Questions Cdurable à ...

Patricia Acensi-Ferré, fondatrice d’Envie2Résilience, pour améliorer le monde du travail

Avec “Place au travail”, l'appel du 18 Juin à une initiative citoyenne nationale

Et si les meilleures idées sur le travail venaient de celles et ceux qui le vivent ? Envie2Résilience lance un appel national le 18 juin avec “Place au travail”, une initiative citoyenne nationale autour d’une question simple : “Quelle est votre idée pour un meilleur monde du travail ?”. Patricia Acensi-Ferré, fondatrice de l’association Envie2Résilience, veut faire remonter des propositions concrètes depuis le terrain. Elle accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

“Place au travail”, une initiative citoyenne nationale pour améliorer le monde du travail

Le travail se définit souvent à partir des réformes, des indicateurs RH, des négociations sociales ou des rapports d’experts. Mais il se comprend aussi dans des lieux beaucoup plus ordinaires : une caisse de supermarché, un atelier, un service public en tension, une équipe qui tient malgré la fatigue, une PME qui recrute difficilement, un manager pris entre objectifs et réalités humaines, un indépendant qui avance seul, un salarié qui cherche encore du sens. Peu de sujets traversent autant les vies adultes. Le travail donne une place, un revenu, une utilité, parfois une fierté. Il peut aussi fragiliser, isoler, épuiser ou révéler les limites d’une organisation.

Un appel national le 18 Juin 2026

C’est à partir de cette expérience commune qu’Envie2Résilience lance, le 18 juin 2026, dans le cadre de Préventica Rennes, “Place au travail”, une initiative citoyenne nationale autour d’une question simple : “Quelle est votre meilleure idée pour améliorer le monde du travail ?” L’enjeu n’est pas d’ajouter une journée symbolique au calendrier. Le 18 juin ouvre une démarche de fond : collecter pendant l’été des idées issues du terrain, les structurer à la rentrée, puis les porter dans le débat public auprès des acteurs politiques, syndicaux, économiques et institutionnels.

Avec “Place au travail”, Envie2Résilience part d’une conviction : chacun a une expérience du travail, donc potentiellement une idée utile à partager. Un ouvrier, une caissière, un cadre, un dirigeant, un indépendant, un agent public, un professionnel RH, un manager, une personne en recherche d’emploi ou un citoyen engagé ne vivent pas les mêmes réalités. Mais tous savent quelque chose de ce qui aide, de ce qui abîme, de ce qui manque, de ce qui pourrait être amélioré. L’appel lancé le 18 juin ne s’adresse donc pas uniquement aux experts ou aux décideurs. Il est ouvert à tous ceux qui vivent, organisent, accompagnent, encadrent, transmettent ou interrogent le travail. La contribution attendue peut être simple : une idée concrète, une action possible, une proposition réaliste à son échelle, dans son poste, son organisation, son secteur ou son territoire.

Cette approche répond à un constat posé par Envie2Résilience : le travail traverse une crise profonde faite de souffrances physiques et psychiques, de perte de sens, de ruptures de parcours, de difficultés de recrutement et de transmission, d’attractivité des métiers et de transformations liées à l’intelligence artificielle. Face à ces tensions, les réponses ne peuvent plus venir uniquement “d’en haut”, ni reposer sur un seul type d’acteurs.

Rennes, Saint-Sylvestre-Cappel, Bordeaux, Paris, Lyon : faire remonter les idées depuis les territoires

Parce que le travail ne se transforme pas seulement dans les grandes déclarations nationales, l’appel a une traduction territoriale. Le 18 juin, plusieurs rendez-vous permettront de faire émerger des idées, des ressources et des pratiques au plus près des réalités locales :

  • À Rennes, l’impulsion sera donnée au salon Préventica avec la conférence “Bâtir un monde du travail meilleur : un défi collectif et territorial”, animée par Patricia Acensi-Ferré, en présence d’acteurs économiques du territoire. L’association sera également présente pendant les trois jours du salon.
  • À Paris et Lyon, des marches seront également organisées dans l’après-midi, le long de la Seine et du Rhône, sur le même principe : réfléchir à un monde du travail meilleur, identifier des ressources activables face aux difficultés et imaginer, individuellement comme collectivement, d’autres manières de travailler.
  • À Saint-Sylvestre-Cappel, dans les Hauts-de-France, la Communauté des Résilients des Hauts-de-France, ambassadrice d’Envie2Résilience, organise une table ronde intitulée “Penser le travail autrement”, avec Henry Clety et Natacha Martel, psychologues du travail. L’objectif : ouvrir un temps de dialogue sur l’épuisement, la perte de sens, les fragilités psychiques et les manières de concevoir un travail plus humain, plus respectueux et plus vivant.
  • À Bordeaux, une marche collective “La résilience : un pas à la fois” le long de la Garonne. Pilotée par Hubert Maillard de la Morandais, président de l’association, elle réunit des adhérents bordelais autour du partage d’initiatives et de ressources, avec des regards croisés de psychopraticien, médiateur au travail et coach en bien-être.

La résilience professionnelle comme capacité d’action, pas comme concept abstrait

Questions Cdurable à Patricia Acensi-Ferré

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Le vivant, une source d’inspiration permanente

Le vivant m’apprend que rien n’est figé. Tout évolue, se transforme, se régénère — et c’est une source d’inspiration permanente dans ma manière de vivre et d’agir.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

une alimentation simple et locale
pour rester alignée avec le vivant

Je privilégie une alimentation simple, locale autant que possible, en cohérence avec le territoire dans lequel je vis aujourd’hui. C’est une manière de rester alignée avec le vivant, de soutenir des écosystèmes qui respectent la terre, et de donner du sens à des gestes du quotidien.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat idéal est un lieu ouvert,
relié à la nature et aux autres

Je vis aujourd’hui à Saint-Gonlay, près de la forêt de Brocéliande, après des années passées à Paris et à Lyon. Ce changement de cadre de vie est important : il me rapproche du vivant et m’aide à retrouver un rythme plus juste.
 Mon habitat idéal est un lieu ouvert, relié à la nature et aux autres, où l’on peut à la fois se ressourcer et créer du lien. Un espace qui favorise la coopération, à l’image des écosystèmes naturels.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le yoga et le badminton font partie de mes équilibres

Le yoga m’aide à me recentrer, à écouter mon corps et à réguler mes émotions. Le badminton, lui, apporte mouvement, énergie et lien aux autres. Ces deux pratiques, complémentaires, participent à mon équilibre physique et mental.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Mon parcours, des institutions publiques à l’entrepreneuriat puis à l’engagement associatif

Mon parcours, des institutions publiques à l’entrepreneuriat puis à l’engagement associatif, m’a permis de comprendre les systèmes de l’intérieur. Mais ce sont surtout les expériences vécues et les parcours de résilience qui ont transformé ma manière d’agir. C’est de là qu’est née Envie2Résilience : une conviction simple que nos difficultés ne sont pas des impasses, mais des matières à transformer. Aujourd’hui, nous faisons de ces vulnérabilités une ressource collective pour réinventer le travail. Mes difficultés ne sont pas des impasses, mais des matières à transformer.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Le travail est une place publique du vivant

Pour moi, le travail est une place publique du vivant. 
Un lieu où l’on peut se rencontrer, débattre, coopérer, créer du lien et contribuer à quelque chose de plus grand que soi. Je porte une vision inspirée de la permaculture : faire germer nos idées à partir de nos expériences, reconnaître que nos vulnérabilités sont des ressources, composter nos erreurs pour en faire des apprentissages fertiles. Le travail peut ainsi devenir un écosystème où l’on régénère plutôt qu’on épuise.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

la vraie question est celle de notre énergie intérieure : comment la préserver, comment la régénérer

Je suis attentive à la manière dont j’utilise l’énergie, qu’elle soit matérielle ou humaine.
 Mais au-delà des choix techniques, la vraie question est celle de notre énergie intérieure : comment la préserver, comment la régénérer. Vivre près de la nature m’aide à mieux respecter ces équilibres et à sortir de logiques d’épuisement.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Le travail est un bien commun, et sa transformation est une responsabilité collective

Mon engagement repose sur une conviction forte : le travail est un bien commun, et sa transformation est une responsabilité collective. Avec Envie2Résilience, j’agis pour équiper celles et ceux qui sont en première ligne — salariés, managers, agents publics — afin qu’ils ne soient plus seulement dans la survie ou la résistance, mais dans une contribution durable. Aujourd’hui, il existe une vraie fracture :
 à la base des organisations, on voit 100 % des problèmes ;
 au sommet, parfois à peine 4 %, et l’illusion que tout va bien peut persister. Mon rôle est de recréer du lien entre ces deux réalités, mais aussi de décloisonner.
 Décloisonner les niveaux hiérarchiques, les métiers, les mondes qui ne se parlent plus — pour remettre de la relation concrète, de l’écoute et des moyens d’agir partagés. Par la formation, le plaidoyer et l’action de terrain, je transforme les expériences vécues en leviers d’engagement collectif, au service d’un travail plus humain, plus juste et plus soutenable.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

la transformation du travail ne peut se faire que collectivement

Je construis des ponts entre des univers différents : entreprises, institutions, acteurs du soin, citoyens. 
Je crois profondément que la transformation du travail ne peut se faire que collectivement. Mon rôle est souvent d’ouvrir des espaces de dialogue et de coopération, à l’image de ce que l’on observe dans les écosystèmes vivants.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Mon idée est simple : 

réapprendre à travailler comme des humains,
ensemble

Nous voyons aujourd’hui les limites d’un modèle qui épuise et isole. Pourtant, le travail est un bien commun, au cœur de nos vies et de notre société. Avec l’appel du 18 juin, nous faisons un choix :
 ne plus subir, mais contribuer. Ne plus tenir, mais durer.
Chacun a une expérience du travail, donc chacun peut avoir une idée utile. 
C’est pourquoi nous posons cette question :
 “Qu’est-ce que je peux améliorer, moi, dans le travail ?

Je crois au colibri conscient :
 agir, oui — mais agir ensemble, de manière reliée, structurée et durable. Rejoignez-nous.
 Partagez votre idée. Contribuez à votre échelle. Parce que c’est en partant du réel et en faisant collectif que nous pourrons construire un travail plus humain, plus juste et plus soutenable. Place au travail.

Cyrille Souche
Cyrille Souchehttp://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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