IGN

Atlas des cartes de l’anthropocène sur la forêt, un écosystème essentiel mais sous pression

Comment les forêts françaises évoluent-elles face au changement climatique ?

Depuis 2022, l’IGN publie son atlas « Cartographier l’anthropocène ». En tant que vigie de la forêt française, l’institut consacre l’édition 2026 à cet écosystème précieux, mais mis à l’épreuve par l’intensification des sécheresses, incendies, maladies, etc. Illustré de nombreuses cartes inédites, d’images satellites, de photographies aériennes et d’infographies, l’atlas présente un état des lieux des connaissances sur les forêts françaises, leur évolution, leurs fonctions ou encore leur état de santé, fondement de tous les débats et de l’action publique.

Des cartes pour penser la forêt
Les forêts sont à l’honneur dans l’édition 2026 de l’Atlas IGN « Cartographier l’anthropocène ».

Opérateur de référence de l’information géographique et forestière, l’IGN a souhaité consacrer son nouvel atlas « Cartographier l’anthropocène » à la forêt française.

Dans un contexte marqué par la multiplication des pressions, que la sécheresse et les incendies de cette année sont venus confirmer, il propose un regard nouveau sur cet écosystème, aussi précieux que vulnérable, pour mieux le connaître et le préserver.

La forêt couvre 41 % du territoire national (hexagone, Corse et DROM) et remplit de nombreux rôles essentiels tels que la régulation du climat ou le stockage du carbone, mais aussi des fonctions socio-économiques en alimentant la filière bois ou comme espace de loisirs.

Face aux menaces qui pèsent sur elle, les attentes de la société sont nombreuses et les débats complexes.

Composition des forêts françaises par département (France hexagonale et Corse, 2007-2018) | Sources : IGN – BD Forêt V2, ADMIN EXPRESS
Par son climat, son relief, son histoire, chaque département possède une forêt particulière. Si les feuillus sont très souvent majoritaires, certains départements se singularisent par leur forêt de conifères. On notera aussi le gradient du taux de couverture par la forêt : du nord-ouest faiblement forestier jusqu’au sud-est beaucoup plus recouvert ! Les espaces fortement bouleversés sont aussi visibles en Gironde ou dans les Landes : les zones de « Jeune peuplement indéterminé » correspondant à des changements brutaux récents (incendies, tempêtes…), dont la forêt se remet progressivement. © IGN

Un outil pour éclairer les débats et l’action publique

  • Quels équilibres trouver entre production, protection de la biodiversité et usages du grand public ?
  • Comment adapter les massifs forestiers face à l’évolution du climat ?

L’atlas de l’IGN rassemble les connaissances scientifiques les plus actuelles pour éclairer ces questions. Après une première partie pédagogique, l’atlas brosse le portrait, cartes à l’appui, des forêts de l’Hexagone, de la Corse et des DROM. Les deux parties suivantes décryptent les multiples fonctions remplies par nos forêts, puis les dangers qui les guettent. Une quatrième partie permet de découvrir les méthodes et technologies que l’IGN déploie pour mieux les connaître et suivre leurs évolutions, avant une rubrique finale dédiée à la forêt comme espace du sensible et de l’imaginaire.

Deux siècles d’évolution des forêts françaises (France hexagonale et Corse, 1840-1866/2007-2018) | Sources : IGN – Données BD FORETS ANCIENNES issues du croisement de la BD CARTOR état-major et de la BD Foret V2
La carte d’état-major levée au XIXe siècle témoigne d’une couverture forestière de moitié inférieure à celle que nous connaissons aujourd’hui. En deux siècles, la déprise rurale, la moindre exploitation du bois d’œuvre ou d’énergie, de même que des politiques de plantation ou de reboisement ont en effet permis à la forêt de regagner du terrain. Mais cette très forte extension, toutefois moins marquée dans le quart nord-est de la France, n’a pas toujours été linéaire ! Par exemple, la Loire-Atlantique a perdu plus de la moitié de ses boisements d’autrefois, et 70 % des surfaces actuelles n’existaient pas il y a cent cinquante ans. © IGN

Au fil des pages illustrées de nombreuses cartes exclusives, images satellites, photographies aériennes, illustrations et infographies, l’atlas met en lumière le travail de l’IGN et de ses partenaires. Missions de terrain, données aériennes ou satellitaires, relevés LiDAR HD, modélisations spatiales, modèles d’intelligence artificielle et travaux communs au sein de l’Observatoire des forêts françaises contribuent aujourd’hui à produire une information forestière robuste au service de l’action publique, dans le domaine de l’adaptation au changement climatique notamment.

La forêt française, un puits de carbone (France hexagonale et Corse, 2012-2024) | Sources : Natural Earth / IGN – Inventaire forestier national, ADMIN EXPRESS
Les forêts françaises jouent un rôle clé dans l’atténuation du changement climatique : en croissant, les arbres absorbent le CO₂ de l’atmosphère et le stockent dans leur bois. Au total, 1 350 millions de tonnes de carbone sont ainsi séquestrées dans les arbres vivants. Toutefois, au gré des événements comme les crises sanitaires, les tempêtes mais également le vieillissement des forêts, le stock peut localement reculer ou, au contraire, accélérer lorsqu’une forêt se reconstitue. © IGN

Atlas Cartographier l’anthropocène – Nos forêts, nos futurs

Régulatrice climatique, réserve de biodiversité, bouclier contre les risques naturels et les pollutions, créatrice de biomatériaux, hôtesse de nos vies, de nos promenades et de nos loisirs… Inutile d’allonger la liste pour comprendre que notre présent comme notre avenir passent par la forêt. En France, ses atouts sont nombreux, à commencer par sa taille – quasiment un tiers du territoire – et sa diversité bien supérieure à la moyenne européenne. Mais l’anthropocène et sa cohorte de sécheresses, d’incendies, de maladies et de tempêtes ont commencé à la mettre à mal

Les formations végétales forestières de la Guadeloupe (2024) et de la Martinique (2022) | Sources : IGN – RGE ALTI® (2014/2015), Cartographie des formations végétales de Guadeloupe (2024) et de la Martinique (2022)
Les îles françaises des Petites Antilles, boisées à 44 % pour la Guadeloupe et à 47 % pour la Martinique, recèlent une biodiversité forestière sans équivalent au sein du territoire national. Là où la BD Forêt® cartographie la forêt espèce par espèce en France hexagonale et Corse, une telle approche devient impossible outre-mer : la Guadeloupe et la Martinique comptent chacune près de 400 espèces d’arbres, soit deux fois plus que l’Hexagone, sur des territoires 300 à 500 fois plus petits. © IGN

Les cartes et informations contenues dans cette édition de l’Atlas Cartographier l’anthropocène sont le fruit du travail mené chaque jour par l’IGN et ses partenaires pour construire une information forestière fiable et utile à l’action publique. Gageons qu’elles sauront éclairer nos stratégies de préservation et d’adaptation des écosystèmes forestiers face aux défis qui s’imposent à eux

Atlas « Cartographier l’anthropocène » : découvrez la collection

Après l’incendie de juillet 2022 à la Teste-de-Buch, en Gironde, une renaissance lente et sous surveillance (2024) | Sources : IGN – BD ORTHO® (2024), LiDAR HD (2025), Courbes de niveau (2021)
Après l’incendie de La Teste-de-Buch, la nature reprend ses droits avec l’apparition d’espèces pionnières, c’est-à-dire ici les premiers organismes à coloniser un milieu après une telle catastrophe. Mais cela ne garantit pas forcément le retour rapide d’une forêt plus résiliente. C’est pourquoi, les différents acteurs forestiers accompagnent cette reprise, en évacuant le bois mort (parfois encore exploitable) pour lutter contre la prolifération des scolytes, en débroussaillant pour permettre aux jeunes pousses de pins de se développer et, enfin, en plantant de nouveaux semis, avec une plus grande part d’essences résistantes aux incendies, comme le chêne-liège. © IGN

Palmarès du Concours carto IGN « Mille et une forêts » : regards croisés sur les forêts françaises

Le Concours carto 2026 de l’IGN a choisi de mettre les forêts françaises à l’honneur. Le défi ? Illustrer à une échelle nationale, régionale ou locale leurs spécificités, leurs histoires et leurs enjeux. Les 11 réalisations lauréates de cette 2ème édition1 brossent ainsi un portrait géographique et thématique inédit de ces précieux écosystèmes.

Elles définissent le décor de nombreux paysages et font l’objet de bien des usages, mais que cachent vraiment les forêts ? Avec le thème « Mille et une forêts », le Concours carto de l’IGN a voulu mettre les participants au défi de dévoiler la richesse et les secrets des forêts françaises : histoire, composition, services rendus, modes de gestion, enjeux de protection, etc.

Les 11 réalisations lauréates de cette édition 2026 ont été révélées lors du lancement de l’Atlas 2026 « Cartographier l’anthropocène » de l’IGN, lui aussi consacré à la forêt. Récompensées par une impression en tirage limité, elles ont été sélectionnées parmi près de 50 contributions par un jury composé d’experts forestiers, cartographes et de professionnels du journalisme et de la communication.

Palmarès du Concours carto IGN 2026 « Mille et une forêts »

  • Grand prix : « reBoiser pour protéger les territoires habités » de Sabine Corvalan. Une carte des grandes plantations et reboisements depuis le XIXe siècle en France hexagonale et Corse, mettant en lumière leur rôle dans la lutte contre les risques naturels et sanitaires.
  • Mention spéciale du jury : « Les mille et une forêts de France » de Floriane Picard. Une carte stylisée des grandes régions forestières françaises vues du ciel, au travers des cinq essences d’arbres les plus représentatives du pays.
  • 1er prix mention artistique : « En forêt ! – Portraits cartographiques des pratiques sportives et de loisirs dans les forêts d’Occitanie » d’Audrey Laché. Une série de cartes associant données géographiques et peintures acryliques pour représenter les activités sportives et de loisirs dans les forêts publiques d’Occitanie.
  • 2e prix mention artistique : « Mille et une forêts (mille forêts en une) » de Mickaël Cruchon. Une carte métaphorique des grands bassins versants français sous forme de troncs et de branches, avec les forêts comme feuillages, dans un style graphique inspiré de la bande dessinée.
  • 3e prix mention artistique : « Mille et une forêts du Parc national des Pyrénées » de Rémi Sauve. Une carte épurée des forêts et cours d’eau du Parc national des Pyrénées suggérant par ses détails la riche biodiversité locale.
  • 1er prix mention pédagogique : « L’Aigoual : une forêt, deux visages » d’Adeline Molières. Une carte mettant en évidence la dichotomie des paysages forestiers du massif de l’Aigoual, directement liée à la ligne de partage des eaux.
  • 2e prix mention pédagogique : « Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert » de Margot Kestener et Lucas Sarkissian. Un ensemble de cartes et croquis conçus comme un support de révision pour le baccalauréat spécialité Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques présentant des informations clés sur les forêts françaises, leurs rôles économiques et leurs évolutions historiques.
  • 3e prix mention pédagogique : « Saoû, une forêt aux mille vies » de Vincent Esculier, Franck Lagier et Elia Marie. Une carte de la forêt de Saoû dans la Drôme, combinant une représentation tridimensionnelle de son relief et son couvert forestier, avec des illustrations d’espèces faunistiques et floristiques emblématiques, pour révéler leurs liens étroits au sein de cet espace naturel d’exception.
  • 1er prix mention scientifique : « Forêphémère » de Camille Pelletant. Un ensemble de cartes diachroniques présentant l’évolution du paysage de la vallée de Garonne à travers le prisme de l’impact des peupleraies sur les paysages et les écosystèmes humides.
  • 2e prix mention scientifique : « La mangrove guyanaise : une géographie mouvante » d’Ana-Mariya Argirova, Montaine Gianoli et Loana Vibert. Une série de cartes présentant à différentes échelles la mangrove guyanaise, un écosystème unique et changeant façonné par les sédiments de l’Amazone.
  • 3e prix mention scientifique : « Une biodiversité née du métal » de Séphora Abderrahim. Un bloc diagramme réalisé dans le Grand Sud calédonien, mettant en évidence les liens fragiles entre géologie, biodiversité et activités minières, où enjeux écologiques et économiques se superposent.

Découvrez les cartes des lauréats sur le site de l’IGN

L’IGN, cartographe du service public : Quand les grands bouleversements écologiques, socio-économiques et démographiques remodèlent les territoires, chacun doit comprendre ce qui se joue à son échelle pour pouvoir anticiper et prendre les décisions qui engagent notre avenir commun. Face à ces bouleversements, l’IGN s’est donné pour mission de cartographier l’anthropocène et de rendre compte des évolutions à l’œuvre pour faciliter leur pilotage.


  1. Ouverte à tous, cette deuxième édition du Concours carto était organisée par l’Atelier de cartographie thématique de l’IGN, en partenariat avec Datagora et Le Figaro. Les cartes devaient être soumises dans l’un des trois formats imposés : carte postale, carte pliée ou affiche. Les contributions pouvaient traiter d’un territoire en particulier comme de l’ensemble des forêts françaises et mobiliser des données variées, y compris celles produites par l’IGN. ↩︎

À propos de l’IGN

Au cœur des missions qui lui sont confiées par le ministère de la Transition écologique, l’IGN produit et diffuse des données et des
représentations de référence (cartes en ligne et papier) relatives à la connaissance du territoire national et des forêts françaises et
à leurs évolutions.
Opérateur data de la République disposant de ses propres modèles d’IA, il s’investit au sein d’un écosystème réunissant acteurs
publics et privés pour la création de communs numériques à impact. Il a récemment lancé cartes.gouv.fr, le service public d’accès
aux cartes et données du territoire. Avec ses partenaires, il se consacre aujourd’hui à la mise en œuvre d’un autre projet phare
soutenu par France 2030 : la création d’un jumeau numérique de la France et de ses territoires, une réplique virtuelle, dynamique
et prospective du territoire national.
À travers son école d’ingénieur, Géodata Paris, et grâce à ses équipes de recherche, l’institut cultive un potentiel d’innovation de
haut niveau dans de multiples domaines : géodésie, forêt, photogrammétrie, intelligence artificielle, analyse spatiale, visualisation
3D, etc.

En savoir plus : www.ign.fr

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttps://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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