Canicules, incendies hors normes, sécheresses, tensions sur l’eau, évacuations et destructions ont rappelé avec brutalité que le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine : il est déjà là. Il faut réduire significativement nos émissions de gaz à effet de serre pour cesser d’alimenter le phénomène qui nous détruit et traiter enfin ses causes. C’est pourquoi Pierre Hurmic, avocat et ancien maire de Bordeaux, a réuni des personnalités issues du monde scientifique, de la santé, de l’écologie, de l’entreprise et de la société civile, pour lancer l’« Appel de Bordeaux pour le climat ».

Les prévisions d’hier sont devenues les catastrophes d’aujourd’hui
L’été 2026 fera date. Et il n’est qu’un prélude de ce qui nous attend. Dans un pays qui a montré toute sa vulnérabilité et son impréparation face aux bouleversements climatiques, Bordeaux et les territoires voisins sont devenus, durant plusieurs semaines, le cœur brûlant des extrêmes climatiques.

Canicules, incendies hors normes, sécheresses, tensions sur l’eau, évacuations et destructions ont rappelé avec une brutalité nouvelle que le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine : il est déjà là.
Les prévisions d’hier sont devenues les catastrophes d’aujourd’hui
Au moment où le gouvernement s’apprête à dévoiler des mesures attendues de réparation, de protection et, espérons le, d’anticipation, il est désormais indispensable d’aller plus loin : réduire significativement nos émissions de gaz à effet de serre pour cesser d’alimenter le phénomène qui nous détruit et traiter enfin sérieusement ses causes. Beaucoup d’entre nous en sommes convaincus. C’est pourquoi Pierre Hurmic, avocat et ancien maire de Bordeaux, a réuni des personnalités issues du monde scientifique, de la santé, de l’écologie, de l’entreprise et de la société civile, pour lancer l’« Appel de Bordeaux pour le climat ».
Interpellation du gouvernement et des candidats à la présidentielle
Décréter l’urgence climatique
Avec l’Appel de Bordeaux, les 25 premiers cosignataires demandent d’une seule voix, au Premier ministre, mais également aux candidats à l’élection présidentielle de 2027, de s’engager à décréter l’urgence climatique. Cet engagement doit marquer une rupture nette avec l’inertie du passé et donner lieu à une véritable mobilisation nationale. Il doit se traduire par des mesures fortes portant à la fois sur l’atténuation du dérèglement climatique et l’adaptation aux dommages qu’il provoque.

« Cessons de nous préoccuper uniquement des symptômes »
Pour les signataires, l’adaptation est indispensable pour protéger les populations et les territoires. Mais elle ne peut constituer à elle seule une politique climatique. Ils refusent que l’action publique se limite à gérer les conséquences. Il faut simultanément agir sur les causes du dérèglement et réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.

Après une fin de printemps et un été 2026 marqués par des événements climatiques extrêmes, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, et sa majorité municipale ont présenté la stratégie d’adaptation de la Ville au dérèglement climatique. Baptisé « Bordeaux s’adapte », ce plan vise autant à protéger les habitants qu’à aménager Bordeaux durablement à la mesure du défi.
L’urgence climatique, un enjeu central de 2027
L’Appel de Bordeaux entend faire de l’urgence climatique un enjeu central du débat politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Décréter l’urgence climatique doit marquer un tournant décisif : faire du climat une priorité de l’État et une condition essentielle de nos politiques de santé, de justice sociale, de sécurité, de souveraineté alimentaire et énergétique et d’aménagement des territoires.
Les 25 premiers signataires de L’Appel de Bordeaux pour le climat
- Pierre Hurmic — avocat, ancien maire de Bordeaux ;
- Yann Arthus-Bertrand — réalisateur, photographe, président de GoodPlanet ;
- Gilles Bœuf — professeur à Sorbonne Université, professeur invité au Collège de France ;
- Fabrice Bonnifet — président du Collège des Directeurs du développement durable (C3D) et de GenAct ;
- Claire Bouyssou — laitière au marché des Capucins à Bordeaux ;
- Mathilde Caillard — MC, danse pour le climat, artiste militante ;
- Laurent Cassy — vigneron bio ;
- Camille Dufau (Camille in Bordeaux) — créatrice de contenu ;
- Sarah Durieux — activiste et autrice, ex-directrice de Change.org ;
- Timothée Duverger — responsable de la chaire TerrESS à Sciences Po Bordeaux, chercheur associé au centre Émile-Durkheim ;
- Marion Enzer — directrice générale de Fermes d’avenir, nommée « Marianne du Climat » par l’association She Changes Climate en 2025 ;
- Lamya Essemlali — présidente de Sea Shepherd France ;
- Arthur Guérin-Turcq — géographe de l’environnement ;
- Jean Jouzel — paléoclimatologue, ancien membre du GIEC ;
- Galitt Kenan — directrice du Jane Goodall Institute France et présidente du Comité international du Jane Goodall Institute ;
- Philippe Lassalle Saint-Jean — entrepreneur, élu et président de la commission RSE de la Chambre de commerce et d’industrie Bordeaux Gironde ;
- Lydie Lescarmontier — glaciologue, autrice classée par le magazine Forbes parmi les 40 Françaises les plus influentes en 2021 ;
- Denis Malvy — professeur de Médecine, Université de Bordeaux ;
- Noël Mamère — journaliste, ancien maire de Bègles et député écologiste ;
- Théo Robache — animateur d’événements engagés, spécialiste des sujets liés à l’entrepreneuriat, l’égalité femmes-hommes, la culture et le sport ;
- Marc-André Selosse — professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, membre de l’Académie d’agriculture ;
- Paul Tréguer — océanographe, professeur à l’Université de Bretagne-Occidentale, fondateur de l’Institut Universitaire Européen de la Mer ;
- Laurence Tubiana — architecte de l’Accord de Paris de 2015, doyenne de la Paris Climate School à Sciences Po ;
- Alice Vachet — journaliste et animatrice spécialiste des sujets RSE.


