Note du CIRAD pour la COP 17

Soutenir un pastoralisme durable en faveur de socio-écosystèmes résilients

Un appel à activer les synergies entre les trois Conventions de Rio

Grâce à leurs pratiques agroécologiques, les sociétés pastorales participent à la durabilité des systèmes alimentaires mondiaux. Mais les changements climatiques, le déclin de la biodiversité, les pollutions, la perte des connaissances coutumières et la marginalisation des pasteurs mettent les systèmes pastoraux en péril. À l’occasion de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) pour « Restaurer les terres, Restaurer l’espoir« , le CIRAD publie un appel à activer les synergies entre les trois Conventions de Rio pour soutenir un pastoralisme durable en faveur de socio-écosystèmes résilients.

La Mongolie, terre de pastoralisme, accueille la COP17 dans sa capitale Oulan-Bator, du 17 au 28 août 2026 © Tristan Parry Imageo

Les parcours couvrent près de la moitié des terres émergées de la planète. Ils abritent une biodiversité exceptionnelle, stockent une part importante du carbone des sols mondiaux et constituent le support de vie de près de 500 millions de personnes. Pourtant, ces espaces et les sociétés pastorales qui les entretiennent restent fortement menacés : changement climatique, artificialisation et fragmentation des territoires, accaparement foncier, perte des savoirs et marginalisation des éleveurs fragilisent ces socio-écosystèmes, alors que leur rôle est essentiel dans la durabilité des systèmes alimentaires, la préservation des ressources naturelles et l’adaptation au changement climatique.

L’essentiel à retenir

  • Les pâturages et parcours stockent près d’un tiers du carbone des sols mondiaux
  • Les scientifiques du CIRAD sont présents à la COP17 sur la lutte contre la désertification pour défendre une meilleure prise en compte des connaissances scientifiques sur le pastoralisme dans la lutte contre la désertification
  • Le pastoralisme contribue à préserver la biodiversité et à s’adapter au changement climatique, mais les systèmes pastoraux sont aujourd’hui fragilisés par une pression foncière accrue et une dégradation générale des ressources naturelles.
  • Près de 500 millions de personnes dans le monde vivent du pastoralisme, dont 70 % de jeunes et de femmes. 
  • Les parcours comprennent 67 % des points chauds de biodiversité dans le monde et couvrent près de la moitié des terres émergées. 

Soutenir le pastoralisme lors des conventions de Rio

Grâce à leurs pratiques agroécologiques, les sociétés pastorales participent à la durabilité des systèmes alimentaires mondiaux.

Mais les changements climatiques, le déclin de la biodiversité, les pollutions, la perte des connaissances coutumières et la marginalisation des pasteurs mettent les systèmes pastoraux en péril.

S’il est reconnu par les États à sa juste valeur, le pastoralisme peut jouer un rôle clé pour relever ces défis planétaires. Il représente à la fois une pratique de production agricole, un mode de vie, une solution fondée sur la nature et un socio-écosystème capable de répondre aux crises environnementales en cours.

Le pastoralisme est un allié indispensable pour atteindre les objectifs des trois conventions de Rio, avec cette année : la COP17 sur la lutte contre la désertification à Oulan-Bator en Mongolie, la COP17 sur la biodiversité à Erevan en Arménie (18-30 octobre) et la COP31 sur le climat à Antalya en Turquie (9-20 novembre 2026).


Les 3 conventions de Rio

Les changements climatiques, la désertification et la perte de biodiversité sont étroitement liés et constituent des défis existentiels pour l’humanité. En réponse à ces défis, les gouvernements ont fondé trois « Conventions de Rio sœurs » lors du Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro, au Brésil. Il s’agit de :

– la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC, également communément connue sous le nom d’ONU Climat)
– la Convention sur la diversité biologique (CDB, également connue sous le nom de Convention des Nations unies sur la biodiversité)
– la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD)

Les trois conventions de Rio sont le résultat de préoccupations relatives à des questions similaires en matière d’environnement et de développement et ont le développement durable au cœur de leurs préoccupations. Elles travaillent en étroite collaboration, les chevauchements de leurs travaux devenant de plus en plus importants à mesure que les défis liés au changement climatique, à la désertification et à la perte de biodiversité se multiplient et que des solutions transversales sont élaborées.

Source : Pacte Mondial Réseau France


Le défi du pastoralisme pour Jean-Daniel Cesaro – Géographe au CIRAD

« Le véritable défi n’est plus de démontrer l’intérêt du pastoralisme pour le climat, la biodiversité ou les terres, pris séparément, mais de reconnaître sa capacité à produire simultanément des co-bénéfices pour les communautés locales, les systèmes alimentaires et les écosystèmes. L’enjeu est de faire de l’approche fondée sur les synergies entre les trois Conventions de Rio le socle des politiques publiques et des investissements futurs, au service des pasteurs et de la gestion durable des parcours.« 

Jean-Daniel Cesaro – Géographe au CIRAD et membre du Comité Scientifique Français de la Désertification

Le CIRAD travaille avec ses partenaires à mieux faire reconnaître ces systèmes pastoraux au niveau international et porte trois axes prioritaires : 
1.    accompagner les transitions durables dans les territoires pastoraux ;
2.    coproduire des connaissances et des données pour activer des synergies internationales en faveur du pastoralisme ;
3.    renforcer la coopération multi-acteurs et multi-échelles au bénéfice du pastoralisme.

Le pastoralisme : un levier majeur de résilience face aux crises environnementales

Longtemps considéré comme un système d’élevage du passé, le pastoralisme gagne aujourd’hui en reconnaissance comme solution face aux défis du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de la dégradation des terres, tout en contribuant à des systèmes alimentaires plus durables. À quelques jours de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), le CIRAD publie une note de position appelant à activer les synergies entre les trois Conventions de Rio pour soutenir un pastoralisme durable en faveur de socio-écosystèmes résilients.

Conférence Vidéo « Pastoralisme et défis globaux : terres, climat, biodiversité au cœur des négociations internationales »

Conférence donnée sur le stand du CIRAD et de l’AFD au Salon international de l’agriculture 2026

2026, l’Année internationale du pastoralisme

2026 est l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (IYRP)

2026 : Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux

En 2026, les parcours et les éleveurs pastoraux sont à l’honneur à l’occasion de l’Année internationale des Nations unies. Une initiative inédite qui met en lumière leur rôle et savoir-faire au cœur des défis mondiaux : changement climatique, biodiversité, sécurité alimentaire et justice sociale.

Le Global Pastoralist Gathering : 102 pays en amont de la COP17 à Oulan-Bator

Afin de valoriser le rôle et savoir-faire des pasteurs face aux défis planétaires et faire reconnaître l’importance de ces socio-écosystèmes au sein des trois conventions de Rio, l’année 2026 a été déclarée par les Nations Unies comme l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (IYRP). 

Le CIRAD participera au Global pastoralist gathering and conference, qui rassemblera 300 délégués de 102 pays en amont de la COP17 à Oulan-Bator. A l’issue de cet événement, des recommandations seront formulées et communiquées à l’ouverture de la COP17 à l’attention des décideurs. 

Le départ d’une Alliance mondiale pour les parcours et pasteurs selon Serena Ferrari, économiste au CIRAD

« Le Global Pastoralist Gathering, organisé en amont de la COP17 en Mongolie, marque l’aboutissement d’une mobilisation internationale sans précédente des communautés pastorales et le point de départ d’une Alliance mondiale pour les parcours et les pasteurs. Son ambition est de faire en sorte que la voix des pasteurs continue d’influencer les politiques publiques bien au-delà de l’Année internationale des parcours et des pasteurs. Les pasteurs ne demandent pas seulement à être entendus : ils demandent à être reconnus comme des partenaires à part entière dans la construction d’un avenir plus durable.« 

Serena Ferrari, économiste au CIRAD, membre de l’International Year of Rangelands and Pastoralists 2026

Une exposition immersive, « Transhumance 360° »

Le CIRAD porte avec ses partenaires une exposition immersive, « Transhumance 360° », qui emmène les spectateurs au milieu des paysages pastoraux à l’aide de casques de réalité virtuelle. L’exposition, présentée à plusieurs événements internationaux, sera accessible durant la COP17 sur le stand de l’équipe France. 

Les enjeux du pastoralisme et les grands rendez-vous de cette année internationale

Les expertes et experts du Cirad ont présenté les enjeux du pastoralisme ainsi que les grands rendez-vous de cette année internationale.

Des travaux concrets pour soutenir les pasteurs

Le CIRAD travaille avec les pasteurs du monde et ses partenaires pour répondre aux défis auxquels ils font face. Son expertise repose sur les résultats de projets de recherche-action menés depuis plusieurs années aux côtés des communautés pastorales, de l’Afrique de l’Ouest à l’Asie centrale, en passant par l’Afrique australe : restauration des terres pilotée par les éleveurs, cohabitation entre bétail et faune sauvage, résilience face aux crises climatiques et sécuritaires, ou encore prospective territoriale transfrontalière.

Cinq terrains, cinq histoires pour raconter le pastoralisme autrement

  1. Mongolie : dans le pays hôte de la COP17, les éleveurs dessinent leur avenir
    À quelques mois de la COP17, la Mongolie — près de 77 % de son territoire dégradé — teste ses propres réponses avec ses éleveurs. (Nomad4Life : Comment les éleveurs mongols préservent leurs pâturages)
  2. Mozambique : bétail et faune sauvage : une cohabitation à réinventer
    Aux abords d’un parc national, éleveurs et grands mammifères sauvages doivent apprendre à partager l’eau, les pâturages… et les maladies.
  3. Burkina Faso/Togo : une frontière imagine sa transhumance apaisée à l’horizon 2035
    Et si, plutôt que de subir les tensions autour de la transhumance, un territoire transfrontalier écrivait lui-même plusieurs scénarios pour son avenir ?
  4. Sénégal : quand les éleveurs pilotent eux-mêmes la reforestation 
    Et si la meilleure façon de restaurer des terres dégradées était de laisser les éleveurs en décider ? 
  5. Sahel : le pastoralisme face aux crises climatiques et sécuritaires
    Au Sahel, la résilience des éleveurs se joue aussi sur une carte : celle des pistes de transhumance, des points d’eau et des marchés à bétail. (Voir 10 ans d’action dans le domaine du pastoralisme au Sahel)

Nourrir le vivant, le podcast du CIRAD sur le Pastoralisme

Sous-estimé, parfois considéré comme un relent du passé, le pastoralisme fait pourtant vivre plus de 200 millions de personnes à travers le monde. Face aux crises actuelles, ce mode d’élevage, à la fois souple et résilient, présente des avantages inattendus. La huitième saison de Nourrir le vivant est un voyage dans le temps et dans l’espace, au plus près des troupeaux et des humains qui les accompagnent.


Intitulée « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », la 17e conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) a lieu du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie.

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttps://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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