité fortement ma consommation de viande et je privilégie le bio et le local mais aussi ce qui permet de valoriser tout l’animal, et j’encourage fortement la diversité variétale dans l’alimentation. Mon choix n’est pas d’interdire, mais au contraire de susciter une alimentation saine par le plaisir, de travailler à mon échelle la résilience alimentaire et de viser l’autonomie, en se souvenant que l’empreinte environnementale (carbone et pas que) du transport, du stockage et du gaspillage alimentaire est déjà énorme, et en plus sous-estimée par les chiffres.

©Des clés pour agir sont des publications de GREEN CROSS France et Territoires.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je suis partisan de la sobriété et du ménagement. Notamment en privilégiant la réhabilitation de l’ancien, l’habitat modulaire, la rénovation et la réutilisation en particulier pour le mobilier et l’électroménager. Comme j’habite en ville, je complète ceci par les mobilités douces

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le sport est essentiel pour moi. Je pratique le yoga vinyasa aussi régulièrement que possible. Habitant Marseille, j’ai la chance de pouvoir nager et faire des activités nautiques 8 à 9 mois sur 12, je marche beaucoup, et fais régulièrement du vélo. Autrefois fan inconditionnel de ski, j’ai changé ma pratique pour l’adapter au dérèglement climatique. Je commence à skier plus tard dans la saison, vers février ou mars, je fais plus de ski de randonnée.

Ma consommation de montagne est passé d’une consommation d’activités à une recherche de l’interaction la plus respectueuse avec le milieu. 

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

L’écoute de la science est essentielle, tout comme l’observation. Les savoirs traditionnels sont une source très utile pour comprendre ce qui se passe et pour aller de l’avant, en particulier dans le domaine de l’alimentation et de l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

J’ai eu la chance de toujours pouvoir fabriquer le travail qui me permet d’être utile. Ce n’est absolument pas simple, c’est souvent beaucoup de sacrifices et en particulier financier, mais c’est essentiel pour moi, pour me sentir en phase avec moi-même. J’arrive cependant à un point où il me semble essentiel de prendre de la distance, pour trouver un équilibre non anxiogène, et je pense que c’est là précisément où la génération Z a beaucoup à nous apprendre.

Fruits des partenariats et des groupes de travail coordonnés par GREEN CROSS, la série Inspir’Actions et Respir’Actions offre des pistes de réflexion et de solutions en faveur de la transformation écologique des territoires

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Principalement l’énergie musculaire, et la recherche de la sobriété dans mes gestes du quotidien. Je suis persuadé que l‘efficacité énergétique, couplée avec les énergies 4D (décarbonés, déconcentrées, diversifiées, démocratiques) est essentielle, surtout au quotidien. En ne cédant notamment pas à la facilité de tout miser sur l’usage excessif d’une énergie électrique, en France d’origine essentiellement nucléaire, qui nous conduit souvent à vouloir tout électrifier et à gaspiller.

Engagé de longue date chez Enercoop, je recherche à avoir en permanence des énergies vertes, mais surtout à économiser de manière forcenée. 

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Beaucoup dans mon travail au quotidien, mais aussi dans la volonté d’être impliqué localement, pas forcément pour dire mais beaucoup pour faire.

collection de plaidoyers en faveur d’un avenir serein dans un monde sain

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

La co-construction, la mutualisation, c’est essentiel dans chacune de nos activités. 

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Agissons – faire terre ensemble est beaucoup plus qu’un slogan, c’est une véritable hygiène de vie au quotidien, une manière d’être plus résilient et d’affronter les crises, mais aussi d’avoir un rapport à l’autre des plus agréables.

Green Cross est un réseau d’organisations non gouvernementales (ONG) de plaidoyer et de projets créé par Mikhaïl Gorbatchev en 1993 dans la continuité du Sommet de la Terre à Rio, en 1992.

Green Cross France et Territoires en est le représentant français. L’association contribue à donner des clés pour agir et accentuer la transformation écologique de nos sociétés, qu’il s’agisse d’eau et d’océan, d’alimentation, de villes et territoires durables, d’économie circulaire, de coopération et de solidarités.

Green Cross France et Territoires

Imaginer un monde des affaires compatible avec les limites planétaires

Concilier le monde des affaires avec les limites planétaires est contraire à l’idée farfelue selon laquelle les différents types de capitaux seraient substituables et donc que l’utilisation du capital naturel ne serait pas une limite à la croissance, car elle pourrait être compensée par des innovations techniques. La raison d’être du modélisateur IF Initiative est précisément de comprendre que pour durer les entreprises ne pourront pas simplement continuer le ‘nusiness as usual » mais vont devoir enfin prendre en compte dans leur modèle économique, le premier capital indispensable à leur pérennité : le capital naturel.

Le problème vient du fait que le capital naturel n’apparaît pas dans le bilan des entreprises, que le seul capital à conserver, c’est le capital financier.

Fabrice Bonnifet
Directeur Développement Durable & Qualité, Sécurité, Environnement
Groupe Bouygues

« L’absence du capital naturel du bilan des entreprises explique pourquoi elles en font si peu au-delà du cadre légal, pour protéger à la fois les ressources naturelles et les écosystèmes qui ne lui coûtent strictement rien« , rappelle Fabrice Bonnifet.


Intervention C3D Partie 1 – Introduction au projet IF Initiative

Replay d’une conférence exceptionnelle a été organisée par le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) pour présenter le modélisateur IF Initiative de Carbone 4


Compter ce que l’on gagne, sans compter ce que l’on doit à la nature a une fin et c’est maintenant !

Alors à quoi va servir If Initiative ?

Pour faire du pain, il faut du blé, pour faire des voitures électriques il faut du cuivre, etc. A priori la planète est ronde et certaines de ces ressources sont renouvelables mais toutes les autres sont en quantités finies. Dans les deux cas, il y a une réflexion à avoir sur leur destination et des limites à leur utilisation.

If initiative permet d’évaluer tous ces dilemmes. Le but est de faire émerger une approche selon laquelle la soutenabilité forte de la « croissance » implique le maintien à un niveau constant du capital naturel, car non ce dernier n’est pas remplaçable par les autres formes de capitaux.

Il ne s’agira évidemment pas du tout de la même croissance que celle que nous connaissons aujourd’hui.

Exploration des futurs viables

Sociétés humaines

  • Un niveau social et sociétal, avec des hypothèses sur des changements de représentation du monde, de valeurs, qui ont un impact sur les réglementations, les lois, mais aussi les modes de consommation et les modes de production. Bien qu’impalpables, ces évolutions possibles ont des conséquences matérielles.
  • Un niveau matériel ensuite, celui des activités humaines, qui est fortement lié aux représentations, mais qui transcrit des volontés, représentations, désirs, habitudes ou contraintes dans des modes de vie et de production.

Système Terre

  • Un niveau matériel sur le système Terre, c’est-à-dire les limites planétaires : les ressources matières, la biodiversité, le climat via les émissions et concentration de GES. Ici, le modèle calcule les impacts sur les limites planétaires des choix de consommation et de production qui découlent des scénarios.

Tout en respectant les limites planétaires

La dignité c’est avant tout dire la vérité, sans prétendre disposer de toutes les solutions pour faire autrement.

« If Initiative est avant tout un outil d’aide à la décision pour des décideurs éclairés, afin qu’ils consentent à réencastrer le modèle économique des entreprises dans la réalité de notre monde fini, que la facilité des énergies fossiles nous a fait perdre de vue », explique Fabrice Bonnifet

Ce modélisateur veut faire advenir un nouvel imaginaire du vivre ensemble dans lequel la réduction de la production et de la consommation du non essentiel va devoir être planifiée démocratiquement, dans un esprit de justice sociale et dans le souci du bien-être. Et tout cela, dans le but ultime d’alléger l’empreinte écologique de l’économie pour préserver le bien commun.

Intervention C3D Partie 2 – Étude de cas

FABACÉÉ : un programme pour accompagner la transition énergétique des agriculteurs

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L’énergie est une charge économique importante des exploitations agricoles et les agriculteurs sont impactés par les soubresauts du contexte énergétique. De plus, les émissions de gaz à effet de serre issues des énergies et intrants représentent 30% des émissions du secteur agricole, et jusqu’à 60% si on intègre les émissions de la fertilisation azotée. C’est pour répondre à cette problématique, à la fois économique et écologique, que le programme FABACÉÉ, inscrit dans le cadre des Certificats d’Économie d’Énergies (CEE) du ministère en charge de la transition énergétique, a été imaginé et doté de 17 Millions d’euros pour ce Prmier appel à candidature.

L’énergie est une charge économique importante des exploitations agricoles, qu’elle soit directe (carburants, électricité) ou indirecte (engrais et aliments du bétail en particulier). Les agriculteurs sont confrontés régulièrement aux soubresauts du contexte énergétique. Parallèlement, les émissions de gaz à effet de serre issues des énergies et des intrants représentent 30% des émissions du secteur agricole, et jusqu’à 60% si on intègre les émissions de N2O de la fertilisation azotée1.

L’appel à candidature, dédié aux structures d’accompagnement et à leurs adhérents souhaitant réduire leurs consommations énergétiques, a été lancé le 1er octobre à l’occasion du Sommet de l’Élevage. Il reste ouvert jusqu’au 15 novembre. Après analyse du jury, les lauréats seront sélectionnés en fin d’année pour un démarrage des actions début 2025.

Le programme durera 3 ans (2025-2027) et ambitionne d’accompagner 200 groupes, soit entre 2000 et 3500 agriculteurs.

17 M€ pour un accompagner un groupe d’agriculteurs

Le programme CEE FABACÉÉ a pour ambition d’aider les exploitants à réduire leur consommation d’énergie. Doté d’un budget de 17 millions d’euros, il s’adresse aux structures d’accompagnement (fédérations ou groupements CUMA, réseaux CIVAM, ADEAR, GAB, Chambres d’Agriculture, Coopératives…) et permet à leurs adhérents de se mettre en action de manière collective pour atteindre un objectif de réduction de leurs consommations énergétiques de 15%

À chaque groupe lauréat il est proposé de :

  • Profiter d’outils pour mettre en œuvre les projets d’économie d’énergie (formations, outils de diagnostics et de suivi de projet, banque de ressources) ;
  • Financer les postes d’animateurs des groupes et participer au financement des besoins matériels (équipements de mesure, agroéquipements…) et immatériels (analyses, voyages d’études…) ;
  • Bénéficier d’un fonds de garantie pour faciliter l’accès au crédit bancaire et participer à l’expérimentation d’une assurance transition pour prendre en charge une partie du risque supporté par les agriculteurs qui feront évoluer leurs pratiques agricoles.

Des exploitations agricoles plus résilientes

Rejoindre le programme FABACÉÉ, c’est bénéficier de la puissance et de l’effet d’entraînement du collectif. Dans ce cadre, les agriculteurs pourront monter en compétences et seront accompagnés pour mettre en place un plan d’action vers l’autonomie énergétique de leurs exploitations. 

Au-delà de la dimension écologique qui nous anime, les agriculteurs ont tout intérêt à réduire leur consommation d’énergie qui représente la majorité de leurs charges. Ils peuvent ainsi alléger leurs factures et rendre leur exploitation plus autonome face à la fluctuation des marchés. C’est avec cette ambition que FABACÉÉ les accompagnera pour déployer des pratiques plus sobres (en énergie directe et en intrants) et des matériels plus efficients afin d’amorcer la transition énergétique de leur exploitation.”

Romain Behaghel, coordinateur du programme.

Les candidatures sont ouvertes ! 

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 novembre et les lauréats seront dévoilés fin 2024. Le programme d’une durée de 3 ans débutera début 2025. Pour candidater et bénéficier de cet accompagnement, les collectifs ont rendez-vous sur le site internet du programme : fabacee.fr

Pour cette première promotion, FABACÉÉ s’adresse aux régions suivantes : Bretagne, Pays de la Loire, Normandie, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un deuxième appel à candidatures est prévu en février 2025.

  1. Source : ClimAgri Cas France 2020, ADEME ↩︎

Repenser le monde du travail pour faire face à l’urgence climatique

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« Décroissance, urgence climatique et transformation du travail » est un article de Luis González Reyes extrait de l’ouvrage collaboratif “Mas allá del colonialismo verde : justicia global y geopolítica de las transiciones ecosociales”, publié en 2023 par CLACSO. En s’appuyant sur divers travaux en économie, sciences sociales et sciences de l’environnement, l’auteur montre comment le monde du travail et les modes de production doivent se transformer pour faire face à l’urgence climatique. 3 points essentiels à retenir par Antolin Bertille pour L’Œil de La Fabrique Écologique.

De cet article, La Fabrique Écologique retient trois points essentiels :
#1 Selon les auteurs, un modèle économique basé sur la croissance infinie n’est pas viable, car il suppose une augmentation de la consommation de ressources, lesquelles sont limitées. Un nombre croissant de travaux montrent que la transition écologique n’aura pas lieu sans une diminution de la consommation d’énergie et de ressources, donc une décroissance de la production. Selon l’auteur, l’urgence écologique nécessite de se passer des énergies fossiles pour se tourner vers un mix de sources d’énergies les plus faiblement pourvues d’éléments fossiles comme les terres rares, donc technologiquement plus simples. Aujourd’hui, l’énergie produite est surtout stockée. N’ayant pas une grande capacité de stockage, ces sources d’énergie devraient avant tout être mobilisées à l’échelle locale afin de pouvoir être directement utilisée.
#2 Selon l’auteur, certains secteurs basés sur l’exploitation des écosystèmes (transports, finance, etc.) devront suivre une logique de décroissance, tandis que d’autres ayant pour but la préservation de l’environnement devront être soutenus. Avec la diminution des transports qui fonctionnent avec des ressources non renouvelables, chaque territoire devra diversifier ses activités, afin de produire une quantité suffisante des biens et services nécessaires à la population locale pour réduire la dépendance aux importations. Afin de ne pas pénaliser les pays dont l’économie est dépendante des exportations, ces mesures de relocalisation devront s’accompagner de politiques de redistribution des richesses entre les pays et territoires.
#3 Selon l’auteur, de tels changements nécessiteraient une réduction du temps de travail, qui impliquerait une baisse de la production. Prenant l’exemple de l’Espagne, il montre qu’une diminution du temps de travail employé et de la production, réalisée en passant à une semaine de 30 ou 32 heures, ne s’accompagnerait pas d’une réduction du nombre d’emplois. Pour que ces changements soient viables, il serait nécessaire de diminuer la dépendance des citoyen·ne·s à leur salaire pour répondre à leurs besoins. Un processus de démarchandisation devrait être entamé : un maximum de biens et services pourraient être produits en coopération et en autogestion, permettant ainsi de réduire les coûts tout en échappant aux logiques de marché.
Travailler moins pour vivre mieux et plus légèrement sur la terre: décroissance et réduction du temps de travail

La France et la réduction du temps de travail

En France, les vertus écologiques de la réduction du temps de travail ont été mises en avant dès les années 70. Ses vertus sociales ont quant à elles été expliquées par les syndicats (ex. : CGT et Solidaires), qui demandent depuis plusieurs décennies de passer à une semaine de 32h. Mais la réduction du temps de travail n’est pas à l’ordre du jour. Si la semaine de 4 jours est expérimentée dans la fonction publique depuis le printemps 2024, ce n’est qu’une contraction du temps travaillé. La question des avantages et des inconvénients d’une réduction du temps de travail mériterait cependant de nouvelles réflexions.

Si plusieurs articles récents soulignent les vertus d’une diminution du temps de travail, un travail de vulgarisation scientifique et une mise en dialogue avec des arguments contraires seraient nécessaires pour bien appréhender ce sujet.

Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE

L’ouvrage collaboratif “Mas allá del colonialismo verde : justicia global y geopolítica de las transiciones ecosociales, publié en 2023 par CLACSO est disponible ici.

Villes vivantes, villes régénératives

Densifier, artificialiser, exploiter chaque espace n’est clairement plus compatible avec une prospérité économique consciente des limites planétaires. Les solutions issues du génie écologique ou fondées sur la nature et les modèles constructifs bioclimatiques apportent toutes les solutions pour réenchanter les villes. Avec l’accélération des dérèglements climatiques, l est urgentissime, selon Fabrice Bonnifet, Directeur Développement Durable & Qualité, Sécurité, Environnement du Groupe Bouygues, de revoir les schémas d’aménagement des villes et redécouvrir le bon sens !

Oui un arbre est un climatiseur low tech, oui le végétal est un remède à l’anxiété, oui la renaturation d’une parcelle apporte une valeur immatérielle inestimable, oui une zone humide urbaine participe à la thermorégulation de la ville et agit comme une éponge lors des épisodes de pluies, oui les humains ont un besoin physiologique de nature et de parcs pour se promener et se faire des bisous.

Tout comme l’économie, la ville doit devenir régénérative ! La nature a tout inventé, il est temps pour les aménageurs de s’inspirer du fonctionnement des écosystèmes complexes et interconnectés pour organiser les villes.

Faisons advenir des villes où s’articulent l’intégrité des métabolismes, l’inclusion sociale et la santé des humains, dans lesquelles la robustesse des infrastructures primera leur seule performance, où le partage et l’entraide remplaceront la compétition exacerbée.

Des villes où les corridors écologiques seront conçus en même temps que nos couloirs de mobilités, où les bâtiments et les infrastructures seront conçus pour accueillir et favoriser la biodiversité.

Des villes où les enfants et les autres citoyens vont pouvoir de nouveau s’émerveiller du miracle de la vie, car on ne peut protéger que ce que l’on aime.

Le moment est venu d’aménager nos villes pour qu’elles deviennent plus résilientes, s’adaptent au changement climatique en cours, offrent une diversité florissante et un cadre de vie plus sain, moins bruyant et plus agréable pour tous, bref des villes régénératives.

A cette fin lors de sa récente Masterclass « La restauration du vivant, une nouvelle boussole pour le futur de nos métiers »,  les entreprises du Groupe Bouygues et Arthur Pasquier, le DG de Rejeneo ont pu présenter leurs solutions aux aménageurs, promoteurs et services de l’urbanisme …

Merci à Bouygues Construction et Virginie Alonzi pour la réalisation de son Cahier de tendances : Villes vivantes, villes régénératives

L’éducation au changement climatique doit être accessible à toutes et tous !

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, a réalisé la synthèse d’une étude académique qui montre le rôle essentiel des Ressources Éducatives Libres (REL) pour rendre l’éducation sur le climat plus inclusive et accessible. Ces ressources permettent de toucher un public diversifié, tout en offrant la possibilité d’adapter les contenus éducatifs aux réalités locales.

Dans cette étude, vous découvrirez :

  • 1️⃣ Comment les REL facilitent l’accès à des contenus de qualité, gratuits et modifiables, pour un apprentissage flexible.
  • 2️⃣ L’importance de co-construire les savoirs en permettant aux étudiants, enseignants et communautés d’enrichir les ressources existantes.
  • 3️⃣ Le rôle des REL dans le développement des compétences critiques et créatives, essentielles pour aborder les défis climatiques.
  • 4️⃣ La façon dont les REL favorisent une approche pédagogique qui va au-delà des salles de classe traditionnelles, en permettant à chacun de devenir un acteur du changement climatique.

Comment ces ressources peuvent transformer l’éducation sur le climat et encourager des actions concrètes et collaboratives ?

L’enseignement du changement climatique : vers une pédagogie innovante et interdisciplinaire

L’éducation ouverte et les ressources éducatives libres : vers une pédagogie collaborative

L’éducation ouverte repose sur le principe d’un accès libre et sans restriction aux ressources pédagogiques, à l’apprentissage et à l’enseignement. Elle va au-delà du simple accès à l’information en permettant à chacun de contribuer, d’adapter et de personnaliser les ressources pour répondre à des besoins spécifiques. Les ressources éducatives libres (REL), sont au cœur de ce mouvement. Elles sont des matériaux pédagogiques mis à disposition avec des licences ouvertes, permettant leur utilisation, leur modification et leur distribution par n’importe qui.

L’article de Teixeira et al. souligne que l’éducation au changement climatique bénéficie grandement de cette philosophie d’ouverture. En rendant les ressources éducatives plus accessibles, les REL brisent les barrières économiques, sociales et géographiques qui limitent souvent l’accès à l’éducation de qualité. Ce caractère ouvert est essentiel pour aborder des questions complexes et globales comme le changement climatique, qui nécessitent une compréhension collective et des actions coordonnées.

Les REL comme outils de co-création et de partage des connaissances

Un des aspects les plus novateurs des REL est leur potentiel pour la co-création des connaissances. Dans le domaine de l’éducation au changement climatique, cela signifie que les apprenants, les éducateurs et les experts peuvent travailler ensemble pour enrichir et adapter les ressources pédagogiques. Cette approche collaborative favorise une diversité de perspectives, essentielle pour comprendre les multiples dimensions du changement climatique. En permettant aux étudiants d’ajouter leurs expériences et leurs connaissances, les REL encouragent une dynamique où l’apprentissage devient un processus interactif et évolutif.

Le projet LECH-e incarne cette philosophie de co-création. Les modules éducatifs développés ne sont pas figés ; ils sont conçus pour être continuellement enrichis par les contributions des étudiants, des universitaires et des communautés locales. Par exemple, les étudiants sont encouragés à partager leurs propres vécus du changement climatique, qu’il s’agisse d’observations locales, d’impacts socio-économiques ou d’initiatives de résilience. Ces contributions sont ensuite intégrées dans les REL, enrichissant ainsi le contenu pédagogique de manière dynamique et contextuelle.

L’éco-anxiété et la prise de conscience du changement climatique chez les étudiants

Avantages des REL dans le contexte de l’éducation au changement climatique

L’utilisation des REL dans l’éducation au changement climatique présente plusieurs avantages. Premièrement, elles permettent de répondre aux besoins divers des apprenants. Étant donné la diversité des contextes culturels, sociaux et environnementaux dans lesquels se manifestent les effets du changement climatique, les REL offrent la flexibilité nécessaire pour adapter le contenu éducatif à des contextes spécifiques. Par exemple, une ressource sur l’impact du changement climatique sur les écosystèmes côtiers peut être adaptée pour inclure des études de cas locales, des témoignages de communautés de pêcheurs ou des politiques de gestion des zones côtières.

Deuxièmement, les REL favorisent une approche pédagogique axée sur la résolution de problèmes. En fournissant des outils éducatifs ouverts, les REL encouragent les apprenants à s’engager activement dans l’apprentissage et à développer des solutions créatives aux problèmes environnementaux. Le projet LECH-e, par exemple, intègre des activités d’apprentissage basées sur des scénarios, où les étudiants sont invités à analyser des situations réelles, à évaluer les impacts et à proposer des stratégies d’adaptation. Cela permet de développer des compétences pratiques et des capacités de pensée critique, essentielles pour aborder les défis complexes du changement climatique.

Vingt ans de législation anti-changement climatique et anti-évolution : un bilan pour l’éducation aux USA

Éducation ouverte : un engagement envers une pédagogie inclusive

L’éducation ouverte, soutenue par les REL, va de pair avec l’engagement envers une pédagogie inclusive. Dans le contexte du changement climatique, cela signifie intégrer diverses voix et expériences dans le processus d’apprentissage. Les REL permettent de surmonter les limitations des approches éducatives traditionnelles, souvent centrées sur un modèle unique de transmission des connaissances. Elles offrent un espace où les étudiants, indépendamment de leur âge, de leur origine socio-économique ou de leur situation géographique, peuvent accéder à des ressources de qualité et participer activement à la production de savoirs.

De plus, l’éducation ouverte et les REL encouragent la collaboration entre différentes parties prenantes, y compris les éducateurs, les étudiants, les chercheurs, les professionnels et les communautés locales. Cette collaboration enrichit le processus éducatif, en apportant des perspectives pluridisciplinaires et en renforçant le lien entre la théorie et la pratique. Dans le cas du projet LECH-e, cette approche collaborative est mise en avant par l’engagement des universités, des ONG, des institutions publiques et des organisations internationales dans le développement et la diffusion des REL. Cela crée un réseau d’apprentissage interconnecté, capable de s’adapter aux évolutions rapides des connaissances et des besoins éducatifs liés au changement climatique.

L’éducation au développement durable : un levier incontournable pour transformer l’enseignement supérieur

Les défis de l’adoption des REL et de l’éducation ouverte

Si les avantages des REL et de l’éducation ouverte sont nombreux, l’article reconnaît également les défis associés à leur adoption. L’un des principaux obstacles est la réticence de certaines institutions à ouvrir et partager leurs ressources. Cette réticence peut être liée à des préoccupations concernant la propriété intellectuelle, la qualité des contenus ou la perte de contrôle sur la manière dont les ressources sont utilisées et modifiées. Pour surmonter ces défis, il est essentiel de promouvoir une culture de l’ouverture et de la collaboration, où la qualité et la validité des ressources sont assurées par des processus de co-évaluation et de validation par les pairs.

Un autre défi est la nécessité de développer des compétences numériques et pédagogiques pour créer, adapter et utiliser efficacement les REL. Les enseignants et les éducateurs doivent être formés à l’utilisation des outils numériques et des licences ouvertes, ainsi qu’à l’intégration des REL dans des approches pédagogiques innovantes. Le projet LECH-e aborde cette question en offrant un soutien aux éducateurs et en favorisant l’échange de bonnes pratiques entre les partenaires du consortium.

Conclusion

Les ressources éducatives libres et l’éducation ouverte constituent des éléments clés pour élargir la participation à l’éducation sur le changement climatique. Elles offrent une plateforme flexible, accessible et collaborative, permettant de toucher un public diversifié et de créer un espace d’apprentissage dynamique. En intégrant les REL dans l’éducation au changement climatique, des projets comme LECH-e démontrent que l’apprentissage ne doit pas être limité par des frontières géographiques ou des contraintes institutionnelles. Ils ouvrent la voie à une éducation inclusive, où chaque individu a la possibilité de contribuer, de co-créer et d’agir face aux défis environnementaux.

À travers l’éducation ouverte, nous pouvons construire une communauté d’apprentissage globale, engagée dans la recherche de solutions durables. Les REL ne se contentent pas de diffuser des connaissances, elles stimulent également la créativité, l’engagement citoyen et la capacité d’agir collectivement. En favorisant l’éducation à la durabilité, les REL contribuent à former une génération de citoyens éclairés, prêts à relever les défis du changement climatique avec une approche critique, collaborative et innovante.

Citation

Teixeira, A., Bacelar-Nicolau, P., Caeiro, S., Dams, L. and van Dorp, K-j. (2012) ‘The challenge of widening citizen participation in climate change education: developing open educational resources on the lived experiences of climate change’, Int. J. Innovation and Sustainable Development, Vol. 6, No. 1, pp.66–77.


Pour en savoir plus sur l’éducation et la transformation écologique, n’hésitez pas à suivre Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, sur LinkedIn. Il partage régulièrement des articles, des réflexions et des ressources sur ces thématiques essentielles. Vous pouvez également visiter son blog où il publie des synthèses détaillées d’articles académiques.


5 outils essentiels pour la transition écologique de votre entreprise

La transition énergétique et écologique est devenue une priorité pour les entreprises soucieuses de leur impact environnemental. Bpifrance rappelle les 5 ressources incontournables pour réussir votre transition vers une entreprise plus durable et responsable grâce à ce guide de conseils pratiques et de stratégies exclusives.

Communication responsable : comment éviter les pièges du greenwashing ?

Bpifrance a conscience que la transition écologique d’une entreprise est un sujet dense et les actions à mener peuvent sembler complexes. C’est pourquoi elle a créé de nombreux contenus qualitatifs pour aider l’entreprise à mieux comprendre les opportunités qui s’offrent à elle et faire gagner un temps précieux à ses équipes.

Depuis 2021, plus de 2 000 entrepreneurs et cadres de fonctions RSE les ont utilisés comme un tremplin pour leur transition. Bpifrance en a sélectionné 5 afin de regrouper les contenus essentiels qui permettront d’engager et d’accélérer la transition énergétique et écologique de votre entreprise :

  • 1. Communiquer de manière responsable pour éviter les pièges du greenwashing
  • 2. 10 idées de chantier pour devenir une entreprise bas carbone
  • 3. Comment agir sur le coût et la consommation de votre entreprise
  • 4. L’outil Climatomètre pour faire un bilan carbone en 15 minutes
  • 5. Apprendre à financer votre Transition Écologique d’Entreprise (TEE)

Quel que soit votre niveau de maturité en matière de transition énergétique et écologique (TEE), vous trouverez forcément un outil qui vous sera pleinement utile.

Livre blanc  » 5 outils essentiels pour la transition écologique de votre entreprise « 

Le Laboratoire d’idées Bpifrance

La version Grand Public du rapport 2024 du Haut Conseil pour le Climat

Pour la sortie de la version Grand Public de son rapport annuel, le Haut conseil pour le climat (HCC) lance un rappel urgent : la France doit impérativement atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et intensifier ses efforts d’adaptation face aux impacts dévastateurs du changement climatique.

Diaporama version grand public du rapport annuel 2024

Malgré des progrès, la France risque de ne pas tenir son second budget carbone (2019-2023) en raison de la fragilisation des puits de carbone forestiers.

Le changement climatique frappe fort : 3 000 décès en 2022 liés aux canicules et 11 milliards d’euros de dégâts climatiques pour les seuls dégâts assurés.

Pierre-Henry Dodart
Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Le rapport 2024 du Haut Conseil pour le Climat (HCC) souligne des avancées mais aussi un retard dans les actions structurelles. Pour espérer atteindre la neutralité carbone, 60-70 milliards d’euros d’investissements annuels supplémentaires sont nécessaires d’ici 2030.

Les principales fragilités identifiées concernent :

  • 🌲 L’insuffisance des efforts pour restaurer les puits de carbone forestiers
  • 🚗 Une transition trop lente des mobilités et flottes d’entreprises
  • 🏘️ Un taux de rénovations performantes des bâtiments très faible
  • 🍽️ Un manque de politiques solides pour un système alimentaire bas carbone

Le HCC insiste sur le fait que les lois, décrets et plans nationaux doivent être adoptés de toute urgence pour garantir la visibilité et la cohérence de la transition.

Pierre-Henry Dodart
Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Le rapport souligne qu’une planification écologique est essentielle pour protéger les plus vulnérables et garantir une transition juste et résiliente.

Rapport annuel 2024 du HCC version grand public :
« Tenir le cap de la décarbonation, protéger la population« 

Le Haut conseil pour le climat présente la version grand public, accessible et synthétique de son rapport annuel « Tenir le cap de la décarbonation, protéger la population », publié en juin. La version grand public est tournée vers la jeunesse, mais également destinée à toute personne souhaitant s’informer sur l’action publique climatique en France.

En seize page illustrées, le rapport grand public présente de manière pédagogique les principaux points du rapport annuel 2024 :

  • Émissions de gaz à effet de serre,
  • Respect des budgets carbone,
  • Impacts du changement climatique sur la dernière décennie
  • Besoins d’adaptation
  • Évaluation du cadre d’action publique en France,
  • Leviers pour l’action climatique nationale et internationale,
  • Recommandations pour améliorer l’action publique en matière de climat.

Rapport annuel 2024 complet – « Tenir le cap de la décarbonation, protéger la population »

Le Haut conseil pour le climat (HCC) souhaite rappeler au nouveau Gouvernement, au Parlement et au Conseil économique, social et environnemental, l’importance cruciale d’atteindre la neutralité carbone de la France en 2050, avec une direction claire et stable qui donne de la visibilité aux acteurs économiques, et de protéger les ménages et les entreprises des impacts du changement climatique.

Malgré les résultats encourageants du rythme de baisse des émissions territoriales de gaz à effet de serre, les données actuelles indiquent que le second budget carbone de la France (période 2019-2023) ne sera pas tenu, notamment du fait de la forte diminution du puits de carbone des forêts gérées, fragilisé par le changement climatique.

La France et l’Europe sont durement touchées par le changement climatique. Il entraîne des évènements extrêmes plus fréquents et plus intenses – vagues de chaleur, sécheresses agricoles et feux de forêts, précipitations extrêmes et inondations – et des effets croissants de la montée du niveau de la mer sur les littoraux. En 2022, les canicules ont entraîné près de 3 000 décès en France et les aléas climatiques près de 11 milliards d’euros pour les seuls dommages assurés. Les moyens mis en œuvre pour l’adaptation demeurent insuffisants. Sans action climatique, les dommages s’aggraveront, réduiront le produit intérieur brut et auront des effets dramatiques pour les populations les plus exposées.

Le rapport annuel 2024 du HCC met en évidence des avancées significatives dans la gouvernance et la stratégie des politiques climatiques françaises. Lorsqu’elle est mise en place et suivie, la planification écologique constitue un facteur de cohérence et de prévisibilité pour tous les acteurs concernés.

L’atteinte de la neutralité carbone nécessite de consacrer des financements pluriannuels publics et privés estimés à 60-70 milliards d’euros d’investissements annuels supplémentaires d’ici à 2030 tout en arrêtant les subventions aux énergies fossiles. Les annulations récentes de crédits et le maintien de ces subventions nuisent à la confiance dans la transition climatique.

Le parlement n’a pas encore pu examiner les textes stratégiques qui encadrent l’action de la France : la nouvelle stratégie nationale bas carbone (SNBC), le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). L’adoption des lois, la publication des décrets, l’élaboration des documents de planification sont urgentes afin de donner à chaque acteur la visibilité nécessaire pour agir en cohérence avec la transition climatique.

Un renforcement des actions structurelles est indispensable, avec un cap clair pour la décennie 2030-2040, afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, et d’engager résolument l’adaptation.

Les principales fragilités de la trajectoire de la France relèvent :

  • de la visibilité insuffisante du déploiement à long terme des énergies renouvelables et des nouveaux programmes nucléaires,
  • de l’insuffisance des plans visant la reconstitution du puits de carbone forestier,
  • du manque de maîtrise de la demande en mobilité des personnes et des biens,
  • des retards dans le verdissement des flottes d’entreprise,
  • du faible taux de rénovations performantes des bâtiments,
  • et de politiques sectorielles ne permettant pas encore d’assurer la transition vers un système alimentaire bas carbone, résilient et juste.

De manière transversale, la transition juste et l’adaptation ne sont pas assez intégrées à l’action climatique, ce qui entraîne un risque d’aggravation des inégalités et hypothèque la poursuite de la transition climatique.

Les recommandations du HCC sont détaillées dans le rapport annuel 2024 « Tenir le cap de la décarbonation, protéger la population » ci-dessous :

Plantes : pourquoi les voir, sentir, toucher et écouter nous fait du bien ?

Des enfants plus concentrés à l’école, des malades qui récupèrent plus vite, des employés plus motivés. Selon des études menées par les chercheurs, il suffit de voir, sentir ou toucher une plante pour rendre la vie plus douce. Depuis plus de 20 ans, les scientifiques s’intéressent aux effets bénéfiques des plantes sur la santé humaine. La scientifique britannique Kathy Willis détaille les principales conclusions de ces recherches dans un ouvrage remarquable, publié en France par Seuil. Elle y explique pourquoi nous devrions faire entrer la nature dans notre quotidien.

Kathy Willis est auteure et professeure de biodiversité à l’Université d’Oxford

Kathy Willis, professeure à l’Université d’Oxford, a lu il y a une quinzaine d’années une étude qui a changé sa vision de notre rapport à la nature. Cette étude démontrait qu’à l’hôpital les patients qui venaient de subir une opération se remettaient trois fois plus rapidement quand les fenêtres de leur chambre donnaient sur des arbres et non des murs. Depuis, les recherches de Kathy Willis tendent à prouver ce lien entre notre fréquentation des espaces verts et la qualité de notre santé, notre humeur et notre longévité.

Du vert à l’horizon car c’est important, ce qu’on voit

Dans son ouvrage Naturel publié aux éditions Seuil, la chercheuse expose ces découvertes scientifiques. Elles démontrent toutes qu’en cas de stress, le simple fait de regarder un paysage de nature, même sur un ordinateur, nous nous calmons. L’auteure cite une étude menée par une équipe de scientifiques de l’Université de Chiba au Japon. Les chercheurs ont demandé à des étudiantes de regarder deux photos pendant quatre-vingt-dix secondes chacune, l’une de forêt et l’autre de tours de bureaux. « Les résultats ont été limpides » note Kathy Willis. « L’activité du cerveau a laissé apparaître un calme physiologique dans les réponses des étudiantes au questionnaire, qui, quand elles regardaient la photo de nature, signalaient des perceptions plus fortes de « confort », de « détente » et de « naturel ». » Il semblerait que regarder des photos de nature déclenche dans notre corps des réactions nous amenant à être plus plus calme et moins anxieux.

Kathy Willis cite aussi le travail des équipes de Roger Ulrich, éminent psychologue environnementaliste. Dans les années 1990, ils ont proposé une Théorie de Réduction du Stress, la SRT. Ils soutenaient que, confronté à la nature, nous avons deux réactions prédéterminées. Tout d’abord, comme nous préférons les images de nature, d’instinct nous leur prêtons plus d’attention. Ensuite, ce faisant, cela nous emmène vers un « état émotionnel plus positif ».

Ces deux facteurs liés entraînent dans notre corps le déclenchement automatique de réactions physiologiques qui nous amènent à récupérer plus vite du stress occasionné. A l’inverse, les chercheurs soutenaient qu’il ne se passe pas la même chose quand nous regardons un environnement urbain – cela peut au contraire entraver la récupération, en particulier après des événements stressants.

De nombreuses études ont depuis démontré son exactitude : quand nous regardons un environnement naturel, les indicateurs physiologiques de stress dans le corps montre un taux de récupération supérieur. Mais regarder des images de nature améliorent aussi nos capacités associées à certaines tâches – ce que l’on appelle les fonctions cognitives. Kathy Willis se réfère notamment à une étude menée en 2015 par une équipe de scientifiques dirigée par Payam Dadvand, un chercheur de l’Institut de santé mondiale de Barcelone.

Dadvand a voulu savoir s’il y avait une différence dans le développement cognitif d’enfants d’école primaire s’ils voyaient des scènes de nature. Il a mené une expérience pendant toute une année scolaire avec 2593 élèves de primaire venant de 36 établissements, avec un âge moyen de 8 ans. L’expérience a démontré que, indépendamment des facteurs socio-économiques ou du contexte familial, plus les enfants disposaient d’espaces verts dans leur vie quotidienne, plus ils progressaient, mois après mois, en matière de mémoire de travail et d’attention.

La sensibilité à la nature : Levier de transformation écologique et sociale

Un décryptage par Paul Klotz – Expert associé à La Fabrique Écologique et à la Fondation Jean Jaurès

Les bienfaits des mains dans la terre et la puissance des odeurs

Dans le paragraphe « Sens cachés », Kathy Willis détaille les bienfaits du microbiote environnemental sur notre santé. Septique sur le sujet, le regard de la scientifique a changé lorsqu’elle est tombée sur une étude démontrant que des enfants qui jouent dans la terre augmentent considérablement leur microbiote intestinal.

Ces enfants étaient divisés en trois groupes. L’un jouait dans un bac à sable dont le sol provenait de la forêt, le deuxième, sur un tapis et le troisième sur du béton. Les scientifiques ont étudié le sang et les bactéries de la peau et de l’intestin des enfants avant et après une période de 28 jours. Ils ont constaté que ceux qui jouaient sur le sol issu de la forêt avaient développé une flore très diversifiée, tant au niveau de l’intestin que de la peau. De plus, leur sang contenait un taux élevé de « cellules tueuses », qui réduisent l’inflammation.

On apprend plus loin qu’un rapport estime que le marché des plantes artificielles, celles fabriquées en polyester et plastique, dépasserait les 780 millions de dollars d’ici 2028. Elles fleurissent dans de nombreux rayons de magasin de décoration. Kathy Willis fait référence à des études qui démontrent que ces plantes synthétiques n’offrent ni la même diminution de stress ni la même amélioration de l’humeur que les vraies.

On découvre plus loin aussi l’importance de l’odeur des plantes sur notre santé. L’étude, menée par le professeur Tsung-Ming Tsa et ses collègues de la Recherche expérimentale sur les forêts de l’Université nationale de Taïwan, s’est penchée sur les bénéfices sanitaires associés à l’inhalation de l’odeur issue du cèdre japonais. Kathy Willis détaille le processus. Mais les auteurs de cette étude ont tiré la conclusion préliminaire que la réaction immunitaire de gens atteints de facteurs de risques cardiovasculaires particuliers pourrait s’améliorer en vivant dans des endroits proches d’environnement forestier diffusant ces composés organiques volatiles. Plus loin, on apprend encore comment l’odeur de rose rend les conducteurs automobiles plus prudents.

Reconnue dans le monde entier pour son travail sur la biodiversité végétale, Kathy Willis apporte dans ce livre de nombreux exemples sur la façon dont la nature peut améliorer notre vie. Il résume l’état actuel des recherches scientifiques, qui sont inconnues du grand public car peu ou pas connues des scientifiques eux-mêmes.

C’est bien l’intérêt de ce livre qui apporte un regard scientifique étayé à ce que nous savions déjà. Alors oui, plus on jardine, mieux on se porte. Kathy Willis considère que l’accès à la nature doit être au cœur de toute politique sociale autant que dans toute politique de santé.

Désormais, la question est de savoir comment l’implémenter. « Dans les villes, il faut prédéterminer les zones de nature fondamentales pour la santé et non pas, comme cela arrive trop souvent, les rajouter après coup ou même pas du tout » suggère Kathy Willis. « La prescription de nature est source de richesse. Utiliser la nature pour diminuer la douleur, pour restaurer et renforcer nos capacités en matière de santé, voilà qui, potentiellement, peut nous faire économiser des milliards sur les budgets mondiaux de la santé, même si seule une infime partie des estimations faites jusqu’à présent sur ce sujet se révèlent exacts. »

« Pourtant, devoir évaluer ainsi le prix de la nature, voilà une chose qui me met à l’aise. » poursuit Kathy Willis. « Parce que la nature, c’est bien davantage qu’une simple chose simplement utiles pour notre santé. La nature n’a rien d’un produit superflu. La nature est parte intégrante de notre vie et nous fournit de multiples services écosystémiques, connus et inconnus. Sans une nature bien diversifiée autour de nous, nous ne pouvons pas survivre. »

Alors que 70% de la population vivra en 2070 dans un environnement urbanisé, « il n’est plus temps de considérer la nature comme quelque chose d’agréables à avoir tout en bas de la liste des priorités, nous devons considérer la nature comme essentielle ».

Naturel, pourquoi voir, sentir, toucher et écouter les plantes nous fait du bien de Kathy Willis – Traduit par Laurence Kiefé – 320 pages – Editions Seuil

« La nature est une infrastructure qui soutient le bien-être de l’Humanité »

https://www.liberation.fr

Pour aller plus loin : « Plus un lieu de vie est végétal, moins ses habitants sont déprimés » : Entretien avec Kathy Willis par Usbek & Rica

Éviter le pire et inventer le meilleur pour notre futur ?

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Alors que les catastrophes liées au dérèglement climatique, mais aussi les conflits intra et inter-étatiques se multiplient partout dans le monde, l’ONU cherche à mobiliser la communauté internationale pour préparer l’avenir dans une perspective durable. Dans ce contexte extrêmement troublé, que peut-on attendre du Sommet de l’avenir et des prochains grands rendez-vous internationaux ? Une note du Comité 21 vient éclairer une situation internationale délicate pour éviter le pire et inventer le meilleur pour notre futur

Le dimanche 22 septembre 2024 s’est ouvert le Sommet de l’avenir de l’ONU, qui a débuté par l’adoption du Pacte pour l’avenir. S’ouvre ensuite la semaine de haut niveau de la 79ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU, avec comme thématique de débat général :

« Ne laisser personne de côté : agir ensemble pour promouvoir la paix, le développement durable et la dignité humaine pour les générations présentes et futures ».

Le bassin méditerranéen connait des températures de l’eau très supérieures à la normale. Depuis les années 1980, ces vagues de chaleur sous-marines ont doublé et leur intensité a augmenté, ce qui est catastrophique pour la flore et la faune sous-marine.

La session prévoit une journée consacrée à l’élévation du niveau de la mer, préfigurant le prochain Sommet de Nice, une réunion de haut niveau sur la résistance aux agents antimicrobiens, et enfin une dernière réunion plénière de haut niveau consacrée à la célébration et à la promotion de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.


Les dirigeants mondiaux se sont réunis au siège de l’ONU à New York à l’occasion du Sommet de l’avenir, qui vise à repenser le système multilatéral pour répondre aux défis globaux. Le point culminant de cette rencontre a été l’adoption unanime du Pacte pour l’avenir, accompagné de deux annexes clés : le Pacte numérique mondial et la Déclaration sur les générations futures.

Les grands engagements du Pacte pour l’avenir

En adoptant ce nouveau cadre, les États membres se sont engagés sur plusieurs fronts :

  • Donner un nouvel élan aux Objectifs de développement durable (ODD) et à l’Accord de Paris sur le climat, deux accords historiques de 2015 qui ont connu des progrès hésitants et des échéances ratées.
  • Mener la transition vers une économie plus juste et plus équitable en abandonnant les combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques et accélérer les actions au cours de cette décennie pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
  • Écouter les jeunes et les inclure dans la prise de décision, aux niveaux national et mondial.
  • Établir des partenariats plus solides avec la société civile, le secteur privé, les autorités locales et régionales, etc.
  • Redoubler d’efforts pour construire et maintenir des sociétés pacifiques, inclusives et justes et s’attaquer aux causes profondes des conflits.
  • Protéger tous les civils dans les conflits armés.
  • Accélérer la mise en œuvre des engagements sur les femmes, la paix et la sécurité
Le monde est à la croisée des chemins

« Le Pacte pour l’avenir ne se contente pas de répondre aux crises actuelles mais pose les bases d’un nouvel ordre pacifique pour tous les pays. Il renforcera les Objectifs de développement durable (ODD) et aidera à développer des sociétés plus inclusives et plus justes. »

Philémon Yang, Président de la 79e Assemblée générale de l’ONU

Le Pacte numérique mondial : une gouvernance éthique de la technologie

Le Pacte numérique mondial, annexé au Pacte pour l’avenir, constitue le premier accord international majeur sur la régulation de l’intelligence artificielle (IA). Il appelle à une utilisation éthique et équitable de la technologie, en garantissant que l’IA bénéficie à l’ensemble de l’humanité, et non à une poignée de nations ou d’acteurs privés. L’accord promeut des collaborations pour renforcer les capacités des pays en développement en matière de technologie. Il prévoit également la création d’un groupe scientifique mondial sur l’IA, indépendant et impartial, afin de superviser les avancées et les risques liés à cette technologie.

La Déclaration sur les générations futures : un engagement à long terme

La Déclaration sur les générations futures, la deuxième annexe du Pacte, s’inscrit dans la continuité de l’esprit fondateur de l’ONU. Elle exhorte les gouvernements à prendre en compte les impacts à long terme de leurs décisions sur les générations futures, rappelant l’objectif de la Charte des Nations Unies de protéger les générations à venir des atrocités de la guerre.

Le Sommet de l’avenir a marqué un moment clé pour la communauté internationale, mais comme l’a souligné António Guterres, « ce qui détermine notre succès – ou échec – n’est pas l’adoption d’accords, mais bien nos actions et leur impact ».

« Le Pacte pour l’avenir, le Pacte numérique mondial et la Déclaration sur les générations futures ouvrent la voie à de nouvelles possibilités et opportunités. Ces trois accords historiques marquent un tournant vers un multilatéralisme plus efficace, plus inclusif et fonctionnant plus en réseaux. »

Antonio Gutteres, Secrétaire général de l’ONU

Le segment international qui s’achève ainsi, débuté avec le Forum politique de haut niveau en juillet dernier doit paver la voie vers un avenir meilleur, en mobilisant la communauté internationale pour la préservation du climat, la défense de la paix et le développement durable, au profit des générations futures. Mais dans un contexte planétaire marqué par une explosion des événements climatiques catastrophiques et une multiplication des conflits, inventer un meilleur futur n’est pas tâche aisée.

La présente note fait le point sur cette situation exceptionnellement compliquée et sur les travaux qui ont mené à l’adoption du « Pacte pour l’avenir », qui doit tracer un chemin vers un futur souhaitable pour toutes et tous.

SOMMET DE L’AVENIR ET AG DE L’ONU :
Éviter le pire et inventer le meilleur pour notre futur ?

Le Pacte pour l’avenir

Territoires et transitions : enjeux démographiques, économiques et environnementaux

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Cahier n°1 – Territoires et transitions : enjeux démographiques

L’étude des évolutions démographiques en France, replacées dans une perspective historique, apporte un éclairage sur les dynamiques territoriales passées et présentes. Si le vieillissement et la périurbanisation figurent parmi les tendances les plus connues des phénomènes démographiques récents en France, les situations dans les territoires sont quant à elles très hétérogènes.

Ce premier cahier du 9e rapport de l’Observatoire des territoires (2021-2022) « Territoires et transitions » analyse les dynamiques démographiques dans le temps long à différentes échelles géographiques, éclairant les transitions à l’œuvre et les trajectoires diverses des territoires.

Illustré de cartes et de graphiques, il vise à apporter un éclairage aux acteurs publics sur les enjeux démographiques passés, actuels et à venir des territoires.

Cahier n°2 – Territoires et transitions : enjeux économiques

Le rapport de l’Observatoire des territoires de 2016 sur l’emploi et les territoires montrait une forte différenciation spatiale de l’emploi en France et une interdépendance croissante entre marchés locaux du travail.

Le présent cahier met en évidence les transitions économiques déjà opérées, souligne les dynamiques économiques différenciées à l’œuvre et interroge les enjeux territoriaux pour les transitions à venir. Différentes méthodes et outils d’analyses spatiales sont présentés.

Cahier n°3 – Territoires et transitions : enjeux environnementaux

Après les transitions démographiques et économiques, cette publication vise à offrir une perspective territorialisée, en examinant les problématiques environnementales déterminantes à différentes échelles, de l’intercommunalité à l’échelle nationale :

  • Axe 1 : État des lieux des défis dans des domaines clés tels que l’eau, l’énergie, la biodiversité et la gestion des déchets.
  • Axe 2 : Mise en œuvre de politiques publiques écologiques à différentes échelles territoriales et outils de suivi et d’observation.
  • Axe 3 : Impacts différenciés selon les territoires, en termes de sobriété foncière et de risques (exposition des populations aux pollutions, catastrophes naturelles, …).
  • Axe 4 : Impact sur l’emploi et transformation économique des transitions environnementales.

Guide d’accompagnement des territoires dans la mise en œuvre de leur politique de décarbonation

Ce guide a été réalisé dans le cadre de l’étude « impacts territoriaux des scénarios prospectifs de neutralité carbone de l’ADEME et de RTE », pilotée et coordonnée par l’ADEME et l’ANCT. Produit par le consortium Energies Demain, Enerdata, Ceresco et InNumeri, il vise notamment à :

  • Identifier les grands enjeux de décarbonation propres à chaque territoire
  • Prioriser les leviers de décarbonation selon les thématiques et les caractéristiques de chaque territoire
  • Guider vers des retours d’expérience et/ou ressources complémentaires pour mettre en œuvre des actions déjà envisagées

Les thématiques étudiées

Les secteurs suivants ont été analysés : bâtiments résidentiels et tertiaires, transport de personnes, transport de marchandises, industrie, agriculture, production d’énergie et nouvelles organisations du travail.

Pour chaque secteur abordé, le guide détaille :

  • Les principaux axes de décarbonation
  • L’impact carbone global de chaque axe de décarbonation identifié
  • L’impact carbone de chaque axe de décarbonation selon le profil des territoires (urbain/rural, …). Les typologies territoriales retenues sont différentes pour chaque secteur.

A noter que tous les indicateurs produits se basent sur les scénarios S2 et S3 de l’étude de l’ADEME « Futurs énergétiques 2050 ».

Le régénéra-quoi ? C’est quoi concrètement le régénératif ?

C’est quoi concrètement le régénératif ? Quel intérêt pour les entreprises et les territoires ? Comment s’orienter vers de tels modèles économiques ? Autant de questions auxquelles répond LUMIÅ, centre de recherche et de formation dédié à l’entreprise régénérative, dans cette mini-série estivale de 7 épisodes sur Linkedin “Le régénéra-quoi”, issue de contenus co-créés avec @les Nouveaux Géants, afin de rendre accessible les concepts de l’économie régénérative, au plus grand nombre.

LUMIÅ explore des concepts, méthodes et outils au service de la stratégie régénérative des organisations et des territoires, tout en accompagnant les dirigeant·e·s vers des modèles économiques et un leadership régénératifs. Si l’on veut que nos entreprises prennent soin de notre planète, du vivant et de nos sociétés, il est essentiel que leur modèle économique soit aligné avec ces objectifs. D’où cette série LUMIÅ avec @les Nouveaux Géants en 7 épisodes pour rendre accessible les concepts de l’économie régénérative, au plus grand nombre

Cette mini-série vous en dira plus sur :

  • 💡 Les modèles économiques
  • 📈 Les modèles économiques actuels et leurs limites
  • 🌿 Régénérer le vivant
  • 🤲🏻 Les bases d’un modèle régénératif : la soutenabilité forte
  • 📝 Comment s’y prendre ? Les 11 principes de l’entreprise régénérative
  • ⛵️ S’orienter vers les modèles éco régénératifs

2 – Le modèle économique

Le modèle économique, c’est l’architecture de valeur d’une entreprise. Plus spécifiquement, c’est l’architecture de la création, production, distribution, monétisation et répartition de la valeur. Ce n’est donc pas simplement la manière dont on monétise une offre. C’est bien plus large que ça !

Le modèle économique, c’est quoi ?

Concrètement :

  • La création de la valeur : c’est la valeur que vous créez à travers votre offre. Celle-ci doit être conçue pour apporter des bénéfices à vos clients ou aider à résoudre des problèmes particuliers
  • La production de la valeur : c’est la manière dont vous produisez vos offres. Pour ça, vous devez mobiliser les bonnes ressources, les allouer aux activités à mener et organiser le travail de chacun
  • La distribution de la valeur : une fois que votre offre est prête, vous devez la rendre physiquement disponible pour vos clients en organisant vos canaux de distribution et d’interactions ainsi que vos espaces de prestations
  • L’appropriation de la valeur : ⚠️ important, vous devez veiller à ce que la valeur ajoutée de votre offre soit correctement perçue et comprise par vos clients
  • La monétisation de la valeur : il vous faut aussi définir votre mode de contractualisation et ce que vous allez facturer aux clients. Objectif : construire votre chiffre d’affaires
  • La répartition de la valeur : pour finir, il vous reste à distribuer la valeur monétaire générée à vos parties prenantes internes et/ou externes

3 – Les limites des modèles économiques

La grande majorité des modèles économiques adoptent une configuration classique qui se veut volumique, couplée et inscrite dans un système à visée de croissance. Ça veut dire quoi tout ça ? 🧐

Une logique volumique, c’est l’injonction faite à l’entreprise de devoir vendre toujours plus d’unités de quelque chose pour se développer, s’inscrivant dans un système de croissance. Cela renvoie à des limites difficilement dépassables sur le plan environnemental notamment. En effet, cette croissance en volume est étroitement couplée à la consommation de ressources et d’énergie.

Or, pour que la croissance dite verte tienne ses promesses, il faudrait que ce découplage soit absolu et non relatif. Cela signifie que quand le chiffre d’affaires augmente, il faudrait que la consommation de ressources et d’énergie baisse en absolu. Or, on constate que lorsque le chiffre d’affaires croît, la consommation va certes, réduire en intensité, mais va continuer à augmenter en absolu. Ainsi, pour être efficace, ce découplage devrait être total et non partiel sur l’ensemble des ressources et facteurs d’impact, de portée globale et non locale, permanent et non temporaire.

🌏 Nous dépassons désormais largement les « limites planétaires », seuils de sécurité des principaux processus régulateurs du « système » Terre.

Ce qui a déjà des conséquences dramatiques tant pour les populations humaines que pour les écosystèmes naturels dont elles dépendent. En effet, d’après le Stockholm Resilience Center, nous avons déjà dépassé 6 des 9 limites planétaires à l’échelle mondiale, notamment celles du changement climatique, des nouvelles pollutions chimiques, de l’intégrité de la biosphère, du changement d’usage des sols, du cycle de l’eau douce et des perturbations des cycles biogéochimiques.

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) visant à réduire les impacts négatifs des activités humaines n’est aujourd’hui plus à la hauteur des enjeux. Il est donc nécessaire de revoir la notion de soutenabilité dans les modèles économiques.

4 – La régénération

🌏 Un écosystème est un ensemble formé par une communauté d’êtres vivants en interaction avec leur environnement. L’ensemble de ces êtres vivants forme la biocénose, et leur milieu est appelé biotope. L’écosystème donc, c’est le vivant en interaction avec son milieu.

🐝 Le terme biodiversité vient du grec bio qui signifie “vie” et du latin diversus qui signifie “variété”. C’est donc la diversité de la vie qui se décline sous trois formes : la diversité spécifique (des espèces), génétique (des gènes, intra-espèces) et écologique (des écosystèmes). La biodiversité correspond donc à ces trois niveaux d’organisation de la vie et les relations qui existent entre eux.

Et la régénération dans tout ça ?

🌱 La régénération c’est la faculté d’un organisme à se reconstituer après une destruction partielle.

Un exemple ? Si vous vous coupez au niveau de la main, ton organisme a la faculté de cicatriser cette blessure (si elle n’est pas trop importante, bien sûr). Certains organismes ont d’autres capacités, comme un arbre qui même très altéré peut encore avoir la capacité de se régénérer.

Cependant, tout ce qui est matériau inerte, produit par l’Homme, ne dispose pas de cette capacité de régénération mais potentiellement de restauration. Un objet qui est cassé ne peut pas se réparer de lui-même. L’inerte ne se régénère pas, il se restaure. La régénération va tenter de redonner aux écosystèmes le moyen de développer leur plein potentiel en fournissant les conditions idéales pour cela.

🤲🏻 Et la régénération socio-écologique alors ? Elle est comprise comme la génération d’impacts positifs nets sur les écosystèmes et la société. Son but : mettre la vie et le vivant au centre de chacune de nos actions et décisions. Elle vise à soutenir et dynamiser la vie humaine et non humaine et à améliorer les capacités de ces systèmes socio-écologiques à fournir des services écosystémiques.

La régénération concerne aussi l’humain avec son besoin physiologique de naturela biophilie. Aussi, il est possible de se régénérer sur un plan social en mettant en place les conditions permettant à l’humain d’exprimer son plein potentiel, et de l’émanciper en passant notamment par l’éducation, l’égalité, ou encore l’équité sociale…

5 – La soutenabilité forte

La soutenabilité, c’est un développement durable qui répond aux besoins des générations présentes (en particulier des plus démunis) sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.

Le développement durable, on est plutôt familier avec ce concept … Cependant, il existe deux visions de la soutenabilité dont on parle moins : l’une faible et l’autre forte.

🔴 La vision faible de la soutenabilité n’impose pas de hiérarchie entre les trois capitaux (écologique, social et économique) ce qui implique qu’il est possible de substituer un capital à l’autre (le capital économique l’emportant souvent sur le reste dans de nombreuses entreprises et marchés).

🟢 À l’inverse, la vision forte de la soutenabilité priorise les capitaux. L’environnement prévaut sur le social qui prévaut sur l’économie.

Et le lien avec le régénératif dans tout ça ? Eh bien, l’économie régénérative considère que réduire notre impact négatif sur l’environnement est nécessaire mais pas suffisant. Elle cherche donc à générer des impacts positifs nets, en s’appuyant sur la restauration et la régénération, répondant ainsi à une vision forte de la soutenabilité.

L’économie régénérative vise ainsi à engager la société vers un espace sûr et juste en s’appuyant sur le vivant. Comment ? En créant des liens avec le vivant pour chacune des composantes du modèle économique. Ce mouvement n’étant possible qu’avec une raison d’être alignée et une gouvernance en accord avec cette connexion au vivant et les principes sous-jacents de l’entreprise régénérative.

6 – Une entreprise régénérative ?

Une entreprise sans impact négatif sur les écosystèmes, c’est possible ? 🌏

Guayaki est une entreprise américaine qui produit et commercialise des boissons à base de Yerba Maté, une plante sud-américaine. Afin de lutter contre la déforestation générée par l’agriculture intensive, l’entreprise a souhaité développer un modèle économique d’un genre nouveau en participant à la restauration de la forêt atlantique et offrant aux populations locales un revenu décent compatible avec la protection de la forêt. En favorisant la pratique d’une agriculture ancestrale et respectueuse de son environnement, la démarche de Guayaki résonne avec l’un des 11 principes du régénératif, à savoir : renforcer les services écosystémiques de soutien et de régulation, avec un impact net positif.
Les modèles économiques classiques et leurs impacts


Les modèles économiques actuels ont souvent pour objectif de vendre toujours plus pour se développer, dans une course à la croissance infinie. Or, dans la nature, le développement des organismes est limité. Afin d’éviter la surexploitation des écosystèmes, il nous faut aller vers une autolimitation en cherchant un équilibre entre performance et robustesse.

La régénération socio-écologique consiste à mettre la vie et le vivant au centre de chaque action et décision. Cherchant à générer des impacts positifs nets sur les écosystèmes et la société, l’entreprise à visée régénérative se décline en 11 principes développés par LUMIÅ. Les quatre premiers principes étant primordiaux :

  • 📈 Créer une valeur étendue positive nette pour ses parties prenantes, les écosystèmes et la société.
  • 🌏 Adopter une vision systémique.
  • ⚖️ Être capable de se limiter.
  • 💪🏻 Renforcer les services écosystémiques de soutien et de régulation.

LUMIÅ donne accès gratuitement à son étude sur l’entreprise à visée régénérative, qui reprend en détails les 11 principes du régénératif.

7 – Le chemin du régénératif

Pour orienter son modèle économique vers le régénératif, il faut tout d’abord se poser une question : quelle est la proximité de mes activités avec le vivant ?

Il est légitime de distinguer les activités proches du vivant telles que l’agriculture, la viticulture … des autres activités, plus distantes du vivant. Parce que les actions à mettre en œuvre seront différentes. Et aussi parce que si les premières activités peuvent devenir régénératives, les secondes ne le peuvent pas forcément. Elles devront alors mener des coopérations pour s’inscrire dans un écosystème qui, lui, pourra l’être. Ainsi, selon la distance de vos activités au vivant (non humain), les points d’entrée vers le régénératif ne sont pas les mêmes :

🌏 Pour les entreprises opérant leurs activités en lien étroit avec le vivant (non humain) :

  • Modifier les pratiques de production.

    📝 Pour les entreprises n’opérant pas leurs activités en lien étroit avec le vivant (non humain) :
  • Se reconnecter au vivant via les infrastructures et les processus.
  • S’orienter vers le sourcing régénératif (biotechnologies, biomimétisme, etc.)
  • S’inscrire dans un écosystème régénératif. Soutenir les pratiques / usages régénératifs des clients, fournisseurs et autres parties prenantes.
  • Investir et/ou financer des projets régénératifs en lien avec son modèle économique.

    Parmi ces portes d’entrée, vous trouverez les clés qui permettront à votre entreprise de s’appuyer sur le vivant afin d’amorcer sa trajectoire vers un espace sûr et juste.

Alors, maintenant que vous avez toutes ces informations en votre possession, prêt·e·s à orienter votre entreprise vers la régénération afin de lui permettre d’avoir un impact positif net sur l’environnement et la société ?

« Faire du paradigme régénératif une réalité atteignable pour les entreprises et les territoires »