Sept priorités stratégiques adoptées au G7 environnement pour construire des convergences utiles

À l’issue de deux jours de travaux à Paris, le G7 Environnement se conclut sur l’adoption de sept déclarations. « Un résultat solide et significatif » selon le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature. Dans un contexte international marqué par la montée des tensions, le durcissement des rapports de force et l’affaiblissement des compromis multilatéraux, ce résultat n’était pas acquis. Il témoigne d’un choix clair porté par la France : refuser l’impuissance, préserver l’unité du G7 et obtenir des avancées concrètes là où elles sont possibles.

Alors que les négociations environnementales se heurtent aujourd’hui à des divergences croissantes, la France a assumé une ligne de responsabilité : ne pas organiser le désaccord, mais construire des convergences utiles, en tenant fermement le cap de l’action.

Les sept déclarations adoptées traduisent cette ambition et actent des avancées substantielles autour de priorités stratégiques :

  1. Une déclaration chapeau qui reprend l’ensemble de ces accords ;
  2. Sécurité et environnement : inscription au cœur de l’agenda international du lien entre désertification, dégradation des terres, raréfaction de l’eau et déstabilisation des sociétés ;
  3. Biodiversité et financements : lancement de l’Alliance pour le financement de la nature et des peuples, pour changer d’échelle dans la mobilisation des capitaux publics et privés ;
  4. Océan : avec deux déclarations, l’une avec des engagements concrets pour améliorer la gestion effective des aires marines protégées, l’autre pour intensifier la lutte contre la pêche illégale ;
  5. Eau et santé environnementale : renforcement de la coopération face à la pression croissante sur la ressource et aux pollutions émergentes, notamment les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (appelées « PFAS ») et les microplastiques ;
  6. Adaptation et résilience : mobilisation des États autour de la résilience du secteur immobilier et de la protection des territoires face aux catastrophes naturelles.

Ces résultats traduisent une conviction forte portée par la France : l’écologie est désormais au cœur des équilibres de puissance, de stabilité et de sécurité. Elle ne peut être reléguée au second plan. Elle est une condition de souveraineté, de résilience et de protection des populations.

La dynamique engagée à Paris se poursuivra à l’occasion des prochaines échéances internationales, ainsi que dans les initiatives portées par la France dans les semaines à venir, notamment sur la réduction des émissions de méthane lors d’un événement de haut niveau le 4 mai.

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature

La France continuera d’agir pour rassembler, protéger et transformer.

« Les résultats obtenus à Paris témoignent d’une volonté partagée de maintenir le dialogue et d’avancer ensemble, malgré un contexte international plus complexe. Avec ces sept déclarations, nous faisons le choix de solutions concrètes et d’une coopération utile, au service de la protection de nos ressources, de nos territoires et de nos concitoyens. Ce G7 Environnement constitue une étape importante vers le sommet d’Evian pour continuer à structurer une action internationale à la fois réaliste, ambitieuse et durable. »

Déclaration Sécurité et environnement (traduite en français)

Désertification, dégradation des terres et sécheresse

Un engagement commun pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, facteurs aggravants des risques sécuritaires.

Nous reconnaissons que la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse constituent des défis systémiques environnementaux, économiques, sociaux et sécuritaires d’envergure mondiale, qui font peser des risques croissants sur les écosystèmes, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et hydrique, la stabilité économique et la croissance durable, en particulier dans les régions fragiles et touchées par des conflits.

Au cours des six dernières décennies, la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse ont
intensifié la concurrence pour les ressources naturelles et contribué à l’augmentation des migrations et des déplacements de population. Dans ce contexte, nous soulignons que la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, visant à atteindre des objectifs volontaires de neutralité en matière de dégradation des terres, est essentielle pour soutenir les pays touchés, protéger l’environnement, prévenir les tensions et renforcer la stabilité et la paix.

Nous constatons également que les investissements dans la restauration des terres et la résilience à la sécheresse demeure insuffisants et fragmentés. La restauration des écosystèmes terrestres dégradés et le renforcement de la résilience face à la sécheresse sont essentiels à la conservation de la biodiversité, à la sécurité alimentaire, à la création de revenus et d’emplois pour les communautés en première ligne, et au renforcement de la stabilité et de la prospérité à long terme des régions touchées.

Forts de ces évaluations partagées et de nos expériences respectives en matière de politiques environnementales, de développement et de sécurité, nous réaffirmons la nécessité de relever ces défis interdépendants par une action intégrée, coordonnée et prospective.

Nous soulignons l’importance stratégique de pleinement prendre en compte le lien entre dégradation des terres et sécurité afin de réduire les facteurs de conflit liés à la rareté des ressources, et de promouvoir la protection, la conservation, la gestion durable, la restauration et le renforcement de la résilience dans les paysages touchés, autant d’investissements essentiels pour la paix, la prospérité à long terme, la sécurité alimentaire et hydrique et l’amélioration des moyens de subsistance.

Nous reconnaissons également le rôle central des autorités locales et régionales, parmi d’autres partenaires et parties prenantes, en tant qu’acteurs clés de la prévention, de la préparation et de la réponse. Il est essentiel de promouvoir le renforcement des capacités pour atténuer les risques en cascade associés à la sécheresse et à la dégradation des terres, tout en permettant des approches plus proactives et éclairées par les risques qui offrent des opportunités pour des projets solides et une résilience accrue.

De plus, nous reconnaissons l’importance de mobiliser et d’harmoniser les capitaux publics et privés à grande échelle autour de la restauration des terres et de la résilience à la sécheresse. Il est crucial de renforcer une coordination appropriée entre les institutions financières internationales, les fonds multilatéraux pour l’environnement et les partenaires bilatéraux afin de catalyser les co-investissements aux côtés des acteurs privés dans des paysages résilients à la sécheresse. À cet égard, en nous appuyant sur les priorités des pays partenaires, nous travaillerons, le cas échéant, avec le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et d’autres fonds multilatéraux et internationaux pour l’environnement, ainsi qu’avec des instruments de financement mixte qualifiés tels que le Fonds pour la neutralité en matière de dégradation des terres (LDN) ou le Mécanisme d’investissement pour la résilience à la sécheresse (DRIF) émergent.

Le Fond pour l’Environnement Mondial (FEM) : Un acteur-clé du financement environnemental global

Des approches novatrices et coopératives peuvent contribuer à combler les lacunes et à mobiliser l’ampleur des investissements nécessaires pour faire de la restauration des terres et de la résilience à la sécheresse des piliers fondamentaux de la prospérité et de la paix. Nous encourageons tous les pays à tirer parti des mécanismes existants pour renforcer leur résilience face à la sécheresse, lutter contre la dégradation des terres et améliorer la restauration des terres.

Par cette déclaration, nous réaffirmons le rôle central de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), ainsi que nos engagements et notre détermination à faire de la protection, de la gestion durable et de la restauration des terres et des écosystèmes une priorité stratégique pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.

Ce faisant, nous visons à renforcer la résilience, à améliorer la sécurité alimentaire et hydrique, à garantir la sécurité foncière, à préserver les moyens de subsistance et à contribuer à un avenir plus stable, plus sûr et plus prospère pour tous. À cette fin, nous attendons avec intérêt la prochaine COP17 de la CNULCD, qui constituera une occasion essentielle de faire progresser les objectifs de la Convention.

– La déclaration Desertification and Security

Résultats du volet environnemental du G7 (traduite en français)

La réunion ministérielle du volet environnemental du G7, rassemblant les membres du G7 et les pays partenaires, s’est tenue les 23 et 24 avril 2026 à Paris, sous la présidence française, dans le but d’échanger des points de vue sur les enjeux environnementaux cruciaux et sur les priorités communes pour cette année importante. À cette occasion, les participants ont réaffirmé leur détermination à mener des actions concrètes, coordonnées et transformatrices pour répondre à ces enjeux cruciaux et contribuer à un avenir plus stable, plus sûr et plus prospère pour tous.

mener des actions concrètes, coordonnées et transformatrices pour contribuer à un avenir plus stable, plus sûr et plus prospère pour tous

Deux initiatives de la présidence française du G7 ont été lancées à cette occasion :

  • une Alliance « Nature et Populations » pour le financement, qui devrait contribuer à coordonner et à renforcer le financement de la protection, de la conservation et de la restauration de la nature, notamment en mobilisant un engagement accru du secteur privé et des fondations ;
  • Un partenariat pour la résilience immobilière et la prospérité (RER4P) vise à prévenir et réduire l’exposition et la vulnérabilité aux risques naturels en renforçant les synergies techniques au sein du G7 et au-delà, notamment grâce à un meilleur échange de données nationales, et à la diffusion des meilleures pratiques et solutions, y compris les solutions fondées sur la nature.

Par ailleurs, un ensemble de résultats concrets a été adopté afin de mettre l’accent sur :

  • le renforcement de la coopération en matière de gestion efficace des aires marines protégées (AMP), par la création d’une Alliance pour la gestion des AMP, afin de relever les défis communs iés au financement, à la gouvernance, au suivi et à la surveillance ;
  • l’engagement à approfondir la collaboration en matière de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, notamment en promouvant la mise en œuvre effective des cadres internationaux, en renforçant la transparence, la coopération et en soutenant les efforts de renforcement des capacités, en particulier dans les régions les plus vulnérables ;
  • la détermination à promouvoir la protection et la restauration des terres et des écosystèmes comme une priorité stratégique pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, et à souligner l’importance stratégique de reconnaître pleinement le lien entre dégradation des terres et sécurité. L’objectif est de renforcer la résilience, d’améliorer la sécurité alimentaire et hydrique, de garantir la sécurité foncière et de préserver les moyens de subsistance ;
  • l’engagement à s’appuyer sur la coalition G7 Eau et son plan de travail, réaffirmant la détermination commune à conserver, protéger, gérer durablement et restaurer les ressources en eau, notamment en détectant et en traitant les polluants de l’eau et en promouvant des solutions innovantes, y compris par l’organisation d’une Journée de l’innovation en 2026.

Une discussion a également porté sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Pacte nature 2030 du G7 et sur les possibilités d’actions supplémentaires dans le cadre du programme international pour l’environnement à l’horizon 2026.

Les travaux en cours de l’Alliance du G7 pour l’efficacité des ressources, visant à mettre en œuvre le Plan d’action de Toronto sur l’économie circulaire et l’efficacité des ressources, ont été salués, notamment les échanges techniques sur le passeport numérique des produits.

– la déclaration Environment track outcomes

Océan : améliorer la gestion des aires marines protégées et intensifier la lutte contre la pêche illégale

– la déclaration Mobilizing against IUU fishing

– la déclaration Marine Protected Areas Management Alliance

Déclaration Biodiversité et financements

Alliance pour le financement de la nature et des peuples

– la déclaration Nature & People Finance Alliance 

Partenariat pour la résilience du secteur immobilier et la prospérité (RER4P)

Lancement d’un partenariat par la présidence française du G7 visant à améliorer la résilience et réduire la vulnérabilité du secteur immobilier.

Conscients que nous détenons certains des parcs immobiliers les plus importants et les plus précieux au monde, nous reconnaissons que le cadre bâti, y compris les bâtiments résidentiels et non résidentiels, les terrains y afférents, les infrastructures et les actifs environnementaux dans nos pays et au-delà, est exposé à un large éventail de risques naturels. Ces risques croissants constituent des menaces importantes pour l’environnement, la prospérité nationale et mondiale, et le bien-être social et économique de nos populations, en particulier pour les communautés les plus vulnérables.

Nous reconnaissons la nature intrinsèquement interdisciplinaire de ces défis et leurs implications considérables. Nous soulignons par ailleurs la valeur transversale, environnementale, économique, sociale et culturelle, du renforcement de l’action collective pour prévenir et réduire, le cas échéant, l’exposition et la vulnérabilité des bâtiments, en tenant compte des terrains, infrastructures et biens environnementaux associés, aux risques naturels, par le biais de solutions environnementales, urbaines, architecturales, d’ingénierie, industrielles et de construction.

Bien que nous reconnaissions que des solutions, des politiques et des ressources sont déjà mobilisées, y compris aux niveaux national et infranational, ces efforts peuvent bénéficier de synergies renforcées, guidées par les meilleures données scientifiques disponibles, et d’une coopération accrue afin de maximiser les connaissances, la visibilité, l’efficacité et les impacts.

La présidence française du G7 lance ainsi le Partenariat Résilience Immobilière pour la Prospérité (RER4P), réaffirmant son soutien à ce nouveau partenariat ouvert et inclusif, qui réunira des représentants des secteurs public et privé, des partenaires et des parties prenantes, notamment des experts, des groupes d’engagement tels qu’Urban 7, des organisations et programmes internationaux pertinents, et la société civile, le cas échéant.

Nous soulignons l’importance de RER4P pour le renforcement de la coopération technique au sein du G7 et au-delà, notamment grâce aux échanges sur l’accessibilité des données nationales et au partage des meilleures pratiques et solutions. Cela inclut les solutions fondées sur la nature et le renforcement des synergies entre les initiatives et institutions existantes.

Nous sommes convaincus que, grâce à ce partenariat, le partage d’expériences contribuera à la protection de l’environnement, à la prospérité mondiale et au bien-être des populations.

– la déclaration Real Estate Resilience for Prosperity Partnership

Déclaration Eau et santé environnementale (traduite en français)

Action de la Coalition du G7 afin de lutter contre la pollution de l’eau

Une ambition commune pour détecter et traiter la pollution de l’eau

Forts des réalisations des récentes présidences du G7, notamment le lancement de la Coalition du G7 pour l’eau sous la présidence italienne de 2024 et l’adoption de son plan de travail triennal sous la présidence canadienne de 2025, nous réaffirmons notre détermination commune à prévenir la pollution à la source et à conserver, protéger, gérer durablement et restaurer les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques. Nous reconnaissons également les interconnexions et les co-bénéfices entre l’eau, l’énergie, l’alimentation, les écosystèmes et la prospérité à long terme.

Dans ce contexte, nous reconnaissons que la pollution de l’eau, y compris la pollution plastique et chimique, comme les PFAS, constitue un défi pour de nombreux gouvernements, autorités publiques et acteurs du secteur de l’eau dans le monde entier.

Parallèlement, le fardeau associé à la pollution de l’eau peut être considérable. Relever ce défi passe donc par un renforcement des échanges de bonnes pratiques, de la recherche scientifique et du développement des connaissances, ainsi que par un investissement soutenu dans l’innovation, les infrastructures, les ressources en eau et les stratégies de gestion des eaux usées, en s’appuyant sur les cadres internationaux pertinents.

Compte tenu de ces considérations, nous nous engageons à lutter contre la pollution de l’eau et à œuvrer, au sein de la Coalition de l’eau du G7, pour partager activement les pratiques, les connaissances, l’expertise et les solutions innovantes visant à mieux détecter et traiter la pollution, tant au sein du G7 qu’à l’échelle internationale.

Promouvoir l’innovation et la mise à l’échelle des solutions

À cet égard, nous soutiendrons les solutions et approches innovantes visant à réduire la pollution à la source, notamment les solutions fondées sur la nature, et à promouvoir une utilisation efficace de l’eau et un traitement efficace des eaux usées. Nous renforcerons également le partage et la gestion des données, l’interopérabilité des systèmes de surveillance et le développement de modèles prédictifs, d’alerte précoce et d’intervention. Conformément au Plan de travail de la Coalition de l’eau du G7, adopté lors de la réunion des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G7 à Toronto en 2025, nous allons œuvrer ensemble pour sensibiliser aux impacts des polluants de l’eau et au potentiel de solutions novatrices au sein des instances et processus internationaux pertinents, particulièrement en cette année cruciale pour l’agenda international sur l’eau.

Afin d’accélérer les progrès et de favoriser la mobilisation internationale, une Journée de l’innovation sera organisée en 2026 par les présidences du G7 et du G20 pour présenter des approches et technologies prometteuses susceptibles de contribuer à une meilleure sécurité hydrique, notamment par l’utilisation efficace des ressources, la gestion des eaux usées, la réutilisation de l’eau et des solutions pour lutter contre les polluants de l’eau. Cet événement réunira des gouvernements, des acteurs du secteur privé, des instituts de recherche et d’autres partenaires et parties prenantes concernés.

contribuer à une meilleure sécurité hydrique, par l’utilisation efficace des ressources, la gestion des eaux usées, la réutilisation de l’eau et des solutions pour lutter contre les polluants de l’eau

– la déclaration Addressing Water pollution

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttp://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

Lire aussi

Newsletter

spot_img

Sur Cdurable

Plan robuste pour l’économie française : comment réussir la transition dans l’incertitude ?

Face aux crises énergétiques qui touchent l’Europe, il est crucial d’intensifier les efforts pour décarboner la France et essentiel d’agir pour libérer notre économie...

Les Ateliers d’Éveil Citoyen : « la solution pour la paix » selon une expérimentation fondée sur les valeurs de la République

Thomas BRUN est cofondateur de la Fédération des Cafés Citoyens, Président du collectif Imagine l’Avenir et Directeur du programme Kant. Acteur engagé depuis 30...

Appel de Civipédia à mieux coopérer pour agir ensemble face aux crises

Et si la véritable transition commençait par notre capacité à coopérer ? Dans un contexte marqué par des crises écologiques, sociales et démocratiques interconnectées...