Le Diagnostic « Territoire Fertile » conçu par par Frédéric Bosqué, fondateur de TERA, un écovillage expérimental, permet d’évaluer en moins de cinq minutes si le territoire auquel vous pensez peut accueillir votre projet et grandir avec lui. Un beau terrain ne suffit pas. Votre projet dépend aussi des services, des besoins économiques, des coopérations et de la dynamique du territoire qui l’entoure. Identifier les forces du territoire, repérer les fragilités et les informations qui vous manquent et préparer votre enquête de terrain avant de vous engager avec les 5 questions à se poser avant de s’installer à la campagne.

« On a du démonter notre 1er prototype de nos mains »

Témoignage de Frédéric Bosqué, fondateur de TERA, un écosystème coopératif de transition vers la ruralité 2.0
« C’était au tout début de notre projet il y a près de dix ans. Déjà. La mairie, la communauté de communes et la préfecture avaient demandé le démontage de nos deux prototypes de maisons autonomes. Nous l’avons fait de nos mains, vis par vis, panneau par panneau. C’était notre premier prototype d’habitat autonome, et nous l’avions construit avec nos amis de TERA. Vous connaissez peut-être déjà la plus grande partie de cette histoire. Ce que je n’avais jamais raconté, c’est l’erreur qui nous a menés là. Je viens de la raconter en entier, en vidéo, ou continuez à lire, je vous la résume ici. »
« Nous rentrions de trois tours de France à vélo. 14 000 kilomètres, 60 écolieux visités, des dizaines de porteurs de projets rencontrés. Nous avions étudié les bâtiments, les habitats, les questions juridiques. Puis une ferme nous a été offerte à Masquières : environ 260 000 euros de bâtiments et de terres. Inespéré. (…) Nous l’avions bien évalué cette ferme ! Mais n’avions pas, à cette époque, évalué le territoire de vie autour dans lequel elle baignait. Sur notre site, nous annoncions une ambition à long terme : développer progressivement plusieurs quartiers de 30 habitants, puis ensemble regroupés 300, puis à nouveau regroupés jusqu’à 1 800 personnes à terme.
Certains voisins n’ont retenu que le dernier chiffre. Ils ont imaginé 1 800 personnes arrivant d’un coup dans leur commune. Le lieu qui portait notre rêve est devenu, pour une partie du voisinage, la menace d’une invasion. Trois années de conflit ont suivi. Nous avions travaillé avec un urbaniste et constitué un dossier juridique d’une cinquantaine de pages. Nous aurions pu engager une procédure devant le tribunal administratif. Nous avions des arguments.
Mais nous n’étions pas venus faire la guerre à ces habitants et à ces élus. Ces cinquante pages n’ont ouvert aucune porte. Ce qui en a ouvert une, ce sont les ÉcoNatures. Tous les quinze jours, nous invitions des spécialistes de la régénération des sols, des énergies renouvelables, de l’écoconstruction, de la monnaie citoyenne locale, du revenu de base. Et nous finissions toujours par un repas préparé avec les produits des agriculteurs d’à côté. Entre 30 et 50 personnes à chaque fois. Puis nous avons organisé des marchés gourmands à Masquières. C’est là qu’un maire voisin a découvert ce que nous faisions vraiment. Il nous a proposé un terrain à Trentels.

Aujourd’hui, l’écosystème réunit six structures, environ 800 000 euros de budget annuel cumulé, 4 millions d’euros investis, plus de 100 personnes venues s’installer. Aucun de ces chiffres ne vient du lieu. Ils viennent des habitants, des entrepreneurs, des associations et des collectivités qui ont appris, ensemble, à construire un écosystème.
De cette erreur, j’ai tiré cinq questions. Je les pose maintenant avant de regarder le moindre bâtiment :
- Peut-on y vivre durablement ?
- Le projet peut-il y vivre économiquement ?
- Les acteurs savent-ils coopérer ?
- Existe-t-il une dynamique de transition ?
- Ce projet et le territoire peuvent-ils se renforcer mutuellement ?
Planter un arbre seul dans un champ, ou le planter au milieu d’une forêt, ne donne pas le même résultat. Dans le champ, il affronte seul le vent, la sécheresse, la pauvreté du sol. Dans la forêt, le sol est déjà vivant, l’eau mieux conservée, les racines et les champignons travaillent aussi pour lui.
Si quelqu’un m’avait posé ces cinq questions en 2013, nous n’aurions pas eu à démonter nos prototypes ».
Un beau lieu peut accueillir votre maison. Seul un territoire fertile peut faire vivre votre projet
Les cinq questions à se poser avant de s’installer à la campagne
Ce sont les cinq à se poser aujourd’hui avant de s’installer où que ce soit. Il aura fallu treize ans, une pétition et des maisons démontées à Frédéric Bosqué pour les formuler.

- Peut-on y vivre durablement ?
Ce territoire peut-il accueillir votre vie et celle de votre famille sans épuiser toutes vos ressources ? - Votre projet peut-il y vivre économiquement ?
Existe-t-il des besoins, des clients, des compétences et des partenaires permettant à votre activité de produire des revenus ? - Les acteurs savent-ils coopérer ?
Les habitants, entreprises, associations et collectivités ont-ils déjà réussi à construire quelque chose ensemble ? - Le territoire est-il engagé dans une transition crédible ?
Les infrastructures utiles existent-elles déjà, ou des acteurs crédibles sont-ils en train de les développer ? - Votre projet et le territoire peuvent-ils se renforcer mutuellement ?
Que peut vous apporter ce territoire, et que pouvez-vous lui apporter en retour ?
Comment fonctionne le diagnostic
- Vous décrivez votre projet et le territoire
Un seul territoire à la fois, celui auquel vous pensez déjà. Vous précisez aussi l’ambition de votre projet : améliorer votre qualité de vie, contribuer au territoire, ou les deux. - Vous répondez à cinq questions
Les conditions de vie, l’activité économique, la capacité à coopérer, la dynamique de transition et la réciprocité. Pour chacune, vous écrivez ce que vous savez et vous vous donnez une note. - Vous distinguez ce que vous savez de ce que vous supposez
C’est le cœur de la méthode. Une note de quatre sur cinq posée sur une brochure n’a pas la même valeur qu’une note posée sur trois rencontres. Le diagnostic vous le rappelle. - Vous obtenez un positionnement provisoire
Votre territoire se place sur une matrice à deux axes : ce qu’il possède déjà, et ce qui est en train d’y bouger. Avec vos forces, vos fragilités, et ce qu’il vous reste à vérifier. - Vous pouvez me transmettre votre diagnostic
Je le lis moi-même. Je regarde votre notation, ce qui me semble solide, les fragilités que j’observe et les questions que je vous recommande de poser sur le terrain.
Ce que cet outil ne fait pas : Ce diagnostic ne dit pas si un territoire est bon ou mauvais. Il ne connaît pas votre commune. Il part de ce que vous savez, et il vous montre où vous ne savez pas encore. Il ne peut pas inventer des informations sur une commune. Il ne peut pas affirmer qu'un projet réussira. Il ne peut pas prétendre que Frédéric a validé votre diagnostic avant qu'il l'ait lu. Il ne peut pas remplacer l'enquête de terrain.
Comment vivre, entreprendre et investir
en milieu rural, sans vous isoler ni tout risquer ?
1 français sur 2 veut quitter
les grandes villes
« 12 000 communes rurales se préparent à les accueillir. Ensemble, ils veulent relocaliser une production durable et vitale à leur vie et sécuriser leurs revenus pour faire levier ensemble sur les enjeux qui sont face à nous.«
C’est la (R)évolution des écolieux en transition qui répondent aux enjeux du climat ET revitalisent nos territoires de vie.
- Vous voulez vivre, entreprendre ou investir en milieu rural ?
- Faire levier ensemble sur les enjeux qui sont face à nous ?
- Sans vous isoler ni tout risquer ?





