Dans un contexte économique tendu et accentué par un été 2026 caniculaire, où les agriculteurs sont globalement dans une impasse économique et démographique, Citizen Capital, une société de gestion pionnière de l’investissement à impact en France, réaffirme son engagement pour une agriculture résiliente et respectueuse du vivant. Antoine Vedrenne, associé en charge de la stratégie Agriculture, a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Citizen Capital, pionnier de l’investissement à impact en France
Pour une agriculture résiliente
et respectueuse du vivant

Créée en 2008 par Laurence Méhaignerie et Pierre-Olivier Barennes, Citizen Capital est une société de gestion pionnière et référence de l’investissement à impact en France. Dédiée à l’accompagnement des entreprises et organisations qui répondent aux grands défis sociaux et environnementaux de notre époque, Citizen Capital gère aujourd’hui 275 M€ insufflés dans trois stratégies complémentaires : growth & capital développement, économie sociale et solidaire et agriculture.
Sur l’agriculture, dans un contexte économique tendu et accentué par un été 2026 caniculaire, où les agriculteurs sont globalement dans une impasse économique et démographique, Citizen Capital réaffirme son engagement pour une agriculture résiliente et respectueuse du vivant avec 2 fonds : ELAN Terres Agricoles, premier fonds national de portage de foncier agricole sur le long terme (30 ans) en France, créé en partenariat avec la FNSafer ; et Agri Impact, qui investit dans des projets de diversification d’activités des agriculteurs, en partenariat avec la Fondation Avril.

La vocation d’ELAN Terres Agricoles est de faciliter l’installation d’une nouvelle génération d’agriculteurs et d’agricultrices sans qu’ils n’aient à supporter immédiatement le coût d’acquisition des terres, et d’accélérer la transition agroécologique sur les territoires. De son côté, Agri Impact est dédié aux projets portés par des agriculteurs et agricultrices pour diversifier leurs activités et renforcer leurs revenus, et accompagne ainsi des entreprises comme Cultive, Midiflore et Invers.
Rapport de mission d’impact 2025
Antoine Vedrenne, associé en charge de la stratégie Agriculture chez Citizen Capital, relève le défi et se prête au jeu des questions Cdurable !
Questions Cdurable à Antoine Vedrenne
Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
ma nécessaire connexion physique et mentale avec le reste de la nature m’enrichit
Peut-être ai-je un côté animiste, mais j’ai envie d’inclure le non vivant « naturel » à la question. Les minéraux, l’eau, le ciel, enfin ce qu’on pourrait appeler la nature, humains compris. Plus je vieillis, plus je m’aperçois de ma nécessaire connexion physique et mentale avec le reste de la nature, qui m’enrichit et dont nous avons besoin. Malheureusement, je trouve que mon lien avec les non humains est trop distendu, trop étroit, trop limité, trop parcellaire. En partie en raison de ma vie majoritairement urbaine et de bureau. J’ai cependant la chance de vivre en banlieue, avec un jardin, je pratique du sport en extérieur, et mon métier me permet d’être régulièrement dans les fermes ; un lieu où les décideurs pourraient d’ailleurs passer plus de temps, afin de mieux appréhender le quotidien de celles et ceux qui travaillent avec le vivant.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
L’alimentation est la clé de ma santé et celle des écosystèmes
Je perçois de plus en plus le lien entre la santé des écosystèmes et ma santé, et je comprends à quel point l’alimentation est clé. Ainsi, je privilégie le local, le bio et surtout de saison, autant que faire se peut. Sans avoir totalement arrêté, je consomme aussi moins de viande et de poisson qu’il y a quelques années, et également moins d’alcool, car le sport occupe une place importante dans ma vie.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
J’ai la chance d’habiter une maison individuelle avec jardin en banlieue parisienne
J’ai la chance, et la faute, d’un point de vue écologique, d’habiter une maison individuelle avec jardin en banlieue parisienne. Ce dont j’ai le plus besoin aujourd’hui, c’est d’arbres et de plantes autour de moi.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé
Je suis sportif depuis toujours
Je suis sportif depuis toujours, même si les études (les soirées) et le monde professionnel (d’autres formes de soirées) ont grandement limité ma pratique pendant quelques années. Aujourd’hui, je n’échappe cependant pas à la mode néolibérale individualiste en recherche de performance, et je fais pas mal de course à pied. Mais je ne suis pas sur Strava, et je n’affiche pas mes courses sur LinkedIn, donc je résiste un peu quand même. Ma fille dit que je suis un peu maso, mais en effet j’aime l’effort physique, depuis tout petit. Même si j’ai le physique d’un criquet !

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?
j’ai compris qu’il fallait agir
Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai compris comment agir. En revanche, cela fait plusieurs années que j’ai compris qu’il fallait agir. C’est finalement moins le savoir académique (notamment en économie… au secours) qui m’a guidé, mais plutôt la conjonction de 2 expériences :
- La confrontation au fonctionnement d’une grande partie du monde du travail, pour qui le profit est le principal indicateur de performance et le rapport de force ou le mode de relations par défaut,
- L’ouverture d’esprit apportée par mes amis et des rencontres faites. Je pense en particulier au Collectif Les Infiltrés, qui a éclairé ma prise de conscience.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
j’ai la chance de pouvoir
aligner mon travail et mon engagement

J’ai la chance de travailler avec des personnes que je considère exceptionnelles, intellectuellement et humainement, avec qui j’ai la possibilité d’essayer d’orienter mon travail selon mon engagement. Je ne pourrais pas travailler en étant désaligné, soit avec le fond de l’action, soit avec mes collègues (cela ne veut pas dire qu’on doit être d’accord sur tout). Aujourd’hui, je suis fier de pouvoir contribuer à développer la stratégie agriculture de Citizen Capital, en étant exigeant sur ce qu’on veut faire, et lucide sur ce qui est de notre ressort. Deux piliers guident notre action dans ce secteur clef (alimentation, eau, climat, biodiversité, énergie, santé…) : le développement des pratiques agroécologiques, condition de résilience des fermes et de la société, et la juste rémunération des agriculteurs.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
mes enfants, ma famille, mes amis et le sport me portent
D’un point de vue personnel, mes enfants en premier lieu, ma famille, mes amis et le sport me portent. L’humour est aussi fondamental pour moi ! D’un point de vue physique, l’électricité est au cœur de mes usages (à la maison, au bureau, dans les transports en commun) mais le pétrole n’a pas disparu (voiture de temps en temps, et avion encore pour certaines vacances).
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Je fais du mieux que je peux, dans mon métier, pour favoriser l’intérêt général
Je fais du mieux que je peux, notamment dans mon métier pour favoriser l’intérêt général. A ce titre, ce qui m’intéresse le plus est d’explorer des voies non encore empruntées par le capital pour participer à la réponse aux enjeux sociaux et environnementaux. A titre personnel, j’apporte aussi une contribution à deux très belles associations que j’estime profondément : France Active Investissement, dont je préside le Comité de Décision National, et l’UCPA dont je suis membre indépendant du CA et du Bureau.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
le changement ne pourra advenir qu’avec un mouvement de masse qui apparaîtra comme naturel et évident et dont la coopération peut en être le terreau
Une fois de plus, à titre personnel, je fais du mieux que je peux (en tout cas, je le crois) pour agir dans le sens du bien commun, dans mon travail, mon engagement personnel et mes choix politiques. Ce qui passe forcément par le fait de coopérer avec d’autres. J’ai cependant une vision un peu plus “émotionnelle” du changement, plus ancrée dans cette intuition et nécessité de faire évoluer les choses : le changement n’est pas que le fruit de la raison qui a mis en place des stratégies de coopération. Je crois à la coopération dans un sens d’émancipation culturelle, mais la coopération a pour moi une signification assez intellectuelle : il y a un choix avec la création voulue d’une relation. Or, je suis convaincu que le changement ne pourra réellement advenir qu’avec un mouvement de masse qui apparaîtra comme naturel et évident, en un sens un mouvement politique au sens noble du terme, et dont la coopération peut être le terreau.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
nous devons arrêter de soigner les symptômes des crises que nous subissons
J’aimerais que les masques tombent et, pour qu’ils tombent vraiment, nous devons arrêter de nous faire plaisir en s’éreintant à soigner les symptômes des crises que nous subissons (créons). Je souhaite vivement que nous gagnions en radicalité, au sens d’aller chercher les causes racines de la destruction sociale et environnementale que le monde traverse. La solution est pour moi systémique, il faut structurellement changer de modèle économique et de modèle de société. Et ne pas croire à la fable du seul changement individuel.
Si je prends l’exemple de l’agriculture, répondre à la crise systémique en ne regardant que les conséquences terribles des derniers mois dans le seul but de pouvoir continuer comme avant, est une aberration intellectuelle et humaine. De même, dire que les agriculteurs doivent changer de pratiques sans créer les conditions de ce changement est une fiction morale. C’est l’ensemble du système agricole et agroalimentaire qu’il faut transformer. En se basant en particulier sur ce que les scientifiques disent depuis des décennies, et en s’appuyant sur une répartition de la valeur qui soit juste.




