Du nouveau sous le soleil

De nouvelles molécules pour le photovoltaïque, un article de Christian du Brulle

Si les semi-conducteurs inorganiques, tel le silicium, tiennent le haut du pavé dans le photovoltaïque, des molécules organiques aux propriétés identiques commencent à apparaître.

Dans la course aux énergies vertes, l’attrait des cellules solaires photovoltaïques n’est plus à démontrer. Dans ce contexte, l’équipe du Laboratoire d’ingénierie moléculaire d’Angers, avec ses collègues du Laboratoire des matériaux, surfaces et procédés pour la catalyse de l’université de Strasbourg, vient d’obtenir un rendement record : 1,7 % ! Ce record peut surprendre. Les cellules photovoltaïques placées sur un toit affichent généralement des rendements de l’ordre de 15 %. Pourquoi, dès lors, crier cocorico pour “seulement” 1,7 % de rendement ? Tout simplement parce que la percée réalisée en France porte sur des cellules organiques. D’accord, répondront les plus érudits dans ce domaine, mais même dans ce cas, les rendements obtenus en laboratoires frôlent les 5 %… “Contrairement au silicium cristallin, qui est inorganique et dont la production nécessite de très hautes températures, la fabrication des cellules organiques implique un faible coût financier et énergétique et un faible impact environnemental, arguments non négligeables quand on parle d’énergies renouvelables. Et en effet, leur rendement est de l’ordre de 5 %. Ce qui est neuf avec nos travaux, c’est que nous procédons sans polymères”, précise Jean Roncali, de l’équipe d’Angers. Depuis une dizaine d’années, l’essentiel des recherches en matière de cellules organiques est fondé sur l’utilisation de polymères, qui posent un certain nombre de problèmes : synthèse, purification, contrôle de la structure et des masses moléculaires… Afin de contourner ces obstacles, les chercheurs français ont préféré travailler sur d’autres types de molécules “conjuguées”. Leurs premiers prototypes ont été présentés en 2005, avec un rendement de l’ordre de 0,2 %. C’est ce rendement qui est aujourd’hui poussé à 1,7 %. Au final, ces chiffres peuvent paraître bien faibles, mais il ne faut pas perdre de vue que leur utilisation se fera sur des surfaces bien plus importantes que les actuels panneaux photovoltaïques. Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, couvrir tout un bâtiment avec une peinture dopée avec ce nouveau type de molécules ? Le faible rendement serait alors largement compensé par la surface disponible.

 

Laure Rivory
Laure Rivory
En thèse de philosophie, j'étudie parallèlement les divers freins et résistances à l'adoption de comportements favorables au développement durable, au sein de l'Agence M&C en Avignon.

Lire aussi

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

La catastrophe qui tarde : comprendre le paradoxe de l’environnementaliste

Changement climatique, effondrement de la biodiversité, pollution de l’air,...

Protéines végétales : le marché français progresse de 21% en deux ans et atteint 572 M€ en 2025

L’organisation à but non lucratif Good Food Institute Europe,...

Patricia Acensi-Ferré, fondatrice d’Envie2Résilience, pour améliorer le monde du travail

Et si les meilleures idées sur le travail venaient...

Adrien Bilal montre que les effets du dérèglement climatique sur l’économie sont bien plus importants qu’on ne le pensait

En 2024, Diego Känzig et Adrien Bilal publient une étude novatrice avec une idée est simple : changer d’approche et regarder les effets du...

Qualité de Vie et Conditions de Travail : la réponse associative pour préserver la santé mentale des entrepreneur.e.s

Le dernier baromètre de la santé physique et mentale des dirigeants de TPE – PME, réalisé par l'Ifop pour la Fondation des entrepreneurs du...

Avec CLS, l’Occitanie mise sur le spatial et l’intelligence artificielle pour préserver la biodiversité de ses espaces naturels

Chaque année, des hectares de milieux naturels se transforment sous l’effet du changement climatique, de l’urbanisation et de l’intensification des activités humaines. Sécheresses, incendies,...