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L’économie non marchande : une autre manière de faire société

Par Jean Pascal Derumier et les membres d’OLCC

Aujourd’hui, presque tout passe par l’argent. On achète, on vend, on calcule la valeur des choses en fonction du marché. Mais il existe une autre forme d’économie, souvent invisible, qui ne repose pas sur l’argent : l’économie non marchande. Plaidoyer pour le développement d’une véritable économie non marchande par Jean Pascal Derumier et les membres d’OLCC (Osons Les Contributions Citoyennes)

L’économie non marchande existe déjà partout autour de nous. Ce sont les activités basées sur l’entraide, le bénévolat, le partage, les associations, les initiatives locales, les communs (comme les jardins partagés ou les logiciels libres), les échanges de savoirs… Bref, tout ce qui crée de la valeur sans passer par la logique du profit.

L’idée est simple : et si cette économie devenait un pilier central d’un nouveau projet de société ?

Pourquoi en parler aujourd’hui ?

Nous traversons une période de crise profonde : crise écologique, sociale, démocratique. Le modèle dominant – centré sur la consommation, la croissance et la recherche du profit – a profondément façonné notre manière de vivre. Il influence :

  • notre idée de la réussite,
  • notre rapport au travail,
  • notre façon de consommer,
  • et même nos rêves.

Résultat : nous dépendons beaucoup de l’argent et du marché pour répondre à nos besoins. Supprimer l’économie de marché du jour au lendemain n’est ni réaliste ni possible. Mais nous pouvons rééquilibrer les choses en développant davantage l’économie non marchande. Cela permettrait :

  • de réduire notre dépendance à l’argent,
  • de renforcer notre capacité d’agir collectivement,
  • de redonner du pouvoir aux citoyens.

En quoi consiste l’économie non marchande ?

L’économie non marchande repose sur une idée essentielle : La valeur des choses ne doit pas être décidée uniquement par le marché, mais par la communauté humaine, en fonction de ce qui est vraiment important pour elle. Elle s’appuie sur :

  • l’engagement des citoyens,
  • les associations,
  • les collectivités locales,
  • les entreprises engagées,
  • les ressources déjà présentes sur un territoire (lieux, compétences, savoirs…).

Elle agit dans trois domaines à la fois :

  • Écologique : Prendre soin du vivant, protéger les ressources, encourager des modes de vie plus sobres.
  • Social : Créer du lien, renforcer la solidarité, développer la coopération plutôt que la concurrence.
  • Économique : Produire des biens et services utiles sans viser le profit : entraide, réparation, mutualisation, partage.

Ce que cela pourrait changer concrètement

Développer l’économie non marchande pourrait :

  • Redonner du pouvoir d’agir. Chacun peut contribuer, sans forcément passer par l’argent.
  • Encourager la sobriété. Faire soi-même, partager, réparer, mutualiser permet d’aller à l’essentiel et de réduire le gaspillage.
  • Redéfinir le travail. Beaucoup d’activités utiles à la société (s’occuper des autres, préserver la nature, transmettre des savoirs…) sont peu reconnues car peu rentables. Il s’agirait de reconnaître leur vraie valeur.
  • Renforcer les liens humains. La coopération remplace la compétition. On sort d’un modèle trop individualiste.
  • Développer les « communs ». Un commun, c’est une ressource gérée collectivement (un jardin partagé, une monnaie locale, une coopérative…). Cela favorise l’égalité d’accès et la solidarité.
  • Revitaliser la démocratie. En redonnant de l’importance au niveau local et à l’engagement citoyen, on renforce la vie démocratique.

Comment la développer ?

Cela suppose plusieurs actions :

  • Créer des outils pour faciliter l’engagement. Des plateformes, des réseaux d’entraide, des dispositifs pour mutualiser les ressources.
  • Lancer des expérimentations locales. Tester des projets concrets à petite échelle et reproduire ceux qui fonctionnent.
  • Inventer de nouvelles formes de reconnaissance. Par exemple :
    • un revenu contributif,
    • des compléments de revenus,
    • des rémunérations en nature.

L’idée est de soutenir financièrement certaines activités utiles à la collectivité, même si elles ne sont pas rentables.

Repenser l’éducation

Former des citoyens plus en phase avec le vivant, connaissant leurs biais de traitement de l’information, respectueux du différent d’eux, ayant une plus grande connaissance des autrescultures, un plus grand respect du travail manuel, plus coopératifs que compétitifs, ayant envie de s’engager pour faire face aux défis planétaires.

5) Un changement d’imaginaire

Au fond, il ne s’agit pas seulement d’économie. Il s’agit de changer notre vision du monde :

  • de la compétition à la coopération,
  • du profit à l’utilité sociale,
  • de l’individualisme au collectif,
  • de la consommation excessive à la sobriété choisie.

Ce changement ne se fera pas en un jour. Mais chaque initiative locale, chaque projet coopératif, chaque engagement citoyen va dans ce sens.

6) Le chemin compte autant que le but

L’économie non marchande existe déjà. Elle est simplement sous-estimée. La développer progressivement nous rendrait :

  • plus solidaires,
  • plus résilients,
  • plus fraternels,
  • mieux préparés aux crises à venir.

Ce n’est pas un retour en arrière, mais une transformation : mettre l’humain et le vivant au centre, sans nier l’économie de marché, mais en la rééquilibrant.

Plaidoyer pour une économie non marchande

Osons les Contributions Citoyennes Non Marchandes

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttps://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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