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L’affichage du coût environnemental des vêtements commence à partir du 1er octobre 2025 !

Les textes (décret et arrêté) qui encadrent l’affichage volontaire du coût environnemental des vêtements sont publiés au journal officiel le 9 septembre 2025. Ce dispositif a bénéficié de l’expertise de l’ADEME et d’une large implication des acteurs du secteur textile. Les marques peuvent désormais commencer à l’appliquer de manière volontaire : déploiement prévu dès le 1er octobre 2025.

Le coût environnemental : un visuel simple et lisible pour éclairer le consommateur et encourager l’éco-conception

Le coût environnemental traduit l’ensemble des impacts générés par un vêtement de sa production à sa fin de vie. Il couvre l’impact carbone, la consommation d’eau, de produits phytosanitaires, de ressources fossiles ou encore les émissions de microfibres. Il est exprimé en « points d’impacts » : plus le coût environnemental d’un vêtement est élevé, plus il coûte « cher » à la planète.

La méthode de calcul s’appuie sur la méthode PEF (Product Environmental Footprint) élaborée par la Commission européenne. La méthodologie française la complète afin de couvrir l’ensemble des enjeux environnementaux comme l’émission de microfibres, les problématiques liées à l’export de vêtements usagés hors Europe ou encore la durabilité des vêtements.

L’Affichage Environnemental : le décret est publié !

Lien vers le décret

Dates clés sur l’affichage environnemental français

  • Octobre 2019 – Convention citoyenne pour le climat : Proposition des citoyens d’un affichage environnemental
  • Août 2021 – Promulgation de la loi Climat et Résilience : création d’un score environnemental des produits et mise en place d’un affichage environnemental sur les vêtements
  • Novembre 2021 – Expérimentations de l’affichage environnemental sur les vêtements, dans le cadre de l’appel à projets Xtex de l’Ademe. Clear Fashion y participe activement et devient le 1er contributeur aux travaux de l’affichage environnemental
  • 15 mai 2025 : la Commission européenne valide le projet d’affichage environnemental textile français. Le texte doit être maintenant examiné par le Conseil d’Etat
  • Septembre 2025 – Publication du décret du “coût environnemental” et début de la communication volontaire des marques ! Le calcul et la publication de l’affichage environnemental pourront être réalisés par un tiers, via le portail de déclaration Ecobalyse du gouvernement.

Un portail pour déclarer les informations affichées

Chaque marque qui décidera d’afficher le coût environnemental de ses vêtements devra déclarer ces informations sur le portail Ecobalyse dédié :

https://ecobalyse.beta.gouv.fr/

Les conditions sont réunies pour un déploiement à grande échelle dès le 1er octobre 2025. Grandes enseignes et petites marques éco-responsables se préparent déjà, avec le soutien d’un écosystème d’experts en données environnementales.

Exemple de fiche produit ou étiquette avec affichage du Fashion Score

Tous les liens pour en savoir plus

Que définit le décret d’affichage environnemental français ?

La méthodologie de calcul et d’affichage environnemental français est basée sur une ACV (Analyse de Cycle de Vie) corrigée et enrichie, pour répondre aux enjeux environnementaux spécifiques au textile. Elle mobilise des paramètres variés tels que la masse du vêtement, les matières utilisées, le lieu de confection ou encore le transport par avion, ainsi que des éléments comme les pratiques de la marque (largeur de gamme, incitation à la réparation). Cette méthodologie n’intègre pas les enjeux sociaux, sanitaires, et liés au bien-être animaux – compléments d’analyse nécessaires, apportés par Clear Fashion.

Pour un consommateur, l’affichage environnemental répond à la question “Quel impact a mon produit ?”, alors que le Fashion Score répond à “Est-ce que mon produit a été produit de manière vertueuse pour l’environnement ?”

L’affichage est volontaire pour le moment. Cependant, ces années d’expérimentation ont vocation à déployer l’affichage environnemental obligatoire massivement dès 2026, notamment avec des processus d’incitation pour les marques.

Pour une marque se mettant en conformité, la mise en place de l’affichage environnemental implique la récolte de données via ses fournisseurs, l’analyse Ecobalyse, avec dépôt sur la plateforme étatique, puis la communication vers le consommateur.

L’affichage environnemental est une réelle opportunité de communication sans greenwashing, pour faire évoluer les modes de production et de consommation.

Découvrez les caractéristiques et avantages du permis BVA !

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Vous avez l’intention d’apprendre prochainement à conduire une voiture ? Savez-vous que le permis B n’est pas la seule option qui s’offre à vous ? Il existe, en effet, une seconde alternative nommée permis BVA. Méconnue du grand public, elle séduit pourtant chaque année un nombre toujours plus important d’apprentis conducteurs.

De quoi s’agit-il ?

Voici encore quelques années, il n’existait qu’un seul permis autorisant à s’installer au volant d’un véhicule de moins de 3,5 tonnes (permis B). Cependant, la modernisation de nos voitures a simplifié leur conduite. Certaines sont même dotées d’un système capable de passer les vitesses à votre place. C’est pour tenir compte de cette évolution que le législateur a modifié les règles en vigueur. Il a ainsi introduit un nouveau permis, le BVA pour boîte de vitesses automatique, qu’il destine uniquement aux pilotes de voitures dotées d’une telle transmission. Vous souhaitez des précisions supplémentaires ? Retrouvez plus d’info sur envoituresimone.com !

Une formation spécifique et évolutive

La formation au permis BVA présente quelques différences avec celle du permis voiture habituel. Si toutes deux respectent un processus similaire (inscription, examen théorique du code de la route, leçons de conduite et examen final avec un inspecteur évidemment sur une voiture disposant d’une boîte de vitesses automatisée), la première exige la validation de seulement treize heures d’apprentissage, dont au moins dix effectuées en conduite. Pour rappel, concernant le permis B, le minimum légal est fixé à vingt heures. Notez également qu’il est parfaitement envisageable de convertir votre permis BVA en permis B, à condition d’effectuer cette démarche rapidement. Vous disposez, en effet, de trois mois maximum pour suivre une formation complémentaire d’une durée de sept heures. À son issue, une attestation vous sera délivrée, autorisant la conduite des deux types de véhicules.

Quels en sont les principaux avantages ?

Les candidats au permis de conduire ont souvent deux préoccupations majeures auxquelles répond parfaitement le permis BVA. La plupart d’entre eux cherchent en priorité à réduire la durée de formation et à faire des économies.

Un apprentissage plus facile

La conduite d’une voiture équipée d’une boîte automatique est plus simple. Les fréquents changements de rapport, surtout en ville, exigent une concentration constante du conducteur, entraînant une apparition plus rapide de la fatigue. Il risque également de caler au moment de faire avancer la voiture. Avec une gestion robotisée des vitesses, ces problèmes disparaissent, raccourcissant alors logiquement la durée de l’apprentissage à la conduite.

Un coût avantageux

Vous aurez certainement déjà compris qu’un nombre réduit d’heures avec le moniteur affecte positivement le coût de la formation. Même si les prix demeurent variables d’un professionnel à l’autre, comptez une moyenne comprise entre 1 300 et 1 500 € pour obtenir le permis B. L’apprentissage en boîte automatique excède rarement, lui, les 1 000 € (moyenne autour de 920 €).

L’évolution du marché automobile

Depuis quelques années, les constructeurs proposent de plus en plus de véhicules équipés d’une boite intelligente. En 2021, les voitures automatiques représentaient officiellement plus de la moitié (54 %) des immatriculations effectuées sur le territoire français. Si, par le passé, l’intérêt du permis BVA était sûrement plus discutable, celui-ci devient aujourd’hui une option véritablement pertinente.

Et si l’urgence écologique d’investir dans l’action climatique servait aussi la croissance et le développement ?

Intitulé Investir dans le climat pour la croissance et le développement – Renforcer les contributions déterminées au niveau national (CDN), ce rapport de l’OCDE et du PNUD montre, données factuelles à l’appui, que la poursuite et le renforcement de l’action climatique constituent non seulement un impératif écologique, mais aussi un investissement stratégique dans la stabilité économique et la prospérité à long terme, qui procure toute une série d’avantages en termes de développement. Il décrit également comment procéder pour concrétiser les CDN au travers d’approches intégrées qui réunissent les stratégies pour le climat et le développement et créent les conditions de la mobilisation d’investissements en faveur de l’action climatique.

Les gouvernements du monde entier se trouvent à un moment décisif de l’action collective engagée contre le dérèglement climatique, sur fond d’incertitude mondiale, de vents contraires à la croissance et de tensions budgétaires. Malgré les progrès obtenus ces dix dernières années dans la lutte mondiale contre le changement climatique, les émissions planétaires de gaz à effet de serre ont atteint un nouveau record en 2024. L’urgence est donc claire : les états, dont la France, doivent absolument redoubler d’efforts.

Il est établi que l’accélération de l’action climatique peut constituer un puissant levier de croissance en libérant un large éventail d’occasions à saisir et de dividendes du développement à recueillir.

Fruit des efforts conjoints de l’OCDE et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le rapport « Investir dans le climat pour la croissance et le développement : En faveur de CDN renforcées » vient enrichir le socle des connaissances dans ce domaine crucial. Il démontre que des politiques climatiques plus ambitieuses sont porteuses de gains d’efficacité, de productivité et d’innovation qui se traduiraient, en 2040, par un PIB mondial supérieur de 0.2 % à ce qu’il serait dans un scénario de maintien des politiques actuelles.

Un scénario de CDN renforcées, caractérisé par un risque moindre de survenue d’événements climatiques, permettrait d’éviter des pertes économiques significatives et d’accroître le PIB mondial de jusqu’à 13 % à l’horizon 2100.

Le scénario de CDN renforcées peut faire augmenter le PIB mondial à court terme :
Décomposition de l’évolution du PIB mondial entre le scénario de maintien des politiques actuelles et le scénario de CDN renforcées, en USD de 2021 (PPA)

Note : Ce graphique illustre l’évolution prévue du PIB mondial (en milliers de milliards USD constants de 2021, à parité de pouvoir d’achat (PPA))
dans le scénario de CDN renforcées pour les années 2030, 2035 et 2040, décomposée selon les principaux mécanismes reliant l’action
climatique aux résultats économiques. Les barres Politiques actuelles et CDN renforcées indiquent le niveau absolu du PIB mondial (en milliers
de milliards USD de 2021, à PPA) pour chaque année (avec une échelle différente pour l’axe des ordonnées chaque année). Les barres situées
entre les deux montrent l’effet additionnel des principaux mécanismes du scénario de CDN renforcées sur le PIB mondial par rapport au scénario
de maintien des politiques actuelles, le scénario de référence.
Source : Modèle ENV-Linkages de l’OCDE, avec des données issues des modèles NiGEM et GCEM de l’AIE. – StatLink 2 https://stat.link/s8tc0w

Scénario climatique ambitieux, via des contributions nationales renforcées : une hausse du PIB mondial de 13 % d’ici 2100

L’économie bas-carbone n’est pas un pari moral, selon Thomas PINET « C’est une structure plus efficiente« . Les politiques climatiques ambitieuses activent 4 leviers de croissance :

  1. 👉 Réduction des pertes climatiques (jusqu’à 3 % de PIB mondial évitées en 2050)
  2. 👉 Relance de l’investissement privé et public (jusqu’à +0,66 % de PIB d’ici 2040)
  3. 👉 Réaffectation des recettes fiscales (carbone) vers l’emploi et l’innovation
  4. 👉 Gains de productivité liés à l’efficacité énergétique
La croissance économique se poursuivra dans tous les groupes de pays avec le scénario de CDN renforcées
Pourcentage d’évolution du PIB dans le scénario de CDN renforcées en 2030, 2035 et 2040 par rapport aux niveaux de 2022, par groupe de pays

Note : Les régions et pays du modèle ENV-Linkages sont regroupés dans les catégories des pays en développement, des pays émergents ou
des pays développés selon leur revenu national. Les pays pétroliers sont les économies qui dépendent principalement de l’extraction et de
l’exportation de combustibles fossiles, indépendamment de leur niveau de revenus.
Source : Modèle ENV-Linkages de l’OCDE, avec des données issues des modèles NiGEM et GCEM de l’AIE https://www.iea.org/reports/global-
energy-and-climate-model. – StatLink 2 https://stat.link/hyv20n

En 2023, les énergies propres ont déjà généré 320 Md$ de PIB, soit 10 % de la croissance mondiale.

Les politiques climatiques énergiques ont permis d’accomplir des progrès exponentiels dans les technologies bas carbone

Une bascule déjà amorcée mais un risque d’inaction

Selon l’OCDE, un scénario d’incertitude politique ou d’une politique climatique floue ferait perdre 0,75 % de PIB dès 2030. « Parce qu’un signal brouillé retarde l’investissement privé et freine la transformation des chaînes de valeur« , confirme Thomas PINET

Les questions à se poser pour faire de la CSRD et de l’analyse de double matérialité une véritable boussole stratégique :

  • Quel ROI énergétique sur une CAPEX de décarbonation ?
  • Quel effet fiscal différé en jouant avec les mécanismes de tarification carbone ?
  • Quelle création nette d’emplois sur une transition supply chain / produit / bâtiment ?
Avec les bons investissements, il est possible d’atteindre simultanément les objectifs climatiques et les objectifs de développement
Évolution dans le scénario « SDG Push 3.0 » (coup de pouce aux ODD) par rapport au scénario de transition vers une économie sobre en carbone et équitable, 2050

Note : Le scénario de transition vers une économie sobre en carbone et équitable correspond au scénario de CDN renforcées présenté ci-
dessus. Le scénario « SDG Push 3.0 » prévoit des efforts et des investissements supplémentaires par rapport à ceux décrits dans le scénario
de CDN renforcées pour atteindre les ODD. Ces efforts et investissements sont axés sur la promotion de la santé grâce à la modification du
régime alimentaire, l’amélioration des pratiques agricoles pour accroître la sécurité alimentaire, les dépenses sociales prioritaires dans les
infrastructures, l’assainissement, l’eau salubre et les technologies de cuisson modernes, ainsi que sur la réforme de la gouvernance afin de
renforcer l’efficacité des dépenses.
Source : Modèle International Futures Voir l’annexe A pour une description du modèle.

La transition coûte mais le coût de l’inaction reste systémique

Pour Thomas PINET, « les décideurs qui n’intègrent pas la dimension économique de la politique climatique prennent un risque d’obsolescence stratégique. Et pour ça il faut avoir une véritable vision à long terme. »

Investir dans le climat pour la croissance et le développement

Ce rapport montre que, selon toute vraisemblance, des CDN ambitieuses, réalisables et de nature à attirer des investissements accéléreraient l’instauration d’une croissance inclusive tout en réduisant fortement les émissions durant les 15 prochaines années, du fait de la hausse des investissements dans les technologies propres, de l’amélioration de l’efficacité énergétique et au réinvestissement stratégique des recettes tirées de la tarification carbone. D’ici à 2040, l’intensité d’émission mondiale serait divisée par deux par rapport aux niveaux actuels.

De même, le rapprochement des politiques du climat et de développement ferait sortir 175 millions de personnes supplémentaires de l’extrême pauvreté d’ici à 2050, améliorerait la santé publique, grâce à une meilleure qualité de l’air, et renforcerait la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie.

Les CDN1 de 2025 sont l’occasion de concrétiser les promesses de croissance et de développement offertes par une action climatique ambitieuse.

Il est impératif que les États intègrent leurs CDN dans des plans de développement plus larges pour en libérer tout le potentiel. De plus, les administrations publiques ont besoin de stratégies de financement et d’investissement spécifiques pour mobiliser toutes les sources de fonds possibles, secteur privé inclus, au service de la mise en œuvre des CDN.

L’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’OCDE aident les pays à renforcer leurs CDN, notamment à travers les cadres de financement nationaux intégrés et la Promesse climatique (Climate Promise), initiative phare du PNUD.

À l’approche de la nouvelle Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) qui se tiendra à Belém (Brésil), l’OCDE et le PNUD restent déterminés à aider leurs pays membres et partenaires à développer des CDN ambitieuses et efficaces.

Ensemble, au moyen d’une action décisive, fondée sur des données probantes, et d’une coopération internationale renforcée, nous serons en mesure d’assurer durablement une prospérité, une résilience et un développement qui profitent à tous et toutes et aux nombreuses générations à venir.

Matthias Cormann, Secrétaire général OCDE & Achim Steiner Administrateur PNUD

Xi Jinping annonce les Contributions déterminées au niveau national de la Chine à l’horizon 2035 au sommet des Nations unies sur le climat 2025

Un article de CGTN explique comment la Chine à l’horizon 2035 fait progresser la gouvernance climatique mondiale grâce à ces Contributions déterminées au niveau national (CDN). Il développe les objectifs de la Chine pour la prochaine décennie et détaille les progrès réalisés par le pays en matière de protection écologique, ainsi que son action en faveur des pays en développement. Il reflète ainsi l’engagement plus large de Pékin en faveur du développement vert mondial et de la résilience climatique.

Le président Xi Jinping a dévoilé, le 26 Septembre 2025 au sommet des Nations unies sur le climat 2025, les Contributions déterminées au niveau national (CDN) de la Chine à l’horizon 2035. Il s’est engagé à réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre de 7 à 10 % par rapport à leurs maxima, et à multiplier par plus de six la capacité installée d’énergie éolienne et solaire par rapport à 2020, pour atteindre un total de 3 600 gigawatts.

« Intensifions tous nos efforts pour concrétiser la belle vision d’une harmonie entre l’homme et la nature, et préservons la planète Terre, notre maison », a déclaré Xi Jinping lors d’un discours vidéo au Sommet des Nations unies sur le climat 2025.

Quoi de neuf ?

En 2020, Xi Jinping s’était déjà fixé un objectif climatique ambitieux, en annonçant que la Chine s’efforcerait d’atteindre son pic d’émissions de dioxyde de carbone avant 2030 et la neutralité carbone avant 2060.

Au fil des ans, la Chine a poursuivi ses efforts en matière de séquestration du carbone, développé son système d’échange de droits d’émission de carbone et accéléré sa transition vers les énergies propres.

Fin août 2025, le marché national du carbone chinois a atteint un volume d’échange record de 189 millions de tonnes et une valeur de transaction de 18,1 milliards de yuans (environ 2,54 milliards de dollars), faisant de 2024 l’année la plus dynamique depuis son lancement en 2021.

Le marché a permis de réduire l’intensité carbone du secteur de l’électricité de 10,8 % en 2024 par rapport aux niveaux de 2018, renforçant considérablement le rôle des mécanismes du marché dans la transition écologique et les efforts de réduction des émissions de la Chine. L’année dernière, le pays a également lancé un marché national d’échange de réductions volontaires d’émissions de gaz à effet de serre, soulignant ainsi sa volonté d’élargir les outils politiques pour atteindre ses objectifs en matière de carbone.

Xi Jinping a également souligné le rôle clé d’un environnement écologique sain dans le développement à long terme de la Chine, et s’intéresse depuis longtemps à la restauration des terres et au reboisement. Entre 2012 et 2024, la superficie reboisée par la Chine était équivalente à plus de deux fois celle de l’Allemagne. Cette campagne de reforestation2 s’inscrit dans le cadre de réalisations plus vastes dans l’ensemble du système écologique.

Pour un monde meilleur

« Les pays doivent respecter le principe des responsabilités communes mais différenciées, selon lequel les pays développés doivent montrer l’exemple en matière de réduction des émissions et apporter un soutien financier et technologique accru aux pays en développement », a déclaré Xi Jinping dans son discours.

Depuis 2016, la Chine a mobilisé plus de 177 milliards de yuans pour aider les pays en développement à mettre en œuvre des efforts en faveur de l’énergie propre, de l’adaptation et de la résilience climatique. Au total, elle a signé des ententes de coopération climatique avec 42 pays en développement, aboutissant à 54 accords.

Rien qu’en Afrique, la Chine a notamment contribué à la mise en œuvre de centaines de projets3 d’énergie propre et de réseaux électriques.

Au-delà des infrastructures, la Chine fournit également des conseils techniques, des services de renforcement des capacités et des outils satellitaires4 pour renforcer la résilience climatique.

À l’avenir, la Chine souhaite approfondir la coopération multilatérale en matière de gouvernance climatique mondiale. Son objectif déclaré est de contribuer à la construction d’une communauté dotée d’un avenir commun pour l’humanité en répondant aux risques climatiques, et de collaborer étroitement avec toutes les nations pour relever un défi urgent qu’aucun pays ne peut résoudre seul.

« Le monde est aujourd’hui confronté à une forte demande de développement vert. Il est important que les pays renforcent la coordination internationale dans les technologies et industries vertes afin de combler le déficit de capacités de production verte et d’assurer la libre circulation de produits verts de qualité à l’échelle mondiale, pour que les bénéfices du développement vert puissent atteindre toutes les régions du monde », a déclaré Xi Jinping dans son discours.


  1. Contributions Déterminées au niveau National pour l’action climatique, suite à l’Accord de Paris ↩︎
  2. En 2024, 222 villes chinoises respectaient les normes de qualité de l’air. Les niveaux de PM2,5 dans les villes d’ampleur préfectorale ou supérieure, ont chuté à 29,3 microgrammes par mètre cube et la proportion de jours avec une bonne qualité de l’air a atteint 87,2 %. ↩︎
  3. Parmi ceux-ci, la centrale solaire de Garissa, au Kenya, alimente en électricité environ 70 000 foyers et compense ainsi quelque 43 000 tonnes d’émissions de dioxyde de carbone (CO₂) par an. La Chine soutient également d’autres projets phares, comme le parc éolien de De Aar, en Afrique du Sud, et la centrale hydroélectrique du Rwanda. ↩︎
  4. En janvier 2022, lorsque l’archipel des Tonga a été frappé par une violente éruption volcanique, le satellite chinois HISEA-1 a fourni un soutien en télédétection pour la gestion des urgences. ↩︎

La plante et l’animal : pour une relation plus juste avec le vivant

Peut-on défendre de la même manière une fleur menacée par le climat et un cochon élevé pour sa chair ? Dans son nouvel essai, L’androsace et le cochon, l’écologue Pierre Rigaux propose de repenser notre relation au vivant à travers un double symbole : une fleur rare des montagnes, l’androsace, et un animal domestiqué, le cochon. Un livre publié aux éditions Delachaux et Niestlé le 5 septembre. L’auteur a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable.

L’ANDROSACE ET LE COCHON

Quelle relation serait-il juste que nous ayons avec le vivant ? Que protège-t-on,
quand on protège le vivant ?

Faut-il défendre de la même façon l’androsace, fleur discrète des hautes montagnes menacée par le réchauffement climatique, et le cochon, multiplié pour sa chair dans des hangars industriels ?

Une plante, un animal et un écosystème sont de nature profondément différente, à tel point qu’il semble parfois contradictoire de vouloir tous les protéger. L’élevage en plein air permet de conserver des prairies utiles à certaines populations d’oiseaux et de fleurs sauvages liées aux écosystèmes
herbeux, mais conduit les vaches à l’abattoir.

Éliminer des animaux appartenant à des espèces dites invasives peut être positif pour la biodiversité mais très cruel pour les individus concernés.

L’auteur propose de dépasser ce clivage et de concilier la lutte écologiste,
incontournable si nous voulons pouvoir vivre dans un environnement habitable,
et la lutte pour le droit des animaux, nécessaire si nous voulons vivre dans un monde plus juste.

À travers son expérience de terrain, Pierre Rigaux propose une écologie basée non seulement sur les données scientifiques, mais aussi sur une approche éthique la plus précise possible, qui fait encore souvent défaut s’agissant de la façon dont on traite les animaux.

Le livre aux Editions Delachaux et Niestlé

La Vidéo de présentation par l’auteur

Un extrait du livre de Pierre Rigaux

L’auteur : Pierre Rigaux, écologue

Pierre Rigaux est écologue professionnel. Après une formation universitaire en
biologie, il a travaillé pendant onze ans dans des associations de protection de la
nature, menant des expertises, des suivis et des programmes de conservation de la biodiversité. Très présent sur les réseaux sociaux, il est suivi par une communauté de 200 000 personnes.

Ma définition du naturaliste ou écologue :

« le naturaliste observe, recense et analyse les phénomènes observables de la nature, particulièrement à l’échelle des communautés d’êtres vivants dans les écosystèmes, pour faire progresser la connaissance du vivant et sa protection lorsqu’il est en péril »

Définition « pour les nuls » :

« le naturaliste étudie et fait connaître un peu de notre planète pour la protéger »

Lutter pour protéger la biodiversité et les animaux
Face aux massacres de millions d’animaux et à l’effondrement de la biodiversité, NOS VIVENTIA agit sur le terrain.
 
Fondée par le naturaliste-écologue Pierre Rigaux, NOS VIVENTIA enquête dans toute la France pour dévoiler des pratiques méconnues souvent liées à la chasse, attaquer leurs auteurs en justice et faire avancer le débat public.

Questions Cdurable à Pierre Rigaux

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Pierre Rigaux – Photo © Elodie la Brindille

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Elle est à la fois sensorielle comme tout le monde avec un besoin très fort de voir, écouter, sentir (ce qu’on appelle simplement « être dans la nature »). Et à la fois raisonnée, en tenant compte des besoins de chaque être vivant, du moins ce qu’on peut en connaître : une plante n’a pas les mêmes besoins qu’un mammifère, un chien n’a pas les mêmes besoin qu’un chevreuil donc il nous faut traiter chacun de façon différenciée, tout en ayant de la considération pour tous

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

100% végétale pour ne pas faire souffrir inutilement d’animaux, puisque l’alimentation végétale est semble-t-il suffisante pour être en bonne santé.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Actuel : je suis locataire d’un petit endroit à la campagne.

Idéal : égoïstement, ce serait une maison en pleine nature, mais pour l’intérêt général (optimisation de l’impact écologique) on sait que l’habitat idéal ressemblerait plutôt à des petits immeubles écologiques de quelques foyers seulement qui mettraient en commun certains moyens logistiques (machine à laver etc), le tout relié par des transports en commun et des transports très peu polluants.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le vélo et la marche.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Les années passées dans le milieu associatif et autres milieux dits militants.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

J’essaie de produire un travail utile à l’intérêt général, tout en étant suffisamment épanouissant pour moi.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Énergie au sens des carburants ? Hélas beaucoup trop de voiture, pour enquêter sur le terrain en France. Le train dès que possible. Chauffage au bois

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Tout mon travail et autant que possible mon mode de vie, certes très imparfait en tant qu’habitant d’un pays riche, mais j’essaie de tendre le plus possible vers la minimisation des impacts négatifs : zéro avion, très peu de vêtements neufs (l’industrie textile est une calamité), nourriture bio-local-végétale, etc.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

J’ai toujours travaillé à la fois en solo (par exemple écrire des livres) et à la fois avec plein de gens formidables pour des projets communs dits  « militants » depuis 20 ans.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Je pense qu’il est important de ne pas dépolitiser les luttes et de se baser sur les connaissances communes (les données scientifiques).

Le rôle clé de l’économie sociale et solidaire (ESS) pour basculer vers une alimentation plus durable

L’économie sociale et solidaire (ESS) joue un rôle clé pour basculer vers une alimentation plus durable, dans les territoires ruraux, en apportant des solutions là où le marché ne se positionne pas ; dans l’agriculture, en répondant à des enjeux structurants comme le renouvellement des générations d’agriculteurs. Regards croisés dans le nouveau numéro d’Agricultures et Ruralités avec Morgane Lang de l’Avise et Timothée Duverger Responsable de la Chaire TerrESS à Sciences Po Bordeaux.

L’alimentation locale, une réponse aux défis de demain

En France, plus de 9 millions de personnes ont eu recours à l’aide alimentaire en 20231 – trois fois plus qu’il y a dix ans. L’alimentation transformée s’installe partout, au détriment de la qualité. Alors que nos agriculteurs peinent à vivre de leur travail, nos étals débordent de produits venus de loin – plus de la moitié des fruits et légumes consommés en France est importée, contre environ un tiers il y a 20 ans2.

Ce modèle fragilise toute la chaîne. Il alourdit notre empreinte carbone, accentue les déséquilibres nutritionnels et laisse de côté les plus précaires.

Face à ces réalités, les Français aspirent à mieux manger, pour leur santé mais aussi pour la planète, et sont en faveur d’une rémunération plus juste des producteurs.

Comment mieux nourrir la population sans épuiser les ressources, tout en permettant aux agriculteurs de vivre décemment ?

Projets alimentaires territoriaux : une dynamique locale au service de la transition

Le Plan stratégique national (PSN), déclinaison française de la PAC, fixe des objectifs ambitieux pour relocaliser l’agriculture, mieux répartir la valeur et adapter les filières au climat. Plus globalement, les politiques publiques mises en places cherchent à correspondre à ces objectifs. Mais comment ces intentions se concrétisent-elles ? Sur le terrain, les Projets alimentaires territoriaux (PAT) tracent leur chemin. Pensés à l’échelle locale, ils refondent les systèmes alimentaires en reconnectant production, distribution et consommation.

Exemple avec le PAT de Toulon Provence Méditerranée.
POUR ALLER PLUS LOIN : Pour en savoir plus sur les projets portés près de chez vous, rendez-vous sur le site du réseau national des projets alimentaires territoriaux : https://france-pat.fr

Les tiers-lieux nourriciers au cœur de la transition agroécologique

Les tiers-lieux nourriciers ont un rôle particulier à jouer dans la transition écologique et agroalimentaire. L’enjeu des années à venir est de renforcer le lien entre les tiers-lieux nourriciers, animés d’une forte dynamique collective, et les collectivités qui mettent en œuvre les PAT.

POUR ALLER PLUS LOIN : Retrouvez plus d’informations sur https://francetierslieux.fr/

PLAN’EAT : Vers une alimentation plus saine et durable

Financé par la Commission européenne et le programme Horizon Europe, PLAN’EAT est un projet de recherche qui réunit, depuis 2022, 24 partenaires de 11 pays. Il étudie les systèmes alimentaires en Europe pour comprendre ce qui influence les choix des citoyens. L’objectif : inverser la tendance en matière de comportements alimentaires.

PLAN’EAT est un projet de recherche appliquée qui vise à :
mieux comprendre comment les facteurs environnementaux, sociaux, culturels et individuels influencent les choix alimentaires des individus
concevoir conjointement des interventions permettant d’inverser efficacement les tendances en matière de comportement alimentaire.

Vers une alimentation durable : l’ESS en action dans les territoires

Face aux défis environnementaux et sociaux, l’alimentation durable s’impose comme une priorité. Dans les territoires ruraux, l’économie sociale et solidaire (ESS) offre des réponses concrètes : circuits courts, installation de jeunes agriculteurs, transformation locale ou approvisionnement des cantines scolaires. Ancrée dans l’intérêt général, cette forme d’économie donne du sens à l’activité agricole, renforce les coopérations locales et contribue à la transition écologique. Mais comment fonctionne-t-elle, et quels freins entravent encore son développement ?

Regards croisés avec Morgane Lang, Responsable des Pôles Territoires & Création à l’Avise et Timothée Duverger, Responsable de la Chaire TerrESS à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Émile Durkheim.

AGRICULTURES ET RURALITÉS – Juin 2025

Un dossier complet sur 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗶𝗿𝗰𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘅𝗶𝗺𝗶𝘁𝗲́ 𝗲𝘁 𝗹’𝗮𝗹𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗹𝗼𝗰𝗮𝗹𝗲 pour découvrir comment les Projets Alimentaires Territoriaux, les RITA dans les outre-mer ou encore les projets du programme ANIMERA contribuent à structurer une alimentation plus durable, ancrée dans les territoires. Mais aussi :

  • ✔️ Un focus sur les tiers-lieux nourriciers, acteurs clés de la transition agroécologique
  • ✔️ Le projet européen PLAN’EAT pour des régimes durables
  • ✔️ Des retours d’expérience inspirants de GAL LEADER et de GO PEI
  • ✔️ Un éclairage sur l’économie sociale et solidaire dans le monde rural

A propos du Réseau National Agricultures et Ruralités


  1. Avis : « Permettre à tous de bénéficier d’une alimentation de qualité en quantité
    suffisante
    », Conseil économique social et environnemental, 22/04/2025 ↩︎
  2. La France est-elle une grande puissance agricole et agroalimentaire, Haut-Commissariat au Plan, 09/07/2021 ↩︎

Quelles actions RSE pour transformer le modèle d’affaires de l’entreprise ?

En 2025, l’objectif du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France reste clair : accompagner les entreprises dans leur transformation, en reconnaissant la complexité des défis et en offrant des solutions RSE concrètes et ambitieuses. Quel avenir pour les ODD, 5 ans avant l’échéance de l’Agenda 2030 ?

Un nouveau contexte pour la durabilité

Depuis le lancement du Pacte mondial en 2000, la notion de développement durable s’est largement diffusée au sein du secteur privétoutes les grandes entreprises disposent désormais d’une Direction du développement durable / Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Baromètre européen des ODD 2024

La connaissance des Objectifs de développement durable (ODD) est forte, selon les résultats du Baromètre européen des ODD 2024, puisqu’une majorité significative des entreprises interrogées (96 %) connaissent les ODD, dont la plupart manière approfondie (69 %). Seuls 4 % des interrogées ne connaissaient pas les ODD avant de recevoir le questionnaire.

Le changement climatique, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources, ou encore la nécessité de sortir des énergies fossiles sont désormais largement documentés par la science et reconnus par l’opinion publique, malgré quelques résistances.

Par ailleurs, le débat médiatique aborde régulièrement le « greenwashing » qui désigne des communications trompeuses sur des pratiques écologiques. De plus en plus, notamment outre-Atlantique, fleurissent « l’ESG bashing » et la « SDG fatigue », traduisant une remise en question des efforts en matière de développement durable et de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Bien que les métiers de Directeur du développement durable soient largement établis, la société dans son ensemble se heurte encore à la réalité et à la complexité de ces enjeux, qui sont loin d’être simples ou binaires.

Une évolution des réglementations pour transformer l’économie

Si le Pacte mondial relevait d’une initiative pionnière lors de son lancement il y a 25 ans, force est de constater que la réglementation a fortement évolué, bouleversant le sens donné aux engagements volontaires au regard des nouvelles exigences. Les entreprises sont aujourd’hui forcées d’intégrer une nouvelle « ère de la donnée » et de transparence, alors même que la « Communication sur le Progrès » (CoP) constituait le socle central du Pacte mondial pour la communication des engagements de ses membres.

Pour autant, le reporting dans son ensemble ne constitue en aucun cas une dynamique de transformation, qui est à l’inverse le cœur de la stratégie du Pacte mondial, mais plutôt une photographie de ce qu’a réalisé l’entreprise.

L’enjeu central pour le secteur privé n’est plus de communiquer sur ce qu’il fait (ou va faire), mais de démontrer les résultats concrets obtenus pour répondre aux impératifs réglementaires et aux attentes de l’ensemble de ses parties prenantes.

Il s’agit donc de passer de la communication sur la méthode à celle des résultats.

Un cadre d’engagement simple, universel et volontaire, autour de Dix principes

Si le Pacte vert européen (Green Deal) – et l’ensemble de ses déclinaisons opérationnelles – reste un défi à la fois pour les entreprises et le Pacte mondial, la finalité de l’initiative onusienne n’est pas remise en cause : un engagement volontaire à respecter un socle de valeur partagées (les Dix Principes), à l’échelle internationale, qui inclut le respect de l’Accord de Paris et la mise en œuvre de l’Agenda 2030
(les 17 ODD). Loin d’être dépassé, le Pacte mondial des Nations Unies reste donc le principal cadre volontaire d’engagement universel et inclusif, qui permet à ses entreprises membres de transformer leur modèle d’affaires et d’en mesurer la mise en œuvre, tout en se comparant à ses pairs et ses concurrents.

  • Droits de l’Homme :
    • Principe 1 : Promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’homme.
    • Principe 2 : Veiller à ne pas se rendre complices de violations des droits de l’homme.
  • Normes Internationales du Travail :
    • Principe 3 : Respecter la liberté d’association et reconnaître le droit de négociation collective.
    • Principe 4 : Contribuer à l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire.
    • Principe 5 : Contribuer à l’abolition effective du travail des enfants.
    • Principe 6 : Contribuer à l’élimination de toute discrimination en matière d’emploi et de profession.
  • Environnement :
    • Principe 7 : Appliquer l’approche de précaution face aux problèmes touchant l’environnement.
    • Principe 8 : Prendre des initiatives et une plus grande responsabilité en matière d’environnement.
    • Principe 9 : Favoriser la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de l’environnement.
  • Lutte contre la Corruption :
    • Principe 10 : Agir contre la corruption sous toutes ses formes, dont l’extorsion de fonds et les pots-de-vin.

Plus que jamais, l’entreprise doit être responsable de ses actes et anticiper son avenir, dans un monde bouleversé climatiquement, socialement, économiquement et politiquement.

Un contexte géopolitique incertain

Donald Trump : le président de l’anti-écologie

Ce contexte économique et géopolitique vient dorénavant troubler le quotidien des entreprises car instable, il n’offre qu’une visibilité à moyen terme incertaine. La récente élection américaine accentue
davantage les divergences entre les États-Unis et l’Europe en matière de durabilité, mettant en lumière des approches contrastées face aux défis globaux et aux priorités économiques.

Selon une étude du cabinet de conseil PwC, 45 % des chefs d’entreprises ne pensent pas que leur entreprise sera viable dans dix ans. L’Union européenne n’est pas équipée pour réagir face à l’antagonisme né du rejet par d’une partie de l’opinion publique américaine de la notion d’ESG, de la volonté de déréguler massivement des pans entiers de la société et de l’économie du pays, du protectionnisme agressif et de la défense d’un « modèle américain ».

Le rapport Draghi sur la compétitivité alerte également sur les défis pour l’UE de ne pas renoncer face
au reste du monde – alors même que notre continent se veut le champion de la décarbonation et des modèles sociaux de pointe. Or, paradoxalement, l’économie mondiale n’a jamais été aussi ancrée dans une dépendance mondiale, comme l’illustrent les chaînes de valeurs. Aucun pays ne produit en auto-suffisance ; la rupture des chaînes d’approvisionnement pendant la crise Covid a mis cette dépendance à nu sans pour autant que la relocalisation des chaînes de valeur n’ait massivement eu lieu depuis malgré une prise en compte de cette fragilité.

Ce qui se dessine en filigrane n’est donc plus la pérennité des entreprises, mais bien celui de notre contrat
social. Si nos concitoyens sont laissés de côté (ou expriment cette crainte), alors la nature même des conditions du vivre-ensemble est mise en danger (à l’image du mouvement des « gilets jaunes »). La mondialisation des années 1990 est le reflet d’une promesse heureuse de bien-être qui n’a été que partiellement réalisée. Elle se retourne aujourd’hui contre elle-même, avec le risque d’emporter avec elle tous ses bienfaits, en accentuant la fragmentation du monde et le retour
des récits nationaux conservateurs.

Tant que le grand public (et aussi une partie du secteur privé) peine à accepter la vitesse à laquelle on lui demande de changer de mode de vie – et surtout qu’il en perçoive ses propres bénéfices – il ne pourra que légitimement exprimer et manifester ses vives inquiétudes.

Cette dynamique permet à de nombreux démagogues et populistes de faire perdurer l’idée que
ces enjeux et défis complexes peuvent être résolus par des réponses simplistes, alors même que des facteurs structurels objectifs, comme l’appauvrissement des classes populaires, la poussée des inégalités, la baisse de confiance dans l’État ou l’explosion de la dette, doivent être considérés.

Une réaffirmation du rôle central du développement durable

Certes, seules 17 % des cibles des ODD sont aujourd’hui sur la bonne trajectoire pour être atteintes. Mais le constat est donc sans appel : notre avenir est commun à tous. C’est pourquoi l’ONU a réaffirmé le rôle irremplaçable du multilatéralisme, mais aussi celui de l’Agenda 2030, lors du Sommet de l’avenir en septembre 2024, qui a abouti au « Pacte pour l’avenir ». La ligne directrice de ce Pacte est ainsi de refonder le contrat social entre gouvernements et citoyens, et plus largement avec la société civile et le secteur privé.

Depuis 2015, les ODD constituent la colonne vertébrale de l’ensemble des politiques de l’ONU et de ses différentes agences et initiatives, dont le Pacte mondial (UNGC) fait partie. Alors que leur pleine mise en œuvre d’ici leur échéance en 2030 s’éloigne, les États, les entreprises et les citoyens doivent désormais, plus que jamais, apporter des réponses opérationnelles ambitieuses. Le Sommet et le Pacte pour l’avenir ont ainsi réaffirmé le rôle incontournable que doit jouer le secteur privé pour la mise en œuvre de ces engagements.

L’évolution des métiers de la RSE

En deux décennies, les métiers de la RSE ont évolué d’une approche communication / marketing / philanthropique à une approche durable, impactante, voire financière et stratégique, avec la montée en puissance du Pacte vert. La RSE, qui pouvait ainsi être perçue comme périphérique (voire cosmétique) au début des années 2000, relève dorénavant de compétences fortes et structurées.

La fonction de Directeur du développement durable (CSO en Anglais) est aujourd’hui pleinement intégrée dans les organigrammes. Le Directeur du développement durable est devenu un véritable chef d’orchestre. Il collecte des données, impulse des transformations au long court, dialogue avec les parties prenantes de l’entreprise, répond aux différentes réglementations, interagit avec les investisseurs – tout en répondant aux enjeux à court terme et au long terme1.

Par ailleurs, d’autres métiers sont apparus : Directeur Climat / Environnement, Directeur Droits humains, Directeur de la compliance… Cependant, ce qui est vrai au sein des Grands groupes ne s’observent pas encore dans les ETI ou les PME. La fonction se fragmente de plus en plus pour les premiers, tandis qu’elle reste encore l’apanage des Chefs d’entreprises pour les seconds. C’est à ces dichotomies et paradoxes que doit répondre le Pacte mondial et son réseau français, alors même que les enjeux n’ont jamais été aussi pressants.

Par ailleurs, si le débat public français est relativement bien sensibilisé aux enjeux climatiques, d’autres sujets sont encore mal compris par de nombreuses entreprises, comme la biodiversité, la circularité, la diversité et inclusion ou encore les droits humains. Enfin, si le consommateur se montre sensible aux enjeux du développement durable, la « variable prix » reste importante dans sa dynamique d’achat et ce, d’autant plus dans un contexte inflationniste. Aussi, si la transformation de l’entreprise devient un impératif économique, il n’est pas si aisé d’en répercuter les coûts sur les biens et services vendus, alors même que les risques de réputation n’ont jamais été aussi élevés dans une société connectée.

Accélérons avec des solutions RSE pour faire la différence

Véritable boîte à outils de la RSE, « Accélérons » vous permet d’identifier facilement des solutions concrètes pour accélérer votre transition écologique et sociale. Ressources éprouvées, filtres intelligents, retours d’expérience et mises en relation : tout est réuni pour passer à l’action, en lien avec les ODD.

Accélérons : comment ça marche ?

Une boîte à outils pour accélérer la transition écologique et sociale

Accélérons ! est une plateforme collaborative dédiée à la mise en réseau et à la valorisation des initiatives et des acteurs engagés dans la transition écologique et sociétale. Pensée comme une véritable boite à outils de la RSE, elle permet aux professionnels, collectivités et entreprises engagées d’identifier facilement des solutions concrètes en matière de RSE, d’économie circulaire, de transition énergétique, d’inclusion sociale…

À travers un moteur de recherche et un système de filtres avancés cette plateforme permet de trouver rapidement des ressources adaptées aux différents enjeux environnementaux et sociaux des entreprises.

L’ensemble des outils ont été sélectionnés par une équipe d’experts afin de proposer aux utilisateurs des outils concrets et opérationnels adaptées aux enjeux et objectifs des entreprises. Pour aider les utilisateurs à faire le bon choix, chaque ressource est présentée à travers une fiche détaillée et peut être complétée par des retours d’expériences des précédents utilisateurs.

Accélérons ! facilite la mise en relation, favorise les synergies territoriales et encourage le passage à l’action. Il s’adresse ainsi à tous ceux qui souhaitent contribuer concrètement à la transition, en s’appuyant sur l’intelligence collective pour faire émerger un futur plus durable, plus juste et plus résilient.

La plateforme qui donne vie à vos engagements avec une sélection de ressources éprouvées pour accélérer votre démarche RSE.

Le développement durable : une opportunité à ne surtout pas abandonner

Le Pacte mondial des Nations Unies porte la conviction de la nécessité de ses outils et contenus. Les retours des membres confrontés à la CSRD démontrent qu’un usage régulier de ces ressources favorise une compréhension des nouveaux enjeux de reporting, et tout particulièrement de la « double matérialité ».

Le Pacte mondial constitue de fait un accélérateur aux différents reporting, mais, plus globalement, à la performance de l’entreprise, dès lors que la durabilité est pleinement intégrée à la stratégie et à la culture de l’entreprise. La collecte des données sur l’ensemble des échelles territoriales, leur compréhension partagée et leur contrôle sont autant d’enjeux nouveaux auxquels le Pacte peut répondre pour amener l’entreprise à se transformer.

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), en vigueur depuis le 1er janvier 2024, impose une approche décloisonnée de la RSE, tant dans le fonctionnement interne de l’entreprise, que dans les sujets traités. L’approche transversale des sujets ESG s’inscrit dans l’atteinte des 17 ODD. L’implication des parties prenantes vient également bouleverser la pratique de la RSE et nécessite de nouveaux savoirs.

Aussi, la pratique démontre que les entreprises les plus engagées au sein du Pacte mondial sont celles
qui sont les plus à l’aise en matière de RSE. Une étude Ecovadis souligne par ailleurs que si les membres de l’initiative ne représentent que 15 % à 20 % des entreprises en portefeuille, elles sont plus de la moitié à figurer dans les meilleurs palmarès en matière de pratique durables.

Nils Pedersen
Délégué général du Pacte mondial de l’ONU Réseau France

Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France se tient plus que jamais aux côtés des entreprises pour les
accompagner dans cette transformation. Celle-ci est bien évidemment complexe, mais toujours plus
nécessaire. Nous devons être collectivement au rendez-vous de ce tournant de l’histoire.

Quel avenir pour les ODD, 5 ans avant l’échéance de l’Agenda 2030 ?

Cet été, la Conférence de Séville sur le financement du développement durable (FfD4) et le Forum politique de haut niveau des Nations Unies (HLPF) ont réuni les acteurs clés pour accélérer les progrès vers ces objectifs. Cette note offre un décryptage clair des principaux engagements et initiatives annoncés lors de ces rendez-vous majeurs.

Programme d’action 2025 du Pacte Mondial de l’ONU – Réseau France


  1. Par conséquent, le métier évolue, devenant plus large, plus complexe, et souvent plus technique. Il s’appuie sur les nombreuses compétences internes ou externes de l’entreprise, là où il y a encore moins de 10 ans, le Directeur agissait relativement seul ou via une équipe restreinte ↩︎

600 voisins vont devenir copropriétaires d’une « maison du bonheur »

Et si plusieurs centaines de voisins devenaient ensemble copropriétaires … d’un lieu qui fabrique du lien ? Alors qu’il faut chercher des modèles pour fabriquer la ville autrement, dans le XIVᵉ à Paris, l’association Hyper Voisins s’apprête à acheter une « maison du bonheur » : un espace de 600 000 € financé par … les habitants eux-mêmes. 600 personnes avec 1 000 € chacune, pour créer un lieu commun : ateliers santé, prêt d’objets (du double-piano au vélo-cargo), entraide intergénérationnelle, activités culturelles …

600 voisins copropriétaires d’une « maison du bonheur »

En quoi c’est puissant ?

  • C’est dans l’action, ici et maintenant
  • Fabrique du lien et lutte contre l’isolement
  • Favorise l’Économie circulaire locale
  • C’est un prototype réplicable dans d’autres quartiers !

Des idées dont s’inspirer …

  • Coopérative de quartier pour acheter un local
  • Bibliothèque d’objets + atelier de réparation
  • Permanences santé et accompagnement des aînés
  • Fonds citoyen pour micro-projets
Emmanuel Duchange
Co-fondateur chez PIVOT PANDA, JUSTE & SPLENDIDE!

Quelles sont les limites ?

  • Coordination entre les personnes, gestion des personnalités, gouvernance des projets …
  • Quel avenir à long terme ?

Investir collectivement dans un lieu, c’est transformer la convivialité en actif de façon rapide et visible. On crée de la valeur sociale mesurable et un modèle exportable.

La maison commune des hypervoisins

C’est l’histoire d’une brique

Une brique toute seule… c’est une brique. Mais 600 briques portées par l’envie de chacun, c’est une Maison pour tous.

C’est l’histoire d’un achat groupé : une promesse de vente qui a été signée chez le notaire avec 0 euros et la promesse un peu folle que tout un quartier allait se réunir autour d’un projet tout aussi fou d’acquérir tous ensemble une maison commune.

Pour la première fois à Paris, le nombre pourrait avoir raison du prix : en la divisant en quelques centaines, la somme à réunir devient accessible pour de nombreux habitants.

Le local de 120m2 représente une acquisition négociée à 400 k€ frais compris. Les travaux ayant été chiffrés à 200 k€, le budget global est donc de 600 k€. Ce budget est donc réparti en 600 parts de 1000 euros… que l’association appelle désormais LES BRIQUES.

Guide climat et environnement : Comprendre & agir face au dérèglement climatique

« Quand cesserons-nous cette myopie du désastre ? » demandait Gilles Bœuf. Déjà +1,7 °C en France et -40 % de banquise en Arctique. Des canicules et des incendies qui s’intensifient. Pour Frédéric Giuli, CEO de Caristeo et Président de la Fondation OESO, « Pendant ce temps, le “backlash” continue et face aux privilèges installés, la demande monte, partout, d’une transformation profonde des sociétés. » Pour diffuser la connaissance scientifique, partout, par tous les vecteurs possibles, Caristeo a coordonné la deuxième édition du Guide « Climat & Environnement » pour l’Association AXA Prévention.

L’intérêt des Français pour comprendre les enjeux climatiques

Le 1er guide, sorti en 2022, avait marqué les esprits : 30 000 exemplaires imprimés, près de 200 000 téléchargements.

Un succès qui a témoigné de l’intérêt des Français pour comprendre les enjeux, mais aussi et surtout de leur envie d’agir face au dérèglement climatique. C’est bien l’ambition de ce guide, donner les clefs de lecture essentielles et proposer des chemins d’une indispensable action. Car l’un et l’autre vont de pair : changer les comportements commence par changer de perspective.

Le dérèglement climatique est l’un des plus grands défis de notre époque. Il est étroitement lié à d’autres enjeux environnementaux tels que la biodiversité, la gestion de l’eau et la santé. Ces questions sont interconnectées.

Par exemple, la dégradation de l’environnement et la perte de biodiversité peuvent directement affecter le bien-être. De même, la disponibilité de l’eau est influencée par les variations climatiques, et les impacts sur la santé humaine sont souvent liés à la qualité de l’environnement.

Cette nouvelle édition élargit la focale et intègre :

  • 🌱 le climat,
  • 🦋 le vivant,
  • 💧 la ressource eau,
  • 💚 et les liens entre environnement et santé.

Réduire notre impact sur l’environnement

L’effet de serre, c’est quoi ?


Il peut se résumer en trois étapes.

  • Étape 1 : le rayonnement solaire traverse l’atmosphère et arrive sur notre planète.
  • Étape 2 : la majorité de ce rayonnement est absorbée par la surface terrestre.
  • Étape 3 : la Terre émet en retour la même quantité d’énergie vers l’espace, mais sous une autre forme, celle de rayons infrarouges.

Que vous soyez novice ou expert en la matière, cet ouvrage pédagogique permet de mieux appréhender les enjeux environnementaux et climatiques actuels. Il invite aussi chacun à devenir acteur d’un avenir durable.

Protéger la planète, c’est protéger demain. Alors, tous acteurs.

Frédéric Giuli, CEO de Caristeo

Avec les contributions précieuses de :

Sans oublier les clins d’œil toujours aussi percutants de l’excellent Yoann Dondicol, parce que ce n’est pas parce que le sujet est grave qu’on ne peut pas en sourire.


Depuis la fin du 19e siècle, la température à la surface de la Terre a augmenté de 1,2 °C.

Depuis combien de temps parle t’on du changement climatique ?

Pour les jeunes générations, depuis leur naissance. Pour les plus âgées, il est difficile de dater précisément quand cette information est entrée dans leur vie. Aujourd’hui la prise de conscience est massive et plus personne ne peut sérieusement contester le réchauffement de notre planète au vu des records de température et des événements climatiques extrêmes chaque année plus nombreux. Pour autant, les causes de ce changement ne sont pas toujours bien claires pour le grand public. Il est donc utile de faire le point pour comprendre qu’il n’y a tout simplement pas d’autres explications au réchauffement actuel lié aux émissions de gaz à effet que les activités humaines.

Des solutions concrètes pour passer à l’action…

Ce guide sensibilise aux émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par nos modes de vie et propose des actions concrètes et efficaces dans plusieurs domaines  : alimentation, transport, logement, consommation et biodiversité.

Les sources d’espoir

Nous pourrions renouer une relation sacrée à l’eau et aux hydrosystèmes dont nos vies dépendent.

En modifiant nos habitudes, comme…

  • privilégier le vélo pour les déplacements,
  • choisir des fruits et légumes de saison et locaux,
  • réduire les déchets et la consommation de plastique,
  • mieux consommer – réfléchir, réutiliser, réparer, recycler -,
  • améliorer l’isolation de notre logement…

… nous pouvons réduire notre empreinte carbone.

Le guide climat et environnement

Le guide est disponible gratuitement en ligne et en version papier dans les agences Axa partout en France.

Désertons ! Renoncer à une carrière prestigieuse pour s’interroger sur le système élitiste et ses dérives

Chercheurs, ingénieurs, cadres ou étudiants des grandes écoles, ils sont de plus en plus nombreux à quitter des carrières tracées pour refuser de servir un système destructeur. Faut-il voir dans cette vague un simple phénomène individuel ou les prémices d’un basculement plus profond ? « Résistons » est l’analyse lumineuse du mouvement de désertion par Jeanne Mermet, une ingénieure en rupture.

« C’est à quel sujet ? La désertion. La désertion de qui, de quoi. La désertion comme acte politique, philosophique, poétique, pratique ? Déserter, c’est quitter quelque chose. C’est pas juste quitter, c’est refuser. »

Promis à de brillantes carrières, des jeunes désertent pour « démanteler » le système Par Sophie Chapelle pour Basta Média
Des ingénieures et ingénieurs préfèrent quitter la voie toute tracée que leur promettaient leurs grandes écoles pour s’engager collectivement, amorcer un virage écologique radical et dessiner d’autres modalités d’existence. Témoignages.

Refuser de nuire, refuser de dominer, refuser la guerre. Partant du phénomène de désertion des jeunes diplômé·es d’écoles d’ingénieurs dont elle est elle-même une protagoniste, l’autrice nous invite ensuite à conjuguer déserter à plusieurs personnes, plusieurs temps, plusieurs échelles :

« Pouvons-nous déserter collectivement de la trajectoire sociale meurtrière et catastrophique dans laquelle nous sommes lancé·es ? »

Screenshot

Dans ce récit intime et engagé, Jeanne Mermet interroge le rôle des sciences et des techniques ainsi que celui des personnes qui les font, et propose des pistes pour prendre soin et refuser de nuire collectivement.

Pour Jeanne Mermet, ingénieure en rupture depuis 2019, la crise écologique est une guerre contre la nature, et la « transition écologique » la poursuite de cette guerre : une guerre que nous devons apprendre à déserter.

Entre sciences et militantisme, entre « refus de parvenir » et refus de dominer, ce manifeste enflammé – à la fois percutant et accessible – appelle à une nouvelle convergence des luttes et des classes, qui soit véritablement transformatrice. La profondeur historique et politique du mouvement de la désertion lui donne une portée générationnelle

Parce que les ingénieurs ont joué un rôle central dans la construction de notre monde industriel, leur conversion écologique actuelle est un phénomène de haute importance. Et parce qu’on ne démantèlera pas ce système sans elles et eux, le regard de ces ingénieur·es en désertion, venant du cœur de la matrice, éclaire d’une façon cruciale notre situation.

JEANNE MERMET Paris,FRANCE-le 22/09/25 © Jean-Philippe BALTEL / LLL

Ancienne élève de l’école Polytechnique, Jeanne Mermet a choisi de renoncer à une carrière prestigieuse pour s’interroger sur le système élitiste et ses dérives.


Un appel à déserter déjà lancé par des étudiants lors de la remise des diplômes AgroParisTech 2022 :

Et si l’entreprise n’était pas seulement durable… mais véritablement régénérative ?

« Et si l’entreprise n’était pas seulement durable… mais véritablement régénérative ? » L’École Buissonnière rediffuse les épisodes de L’Entreprise Consciente. Après avoir exploré la spiritualité au travail dans la Saison 1, place à une nouvelle aventure collective : « Vers un modèle régénératif ». Pour questionner, rêver et incarner ensemble un futur où les organisations ne se contentent plus de limiter leur impact, mais contribuent à restaurer le vivant.

L’entreprise consciente :
vers un modèle régénératif

Ce premier épisode de 𝗹’𝗘𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲 𝗖𝗼𝗻𝘀𝗰𝗶𝗲𝗻𝘁𝗲 – Saison 2 : « Vers un modèle régénératif ! » est à l’initiative de Flore Moreau et Alizée Eychenne, deux entrepreneures à impact positif qui retrouvent Tiphaine Gualda, avec qui elles avaient déjà guidé les explorations de Saison 1 : 𝗜𝗻𝗰𝗮𝗿𝗻𝗲𝗿 𝘀𝗮 𝘀𝗽𝗶𝗿𝗶𝘁𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗮𝘂 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹.

Ces épisodes ouvrent un chemin, celui d’une économie qui restaure au lieu d’épuiser, et qui prend soin au lieu d’user.

N°22 – Vers un modèle régénératif – avec Tiphaine Gualda

Un point de départ pour partager l’approche du sujet « L’Entreprise Consciente » par L’École Buissonnière et explorer ce que recouvre le terme « régénératif ».

Tiphaine Gualda : Tiphaine est créatrice de son propre podcast « Oser l’Aventure d’Être Soi » et en plein lancement de son nouveau programme d’accompagnement pour « Entreprendre durablement » afin de conjuguer impact, prospérité économique et écologie personnelle.
  • Le régénératif c’est quoi ?
  • Qu’entendons-nous par la ?
  • Comment une entreprise peut-elle être régénérative ?

N°23 – Déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère

Un texte fondateur, lu à deux voix par Alizée EYCHENNE et Flore Moreau, pour reconnaître la Terre comme sujet de droits et inspirer nos pratiques.

A gauche Alizée EYCHENNE et à droite Flore Moreau

« Avant la rencontre des acteurs et actrices des entreprises conscientes qui œuvrent vers un modèle régénératif, nous te proposons de t’immerger dans la Déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère 🌎 »

Adoptée en 2010, lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique, cette déclaration est à l’initiative des peuples amérindiens qui en demandent l’adoption par l’ONU.

C’est le principal texte international de protection des Droits de la Nature. Il établit d’une part un ensemble de droits pour la Terre-Mère et tous les êtres vivants qui l’occupent et d’autre part un ensemble de devoirs et d’obligations des êtres humains à son égard.

Considérant qu’apprendre à vivre avec la Terre , ce n’est pas seulement profiter de ses bienfaits mais aussi contribuer à les régénérer, les droits de la Terre-Mère (Pacha Mama) ont été inclus dans certaines constitutions d’États d’Amérique du Sud, comme l’Équateur.

« Aujourd’hui, nous te partageons ce texte car il nous parait être une base fondatrice et, nous l’espérons, transformatrice, pour inspirer des entreprises vers un modèle régénératif.« 

N°24 – La Nature comme partie intégrante du soin – avec Arielle Dolléans

Quand l’hôpital de demain intègre la nature au cœur de la santé.

Arielle Dolléans, Chargée de mission Développement Durable
et Éco-conseillère au Centre Hospitalier de Dax.

Arielle est engagée professionnellement et bénévolement dans la transition écologique depuis 2019. Au-delà de son poste au CH de Dax, elle est animatrice à la Fresque du Climat et à la Fresque de la Mobilité. Elle œuvre également au sein de plusieurs associations (Roue Libre en Grand Dax, Agir Durablement en Santé Nouvelle Aquitaine) et anime une chronique hebdomadaire en radio locale (Souvenirs FM) ayant pour thème la Transition écologique et sociale.

Au cours de cette conversation inspirante au micro de Flore Moreau et Alizée Eychenne, Arielle nous présente ses actions, ses engagements au service de la Santé et du Développement Durable et nous présente sa vision de l’hôpital de demain : un hôpital vert ou la nature fera partie intégrante du soin.

N°25 – Exprimer et libérer le vivant » – avec Céline Boura

Réunir intériorité, créativité et beauté pour inventer d’autres futurs.

Céline Boura est Fondatrice de l’agence d’artistes du vivant, speaker et consultante en créativité.

Depuis 2010, Céline aime collaborer avec les décideurs et les pionniers en leur proposant des expériences de (re)connexion à soi, à l’invisible, au futur et à la création. Son approche poétique et pragmatique l’a amenée à fonder en 2021 l’école de création des futurs à Paris, pour permettre aux acteurs du changement de relier intériorité, créativité et innovation.

Son évolution vers l’entreprise régénérative l’invite aujourd’hui à créer son agence d’artistes, convaincue de la nécessité de revenir au beau et à l’intelligence du vivant, pour soutenir nos changements de sociétés.

Au cours de cette conversation inspirante au micro d’Alizée Eychenne, Céline nous présente sa vision de la « RE-génération », ses propositions de voyages introspectifs et d’expériences à vivre pour une reconnexion à notre enfant et notre artiste intérieur ainsi que ses différents accompagnements qui l’amènent à penser que « revenir au vivant, c’est revenir à l’art sous toutes ces formes« .

N°26 – Retrouver la capacité de se projeter dans un futur désirable – avec Jérémy Dumont

Jérémy Dumont est un planneur stratégique qui accompagne les grandes entreprises dans leurs projets d’innovation et de transformation.

En 2020, Il a fondé « Nous sommes vivants », le collectif de la transition écologique. Au sein de l’association il a développé plusieurs ateliers pour accompagner la transition écologique dans les entreprises et les collectivités locales en réponse au dépassement des limites planétaires et en particulier la prédation du vivant. Leur approche c’est la régénération du vivant dont les humains.

Au cours de cette conversation inspirante au micro d’Alizée Eychenne, Jérémy nous présente sa vision de la régénération « cette capacité du vivant à atteindre son plein potentiel » et explore avec nous ses sujets de cœur, aussi passionnants qu’enthousiasmants, nous invitant à « réfléchir à ce que l’on peut faire aujourd’hui sans se freiner à ce que l’on va faire demain, et inversement !« 

Et si la régénération commençait par réapprendre à imaginer demain ?

Team Spirit : Le podcast des Collectifs Conscients

Réintégrer la sagesse du Vivant …

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L’École Buissonnière : Formation et diffusion des pratiques de la Facilitation pour soutenir et accompagner les métamorphoses collectives.

La Bataille culturelle pour lutter contre le fascisme dans la joie et la créativité !

Blanche Sabbah réagit à l’actualité avec sagacité. Ses bandes dessinées en disent long sur son engagement féministe, à la portée du plus grand nombre. Dans cet essai ponctué de pages de BD, « La Bataille culturelle » aux éditions Casterman, elle met ses idées et son engagement au service du combat contre la montée du fascisme en France. Et la bataille à gagner est avant tout culturelle : face au renversement terrifiant des valeurs et des idées, l’art, les récits, les œuvres populaires nous aident à construire une société plus juste. Un essai enlevé, structuré en 5 chapitres, chacun introduit par la reprise d’un post Instagram emblématique de @lanuitremueparis.

J’AIME BEAUCOUP CETTE IDÉE
QUE LES CŒURS AUSSI ONT SOIF DE FUTURS, QU’IL NE SUFFIT PAS DE PRENDRE SOIN DE NOS CONDITIONS MATÉRIELLES DE SUBSISTANCE,
MAIS AUSSI DE LA POSSIBILITÉ D’ESPÉRER.

BLANCHE SABBAH

Questions à Blanche Sabbah

Peux-tu définir « la bataille culturelle », titre de ton manifeste ?

Le terme « culture » a un double sens : il renvoie certes au paysage culturel (littérature, cinéma, arts, etc.), mais aussi à la société, quand on parle par exemple de la « culture du viol » ou de la « culture de l’inceste ». Mener la bataille culturelle, c’est agir pour imposer un récit dissident face au récit hégémonique, qu’il soit médiatique ou culturel. Et œuvrer pour la bataille culturelle, c’est donc proposer un contre-récit, des alternatives, quelque chose de différent. Elle se mène dans de nombreux domaines et à différents niveaux : reprendre quelqu’un·e quand iel fait une blague sexiste, imposer un cadrage médiatique qui se distingue de celui que l’on voit partout dans les médias de droite et d’extrême droite, proposer de nouvelles narrations de fictions que l’on n’a pas l’habitude de lire, aborder un sujet avec optimisme plutôt que de voir toujours les choses de façon pessimiste. Tout cela participe à la formation d’un contre-récit.

Pourquoi as-tu eu envie d’écrire La Bataille culturelle ?

Je tenais à apporter ma pierre à l’édifice du combat contre les idées d’extrême droite. Avec cet essai, j’œuvre moi-même à la bataille culturelle : en promouvant le concept, en donnant des pistes de réflexions, des idées d’actions concrètes pour ne pas se laisser paralyser par le contexte anxiogène ambiant et en créant du pouvoir collectif pour un horizon pas complètement nihiliste et inquiétant.

Pourquoi as-tu choisi ces 5 thématiques très différentes ?

  • le pouvoir des récits,
  • la joie militante,
  • l’électorat d’extrême droite,
  • un message à la minorité juive,
  • la construction de nos récits féministes

Ce sont des réflexions que j’ai toujours eues et que j’ai mises en pratique en tant qu’activiste, que ce soit par le dessin, les livres que je publie ou les actions que je mène au sein de mes différents collectifs. Lorsque j’ai voulu condenser ma pensée politique en un essai, ces cinq grands axes me sont apparus comme mes chevaux de bataille principaux. Je les aborde depuis ma perspective, ma propre voix, qui se distingue de ce que j’ai pu lire ou entendre ailleurs. Dans l’ouvrage, je pars d’une définition du concept pour aller vers son incarnation la plus concrète, en racontant les victoires que nous avons pu obtenir.


Sommaire

  • PRÉFACE
  • INTRODUCTION : Que peut l’art face à la menace du fascisme ?
  • INFORMER NE SUFFIT PAS, IL FAUT CONVAINCRE : Pour une culture des récits
  • LA JOIE MILITANTE N’EST PAS UNE NAÏVETÉ : Pour une culture de la joie
  • ARRÊTEZ DE VOTER POUR LES HARKONNEN : Pour une culture du débat
  • ÊTRE DU CÔTÉ DES PERSÉCUTÉ•ES : Pour une culture des convergences
  • CONSTRUIRE UNE ÉTHIQUE FÉMINISTE : Pour une culture du consentement
  • CONCLUSION : Contre le fatalisme

Quelles sont tes sources et la méthode appliquée ?

Mon essai mêle à la fois des connaissances empiriques et des analyses d’expert·es, notamment de sociologues. Les observations de terrain me viennent de mon bagage militant, des collectifs au sein desquels je milite, et des personnes que je croise quand je me déplace en librairie ou quand je participe à des tables rondes en festival… Par exemple, lorsque j’ai milité pour le Nouveau Front Populaire lors des législatives 2024, j’ai assisté à une effervescence politique et militante sans précédent. J’ai pu rencontrer de nombreuses personnes, confronter mon avis à d’autres, échanger et débattre. Cela m’a beaucoup nourrie. De toutes ces rencontres se sont imposés les grands axes que je défends dans mon livre. J’ai également interrogé les personnes concernées sur des points précis. Par exemple, pour le chapitre où je m’adresse aux personnes juives, ce sont des membres de ma famille qui me relisent et différents collectifs militants juifs qui ne sont pas forcément d’accord entre eux mais avec qui j’ai la possibilité d’échanger et de débattre et qui sont eux-mêmes producteurs de contenus.

En termes de méthodologie, j’applique une perspective féministe et intersectionnelle, prisme pertinent pour aborder d’autres luttes, et je priorise les œuvres écrites par des femmes pour traiter mes sujets.

Est-ce important pour toi de rendre cet essai abordable ?

des exemples très variés dans lesquels le lectorat peut se projeter.

Complètement, je tiens à produire un contenu accessible et qui parle au plus grand nombre. Dans le premier chapitre de mon livre, j’explique que certaines personnes sont convaincues par des démonstrations mathématiques, d’autres par des émotions, des récits, des témoignages incarnés, ou par quelque chose de plus métaphorique ou poétique. Il y a mille et une façons de parler d’un sujet !

Est-ce politique de réintroduire la joie au cœur du militantisme ?

un essai précis et sourcé, pleinement ancré dans l’actualité, mais aussi résolument optimiste et lumineux.

Oui, tout à fait ! La joie militante fait partie de ce que je nomme les « récits dissidents ». Les récits prédominants actuels sont extrêmement anxiogènes. Ainsi, l’optimisme apparaît comme une forme de subversion quand on est en permanence confronté·e à un avenir complètement noir. Cela représente un véritable enjeu politique car il est important de promouvoir un futur désirable qui donne envie de se mobiliser. Il est très difficile de trouver de l’énergie quand tout le monde passe son temps à nous dire que tout est perdu. Comment pourrait-on avoir envie de jouer lorsqu’on nous rabâche que les dés sont truqués ? Selon moi, être optimiste ne signifie pas être naïf·ve ou se mettre des œillères, c’est au contraire une sorte de lucidité joyeuse qui permet de se reconvaincre tous les jours que ça vaut la peine de se battre !


Extraits et avis des libraires

« C’est sous la forme de l’essai que Blanche Sabbah décide de nous partager ses réflexions sur la lutte antifasciste actuelle. Vous trouverez à l’intérieur de nombreuses clés de compréhension sur l’état actuel de la lutte mais aussi sur nos manières de la vivre et de la voir, notamment avec son magnifique chapitre sur la joie militante. C’est un ouvrage important, accessible et je souhaite à tout le monde de pouvoir le lire afin d’avancer ensemble vers un avenir lumineux ! » Evan – Librairie la caverne des bd (Paris 12e)

« Avec la lucidité et l’humour qu’on lui connait, Blanche Sabbah nous redonne envie de lutter» Margot – Librairie Majo (Paris 5e)

« Militer n’est pas jouer… et c’est sûrement ça le problème ! Blanche Sabbah poursuit l’excellent travail de son compte @lanuitremueparis dans ce passionnant essai. On y retrouve toute la passion et l’optimisme de cette talentueuse autrice qui apporte un point de vue original sur les batailles culturelles. Une très belle réflexion, drôle et sourcée ; un cri du cœur pour ne pas oublier que nos luttes d’aujourd’hui sont là pour amener de meilleurs lendemains !» Thibault – Librairie Richer (Angers)

« Un petit manuel de persévérance heureuse dans un contexte politique français délétère. Elle nous rappelle (révèle ?) que notre force réside dans le collectif, dans la joie, dans le dialogue et dans l’apprentissage des leçons tirées des luttes passées ; non pas seulement féministes, mais aussi LGBTQIA+, écologistes, anticapitalistes ou antiracistes. Elle nous encourage à reprendre confiance en nos luttes collectives pour mieux gagner la « bataille culturelle » et être mieux à même de transformer nos sociétés selon nos engagements. D’ailleurs, lire ce texte et le diffuser autour de soi, c’est déjà faire un pas de plus vers cette victoire. Alors merci Blanche, continue, nous sommes juste derrière toi. » Victoria – Le genre urbain (Paris 19e)


Pourquoi un essai antifasciste où le texte prend le pas sur la BD ?

Avec Mythes & Meufs, j’avais déjà expérimenté ce format, l’alliance de la bande dessinée et du texte, sauf que dans La Bataille culturelle, le rapport est inversé. Il y a plus de texte que de bande dessinée, celle-ci étant présente en introduction de chaque chapitre et au cœur de mon propos dans le texte. Je pense honnêtement que cette manière d’agencer ma pensée me vient d’Instagram, où je publie des posts présentant une courte bande dessinée et dont la légende me permet de développer ce que mes images entament comme réflexion. Avec cet essai, je prolonge et approfondis également la démarche scientifique initiée durant mes études universitaires. J’ai développé ce goût pour la recherche et l’écriture lors de mes deux Masters de recherche (Lettres, Arts et Pensée Contemporaine à Paris Diderot et Sociologie de l’Art à l’EHESS) à l’issue desquels j’ai rédigé deux mémoires (Filmer le corps des adolescentes : la traduction visuelle d’un malaise intime et Figure de l’artiste engagé : la réponse artistique et politique des collaborateurs de Charlie Hebdo à l’attentat du 7 janvier 2015).

Ton livre paraît 2 ans avant les présidentielles. Est-ce anodin ?

Ce n’est pas anodin. Je pense qu’on a été nombreux·ses à avoir eu très peur au moment des législatives et qu’on a vraiment été soulagé·es et euphoriques de connaître une victoire électorale après une campagne si intense. C’est à la fois un moment fondateur de mon expérience citoyenne et une séquence importante dans le paysage politique global de ces dernières années. Après avoir évité le pire aux législatives, il faut continuer à mener le combat, répandre nos idées et donner des outils antifascistes efficaces au plus grand nombre, et cela pendant les deux années qu’il nous reste avant les prochaines présidentielles. Cet essai s’inscrit dans cette démarche !

En refermant La Bataille culturelle, qu’aimerais-tu qu’on retienne ?

Que c’est possible de se mobiliser, de gagner, de changer le monde ! Je pense sincèrement que le fait de commenter en permanence tout ce qui va mal, c’est démobilisant et paralysant. Être submergée d’informations très angoissantes peut donner une vision insurmontable et rendre le combat écrasant. Je crois qu’on est toustes au courant de la gravité de la situation. La Bataille culturelle donne des pistes pour sortir de cette tétanie afin de se remobiliser et d’enclencher de l’action concrète.

J’ai envie qu’en refermant mon livre, le lectorat puisse se dire :

« Je savais à quel point c’était grave, mais désormais je sais ce que je peux faire pour que ça aille mieux ! ».

Comment lutter contre l’extrême droite,
aux portes du pouvoir en France ?

Pour Blanche Sabbah, rien n’est perdu, et le combat se mène aussi bien sur le terrain que dans le champ des idées. Dans La Bataille culturelle, depuis sa position d’artiste et de militante, l’autrice dresse cinq grands axes pour imposer un discours sociétal dissident, et contrecarrer l’idéologie conservatrice aujourd’hui dominante. Le terme « culture » est entendu au sens large : il s’agit de proposer de nouvelles manières de faire société, dans la réalité comme dans la fiction, de montrer que l’on peut faire autrement et, surtout, que l’on peut faire ensemble.

Contre la montée des idées et des actes d’extrême droite, sa stratégie pose les fondements d’une culture multiple : une culture des récits, car on a besoin de contre-fictions qui réenchantent l’avenir, une culture de la joie, pour galvaniser l’action militante, une culture du débat, car il faut se disputer pour combattre les idées intolérantes, une culture des convergences, car les luttes antiracistes ne seront victorieuses que si elles s’unissent, et enfin une culture féministe, meilleur prisme pour contrer les politiques réactionnaires.

Un propos puissant et salutaire, nourri de ses expériences militantes, de réflexions théoriques, historiques et contemporaines, et d’analyses d’oeuvres issues de l’avant-garde comme de la pop culture.

Un véritable antidote contre le désespoir ambiant, pour un monde plus juste.

L’Autrice Blanche Sabbah

Blanche Sabbah est une militante, activiste féministe et climat, et autrice de bandes dessinées.

Après des études de littérature et de sociologie de l’art à Paris Diderot et au sein de l’EHESS, elle intègre le collectif de collages contre les féminicides et milite pour les droits des femmes et personnes queer via son compte instagram @lanuitremueparis.

Depuis 2020, elle travaille avec divers médias engagés (Le 1 hebdo, L’Humanité, Vert, Mâtin, quel Journal !, Tilt) et des associations (Action Contre la Faim, AIDES, Parents & cie ; Féministes).

Elle vit à Paris et a rejoint en 2022 le mouvement Action Justice Climat qui lutte pour le climat et la justice sociale et dont le projet politique s’articule autour de quatre composantes : l’écologie populaire, la lutte contre l’extrême droite, la construction d’alliances et le militantisme soutenable.

Inspirée par les autrices Pénélope Bagieu, Catherine Meurisse, Lucrèce Andreae, Amélie Fléchais, Alix Garin ou Sixtine Dano, Blanche croit fermement en la notion d’art engagé et entend changer la société grâce à son action – qu’elle soit numérique ou de terrain – et ses ouvrages alliant critique sociale et esthétique.

BIBLIOGRAPHIE :

  • Mythes et Meufs – Tome 2, Dargaud « Mâtin », 2023.
  • Histoire de France au féminin, avec Sandrine Mirza, Casterman jeunesse, 2023.
  • Mythes et Meufs – Tome 1, Dargaud « Mâtin », 2022.
  • Nos Mutineries, réponses imparables aux idées reçues sur le féminisme, avec Eve Cambreleng, Mango Society, 2022.

La Nuit Remue Paris, c’est quoi ?

LA NUIT REMUE PARIS

Blanche Sabbah est autrice de BD, activiste féministe et climat. 

La Nuit Remue, est son projet artistique et militant. Grâce à ses études d’histoire de l’art et de sociologie, elle vulgarise des concepts au moyen de BD humoristiques et engagées sur son compte Instagram @lanuitremueparis. La boutique en ligne lui permet de faire circuler des images impertinentes et de diffuser les valeurs queer et féministes !

À la découverte du pika « chou », un animal étonnant menacé par le changement climatique

Les pikas, avec leurs petites oreilles rondes et leur cri perçant, sont devenus des stars des réseaux sociaux. Malgré leur nom, ils n’ont pas inspiré l’emblématique Pokémon Pikachu. Mais ces lagomorphes, plus proches des lapins que des rats, dont le mode de vie est plein de surprises, sont aujourd’hui menacés par le changement climatique et par les activités humaines.

Au moins quatre espèces de pikas sont en danger d’extinction, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature. Richard Seeley/Shutterstock

Une bouille de peluche,
un cri perçant et
des bouquets dans la gueule :
qui est vraiment le pika ?


Par Violaine Nicolas Colin du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Avec leur petite bouille craquante, leurs oreilles rondes façon peluche et leur cri aigu à faire sursauter un caillou, les pikas ont conquis les réseaux sociaux

Les vidéos virales sont légion : on les admire perchés sur un rocher, joues pleines d’herbes voire de fleurs ou encore poussant leur fameux cri évoquant un « piiiik ! ».

Extrait d’un documentaire de la chaîne britannique BBC sur le pika.

Mais derrière cette adorable façade se cache un animal étonnant, au mode de vie bien plus complexe qu’il n’y paraît. Surtout, son habitat est aujourd’hui menacé par les activités humaines.

Non, les pikas n’ont pas inspiré Pikachu

Commençons par tordre le cou à un mythe tenace : malgré leur nom qui pourrait prêter à confusion, les pikas n’ont rien à voir avec Pikachu, la mascotte électrique de Pokémon.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Pokémon Pikachu n’a pas été inspiré par les pikas. Sadie Hernandez, CC BY-SA

Le créateur de la saga, Satoshi Tajiri, a expliqué dans une interview que le nom vient d’onomatopées japonaises : pikapika (« étincelle ») et chu (le cri de la souris). Pikachu est donc censé être une souris… et non un pika. D’ailleurs, avec leurs oreilles arrondies et leur queue invisible, les vrais pikas ne lui ressemblent pas du tout !

Contrairement à ce que leur apparence pourrait laisser penser, les pikas ne sont d’ailleurs pas des rongeurs : ce sont des lagomorphes, comme les lapins et les lièvres. Leur dentition le prouve : deux paires d’incisives à la mâchoire supérieure (contre une seule chez les rongeurs), et une paire en bas. Ce détail anatomique les classe dans un autre groupe bien distinct.

Les pikas font partie de la famille des Ochotonidae. Petits (moins de 30 cm), dotés de courtes oreilles rondes (moins de 4 cm), d’une queue cachée et d’un crâne sans « processus supraorbital » (c’est ainsi que l’on nomme un relief osseux), ils diffèrent des léporidés (lapins et lièvres), leurs cousins aux grandes oreilles et aux queues visibles.

Leur famille ne compte plus qu’un seul genre vivant : Ochotona, composé de 34 espèces. Il n’existe donc pas une seule, mais plusieurs espèces de pikas !

Il existe plus de 30 espèces de pikas différentes (ici, pika américain). US Geological Survey

Ce nombre continue d’évoluer grâce aux recherches récentes qui continuent d’identifier de nouvelles espèces, et en particulier grâce aux études basées sur l’ADN.

L’ancêtre commun des pikas actuel daterait du Miocène (il y a environ 23 millions d’années). Les pikas sont originaires du plateau tibétain-Qinghai et se sont ensuite dispersés et diversifiés dans d’autres régions de l’Eurasie et de l’Amérique du Nord.

Des « lièvres criards » à l’habitat diversifié

Les pikas vivent en Asie (32 espèces), et en Amérique du Nord (2 espèces, dont le pika à collier et le pika américain). Selon leur espèce, ils occupent deux types d’habitats : les milieux rocheux et montagneux, ou bien les prairies et les steppes.

Spécimen de pika à collier (Ochotona collaris). Animalia, CC BY-SA

Les premiers utilisent les éboulis comme refuge, tandis que les seconds creusent des terriers où ils stockent des plantes pour l’hiver. Car, non, les pikas n’hibernent pas : ils passent la mauvaise saison à l’abri, sur leurs réserves.

Ce qui explique que l’on voit autant de vidéos de pika transportant des plantes dans la gueule vers leur abri ! Les pikas des prairies et des steppes ont tendance à se reproduire plus souvent et à avoir des portées plus nombreuses, mais vivent généralement moins longtemps que ceux habitant les milieux rocheux ou montagneux.

Un trait bien connu chez les pikas est leur propension à vocaliser. Leur sifflement strident, qui leur vaut les surnoms de « lièvres siffleurs » ou « lièvres criards », sert à avertir leurs congénères d’un danger ou à défendre leur territoire. Dans les paysages de montagnes, leur cri retentit comme un signal d’alerte minuscule, mais efficace.

Un régime alimentaire… un peu spécial

Les pikas sont principalement herbivores… avec une particularité. Comme leurs cousins les lapins, ils pratiquent la cæcotrophie : ils mangent une partie de leurs excréments (les cæcotrophes) pour mieux digérer les fibres et récupérer certains nutriments produits par les bactéries de leur intestin.

Autrement dit : un repas en deux services ! Mais ils vont parfois plus loin : certaines espèces, comme le pika à lèvres noires, peuvent même manger les crottes… d’autres animaux !

Sur le plateau tibétain, où les températures descendent jusqu’à -30 °C, cette espèce ralentit son métabolisme l’hiver et complète son alimentation en consommant… des crottes de yak.

Des boules de poil en danger d’extinction

Malheureusement, tout n’est pas rose pour ces petites boules de poils. Quatre espèces sont déjà officiellement considérées comme en danger d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)  : Ochotona argentata, O. koslowi, O. hoffmanni et O. iliensis.

Le pika de Koslov (O. koslowi), en danger d’extinction, est une espèce endémique en Chine. Planche zoologique de 1890

En cause, la destruction des habitats par la déforestation, par le surpâturage, ou par les effets du changement climatique. En raison de leurs capacités de dispersion limitée et de leur habitat fragmenté, il leur est difficile de se déplacer pour trouver un habitat plus favorable.

L’avenir de beaucoup d’autres espèces de pikas n’a encore fait l’objet d’aucune évaluation, car les données disponibles sur leurs populations et leur écologie sont insuffisantes.

Poussés vers les sommets, mais pas toujours capables d’y survivre

Reste que beaucoup d’espèces de pikas sont biologiquement adaptées à des environnements hivernaux froids. Avec le réchauffement climatique, ils pourront soit remonter vers le nord (ce qui leur est souvent difficile dans des environnements de plus en plus fragmentés), soit s’établir à des altitudes plus élevées… ce qui risque de leur poser problème en raison du manque d’oxygène.

Des chercheurs ont ainsi comparé dix espèces de pikas dont l’habitat se situe entre le niveau de la mer et plus de 5 000 mètres d’altitude.

Ils se sont intéressés à trois gènes présents dans les mitochondries – les minuscules « centrales énergétiques » que l’on trouve à l’intérieur de chaque cellule. Ces gènes permettent à l’organisme d’utiliser l’oxygène pour produire l’énergie dont il a besoin. Chez les pikas de haute altitude, les protéines produites par ces gènes sont particulièrement efficaces : elles permettent de tirer un maximum d’énergie de l’air raréfié en oxygène. Mais chez les pikas vivant plus bas, ces protéines fonctionnent différemment : elles produisent plus de chaleur, ce qui est utile pour rester au chaud, mais elles sont moins bonnes pour générer de l’énergie cellulaire.

Résultat : si ces pikas des basses terres sont contraints de grimper pour échapper au réchauffement climatique, ils risquent de ne pas survivre là-haut. Leur corps n’est tout simplement pas fait pour fonctionner avec si peu d’oxygène.

La disparition des pikas ne serait pas anodine. Dans des écosystèmes comme le plateau tibétain, où ces animaux sont trop souvent tués à cause de la croyance erronée selon laquelle ils dégraderaient les cultures, ces animaux jouent un rôle important dans la chaîne alimentaire et le fonctionnement global des milieux naturels. Leur déclin pourrait entraîner des déséquilibres majeurs.

Violaine Nicolas Colin, Maitre de conférence en systématique et phylogéographie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Biodiversité : Pourquoi ce mot est souvent mal compris

Créé à la fin des années 1980, ce mot a immédiatement connu un grand succès. Mais ce qu’il désigne est bien plus vaste qu’on ne le pense souvent. Aujourd’hui, de nouvelles notions émergent également pour nous permettre de mieux penser la diversité du vivant, telles que la biodiversité fantôme ou la biodiversité potentielle.

Forêt de chênes pubescents de Haute-Provence.

Par Thierry Gauquelin, Aix-Marseille Université (AMU)

Demandez à un enfant de huit ans, à un homme politique ou à une mère de famille, quel organisme symbolise, pour eux, la biodiversité… À coup sûr, ce sera un animal et plutôt un gros animal. Ce sera le panda, le koala, la baleine, l’ours, ou le loup, présent aujourd’hui dans nombre de départements français. Ce sera rarement un arbre, même si la déforestation ou les coupes rases sont dans tous les esprits, et, encore plus rarement, une fleur… Jamais un insecte, une araignée, un ver, une bactérie ou un champignon microscopique… qui, pourtant, constituent 99 % de cette biodiversité.

Raconter l’évolution de ce terme, c’est donc à la fois évoquer un grand succès, mais aussi des incompréhensions et certaines limites.

Mais pour prendre la mesure de tout cela, commençons par revenir sur ses débuts.

Exemples d’écosystèmes vulnérables : récifs coralliens, savane, forêt tempérée, mangroves.

Biodiversité, un terme récent 

Le terme « biodiversité », traduction de l’anglais biodiversity, est issu de la contraction de deux mots « diversité biologique » (biological diversity). Il est relativement récent et date seulement de la fin des années 1980, mais il a connu depuis un intérêt croissant.

Ainsi, en 2012, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystèmiques (IPBES), équivalent pour la biodiversité du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), a été lancée par le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

L’IPBES a publié, en moins de quinze ans, nombre de rapports dont, par exemple, en 2023, un rapport sur les espèces exotiques envahissantes (EEE) qui constituent l’une des cinq principales pressions sur la biodiversité.

Courbe montrant l’évolution de l’utilisation du mot biodiversité dans la base des livres disponibles sur Google Books
Courbe montrant l’évolution de l’utilisation du mot « biodiversité » dans la base des livres disponibles sur Google Books. Capture d’écran de l’outil Google Ngram, Fourni par l’auteur

La progression spectaculaire de l’utilisation de ce terme depuis sa création témoigne de l’intérêt croissant pour cette notion, notamment depuis le sommet de la Terre de Rio en 1992 où la biodiversité et sa préservation ont été considérées comme un des enjeux principaux du développement durable.

L’herbe de la Pampa (Cortaderia selloana), une espèce exotique envahissante, dans le Pays Basque
L’herbe de la pampa (Cortaderia selloana), une espèce exotique envahissante, dans le Pays basque. Fourni par l’auteur

Les trois principaux niveaux d’organisation de la biodiversité

Mais dès qu’on s’intéresse à ce que cette notion tâche de décrire, on voit rapidement qu’il existe différents critères complémentaires pour mesurer la richesse du monde vivant, avec, au moins, trois niveaux de biodiversité retenus par les scientifiques. :

  • la diversité spécifique, soit la richesse en espèces d’un écosystème, d’une région, d’un pays donné. Elle correspond, par exemple concernant les espèces de plantes natives, à près de 5 000 espèces pour la France hexagonale contre seulement 1 700 pour la Grande-Bretagne.
  • la diversité génétique, soit la diversité des gènes au sein d’une même espèce. C’est, par exemple, la très faible diversité génétique de la population de lynx boréal de France, issue de quelques réintroductions à partir des Carpates slovaques.
  • la diversité des écosystèmes, soit la diversité, sur un territoire donné, des communautés d’êtres vivants (la biocénose) en interaction avec leur environnement (le biotope). Ces interactions constituent aussi un autre niveau de biodiversité, tant elles façonnent le fonctionnement de ces écosystèmes.

Ces différents niveaux tranchent avec la représentation que peuvent se faire nos concitoyens de cette biodiversité, souvent limitée à la diversité spécifique, mais surtout à une fraction particulière de cette biodiversité, celle qui entretient des relations privilégiées ou affectives avec l’être humain. Ces espèces sont d’ailleurs aussi celles que l’on voit incarnée dans les principaux organismes de défense de la nature, par exemple le panda du WWF. Mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt.

Une biodiversité trop mal connue… concentrée dans les sols et dans les océans

Car, à ce jour, seulement environ 2 millions d’espèces ont pu être inventoriées alors qu’on estime qu’il en existe entre 8 millions et 20 millions.

Cette méconnaissance affligeante et paradoxale, à une époque où l’on veut conquérir Mars, est liée au fait que cette biodiversité se trouve pour une grande partie dans deux endroits, les sols, d’une part, et les océans, d’autre part. Soit deux milieux encore trop peu investigués et, pourtant, recélant l’essentiel de la biodiversité spécifique de notre planète.

Concernant les sols, si l’on s’intéresse simplement à sa faune, on sait qu’elle correspond à environ 80 % de la biodiversité animale. Plus de 100 000 espèces ont déjà été identifiées (notamment les collemboles, les acariens, les vers de terre…), alors qu’il n’existe que 4 500 espèces de mammifères. Mais, rien que pour les nématodes, ces vers microscopiques au rôle capital pour le fonctionnement du sol, il y aurait en réalité entre 300 000 et 500 000 espèces.

Il faut aussi avoir en tête tous les micro-organismes (bactéries et champignons) dont on ne connaît environ qu’un pour cent des espèces et dont on peut retrouver un milliard d’individus dans un seul gramme de sol forestier.

Ainsi, dans une forêt, et d’autant plus dans une forêt tempérée où la biodiversité floristique reste faible, c’est donc bien dans le sol que cette biodiversité, pour l’essentielle cachée, s’exprime.

Elle demeure, enfin, indispensable au fonctionnement des écosystèmes, indispensable au fonctionnement de la planète, marqué par les échanges de matière et d’énergie.

Fourni par l’auteur

Darwin, en 1881, nous disait à propos des vers de terre qu’il avait beaucoup étudiés, on le sait peu :

« Dieu sait comment s’obtient la fertilité du sol, et il en a confié le secret aux vers de terre. »

Il ajoutait ensuite :

« Il est permis de douter qu’il y ait beaucoup d’autres animaux qui aient joué dans l’histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d’une organisation si inférieure. »

Concernant la biodiversité des océans, et notamment celle des écosystèmes profonds, il est frappant de voir à quel point les chiffres avancés restent très approximatifs. On connaît moins la biodiversité, notamment marine, de notre planète que les étoiles dans notre univers.

À ce propos, Evelyne Beaulieu, l’héroïne océanographe du dernier prodigieux roman de Richard Powers, Un jeu sans fin (2025), s’exclame, après une plongée dans l’archipel indonésien Raja Ampat :

« C’est presque absurde des compter les espèces. Rien que pour les cnidaires, il y a sans doute au moins un millier de variétés, dont un bon nombre qu’aucun humain n’a jamais vu. Combien d’espèces encore à découvrir ? Autant qu’on en veut ! Je pourrais passer ma vie à donner à des créatures ton nom et le mien. »

La diversité génétique

La diversité génétique demeure, ensuite, la deuxième manière d’aborder la biodiversité.

Elle est fondamentale à considérer, étant garante de la résilience des espèces comme des écosystèmes. Dans une forêt de hêtres présentant une diversité génétique importante des individus, ce sont bien les arbres qui génétiquement présentent la meilleure résistance aux aléas climatiques ou aux ravageurs qui permettront à cette forêt de survivre.

Si, à l’inverse, la forêt ou le plus souvent la plantation est constituée d’individus présentant un patrimoine génétique identique, une sécheresse exceptionnelle ou encore une attaque parasitaire affectant un arbre les affecterait tous et mettra en péril l’ensemble de la plantation.

Tous les chênes pubescents à feuillage dit marcescent de Provence n’ont pas conservé leurs feuilles mortes en hiver : conditions stationnelles différentes ou diversité génétique ? Fourni par l’auteur

La diversité des écosystèmes

Les écosystèmes sont également définis comme des ensembles où des organismes vivants (la biocénose) se trouvent en interaction avec leur environnement physique (le biotope) dans un espace délimité.

Écosystèmes et biodiversité sont ainsi indissociables, d’une part, parce que la diversité d’écosystèmes va de pair avec la diversité spécifique, mais surtout, d’autre part, parce que les interactions qui définissent ces écosystèmes se réalisent au travers des organismes vivants constituant cette même biodiversité spécifique. Maintenir dans un espace donné des écosystèmes diversifiés, c’est en même temps favoriser la biodiversité et le fonctionnement de chacun de ces écosystèmes.

Les paysages méditerranéens du sud de la France présentent ainsi une diversité d’écosystèmes où se côtoient pelouses sèches, garrigue ou maquis, forêts de pins, forêts de chênes verts, blancs ou liège, s’inscrivant tous dans une dynamique successionnelle, auxquels s’ajoutent oliveraies, champs de céréales ou de légumineuses, etc.

Raoul Dufy, Vue des remparts de Saint-Paul-de-Vence, 1919 : une diversité d’écosystèmes
Raoul Dufy, Vue des remparts de Saint-Paul-de-Vence, 1919 : une diversité d’écosystèmes.

Pallier le manque de connaissances ?

Pour dépasser la difficulté à inventorier complètement et partout ces différentes facettes de la biodiversité, le concept d’une biodiversité potentielle a été développé. Des forestiers ont ainsi mis au point l’indice de biodiversité potentielle (IBP), un outil scientifique particulièrement intéressant et pédagogique permettant d’évaluer le potentiel d’accueil d’un peuplement forestier par les êtres vivants (faune, flore, champignons), sans préjuger de la biodiversité réelle qui ne pourrait être évaluée qu’avec des inventaires complexes, non réalisables en routine.

La forêt d’exception de la Sainte-Baume en Provence : un IBP très élevé. Fourni par l’auteur

Cet IBP permet donc d’identifier les points d’amélioration possibles lors des interventions sylvicoles. Cet indicateur indirect et « composite », repose sur la notation d’un ensemble de dix facteurs qui permettent d’estimer les capacités d’accueil de biodiversité de la forêt.

Ainsi sera notée, par exemple, la présence ou non dans l’écosystème forestier de différentes strates de végétation, de très gros arbres, d’arbres morts sur pied ou au sol, mais aussi de cavités, de blessures, d’excroissances se trouvant au niveau des arbres et susceptibles d’abriter des organismes très divers, des coléoptères aux chiroptères.

La forêt de pins maritimes des Landes (Nouvelle-Aquitaine) : un IBP faible. Fourni par l’auteur

Enfin, cette biodiversité peut aussi s’exprimer au travers de la biodiversité fantôme, c’est-à-dire la biodiversité des espèces qui pourraient naturellement occuper un environnement du fait de leurs exigences écologiques, mais qui en sont absentes du fait des activités humaines.

De fait, chaque écosystème a, par les caractéristiques climatiques, géographiques, géologiques de son biotope, un potentiel de biodiversité – potentiel entravé par la main de l’être humain, ancienne ou récente. Dans les régions fortement affectées par les activités humaines, les écosystèmes ne contiennent que 20 % des espèces qui pourraient s’y établir, contre 35 % dans les régions les moins impactées ; un écart causé par la fragmentation des habitats qui favorise la part de la diversité fantôme.

Inventoriée, cachée, potentielle ou fantôme, la biodiversité n’en reste pas moins la clé du fonctionnement des écosystèmes et la clé de notre résilience au changement climatique.

En témoignent toutes les publications scientifiques qui s’accumulent montrant l’importance de cette diversité pour nos efforts d’atténuation et d’adaptation. De plus en plus menacée dans toutes ses composantes sur la planète, la biodiversité doit donc, plus que jamais, être explorée et décrite, notamment là où elle est la plus riche mais la moins connue.

Thierry Gauquelin, Professeur émérite, Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE), Aix-Marseille Université (AMU)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Biodiversité, eau, alimentation, santé, climat : tout est lié !

Plus d’articles sur la biodiversité

Des communes reconnaissent la rivière Isle, affluent de la Dordogne, « citoyenne d’honneur » de leur territoire

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Le journal Sud Ouest partage l’engagement d’une dizaine de communes à reconnaitre la rivière Isle, affluent de la Dordogne, « citoyenne d’honneur » de leur territoire. Une avancée qui s’inscrit dans un mouvement national, Paris et la Seine, Tours et la Loire, Bordeaux et La Garonne… Mais pas seulement ! Car de nombreuses villes prennent d’autres chemins pour questionner notre relation à nos milieux de vie et aux êtres vivants.

De la Dordogne à la Gironde, la rivière Isle bientôt « citoyenne d’honneur » de dizaines de communes
De Libourne à Périgueux (photo), l’Isle traverse 170 communes. © Crédit photo : Archives Stéphane Klein / SO

Traversant plus de 170 communes entre Périgueux et Libourne, la rivière s’apprête à recevoir un titre symbolique : celui de « citoyenne d’honneur ». De la Dordogne à la Gironde, élus et syndicats de rivière portent cette initiative pour mettre en lumière l’importance écologique et patrimoniale de ce cours d’eau souvent éclipsé par la Dordogne voisine

Une rivière reconnue « citoyenne d’honneur »

Marine Calmet : soyons tous des Gardiens de la Nature

La citoyenneté d’honneur est un acte politique fort, la reconnaissance d’un milieu de vie comme acteur du territoire à part entière.

C’est aussi lui conférer un statut à part, membre d’honneur de nos communautés ainsi élargies aux « autres qu’humains ».

UN TOURNANT POUR LES DROITS DE LA NATURE DANS DE NOMBREUSES VILLES ET VILLAGES PIONNIERS EN FRANCE

Marine Calmet – Juriste, Présidente association Wild Legal, fellow Ashoka france

Quelles conséquences logiques découlent de ce statut spécial ?

Pour Marine Calmet, Juriste, Présidente association Wild Legal, « c’est évident qu’en tant que citoyennes d’honneur, les rivières, comme tous les milieux de vie, peuvent bénéficier de droits propres« .

« Penser les droits des citoyen-nes autres qu’humains dans nos villes demain, c’est engager une transition radicale à partir d’une nouvelle éthique environnementale dans laquelle la planification territoriale inclue le bien vivre des sols, des cours d’eau, des forêts et des autres êtres vivants, pour le bien être de tou-tes.« 

GARONNE | Un nouveau Collectif arrive en Haute-Garonne pour faire reconnaître les droits du fleuve

Un premier pas symbolique à transposer dans les politiques locales

  • dans le droit : les documents de planification, comme le Plan local d’urbanisme, le schéma d’aménagement et de gestion de l’eau, etc.
  • dans la gouvernance, en repensant des modèles de démocratie écocentrée
  • dans les programmes d’éducation et de sensibilisation, en créant notamment des aires éducatives dans chaque commune et école pour que les enfants apprennent dès le plus jeune âge à être gardien-nes de la Nature.

Ma rivière, c’est moi

Aller plus loin avec Wild Legal

Les prochaines élections municipales de mars 2026 seront un moment charnière pour le mouvement des droits de la Nature. D’autant plus que l’engagement des villes rayonne aussi sur les parlementaires, au Sénat et à l’Assemblée nationale.

  • RDV au Climax Festival à Bordeaux le 14 septembre à 16h pour retrouver les associations locales et les parlementaires engagés pour les droits de Garonne et Dordogne

Note d’éclairage1 « Bâtir des relations justes avec le Vivant »

Notre droit et nos politiques publiques réduisent la Nature à un stock de ressources à gérer. Cette logique de chosification du Vivant atteint pourtant ses limites face aux crises écologiques. La bonne nouvelle, c’est que les approches évoluent. L’Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie a demandé à Wild Legal d’explorer à ses côtés de nouvelles manières de penser notre rapport à la Nature.

Et si la première étape était justement de cesser de nous comporter en gestionnaires, pour devenir de véritables coloca-terre ?

Marine Calmet : soyons tous des Gardiens de la Nature

Les droits de la Nature : sortir d’une logique d’usage, bâtir des relations justes avec le Vivant.

Rivières sauvages

A propos de Wild Legal

Programme interactif pour la transition écologique du droit et les droits de la Nature.

Créé en 2019, le programme Wild Legal est un programme annuel de transition écologique par le droit visant à promouvoir l’étude, la pratique et le progrès du droit de l’environnement à la lumière de la doctrine juridique des Droits de la Nature. ​

Reposant sur une équipe d’experts, il innove et propose une évolution vertueuse du droit de l’environnement par une méthode expérimentale interactive à la fois ludique, pédagogique et participative pour former, pratiquer et appliquer un droit biocompatible. ​

Conçu pour faire collaborer étudiants, juristes et citoyens pour les Droits de la Nature, il s’érige en plateforme couveuse des initiatives juridiques environnementales les plus innovantes.

Wild Legal c’est :

  • Une école de pensée juridique et un labo d’idées autour du crime d’écocide, des droits de la nature et de la transition de nos systèmes juridiques.
  • Un procès-simulé par an pour incuber à l’université de grandes affaires environnementales, proposer des évolutions légales et former les nouvelles générations d’étudiant·es juristes et élèves-avocat·es.
  • Des combats phares et des sites pilotes pour expérimenter les droits de la nature partout en France (Droits de la Seine, Droits de la Garonne, etc.).
  • Une association regroupant cette multitude de méthodologies complémentaires en un programme unique de réflexion, d’action et d’expérimentation : le programme Wild Legal.

  1. Une note d’éclairage produite par Marine CALMET, Présidente de l’ONG Wild Legal, dans le cadre de son intervention du 9 juillet 2025 auprès de l’IHEST, Usage des terres et des mers, quelle trajectoire pour quelle société ? ↩︎

Un kit pédagogique pour plonger vos élèves dans la réalité des négociations climatiques internationales

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Imaginé par l’AFD et l’Office for Climate Education, ce kit pédagogique plonge vos élèves dans la réalité des négociations climatiques internationales. Jusqu’à 12 heures d’activités qui s’appuient sur des pédagogies actives avec jeux de rôle, débats, enquêtes documentaires et une simulation grandeur nature d’une COP. Le cœur du dispositif repose sur cette simulation où chaque élève incarne un acteur comme un État ou une ONG et doit défendre sa position dans un cadre de négociation.

Le changement climatique au cœur des préoccupations mondiales

Une ressource gratuite, adaptée à différents contextes, qui rend l’éducation au climat concrète, vivante et mobilisatrice.

Pierre-Henry Dodart – Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique
La séquence pédagogique peut par exemple être composée des 6 séances ci-dessus

Accessible de la 4e à la terminale, ce kit interdisciplinaire mobilise aussi bien les sciences de la vie et de la Terre que les sciences sociales ou encore les approches artistiques et citoyennes.

Il s’appuie sur les données les plus récentes du GIEC et correspond aux compétences de l’éducation au développement durable fixées par le ministère de l’Éducation nationale.

En complément des activités, les enseignants trouveront dans ce kit des fiches scientifiques et méthodologiques pour animer les séances et les élèves pourront prolonger la démarche par des projets concrets au sein de leur établissement.

Simuler des négociations internationales pour contribuer à une éducation de qualité au changement climatique

LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, UNE DES COMPOSANTES DU DÉVELOPPEMENT
DURABLE

Approuvé en 2015 par les 193 États membres des Nations unies, le programme de développement durable à l’horizon 2030 définit des objectifs destinés à relever des défis sociétaux mondiaux. Ils sont déclinés en 17 Objectifs de développement durable (ODD) et ont pour but d’assurer une transition écologique et solidaire, en éradiquant la pauvreté et les inégalités.

La lutte contre le changement climatique fait spécifiquement l’objet de l’ODD 13. Tous les autres ODD conduisent à mettre en œuvre des solutions qui vont également participer à la lutte contre le changement climatique, avec un objectif de transformation globale de l’ensemble de la société :

Source : GERES, cité dans le Guide : Les ODD – un levier pour l’éducation (disponible sur https://fondationtaraocean.org/education/guide-odd/)

ENSEIGNER LE CHANGEMENT CLIMATIQUE DANS LE CADRE DE L’ÉDUCATION AU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Prise en main du kit pédagogique

Le kit est divisé en 3 parties complémentaires

  1. PARTIE A : Comprendre les changements climatiques actuels
  2. PARTIE B : Négocier à l’échelle internationale
  3. PARTIE C : Agir pour le climat

Le Kit Pédagogique

MOOC Conservation de la nature et sa biodiversité pour se former gratuitement en ligne

Se former gratuitement en ligne à la conservation de la nature, avec une certification délivré par l’Université Senghor d’Alexandrie, c’est possible ! Si vous êtes passionné(e) par la conservation de la biodiversité et souhaitez renforcer vos compétences ? La plateforme MOOC Conservation, développée par l’UICN-PAPACO et ses partenaires, propose des formations en ligne, gratuites, accessibles à tous et certifiantes.

Chaque cours comprend des vidéos, quiz, témoignages, examens et ressources pratiques. En obtenant 75 % de réussite à l’examen, vous recevez un certificat de succès.

Des formats adaptés

Tous les cours sont gratuits,
en ligne, flexibles et
à suivre à votre rythme

Conservation des espèce

La conservation des espèces animales et végétales est un aspect essentiel de la gestion des aires protégées. C’est une approche régulièrement utilisée dans la planification des activités et lors du suivi des résultats sur le terrain. L’objectif de ce MOOC est d’introduire la notion d’espèce, définir ce qu’elle représente dans le cadre de la gestion du patrimoine des aires protégées et expliquer comment les gestionnaires peuvent les protéger et comment la conservation des espèces s’intègre dans la gestion des aires protégées.

Application des lois

L’application correcte des lois et des règlements est une composante essentielle de la gestion d’une aire protégée. Elle repose sur la mise en œuvre de protocoles spécifiques permettant de réduire voire d’éliminer les pressions qui s’appliquent aux valeurs du territoire. Elle fait appel à des connaissances précises et utilise des techniques définies qui s’expliquent, s’apprennent et s’appliquent. L’objectif de ce MOOC est donc de présenter la notion d’application de la loi, ce qu’elle représente, ce qu’elle implique, comment on la réalise, quels sont ses écueils, ses conditions favorisantes, ses limites, ses opportunités, comment on peut améliorer les résultats des AP, etc.

Aires marines protégées

Ce cours s’inscrit dans la continuité du MOOC GAP, et présente les spécéficités liées aux aires marines protgées. En quoi sont-elles différentes des aires protégées terrestres ? Sont-elles gérées différemment ? Quelles sont les régulations et législations qui s’y appliquent ? Les experts reconnus dans le milieu vous expliquent tout ça au cours d’un MOOC en six modules.

Gestion des aires protégées en Afrique

Ce cours porte sur les zones qui sont dédiées à la protection de la nature, les « aires protégées » : – comment elles fonctionnent et pourquoi elles sont si importantes dans le maintien de la santé de l’environnement de notre monde en plein développement, et plus particulièrement en Afrique. – Il vous aidera à comprendre les défis de la conservation en Afrique et comment les aires protégées peuvent aider à y faire face, du niveau local à l’échelle internationale.

Suivi écologique

Ce cours porte sur le suivi écologique, un aspect essentiel de la gestion des aires protégées. Suivre les 4 modules de ce cours vous permettra d’acquérir des bases essentielles, afin de comprendre ce qu’est le suivi écologique et comment il doit être mis en place. A quoi sert-il, quelles méthodes et techniques doivent être utilisées, pourquoi, comment les mettre en place ? Quels outils statistiques devez-vous connaitre pour mettre en place un bon suivi ? Enfin, le cours présente de nombreux exemples de suivi conduit dans divers environnements et visant différentes espèces, nous permettant de passer de la théorie à la pratique.

Nouvelles technologies

Ce cours présente le contexte dans lequel ces technologies bénéficient à la conservation, les techniques existantes, leurs conditions de leur mise en oeuvre, leur base scientifique et/ou technique, leurs résultats, les opportunités et les limites, etc.

Valorisation des aires protégées & tourisme durable

Ce MOOC porte sur l’utilisation ou la valorisation durable des ressources naturelles dans les aires protégées. L’objectif principal du cours est de présenter quelques-unes des méthodes couramment utilisées pour valoriser durablement les aires protégées (et leurs ressources), contribuant ainsi à leur conservation à long terme. Il mettra l’accent sur deux approches complémentaires : la première partie du MOOC couvrira les avantages (directs ou indirects) procurés par les ressources naturelles aires protégées et la seconde portera sur le tourisme durable dans les aires protégées, ses avantages, coûts, opportunités et menaces.

Découvrez les cours et rejoignez une communauté mondiale d’acteurs engagés pour la protection de la nature

Africa Green – engageons nous pour le climat

Africa Green Embassy affirme avec conviction sa volonté de s’ériger en acteur stratégique et en partenaire de référence dans l’accompagnement des politiques publiques en matière de lutte contre les changements climatiques.

S’inscrivant pleinement dans la dynamique des Objectifs de Développement Durable (ODD), l’organisation se donne pour mission de soutenir activement les initiatives de développement économique durable. À travers ses actions, elle entend contribuer de manière concrète à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables, en particulier dans les pays du Sud, tout en favorisant une transition juste et inclusive.

Formation Climat & Biodiversité

Le géomimétisme : comment imiter la nature pour s’adapter au dérèglement du climat et à l’érosion de la biodiversité ?

« Pourquoi nos élites « intelligentes » font-elles des choix collectivement stupides ? » demande Vinz Kanté, fondateur de .LIMIT, à Pierre Gilbert, chercheur, auteur et fondateur de la plateforme SATOR. « Parce qu’on leur a appris à ignorer les limites physiques du monde réel, au nom d’un mythe de croissance et de performance illimitées. » Mais ce n’est pas une vidéo pour désespérer car elle présente le géomimétisme, parle de récit collectif à réinventer, de la brutalité en cours et à venir mais aussi de notre responsabilité historique à changer de logiciel pour mettre en œuvre les solutions qui existent en imitant la nature …

Pourquoi nos élites font-elles des choix collectivement stupides ?

Pierre Gilbert, Fondateur de Sator.fr, Prospectiviste et auteur-conférencier

Pierre Gilbert est le fondateur de la plateforme SATOR, prospectiviste et auteur-conférencier au service du nouveau paradigme, TEDx speaker, Spécialiste du géomimétisme et de l’écologie culturelle.

Il connaît bien les rouages de nos organisations humaines pour les avoir expérimentées et/ou étudiées (économiques, financières, scientifiques, politiques ou militaires).

Vinz Kanté, fondateur de .LIMI

Il a accepter de parler librement et simplement avec Vinz Kanté, fondateur de .LIMIT, de ce que nos élites ont du mal à accepter et comprendre :

  • 👉 La crise n’est pas passagère
  • 👉 La transition ne sera pas numérique
  • 👉 L’ingénierie sans limites mène au gouffre
  • 👉 La violence nait de la négation des faits pour préserver un modèle qui fond comme les glaciers au soleil

Les solutions dans la nature à imiter pour s’adapter au changement climatique et restaurer la biodiversité

Pierre Gilbert présente aussi les solutions qui existent dans la nature à imiter pour atténuer et s’adapter au changement climatique en restaurant la biodiversité et ses services éco-systémiques

« Environ 90% de l’entretien porte sur des solutions assez nouvelles, du moins dont on entend peu parler« , précise Pierre Gilbert. « Je pars du principe qu’il faut faire découvrir constamment de nouvelles choses, dans des milieux déjà très informés« .

Et si la meilleure technologie pour sauver le climat… c’était la nature elle-même ?

Dans cette interview, Pierre Gilbert propose un contre-récit à la géo-ingénierie, en s’inspirant de l’intelligence du vivant pour restaurer les équilibres planétaires. C’est le cœur de ce qu’il appelle le géomimétisme : un biomimétisme de niveau 4, appliqué au climat.

À travers les forêts, les zones humides, les prairies, les océans, les algues ou encore les éléphants du Congo, Pierre nous explique comment réactiver les puits naturels de carbone, tout en régénérant les écosystèmes et en créant de la résilience territoriale.

Il dénonce l’arnaque de la captation technologique du CO₂, explique pourquoi les algues pourraient remplacer les énergies fossiles, et appelle à un plan Marshall écologique porté par l’audace politique et le courage collectif.

C’est une leçon de lucidité, mais aussi un récit d’espoir et de solutions concrètes — enracinées dans la nature.


A propos de LIMIT

Le média qui vous parle des limites planétaires, des ressources et humaines

.LIMIT est un nouveau média qui a pour vocation d’aborder les thématiques qui englobent les « Limites Planétaires. »
Leurs objectifs : pédagogie, éducation, information et divertissement autour de sujets pas rigolo, complexes mais scientifiquement vulgarisés sur les véritables enjeux de notre civilisation et de notre avenir commun.

A propos de Pierre Gilbert

Auteur spécialiste du géomimétisme

Depuis plus de 10 ans, il se spécialise sur les interactions entre biodiversité et climat, et plus généralement sur la branche du biomimétisme qui s’intéresse à l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. C’est le concept de géomimétisme : le biomimétisme au niveau géo, la Terre, le climat.

Il explore le fonctionnement passionnant des puits de carbone naturels (les forêts, l’agroécologie, la vie marine, les prairies, zones humides, etc.) à travers le rôle des végétaux, animaux, champignons et micro-organismes.

Son objectif est de répondre à la question suivante :

Quelle part peut jouer la régénération du vivant à grande échelle dans nos scénarios climatiques ?

Préface de Marc-André Selosse, professeur du Muséum national d’histoire naturelle et à l’Institut universitaire de France, président de la Fédération BioGée.

Les voies nouvelles du géomimétisme

Comment et à quel point la biodiversité – végétale et animale – peut-elle nous permettre de lutter contre le réchauffement climatique ? C’est le sujet inédit de ce livre qui met en avant le rôle décisif joué par les grands puits de carbone naturels : océans, forêts, sols agricoles, mais aussi zones humides, prairies et permafrost.
S’appuyant sur les recherches scientifiques les plus récentes, l’auteur nous dévoile le fonctionnement incroyablement sophistiqué de ces écosystèmes et leur potentiel de captation du carbone. Il montre comment les espèces de planctons, de poissons, de baleines, de requins, d’oiseaux marins… jouent un rôle clé dans la « pompe à carbone biologique » océanique ; comment la microfaune, les champignons et les animaux font de nos forêts, prairies, cultures agroécologiques… de grands régulateurs du cycle du carbone comme du cycle de l’eau.
Protéger ces puits naturels, les renforcer et les reproduire, c’est la voie du géomimétismele biomimétisme au service du climat. Une voie négligée jusque-là, et pourtant fondamentale pour soigner le climat, au même titre que la transition énergétique.

Un éloge du génie du vivant
et un antidote à l’écoanxiété !

Pierre Gilbert est prospectiviste spécialisé sur les sujets environnementaux et climatiques. C’est à ce titre qu’il a cofondé l’Institut Rousseau puis Sator, une plateforme de masterclass vidéo novatrice faisant appel aux meilleurs experts de leurs sujets. Vulgarisateur hors pair, conférencier et entrepreneur, il est l’auteur d’un premier livre sur le géomimétisme.

Près de 10 000 vues en à peine 1 jour et demi, des commentaires adorables…
j’ai rarement eu un retour de montagne sans réseau aussi plaisant !

Pierre Gilbert

Conférencier au service du nouveau paradigme

Conférencier depuis plus de 7 ans, il intervient en entreprise, ministères et événements divers pour partager sa passion pour les solutions inspirées du vivant. Il y aborde des sujets tels que le géomimétisme – évidemment – mais aussi le biomimétisme, la prospective spécifique au secteur du commanditaire, les risques climatiques et l’adaptation, la biophilie (comment la nature nous fait du bien niveau santé physique et mentale) et de plus en plus sur un sujet fondamental pour moi : les freins psychologiques et inconscients à la transition.

Entrepreneur fondateur de Sator

Sator, c’est la première plateforme de grandes masterclass vidéo dédiées aux transitions et au développement collectif. Elle travaille avec les experts les plus visionnaires de leur domaine pour réaliser des masterclass de 5 à 10h, en épisodes de 30 min, qui se regardent comme une série Netflix.

Plus de 25 masterclass disponibles avec des personnalités telles que Olivier Hamant, Pablo Servigne, Arthur Keller, Victoire Satto, le général Vincent Desportes, etc. Pour les entreprises, la puissance publique et les particuliers !

Pour une réconciliation avec la nature, (re)voir le documentaire de Yann Arthus-Bertrand

Avec poésie et lucidité, dans ce documentaire « Nature, pour une réconciliation », Yann Arthus-Bertrand retrace l’histoire du vivant, de ses origines cosmiques à son évolution sur notre planète, en passant par les merveilles de la biodiversité et les défis contemporains auxquels elle fait face. À travers des images spectaculaires, le film interroge les paradoxes de notre époque et exhorte à une transformation collective pour réconcilier l’humanité avec la nature. Disponible en replay gratuitement sur M6plus.

Le documentaire « Nature : pour une réconciliation«  produit par Yann Arthus-Bertrand (© HOPE PRODUCTION) et diffusé sur M6 est une claque et un tournant :

« il ne se contente pas de documenter le chaos et l’absurde. Il cite les industries responsables, crûment. »

QuotaClimat

« Pour moi, c’est normal que ces géants pétroliers cristallisent toutes les haines et les tensions« , confie Yann Arthus-Bertrand.

Co-écrit avec Anne-Sophie Novel, ce reportage exprime une réalité où la patte désespérée de 2024 a imprégné. Yann Arthus-Bertrand avoue : « Je ne veux brusquer personne mais l’urgence de la situation m’effraie« .

Après être remonté aux origines de la Terre et des éléments, le documentaire décrit, secteur par secteur,pourquoi l’impasse est déjà là, et comment nous nous y engouffrons encore plus. QuotaClimat a relevé quelques pépites à méditer sur des images à rêver à une réconciliation de l’homme avec la nature :

  • « Les énergies s’accumulent plutôt que de se substituer, même l’hydrogène est un mensonge. C’est une fausse piste, comme les biocarburants« .
  • « Nous cherchons des sources d’énergie alors qu’on devrait trouver des solutions pour en consommer moins« .
  • « Nous détournons les innovations pour faire toujours plus, annulant les effets positifs« 
  • « On se raconte des histoires qui nous rassurent pour continuer de penser qu’on a rien à changer : comme cette usine en Islande qui enlève du carbone de l’atmosphère« 
  • [En matière de pesticides] « On exporte ce qu’on interdit chez nous. Ce n’est pas un paradoxe, c’est un scandale. »

Le documentaire illustre les dérives du secteur des transports (voitures, avions, bateaux de croisière), du textile, de la pêche, de l’agriculture, de l’élevage.

Conscient d’utiliser des mots durs et blessants, Yann Arthus-Bertrand le fait en s’excusant : « En disant ça j’ai conscience d’agresser les éleveurs et je m’en excuse, car ils sont nombreux à bien faire leur travail, ce sont les méthodes et les quantités qui sont problématiques pour notre santé et notre planète. »

Le documentaire se clôture sur 15 minutes de paroles données aux femmes qui agissent et qui sont, pour beaucoup, fatiguées, mais debout. Iil n’y a pas de vaine solution. Car Yann Arthus Bertrand le dit en introduction : « J’ai toujours fondé mon espoir sur l’intelligence et la capacité créatrice de l’être humain. Mais aujourd’hui ce chaos me fait douter de notre capacité à relever le défi« .

Puissant cri d’alerte, qui touche au cœur.

« Nous avons le pouvoir de changer.
il Manque juste l’envie. »

Voir Nature, pour une réconciliation

Une production Hope Production pour M6

N’hésitez pas à partager le film autour de vous, il est disponible en replay gratuitement sur M6plus !

Ce film a été réalisé uniquement avec des pilotes de drones locaux et des images d’archives, il a obtenu le label ECOPROD.

Co-écrit avec Anne-Sophie Novel et en collaboration avec Jean-Pierre Bibring, Lauriane Galera, Florent Gilard, Philippine Merolle et Adrien Rivierre. Produit par Hope Production, Robin & Co avec la participation de M6.


A propos de QuotaClimat :

Les crises écologiques progressent et leurs conséquences sont désormais palpables : elles sont matérielles, démocratiques, humaines.

Les leviers pour y remédier sont nombreux, mais l’un d’entre-eux reste impensé : la mobilisation des journalistes et des médias, c’est-à-dire la production d’une information environnementale en quantité suffisante, exacte et de qualité, dirigée vers l’action plutôt que l’inertie.

Le sixième rapport du GIEC l’affirme : « Les médias jouent un rôle crucial dans la formation des perceptions, de la compréhension et de la volonté du public à agir vis-à-vis du changement climatique » (page 2516).

En informant davantage et mieux, en enquêtant en profondeur, les médias peuvent déjouer l’inertie, et se positionner comme contre-pouvoir efficace. C’est le sens de l’action de l’association QuotaClimat : « les y inciter, par tous les moyens possibles, de l’interpellation à la fabrique de lois adaptées« .

Un boom inquiétant de la désinformation climatique dans le monde

  • 1. Polarisation de l’opinion et instrumentalisation politique
  • 2. Démobilisation citoyenne
  • 3. Montée en puissance de la post-vérité
  • 4. Désincitation politique et économique à agir face à l’urgence écologique

Ensemble, nous sommes puissants

Protéger la biodiversité avec les Obligations Réelles Environnementales (ORE)

En août, le temps s’étire à la faveur d’un ralentissement du rythme habituel. En oasis, on ne s’ennuie jamais (surtout pour celles et ceux qui accueillent des séjours tout l’été) mais le rapport au temps long demeure une préoccupation constante. La Coopérative Oasis s’intéresse cet été au temps sous 2 angles : la sanctuarisation d’un mode de vie respectueux du vivant et du patrimoine, grâce aux Obligations Réelles Environnementales (ORE), et la place accordée à nos aîné·es dans les écolieux.

Protéger la biodiversité avec les ORE

Les espaces naturels sont menacés par l’activité humaine notamment du fait que leur préservation fluctue selon les orientations politiques, les besoins de développement du territoire, les choix individuels des propriétaires…

Pour pallier à ces fluctuations, la loi Biodiversité a mis en place les Obligations Réelles Environnementales (ORE), un dispositif foncier de protection de l’environnement.

Il s’agit de fixer des obligations environnementales par un contrat conclu sur 99 ans entre :

  • un propriétaire volontaire pour protéger l’environnement chez lui de façon pérenne (c’est à dire au-delà du temps où il sera propriétaire de ce terrain)
  • et un cocontractant, comme la Coopérative Oasis, garant de l’obligation qui peut être une collectivité, une association de défense de l’environnement, ou un organisme public.

Signé devant notaire, le contrat transmettra lesdites obligations à tous les futurs propriétaires pour une durée qui peut s’étendre jusqu’à 99 ans et permet ainsi de sanctuariser le terrain.

L’acte notarié décrit les espaces à protéger et leur typologie, et un plan de gestion associé, révisable, décrit les pratiques attendues.

Une fois ce contrat signé, le propriétaire a la responsabilité de mettre en pratique ce plan de gestion, et la Coopérative Oasis, cocontractante, joue un rôle de conseil, d’assistance et d’animation dans la mise en place du contrat.

« Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement »

art. 2 de la charte de l’environnement

Protéger les espaces naturels des oasis

La Coopérative Oasis a lancé un projet pour protéger la Biodiversité sur le site des écolieux. Dans ce cadre, elle accompagne les collectifs du réseau à mettre en place des ORE sur leurs espaces naturels et se positionne en co-contractant pour le suivi de leur mise en œuvre, à travers la mise en place d’un réseau des oasis de biodiversité.

Cet accompagnement de la coopérative est réservé uniquement aux écolieux collectifs et il est gratuit pour les oasis sociétaires, dans le cadre d’un partenariat avec le Fonds Fraternité pour demain1.

Si la démarche vous intéresse, voici les différentes étapes de l’ORE avec Oasis :

  • Définir les espaces concernés (parcelles) et évaluer l’intérêt écologique.
  • Définir ce qu’on veut protéger ou restaurer (quels types d’espaces, quelles espèces, quelles fonctions écologiques).
  • Vérifier l’adéquation avec d’autres droits préalablement établis (ex : bail a fermage).
  • Réaliser le diagnostic : il s’agit d’établir un état des lieux sur les espaces concernés et définir des clauses du contrat et du plan de gestion.
  • Préparer puis signer l’acte notarié.
  • Contribuer au réseau des oasis de biodiversité pour le suivi et le contrôle des ORE du réseau.

Contacter la Coopérative Oasis

Le réseau des oasis de biodiversité

Démarré en 2024, le réseau compte 6 Oasis ayant déjà signé des ORE et 9 oasis vont signer


Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages

Après la loi relative à la protection de la nature de 1976 et la loi sur la protection et la mise en valeur des paysages de 1993, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages a été promulguée le 9 août 2016.

Cette loi inscrit dans le droit français une vision dynamique et renouvelée de la biodiversité et a pour ambition de protéger et de valoriser notre patrimoine naturel, pour faire de la France le pays de l’excellence environnementale et des croissances verte et bleue.

Sommaire

  1. Consolider des principes juridiques
  2. Répondre concrètement aux enjeux de la biodiversité
  3. Réaffirmer que la biodiversité est l’affaire de tous
  4. Protéger les espèces en danger, les espaces sensibles et la qualité de notre environnement
  5. Faire de la biodiversité un levier de développement économique
  6. L’Office français de la biodiversité

Guide Obligation réelle environnementale

Exemples de relations et interactions entre êtres vivants …

… et entre ces êtres et leur milieu de vie

Fiches de synthèse du Cerema

À 80 ans, Huguette donne sa maison pour y développer un projet écologique

Huguette et Emmanuel se connaissaient déjà, avant qu’il ne réponde, en février 2024, à l’annonce de donation de sa maison natale située à Chavanac en Corrèze.
A la Coopérative Oasis, nous sommes souvent au premières loges pour admirer la grandeur d’âme qui anime bon nombre de personnes. Parmi elles, Huguette a tenu a nous raconter son histoire, celle de « la Maison du Bonheur » devenue, non sans embûches, « Mouvements, Couleurs, Nature ».

« Je m’appelle Huguette, je suis née en 1945 et j’ai vécu jusqu’à mes 12 ans à Chavanac, dans la ferme de mes grands-parents. Après une vie d’enseignante de lettres en région parisienne, je suis revenue m’installer définitivement en Corrèze.

Seule héritière de ce bien construit en pierres taillées de granit typique de la région, datant de la fin du 18e – début 19ème siècle et dans lequel je revenais chaque été, j’ai eu à cœur d’incarner les valeurs de solidarité et générosité si présente dans ma famille et de transmettre ce modeste patrimoine familial à une personne qui en prendrait soin, respecterait le bâti et son environnement naturel, et impulserait une dynamique à mon village natal.

Je ne pouvais porter seule ce projet ambitieux et atypique. En effet, je ne souhaitais pas vendre mais faire une donation de la maison et du terrain attenant, avec pour seule condition la possibilité d’occuper le rez-de-chaussée de la maison durant la belle saison jusqu’à la fin de ma vie.

J’ai donc contacté le président du fonds de dotation Fraternité pour Demain, Dominique Schalck, ancien administrateur de la Coopérative Oasis, afin de sanctuariser la ferme familiale par une donation.« 

Exemples d’oasis

Vivre en oasis, faire vivre des oasis, ce sont des engagements d’aujourd’hui pour faire advenir un futur meilleur.

Pradal Haut

L’écolieu du Pradal Haut est une oasis toute jeune, située à Martrin dans l’Aveyron. De petite échelle, elle abrite 4 petits foyers dans une bâtisse de 260 m² en rafraîchissement, et une association sur les plus de 600 m² de dépendances et…

Ferme Légère

La Ferme Légère, un écolieu de Méracq dans les Pyrénées-Atlantiques, qui vise l’autonomie énergétique et alimentaire tout en réduisant au mieux son impact environnemental. Placez votre argent dans la Coopérative Oasis et soutenez la création d’Oasis ! Pour aller plus…

Écovillage Sainte Camelle

Fondé en 2011, l’écovillage Sainte Camelle se situe en Ariège sur une surface de 18 ha de forêt et de praire. Environ une vingtaine de personnes vivent cette belle aventure en tant que collectif et non en tant que communauté…


Sanctuarisation de biens

Sanctuariser les biens communs, ou mis en commun,
afin de grantir la pérennité de leurs usages.

  1. La Coopérative Oasis s’est associée au Fonds Fraternité pour Demain pour permettre la mise en place et le financement d’ORE dans le réseau français des écolieux. Notre objectif est de préserver de manière durable des espaces de biodiversité en aidant les collectifs citoyens engagés pour la transition écologique à les protéger sur le très long terme et à en prendre soin.
    Parmi les collectifs du réseau, souvent propriétaires de grands terrains, parfois de plus de 100 hectares, l’idée de pérenniser les actions de protection environnementale fait du sens !
    Le coût d’une ORE s’élève de 2 000 € à 5 000 € tout compris, suivant la complexité de l’étude.
    Fraternité pour Demain est un fonds d’aide aux projets ayant une utilité sociale, éducative, écologique : une campagne de collecte dédiée à la protection des espaces de biodiversité est en cours, et, en partenariat avec la Coopérative Oasis, servira à financer la mise en place d’ORE dans les oasis.
    En 2024, grâce à des mécènes du Fonds Fraternité pour Demain, nous avons pu lancer les premières Oasis de biodiversité protégée. D’autres collectifs sont intéressés par la démarche. 
En 2025 et 2026, nous souhaitons poursuivre cette démarche et proposer la mise en place d’au moins 30 d’ORE sur les espaces naturels du réseau des oasis. ↩︎

Un guide pratique pour aider les collectivités territoriales à s’approprier l’agenda 2030

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Ce guide pratique du Comité 21 montre comment les collectivités peuvent passer de l’intention à l’action, en mobilisant pleinement le cadre universel des 17 Objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 et agir ainsi pour un avenir plus juste, plus solidaire et respectueux de la planète.

17 objectifs pour sauver le monde
Les objectifs de développement durable nous donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice. Les objectifs sont interconnectés et, pour ne laisser personne de côté, il est important d’atteindre chacun d’entre eux, et chacune de leurs cibles, d’ici à 2030.

Ce guide propose des conseils pour structurer une démarche locale ODD depuis le diagnostic initial, qui permet d’identifier les forces et les manques d’un territoire, jusqu’au choix d’indicateurs précis pour suivre les progrès, en passant par l’intégration des ODD dans les documents de planification.

17 ODD ou 5P : Au-delà de sa structuration en 17 ODD, cet Agenda peut aussi s’organiser et se structurer autour des « 5P » car il est
au service de la planète, des populations, de la prospérité, de la paix et des partenariats

Il offre des fiches détaillées pour chacun des 17 ODD, présentant leurs cibles, les enjeux locaux associés et des leviers d’action concrets pour les collectivités. Qu’il s’agisse de réduire les inégalités, d’améliorer l’accès à l’éducation ou de protéger les écosystèmes, chaque objectif est traduit en pistes opérationnelles.

Chaque ODD peut être rangé dans une de ces 5 catégories selon le schéma ci-dessus

Il met aussi en lumière des exemples de territoires pionniers – régions, départements, intercommunalités, communes – qui ont déjà intégré les ODD à leurs projets. Leurs expériences illustrent comment ce cadre peut devenir un moteur de cohérence, de mobilisation citoyenne et de coopération entre acteurs.

Un outil clair et inspirant, utile aussi bien pour l’action publique que pour l’éducation aux enjeux environnementaux et de durabilité, afin de relier le local et le global.

Une fonction publique pour la transition écologique

« Les ODD ne sont pas un rêve mais un plan »
– Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.

Guide pour l’appropriation de l’Agenda 2030 par les collectivités

Construire une stratégie locale de développement durable

GUIDE MÉTHODOLOGIQUE
L’AGENDA 2030 DANS LES COLLECTIVITÉS

Qu’est-ce que la restauration de la nature ? Définition, enjeux et solutions

Notre avenir est intimement lié à celui de la nature et du monde vivant. Notre sécurité alimentaire, sanitaire, économique et sociale dépend de la santé des sols, de l’eau, de l’air, de la biodiversité et de la qualité de l’environnement dans lesquels nous vivons. Pourtant, nous connaissons aujourd’hui une sixième extinction d’espèces à un rythme jamais constaté depuis la disparition des dinosaures ! L’enjeu est bien là : la préservation d’écosystèmes en bon état en France est primordiale mais elle est insuffisante à elle seule, tant nos écosystèmes sont souvent déjà dégradés ou détruits. Il est donc urgent de protéger mais aussi de réparer la nature ! Qu’est-ce que la restauration de la nature ? Définition, enjeux et solutions, un dossier France Nature Environnement pour porter la voix de la nature dans le débat public

Doc’ en CEN

Plus de 81 % des habitats naturels de l’UE sont dans en mauvais état (IPBES). Ainsi 95% des Français.es estiment qu’il faut se mobiliser pour protéger et restaurer la biodiversité (sondage 2024, OFB).

L’Union européenne s’est emparé du sujet en adoptant en 2024 la législation la plus ambitieuse pour la biodiversité depuis 30 ans : le Règlement européen pour la restauration de la nature. La France doit désormais appliquer ce règlement pour restaurer l’intégrité de notre patrimoine naturel.

Mais qu’est-ce que la restauration de la nature ? Pourquoi devons-nous restaurer les écosystèmes ? Qui peut agir, et comment ? Ce dossier vous explique tout ce qu’il faut savoir sur cet enjeu majeur pour notre quotidien et pour notre avenir.

Restaurer la nature en France : portons la voix de la nature dans le débat public

Face à l’effondrement de la biodiversité, il est temps de réparer les dégâts !

L’année dernière, les eurodéputé·es ont voté le texte le plus ambitieux pour la biodiversité depuis 30 ans : le Règlement européen sur la restauration de la nature. Il est maintenant l’heure de le faire appliquer en France et de restaurer le vivant dans nos territoires.

Le règlement européen sur la restauration de la nature : quelle application en France ?
Le ministère de la Transition écologique propose aux Français.es de donner leur avis sur la restauration de la nature, dans le cadre de la concertation préalable au Plan National de Restauration de la Nature, organisée du 23 mai au 23 août 2025.

En savoir plus : Restaurer la nature en France : portons la voix de la nature dans le débat public

Qu’est-ce que la restauration de la nature ?

La définition de la restauration de la nature

La restauration de la nature ou restauration écologique est un processus volontaire qui vise le rétablissement d’un écosystème qui a été dégradé, endommagé ou détruit

SER Standard, Gann et al., 2019
Fédération des Conservatoires d’espaces naturels : Principes et normes internationaux pour la pratique de la restauration écologique.

Concrètement, des mesures de restauration de la nature peuvent être prises au niveau national, comme l’interdiction d’épandre des pesticides dans les sites Natura 2000 ou les lieux de captage de notre eau potable par exemple. Elles peuvent être également prises à l’échelle d’un site local :

  • l’enlèvement de barrages qui fracturent une rivière et empêchent les migrations de poissons
  • la plantation de haies pour créer des refuges de biodiversité et permettre la pollinisation des cultures
  • la création de petites zones humides qui filtrent l’eau
  • etc.

Avis du CESE

Restauration de la nature : face à l’urgence, donnons l’envie d’agir

La restauration de la nature vise à placer un écosystème dégradé ou détruit dans une dynamique de rétablissement vers un état de référence, c’est à dire une version non dégradée de l’écosystème qui tient compte des conditions environnementales actuelles ou à venir (voir la définition de la SER).

Ainsi, l’objectif n’est pas de revenir à un état originel ou historique, et encore moins à une nature « vierge », d’autant que certains milieux naturels sont dépendants du maintien de pratiques notamment agricoles (cf. 2 sites Natura 2000 dans l’Essonne). Comme l’explique le CESE dans son avis sur la restauration de la nature, l’objectif est le même que le traitement médical d’une fracture de la jambe : il s’agit de retrouver un état de référence (la capacité à s’appuyer sur la jambe et à marcher), et non un état originel (une jambe n’ayant pas subi la fracture).

Avis du CESE. Restauration de la nature : face à l’urgence, donnons l’envie d’agir

Les différents types de restauration

Selon la nature et l’état des écosystèmes, les actions de restauration à engager vont demander une intervention humaine plus ou moins importante :

  • La restauration passive, sans intervention humaine autre que celle visant à réduire ou supprimer les mécanismes à l’origine de la dégradation de l’écosystème, est à prioriser partout où cela est possible et nécessaire.
  • La restauration active (assistée ou reconstructive) peut être nécessaire pour certains écosystèmes fortement dégradés.

Restaurer la nature repose sur un large éventail d’actions possibles, allant de ne rien faire pour laisser la nature se refaire une santé toute seule à des travaux lourds et longs nécessitant beaucoup d’expertise, de matériel et de main d’œuvre.

DOC’ en CEN

Pourquoi faut-il restaurer la nature ?

Notre quotidien et notre avenir dépendent de la biodiversité

Restaurer la nature répond d’abord à un impératif écologique : préserver l’intégrité du vivant. C’est également un levier clé pour rétablir les services écosystémiques essentiels à notre quotidien et notre avenir.

En restaurant les réseaux écologiques, revitalisant les sols, laissant vieillir nos forêts, redonnant vie aux mers et océans et rétablissant les connectivités des cours d’eau, la restauration de la nature crée les conditions nécessaires à la résilience des espèces et des sociétés humaines.  

Ainsi, restaurer la nature ne veut pas dire exclure les humains mais garantir notre sécurité alimentaire, sanitaire, économique et sociale :

  • les agriculteurs et agricultrices bénéficient d’une meilleure qualité des sols, d’une régulation des apports en eau et de la pollinisation des cultures
  • les citoyen·nes d’une meilleure protection contre les inondations, d’une eau potable, d’un air respirable et de villes plus fraîches
  • les pêcheurs et pêcheuses du rétablissement des stocks de poissons
  • le secteur forestier de forêts plus résistantes et résilientes
DOC’ en CEN

Les Français·es l’ont bien compris, 86% estiment que leur avenir et leur quotidien dépendent de l’état de la biodiversité et 95% qu’il faut se mobiliser pour protéger et restaurer la biodiversité.

Restaurer la nature c’est nécessaire pour la sécurité alimentaire

La nature est essentielle à la production alimentaire !

Résumé de L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2025

Lutter contre la forte inflation des prix des produits alimentaires pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition

Par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

Restaurer la nature c’est nécessaire pour la sécurité économique

  • Plus de 50 % du PIB mondial repose sur la nature (Banque Mondiale 2022)
  • En France, 80 % des emplois dépendent de la biodiversité dont 10 % directement
  • 1 euro investi dans la restauration = 8 euros de gains, liés aux avantages d’un écosystème sain selon l’analyse d’impact de la Commission européenne
  • En période d’instabilité des relations internationales, renforcer notre résilience écologique et alimentaire est une priorité stratégique pour notre souveraineté : des écosystèmes en bon état limitent notre dépendance à des intrants importés, protègent nos ressources naturelles et assurent notre autonomie à long terme

Restaurer la nature c’est nécessaire pour la sécurité sanitaire

On ne peut pas séparer la nature d’un côté et l’humain de l’autre côté, c’est un monde imbriqué : la santé des écosystèmes et des espèces conditionne notre santé (concept d’Une Seule Santé). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a montré qu’en Europe les facteurs environnementaux qui pourraient être évités ou supprimés provoquent 1,4 million de décès par an, soit au moins 15% des décès.

  • Zoonoses : une biodiversité riche et fonctionnelle agit comme une barrière contre les zoonoses (comme la Covid-19), elle limite la transmission des agents pathogènes en régulant les réservoirs et vecteurs de maladies
  • Risques et pollutions : Atténuation des impacts du changement climatique des risques naturels d’inondations, de sécheresses, de vagues de chaleur, d’incendie etc.
    • Les zones humides stockent jusqu’à 50 fois plus d’eau qu’un sol sec, limitent les crues en aval, filtrent les polluants, favorisent la biodiversité et stabilisent le climat. Ainsi, 65 % des études comparatives considèrent que les solutions fondées sur la nature sont plus efficaces que des solutions techniques (construction de digues, …)
    • Des forêts plus riches et résilientes résistent mieux aux sécheresses, maladies et incendies, ce qui sécurise la production de bois à long terme contrairement aux monocultures qui sont très vulnérables (cf. incendie des pins maritimes dans les landes en 2022)
  • Pharmacopée : 70% des médicaments et anti cancéreux proviennent directement des réservoirs de biodiversité
La nature est le socle de l’économie mondiale. Plus de la moitié du PIB mondial dépend des matériaux et des services fournis par les écosystèmes. Par exemple, les matières premières sont essentielles pour l’industrie et la construction, et les ressources génétiques sont nécessaires dans l’agriculture et la médecine.

La biodiversité décline à un rythme sans précédent  

Depuis 200 ans, les extinctions d’espèces sont 10 à 1000 fois plus rapides que le rythme naturel et + de 81 % des habitats naturels de l’UE sont dans en mauvais état selon l’IPBES, un panel rassemble plus de 1 400 scientifiques du monde entier.  

En France, 20 % seulement des habitats d’intérêt communautaire, habitats considérés par l’Union européenne comme étant d’importance pour la conservation de la biodiversité (Annexe 1 de la directive Habitat), sont dans un état favorable sur la période 2013-2018. De plus, 17 % des espèces de faune et de flore sont aujourd’hui menacées ou éteintes en France avec 44 % des oiseaux des milieux agricoles disparus en 34 ans.

Les activités humaines à l’origine de cet effondrement

Il est aujourd’hui largement démontré et admis que l’effondrement accéléré de la biodiversité a pour moteur les pressions directes et indirectes qu’exerce l’être humain. En fragilisant les structures du vivant, les sociétés humaines appauvrissent les territoires qui perdent leurs aménités, leur résilience et qui n’ont pas le temps de s’adapter.

Ces pressions anthropiques sont de différentes natures, la principale étant, pour les milieux terrestres et aquatiques, la destruction et la fragmentation des milieux. Les principales activités humaines à l’origine de ces changements dans l’Union Européenne sont, dans l’ordre :  

  • L’agriculture intensive : C’est la principale cause d’érosion de la biodiversité dans l’Union européenne. Depuis les années 50, une agriculture plus intensive et spécialisée a progressivement contribué à l’appauvrissement continu de la biodiversité. Dans l’Union européenne, 61% des sols sont en mauvais état principalement en raison de pratiques intensives, telles que le labour profond et l’utilisation excessive de pesticides.
  • La modification des régimes hydrologiques : Elle est due en particulier au drainage agricole et aux centrales hydroélectriques.
  • L’urbanisation : Depuis 1981, on urbanise presque 4 fois plus vite que la croissance de la population. La France est au-dessus de la moyenne européenne en matière d’artificialisation issue de l’urbanisation.
  • Les pollutions : Elles sont également un moteur puissant de la perte de biodiversité : il s’agit des pesticides, microplastiques, PFAS, particules fines et autres rejets et émissions (sonores, lumineuses, thermiques, radioactives, etc.) dans notre environnement.

La surexploitation des ressources, le changement climatique et les espèces exotiques envahissantes représentent les autres principales pressions.

Les mécanismes en mer sont de nature similaire avec principalement l’aménagement du littoral qui touche les habitats côtiers, l’exploitation excessive de certaines ressources (poissons, granulats marins, maerls, etc.) et les pollutions diverses en provenance généralement de la terre.

Quelles sont les activités qui nuisent à la nature en Europe ?

Comment restaurer la nature en France ?

Le cadre légal de l’Union européenne

En 2023, l’Union européenne s’est doté du texte le plus ambitieux pour la biodiversité depuis 30 ans : le Règlement sur la restauration de la nature. Juridiquement contraignant pour les États membres de l’Union Européenne, il exige la mise en place de mesures de restauration sur au moins 20% des terres et des mers de l’UE d’ici 2030 et sur 100% des surfaces dégradées d’ici 2050. Cet objectif général est décliné par type d’écosystème (marins, forestiers, agricoles, urbains, etc.).

Les États membres doivent élaborer des plans nationaux de restauration de la nature (PNRN), qui préciseront notamment les zones ciblées, les mesures mises en œuvre et les financements dédiés à partir de 2030. C’est une opportunité historique. Mais encore faut-il que la France prenne ses responsabilités.

La nécessité d’une cohérence de l’action publique

Pour protéger les citoyen·nes des impacts de l’effondrement de la biodiversité sur notre quotidien et notre avenir, et pour que les efforts de restauration ne soient pas vains, il est urgent que l’État français donne un cap cohérent en :

  • assurant la compatibilité des politiques publiques 
  • garantissant l’efficacité, l’efficience et la pérennité des actions

10 préconisations pour bâtir un Plan National de
Restauration la Nature (PNRN) à la hauteur des enjeux

France Nature Environnement a émis des recommandations pour élaborer un Plan National de Restauration effectif, efficace et embarquant la population.

Accédez à nos recommandations

Les associations locales : actrices incontournables de la restauration de la nature

Les associations de protection de la nature agissent sur le terrain, sensibilisent le public et interpellent les décideurs.  

Comment restaurer la nature près de chez moi ?

Rejoindre une association de protection de la nature près de chez soi et s’engager dans des chantiers participatifs de restauration, des programmes de signalement participatif comme Sentinelles de la Nature ou l’Opération Hérisson, ou encore des activités de sensibilisation.

Aménager son jardin ou son balcon en refuge pour la biodiversité : jardiner au naturel, créer une mare dans son jardin, créer une oasis biodiversité, planter des essences locales mellifères pour contribuer à la sauvegarde des pollinisateurs sauvages, planter des haies ou encore installer des nichoirs ou hôtels à insectes.

Guide pratique pour aménager son jardin d’agrément au naturel