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Le défi du développement durable

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Bonjour, Le texte ci-dessous est une réflexion. Elle est faite pour évoluer, après débat. Il a donc été posté sur la liste Médiaterre par son auteur Raymond Leduc adjoint au maire de Bouguenais (44) pour être critiqué. (Cdurable.info le publie en l’état pour élargir sa diffusion) Attention : il est long ! «Une recherche de l’expression « développement durable » sur la liste de discussion archi.fr, donne 145 résultats positifs en 2003 contre 238 en 2005. La progression est significative : si depuis plusieurs années le « développement durable » fait florès, ces derniers mois il est présent partout. Il n’est pas un parti politique, pas un aménageur, pas une grande entreprise qui ne s’en réclament. Le gouvernement de la France a un ministère qui en porte le nom et en a la charge. Plusieurs multinationales l’utilisent comme axe publicitaire. Le salon Batimat l’avait cette année choisi pour thème. On pourrait s’en réjouir si le message que veulent faire passer les uns et les autre était en adéquation avec le concept. Mais est-ce bien le cas? L’exposition universelle d’Aïchi 2005, entièrement consacrée aux « défis environnementaux » auxquels est confrontée la planète à « l’ère de la mondialisation et des nouvelles technologies », fut-elle réellement « un hymne à la technologie et au développement durable »? Que faut-il penser de la déclaration du président du Centre scientifique et technique du bâtiment sur le webzine de son organisation : « Notre grande ambition est le développement durable » ? Est-ce qu’on a réellement parlé de développement durable au congrès 2005 de l’Untec (les économistes de la construction), dont deux forums étaient intitulés « valeur ajoutée du développement durable » et « impact du développement durable sur la gestion des chantiers », ou au congrès du CNEAF (Collège National des Experts Architectes Français) dont les ateliers étaient consacrés aux matériaux, à la conception, à la mise en oeuvre, et à « l’environnement et au développement durable » ? Est-ce que la cheminée sans conduit, qui ne fonctionne pas au bois mais à l’alcool de betterave, est-ce que cette cheminée remarquée à Batimat 2005 est « durable »? Et la Mairie des Mureaux, premier bâtiment en France certifié « NF bâtiments tertiaires démarche HQE’ » est-elle plus ou moins durable que la tour de 120 mètres de haut et 30 millions d’euros (avec, tout en bas, un espace pédagogique et tout en haut… un restaurant panoramique) dessinée par Jean Nouvel pour la ville de Rouen où elle abritera un « Centre de la mer et du développement durable » ? Hélas, rien n’est moins sûr. La raison en est que la majorité des utilisateurs de la formule confondent, quelquefois sciemment, « développement durable » et politique environnementale. Quant aux organisations politiques, la plupart d’entre elles en récusent la pertinence, ou en refusent la perspective. C’est une erreur. Une erreur qui s’explique aisément. Mais une erreur qui pourrait bien réduire à néant les espoirs qui motivèrent ses inventeurs et ses développeurs. 1- L’origine de la définition La définition la plus communément admise du développement durable est celle donnée par la commission Brutland : « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. » [[ Tous les documents auxquels il est fait référence sont consultables en ligne, soit sur le site de Agora 21, la plate-forme francophone d’information et de débats pour le développement durable (http://www.agora21.org), soit sur les sites de l’ONU (http://www.un.org/french/, http://www.unep.org/french/, http://www.undp.org/french/, http://www.fao.org/index_fr.htm, etc.)]] Qu’est-ce que la commission Brundtland ? Pour répondre à cette question, il faut se reporter aux décennies 1960 et 1970. Ces années là, l’économie mondiale montre une belle santé. La production de biens et de services croît partout, ou presque, et les emplois avec elle. Pourtant, dès 1966, René Dumont fait paraître « Nous allons à la famine ». En 1971, René Dubos et Barbara Ward lui font écho avec la publication de « Nous n’avons qu’une seule terre ». L’année suivante, le club de Rome diffuse un rapport, rédigé à sa demande par le MIT, dont le titre est « Halte à la croissance ». A la même époque, « Les amis de la terre » et « Greenpeace », mais aussi ENDA et Chipko se font connaître du grand public par des manifestations destinées à l’alerter sur la dégradation croissante de l’environnement. La communauté internationale s’alarma de ces dénonciations des conséquences, supposées négatives, de la croissance. En 1972, à Stockholm, les Nations Unies réunirent un sommet qui prit deux décisions : créer une organisation chargée spécifiquement des problèmes d’environnement (ce sera le PNUE) et confier à Gro Harlem Brundtland, ex premier ministre de Norvège, le soin de réunir une commission d’experts indépendante chargée d’établir un rapport sur cette question. Madame Brundtland composa un groupe de 23 membres, issus en majorité des PED (Soudan, Brésil, Nigéria, Zimbabwe, Yougoslavie, Algérie, Colombie, Indonésie, etc), venus de la politique, de l’économie, du syndicalisme ou de la diplomatie, et dont les compétences et l’expérience étaient indiscutables. Ses travaux durèrent trois années. Trois ans de collecte d’études, de rapports, de consultations d’experts. Trois ans de déplacements, de délibérations, d’auditions publiques d’organisations et de citoyens aux quatre coins du monde. A l’achèvement de leur mission, ses membres adoptèrent, à l’unanimité, le texte d’un rapport que leur présidente déposa sur le bureau des Nations Unies sous le titre « Our sustainable development » (traduit par Notre avenir à tous). Présenté devant l’assemblée générale des Nations Unies, à Genève, dès la session suivant son dépôt, ce rapport fut adopté à l’unanimité le 11 décembre 1987, dans une déclaration en 21 points. Ici, une première conclusion s’impose donc : la définition du développement durable donnée par Madame Brundtland est une définition officielle. Et cela est d’autant plus important que cette définition est à la fois plus longue et plus riche que ce que le grand public en connaît. 2- Le contenu de la définition La définition du développement durable énoncée par la commission Brundtland est donc, pour partie, la suivante : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »Vingt années après sa rédaction, bien peu de personnes savent qui en est l’auteur. Par contre, la formule est désormais connue du plus grand nombre. Et, bien sûr, on la retrouve imprimée sur d’innombrables pages de livres, feuilles de magasines, sites web et plaquettes d’organisations officielles. A l’inverse, il est très rare, pour ne pas dire rarissime, de la voir accompagnée de la phrase qui la suit pourtant immédiatement dans le rapport : « Deux concepts sont inhérents à cette notion : 1- Le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et 2- l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale imposent sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. » Et il est encore plus rare d’y voir accolé le point 5 de la déclaration des Nations Unies : « la recherche du développement soutenable doit inclure de préserver la paix, de rétablir la croissance et de changer sa qualité, de remédier aux problèmes de la pauvreté et de satisfaire aux besoins humains, de maîtriser la démographie, d’économiser et de mettre en valeur les ressources de base, de réorienter la technologie et de contrôler les risques, et de fusionner l’environnement et les sciences économiques dans la prise de décision. » Autrement dit, le développement durable, ce n’est pas la protection de l’environnement, c’est… du développement. Et pas n’importe lequel : c’est du développement humain. Mais il y a mieux. Le rapport Brundtland ajoute en effet que : « Des changements juridiques et institutionnels sont nécessaires afin de faire respecter l’intérêt commun […] À elle seule la loi ne suffit guère. Ce qu’il faut, c’est l’appui d’un public informé […] promouvoir les initiatives des citoyens, donner du pouvoir aux associations et renforcer la démocratie locale. Enfin, il conclut : Le développement soutenable exige les six éléments suivants : 1- un système politique qui assure la participation effective des citoyens à la prise de décisions ; 2- un système économique capable de dégager des excédents et de créer des compétences techniques sur une base soutenue et autonome ; 3- un système social capable de trouver des solutions aux tensions nées d’un développement déséquilibré ; 4- un système de production qui respecte l’obligation de préserver la base écologique en vue du développement, un système technologique toujours à l’affût de solutions nouvelles ; 5- un système international qui favorise des solutions soutenables en ce qui concerne les échanges et le financement, et ; 6- un système administratif souple capable de s’autocorriger.  » A quoi la déclaration des Nations Unies fait écho en recommandant « une nouvelle approche de la croissance économique, comme préalable essentiel à l’éradication de la pauvreté et pour valoriser les ressources essentielles dont les générations présentes et futures dépendent […] et la participation des organisations non gouvernementales, de l’industrie et de la communauté scientifique aux politiques nationales et internationales de développement durable. » A ce point, nous disposons donc d’une définition officielle très précise. Le développement durable c’est : 1- du développement, 2- le développement de l’homme, 3- un développement qui utilise toutes les ressources de la science et de la technologie, 4- un développement qui appelle de nouvelles formes de « gouvernance », et en particulier l’association à la fois des entreprises et des citoyens organisés (en syndicats, associations et autres regroupement) à la définition des choix et à la mise en oeuvre des politiques, 5- un développement qui ne détruise pas l’écosystème planétaire et qui préserve les ressources de la terre, aujourd’hui et demain. Par parenthèse, à ce point il est aussi possible de répondre aux question posées en introduction, en questionnant le maire des Mureaux et celui de Rouen, ou en interrogeant les visiteurs de Aïchi et les congressistes de l’UNTEC ou du CNEAF… Cela dit, pour s’en tenir au seul domaine de l’architecture et de l’urbanisme, on voit bien qu’en matière de développement durable l’urgence est moins de construire des bâtiments ou des lotissement répondant à toutes les normes HQE, que de réhabiliter les « quartiers » périphériques, et dans ces quartiers le parc des logements « énergétivores » construits avant les années 1990, car le coût de leur fonctionnement pèse d’abord sur les revenus des français les plus pauvres donc les plus éloignés du développement humain. Ce n’est qu’une parenthèse, mais elle permet d’affirmer au passage qu’un projet, quel qu’il soit, ne peut être inclus dans le champ du développement durable qu’à la condition d’avoir une dimension politique qui le relie d’une façon ou d’une autre au concept défini par les Nations Unies. La « cheminée sans conduit fonctionnant à l’alcool de betterave » n’est rien d’autre qu’une innovation technologique et ne sera jamais que cela. Une innovation dont on peut au demeurant douter de la pertinence si on songe à l’énergie consommée pour produire les betteraves… 3- La bonne fortune de la définition On dira que la définition « Bruntland » est déjà ancienne (le rapport de la commission fut adopté par l’assemblée générale des Nations Unies en 1987 rappelons-le) et qu’elle n’engage que ses auteurs. On dira cela et on aura raison : les concepts sont faits pour être critiqués, enrichis, reformulés. Celui-ci n’a pas échappé à la règle. Mais les débats auxquels il a donné lieu ne l’ont en rien dénaturé. Ils l’ont au contraire précisé. Au point que, huit années plus tard, la déclaration finale du sommet de la terre tenu à Rio de Janiero en 1992 reprend presque intégralement les conclusions du rapport de la commission. Qu’on en juge : l’homme est au centre (principe 1), l’élimination de la pauvreté constitue une condition indispensable du développement durable (principe 5), la meilleure façon de traiter les questions d’environnement est d’assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient (principe 10), les États devraient coopérer pour promouvoir un système économique international ouvert et favorable, propre à engendrer une croissance économique et un développement durable dans tous les pays (principe 12). Où en est-on dix-huit ans après « l’invention » du développement durable, et treize années après le premier sommet de la terre ? Aucun des postulats de départ n’a été invalidé. Au contraire, sommet mondial après sommet mondial, conférences régionales après conférences thématiques, colloques après colloques, tout ce que la planète compte d’acteurs intéressés par le concept, ses déclinaisons et ses implications, est engagé dans un énorme travail d’enrichissement à la fois intellectuel et opérationnel qui porte sur l’équité, la justice, mais aussi la production, la consommation, et bien sûr l’environnement. C’est ainsi que l’ONU a inventé un indice, l’indice du développement humain, réactualisé tous les ans, qui fixe dans l’opérationnel des objectifs qui sinon resteraient à la fois irréels et verbeux. C’est ainsi encore que tous les sommets convoqués depuis par les Nations Unies (Le Caire sur la population en 1994, Pékin sur la situation des femmes en 1995, Copenhague sur la question sociale en 1995, Istambul sur les villes en 1996, Kyoto sur le climat en 1997) ont fait référence explicitement à ce projet politique. C’est ainsi enfin qu’il a été adopté comme « objectif politique du millénaire », à New-York en septembre 2000 puis lors du « Sommet mondial sur le développement durable » à Johannesburg en août-septembre 2002 : « Nous, représentants des peuples du monde, réaffirmons notre engagement en faveur du développement durable. Nous nous engageons à rendre la société mondiale plus humaine, plus secourable et plus respectueuse de la dignité de chacun. A ce titre, nous assumons notre responsabilité collective, qui est de faire progresser, aux niveaux local, national, régional et mondial, le développement économique, le développement social et la protection de l’environnement, piliers interdépendants et complémentaires du développement durable. (déclaration finale de Johannesburg) » 4- L’actualité du développement durable La communauté internationale, ou plus exactement l’Organisation des Nations Unies a donc fait sienne, intégralement, à la fois la définition du développement durable et le projet politique qu’induit cette définition. Pourtant, en ce début du XXIe siècle, les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. Le revenu moyen des 20 pays les plus riches est 37 fois plus élevé que celui des 20 pays les plus pauvres. L’écart a doublé depuis 1960. 1,2 milliard d’humains ont moins de 1$/jour, 2,8 d’humains ont moins de 2$/j (rapport 2000 de la Banque mondiale). Les pauvres sont les personnes les plus exposées aux pollutions et les moins à même de s’en protéger. On estime à presque trois millions le nombre des décès annuel dus à la pollution de l’air dont les deux tiers pour la pollution à l’intérieur des bâtiments (rapport 2000 du PNUD). 800 millions d’humains ont faim (rapport 2000 de la FAO). Le quart des réserves halieutiques mondiales est épuisé ou en danger d’épuisement; pour la moitié des autres réserves, l’exploitation atteint la limite du renouvellement biologique; presque un milliard de personnes ont perdu ou vont perdre leur principale source de protéines (rapport 2000 du PNUD). Les réserves d’eau disponibles à l’échelle planétaire sont passées de 17000 m3/ha en 1950 à 7000 m3/ha aujourd’hui (rapport du secrétaire général des Nations Unies, avril 1997). Dit autrement : le développement durable est resté lettre morte. Au demeurant, la communauté internationale en est parfaitement consciente. Le rapport du secrétaire général de l’organisation devant l’assemblée de New-York (Millénaire + 5) en septembre 2005 contient ces phrases terribles : « Si les tendances actuelles se maintiennent, beaucoup des pays les plus pauvres risquent de ne pas atteindre [les objectifs du millénaire]. Après ce que nous avons déjà fait, un échec de cet ordre serait la preuve tragique que nous avons laissé passer notre chance. Le rapport montre que nous avons bel et bien les moyens de faire que tous les pays du monde ou presque mettent à exécution les promesses qu’expriment les Objectifs du Millénaire. Il ne nous reste plus qu’à mettre ces moyens en oeuvre. Nous devons être bien conscients du prix qu’il faudra payer si nous laissons passer cette occasion. Des millions de personnes qui auraient pu être sauvées périront. Maintes libertés qui auraient pu être garanties seront déniées, et nous vivrons dans un monde plus dangereux et instable (Kofi A. Annan). » Pourquoi est-on dans cette situation? L’explication la plus simple, celle qui vient immédiatement à l’esprit, est que l’Organisation des Nations Unies ne dispose d’aucun pouvoir. Elle fonctionne sur le consensus et la bonne volonté. Certes, mais l’argument est insuffisant. A priori, si les gouvernements sont convaincus de la justesse de ce projet, alors la somme de ces gouvernements, la somme des consciences qu’incarnent chacun d’eux devrait permettre de le mettre en oeuvre. Ce n’est pas le cas. Donc il y a un autre motif. Et à ce point on est obligé de se poser sans ambiguïté la question de la dimension proprement idéologique du développement durable. La mission confiée à la commission Brundtland était de réfléchir aux problèmes environnementaux posés par un développement agricole et industriel non régulé et par une pression démographique menaçante. La réponse de la commission, inattendue, fut politique. Elle demandait aux Nations Unies de subordonner l’économie à la politique. Et pas n’importe quelle politique, puisqu’elle demandait de lutter en priorité contre la pauvreté, insupportable pour l’écosystème planétaire certes, mais surtout insupportable d’un point de vue politique et social, et pour dire mieux insupportable d’un point de vue éthique. Le développement durable n’est donc pas une méthode, un instrument parmi d’autres dans la caisse à outils des gestionnaires d’entreprise, des responsables d’organisations et des chefs de gouvernements. Le développement durable est une proposition politique, qui entre par conséquent en concurrence avec les autres idéologies présentes sur le marché de la « gouvernance ». Que dit cette idéologie? « Qu’il faut améliorer le niveau de consommation de plus d’un milliard de pauvres dans le monde, dont les besoins élémentaires en matière d’alimentation, d’abri et d’habillement ne sont pas satisfaits. Qu’il faut consommer différemment : réduire les marques que nous infligeons à l’écologie tout en réalisant une bonne qualité de vie pour tous. Qu’il faut changer notre manière de prendre les décisions, en tant que consommateurs, et passer d’une pensée basée sur les moyens à une pensée basée sur les finalités. Qu’il faut produire différemment : réorienter la technologie et gérer les risques, livrer des biens et services à des prix compétitifs et capables d’améliorer la qualité de vie, tout en réduisant les effets écologiques et l’intensité de l’utilisation des ressources pour la ramener à un niveau supportable pour la planète. Qu’il faut nous organiser autrement car les structures fiscales, les compensations financières versées aux producteurs, le soutien des prix et autres mesures de ce genre, jouent un rôle pervers qui exerce des effets préjudiciables à la fois à l’économie et à l’environnement et profitent, la pluspart du temps, aux plus riches tout en épuisant les budgets publics. Qu’il faut accroître la participation du public dans toutes les étapes de planification, d’exécution et d’évaluation des politiques. etc. (Réseau Communications pour le développement Durable). Donc le développement durable est en concurrence avec les autres idéologies dominantes. Cela étant, l’espace où se déploie cette concurrence n’est pas seulement, ne peut pas être une adition d’espaces nationaux. Cet espace est d’abord planétaire avant d’être local. L’activité économique aujoud’hui doit être soumise à des objectifs politiques, mais ces objectifs exigent un niveau d’organisation et de décision équivalent à celui qui régit la production et les échanges. Prenons un exemple récent : l’Europe ne peut à la fois protester contre la Chine qui ruine son économie textile et détruit des milliers d’emplois sur le vieux continent, et ignorer que sa politique agricole a exactement la même incidence sur l’économie vivrière et l’emploi agricole des pays du sud. L’ouvrier chinois, le salarié européen et l’agriculteur africain ont par conséquent leur sort lié. Définitivement. Le développement durable est donc un projet politique certes, une nouvelle forme à la fois de régulation et de gouvernance, mais c’est un projet politique qui n’est viable qu’à l’échelle de la planète. Il ne peut y avoir de développement durable local s’il ne se conjugue à un développement durable mondial. Le croire, et le laisser croire, est une erreur. Ce qui ne signifie nullement qu’il ne concerne que les diplomates et les responsables d’organisations et d’entreprises dont le champ d’action est international. Au contraire, il concerne chaque individu, chaque organisation même locale, parce que le monde du XXIe siècle n’est pas celui du XVIIIe, il n’y a plus de niches protégées, plus de communauté autarcique, et même plus de nation « indépendante. » D’évidence, le développement durable requiert donc plus que des politiques publiques stricto sensu. Ou plutôt, il requiert que les politiques publiques mobilisent toutes les ressources disponibles, y compris privées, y compris individuelles. Les mobilisent et non pas les contraignent. D’autre part, le développement durable exige la liberté (liberté d’initiative, de recherche et de production en particulier) à la condition qu’elle serve son objectif (l’éradication de la pauvreté et le développement humain) sans nuire à l’intérêt général. Dans cette perspective, chacun est non seulement concerné, mais chacun doit aussi être acteur. Ainsi, et sans multiplier inutilement les exemples, le consommateur n’est pas seulement consommateur, il est invité à être un consommateur citoyen, l’entrepreneur n’est pas seulement entrepreneur, il peut et doit être un entrepreneur citoyen. Et la citoyenneté dont il est question n’est pas nationale, ou du moins pas seulement. Elle est aussi, elle devrait être planétaire. Problème, malgré de notables progrès ces trente dernières années, le droit international n’est pas prêt de produire quoi que ce soit de ce genre. Car l’Organisation des Nations Unies n’est pas une somme d’Etats solidaires, elle est une arène où s’affrontent des égoïsmes concurrents, incarnés par des dirigeants qui récusent soit l’individu au profit de la libre entreprise ou du plan, soit l’entrepreneur au profit du seul gestionnaire public, soit la régulation politique au profit de l’intérêt particulier. Mais il n’y a pas que cela. La partcipation de tous est certes une condition nécessaire du développement durable, elle n’est pour autant pas une condition suffisante. Le développement durable exige aussi une autre rationalité économique. Toute l’économie mondiale est en effet aujourd’hui construite sur une vision de la production et des échanges, vieille de presque trois siècles, dont trois paradigmes sont obsolettes. Le premier est que la production peut croître indéfiniment. C’était peut être vrai au tournant du XVIIIe et du XIXe, quand aucun secteur ne produisait suffisamment pour couvrir les besoins théoriques de l’humanité. Cela ne l’est plus aujourd’hui dans un grand nombre de domaines : à l’échelle de la planète (et non à l’échelle des nations ou des continents) la capacité de production est largement suffisante. A l’aube du XXIe siècle, on peut par exemple nourrir et habiller tous les hommes. Seconde vision eronnée : celle selon laquelle les ressources naturelles sont illimitées en volume, du fait qu’elles se renouvelleraient à la fois naturellement et indéfiniment. On le sait, mais on se refuse à intégrer cette dimension dans les calculs de coût pour reporter cette charge financière sur la totalité de l’humanité. Ainsi, la déteriorisation catastrophique de la ressource en eau, des points de vue quantitatifs et qualitatifs, est bien le fait à la fois des systèmes productifs industriels et agricoles d’une part, d’un modèle de consommation d’autre part. Pour autant, à l’échelle de la planète encore, le coût phénoménal de cette déterioration n’est pas à la charge de ceux qui en sont responsables. Pire, il n’est à la charge de personne et il est de plus reporté sur les générations futures. Troisième donnée nouvelle, la finalité de la production. Nul n’est capable, aujourd’hui plus qu’hier d’empêcher les hommes de chercher et d’inventer. Au demeurant, si ce mouvement n’existait plus (qui mène de la « soupe originelle » aux yeux à facettes des abeilles et du racloir en silex à la fusée Ariane) cela signifierait tout simplement qu’il n’y a plus de vie. Toutefois, nous savons désormais que le fruit de la recherche humaine n’est pas nécessairement bon pour l’humanité, et que le passage du laboratoire à la chaine de production n’est pas nécessairement naturel ni souhaitable. C’est bien ce motif qui nous a conduit a remplacer les CFC dans nos réfrigérateurs, à ne plus fabriquer d’isolant thermique à base d’amiante, à nous interroger sur l’avenir des déchets produits par nos centrales nucléaires, et à nous questionner sur l’opportunité du développement des cultures d’OGM, toutes choses impensables pour nos grands parents. La conséquence s’impose d’elle même, la rationalité économique dominante, celle de Smith, de Marx et de Keynes, est désormais inopérante. Il faut en changer, pour construire un nouveau modèle d’échange et de production qui prenne en compte : d’abord la totalité des coûts réels des activités humaines (et pas seulement ce qui fait l’objet d’un (« commerce »), ensuite le renouvellement du « capital » terre, enfin la finalité de la production. Autant dire qu’il s’agit là d’une révolution. Et pour tous : les libéraux d’Amérique du nord, les royautés pétrolières, les communistes chinois, les socio-démocrates européens, etc. Tous doivent abandonner leurs vieux manuels d’analyse et de prospective, pour inventer un autre outil de gouvernance économique. Ils savent qu’ils doivent le faire. Ils ont les moyens institutionnels qui le leur permettraient, au premier rang desquels l’OMC et son « tribunal » (organe de règlement des différents). Pourtant, ils ne le font pas. Ils ne paraissent pas prêts de le faire. Pourquoi? 5- une confrontation idéologique On voit bien les « raisons » des uns et des autres. S’agissant des (nombreuses) dynasties autoritaires qu’on trouve sur presque tous les continents, il n’est pas besoin de gloser : les « familles » dont il est question se préoccupent d’elles-mêmes et n’ont aucunement l’intention de faire de la place aux autres, même à leurs propres « sujets ». S’agissant des gouvernements dit « libéraux », le motif est différent mais tout aussi aisé à comprendre. Pour eux, « la main invisible du marché » est la seule bonne méthode susceptible de gérer au mieux les affaires du monde, car les avantages bons pour le plus grand nombre et bons pour l’intérêt général découlent mécaniquement de la loi de l’offre et de la demande. Une société qui fabrique un mauvais produit (une voiture pas fiable, un steack douteux, un logiciel bugué) ne trouvera pas de clients auprès de qui l’écouler. Une firme ne peut pas se permettre de mal se conduire, car son « image de marque » en souffrirait au point de lui faire perdre (une partie de) sa clientèle. Un pays ne peut pas se permettre de gaspiller son propre environnement car il détruit du même coup le capital nécessaire au fonctionnement de son économie. Etc. Dit autrement : le marché et lui seul tire vers le haut la qualité des produits, les comportements commerciaux et les stratégies publiques d’aménagement et d’investissement. Bien sûr, la souffrance des cancéreux de l’amiante, les bénéficiaires des dividendes distribués par Total après le 25 décembre 2000, et les consommateurs d’eau bretons prouvent tous les jours, que cette « loi » n’en est pas une. Mais voilà, c’est le dogme, et donc ses théologiens ont nécessairement raison. Ils ont d’autant plus raison qu’ils sont aujourd’hui les maîtres de l’économie planétaire et qu’ils ne veulent rien abandonner de leur domination/pouvoir économique. On pourrait croire que, opposés aux libéraux, les Etats gérés par des gouvernements communistes feraient leur le développement durable. Il n’en est rien. La raison est probablement à chercher dans l’idée que le développement social est programmable, par le parti et/ou l’Etat, dans le cadre d’une planification générale (de la production, des aménagements et des services à la personne) et (mais pas toujours, témoin la Chine) au moyen d’une appropriation collective des moyens de production. Or, cette prééminence du plan et du parti entre en conflit avec la nécessité d’une association des citoyens aux prises (quotidiennes) de décision, et avec le besoin d’une économie ouverte. Que cela conduise aux impasses que l’on sait en matière de droits de l’homme (à Tien an Men), de niveau de vie (en Corée du nord) et de dégradation de l’environnement (en mer d’Aral) importe peu. Comme « la main invisible », « l’avant-garde éclairée » est infaillible. D’autant plus infaillible que, pour elle aussi, c’est le pouvoir, son pouvoir, sa domination qui est en jeu. On comprend moins bien la réticence des socio-démocrates, des socialistes et des communistes démocratiques (ceux qui ont renoncé à la dictature du prolétariat). Peut être faut-il la chercher dans leur culture du rapport de force et dans le rôle prééminent dévolu à l’Etat. Pour faire simple : le mieux être s’obtient par la lutte entre l’intérêt général et les intérêts particuliers, entre les dominants et les dominés, une lutte arbitrée par les électeurs qui périodiquement chargent l’Etat de mettre en musique ces choix partidaires. Au vrai, les tenants de cette culture n’aiment pas ce qu’ils ne peuvent prévoir et contrôler. Leur fonctionnement suppose de rédiger un programme puis de le mettre en oeuvre. Il ne fait donc intervenir l’individu que lors de la phase d’élaboration du programme (et encore) et au moment du vote. Après quoi cet individu redevient un simple administré jusqu’à la phase électorale suivante. D’autre part, cette culture a besoin d’adversaires. Elle ne peut exister sans elle. Il lui faut des conservateurs auxquels s’opposer, des firmes capitalistes auxquelles s’affronter, des associations et syndicats qui relaieront son message. Dans tous les cas, il lui faut des structures et organisations clairement identifiées, au fonctionnement connu, aux objectifs précis. Permettre aux individus de « produire » du bien public autrement que dans un cadre conflictuel lui est donc fort difficile. Considérer qu’une entreprise (suspecte a priori de n’avoir d’autre objectif que la rente de son capital) ou qu’un regroupement d’individus (organisés ou non en association, mais dans tous les cas « incontrôlés ») considérer que celles et ceux là peuvent servir le développement humain leur est encore largement étranger. A leur décharge, on dira que les études politiques et sociologiques qui ont examinés à la loupe, au siècle dernier, les sociétés humaines et leurs fonctionnements politique, économique et social, ont fait bien avant eux l’impasse sur l’individu, sa liberté et sa créativité. Rien que pour s’en tenir à l’Europe, Elias et Bourdieu, ont (durablement) cartographié le corps social et dévolus tous les espaces disponibles exclusivement aux classes sociales, dont le jeu (répulsions, affrontements, protections, conquêtes) rend compte selon eux de la totalité des situations humaines possibles. Certes leurs travaux sont précieux. Toutefois, ces affrontements de classe et les habitus de leurs membres ne peuvent suffirent à décrire la vie. Dans le jeu social, la liberté de l’individu, quelle que soit sa position et son capital scolaire et social, a autant d’importance que d’où il vient et d’où il agit. Sans cette liberté créatrice, le corps social ne serait rien d’autre qu’un communauté de « machines biologiques », une vaste fourmilière. Par conséquent, lorsque le rapport Brundtland affirme que les agrégations libres de personnes (ici une famille, là une association, ailleurs, un syndicat ou un regroupement informel, ailleurs encore une famille, une tribu,) peuvent et doivent être entendus, peuvent et doivent agir, peuvent et doivent produire du bien public au même titre que les gouvernants, on comprend bien que cette demande de diversité et de liberté heurte une vision des rapports sociaux qui a façonné durablement « la gauche ». Reste le cas de ces écologistes qui ne veulent pas, ou plus entendre parler du développement durable et qui entendent désormais lui substituer « la décroissance ». Leur posture est moins risible qu’inquiétante. S’il n’y avait là que la manifestation d’une inculture politique (nombre d’entre eux n’ont jamais lu la moindre ligne du rapport Brundtland, ne s’intéressent pas aux innombrables débats que son adoption a induit, et n’ont aucune connaissance géopolitique), si ce choix sémantique manifestait seulement une forme d’incompétence, on pourrait effectivement s’en amuser. Il est drôle en effet de voir des militants abandonner un outil conceptuel au profit d’un mot d’ordre fort peu opérationnel. Qu’il faille en effet faire décroître le nombre des automobiles qui empoisonnent les habitants des villes est certes nécessaire, que par contre il faille diminuer la production de riz, de médicaments ou d’énergie renouvelable est d’évidence un non sens. Seulement voilà, ce choix en faveur de la décroissance laisse entrevoir une stratégie qui fait peur : il se pourrait bien en effet qu’il trahisse une préférence pour la technique plutôt que pour la politique. Dit autrement, l’avis des autres leur est indifférent, il veulent de suite « faire ». Et « faire » ce qu’eux seuls jugent bon et souhaitable. Or, dans ce schéma là, il n’y a pas de place pour le dialogue, le débat, la confrontation, pas de place pour la négociation entre les individus et les groupes, laquelle est pourtant au choeur du développement durable : le développement de tous, construit par tous. La décroissance préférée au développement durable, c’est la planète (même inhabitée ?) préférée à l’homme On devine les errements et les dérives que semblable vision technicienne des choses peut entraîner, en particulier en matière de droits de l’homme. On le devine et on frémit… 6- Les Etats au pied du mur Si elle n’exclut pas le local, bien entendu, l’échelle du déloppement durable est d’abord planétaire. Nécessairement. D’autre part, son efficience se mesure au moyen d’une aune politique exclusivement. Il ne faut pas croire pour autant qu’il refonde toutes les questions, toutes les situations, tous les défis du moment. Le concept n’a pas cette prétention totalisante. La commission Bruntland, les multiples sommets de l’ONU et les travaux des ONG sont loin d’avoir épuisé le sujet. Par ailleurs, les paradoxes, d’aucuns diront les contradictions, restent nombreux. Par exemple, la liberté qui est une des conditions de son succès, n’exclut pas le contrôle des process, des flux, voire des personnes. Et ce contrôle n’exclut en rien l’adoption de règles, de contraintes, et même de mesures compensatoires. A titre d’exemple, si le développement durable condamne la PAC, il n’interdit nullement (et même il suggère fortement au moins pour aujourd’hui) l’adoption par la communauté mondiale de mesures de protection des agricultures vivrières du sud. Simplement il faut que ces mesures soient négociées à la bonne échelle et soient révisables autant que nécessaire. Reste savoir qui négocie. Au nom de quoi et de qui. Est-ce que l’OMC par exemple peut être un des lieux de cette négociation et de ce contrôle? Certains Etats aquiesseront évidemment. Les juristes répondront « pourquoi pas ». Les altermondialistes refuseront catgoriquement. On voit donc bien toute l’ambiguïté du concept, et par voix de conséquence on voit aussi combien il nécessite encore de débats et d’approfondissements. Particulièrement dans le domaine de la gouvernance, particulièrement en matière de démocratie, particulièrement en ce début de siècle qui voit se mettre en place une globalisation économique (la mondialisation des échanges a elle commencé il y a déjà plusieurs siècles) qui échappe tout contrôle politique. La question de la gouvernance est donc tout sauf anodine. Elle est même probablement celle qui déterminera l’avenir du concept selon la/les réponses qui lui seront apportées, par les communautés humaines (du « clan » à la famille, les structures sociales produisent différemment de l’autorité sur le groupe), par les organisations professionnelles (un syndicat américain, une corporation africaine, une organisation de base indienne ont des processus décisionnels différents), par les entreprises (le capitalisme européen est bien différent du capitalisme japonais qui n’a rien voir avec le capitalisme australien), et bien sûr par les Etats. Le rapport Bruntland suggère que, « si les interprétations peuvent varier d’un pays à l’autre, tous – développés ou en développement, économie de marché ou économie planifiée – doivent s’accorder sur la notion fondamentale du développement durable et sur un cadre stratégique permettant d’y parvenir. » La délibration de décembre 1987 prise à Genève par l’assemblée générale de l’ONU va dans le même sens. Est-ce à dire que dans l’esprit de la Commission d’abord, puis de l’Organisation ensuite, le développement durable peut s’accommoder de régimes autoritaires ? A l’évidence oui. Si tel n’avait pas été le cas, une autre formulation eût été adoptée. Cela pourtant ne va pas sans poser question, au moins dans les pays du nord à régime démocratique. Car on ne voit pas bien comment une dictature, quelle qu’elle soit, peut faire participer la population qu’elle asservit d’autre part sous son joug. Sauf, si on considère les enjeux à l’échelle de la planète et qu’on estime possible, ou plutôt nécessaire de contraindre les Etats, tous les Etats, à fonctionner démocratiquement sinon à l’intérieur de leurs frontires du moins sur la scène internationale. On dira qu’il ne s’agit là que d’un voeu pieux, d’une utopie. On le dira avec d’autant plus de raison que même les Etats démocratiques adoptent la plupart du temps une posture inverse, démentant quotidiennement par leurs actes les protestations généreuses dont ils ne sont jamais avares dès lors qu’une tribune des Nations Unies leur est offerte. Quand il leur faudrait inventer concrètement le développement durable, dans le champ conomique, dans le champ social, dans celui de l’environnement ou celui de la gouvernance (dans le respect des diversités culturelles et sans imposer un modèle unique), ils s’ingénient au contraire à le vider de toute substance. Quant il leur faudrait faire, dans un formidable effort politique, un saut qualitatif en avant, ils multiplient les pas de côté ou en arrière pour protéger des égoïsmes nationaux qui chaque jour s’en trouvent renforcés. Est-ce tenable? On sait que non. Ils savent que non. Si l’espace vital, les ressources et les services (on parle ici du pétrole, de l’eau, des ressources vivrières des terres et des océans, mais aussi de la santé et même du travail) si tout cela qui est nécessaire la communauté de tous les hommes ne peut être partagé équitablement dans un cadre politique, certains groupes nécessairement chercheront à s’en emparer à leur profit. Au demeurant, les choses sont dans cette voie hélas déjà bien engagées. La violence économique tue, au sens propre du terme, beaucoup plus que les affrontements entre armées. Et il n’est pas besoin d’être Cassandre pour prédire des jours à venir bien sombres. Il suffit d’être objectif. Les Etats, quels qu’ils soient sont donc au pied du mur. Plus exactement, dans les pays démocratiques, les partis politiques sont au pied du mur puisque ce sont eux qui, par le jeu des élections, ont la charge de l’Etat. Soit ils intègrent le développement durable dans leurs objectifs, soit… 7- c’est quoi l’avant-guerre Au moment de conclure, on est forcé d’admettre que le rapport Brundtland est un texte politique majeur. Certains affirmeront que c’est le plus important qui ait été écrit dans toute la moitié du vingtième siècle. Acceptons a minima d’y voir une manière de manifeste. Un manifeste d’autant plus « considérable » (au sens « à considérer ») qu’il n’a pas été produit par un seul homme, un « père », un « pape », mais par un groupe d’individus venus des quatre coins de la planète, aux professions différentes, aux engagements différents, aux cultures différentes. Pourtant, le concept qu’ils ont formalisé à l’issue de trois années de débats, qui continue en outre d’être enrichi de milliers de contributions d’hommes et de femmes dont la majorité ne sont pas des « penseurs professionnels », pourtant donc cette proposition politique nouvelle reste méconnue. La chose n’est pas surprenante. Au nord, la « société du spectacle » ne peut perdre du temps à l’exposer, et la « société de consommation » ne peut, en le prenant à son compte, scier la branche où elle est assise. Quant au sud, son temps est entièrement occupé à… survivre. D’autre part, les organisations politiques qui, dans les pays démocratiques au moins, pourraient se l’approprier, se montrent au mieux indifférentes à son endroit, au pire hostiles. Là encore, la chose s’explique aisément : soit que ce concept entre en concurrence directe avec leur propre idéologie, soit que leur culture militante les prévienne contre cette innovation conceptuelle quand bien même elles la trouvent séduisante. Est-ce à dire que l’idée est mauvaise? Que le projet est condamné? Que l’objectif énoncé est sans objet? Non bien sûr. D’abord parce qu’on ne voit pas aujourd’hui quelle alternative politique lui substituer. Ensuite parce qu’il est inconcevable d’accepter que depuis Rio des centaines de milliers de personnes, sur les cinq continents, aient travaillé pour rien, espéré pour rien. Enfin parce que le temps presse : si le développement durable ne permet pas de corriger politiquement les désordres du monde actuel, nul doute que d’autres formes de régulation verront très vite le jour. Chacun sait qu’alors les affrontements d’aujourd’hui ne seront rien au regard des violences qu’elles engendreront. Chez nombre de puissants en effet, quels que soient leurs antécédents idéologiques, les stratégies politiques et économiques trahissent une même pensée : « la » solution aux problèmes environnementaux de la planète est de diminuer la pression humaine sur l’écosystème en éliminant (par la famine, la soif, la maladie, les armes…) ces « salauds de pauvres » qui en plus se « reproduisent comme des lapins ». Ne nous y trompons pas : nous sommes en état d’avant-guerre. Si tragiques que soient les catastrophes et les conflits de l’heure, ce à quoi nous assistons aujourd’hui relève de l’escarmouche. Il nous revient par conséquent de négocier une paix durable avant le déclenchement définitif des hostilités, pas après. C’est le défi du développement durable. Raymond Leduc adjoint au maire de Bouguenais (44) — Posté depuis un ordinateur libre Des infos sur l’informatique libre? C’est ici : http://www.april.org/ Des infos sur Linux? C’est ici : http://www.aful.org/index.html Des infos sur Mandriva, le Linux francophone? C’est ici : http://www.mandrivalinux.com/fr/ »

 

Participer à la lettre professionnelle des acteurs du DD

L’Agence M&C, agence des acteurs du Développement Durable (DD) lance à la rentrée cdurable.info, la lettre d’information des acteurs du DD.

« Achats futés = moins de déchets »

Opération nationale du 28 août au 2 Septembre

Du 28 août au 2 septembre prochain, France Nature Environnement et ses associations locales, avec le soutien de l’ADEME, réaliseront dans 12 magasins Carrefour, des actions de sensibilisation à une consommation moins productrice de déchets.

Comme l’annonce la campagne ADEME « REDUISONS VITE NOS DECHETS CA DEBORDE », il est urgent d’agir ! Une des solutions est de produire et consommer autrement. Pour aller dans ce sens, on pourrait compter sur des outils législatifs et fiscaux, mais il n’y en a pas encore en France.
Les associations de FNE ne veulent donc pas rester les bras croisés et décident dés à présent de faire bouger les choses en utilisant la pression par la consommation.

L’objectif est d’informer les consommateurs qu’ils ont la possibilité de choisir des produits générant moins de déchets. La préférence des produits concentrés, de grand format, ou encore fonctionnant sans pile en est un exemple. Ceci permet de faire pression sur les producteurs afin de les inciter à proposer plus de produits répondant à cet enjeu.

Pour informer les consommateurs, 12 associations* de FNE, placeront au sein des rayons des magasins, des marquages au sol, indiquant que certaines gammes de produit permettent de faire moins d’emballages et de déchets.

A l’entrée des magasins les associations tiendront un stand présentant la démarche, grâce à des panneaux de FNE sur la prévention, de l’ADEME sur l’éco-consommation, et de Carrefour sur leur participation à la réduction des déchets. De même, il sera remis aux consommateurs intéressés un document détaillant les produits générant moins de déchets et proposant un quizz d’évaluation de ses connaissances sur le sujet. Il sera également diffué le livret « moins d’ordures pour les générations futures » de FNE.

FNE et ses associations, comptent multiplier ce type d’action dans les magasins, entre autre lors de la Semaine de réduction des déchets, afin de mobiliser les consommateurs sur cet enjeu de sauvegarde de notre environnement.

Notre avenir à tous est en ligne

« Notre avenir à tous » : Le Rapport de la Commission mondiale sur
l’environnement et le développement de l’ONU,
présidée par Madame Harlem Brundtland, paru en Avril 1987, est désormais
en ligne dans son intégralité sur Wikisource.

C’est la définition du
développement durable donnée par le « rapport Brundtland » qui fait
aujourd’hui référence.

Le Manifeste de l’Alliance

Nous ne pouvons plus nous voiler la face, le diagnostic de la communauté scientifique est clair : la situation environnementale de la Terre est désastreuse, et les dégâts causés à la planète touchent en premier lieu les plus démunis. Il est urgent de mettre en oeuvre au plus vite des mesures lucides et courageuses afin d’assurer la survie de notre planète et de ses espèces, y compris celle de notre propre espèce.

Nous, ONGs, agissons depuis plusieurs décennies pour enrayer ce processus destructeur. Les victoires obtenues, si elles sont réelles et appréciables, ne sont néanmoins pas à la hauteur des enjeux planétaires : notre seuil d’efficacité est atteint ; les systèmes politiques et économiques ne répondent pas aux attentes écologiques des citoyens.

Nous avons la possibilité mais aussi le devoir de nous rassembler pour agir plus efficacement, face à la toute-puissance des lobbies économiques, en particulier des multinationales, à l’inertie du monde politique et des autres institutions qui acceptent trop souvent de sacrifier notre futur pour des intérêts catégoriels à court terme.

Ensemble, nous représentons une force citoyenne capable d’inverser la tendance, d’inventer et de construire un nouveau pouvoir et un autre avenir.

« Pour s’unir, il faut se savoir différent », disait Teilhard de Chardin. L’Alliance nous permet de nous connaître à travers nos spécificités, nos différences, nos idéaux et nos objectifs communs et d’agir concrètement, ensemble, sur des combats qu’il est maintenant vital de gagner.

La vocation première de l’Alliance est l’action, chaque ONG conservant son identité et sa stratégie particulière. L’Alliance n’est pas une fusion d’associations : c’est un tremplin de propositions et d’initiatives, qui vise à donner plus de poids, de résonance et d’efficacité à leurs actions.

L’Alliance veille à faire vivre concrètement la Charte de l’Environnement et devient un acteur efficace de la vie des citoyens, ceci en totale indépendance des partis politiques.

L’organisation de l’Alliance est souple, créative et démocratique :

Les membres de l’Alliance sont les associations environnementales, mais aussi juridiques, sociales, humanitaires, scientifiques, les associations de consommateurs, d’agriculteurs, les syndicats … Sont exclus les organismes d’Etat, les entreprises et les partis politiques.
Les orientations générales sont définies de manière participative par un comité de pilotage ouvert à tous les membres.

Les actions sur lesquelles travaille l’Alliance sont choisies en fonction de leur portée symbolique, de leur caractère d’urgence, des synergies et des victoires fortes possibles.

Chaque association est libre de soutenir ou non une action donnée.
La mise en oeuvre des différentes actions est assurée sur une base volontaire par une ou plusieurs associations pilotes avec le soutien d’autres associations.

L’espoir est fort : agissons ensemble, agissons vite, pour une humanité pacifique, solidaire, en harmonie avec la nature.

Objectif Terre Volume 8, numéro 2

Objectif Terre Volume 8, numéro 2

C’est avec grand plaisir que l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie (IEPF) et l’OEI/IHQEDS annoncent la parution du volume 8, numéro 2 d’Objectif Terre.

Ce numéro est accessible sur le site internet de l’IEPF (version PDF, 1010 ko)

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SOMMAIRE

Entretiens :
Entretien avec Ahmed Djoghlaf, nouveau Secrétaire exécutif de la CDB
Entretien avec Nadine Gouzée du bureau fédéral du plan (Belgique)

Point de vue
Point de vue des ONG sur la CDD-14 par Emmanuel Prinet de l’Association 4D

Bloc notes
2e session de la Conférence des Parties à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants
Lancement du Fonds africain du patrimoine mondial
Réunion des ministres du développement et de l’environnement de l’OCDE

Francophonie :
Activités en marge de la CDD-14
Initiative francophone de partenariat pour le Mécanisme pour un développement propre (IFP-MDP)

Gouvernance :
14e session de la Commission du développement durable (CDD-14)
Réunion informelle de la session extraordinaire du CCE de l’OMC
9e réunion de haut niveau de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton Wood

Suivi des accords en environnement :
– Biodiversité,
– Changements climatiques,
– Désertification,
– Forêts,
– Eau.

Outils de mise en oeuvre

Documents-terre

Lecture

Sur la toile

Calendrier

3ème édition des Ateliers du Développement Durable, Bordeaux, les 20 et 21 septembre 2006

La 3ème édition des Ateliers du Développement Durable se tiendra cette année les 20 et 21 septembre 2006 au Palais des Congrès de Bordeaux. La Communauté Urbaine de Bordeaux, la Région Aquitaine, le Conseil général de Gironde et le Réseau Ideal se sont associés pour organiser l’événement devenu un important rendez-vous pour les élus des collectivités territoriales, les entreprises, le milieu associatif et les professionnels de l’environnement, des secteurs économique et social.
Cette rencontre a été conçue pour être un espace de réflexion, d’échange d’idées et d’experiences entre differents acteurs de la société contemporaine qui agissent en faveur du developpement durable.

En espérant que vous prendrez part à ce rendez-vous opportun pour faire émerger de nouvelles idées en matière d’éducation au developpement durable.

Contact et pour en savoir plus :
Cecile Poentis-Gounot

Appel à candidature : devenez membre du comité de jeunes du réseau Médiaterre

De concert avec l’Institut de l’Énergie et de l’Environnement de la Francophonie (IEPF), l’Unité jeunesse de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) animera la thématique « Jeune » du Portail Médiaterre.

À cet effet, un comité de jeunes reporters en charge de l’animation a été mis en place pour animer le portail
http://www.mediaterre.org/jeunes.

Un appel à candidature vient d’être lancé pour recruter 20 jeunes au sein de ce comité d’animation. La date limite d’envoi des candidatures est fixée au 20 août 2006.

Le public ciblé par cet appel à candidature comprend les jeunes acteurs de l’environnement et du développement durable en général, les jeunes communicateurs/journalistes, étudiants en communication, en journalisme, en environnement, en développement durable …

Pour connaître les conditions pour devenir membre du comité, les responsabilités et avantages des membres, le mode de travail et les tâches à accomplir au sein du comité, cliquez sur le lien « Appel à candidatures – Portail Jeunesse de la Francophonie » ci-dessous.

Passer de l’Ego-citoyenneté à l’Eco-citoyenneté

« Nous sommes tous responsables de l’avenir de notre planète ».

C’est pour cela que nous avons décidé de nous lancer dans l’écriture
et l’édition d’un livre entièrement consacré au Développement Durable
et à la Solidarité Internationale : « Les pieds sur Terre – Les
aventures de Timéo dans un monde qui marche sur la tête »

A travers un étonnant tour du monde, de la Bolivie à l’Antarctique en
passant par le Togo, les Philippines, Madagascar et la forêt
amazonienne, le jeune héros Timéo est confronté à ce qui se passe à
l’autre bout du monde. Commerce équitable, scolarité et santé, travail
et exploitation des enfants, espèces menacées, déforestation,
biodiversité et réchauffement climatique sont abordés dans une forme
de récit captivante – le documentaire fiction – ce qui permet de
solliciter l’imaginaire tout en donnant à voir la réalité de
l’intérieur (au travers de témoignages terrains et d’études récentes).

Aujourd’hui nous sommes fiers qu’en un an notre livre soit devenu,
pour des centaines d’enfants, de parents et d’enseignants, une porte
d’entrée supplémentaire sur le monde et les problèmes auxquels nous
sommes confrontés. Près de 8 000 exemplaires déjà vendus à ce jour.

Notre indépendance éditoriale et notre choix d’imprimer en France sur
papier recyclé (à l’heure où de nombreux éditeurs se tournent
volontiers vers l’Asie par soucis de rentabilité…) sont aujourd’hui
récompensés.

Et si la lecture des aventures de Timéo contribuait à ouvrir les
enfants (et leurs parents !) sur ce monde qui est le leur, à leur
donner les clés pour devenir des citoyens du monde éclairés,
sensibles, responsables et solidaires ?

Nous sommes persuadés que ce livre peut vous intéresser.

N’hésitez donc pas à venir sur notre site internet consulter les premières pages du livre et découvrir nos activités pédagogiques.

Dans cette attente, veuillez recevoir nos sincères salutations.

Loïc Hamon – Editions Elka
01 48 00 95 80

L’appel d’experts pour la recherche sur la biodiversité

Paru dans Nature du 20 juillet 2006, 19 experts de 13 pays, parmi lesquels l’américain Robert Watson, ancien directeur du Giec et conseiller scientifique au département de l’environnement de la Banque mondiale, et le français Robert Barbault, directeur du département biodiversité au Muséum d’histoire naturelle, estimant que la planète est au bord d’une crise majeure, lancent un appel pour l’institution d’une organisation internationale de la biodiversité sur le modèle du GIEC déjà existant qui fédère les recherches sur le changement climatique.

Le maintient de la biodiversité est une condition sine qua non pour un projet de développement durable, comme garantie de ressources naturelles diversifiées, de viabilité des écosystèmes sur le long terme et comme garantie de conservation des facultés d’adaptation des milieux naturels au changement.

En premier lieu, cette institution permettrait d’optimiser les recherches sur la biodiversité. Ce point est urgent puisque comme l’indiquent les scientifiques dans cet appel près de 12% de toutes les espèces d’oiseaux, 23% des mammifères et 32% des amphibiens sont, entre autres, sont menacées de disparition. De plus le réchauffement climatique pourrait accroître de 15 à 37% les chiffres de l’extinction prématurée des espèces existantes au cours des 50 prochaines années, alors que le nombre des espèces encore inconnues est estimé bien plus important que le nombre d’espèces répertoriées. Rappelons aussi l’utilité de cette diversité en termes pharmaceutiques, industriels ou agricoles par exemple.

En second lieu, cette institution améliorerait la visibilité des recherches et de leurs résultats pour la sensibilisation du grand public comme pour le conseil pour les organisations décisionnaires en fournissant une expertise régulière et globale. Ce travail a pour but d’optimiser les programmes de protection existant et de faire pression en faveur de la biodiversité en vertus de l’urgence de la situation.

Cadre de référence pour les projets territoriaux de développement durable et Agendas 21 locaux

La France s’est engagée lors de la conférence sur l’environnement et le développement à mettre en œuvre l’Agenda 21 (Actions 21) de Rio. En 2003, l’Etat, en adoptant la stratégie nationale de développement durable, a réaffirmé sa volonté, en retenant comme objectif de « favoriser en 5 ans la mise en place de 500 agendas 21 locaux, notamment sur les territoires bénéficiant d’une aide publique comme les Grands projets urbains, les parcs naturels régionaux, les groupements de communes, les pays ou agglomérations dans le cadre de contrats territoriaux ».

Pour faciliter la mise en place de cet objectif, le ministère en charge du développement durable a élaboré un cadre de référence pour les projets territoriaux de développement durable, en s’appuyant notamment sur les membres du Comité national « Agenda 21 » présidé par le Délégué interministériel au développement durable et sur les Hauts fonctionnaires du développement durable. Il valorise les expériences pionnières menées, en matière de développement durable par les collectivités territoriales.

Ce cadre de référence vise cinq finalités :

1. la lutte contre le changement climatique,
2. la préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources,
3. la cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations,
4. l’épanouissement de tous les êtres humains,
5. une dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.

Il retient aussi cinq éléments déterminants concernant la démarche à conduire pour de tels projets.

Par circulaire du 13 juillet 2006, la ministre de l’écologie et du développement durable a fait parvenir aux préfets ce cadre de référence ainsi que l’appel à reconnaissance des projets territoriaux de développement durable ou agendas 21 locaux. Cette circulaire décrit le dispositif de reconnaissance et incite les préfets à mettre en place des comités régionaux « agendas 21 » chargés d’encourager et d’accompagner les porteurs de projets dans leurs démarches. Pour la première session 2006, les projets présentés par les collectivités devront parvenir avant le 16 octobre au ministère de l’écologie et du développement durable, délégation au développement durable.

Contacts MEDD : Magali Bardou, Philippe Senna

Télécharger la circulaire du 13 juillet 2006

Télécharger le cadre de référence pour les projets territoriaux de développement durable dont les Agendas 21 locaux

Télécharger l’appel à reconnaissance des projets territoriaux de développement durable et Agendas 21 locaux

Les syndicats lancent une unité pionnière de développement durable

Une nouvelle Unité Syndicale sur le Développement Durable a été lancée par la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL), le Réseau de Recherche des Global Unions (GURN), Sustainlabour et le Comité Syndical Consultatif auprès de l’OCDE (TUAC). Le site Internet de l’Unité met à disposition les profils ‘pays par pays’ sur un large spectre des sujets du développement durable : énergie, changement climatique, santé et sécurité occupationnelle, le 28 Avril « Journée Internationale de Commémoration des travailleurs morts et blessées », l’amiante, le VIH/SIDA, les droits syndicaux, ainsi que la responsabilité et la transparence des entreprises. Le site Internet est disponible en anglais, français et espagnol sur: http://www.tradeunionsdunit.org/profiles/ La nouvelle Unité gérera la demande croissante des maintenant bien connus ‘profils syndicaux par pays’ et aidera à coordonner les activités qui y sont relatives. Cependant, l’Unité voit son rôle comme principalement dans la conception et production des informations nationales comparables à l’international pour faciliter les campagnes et le lobbying syndical. La coordinatrice de l’Unité au TUAC, Anabella Rosemberg, a dit que les profils se référent au développement de l’analyse des sujets, basé sur des groupes de données spécifiques qui sont introduits dans une base des données et maintenus par le Comité Syndical Consultatif auprès de l’OCDE (TUAC), comme information de fond pour tous les pays et des régions sélectionnées, des secteurs industriels et des entreprises. “Il y a tellement des groupes et des institutions qui ont fait des liens avec nos profils que ne nous sommes plus en mesure de les actualiser d’une forme cohérente”, dit Rosemberg. “Désormais, en actualisant nos informations, nous actualiserons aussi les liens qui sont faits à nos profils dans des sites Internet syndicaux, des agences de Nations Unies, des institutions académiques, gouvernements ou partenaires des campagnes ”. Rosemberg affirme aussi que le but de l’Unité est d’aller plus loin que la collecte des données et la provision des informations pour l’analyse. “Nous sommes déjà en train de produire des formats d’information stratégiques, basés sur des objectifs de campagnes, pour rendre compte des progrès sur des sujets déterminés, spécialement en ce qui concerne les changements dans les lieux de travail et les communautés du monde”. Elle dit aussi que l’Unité a déjà produit des rapports d’information spéciaux sur le 28 Avril et les campagnes sur l’amiante et le VIH/SIDA. “L’année prochaine nous espérons produire le premier “guide de campagne” avec une coalition de partenaires sur l’énergie et le changement climatique”. Secrétaire Général du TUAC John Evans a exprimé son soutien pour l’Unité. Malgré le fait que l’Unité existe plus de manière virtuelle que physique, TUAC est devenu son foyer. Evans dit que ceci n’est pas étonnant, puisqu’il y a des forts liens entre le travail de l’unité et celui du suivi des politiques de l’OCDE et le G8 dan un large spectre de sujets, tels que l’environnement et le développement durable. Lene Olsen de l’OIT-ACTRAV qui coordonne le site Internet du GURN (http://www.gurn.info) considère que le site Internet de l’Unité offre des informations très précieuses pour les chercheurs syndicaux, les fondations et les institutes du monde entier, et qu’il sera lié au site du GURN d’une façon consistante. Elle dit aussi qu’elle espère que les profils d’entreprise de l’Unité deviendront une ressource dynamique pour les militants cherchant à s’engager dans le changement des comportements des entreprises par rapport à leur transparence ou les relations industrielles. Président de Sustainlabour, Joaquin Nieto affirme que la fondation fait déjà une utilisation des profils pour les ateliers de capacitation et éducation en Amérique Latine et l’Afrique. Sustainlabour a aidé en proportionnant les ressources initiales pour produire les profils sur le changement climatique et autres. “Nous espérons que les profils intégreront l’analyse internationale, le processus de prise des décisions et les actions ou niveau national, régional et du lieu de travail sur le développement durable, ainsi que des objectifs et des rapports pour la protection environnemental et la promotion du développement durable”. Alexandre Gomes de Almeida de la CISL a été la personne responsable du design du site Internet, et il est la colonne vertébrale de l’Unité en ce qui concerne la gestion de l’information des profils et les conseils sur les usages du software et hardware. Il voit dans le lancement du site le premier pas dans un long processus. « Actuellement, le site existe dans ça forme la plus simple et offre aux utilisateurs les profils dont ils ont besoin ». « Cependant, nous sommes en train de penser à des développements futurs où éventuellement tous les usagers pourront créer leurs profils en choisissant leurs indicateurs, et transformant l’information en un véritable outil pour le changement social”. Rosemberg ajoute que le montant d’information utilisé dans les profils et les ressources financiers occasionnels ne permettent pas à l’Unité d’avoir un site actualisé en permanence. « Cependant, nous allons prendre les choses une à la fois, en s’assurant d’offrir des informations sures et que les gens comprennent les liens entre la disponibilité des donnés et ses implications sur leur domaine d’activité”. Pour plus d’informations, contactez: Lucien Royer International Confederation of Free Trade Unions (ICFTU) Trade Union Advisory Committee to the OECD (TUAC) 15, Rue Laperouse – 75016 paris, France Tel (331) 5537 3737 Fax 4754 9828

 

Réchauffement : la climatisation solaire a de l’avenir

Produire du froid avec du chaud : l’idée semble paradoxale, mais la technique des climatiseurs solaires est fiable et avec le réchauffement climatique.

Le principe consiste à utiliser des capteurs solaires pour faire bouillir une solution d’eau et de bromure de lithium afin de dissocier ces 2 composants. Leur recombinaison après refroidissement produit du froid par absorption de la chaleur.

« Avec les capteurs solaires, on chauffe un mélange d’eau et de sels et on fait évaporer l’eau comme dans un alambic. Cette saumure attire à nouveau l’eau distillée, qui en se détendant, produit du froid, entre 5 et 10 degrés, et c’est cette eau froide qui en circulant dans le bâtiment, le rafraîchit », explique André Joffre, Pdg de Tecsol, un bureau d’études français spécialisé dans l’énergie solaire. Et « ça marche, la technique est hyper fiable », ajoute-t-il.
Le système de climatisation solaire, conçu par Tecsol, pour rafraîchir des caves viticoles près de Perpignan (Sud de la France) fonctionne parfaitement depuis 1991. Cette installation, composée de 130 m2 de capteurs solaires, permet de tenir au frais 2 millions de bouteilles de vin. Elle a représenté un investissement de près de 300.000 euros. Ces systèmes de climatisation solaire ne sont pas encore très répandus : il en existe une centaine dans le monde, essentiellement en Allemagne et en Autriche, les 2 bons élèves de la classe européenne en matière d’énergie solaire. « Cela reste très confidentiel, mais le marché peut démarrer très rapidement pour une clientèle sensible aux questions environnementales », estime Jean-Louis Busquet, journaliste spécialisé du magazine Plein soleil.
Jusqu’alors, les systèmes proposés, très encombrants et d’un coût élevé, étaient destinés aux bâtiments du secteur tertiaire et ne s’adressaient pas aux particuliers. Mais une entreprise du pays basque espagnol, Rotartica, vient de lancer une petite machine de climatisation solaire d’une puissance de 4 kWh (contre une centaine de kWh pour des bâtiments du tertiaire) destinée aux maisons individuelles. « Ca va marcher car il y a beaucoup de demandes pour un système adapté aux particuliers », a estimé le Pdg de Tecsol, « notamment dans le Sud de la France ».
Pour une machine d’une puissance de 4 kWh, il faut compter de 15 à 20 m2 de capteurs solaires, la même surface que pour un chauffage solaire, a-t-il précisé, estimant qu' »une bonne solution serait de mettre au point un système réversible qui permette de chauffer la maison l’hiver et de la rafraîchir l’été ».

La climatisation solaire présente l’avantage de « ne pas utiliser de gaz à effet de serre, comme les HCFC (hydrochlofluocarbone utilisés pour les systèmes classiques de climatisation) qui eux participent à l’effet de serre, un kilo de HCFC équivalant à une tonne de gaz carbonique », responsable du réchauffement climatique, a-t-il fait valoir.

Enercoop annonce le lancement de son offre d’électricité 100% renouvelable !

Enercoop, fournisseur éthique d’électricité verte, répond à vos attentes :

Vous souhaitez vous alimenter en électricité d’origine renouvelable mais vous n’avez pas la possibilité d’installer chez vous ces moyens de production.

Enercoop garantit que ce que vous payez au titre de vos consommations électriques est reversé à des producteurs d’électricité d’origine renouvelable.

De plus, Enercoop s’engage à réinvestir ses bénéfices dans la maîtrise de l’énergie et les nouveaux moyens de production d’électricité renouvelable. Vous êtes ou allez devenir producteur d’électricité renouvelable sans parvenir à être complètement autonome.

Enercoop achète l’énergie que vous produisez et vous revend celle d’un autre producteur de la coopérative durant les périodes d’absence de ressources.

La mutualisation des moyens des producteurs d’Enercoop permet au réseau électrique d’agir comme un moyen de stockage et d’échange des surplus d’énergie électrique.

Enercoop est aujourd’hui le moyen le plus simple pour faire le choix des énergies renouvelables!

Assises « Ensemble pour la biodiversite », Senat, 15 novembre 2006

Le 10 juillet dernier, c’était l’anniversaire de la loi de 1976 sur la protection de la nature. Cette première loi globale de protection a permis de nombreuses avancées. Innovante, elle fut le résultat de l’engagement associatif de l’époque et de la volonté determinée du legislateur.

30 ans après, alors que les scientifiques alertent sur l’érosion de la biodiversité et que la communauté internationale s’est fixé comme objectif de la stopper d’ici 2010, Hubert Reeves, Président de la Ligue ROC, Marie Blandin, Sénatrice, Jean Francois Le Grand, Sénateur, estiment qu’il est temps de franchir un pas supplémentaire pour une mobilisation en faveur de notre patrimoine naturel, à l’échelle de l’ensemble du territoire, et fondée sur une nouvelle gouvernance qui devra associer responsabilisation des élus locaux et participation associative.

C’est pourquoi ils prennent l’initiative d’organiser au Sénat, le 15 novembre prochain, les Assises « Ensemble pour la biodiversite ». France Nature Environnement et Orée se sont associées au projet qui a, par ailleurs, reçu le soutien de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, de la Ligue pour la Protection des Oiseaux et du Comité français de l’Union mondiale pour la nature (UICN).

A partir de l’état des lieux établi par les scientifiques, ces Assises marqueront une première étape en fixant des orientations et des priorités privilégiant la responsabilisation collective et individuelle afin d’assurer l’efficacité et la cohérence de l’action sur les territoires.

1976 a marqué l’histoire de la protection de la nature, les Assises « Ensemble pour la biodiversite » du 15 novembre prochain lanceront un nouveau chapitre. Hubert Reeves, Marie Blandin, Jean Francois Le Grand et leurs partenaires vous donnent rendez-vous en septembre prochain pour vous exposer le projet, en attendant le grand rendez-vous du 15 novembre.

Contact :
Christophe Aubel, Directeur
Ligue ROC – 26 Rue Pascal – 75 005 Paris
Tel. : 01 43 36 04 72 – Fax : 01 43 36 06 18

Exercer « autrement » la création d’une activité professionnelle

Trois dispositifs permettent de tester une activité avant de se lancer réellement :

la coopérative d’activité ,

Les coopératives d’activités et d’emploi (CAE) constituent un concept original et expérimental, permettant à un particulier de tester une production ou un service en toute sécurité.

– la couveuse

le portage salarial.

Il n’existe pas de dispositif législatif permettant à une personne de répondre à une offre ponctuelle de travail en qualité d’indépendant ou de tester ses capacités à entreprendre, sans créer une véritable entreprise.
Pour pallier ce vide juridique, des sociétés facturent les services rendus par des personnes qui ne souhaitent pas s’immatriculer en qualité de travailleur indépendant et leur reversent les sommes encaissées sous forme de salaire.
Cette pratique répond à une demande importante de personnes qui ne se sentent pas encore prêtes à créer une entreprise ou qui souhaitent développer une activité professionnelle indépendante tout en conservant la couverture sociale d’un salarié classique.

La Fondation de France recrute son responsable programme environnement

Responsable programme environnement, Fondation de France, poste à pourvoir à partir du 15/08/06

Cadre général de la mission

– Initier et mettre en œuvre des actions spécifiquement liées au programme,
– Proposer et conduire des programmes consistant dans l’attribution de soutiens financiers, l’appui méthodologique, la valorisation et la mise en reseau de projets d’intéret général sur une ou des thématiques déterminées,
– Accompagner, conseiller et controler l’activité des fondations qui agissent sous l’égide de la Fondation de France dans l’environnement de cette thématique.

Profil

Formation superieure BAC+5 minimum, avec une expérience significative dans le domaine du développement local associé à des problématiques environnementales, notamment en milieu rural, force de proposition, méthode et organisation, expérience du management pour encadrer et animer une équipe pluridisciplinaire et bénévole, qualités rédactionnelles, esprit de synthèse. Déplacements en région à prévoir. Anglais exigé.

Les Français ne nettoient pas derrière eux

Ramasser, jeter nettoyer… Voilà des réflexes qui manquent à la plupart des Français. L’association Eco-Emballage, qui gère la collecte des poubelles dans le pays, a commandé un sondage sur les déchets sauvages. Résultat : au moins un quart d’entre nous laisse des saletés derrière lui. Cibles principales de cet incivisme, les aires d’autoroutes et les routes se transforment en véritable poubelles géantes.

Les déchets sauvages beaucoup trop volumineux

La palme de la propreté ne revient pas à la France. Loin s’en faut. Selon une enquête réalisée fin juin et commandée par l’association Eco-Emballage , qui s’occupe des déchets sur le territoire, au moins un quart des Français reconnaissent laisser leurs restes de pique-niques derrière eux, jeter un chewing-gum ou un mégot par terre. Le long des routes de France, on trouve ainsi toutes sortes d’ordures, parfois originales…

L’association Eco-Emballage a découvert l’équivalent de cinquante poubelles, des restes semés tout autour de celles pourtant à disposition. En premier lieu des déchets retrouvés bord des routes : couches culottes, papiers ou bouteilles. Les Français ne se rendraient pas compte que ces petits gestes ont des conséquences graves pour l’environnement. « Peu importe, puisque les autres le font, je le fais aussi répondent », répondent 35% des personnes concernées. Les autres mettent en cause le manque de poubelles et une majorité avoue ne pas du tout penser aux conséquences. Pourtant, il faut deux ans pour qu’un mégot se dégrade complètement et cinq ans pour un chewing-gum. Cet incivisme se retrouve particulièrement sur les lieux de vacances.

Le désastre ne se limite pas à l’aire de repos. Tout le long de l’autoroute, on trouve aussi d’étranges bouteilles en plastique. Enfin les kilomètres qui suivent une aire d’autoroute prennent eux aussi des aires de poubelle. Souvent les vacanciers pressés terminent leur pique-nique dans la voiture et avant de prendre trop de vitesse… ils ouvrent la fenêtre et jettent les restes.

Des campagnes de sensibilisation

Pour changer les mentalités, l’association « Vacances propres » a installé dans 1.800 communes -sur les chantiers de randonnée ou sur les plages- plus de trois millions sacs pour les touristes. Des campagnes de sensibilisation ont été lancées cet été sur le Tour de France et dans les communes touristiques. Le but : sensibiliser surtout les enfants, les plus réactifs aux nouveaux comportements.

Mais avec la pédagogie, il y a aussi des mesures plus radicales. Depuis la fin des sacs plastiques dans certaines grandes surfaces, le nombre retrouvé dans la nature a été divisé par deux en trois ans.

C.S-L. avec Virginie Garin

La guerre au sac à commissions bio est ouverte

Débat – La Suisse se demande si le sac biodégradable est vraiment écologique !

• Depuis un mois, Carrefour Suisse ne distribue plus que des cabas, fait de maïs, biodégradables.

• Or, selon l’Office fédéral de l’environnement, la fabrication des sacs «bio» nécessite trop d’énergie pour être écolos.

• Migros et Coop s’en tiennent pour l’heure aux sacs à commission en papier ou en plastique.