Au centre de l’Iran, une petite ferme familiale est devenu la 1 000ème Ferme Slow Food. Une étape importante pour ce réseau mondial qui réunit des personnes décidées à protéger la nature, à faire vivre les savoirs locaux et à produire une alimentation bonne, propre et juste. A l’occasion du Terra Madre

En Iran la 1000ème Ferme Slow Food

Il y a presque vingt ans, Somayeh Bayat, spécialiste iranienne de l’environnement, participe pour la première fois à Terra Madre. Elle y découvre des agriculteurs, des producteurs et des citoyens venus de nombreux pays. Tous partagent la même idée : l’alimentation peut aider à protéger la nature, à soutenir les communautés et à construire un monde plus juste.
Au départ, Hana Farm était une petite ferme familiale de 3 500 mètres carrés. Peu à peu, elle est devenue un lieu où l’on cultive des plantes, mais aussi des idées, des liens et de l’espoir. Aujourd’hui, on y fait pousser des légumes, des herbes aromatiques et des plantes médicinales, comme le safran, le thym, la menthe ou la rose de Damas. La ferme accueille aussi quelques ruches. Mais Hana Farm ne se limite pas à produire de la nourriture : une partie de ses revenus aide des enfants vulnérables ou orphelins à aller à l’école, parfois jusqu’à l’université. La ferme organise aussi des ateliers gratuits pour les agriculteurs et les élèves, afin d’apprendre à mieux connaître la biodiversité, l’agriculture biologique et une façon plus durable de produire notre alimentation.

Pour Somayeh Bayat, cultiver la terre, ce n’est pas seulement faire pousser des aliments. C’est aussi faire grandir les connaissances, les possibilités et l’espoir.

Son histoire ressemble à celle de nombreuses Fermes Slow Food. Chacune est différente, parce qu’elle appartient à un lieu, à une culture et à une communauté. Mais toutes ont un point commun : elles prennent soin de la terre, protègent la biodiversité, transmettent des savoirs et produisent de la nourriture en respectant leur territoire.
« La 1 000e ferme n’est pas seulement un nombre. Elle représente 1 000 communautés qui choisissent de protéger la biodiversité, de partager leurs connaissances, de prendre soin de leurs terres et d’imaginer un autre avenir grâce à l’alimentation », explique Edward Mukiibi, président de Slow Food. « Chaque Ferme Slow Food a sa propre histoire. Certaines protègent des semences anciennes, d’autres travaillent avec les jeunes, soutiennent des communautés locales ou préservent des lieux fragiles. Ensemble, elles nous montrent que des solutions existent déjà, partout dans le monde, face aux crises du climat et de l’alimentation. »
Hana Farm n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. Dans le monde entier, des fermes inventent des réponses adaptées à leur climat, à leur sol, à leur histoire et aux besoins de leur communauté.

En Colombie, dans la région sèche de La Guajira, Ishashimana Farm est gérée collectivement par la communauté wayuu, avec Agustín Uriana. La ferme ne sert pas seulement à produire des aliments : elle transmet aussi une culture. Avec les écoles locales, elle aide les enfants à découvrir les aliments traditionnels et les cultures autochtones, comme le haricot de La Guajira, un Presidio Slow Food. Grâce à des techniques pour restaurer les sols et récupérer l’eau, la communauté renforce son autonomie alimentaire et résiste mieux à un climat de plus en plus difficile.
Presidio Slow Food ? Un Presidio était un fort, établi par les conquérants espagnols afin de protéger les missions et autres colonies. Par extension, ce mot a été adopté par Slow Food pour développer un programme de sauvegarde de produits alimentaires d’exception au fort ancrage local. Slow Food soutient les productions de qualité menacées de disparition, protège des régions et écosystèmes uniques, sauvegarde les techniques traditionnelles et encourage la conservation de la faune et de la flore indigènes.
Sur l’île de Crète, en Grèce, Peskesi Farm, dirigée par Anna Maria Alogdianaki, montre qu’une ferme peut protéger à la fois la nature et la culture d’un lieu. On y cultive des centaines de variétés de fruits, de légumes, d’herbes aromatiques et d’oliviers. Les animaux font aussi partie de l’équilibre de la ferme. Une grande partie des produits est ensuite cuisinée et servie sur place, dans le restaurant de la ferme, pour faire le lien entre la terre, la cuisine et les traditions.

Ces fermes sont très différentes les unes des autres. Pourtant, elles partagent la même conviction : l’agriculture peut réparer les sols, rapprocher les personnes et aider les communautés à vivre plus dignement. Partout dans le monde, les agriculteurs doivent faire face au changement climatique, à la perte de biodiversité, aux difficultés économiques et à des systèmes alimentaires de plus en plus concentrés. Les Fermes Slow Food montrent qu’une autre manière de cultiver existe déjà. Elle grandit chaque jour, dans les champs, les villages et les communautés du monde entier.

Terra Madre – Salon du goût 2026

Saveurs et protagonistes de tous les continents, Terra Madre 2026 sème une autre idée du monde entre les rues et les places de Turin. Biodiversité des produits, connaissances, traditions gastronomiques et cultures du monde : il y a encore beaucoup à découvrir parmi les expériences immersives et éducatives, des rencontres et un marché très riche!






À propos des Fermes Slow Food

Les Fermes Slow Food s’inspirent de l’agroécologie : une façon de cultiver qui respecte la nature, les personnes et les savoirs locaux. Elles aident à construire des systèmes alimentaires plus solides et plus justes, tout en produisant une nourriture bonne, propre et juste. Grâce aux formations, aux échanges d’expériences et au soutien des communautés, les agriculteurs du réseau protègent la biodiversité, les cultures alimentaires locales et des moyens de vivre durables.

Découvrez les Fermes Slow Food dans le monde.

