Salon de l’agriculture : avec les CIVAM une agriculture vivante et solidaire est possible

A quelques jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture, le WWF-France renouvelle son soutien aux agriculteurs des Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural (CIVAM) qui font la promotion d’une agriculture à haute valeur environnementale, dite durable, maintenant l’emploi au cœur des territoires. En rupture avec le modèle agricole intensif et productiviste, les CIVAM répondent ainsi aux nouvelles attentes environnementales de l’opinion publique et des pouvoirs publics et se révèlent être de véritables alternatives agricoles.

Vous pensiez qu’une agriculture conciliant respect de l’environnement et du consommateur, souci de solidarité territoriale et rémunération des exploitants était impossible ? Pourtant, c’est ce que font au quotidien les CIVAM.

  • une agriculture propre qui respecte les cycles naturels, la biodiversité, évite ou réduit fortement les intrants chimiques industriels et les énergies importées. Une agriculture qui réhabilite les paysages et garantit des aliments sains.

C’est cette agriculture que pratique la ferme familiale des Drouin dans la Sarthe. Producteurs de lait, les Drouin ont revu leur mode d’exploitation en valorisant le pâturage et en substituant le lupin comme complément alimentaire au soja brésilien. Ils bénéficient ainsi d’une plus grande autonomie dans leur production laitière et ont pu réduire leur empreinte écologique par l’arrêt des importations de soja.

  • une agriculture citoyenne et solidaire qui favorise le lien social, la consommation locale et respecte les écosystèmes pour les générations futures.

Dans le Gard, un producteur de viande bovine bio développe une activité de vente directe au consommateur local. En maîtrisant directement sa chaîne de distribution, il a pu concilier viande de qualité, prix attractif et traçabilité des aliments pour le consommateur.
Plus à l’Ouest, en Corrèze, la ferme des Bertrandy accueille toute l’année des enfants de banlieue parisienne afin de favoriser de nouveaux échanges entre ville et campagne. Retisser le lien entre citoyen des villes et citoyen des champs, c’est à cela que sert aussi l’activité agricole.

  • une agriculture productive et rémunératrice qui permet une meilleure autonomie des systèmes de production et une valorisation du travail et des emplois.

Les frères Gosselin, installés en élevage laitier en Basse Normandie (Calvados) ont réussi à concilier activité rémunératrice, réduction des coûts tout en se préservant du temps libre : en baissant le rendement technique des animaux (de 7 200 litres à 6 500 litres de lait par vache), ils ont pu améliorer leur revenu, maintenir une production de haute qualité et mieux profiter de leur temps libre. Pour conforter leur démarche, ils ont rejoint le réseau CIVAM depuis 6 ans pour échanger sur leurs pratiques avec d’autres agriculteurs. Ce partage entre agriculteurs est l’une des richesses du réseau CIVAM.

  • une agriculture à dimension humaine qui favorise les échanges, la mutualisation et l’initiative.

M. et Mme Follet Sinoir (84 / Vaucluse) produisent sur 27 hectares des céréales (blé, orge) et des légumes diversifiés dans leur ferme. Ils accueillent, par ailleurs, les touristes dans un gîte Panda et ont le projet de recevoir des artistes en résidence pour un essayer de faire se rapprocher agriculture et art. Leur leitmotiv : produire en respectant l’environnement, valoriser le patrimoine bâti, commercialiser en circuits courts, accueillir et sensibiliser à la richesse naturelle.

Nés il y a un demi-siècle, les CIVAM ont grandement contribué à la modernisation de l’agriculture et de ses capagnes. Aujourd’hui soutenu par le WWF-France, le réseau CIVAM représente près de 10 000 exploitants agricoles sur le territoire français. Conciliant respect de l’environnement, qualité des produits, ces acteurs du développement des territoires sont au cœur de l’agriculture de demain.

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