Ce dossier de la MEB – Mission économie de la biodiversité « Un geste après l’autre » est une approche basée sur les pratiques en milieux agricoles et forestiers pour définir un cadre d’application dans des stratégies biodiversité et de mise en œuvre d’actions de restauration des écosystèmes.

Résumé
Une approche qui place les pratiques agricoles et forestières comme socle de méthodes d’évaluation de potentiel de biodiversité : définition d’un cadre et analyse du potentiel d’usage dans le pilotage et la construction de stratégies biodiversité.


La tension existante entre besoin de production agricole et forestière, d’une part, restauration et préservation de ces milieux, d’autre part, demande des leviers concrets, facilement appropriables et qui permettent d’agir vite et à grande échelle.
Les approches qui se basent sur les pratiques agricoles peuvent répondre à ces besoins. Elles placent les itinéraires de gestion – et ceux qui les mettent en œuvre – au centre des méthodologies d’évaluation d’impacts et de potentiel de biodiversité sur les écosystèmes productifs.
Cette publication propose un cadre à cette approche basée sur les pratiques, en interrogeant ses avantages et limites, pour ensuite présenter le potentiel de cette approche à s’intégrer dans les actions et stratégies biodiversité d’acteurs privés, et ses moyens pour participer à l’atteinte d’objectifs de restauration et s’inscrire dans le développement d’outils économiques comme les certificats biodiversité.
Plusieurs témoignages d’acteurs de la recherche, du privé et de l’associatif montrent une diversité d’approches possibles en se basant sur les pratiques agricoles et forestières pour restaurer ces milieux.

L’approche biodiversité par les pratiques
L’approche par les pratiques trouve son origine dans l’intuition que pour aider l’action en faveur de la biodiversité, il faut partir de ce que les acteurs de terrain connaissent, c’est-à-dire leurs pratiques quotidiennes.
Une nouvelle génération d’outils et d’expériences basés sur les pratiques

- ➡️ Définir ce qu’est une approche par les pratiques, les types d’indicateurs biodiversité mobilisés et faciliter leur choix par les acteurs. Les avantages et limites de cette approche sont étudiés à la lumière de ce cadre ;
- ➡️ Réfléchir à l’intégration d’outils ou d’indicateurs basés sur les pratiques dans le pilotage et la construction d’une stratégie biodiversité ;
- ➡️ Interroger l’usage de grilles de pratiques dans des politiques publiques ou privées, par exemple pour l’atteinte d’objectifs de restauration, et s’inscrire dans le développement d’outils économiques comme les certificats biodiversité ;
- ➡️ 6 témoignages illustrent comment des acteurs privés, de la recherche ou associatifs mettent les pratiques agricoles ou forestières au centre de leurs projets de développement méthodologiques ou d’actions.
- Les témoins : Romain Julliard du Muséum national d’Histoire naturelle, Benjamin d’Hardemare de l’Organization for Biodiversity Certificates, Antoine Vedrenne de Citizen Capital, Morgane Yvergniaux, Nicolas Chauvel, Thomas Emery de Pernod Ricard, Sarah COLOMBIE de BNP Paribas, Jean-Christophe BENOIT de CDC Biodiversité.

AgriBEST® est un outil gratuit, accessible en ligne, qui a été développé par CDC Biodiversité et La Coopération Agricole Ouest. Il s’adresse aux exploitants agricoles et permet de mieux comprendre et évaluer les effets des pratiques agricoles sur la biodiversité à l’échelle de l’exploitation, d’identifier les services écosystémiques fournis sur l’exploitation et de visualiser des voies de progrès pour favoriser la préservation et la restauration de la biodiversité.
L’évaluation de la capacité d’accueil de la biodiversité prend la forme d’un autodiagnostic que l’agriculteur peut remplir en 30 à 45 minutes. L’autodiagnostic se structure en 15 facteurs qui représentent les principales caractéristiques de l’exploitation et des pratiques mises en œuvre, les facteurs étant les mêmes pour tout type de production et territoire.


