L’UFC-Que Choisir dénonce le Plan Eau

Un plan de gestion de la rareté de l'eau jugé insuffisant

L’association redoute également que les usagers domestiques soient contraints de financer les investissements de gestion de la pénurie, comme les barrages ou les retenues d’eau. Elle demande la mise en place d’aides qui favorisent la reconversion des cultures pour amener les agriculteurs à diminuer leur consommation d’eau. Elle réclame aussi le triplement de la redevance sur la consommation d’eau pour les agriculteurs. Le projet de loi sur l’eau qui doit être présenté au Parlement en février prévoit de relever à 4%, contre 1% actuellement, la part des redevances payées par les agriculteurs, qui alimentent le budget des Agence de l’eau. L’UFC souhaite que cette part soit portée à 10 ou 15%, afin d’inciter les agriculteurs à réduire leurs prélèvements. L’agriculture représente jusqu’à 80% de la consommation nette d’eau durant l’été. La ministre de l’Ecologie, Nelly Olin, a présenté mercredi en Conseil des ministres un plan qui vise à anticiper les sécheresses à venir.

Communiqué de presse de l’UFC-Que Choisir

Les consommateurs et les agriculteurs sont piégés par le gouvernement

Le « plan sécheresse » présenté ce matin en conseil des ministres ne contient aucune réforme structurelle de la politique de l’eau et ne permettra en aucun cas de réduire le risque de pénurie. Le plan se contente d’énumérer des mesures de faible portée telles que la récupération des eaux pluviales ou l’installation de compteurs à eau dans les résidences collectives. La baisse de l’irrigation est évoquée de façon incantatoire sans que soient proposées des incitations économiques qui permettraient un changement des pratiques agricoles. L’UFC-Que Choisir rappelle que, durant l’été, 80 % de la consommation d’eau est le fait des activités agricoles. Seule la mise en oeuvre d’incitations à l’économie d’eau des agriculteurs est susceptible de régler à moyen terme et de façon équitable le problème de la sécheresse en France. Si ce plan devait être adopté, les consommateurs resteraient soumis au risque de rupture d’alimentation en eau potable qui pourrait survenir dès l’été 2006 dans certaines agglomérations urbaines. Les usagers domestiques devraient aussi financer des investissements de gestion de la pénurie (barrage, retenue d’eau) qui seraient essentiellement dédiés à la promotion de l’irrigation agricole. Par ailleurs, le plan sécheresse maintient aussi les agriculteurs dans une impasse environnementale. Ces derniers ne se voient proposer aucune aide financière qui permettrait d’assurer une reconversion partielle des cultures et, par ce biais, de réduire la production irriguée dans les zones touchées par la pénurie. Les exploitants ne sont pas non plus responsabilisés, car le plan sécheresse ne prévoit pas d’appliquer aux activités agricoles le paiement d’une redevance significative sur la consommation d’eau. Les agriculteurs sont donc contraints à perpétuer l’irrigation intensive car il s’agit d’une réponse économiquement rationnelle à la politique du gouvernement. L’UFC-Que Choisir estime que, par son immobilisme, la ministre de l’écologie contribue à accroître la rareté de l’eau et à renforcer un conflit très regrettable entre les différents usagers. L’UFC-Que Choisir demande que soient inscrites les mesures suivantes dans le projet de loi sur l’eau : – la mise en place d’un plan d’aides agro-environnementales qui favoriserait la reconversion des cultures et amènerait les agriculteurs à diminuer leur consommation d’eau. – l’instauration d’une écotaxe anti-sécheresse par le triplement de la redevance que payent les irriguants aux agences de l’eau. Le produit de cette écotaxe devra abonder le plan d’aides agro-environnementales.

 

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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