Dans le cadre de l’Appel à Communs Sobriété et Résilience de l’ADEME, le Consortium d’Accompagnement des Transitions, une Alliance d’acteurs engagés, est un Collectif de personnes et d’acteurs reliés pour réaliser un Commun d’Accompagnement des Transitions : un livre blanc « Place au dialogue ! » et 16 fiches pour connaître les fondamentaux du dialogue en cercle et ses différents formats. InsTersCoop, l’Institut des Territoires Coopératifs, apporte un socle pour croitre en maturité coopérative et faire vivre des écosystèmes coopératifs.

Livre Blanc « Place aux dialogues : des pratiques pour relier, comprendre, agir »
Le Livre blanc “Place aux dialogues : des pratiques pour relier, comprendre, agir” constitue une production centrale du Commun d’Accompagnement des Transitions. Il vise à rendre visibles, accessibles et inspirantes les pratiques de dialogue en cercle, à partir d’expériences de terrain. Il a été pensé comme un objet éditorial accessible au grand public et inspirant. Le choix des récits documentés offre une diversité de situations et de contextes d’usage des pratiques de dialogue en cercle, en intégrant à la fois des dimensions opérationnelles et sensibles. Cette approche permet de donner à voir la richesse des pratiques et leur capacité d’adaptation à différents enjeux. Les récits ont été regroupés par grandes thématiques, afin de structurer la lecture et de faciliter l’appropriation.
Les fondamentaux du dialogue en cercle
Le dialogue ne s’improvise pas. Il obéit à des grands principes qui visent à préserver la qualité des échanges et à accueillir la sensibilité de chacun sans jugement.
Les formats de cercles de dialogue
Espaces de dialogue et d’écoute
- Pour partager, s’exprimer et mieux se comprendre
Dialogues en profondeur et transformation des points de vue
- Pour explorer les tensions, les polarités et faire évoluer les perceptions
Formats collaboratifs et apprenants
- Pour faire émerger des idées, co-construire et apprendre ensemble
Dialoguer dans les territoires
Faciliter des cercles
Approches inspirées et sensibles du dialogue
- Pour mobiliser l’intuition, le corps et l’imaginaire
Coopérer à la transition par l’intelligence collective

Tableau comparatif des plateformes et outils numériques pour collectifs de Transition
A propos du Consortium d’Accompagnement des Transitions

Consortium signifie alliance ! C’est un Collectif de personnes et d’acteurs reliés pour donner le jour au Commun d’Accompagnement des Transitions et se mettre au service de son évolution ouverte et concertée.
Ce collectif rassemble une quinzaine de bénévoles, une salariée, l’Université Paris 8 et deux associations partenaires : Eutopic et Halage. Ensemble ils forment une alliance ouverte d’actrices et d’acteurs engagé-es pour le changement d’échelle des transitions.
La gouvernance du collectif est créée sur mesure et préfigure celle du Commun. Elle allie sociocratie, subsidiarité, suppléance et stigmergie et donc une grande capacité de libre agrégation de bonnes volontés et de création de nouvelles alliances et partenariats. L’objectif est de maintenir une tension créative entre la possibilité de s’organiser à chaque niveau efficacement et en confiance, et l’ouverture sur l’écosystème pour accueillir et faire émerger des dynamiques durables et inclusives.
Intention
Initier, porter et prendre soin du Commun de la Connaissance qu’est le CAT. Renforcer les capacités locales à faciliter, accompagner et soutenir le changement d’échelle des démarches de transitions systémiques dans les Territoires.
Ce sont les transformations profondes qui sont visées, en mettant au cœur les connaissances et pratiques innovantes relatives au dialogue multi-acteurs, à la relation au vivant et aux processus d’accompagnement des transitions systémiques par l’intelligence collective.
Nous nous adressons à l’ensemble des publics et des types d’acteurs concernés dans leur territoire et à leur échelle par le changement de paradigme vers la sobriété, la résilience et les pratiques régénératives.
Raison d’être
Le Commun d’Accompagnement des Transitions (CAT) est né pour répondre à un constat partagé : les transitions vers la sobriété, la résilience et la régénération sont profondes, systémiques et nécessitent des coopérations et des compétences inédites qui passent par la facilitation de dialogue multi-acteurs.
Le Commun se donne pour ambition de créer et de partager en Science Ouverte des ressources, ainsi que de dynamiser et de contribuer à diffuser une culture de la transformation systémique par le dialogue, l’accompagnement et la coopération inter-acteurs.
Valeurs
- Sobriété : réinterroger nos usages et nos ressources pour tendre vers des modes de vie plus justes et soutenables.
- Résilience : développer la capacité des territoires et des collectifs à faire face aux crises et aux chocs.
- Robustesse : consolider les démarches de transition pour qu’elles tiennent dans la durée.
- Régénération : aller au-delà de la préservation pour restaurer et revitaliser les écosytèmes humains, culturels, économiques en prenant en compte la biodiversité et les limites de notre planète.
Pourquoi un Commun ?
Un commun est une ressource partagée qui est gouvernée collectivement par une communauté qui définit et fait évoluer les règles de son partage et de sa protection. Le Commun d’Accompagnement des Transitions s’inscrit pleinement dans cette logique : une ressource collective ouverte, développée et nourrie par celles et ceux qui en ont besoin, au service des territoires et des transitions à toutes les échelles.
Faire vivre le Commun
Le Commun vise à devenir une ressource ouverte et vivante, permettant à l’ensemble des acteurs d’accélérer le changement d’échelle des transitions systémiques dans les territoires. Les acteurs de la facilitation y trouvent un espace de partage de compétences et d’outils pour enrichir leurs pratiques. Les acteurs de terrain contribuent par leurs retours d’expérience et leurs besoins concrets, ce qui permet d’améliorer en continu les ressources du Commun.
L’essaimage et la maturation coopérative sont au coeur de cette démarche : il s’agit de documenter et diffuser les connaissances relatives au dialogue multi-acteurs et aux processus d’accompagnement en intelligence collective. Cette ambition ne peut se réaliser que dans l’ouverture et grâce à l’implication active de celles et ceux qui accompagnent les transitions. Le Commun se nourrit de cette dynamique collective et a pour mission d’accompagner la montée en compétences des acteurs de l’accompagnement, notamment par l’entraide, l’intervision et le partage d’expériences.

Se rendre disponible : Être présent… à soi, à l’autre, au milieu
Se mettre en lien : Relier nos humanités, se connaître pour se reconnaître, engendrer la disponibilité de l’autre
Poser le cadre : Donner des repères et des limites, montrer le chemin que nous allons prendre, se libérer de nos enjeux
Introspecter : S’interroger soi-même sur ses raisons d’être et ses motivations, mettre à jour son propre implicite, se l’entendre dire… et se donner à entendre, écouter les « je » qui constituent le « nous »
Se dérouter : Sortir de nos représentations, biais cognitifs et pilotes automatiques. Identifier et explorer des freins implicites, des non-dits, des obstacles cachés. S’ouvrir à la compréhension humaine, de soi, de l’autre.
Changer de position de perception : Un point de vue n’est que la vue d’un point… Faire un pas de côté, changer d’angle de vue, penser de la place de l’autre.
Éprouver sa maturité coopérative : Apprécier la manière dont on habite l’entre-deux pour faire vivre les 12 principes dialogiques de la coopération, c’est déjà faire grandir sa propre maturité coopérative.
Nourrir en retour : Transformer l’expérience vécue en apprentissages pour soi et pour les autres en les verbalisant et en les partageant.
Décanter : Laisser poser, prendre le temps de « digérer », de transformer les aliments en nutriments, éviter de donner tout pouvoir à la seule rationalité, laisser remonter l’essentiel.
L’Ingénierie Pédagogique au service des Communs de la Connaissance
Apprendre à faciliter
les cercles de dialogue
L’enjeu du dialogue
Face aux enjeux de transformation écologique et sociale, le CAT constate un besoin croissant de qualité de dialogue dans nos sociétés. Au-delà d’un simple outil relationnel, le cercle de dialogue constitue une pratique essentielle de reliance, de co-responsabilité et d’intelligence collective. L’ambition du CAT est de contribuer à sa diffusion la plus large possible, afin de renforcer les capacités d’écoute, de présence et de coopération dans tous les contextes de vie. Le cercle de dialogue est aussi une pratique clé pour améliorer la qualité relationnelle des projets de transition écologique et sociale.
Une formation grand public à la facilitation des cercles
Dans cette perspective, le GT Ingénierie Pédagogique du CAT a développé une formation visant à rendre la facilitation des cercles de dialogue accessible au grand public, au-delà des professionnels de l’accompagnement.
Le groupe a choisi de se concentrer sur des formats simples, où le facilitateur est lui-même participant. En effet cette forme simple du cercle de dialogue mobilise des qualités humaines naturelles — écoute, présence, empathie, conscience de soi — assez largement répandues.
La démarche s’est appuyée sur l’expérience des trois formateurs impliqués, les travaux de David Bohm, les pratiques du Circle Way et de l’Art of Hosting, ainsi que l’analyse d’une dizaine de formats de cercles documentés dans le Livre Blanc.
Elle a permis d’identifier les invariants du dialogue, ses principes de base et les qualités de posture à transmettre. À partir de ce socle, un module pédagogique a été conçu puis testé favorablement en février 2026 auprès d’une douzaine de participants.
Le socle pédagogique
La recherche-action a confirmé une intuition centrale : dans un cercle de dialogue, le véritable guide est le processus vivant du dialogue lui-même. Lorsque les participants suspendent les habitudes de débat, d’abstraction ou de recherche de résultat, une autre qualité de relation peut apparaître : écoute profonde, parole plus vraie, résonance sensible, créativité collective.
Le socle pédagogique issu de cette recherche s’organise en trois niveaux complémentaires.
1. Les 5 vertus essentielles du dialogue identifient les qualités naturelles de ce processus vivant :
- un espace libérateur, simple et sécurisant ;
- une présence sans masque, où chacun parle depuis lui-même ;
- un champ d’émergence collective, où le groupe devient plus qu’une addition d’individus;
- une résonance symbolique et sensorielle, aux gestes, silences, émotions et sensations ;
- une offrande sans attente, où chaque parole est donnée sans volonté de convaincre.
2. Les 5 accords du dialogue traduisent ces vertus en principes simples :
- écouter sans interrompre,
- parler en “je”,
- suspendre la recherche de résultat,
- ne pas réagir directement,
- adresser sa parole au centre.
Ces accords permettent de “cesser d’empêcher” le dialogue naturel d’apparaître. Ils sont soutenus par des conditions de base : installation en cercle, confidentialité, équivalence, silence valorisé.
3. Les 5 qualités de posture du facilitateur incarnent ces mêmes vertus :
- offrir un espace fiable ;
- être pleinement présent, sans posture haute ;
- faire confiance à l’émergence ;
- écouter avec tout son être ;
- parler depuis le cœur, sans attente ni pouvoir.
Cette posture s’apprend moins par théorie que par expérience, pratique et compagnonnage.
Ces trois niveaux se répondent : les vertus décrivent l’expérience du dialogue, les accords créent les conditions concrètes, la posture du facilitateur en incarne l’exemple vivant.
Entre les plis, un film documentaire à la rencontre de groupes en milieu rural pour découvrir les processus permettant de coopérer et en recueillir les bienfaits.
Un film documentaire de Guy Baudon qui a suivi deux chercheurs arpenteurs Anne et Patrick Beauvillard qui vont à la rencontre de groupes en milieu rural pour découvrir les processus permettant de coopérer et en recueillir les bienfaits.
Dans le cadre de la politique européenne du développement rural, le Réseau Rural Français lance début 2018 un appel à projets en faveur de la ruralité. L’un des projets lauréats s’intitule : « Le développement rural par la coopération ». Il vise à révéler, à partir d’expériences de terrain, une connaissance nouvelle pour faire de la coopération un levier du développement rural. Anne et Patrick Beauvillard arpentent les territoires lors de longues itinérances à pied, à la rencontre d’acteurs engagés dans des actions collectives. Ils sont maires, élus locaux, paysans, salariés, bénévoles, militants du développement local, habitants… Le film « Entre les plis » fait partie de ce projet.
La maturité coopérative et son pouvoir de transformation

Le socle InsTerCoop pour faire vivre des écosystèmes coopératifs

Écosystème coopératif
La vocation de l’InsTerCoop est de contribuer à faire naître et à entretenir des écosystèmes coopératifs, qu’ils soient ancrés dans un territoire, un réseau, un domaine…
Qu’est-ce qu’un écosystème ? C’est un ensemble d’éléments interagissant entre eux selon certains principes ou règles (la définition d’un système), mais dynamique. C’est-à-dire qu’avec leurs interactions mutuelles, les composantes transforment en permanence l’écosystème qui évolue ainsi avec le temps. C’est donc un ensemble dynamique issu d’une coévolution entre les composantes du système. Un écosystème est donc par définition un ensemble complexe, à savoir « fait d’éléments différents, imbriqués », « qui sont tissés ensemble » (Morin).
Nos actions s’inscrivent toujours dans des « écosystèmes complexes », bien qu’ils ne soient pas nécessairement vus comme tels. Travailler à l’échelle d’un écosystème nécessite donc d’embrasser, vivre avec, et aimer la complexité, dont la coopération est une expression sociale :

accepter la complexité, c’est mettre en dialogue l’ensemble de ses acteurs et les inviter à devenir co-auteurs de l’œuvre commune.
Le paradigme de la « simplification »
Selon Edgar Morin, nous vivons dans un paradigme de « simplification ». Pour lui, « la cause profonde d’erreur n’est pas dans l’erreur de fait (fausse perception) ou l’erreur logique (incohérence), mais dans le mode d’organisation de notre savoir en systèmes d’idées (théories, idéologies) […] Nous vivons sous l’empire des principes de disjonction, de réduction et d’abstraction », qui nous conduit à « l’intelligence aveugle ». Cette simplification conduit à 3 dégradations :
- « La dégradation techniciste : On garde de la théorie ce qui est opérationnel, manipulateur, ce qui peut être appliqué ; […]
- La dégradation doctrinaire : La théorie devient doctrine, c’est-à-dire qu’elle devient de moins en moins capable de s’ouvrir à la contestation de l’expérience, à l’épreuve du monde extérieur, et il lui reste à étouffer et faire taire dans le monde ce qui la contredit.
- La pop-dégradation : On élimine les obscurités, les difficultés, on ramène la théorie à une ou deux formules chocs ; ainsi la théorie se vulgarise et se diffuse, au prix de cette simplification de consommation » (Morin, 1990, Science avec conscience, Paris, éditions du Seuil)
Nécessité d’un changement de paradigme

Penser et agir en complexité nécessite d’adopter un changement radical dans nos façons de penser, de parler, et d’agir pour adopter un paradigme de complexité.
Changer nos façons de Penser
« Le paradigme de « complexité » repose sur trois types de relations : conjonction, distinction et implication. La conjonction consiste à relier le phénomène à celui qui l’observe, relier un phénomène à son contexte, relier un phénomène à d’autres phénomènes, relier un phénomène à plusieurs causes. La distinction consiste à distinguer sans séparer, à reconnaître la nécessité d’identifier les éléments différents sans considérer que la différence est synonyme de séparation. Enfin, l’implication c’est comprendre que le sujet qui observe est impliqué dans le phénomène observé. » (E. Bouiss, 2021, C’est complexe, éditions Dunod)
A cela ajoutons les trois principes qui sont à la base de la pensée complexe :
- Le principe dialogique, qui unit deux logiques qui peuvent à la fois être complémentaires, contradictoires et concurrentes,
- Le « principe hologrammatique », qui montre que « la partie est dans le tout et le tout à l’intérieur de la partie »,
- Le « principe récursif » qui explique la « boucle génératrice dans laquelle les produits et les effets sont eux-mêmes producteurs et causateurs de ce qui les produit ».
Le mouvement à opérer du paradigme de « simplification » vers le paradigme de « complexité » est un changement fondamental de la manière de penser :
- Là où il s’agissait de « décomposer » afin de traiter des objets de plus en plus simples, il s’agira au contraire de « relier » pour tenir compte des interactions permanentes entre les objets.
- Là où il s’agissait de construire des « projets » qui dressaient un chemin linéaire entre le point de départ et l’objectif à atteindre, il s’agira de construire des « processus » qui tiennent compte des récursions permanentes de l’écosystème vers un futur désiré qui peut prendre des formes imprévisibles puisque issu d’un processus dynamique.
- Là où il s’agissait de collaborer pour « faire », il s’agira de coopérer pour « apprendre », de manière à tenir compte des récursions entre « je », « nous » et « dans », et à faire vivre le processus qui relie les personnes, parties prenantes et donc co-autrices de l’écosystème.
Les mots
font
les mondes
Changer nos façons de Parler
Pour accompagner ce renouvellement de la pensée, nous proposons également un renouvellement des mots. « Les mots font les mondes » :
- Vocabulaire de la « simplification » : Simplifier, Décomposer, Planifier, Objectif, Livrable, Dispositif, Détail …
- Vocabulaire de la « complexité » : Complexifier, Relier, Danser entre organique et planifié, Finalité, Intention, Stratégie, Principe …
Changer nos façons de Projeter
Nous aimons dire que si un projet se passe comme prévu, c’est sans aucun doute la preuve qu’il n’a pas été mené en coopération ! Si nous sommes co-auteurs d’une œuvre commune, la part de l’imprévu est telle que les méthodologies traditionnelles de conduite de projet ne sont plus opérantes. Ces méthodologies, à l’œuvre aujourd’hui dans quasiment tous les environnements, sont issues du monde du bâtiment, un monde dans lequel les projets, s’ils peuvent être très compliqués, ne sont pas complexes. Le vocabulaire de l’ingénierie de projet (décomposition, lot, objectif, livrable…) le démontre.
admettre l’incertitude comme un élément permanent de la réalité
L’approche sereine des situations complexes suppose d’admettre l’incertitude comme un élément permanent de la réalité. Cette attitude d’esprit permet d’accueillir les événements imprévus comme autant d’opportunités. Pour intégrer la complexité, et donc la coopération, notre conception du « Projet » est celle proposée par Schied-Bienfait et Bréchet : « Une anticipation opératoire de type flou et partiellement déterminé d’un futur désiré (dit autrement, le concept ne se comprend pas comme l’action planifiée d’un acteur tout puissant mais comme le façonnement conjoint et toujours à reprendre de l’acteur et du contexte en situation d’incertitude).1 »
Le socle InsTerCoop

Le socle InsTerCoop vise à permettre de vivre et agir en complexité. Il repose sur :
- Une manière de faire pour élargir notre regard et notre compréhension : élargir pour relier, élargir pour révéler l’implicite, élargir pour accéder à la compréhension humaine,
- Le développement de la maturité coopérative (la capacité à développer des aptitudes coopératives durables et inconditionnelles), au niveau individuel et collectif,
- La transition de l’ingénierie de projet vers l’ingénierie de processus.

Le socle InsTerCoopLe socle InsTerCoop s’appuie sur :
- 9 temps qui nourrissent le processus coopératif,
- 12 principes d’action de la coopération.
Les différentes page du « Corpus InsTerCoop » détaillent ces éléments.
A propos d’InsTerCoop
L’InsTerCoop est un lieu d’action-recherche, d’élaboration et d’expérimentation de nouvelles manières d’agir et de transmission de compétences. Il est porté par Inovane, une société par actions simplifiée créée en décembre 2002 pour accompagner les organisations telles que des entreprises, associations ou organisations parapubliques, et de réseaux multi-acteurs tels que des filières professionnelles ou des collectivités territoriales à concevoir et réussir la mise en œuvre de leurs projets d’avenir. Quinze années d’expérience qui montrent que les coopérations réussies et durables font appel à des ressources que leurs acteurs mobilisent le plus souvent de façon inconsciente. Au fil du temps, Inovane développe plusieurs approches méthodologiques qualifiées aujourd’hui d’innovations managériales. L’InsTerCoop est la continuité de ce lieu d’innovations. Ci-deuus une présentation sous la forme d’une courte vidéo. Elle date de 2017… mais il n’y a rien à changer !
Qu’est ce que l’instercoop ?
L’Institut des Territoires Coopératifs est un laboratoire d’action-recherche-expérimentation sur le processus coopératif, et un centre de ressources et de ressourcement au service des personnes, des organisations et des territoires pour croître en maturité coopérative et faire de la coopération un levier de développement, de résilience et d’innovation.
Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain
John Naisbitt
La coopération, levier des transitions
Les transitions que nos sociétés traversent (écologiques, économiques, sociales, démocratiques…) sont toutes liées entre elles. Traiter cette complexité impose d’associer chacun des acteurs, dans une démarche transverse et transdisciplinaire. La coopération est l’expression sociale de cette complexité. Elle est indispensable pour relever les défis de nos sociétés et de nos organisations. La prestigieuse revue Nature titrait récemment : « Comprendre l’évolution de la coopération est l’un des défis scientifiques les plus importants de ce siècle ». Dans l’histoire, l’aptitude à coopérer a toujours un levier de résilience et de développement des communautés humaines. Mais pour faire de la coopération le levier des transitions, il nous appartient à tous de commencer par conduire une autre transition : une transition anthropologique. L’InsTerCoop étudie le processus de coopération sous l’angle de la pensée complexe développée par Edgar Morin, et développe et partage une connaissance spécifique sur le « comment coopérer ».
Qu’est-ce que coopérer ?
Consultation, participation, mutualisation, collaboration ou concertation ne sont pas coopération. Coopérer, c’est être co-auteur d’une œuvre commune. Cela implique de développer une relation à l’autre et à soi bien différentes de celles qui prévalent dans notre modèle social. Si la coopération est naturelle chez l’homme, elle n’est pourtant pas automatique et doit être étudiée et pratiquée pour être maitrisée, comme n’importe quelle autre aptitude humaine.
Coopérer, c’est être co-auteur
d’une œuvre commune
Comprendre comment coopérer : 4 prérequis
Prendre en compte l’implicite : La coopération est souvent appréhendée en se limitant aux seules parts visibles et conscientes. On regarde la gouvernance, la structure juridique, l’organisation, les processus de décision, les jeux d’acteurs, les outils… Si ces éléments permettent de voir la coopération à l’œuvre, ils ne disent rien ce qui en a fait l’émergence. Étudier la coopération sous ce seul angle c’est un peu faire comme l’homme qui a perdu ses clés et les cherche sous le réverbère juste parce que c’est là qu’il y a de la lumière.
Les rouages de la coopération ne se trouvent pas en surface. C’est dans des couches plus profondes qu’il faut aller chercher. Les marins disposent de cartes sous-marines qui figurent les repères invisibles. Cette connaissance est essentielle à la navigation en surface. L’InsTerCoop développe des manières de faire pour s’emparer de cette dimension cachée, non-consciente, implicite.

Intégrer les trois dimensions : personnelle, collective et territoriale. Cela passe par notre capacité à élargir nos modes de pensée habituels et à appréhender la notion de système. Pour Edgar Morin « nous vivons sous l’empire des principes de disjonction, de réduction et d’abstraction », qui nous conduisent à « l’intelligence aveugle ». Ce paradigme qui contrôle la pensée, Morin nous propose de le substituer par un « paradigme de complexité » qui s’attache au contraire à relier ce qui est tissé ensemble, le complexus.

On ne peut comprendre comment coopérer sans mobiliser la pensée complexe. Au lieu de les disjoindre, relions les trois dimensions de l’action coopérative : la personne, au cœur de laquelle nait l’engagement, le collectif, où nait l’action, et le territoire au cœur duquel cette action s’incarne. Autrement dit « je », « nous », « dans », à la fois dans les domaines explicites et implicites. Les processus coopératifs qui n’intègrent pas ces trois dimensions ne peuvent être pérennes.
Saisir les récursion, sources d’émergence. Chacune de ces dimensions vient interagir en profondeur sur les autres : Le territoire transforme les personnes, celles-ci transforment les collectifs, qui les transforment également en retour… Grâce à ces récursions, chaque système devient unique et singulier. Comprendre les récursions est indispensable puisqu’elles sont sources d’émergence, d’auto-organisation et donc de développement.
Accéder à la compréhension humaine. Enfin pour comprendre comment coopérer, il est nécessaire de développer ce qu’Edgar Morin appelle la « compréhension humaine ». Sans compréhension humaine, complémentaire et indissociable de la seule compréhension intellectuelle, il ne peut y avoir de coopération.
La compréhension intellectuelle nécessite d’appréhender ensemble le texte et le contexte, l’être et son environnement, le local et le global. La compréhension humaine nécessite cette compréhension, mais aussi et surtout de comprendre ce que vit autrui
Edgar Morin
- Jean-Pierre Bréchet, Nathalie Schieb-Bienfait. Logique d’action et projet dans l’action collective – Réflexions théoriques comparées-. 2009. hal-00421180 ↩︎


