La forêt en France s’étend depuis plus d’un siècle et couvre aujourd’hui 32 % du territoire national. Elle nous fournit du bois, des produits variés et des services, génère des emplois, constitue un lieu de loisirs et contribue à nous protéger contre les risques naturels. C’est également un écosystème complexe, riche en biodiversité, mais fragile, confronté à des pressions exacerbées par le changement climatique. Une gestion durable des forêts est destinée à garantir la pérennité de leurs multiples fonctions.

Le cadre de la gestion durable des forêts
La gestion durable des forêts françaises s’inscrit dans un cadre européen et national structuré depuis les années 1990. Le concept repose sur la définition adoptée lors de la Conférence ministérielle pour la protection des forêts d’Helsinki (1993), selon laquelle une forêt est gérée durablement lorsqu’elle est exploitée de manière à préserver sa biodiversité, sa productivité, sa capacité de régénération, sa vitalité et son potentiel à remplir aujourd’hui et demain des fonctions écologiques, économiques et sociales.
Des indicateurs pour évaluer l’état, l’évolution et la gestion des forêts
La France évalue tous les 5 ans la gestion de ses forêts au travers d’un bouquet d’une cinquantaine d’indicateurs paneuropéens. Les indicateurs de gestion durable (IGD) sont un outil essentiel pour comprendre, suivre et orienter la gestion des forêts. Ils donnent une vision globale et objective de l’état des écosystèmes forestiers et de leurs évolutions au cours des 30 dernières années.

Les indicateurs décrivent :
- La surface des forêts et la ressource en bois, dont le suivi est essentiel pour comprendre la place de la forêt dans le territoire et son rôle dans la lutte contre le changement climatique ;
- L’état de santé des forêts, confrontées à des menaces comme les tempêtes, sècheresses, maladies ou incendies ;
- Les produits issus des forêts, qui fournissent du bois mais également d’autres produits comme le liège, le miel, etc. ;
- La diversité biologique, car la forêt est un écosystème constitué d’un ensemble complexe d’espèces qui interagissent entre elles ;
- Le rôle de protection des forêts, qui contribuent à nous protéger contre les risques naturels, à protéger les sols et la qualité de l’eau ;
- La place économique de la filière forêt-bois, qui, en transformant le produit bois, est pourvoyeuse d’emplois et génératrice de richesse, ainsi que l’importance des forêts comme espaces de loisirs et de bien-être.
Les indicateurs de gestion durable poursuivent plusieurs objectifs :
- Évaluer les pratiques sylvicoles : ils servent à vérifier que les modes de gestion appliqués respectent les principes de durabilité : renouvellement des peuplements, équilibre sylvo-cynégétique, protection d’espaces sensibles, etc. ;
- Orienter les politiques publiques : les indicateurs alimentent les stratégies nationales sur l’adaptation des forêts au changement climatique, le soutien à la filière bois, la prévention des risques naturels, la protection de la biodiversité ;
- Informer le public et les professionnels : ils contribuent à rendre les informations sur l’état des forêts plus transparentes. Ils permettent de communiquer sur l’évolution des forêts françaises, les enjeux de biodiversité, le rôle du bois dans la transition écologique, ainsi que sur la vulnérabilité des forêts face aux risques tels que les incendies, les tempêtes ou les dépérissements.
Les 6 critères de gestion durable des forêts
Diversité biologique des forêts
Les écosystèmes forestiers abritent des communautés animales et végétales riches et diversifiées au sein desquelles se tisse un réseau complexe d’interactions. Une gestion forestière durable a vocation à préserver l’intégrité de l’écosystème et sa diversité biologique dans toutes ses composantes.

Fonctions de production des forêts
Production de biens et de services marchands, en quantité et en valeur, et évaluation du caractère renouvelable de ces productions dans le cadre d’une gestion multifonctionnelle de la forêt.

Fonctions de protection des forêts
Les forêts contribuent à protéger les humains et les milieux des impacts des aléas et risques naturels : régulation du climat local, protection des sols contre l’érosion, maintien de la qualité de l’eau, fourniture d’un cadre de vie des populations, etc.

Fonctions socio-économiques des forêts
Place des forêts dans l’économie (emploi, entreprises, formations) et importance des forêts comme espaces de loisirs et patrimoine culturel

Ressources forestières en bois et carbone
État et évolutions récentes de la surface des forêts, répartition sur le territoire national, volume de bois sur pied et essences présentes dans les forêts, et rôle dans l’atténuation de l’effet de serre

Santé et vitalité des forêts
État de santé des forêts, et différentes menaces qui pèsent sur la forêt : tempêtes, sècheresses, incendies, insectes et maladies.

Synthèse des Indicateurs de Gestion Durable (IGD) des forêts

France Forêt 2100 : une start-up d’État pour financer la restauration des massifs touchés
Mobilisation nationale pour accélérer la restauration des massifs touchés, renforcer leur résilience et mobiliser les citoyens

l’État lance « France Forêt 2100 » face à l’urgence climatique
Ce qu’il faut savoir pour agir
Le constat est sans appel : près de 40 000 hectares de forêts sont déjà partis en fumée depuis janvier 2026, un bilan qui dépasse déjà celui de toute l’année 2025. Face à cette accélération, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a réuni le 21 juillet à l’Hôtel de Roquelaure les acteurs publics, privés et associatifs de la filière forêt-bois pour engager une nouvelle étape de mobilisation nationale.
Une nouvelle start-up d’État pour orienter les financements
Mesure phare de cette réunion : la création de France Forêt 2100, une start-up d’État chargée de mettre en relation porteurs de projets et financeurs, publics comme privés. Son rôle : fédérer les initiatives existantes et orienter les fonds1 vers des actions concrètes de restauration, de renouvellement et d’adaptation des massifs.
Diversifier les leviers financiers
Plusieurs pistes sont posées pour élargir les sources de financement :
- une évolution du Label bas-carbone pour mieux soutenir les opérations de régénération forestière ;
- le développement des crédits biodiversité, valorisant les services rendus par les écosystèmes ;
- un Loto de la biodiversité dédié à la forêt, pour permettre à chacun de contribuer financièrement à sa préservation.
Côté renouvellement, les parcelles touchées par le nématode du pin deviendront éligibles aux aides, et le seuil de dépérissement ouvrant droit aux dispositifs sera relevé à 40 %, pour concentrer les moyens sur les forêts les plus fragilisées.
La mobilisation citoyenne au cœur du dispositif
9 feux sur 10 étant d’origine humaine, la prévention reste la première ligne de défense. Le gouvernement annonce 1 500 services civiques écologiques supplémentaires en 2026 (soit 10 000 volontaires au total), en partie affectés à la sensibilisation du public dans les espaces naturels.
Un nouveau label, « Réserve verte », doit prochainement identifier et fédérer les initiatives associatives et citoyennes déjà engagées pour la protection des forêts — une reconnaissance de l’élan de solidarité observé lors des derniers incendies.

Pourquoi c’est important
Restaurer un hectare de forêt coûte entre 5 000 et 10 000 euros. À l’échelle des dizaines de milliers d’hectares déjà brûlés, l’enjeu financier est considérable — et c’est bien l’ensemble du patrimoine forestier français qui doit désormais s’adapter au changement climatique, pas seulement les zones sinistrées.
À suivre : un point d’étape est prévu en septembre pour évaluer les premiers résultats de cette mobilisation.
Source : Communiqué du ministère de la Transition écologique, 21 juillet 2026
- L’État annonce un programme budgétaire spécifiquement dédié à la forêt à partir de 2027, avec un fléchage de 100 millions d’euros issus de la hausse du Fonds vert (porté à 1 milliard d’euros) pour l’adaptation des massifs — zones tampons notamment. Ces montants s’ajoutent aux quelque 100 millions d’euros déjà consacrés en 2026 à la planification écologique forestière. ↩︎


