Questions Cdurable à ...

Isabelle Susini, directrice générale de 1% for the Planet France : la santé environnementale au cœur des Rencontres pour la Planète

Six façons d'agir pour la santé humaine et des écosystèmes

Fil rouge des Rencontres pour la Planète 2026 les 6 et 7 octobre à Paris, la santé environnementale part d’une réalité simple : notre santé dépend directement de la qualité des milieux dans lesquels nous vivons, de l’eau que nous buvons, de l’air que nous respirons, de notre alimentation et de notre exposition quotidienne aux polluants. Isabelle Susini, directrice générale de 1% for the Planet France, a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Rencontres pour la Planète 2026

De l’eau que nous buvons à l’air que nous respirons : protéger l’environnement, c’est protéger notre santé

Une interdépendance que les crises environnementales rendent chaque jour plus visible.

Revivre l’édition 2025

Quand les atteintes à l’environnement deviennent un enjeu de santé

Pesticides et métabolites dans l’eau potable, micro et nanoplastiques, substances chimiques présentes dans les lieux de vie, contamination de certains aliments, artificialisation et surchauffe des établissements de santé : les atteintes portées aux écosystèmes ne s’arrêtent pas aux frontières de la nature. Elles interrogent directement notre santé et, plus encore, celle des publics les plus vulnérables.


« Le point d’entrée, dans les questions environnementales, par la santé rend le sujet plus tangible et plus inclusif. Derrière la santé environnementale, il y a des réalités très quotidiennes : l’eau, la nourriture, l’air que respirent nos enfants ou encore les lieux dans lesquels nous nous soignons. Les projets présentés cette année aux Rencontres pour la Planète montrent que des solutions existent déjà. L’enjeu est désormais de leur donner les moyens d’agir et de changer d’échelle. »

Isabelle Susini, directrice générale de 1% for the Planet France.


C’est précisément cette continuité entre santé humaine et santé des écosystèmes que donnent à voir les six projets sélectionnés en 2026 dans la catégorie Santé environnementale. De la recherche scientifique à la prévention, de la mobilisation citoyenne à la transformation concrète des lieux de vie, ils proposent six façons d’agir.

Six réponses concrètes à découvrir aux Rencontres pour la Planète

BLOOM : mieux comprendre ce que contient notre assiette.

Alors que les Français figurent parmi les plus gros consommateurs européens de produits de la mer, BLOOM veut documenter simultanément les bénéfices nutritionnels, les risques toxicologiques et l’impact environnemental de la consommation de poisson. L’association pointe notamment la présence possible de mercure et de polluants organiques persistants dans les poissons et les conséquences environnementales de certaines pratiques de pêche. Son projet financera un travail de recherche avec des experts, des analyses scientifiques et la publication d’un rapport destiné à déterminer les conditions d’une consommation de poisson à la fois plus saine et plus soutenable. 50 000 euros sont recherchés pour mener ce programme.

France Nature Environnement : faire de la protection de l’eau potable une mobilisation citoyenne.

La pollution par les pesticides touche, selon les données présentées par FNE, 90 % des cours d’eau surveillés en France et plus de 100 captages fermeraient ou seraient abandonnés chaque année pour cause de pollution. L’association veut transformer les expériences locales réussies en solutions reproductibles : développement de filières agricoles sans pesticides autour des captages, formations juridiques et naturalistes, mobilisation des élus et citoyens, respect des zones de non-traitement… Ces initiatives seront réunies dans un guide pratique. FNE ambitionne parallèlement de former 1 000 « ambassadeurs des captages » d’ici 2030 et de déployer une campagne nationale « #boiredeleaupotable ». 70 000 euros sont recherchés.

Générations Futures : chercher les polluants que les contrôles ne cherchent pas encore.

Pour Générations Futures, une partie de la contamination de l’eau reste aujourd’hui insuffisamment documentée parce que certaines substances ne sont pas recherchées dans les dispositifs de surveillance. L’association concentrera son projet sur la chlordécone aux Antilles et les métabolites de pesticides non surveillés en métropole. Une première recherche a identifié 56 métabolites potentiellement présents dans l’environnement sans être contrôlés. Des analyses en laboratoire doivent permettre de produire des données indépendantes, puis de demander, selon les résultats, leur intégration au contrôle de l’eau potable et des mesures sur les pesticides à l’origine de ces contaminations. 60 000 euros sont recherchés pour financer notamment ces analyses.

No Plastic In My Sea : faire des microplastiques un sujet de prévention sanitaire.

Présents dans l’eau, l’air, l’alimentation et de nombreux objets du quotidien, les micro et nanoplastiques et leurs additifs chimiques constituent pour l’association un enjeu à la fois environnemental et sanitaire. No Plastic In My Sea veut particulièrement informer et protéger les publics les plus vulnérables, notamment les parents de jeunes enfants et les acteurs de la périnatalité. Synthèse scientifique, conférence réunissant scientifiques et professionnels de santé, vidéos pédagogiques sur le parcours des microplastiques, outils de prévention et conseils pratiques doivent permettre de traduire les connaissances scientifiques en gestes de réduction de l’exposition. Le projet entend également favoriser le dialogue entre scientifiques et élus. 40 000 euros sont recherchés.

Label Vie : réduire l’exposition des tout-petits dans les crèches.

Produits d’entretien, qualité de l’air intérieur, matériaux, jeux ou équipements : les jeunes enfants peuvent être exposés quotidiennement à différentes sources de pollution dans leurs lieux d’accueil. Label Vie veut agir directement dans les crèches en associant recherche scientifique, formation des professionnels et transformation des pratiques. Une étude nationale comparera notamment des crèches engagées dans la démarche Label Vie avec d’autres établissements en étudiant la qualité de l’air, la présence de polluants, la fréquence des infections chez les enfants et le bien-être des professionnels. Le projet prévoit aussi de développer le contact des enfants avec la nature et une plateforme, « Fourmis & Cie », destinée à diffuser ressources et bonnes pratiques auprès des professionnels et des familles. 60 000 euros sont recherchés.

DanaeCare : faire entrer la nature dans les parcours de soin.

DanaeCare prend le sujet dans l’autre sens : si l’environnement peut altérer la santé, la nature peut aussi devenir un levier de prévention, de rétablissement et de soin. Dans la Loire, l’association veut constituer un réseau départemental de jardins de santé au sein d’établissements sanitaires et médico-sociaux souvent très minéralisés et confrontés à la surchauffe, au ruissellement et à une faible biodiversité. Autour d’un jardin démonstrateur, elle expérimentera des usages thérapeutiques — activité physique adaptée, accompagnement psychosocial, parcours de rééducation post-opératoire — tout en développant renaturation, récupération d’eau de pluie et biodiversité. L’ambition est de passer d’initiatives isolées à un modèle territorial reproductible fondé sur l’approche One Health, reliant santé humaine et santé des écosystèmes. 60 000 euros sont recherchés.

Les Rencontres pour la Planète : faire émerger et financer ces nouvelles réponses

Rencontres pour la Planète
et pour une transition
juste & démocratique

Les 6 et 7 octobre 2026 à Paris, les Rencontres pour la Planète réuniront associations environnementales, entreprises mécènes, fondations et philanthropes autour de 40 projets associatifs répartis en sept grandes thématiques. Parmi eux, six projets seront spécifiquement consacrés à la santé environnementale.

Leur principe : permettre à des associations porteuses de solutions concrètes de présenter directement leurs projets à des mécènes susceptibles de financer leur changement d’échelle. En 2025, les Rencontres avaient permis de lever 2,2 millions d’euros en deux jours, tout en mettant les associations en relation avec plus de 200 mécènes.

Questions Cdurable à Isabelle Susini

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Isabelle Susini, directrice générale de 1% for the Planet France

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ? 

Ma relation avec le Vivant est intime et sensorielle

J’ai choisi de vivre à la campagne, où les sens sont en éveil. L’odeur du foin, des vaches ; le chant des oiseaux ou le son de leurs ailes qui volent ; le passage de hérissons, de sangliers, de biches dans mon “jardin corridor écologique”, la montagne qui nous montre ses couleurs d’automne en 3 dimensions. C’est un sujet de ravissement et une implication quotidienne : un nid de guêpes dans le bardage de la maison ? On les laisse tranquilles. Les plantes ont soif ? On se douche avec un arrosoir qui récupère l’eau le temps qu’elle chauffe, pour les arroser. Les animaux ont soif ? On leur met un abreuvoir. Cultiver son jardin potager (je suis très très loin de l’autonomie alimentaire) est aussi une source de joie dès que je récolte une courge, des tomates, des fruits au verger. Bref, une accumulation de petits gestes qui vont dans le sens d’un Vivant dont je fais partie. 

Protéger, restaurer et gérer les écosystèmes diversifiés de la Terre ainsi que les espèces qu’ils abritent.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mon alimentation suit mes convictions : elle est source d’impact autour de moi (acheter auprès d’un producteur bio local pour réduire mon empreinte ou dans une épicerie bio en limitant les emballages) et gage de santé pour ma famille. Très tournée vers le végétal, j’ai quasiment éliminé – à titre personnel – ma consommation de viande. Un poulailler partagé sur ma commune permet aussi un sourcing local en œufs et du lien avec les autres habitants. C’est aussi un moyen de reconnecter mes enfants à l’alimentation. Et à la fin, ce que je ne consomme pas pour mon alimentation, finit au compost, que j’utilise au printemps pour amender mon potager. J’adore voir la vie qui s’est développée dans le compost ! Un circuit ultra simple, aussi court que possible et tellement positif.

Garantir les droits fondamentaux à un environnement sain et un accès équitable aux ressources naturelles pour toutes les communautés.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat actuel correspond à mon idéal :
à quelques détails près

Pour coller à mes engagements environnementaux, avec mon compagnon, nous avons construit notre maison avec des matériaux les plus écologiques possibles. Nous avons pris garde à utiliser des matériaux qui soient sourcés le plus localement possible et sans émissions de COV pour la santé de notre famille. Elle est très bien isolée, positionnée pour prendre les rayons du soleil rasants de l’hiver mais pas ceux de l’été. J’aime faire courir des plantes grimpantes qui occultent les fenêtres l’été. Nous nous chauffons avec une chaudière à pellets de bois, récupérons l’eau de pluie pour les usages non potables. Tournée vers le jardin – et les étoiles la nuit, pour ne jamais oublier qu’on est tout petit ! Mon habitat actuel correspond à mon idéal : à quelques détails près. J’aimerais que nous améliorions notre autonomie en énergie en posant des panneaux solaires photovoltaïques et installer une mare pour permettre à des grenouilles et des insectes de s’installer.

Renforcer la résilience des communautés face aux défis environnementaux et favoriser des cadres de vie durables.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

La randonnée à pieds et à skis, et la natation dans le lac sont mes activités favorites : elles contribuent à mon bien être quotidien.

Marcher en montagne en particulier est un véritable ressourcement. 

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

J’ai bifurqué assez tôt : alors que je m’apprêtais à mener une carrière plutôt tournée vers le marketing dans l’agroalimentaire, j’ai repris mes études pour me spécialiser dans les sujets environnementaux. C’est ce qui m’a permis ensuite d’aller vers un métier aligné avec mes valeurs.

Isabelle Susini, directrice générale de 1% for the Planet France

Aller vers un métier aligné avec mes valeurs

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Mon travail est aligné avec mes valeurs : la protection de l’environnement, c’est ma passion ! 

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

L’énergie de mon logement est double : de l’électricité achetée à une coopérative (Enercoop), de l’énergie solaire pour chauffer le ballon d’eau chaude, de l’énergie bois pour chauffer la maison (et l’eau quand le soleil n’est pas suffisant). 

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Mon métier est tourné au quotidien vers l’intérêt général

Mon métier est tourné au quotidien vers l’intérêt général : c’est même la mission de 1% for the Planet France, accélérer la philanthropie environnementale au bénéfice des associations. Aussi, depuis peu, je fais partie de l’équipe municipale de mon village, à Bluffy. Se consacrer à des sujets pour la communauté est une nouvelle manière, pour moi, de contribuer à l’intérêt général.

La force du collectif, c’est aussi la richesse et la diversité de nos associations agréées.
Chacune d’elles agit dans un domaine spécifique, en lien avec des enjeux environnementaux majeurs. Regroupées par grandes thématiques, elles permettent de répondre de manière ciblée aux défis environnementaux en résonance avec les secteurs d’activité de nos membres.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ? 

Avec mon équipe, nous organisons un événement annuel nommé les Rencontres pour la Planète – et pour une transition juste et démocratique. C’est un événement qui permet de rassembler une coalition d’entreprises et de fondations mobilisées pour soutenir, ensemble, des projets de protection de l’environnement. Chaque année, ce sont 1 à 2 millions d’€ de promesses de dons venant des entreprises et fondations, qui viennent compléter les dons de la société civile. 

Les entreprises membres 1%
Les entreprises membres s’engagent à reverser 1% de leur chiffre d’affaires annuel au profit d’associations environnementales agréées. Que vous soyez dirigeant ou salarié, d’une PME ou d’une grande entreprise, rejoignez notre communauté d’entrepreneurs engagés.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Nous avons besoin de toutes les forces pour soutenir la protection de l’environnement

Nous avons besoin de toutes les forces pour soutenir la protection de l’environnement : dans un contexte de diminution des soutiens publics, citoyens et entreprises, soutenons ensemble les associations environnementales ! A voir sur notre site les projets 2026 des Rencontres pour la planète

1% pour la Planète
1% pour la Planète

À propos de 1% for the Planet

1% for the Planet est une organisation à but non lucratif créée aux Etats-Unis en 2002 par Yvon Chouinard, fondateur et propriétaire de Patagonia, et Craig Mathews, ex-propriétaire de Blue Ribbon Flies. Son objectif : bâtir un réseau d’entreprises philanthropes facilement reconnaissables. Les 4 822 membres dans plus de 110 pays s’engagent à reverser 1% de leur chiffre d’affaires annuel à des associations œuvrant pour la planète. Depuis ses débuts, 1% for the Planet a collecté plus de 784 millions de dollars au bénéfice de ses associations partenaires à travers le monde. Depuis sa création en France en 2014, ce sont plus de 95 millions d’euros qui ont été reversés à 853 associations depuis 2014 grâce à la générosité́ de près de 1 000 membres.

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttps://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

Lire aussi

Lumière : un film, une rencontre, une étincelle …

Peut-on survivre sans prendre de nourriture ni d'eau pendant...

La consommation responsable est-elle morte ? Le discours s’essouffle, les pratiques résistent

Alors que chaque jour le volume des emballages recyclables...

Le mouvement ECHO sème les graines d’un nouveau paradigme

Comment impulser une évolution des mentalités et des comportements...

Newsletter

Sur Cdurable

La consommation responsable est-elle morte ? Le discours s’essouffle, les pratiques résistent

Alors que chaque jour le volume des emballages recyclables...

Le mouvement ECHO sème les graines d’un nouveau paradigme

Comment impulser une évolution des mentalités et des comportements...

A quoi sert la vérité si personne ne veut l’entendre ?

Les reportages peuvent-ils motiver les gens à adopter un...

Slow Food, le mouvement qui relie plus 1 000 fermes agroécologiques dans le monde

Au centre de l’Iran, une petite ferme familiale est...

Lumière : un film, une rencontre, une étincelle …

Peut-on survivre sans prendre de nourriture ni d'eau pendant des semaines, des années voire des décennies ? La plupart des gens, scientifiques ou spécialistes...

L’Opération Milliard veut orienter des milliards d’euros vers ce qui compte vraiment : la Transition juste et les organisations qui la portent

L’opération Milliard est une association composée de citoyennes et de citoyens, d’acteurs et d’actrices de la Transition juste. Créer du lien et des alliances pour rediriger,...

La consommation responsable est-elle morte ? Le discours s’essouffle, les pratiques résistent

Alors que chaque jour le volume des emballages recyclables augmente dans nos déchets ménagers comme professionnels, Citeo et L'ObSoCo dévoilent la troisième vague de...