Hérault : maintenant on cherche à urbaniser la mer…

Le député UMP héraultais Jean-Pierre Grand a annoncé le 20 août dans un article du Midi Libre travailler sur une proposition de loi permettant l’extension de la Grande-Motte sur la mer. D’après les déclarations du député, ce projet vise l’édification d’une quinzaine d’immeubles supplémentaires et de très gros yachts dans la station balnéaire. Les associations de protection de l’environnement expriment leur inquiétude, leur perplexité, et déplorent cette nouvelle attaque à la loi Littoral.

Le touriste est lassé du littoral bétonné, certaines stations balnéaires méditerranéennes cherchent donc un second souffle, il n’y a plus un brin de littoral méditerranéen libre à bâtir, alors le député Grand pense que, pour relancer l’économie touristique, il faut continuer à construire… et ce sera sur la mer pour quelques touristes haut de gamme !

Ainsi, dans ce contexte d’une lutte désespérée pour sauver le peu de biodiversité restant le long de nos côtes méditerranéennes, ce projet destructeur n’engendrerait nullement l’essor escompté. Au contraire, une meilleure prise en considération des problèmes climatiques devrait nous conduire à plus de parcimonie et de discernement dans la gestion de nos territoires et sur une meilleure adaptation aux changements à venir : ce projet pharaonique et ruineux doit être entièrement abandonné au profit d’une meilleure utilisation et valorisation de l’existant, dans l’intérêt des générations futures.

Raymond Léost, vice-président de France Nature Environnement, précise que « la loi Littoral du 3 janvier 1986 interdit actuellement ces travaux et une modification de cette dernière permettant la réalisation d’extensions sur la mer, comme souhaitée par Monsieur le député Jean-Pierre Grand, serait totalement contraire tant aux engagements du Grenelle de l’Environnement qu’à ceux du Président de la République ».

Pour Marie-Thérèse Pebret, vice-présidente de LRNE et présidente d’AGME 34, « en raison de la forte érosion du littoral, nous demandons au contraire que la bande des 100 mètres de protection du littoral soit élargie à 200 voire 300 mètres ».

FNE et ses associations locales déplorent que certains élus locaux aient aussi peu de vision d’avenir, n’aient pas senti la nécessité des changements à venir, et continuent de concentrer leurs efforts sur la destruction du littoral plutôt que sur sa préservation, seule ressource possible de développement pour l’avenir. Elles resteront vigilantes pour que cette nouvelle attaque contre la loi Littoral reste lettre morte.

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