Le millésime 2026 s’annonce comme l’un des plus précoces de ces dernières années dans la quasi-totalité des bassins viticoles français. Les vignes ont aujourd’hui une à deux semaines d’avance selon les régions. Cette précocité pose de nombreuses questions aux vignerons pour l’adaptation au changement climatique, la gestion de l’eau et de l’énergie, la réduction de l’empreinte carbone … Dans un moment charnière pour la filière viticole, confrontée à la baisse de la consommation et à des enjeux de renouvellement des générations dans les exploitations. Terra Vitis ouvre le débat et partage ses axes de travail.

Terra Vitis ouvre le débat et partage ses axes de travail
Le 22 avril à Paris, Terra Vitis réunissait journalistes, vignerons et représentants des interprofessions autour de cette question: « Comment assurer la pérennité du vignoble à l’horizon 2050 ?« . Anne-Laure Ferroir, directrice générale de Terra Vitis, Jérôme Choblet, président du réseau et vigneron au Domaine des Herbauges, Raphaël Suire, chargé de mission Climat, Eau et Carbone chez InterLoire, et Mathieu Oudot, chef de projet carbone au Comité Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, ont partagé constats et solutions face à trois défis majeurs : réduire leur impact et s’adapter à un monde qui change, faire face à la baisse de la consommation et préparer la transmission des exploitations.

Face aux défis climatiques et énergétiques : réduire son impact et adapter ses pratiques
Changement climatique, hausse des coûts énergétiques : les vignerons doivent à la fois réduire leur empreinte carbone et adapter leurs pratiques à un climat en mutation. Terra Vitis accompagne ses adhérents sur ces deux fronts.
Sur l’éco-conception d’abord. Le conditionnement représente 40 à 50 % de l’empreinte carbone totale d’un domaine viticole et parmi ce coût environnemental, la bouteille en verre représente à elle seule 80 %. Terra Vitis a signé, en 2023, le Bottle Weight Accord initié par Sustainable Wine Roundtable, engageant ses membres à alléger leurs bouteilles de vin tranquille sous 420 g d’ici fin 2026. Résultat : sur les 300 millions de bouteilles du réseau, le poids moyen est passé de 550 à 460 g, soit près de 28 500 tonnes de CO2 économisées, l’équivalent des émissions annuelles de 7 700 foyers français. La dynamique se poursuit : Terra Vitis s’engage cette année dans une démarche similaire sur les vins effervescents.

Mais comme le rappelle Raphaël Suire (InterLoire), agir sur son empreinte carbone, ce n’est pas seulement une question de contenants. Le choix des cépages, le travail des sols ou encore les énergies utilisées sont des leviers tout aussi importants. Terra Vitis partage cette conviction et la traduit concrètement : son cahier des charges accompagne les adhérents bien au-delà du packaging, des pratiques à la vigne jusqu’à l’éco-conception des bâtiments.
Sur le volet adaptation du vignoble, Jérôme Choblet traduit cette approche dans ses choix de terrain. Il a engagé un programme de replantation de 36 hectares sur six ans avec des cépages résistants aux maladies et au gel, remplaçant 15 à 20 % de son vignoble tout en préservant la typicité des vins de Loire. Il a également adopté le HVO100 pour ses tracteurs, un carburant fabriqué à partir d’huiles végétales qui réduit les émissions liées aux travaux viticoles de 70 à 90 % par rapport au gazole classique. Pour aider ses adhérents à mesurer concrètement leur impact et identifier les postes sur lesquels agir, Terra Vitis travaille en lien étroit avec les Interprofessions. Avec le Comité des Vins de Bourgogne, un groupe pilote d’adhérents Terra Vitis en Bourgogne-Franche-Comté expérimente actuellement WinePilot, un calculateur d’empreinte carbone développé avec FoodPilot. L’outil couvre toute la chaîne, de la vigne à la mise en bouteille, et s’appuie en partie sur les données déjà collectées lors des audits Terra Vitis, ce qui facilite son adoption sur le terrain.
Parallèlement, Terra Vitis participe à des programmes collectifs comme Vitilience, porté par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). Ce projet national permet de tester en conditions réelles une combinaison de leviers concrets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique sur 20 sites répartis dans 12 régions viticoles : nouveaux cépages (ou matériel végétal), modes de taille, consigne ou encore vin en vrac… Le Château de l’Éclair, adhérent ambassadeur Terra Vitis en Beaujolais, fait partie des sites démonstrateurs.
Observer, expérimenter, partager : la force du réseau Terra Vitis
Ce qui distingue Terra Vitis, c’est sa capacité à transformer les signaux du terrain en actions collectives. Depuis plus de 25 ans, le réseau écoute ses adhérents, observe ce qui fonctionne, expérimente avec ses partenaires , IFV, INRAE, ADEME, chambres d’agriculture, interprofessions puis déploie les solutions à l’échelle de ses adhérents. C’est cette logique d’observation, d’expérimentation et de partage qui permet aux adhérents Terra Vitis d’anticiper plutôt que de subir. Et parce que ces avancées sont intégrées au cahier des charges, elles deviennent une exigence partagée par l’ensemble du réseau.
« Terra Vitis, c'est avant tout un réseau qui avance ensemble. Quand un enjeu émerge, on l'identifie, on l'expérimente avec nos partenaires, et on le déploie. C'est comme ça qu'on construit une viticulture qui dure. » - Anne-Laure Ferroir, Directrice Générale de Terra Vitis
Face à la baisse de la consommation : se renouveler pour durer
La consommation mondiale de vin a atteint en 2024 son niveau le plus bas depuis 1961 : 214 millions d’hectolitres (OIV). En France, -3,6 % en un an, dans la continuité d’une tendance engagée depuis 2017. Face à cette réalité, Terra Vitis encourage ses adhérents à faire évoluer leur modèle et le réseau est précisément là pour ça : partager les expériences de ceux qui ont osé se transformer, pour inspirer les autres. Beaucoup d’adhérents comparent Terra Vitis à une boussole : une référence qui aide à choisir la bonne direction sans perdre son identité.
partager les expériences de ceux qui ont osé se transformer, pour inspirer les autres
C’est dans cet esprit que Jérôme Choblet a lancé une gamme de vins en canette au Domaine des Herbauges, un format plus léger en empreinte carbone, qui séduit de nouveaux circuits de distribution et une clientèle plus jeune. Il a aussi développé des cuvées faiblement alcoolisées, en réponse à une demande croissante.
Ces choix illustrent une dynamique plus large que Terra Vitis préconise : diversifier son offre pour pérenniser son modèle économique. L’œnotourisme en est un autre levier : Terra Vitis l’encourage et s’assure, fidèle à son ADN, qu’il se déploie de manière durable.
Guide œnotourisme Responsable Terra Vitis 2025
Voyagez au cœur de domaines responsables !
Au-delà de l’évolution des pratiques, la certification Terra Vitis est elle-même un levier pour répondre à une tendance de fond : les consommateurs sont de plus en plus en quête de transparence et d’engagement. 59 % des consommateurs considèrent désormais la présence d’une certification responsable comme une preuve incontournable lors de l’achat d’un vin1. Preuve en est sur le terrain, au Domaine des Herbauges, la mise en avant du logo Terra Vitis sur les bouteilles s’est accompagnée d’une hausse de 13 % des ventes en grande distribution.
Les acheteurs professionnels sont également à la recherche de vins responsables. Les monopoles scandinaves ont reconnu Terra Vitis comme Démarche Responsable dès 2023. En France, Carrefour a retenu Terra Vitis comme certification agro-environnementale de référence dans son programme Act for Food, et Match l’a intégrée parmi les trois démarches reconnues dans sa gamme Nos Vins Durables.

Face au défi de la transmission : anticiper
Troisième défi, moins visible mais tout aussi décisif : dans moins de dix ans, 50 % des viticulteurs français auront plus de 60 ans, et plus de la moitié n’ont pas de repreneur identifié2. C’est toute la pérennité économique, sociale et culturelle du vignoble qui est en jeu. Sur ce sujet très personnel qu’est la transmission, la première mission du réseau est d’encourager ses adhérents à se questionner et à prendre conscience des enjeux suffisamment tôt pour agir sereinement.
Jérôme Choblet fait partie des convaincus : accompagné par le cabinet Ampelio, il a anticipé largement la transmission de son domaine, en s’associant. Une étape qu’il décrit comme décisive. Elle lui a permis de partager ses réflexions, prendre du recul et oser certaines décisions dans un contexte exigeant.
Depuis 2025, Terra Vitis est ainsi la première certification viticole à avoir intégré la préparation de la transmission dans son cahier des charges. Pour accompagner cette réflexion, Terra Vitis a publié un livret pratique « 10 conseils pour une transmission réussie », construit à partir de témoignages de vignerons cédants et repreneurs de toutes les régions de France.

Née du terrain, portée par des vignerons, Terra Vitis accompagne depuis 28 ans ceux qui font le choix d’une viticulture plus durable et plus résiliente.
Dans un contexte qui bouscule la filière, le réseau joue un rôle de catalyseur : il écoute, expérimente, partage, et traduit ces apprentissages en exigences concrètes pour l’ensemble de ses adhérents. C’est cette capacité à transformer les défis du moment en leviers collectifs qui fait de Terra Vitis un pilier de la viticulture responsable, en France comme à l’international.

Terra Vitis : de le vigne au verre, une démarche pionnière, durable et globale
L’association Terra Vitis porte aujourd’hui l’une des principales certifications de la filière viticole et la seule, à l’échelle nationale, de viticulture responsable qui respecte les grands principes du développement durable et soit reconnue par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
une viticulture durable et responsable
Au travers de la certification et de son cahier des charges précis, les adhérents Terra Vitis s’engagent jour après jour pour une viticulture durable et responsable. Chacune de leurs actions vise à trouver le meilleur équilibre possible entre le respect de l’environnement, de la société et de la durabilité économique de leurs exploitations viticoles.

- Pensée par et pour les viticulteurs : le bon sens et la connaissance du terrain guident la rédaction du cahier des charges.
- Le fruit d’une démarche pionnière : elle résulte d’un engagement de plus de 25 ans déjà
- La seule certification nationale de viticulture responsable et durable : elle est basée sur les piliers du développement durable
- Reconnue par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation : c’est une garantie de qualité pour les consommateurs et une reconnaissance du travail engagé par les adhérents
Télécharger l’annuaire des adhérents Terra Vitis certifiés en 2024
La certification Terra Vitis est la certification des viticulteurs responsables qui ont à cœur de bien faire et de toujours faire mieux.
Les actions Terra Vitis pour le respect de l’environnement

Véritable pilier de la démarche Terra Vitis, la protection de l’environnement est un engagement chevillé au corps de chacun des viticulteurs et vignerons certifiés. Cet engagement se traduit par la mise en oeuvre d’actions concrètes destinées à :
- Préserver l’eau, les sols et l’air de toute pollution
- Favoriser la biodiversité en maintenant l’équilibre naturel des sols et des écosystèmes
- Optimiser et limiter l’utilisation des ressources naturelles et des matières premières
- Veiller à la sobriété énergétique de toutes nos actions
Tous les gestes mis en place par les viticulteurs Terra Vitis sont le fruit d’une réflexion basée sur la mise en commun d’expériences individuelles, les enjeux du développement durable et notre lien indéfectible avec le terrain et ses réalités. Notre approche s’est aussi construite sur une volonté forte de pouvoir transmettre un patrimoine viticole durable aux générations futures.

7 exemples très concrets d’adaptation mis en place sur le terrain par les vignerons
Des exemples très concrets d’adaptation mis en place sur le terrain : plantation de cépages résistants, développement de vins faiblement alcoolisés, allègement des bouteilles ou encore expérimentation de nouveaux formats comme la canette …



