A l’occasion du 4e Sommet de la Mesure d’Impact

Ce qui compte vraiment : un autre modèle social est possible

Impact Tank publie son premier ouvrage collectif

A l’occasion du 4e Sommet de la Mesure d’Impact, l’Impact Tank, premier think-and-do-tank dédié à la mesure d’impact et aux innovations sociales créé à l’initiative du Groupe SOS et de quatre universités (Sciences Po, Sorbonne Université, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris Dauphine-PSL), publie un livre collectif intitulé « Ce qui compte vraiment : un autre modèle social est possible », aux éditions « Le Bord de l’Eau », dans la collection « Un.e autre est possible… »

Présentation de l’éditeur

Dans un monde traversé par les crises, la défiance des citoyens envers les institutions et la polarisation du débat public, Ce qui compte vraiment veut porter une voix fondée sur les faits et la preuve, et invite à revenir à l’essentiel : ce qui fait société. Le bien-être, la confiance, le sentiment d’appartenance, la fierté : ces dimensions, constituent le socle de notre capacité à vivre-ensemble, et doivent devenir des boussoles de l’action publique et privée, pour affronter les défis qui s’imposent à nous, géopolitiques, écologiques, technologiques, économiques.

Loin des postures et des jugements hâtifs, cet ouvrage défend la nécessité d’un langage commun entre citoyens, chercheurs, élus et entreprises : celui de la mesure d’impact. Car si nous ne partageons pas toujours les mêmes opinions, nous devons pouvoir regarder les mêmes données.

Tony Bernard,
Directeur général de l’Impact Tank

Le livre a été rédigé sous la direction de Tony Bernard, Directeur général de l’Impact Tank, Maître de conférences associé en science politique à l’Université Lyon 3, et Timothée Duverger, Responsable de la Chaire Territoires de l’économie sociale et solidaire (TerrESS) à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Emile Durkheim.

Au travers de six chapitres, des personnalités reconnues du monde de la recherche, de l’action publique et de l’économie sociale et solidaire (ESS) appellent à redéfinir ce qui compte vraiment dans notre modèle social.

Leur ambition : renforcer notre cohésion sociale pour nous donner les moyens de faire face aux défis majeurs de notre temps – la transition écologique, la transition démographique (vieillissement de la population, migrations), la révolution de l’intelligence artificielle ou encore la fin de l’hégémonie occidentale. Pour y parvenir, ils proposent un changement de méthode radical : mieux compter.

Timothée Duverger, Chaire TerrESS à Sciences Po Bordeaux

Mieux évaluer le coût des dispositifs de solidarité pour les plus vulnérables, par exemple dans la lutte contre les inégalités environnementales, la réussite scolaire de tous les jeunes, l’accès à la santé et au logement.

Mais aussi mieux mesurer ce qu’ils produisent en valeur économique – directement dans les caisses de l’État – et surtout en valeur sociale : amélioration du bien-être, renforcement du lien social, estime de soi, consolidation du sentiment d’appartenance.

Ce qui compte vraiment

L’investissement social : préparer l’avenir plutôt que réparer le passé. En renforçant le capital humain, en favorisant l’égalité des chances et en soutenant la participation de tous au marché du travail, les politiques d’investissement social sont conçues comme de véritables investissements productifs. Plutôt que d’intervenir principalement a posteriori pour réparer les conséquences des risques sociaux, il s’agit d’agir en amont, afin de prévenir ces risques et de renforcer les capacités des individus tout au long de leur parcours de vie. – Par Bruno Palier, Directeur de recherche du CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po

La transition juste : œuvrer ensemble pour un nouveau projet de société. Comme souligné dans le 6e rapport du GIEC, la notion de transition écologique juste renvoie à l’importance de penser conjointement enjeux sociaux et environnementaux. La question sociale est d’autant plus centrale que les personnes les plus vulnérables sont à la fois les moins responsables de la crise climatique, les plus affectés par celle-ci et les moins à même de faire face aux coûts de la transition – Nicolas Duvoux, Professeur, Université Paris 8 Vincennes, Directeur du Centre en philanthropie de l’université de Genève, Président scientifique du Conseil national de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale & Anne Monier, Docteure en sciences sociales, chercheuse au Centre en Philanthropie, Université de Genève.

Mixité sociale et coopération : un projet d’école pour demain. De nombreuses recherches internationales et françaises ont prouvé les effets des politiques de luttes contre la ségrégation scolaire sur la réussite des élèves de milieu populaire, la baisse de la délinquance et des comportements discriminatoires. Pourtant la France peine à mener une réelle politique de mixité sociale, impliquant l’enseignement publique et privée vers un objectif commun. Après des années de lutte contre les inégalités scolaire, inefficaces, il s’agit de mettre la mixité sociale et la coopération entre élèves au cœur d’un projet pour l’école de demain. – Aude Kerivel, Docteure en sociologie, Directrice du LEPPI (Laboratoire d’évaluation des politiques publiques et des innovations).

Mieux accueillir. Les cohortes nombreuses nées en France jusqu’au début des années 1970 continueront de peser sur les comptes sociaux pendant une quarantaine d’années tandis que la chute des naissances, marquée depuis une quinzaine d’années, ne permettra pas le renouvellement de la force de travail. À rebours de ce qui est suggéré par le raisonnement simple à base d’offre et de demande, le consensus qui émerge des travaux empiriques est que l’immigration n’a globalement que peu d’impact sur le chômage et les salaires : soyons plus hospitaliers afin de bénéficier du talent et de la soif de réussite de ces millions de jeunes, car la soutenabilité de notre modèle social en dépend. – Hippolyte d’Albis, Professeur d’économie, ESSEC Business School, et chef économiste à l’Inspection générale des finances.

L’aide au développement : la promesse toujours à tenir d’un monde plus juste. En crise, l’aide au développement est sujette à de nombreuses critiques : tendances néocolonialistes, manque de responsabilisation des pays bénéficiaires ou trajectoires de développement calquées sur les pays développés et donc non-durables. L’aide au développement est amenée à se réformer, par un suivi plus poussé de son efficacité, son alignement sur les priorités stratégiques nationales et son inscription dans des stratégies de développement à long terme. – Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, Professeur, UCLouvain et Sciences Po.

Faire du bien plutôt que du chiffre : l’ESS trace la voie. Dans ce texte, Benoît Hamon défend le rôle central de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans la prise en charge des publics vulnérables, notamment en EHPAD et en crèche. Il dénonce les dérives structurelles du secteur lucratif, mises en lumière par les enquêtes de Victor Castanet, qui ont révélé des logiques de rentabilité nuisibles à la dignité des personnes âgées et des jeunes enfants. Face au vieillissement démographique et aux besoins croissants de financement, il plaide pour réserver progressivement ces activités au secteur public et au privé non lucratif. L’ESS, déjà fortement implantée, offrirait selon lui un modèle plus éthique, fondé sur la primauté de l’humain sur le capital. Il propose enfin des mesures concrètes pour renforcer, financer et développer ces structures de l’ESS à long terme. – Benoît Hamon, Président d’ESS France, ancien ministre.

L’État, souvent perçu comme opaque et bureaucratique, doit retrouver une boussole : l’efficacité et le temps long.

Face à des défis majeurs – transition écologique, démographie, cohésion sociale – l’urgence ne peut dicter seule nos choix. Il faut anticiper, planifier et mesurer. La mesure d’impact n’est pas un simple indicateur technique. Elle constitue un outil pour interroger nos politiques : comment garantir que les politiques décidées démocratiquement trouvent leur pleine efficacité dans leur mise en œuvre ?

Cette exigence de preuve permet de fixer des priorités, corriger ce qui ne marche pas et légitimer les investissements sociaux. Elle éclaire et apaise le débat public par des faits, des scénarios et des comparaisons – Postface de Clément Beaune, Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan, et Jean-Marc Borello, CoPrésident du Directoire du Groupe SOS.

« À l’heure où s’imposent à l’agenda les objectifs, d’une part de réduction des déficits publics et, d’autre part de renforcement de la compétitivité de nos entreprises et de la défense, il nous a paru crucial de rappeler que c’est aussi en redéfinissant ce qui compte (vraiment) dans notre modèle social que nous pourrons affronter ces défis », expliquent Tony Bernard et Timothée Duverger dans l’introduction du livre.

« Les experts doivent favoriser l’accès à la connaissance et éclairer le débat. Mais la décision politique, les clivages comme les compromis qui permettent d’emporter l’adhésion des citoyens, lutter contre les frustrations et les ressentiments, appartiennent au débat démocratique. A fortiori dans notre époque où la désinformation et l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle peuvent brouiller la distinction entre le vrai et le faux, notre responsabilité collective est de redonner toute sa place à la démarche scientifique comme au débat contradictoire et à la parole des citoyens pour garantir la qualité de la délibération collective et de la prise de décision. Ce sont là les premières bases d’un contrat social renouvelé. »

A propos de l’Impact Tank

Lancé en octobre 2020 à l’initiative du Groupe SOS et de quatre universités (Sciences Po, Sorbonne Université, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris Dauphine-PSL), l’Impact Tank est le premier think-and-do-tank dédié à la valorisation et la mise à l’échelle des innovations sociales à impact positif. Il croise expertise académique et expérience de terrain pour inspirer l’action publique, les modèles entrepreneuriaux de demain et la mobilisation des acteurs privés au service des enjeux sociaux et environnementaux.

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttp://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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