Fondateur du mouvement Les Gardiens du Vivant et auteur de la Théorie de la Conscience Évolutive, Lionel Mallecourt se consacre à la recherche d’un équilibre entre science, philosophie et conscience. Entrepreneur visionnaire et penseur humaniste, il cherche à « relier les savoirs pour redonner du sens à l’évolution humaine » parce que pour lui, « la conscience n’est pas le produit de l’évolution, mais l’un de ses moteurs« . Il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Les Gardiens du Vivant et la Théorie de la Conscience Évolutive
Fondateur du mouvement Les Gardiens du Vivant et auteur de la Théorie de la Conscience Évolutive, Lionel Mallecourt se consacre à la recherche d’un équilibre entre science, philosophie et conscience. Entrepreneur visionnaire et penseur humaniste, il cherche à « relier les savoirs pour redonner du sens à l’évolution humaine » parce que pour lui, « la conscience n’est pas le produit de l’évolution, mais l’un de ses moteurs« . Son parcours dans l’industrie, l’entrepreneuriat et la communication lui a appris que les grandes transformations commencent par une vision partagée. C’est cette vision qu’il met au service d’un projet global : unir l’humanité autour d’une mission commune … protéger, honorer et faire évoluer la nature consciente qui nous relie tous.
3 portes d’entrée complémentaires vers une même réflexion

- une Vision pour proposer une direction,
- un Récit pour l’explorer autrement,
- une Théorie pour tenter de comprendre.
Les 3 restent naturellement ouverts à la discussion, la critique et l’évolution.
Lionel Mallecourt, Fondateur du mouvement Les Gardiens du Vivant et auteur de la Théorie de la Conscience Évolutive,
Ils ne prétendent pas apporter une vérité à laquelle il faudrait adhérer, mais proposer des éléments à explorer.
La Vision – Les Gardiens du Vivant propose une direction
Quel horizon commun pourrions-nous essayer de construire, au-delà de nos différences ?
Le Récit – Réminiscence explore en BD la question par l’imaginaire et l’émotion.
La BD ne cherche pas à démontrer, mais à faire ressentir, questionner et peut-être regarder autrement notre place dans l’histoire du vivant.
La Théorie – La Conscience évolutive explore une trajectoire soutenable
Les mécanismes qui expliquent pourquoi, malgré l’accumulation de connaissances et capacités technologiques, nous éprouvons tant de difficultés à les mettre collectivement au service d’une trajectoire soutenable.
Questions Cdurable à Lionel Mallecourt
Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je ne me considère pas comme extérieur au vivant. J’en fais partie.
Cela semble évident, et pourtant nous avons construit une grande partie de nos sociétés comme si l’humanité était d’un côté et la nature de l’autre : un environnement constitué de ressources dont nous pourrions disposer. Ma réflexion m’a progressivement conduit à renverser cette représentation. Nous ne sommes pas simplement des occupants de la Terre : nous sommes l’une des expressions d’un système vivant dont nous dépendons à chaque instant.
Je n’idéalise pas pour autant la nature. Le vivant coopère, entre en compétition, détruit, transforme, s’adapte. Mais l’évolution a aussi fait émerger une conscience capable de s’interroger sur elle-même et sur les conséquences de ses actes. Et c’est précisément là que commence, pour moi, notre responsabilité.

Notre intelligence nous a donné une puissance considérable. La question est désormais de savoir si notre conscience et notre capacité à assumer les conséquences de nos choix évolueront aussi vite que cette puissance.C’est de cette interrogation que sont nés Les Gardiens du Vivant : non pas l’idée d’une humanité qui se placerait au-dessus de la nature pour la protéger, mais celle d’une humanité qui comprendrait suffisamment qu’elle en fait partie pour devenir responsable de la puissance qu’elle a acquise. Et je ne prétends certainement pas incarner parfaitement cette idée. 😅 Je vis avec mes contradictions, comme tout le monde. J’essaie simplement de questionner mes habitudes, parfois jusque dans de toutes petites choses.
Ma voiture est blanche parce que je me suis dit un jour que la nature nous offrait déjà une palette infinie de couleurs et que je n’avais pas besoin d’essayer de faire son travail à sa place. Je ne porte plus de montre depuis que j’ai réalisé que le téléphone que j’ai toujours avec moi me donne déjà l’heure. Et mes déchets alimentaires finissent souvent au pied de mes arbres et arbustes plutôt qu’à la poubelle, avec l’idée toute simple qu’ils peuvent retourner nourrir ce dont ils proviennent. Ce ne sont évidemment pas ces petits gestes qui sauveront le monde. Ils racontent simplement une manière d’essayer de l’habiter : observer, questionner ce qui paraît évident, puis chercher un peu plus de cohérence entre ce que je comprends et ce que je fais.
Ma relation au vivant tient finalement en trois mots :
appartenance, émerveillement, responsabilité.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

J’aime manger…
et surtout explorer.
Je n’ai pas de doctrine alimentaire particulière. Une ou deux fois par mois, ce sera un McDo ; une fois un shaorma ; une autre, une pizza. Et puis il y aura de grandes salades fraîches et très colorées, de bonnes pâtes qui me rappellent mes origines italiennes du côté de ma mère, et de bons desserts… même si, avec l’âge, j’apprends à être un peu plus raisonnable. Je constate aussi que je mange naturellement de moins en moins de viande. Ce n’est pas vraiment le résultat d’une décision idéologique : j’en ressens simplement moins le besoin et moins l’envie qu’autrefois.
Finalement, mon rapport à l’alimentation ressemble assez bien à ma manière de voir le vivant : explorer, apprécier, observer et chercher l’équilibre plutôt que suivre un dogme. Car nous ne mangeons pas uniquement pour absorber des calories et des nutriments. Nous mangeons pour le plaisir, pour partager, pour découvrir, mais aussi pour transmettre une culture et une histoire. Certaines saveurs peuvent nous ramener instantanément à une personne, une famille, une région ou une partie de nos origines. Mais derrière chaque assiette se trouve également tout un système : des sols, de l’eau, de l’énergie, du travail humain, du transport, parfois des animaux, des emballages et des déchets.
J’essaie donc de garder une question très simple en tête : de quoi ai-je réellement besoin ? Pas pour culpabiliser lorsque je mange un hamburger ou une pizza, mais pour ne pas confondre systématiquement le « davantage » avec le « mieux ». Je cherche simplement à manger de manière variée et équilibrée, à apprécier ce que je mange et, autant que possible, à ne pas gaspiller. Parce qu’une assiette n’est jamais seulement une assiette. C’est aussi un petit morceau de territoire, d’énergie, de travail, de culture et de vivant posé devant nous. 🙂
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Aujourd’hui, je vis dans une maison contemporaine assez grande, avec un jardin, beaucoup d’arbres, une piscine, des espaces de vie ouverts et la campagne très proche. C’est un habitat confortable, pratique, familial, mais qui porte aussi toutes les contradictions de notre époque : de l’espace, des équipements, de l’énergie, de l’entretien… donc des ressources mobilisées en permanence. Je ne cherche pas à le nier. C’est simplement mon point de départ.
Mais si je devais imaginer aujourd’hui mon habitat idéal, je crois qu’il serait presque à l’opposé. Plus petit. Plus simple. Plus proche du paysage. Je l’imagine en haut d’une falaise, dominant la mer, relié à un petit port de pêcheurs en contrebas. Un endroit où l’on pourrait voir l’horizon, sentir le vent, observer les saisons, descendre à pied vers quelques bateaux et quelques maisons, puis remonter vers un lieu calme, sans avoir besoin de beaucoup plus. Ce qui m’attire là-dedans n’est pas l’isolement absolu, mais une forme de juste distance : être proche du vivant sans être coupé des autres.
Avec le temps, je crois que ma définition du confort évolue. Elle est de moins en moins liée à la surface ou au nombre d’objets, et de plus en plus à la qualité de ce qui m’entoure : la lumière, le silence, l’eau, les arbres, l’horizon, le temps disponible et quelques relations humaines proches. Mon habitat idéal serait donc probablement moins grand matériellement, mais plus vaste par ce qu’il permettrait de regarder, de ressentir et de vivre.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé
Je dirais avant tout que j’essaie de m’éloigner de la sédentarité.
Je ne suis pas un grand sportif et je n’ai pas de programme d’entraînement particulièrement rigoureux. J’essaie plutôt de faire en sorte que le mouvement reste naturellement présent dans ma vie quotidienne. Je nage fréquemment avec mon fils Lio. Au-delà de l’activité physique, ce sont aussi des moments que nous partageons ensemble, et cela leur donne probablement encore plus de valeur. J’essaie également d’utiliser mes jambes dès que je peux raisonnablement éviter un moyen de locomotion. Et puis il y a tout ce qui ne porte pas l’étiquette « sport » : entretenir le jardin, bricoler, faire des travaux autour de la maison… tout cela fait partie du jeu.
Avec le temps, je crois d’ailleurs que ma perception de l’activité physique a changé. Bouger ne signifie pas nécessairement pratiquer un sport pendant une heure puis rester assis le reste de la journée. Notre corps a simplement été fait pour bouger. Alors j’essaie de lui en donner régulièrement l’occasion : marcher plutôt que rouler lorsque c’est possible, nager, porter, réparer, jardiner, monter un escalier… Rien de spectaculaire. Mais peut-être que prendre soin de soi commence aussi par là : réintroduire du mouvement dans les gestes ordinaires de la vie plutôt que d’en faire une activité séparée.
5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?
En un mot : l’exploration.
Je suis curieux de presque tout : sciences, économie, philosophie, technologie, histoire, écologie, conscience, société… Une question peut m’en faire découvrir une autre, puis une autre encore, jusqu’à m’emmener très loin de mon point de départ. Je ne cherche pas nécessairement à devenir spécialiste de chacun de ces domaines. J’essaie surtout de comprendre suffisamment pour faire des liens entre eux.
J’ai d’ailleurs une manière assez particulière de lire. Je ne lis pas toujours un texte de façon linéaire, mot après mot. Mon regard cherche spontanément les mots, les concepts et les articulations qui portent le sens. Je peux ainsi parcourir très rapidement beaucoup de pages, puis m’arrêter brusquement sur une phrase ou une idée qui mérite d’être approfondie. Cela surprend parfois ceux qui me voient faire. Évidemment, toutes les lectures ne s’y prêtent pas. Certains textes demandent de ralentir, de revenir en arrière, de vérifier, parfois même de laisser une idée reposer. Mais lorsqu’il s’agit d’explorer un sujet, cette façon de lire me permet d’en saisir rapidement la structure avant de décider où approfondir. Je crois finalement que je lis comme j’explore : je cherche d’abord la carte, puis je décide où m’arrêter.
Aujourd’hui, Internet et l’intelligence artificielle ont considérablement élargi ce territoire d’exploration. Mais avoir accès à davantage d’informations ne signifie pas accéder automatiquement à davantage de vérité. Il faut confronter les sources, accepter le doute, distinguer ce que l’on sait de ce que l’on suppose et, surtout, rester capable de changer d’avis lorsqu’un nouvel élément remet en cause ce que l’on croyait avoir compris. Et puis il faut partager. Lorsque j’écris, publie une réflexion ou échange avec quelqu’un, je ne cherche pas seulement à transmettre une idée. Je la mets à l’épreuve du regard des autres. Une objection peut révéler une faiblesse, une autre discipline apporter une pièce manquante, une conversation ouvrir une direction à laquelle je n’avais jamais pensé.
C’est d’ailleurs ainsi que s’est construite une grande partie de ma réflexion : exploration, confrontation, dialogue, puis mise en relation. Je ne vois donc pas le savoir comme quelque chose que l’on possède. Je le vois comme un territoire que nous explorons ensemble — et dont chaque réponse agrandit un peu plus la carte des questions.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
J’ai commencé à travailler très jeune.
Et j’ai eu la chance de parcourir presque toutes les dimensions possibles de l’entreprise : j’ai commencé chez un artisan, puis travaillé dans une petite entreprise, une moyenne, une grande, une très grande multinationale… avant de finir par travailler pour ma propre entreprise. Avec le recul, quelque chose n’a pourtant jamais vraiment changé au cours de ce parcours : j’ai besoin de sentir que mon travail sert à quelque chose de plus grand que moi.
Chez l’artisan, je fabriquais des pièces mécaniques destinées à des ingénieurs qui imaginaient des machines extraordinaires. Je n’étais qu’un petit maillon de la chaîne, mais je pouvais voir à quoi mon travail contribuait. Des années plus tard, chez Renault, l’échelle était totalement différente, mais ce sentiment pouvait être exactement le même. Lorsque nous travaillions sur Dacia avec l’ambition de produire une voiture neuve autour de 5 000 euros, le défi n’était pas seulement industriel ou économique : il s’agissait de rendre accessible quelque chose qui ne l’était pas pour une partie de la population. Entre les deux, les organisations avaient changé, les responsabilités aussi, mais pas vraiment ce qui me motivait.
Je n’ai jamais eu besoin que mon travail soit « grand » pour lui trouver du sens. J’ai besoin de comprendre à quoi il sert. C’est probablement pour cela que j’ai toujours eu un rapport un peu particulier à la frontière entre travail et curiosité. Lorsque quelque chose m’intéresse réellement, je peux y consacrer énormément de temps sans avoir le sentiment de travailler. À l’inverse, une activité peut être parfaitement rémunérée et devenir très lourde si je n’en comprends plus la finalité. Aujourd’hui, je me demande d’ailleurs si notre erreur collective n’est pas parfois de mesurer le travail presque exclusivement par le temps que nous lui consacrons et la valeur économique qu’il produit.
Élever un enfant, prendre soin d’un proche, transmettre un savoir, restaurer un écosystème, aider son voisin ou contribuer à une communauté produit aussi de la valeur, même lorsque cette valeur n’apparaît dans aucun chiffre d’affaires. Avec l’automatisation, la robotisation et maintenant l’intelligence artificielle, cette question va devenir encore plus importante : si nous parvenons à produire davantage avec moins de travail humain, qu’allons-nous faire du temps ainsi libéré ? Produire encore davantage ? Ou reconnaître qu’une partie du progrès pourrait aussi servir à nous rendre du temps pour apprendre, créer, transmettre, prendre soin des autres et du vivant ?
J’ai besoin de me sentir utile
Si je devais finalement résumer mon rapport au travail, je dirais donc : je ne cherche pas seulement à être occupé. J’ai besoin de me sentir utile. Et si cette utilité contribue à quelque chose qui me dépasse, alors le travail peut devenir bien davantage qu’un moyen de gagner sa vie : une manière de participer au monde.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Nous faisons partie d’un Tout, reliés par une onde universelle qui nous unit à la nature, à l’humanité et à la conscience. Les Gardiens du Vivant nous invitent à protéger ce lien sacré et à construire ensemble un avenir harmonieux.
l’énergie est un moyen, pas une finalité
J’essaie d’abord de partir d’un principe assez simple : l’énergie est un moyen, pas une finalité. Aujourd’hui, j’utilise des panneaux solaires pour produire une partie de mon électricité, recharger des batteries et consommer cette énergie en essayant de limiter autant que possible les pertes inutiles. Mais mon idéal serait d’aller plus loin avec un véritable mix énergétique à petite échelle : solaire, éolien et, pourquoi pas demain, d’autres technologies complémentaires. Non pas nécessairement pour produire toujours davantage, mais pour disposer d’une énergie plus résiliente, adaptée aux conditions du moment et utilisée au plus près de l’endroit où elle est produite.
Car même si nous découvrions demain une source d’énergie propre, abondante et presque illimitée, une question resterait entière : qu’allons-nous en faire ? Nous pourrions dessaler massivement l’eau de mer, recycler beaucoup plus complètement nos matériaux, produire autrement notre nourriture, réduire la pénibilité du travail, restaurer certains écosystèmes ou rendre accessibles des technologies aujourd’hui limitées par leur coût énergétique. Ce serait une formidable libération. Mais nous pourrions aussi simplement utiliser cette abondance pour produire et consommer mille fois plus. Et nous déplacerions alors probablement le problème vers d’autres limites : matières premières, sols, biodiversité, chaleur, déchets, espace… ou simplement notre capacité à distinguer nos besoins de nos désirs.
C’est pourquoi je ne crois pas que la transition énergétique puisse se résumer à remplacer une source d’énergie par une autre tout en conservant exactement le même rapport à la consommation. Il faut évidemment produire une énergie aussi propre, abondante et accessible que possible. Mais il faut aussi apprendre à mieux la produire, la stocker, la distribuer et surtout à ne pas la gaspiller simplement parce qu’elle est disponible. La question énergétique rejoint finalement une interrogation qui traverse beaucoup de mes réflexions :
de quoi avons-nous réellement besoin, et dans quel but ?
L’abondance n’est pas nécessairement l’ennemie du vivant. Elle peut même devenir un formidable outil d’émancipation, à condition que notre capacité à produire davantage s’accompagne d’une capacité tout aussi grande à décider collectivement ce que nous voulons en faire.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
C’est probablement la question à laquelle il m’est le plus difficile de répondre simplement. 😅 Parce que, pour moi, l’intérêt général ne peut plus s’arrêter à l’intérêt des êtres humains présents aujourd’hui. J’en reviens alors à une idée centrale dans ma réflexion : le respect du Tout. Par « Tout », je n’entends pas quelque chose de mystique. Je parle de l’ensemble auquel nous appartenons et des interdépendances qui nous relient : les autres êtres humains, bien sûr, mais aussi les générations qui nous suivront, les autres formes de vie, les écosystèmes et les ressources physiques dont toutes nos sociétés dépendent.
Pendant longtemps, nous avons essentiellement cherché à organiser la coexistence des intérêts humains. C’était déjà extraordinairement difficile. Mais notre puissance technologique nous oblige désormais à élargir le cercle. Une décision peut être excellente économiquement aujourd’hui et désastreuse écologiquement dans trente ans. Elle peut bénéficier à une majorité tout en sacrifiant une minorité. Elle peut améliorer notre confort en transférant son coût à des populations situées à l’autre bout du monde. Elle peut même satisfaire toute notre génération en laissant la facture à la suivante. Peut-on encore appeler cela l’intérêt général ? Je ne le crois pas.

Nous vivons une époque étrange. Le monde va plus vite que jamais. Nous travaillons plus. Nous communiquons plus. Nous produisons plus. Et pourtant, beaucoup ressentent la même chose : quelque chose ne tourne plus rond. Pas seulement la politique. Pas seulement l’économie.,Mais le cadre dans lequel nous vivons. Cette vision s’adresse aux citoyens ordinaires — à celles et ceux qui sentent que notre manière de vivre ensemble doit évoluer, sans savoir exactement comment.
Mais le respect du Tout ne signifie pas non plus sacrifier systématiquement l’individu au collectif, ni l’humanité à une nature idéalisée. Nous faisons nous-mêmes partie de ce Tout. Nos besoins, nos libertés, nos aspirations et notre dignité doivent donc également être respectés. Toute la difficulté consiste à chercher l’équilibre entre ces différentes dimensions. C’est d’ailleurs ainsi que je comprends trois notions qui sont devenues centrales dans ma réflexion :
- Respect = Équilibre.
- Amour = Harmonie.
- Libre arbitre = Responsabilité.
Nous sommes libres de faire des choix, individuellement et collectivement. Mais plus notre capacité d’action devient grande, plus la responsabilité qui accompagne cette liberté devrait grandir avec elle. Servir l’intérêt général ne consiste donc peut-être pas à rechercher une décision parfaite qui satisferait tout le monde — elle existe rarement. Il s’agit plutôt de nous demander, chaque fois que nous agissons : Qui bénéficie de cette décision ? Qui en supporte le coût ? Quels effets aura-t-elle ailleurs ? Et que laisserons-nous à ceux qui viendront après nous ? À mes yeux, l’intérêt général devient alors quelque chose de plus vaste :
chercher ce qui permet à chaque partie du Tout d’exister et d’évoluer sans compromettre inutilement les autres.
Ce n’est pas une réponse simple. C’est une recherche permanente d’équilibre.

L’économie mondiale entre dans une nouvelle phase. Une phase marquée par l’instabilité permanente, la multiplication des chocs et la fin progressive des certitudes sur lesquelles reposait la croissance depuis plus d’un siècle. Les règles du jeu ont changé. La question n’est plus seulement comment croître, mais comment durer. Cette vision économique propose un cadre de lecture pour investir, produire et développer de la valeur dans un monde désormais contraint.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Pour moi, c’est assez simple : il faut que chacun fasse son travail.

La Bande Dessinée des Gardiens du Vivant
Une œuvre illustrée, accessible à tous, portée par une vision commune.
Réminiscence est une bande dessinée intégrale, offerte à l’humanité.
Elle raconte, à travers des images puissantes et une narration poétique, le destin d’une civilisation qui tente de préserver la vie, la conscience et l’unité dans un cycle d’évolution intergalactique. Ce n’est pas une fiction commerciale, mais une œuvre née d’une vision collective. Accessible à tous en version numérique, elle est également disponible en version papier pour ceux qui souhaitent soutenir sa diffusion et la faire vivre au-delà de l’écran.
Cela peut sembler une drôle de définition de la coopération, mais je crois profondément à la complémentarité. Nous n’avons ni les mêmes compétences, ni les mêmes expériences, ni les mêmes responsabilités. Un chercheur peut explorer ce que je suis incapable de démontrer. Un ingénieur peut transformer une idée en solution concrète. Un entrepreneur peut organiser sa mise en œuvre. Un enseignant peut la transmettre. Un citoyen peut l’expérimenter. Et un responsable politique peut créer les conditions permettant de la déployer à une autre échelle. Coopérer ne signifie donc pas, pour moi, que tout le monde doit faire la même chose ou rejoindre la même organisation. Cela signifie faire sa part et permettre aux autres de faire la leur.
On m’a récemment demandé si je connaissais un nouveau mouvement politique et si j’envisageais d’y adhérer. J’ai répondu que Les Gardiens du Vivant constituaient déjà, à leur manière, un mouvement. Nous avons formulé une Vision, développé des propositions, construit des outils de réflexion et rendu ce travail accessible. Nous l’avons également transmis à différentes institutions susceptibles, chacune à leur niveau, d’en faire quelque chose. À partir de là, je considère que mon rôle n’est pas nécessairement de devenir chercheur, responsable politique, militant professionnel ou expert de tous les sujets que nous abordons. À chacun son travail.
Le mien, aujourd’hui, consiste surtout à explorer, relier des idées, proposer une direction, ouvrir des discussions et mettre ce travail à disposition de ceux qui pourront éventuellement aller plus loin. Cela implique aussi d’accepter quelque chose de difficile : ne pas chercher à contrôler ce que deviennent les idées que l’on partage. Certaines tomberont sur un sol stérile. D’autres seront oubliées. Certaines seront critiquées, transformées ou améliorées. Et peut-être que quelques-unes rencontreront, au bon moment, une personne capable d’en faire quelque chose auquel je n’aurais jamais pensé.
C’est aussi cela, pour moi, l’intelligence collective : non pas effacer les individus dans un collectif, mais permettre à leurs différences de devenir complémentaires. Nous avons parfois tendance à attendre qu’un gouvernement, une entreprise, une technologie ou un mouvement vienne résoudre l’ensemble de nos problèmes. Je crois davantage à une multitude d’acteurs qui assument leur part de responsabilité et apprennent à relier leurs actions. Alors j’essaie simplement de faire la mienne. Je continue de semer.

Les démocraties traversent une période de tension profonde. Partout, les citoyens expriment les mêmes sentiments : perte de confiance, fatigue démocratique, montée des radicalités, sentiment d’impuissance politique. Les alternances se succèdent. Les crises persistent. Le problème n’est plus le choix des dirigeants. Le problème est le cadre dans lequel ils gouvernent.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Si je ne devais laisser qu’une seule idée, ce serait peut-être celle-ci :
Nous ne sommes pas séparés

Nous avons appris à découper le monde pour mieux le comprendre : l’économie, l’écologie, la santé, l’éducation, la technologie, la politique… l’individu, la société, l’humanité, la nature. Cette méthode nous a permis d’accomplir des choses extraordinaires. Mais le réel, lui, n’est pas découpé. Une décision économique peut avoir des conséquences sociales, qui deviennent sanitaires, politiques ou écologiques. Une innovation technologique peut résoudre un problème et en créer trois autres. Un choix effectué aujourd’hui peut modifier la vie de personnes que nous ne rencontrerons jamais, parfois même de générations qui ne sont pas encore nées. Tout est interdépendant. Et nous faisons partie de cette interdépendance. C’est probablement l’idée la plus simple et la plus profonde qui se trouve derrière Les Gardiens du Vivant.
Je ne crois pas que l’humanité soit une erreur de la nature, ni qu’elle doive s’effacer pour que le vivant puisse prospérer. Nous sommes nous-mêmes une expression de cette nature, devenue capable de regarder l’Univers, de comprendre une partie de ses lois, de créer, d’aimer, d’imaginer… mais aussi de transformer profondément son environnement. Notre puissance est devenue immense. Notre responsabilité devrait grandir avec elle. Peut-être que la prochaine étape de notre évolution ne sera donc pas seulement technologique. Elle pourrait être notre capacité à élargir progressivement le cercle de ce que nous considérons comme digne de respect : moi, l’autre, notre communauté, l’humanité, les générations futures, les autres formes de vie… jusqu’à comprendre que protéger l’une de ces parties au détriment permanent des autres finit toujours par fragiliser l’ensemble. C’est ce que j’appelle le respect du Tout. Cela ne nous donne pas toutes les réponses. Et heureusement. Cela nous invite simplement à poser une question supplémentaire avant nos décisions :

Un appel à l’unité et à l’évolution collective
Une vision commune offerte à l’humanité. Ce livre n’est pas une marchandise. C’est une invitation. Il s’adresse à chaque être humain qui ressent que l’unité, la conscience et la responsabilité collective peuvent redonner un sens à notre avenir.
« Quelles seront les conséquences de mon choix sur le reste du Tout ? »
Nous n’y répondrons jamais parfaitement. Nous continuerons à nous tromper, à expérimenter, à corriger et à apprendre. Mais si cette question devenait progressivement aussi naturelle que « combien cela coûte ? », « combien cela rapporte ? » ou « qu’est-ce que j’y gagne ? », alors peut-être commencerions-nous déjà à changer de trajectoire. Je n’attends pas qu’un homme, un gouvernement, une technologie ou Les Gardiens du Vivant change le monde. Une vision n’est pas une destination. C’est une graine. À chacun ensuite de l’examiner, de la critiquer, de l’améliorer, de la transmettre ou de la laisser de côté. Moi, je continuerai simplement à semer. 🌱 Parce qu’au fond, être un Gardien du Vivant ne signifie peut-être rien de plus extraordinaire que cela :
Comprendre que nous faisons partie du Tout, exercer librement notre capacité d’agir et accepter la responsabilité qui accompagne cette liberté.
Les Gardiens du Vivant

