Face aux partisans du backlash écologique et aux multiples reculs, le mouvement Climat est toujours vivant, avec la multiplication des mobilisations de citoyens pour le climat et la justice partout sur le terrain. Après deux jours de Rencontres des mouvements Climat, 69 organisations de la société civile se mobilisent autour d’un appel à la résistance démocratique, sociale et écologique : “Nous sommes fiers, combatifs et plus nombreux que jamais, dans notre diversité et dans nos alliances”.

Appel à la résistance démocratique, sociale et écologique
Nous sommes fiers, combatifs et plus nombreux que jamais, dans notre diversité et dans nos alliances
69 organisations des mouvements Climat appellent à la mobilisation
Records de chaleur meurtriers et cyclones dévastateurs, conflits pour l’accès à l’eau, reculs des politiques publiques de transition écologique et juste, montée de régimes autoritaires et multiples violations du droit international, attaques contre les défenseurs et défenseuses de l’environnement et renforcement des inégalités environnementales que subissent les populations les plus vulnérables, l’heure est grave pour les mouvements climat. C’est face à ce contexte que nous, actrices et acteurs de la société civile de la transition écologique et sociale, réunis les 19 et 20 juin 2026 lors des Rencontres des mouvements Climat à Paris, lançons cet appel à la résistance.
La situation politique nationale et internationale, instable et préoccupante, est marquée par une détérioration des équilibres démocratiques, le dénigrement de la science, une concentration des médias menaçant leur indépendance et la montée de discours de repli. Dans le même temps, notre système économique favorise toujours plus les profits à court terme pour un petit nombre de personnes au détriment des conditions de vie dignes de la majorité de la population. Ce contexte dégrade les capacités d’actions de la société civile pour lutter contre le réchauffement climatique et permettre aux populations les plus vulnérables d’accéder à des conditions de vie dignes et des moyens convenables d’existence et d’accéder aux solutions de transition écologique.
Les menaces pesant sur la résilience des structures associatives et militantes elles-mêmes s’accentuent également (menaces sur les libertés associatives, coupes budgétaires, instauration d’un climat de peur et d’intimidations, etc.), renforçant les inégalités environnementales subies par les personnes racisées, en situation de pauvreté, les femmes et les minorités de genre. Qu’adviendra-t-il de la société civile si le contexte, déjà délétère, s’aggravait du fait de bascules politiques possibles en 2027 ?
Pour toutes ces raisons, les actrices et les acteurs des mouvements Climat ne doivent pas faiblir. Nous pouvons faire de l’espoir une puissance d’action, faire de la transition écologique une source d’émancipation, de justice et de protection, et nous renforcer collectivement pour affronter les défis et saisir les opportunités des mois et années à venir. Nous avons les moyens d’être forts aujourd’hui et résilients pour demain.
C’est pourquoi l’ensemble des organisations des mouvements Climat est en ordre de marche pour résister :
- Faisons preuve de solidarité, plus que jamais, vis-à-vis de la population dans toutes ses composantes, et notamment les minorités oppressées (personnes racisées, en situation de pauvreté, femmes et minorités de genre) : la solidarité doit rester un pan central de notre action.
- Dénonçons, chaque fois que cela est possible, l’obscurantisme, le racisme, le patriarcat, le négationnisme climatique ou encore la corruption, dont la montée est une menace pour les droits de tous, mais aussi pour les médias, les lieux de représentation démocratique et les plus hauts niveaux de décision de l’Etat.
- Opposons-nous, encore, à ce système économique d’accumulation des profits, de courtterme, privilégiant une minorité.
- Renforçons nos liens et les actes d’entraide avec les acteurs essentiels d’une société démocratique et juste : les chercheurs et chercheuses, les syndicats de travailleurs et travailleuses, ainsi que l’ensemble des acteurs de la société civile œuvrant pour une société plus solidaire et un monde préservé. Notre force réside dans cette diversité.
- Augmentons notre puissance d’action en demandant une meilleure reconnaissance du rôle des actrices et des acteurs de la justice sociale et climatique dans le fonctionnement de notre société et le respect de leurs droits et la protection de leurs ressources financières.
Ne laissons aucune force mettre en péril les droits humains fondamentaux, les acquis sociaux gagnés de haute lutte, et les équilibres environnementaux dont notre survie dépend directement. Nous devons lutter de concert contre les montées de l’obscurantisme, de la désinformation, des discriminations et des attaques contre les actes de solidarité. Nous sommes fiers, combatifs et plus nombreux que jamais, dans notre diversité et dans nos alliances. On ne lâche rien.
L’appel a été signé par des associations de différents horizons, par exemple Commerce Équitable France, Emmaüs France, Enercoop, Fédération française des Usagères et Usagers de la Bicyclette, France Nature Environnement, Mouvement pour l’Économie Solidaire, Action Santé Mondiale, AVF (Association Végétarienne de France), ATD Quart-MondeReclaim Finance et le Réseau Action Climat-France.
Liste des signataires
- 350.org
- Actes et Cités
- Action contre la Faim
- Action Justice Climat Paris
- Action non-violente COP21
- Action Santé Mondiale
- ActionAid France
- Agir pour l’environnement
- Alda
- Alofa Tuvalu
- Alternatiba
- Amnesty International France
- Attac France
- AVF (Association Végétarienne de France)
- ATD Quart-Monde
- Bio Consom’acteurs
- BLOOM
- CCFD-Terre Solidaire
- Citoyens pour le Climat
- CIWF France
- Commerce Equitable France
- Déclic collectif
- EKO!
- Emmaüs France
- Emmaüs International
- Enercoop
- Energie Partagée
- ESS France
- Fédération Artisans du Monde
- Fédération française des Usagères et Usagers de la Bicyclette
- Foodwatch France
- France Nature Environnement
- Fridays For Future France
- Frugalité heureuse et créative
- Générations Futures
- Greenpeace France
- Gret
- Institut pour la Conception Ecoresponsable du Bâti
- JAC (Jeunesse Ambassadrice pour le Climat et la Biodiversité)
- L’Heureux Cyclage – Réseau des ateliers participatifs et solidaires
- La Communauté Ecotable
- LDH (Ligue des droits de l’Homme / droits humains)
- Les Amis de la Terre France
- Les Désobéissants / La Boutique militante
- Les Petits Débrouillards
- Lutte et Contemplation
- Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités Hauts de France
- Manifestation Alternatif France
- Mouvement pour l’Économie Solidaire
- Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)
- Notre Affaire À Tous
- ONAV (Observatoire National des Alimentations Végétales)
- Oxfam France
- Pour un réveil écologique
- Reclaim Finance
- Réseau Action Climat-France
- Réseau Cler
- Réseau “Sortir du nucléaire”
- RESES (Réseau Étudiant pour une Société Écologique et Solidaire)
- Résistance à l’Agression Publicitaire
- Rester sur Terre
- Seastemik
- SOL
- Terre de Liens
- Terre Vivante à Vélo
- Union syndicale Solidaires
- WECF (Women Engage for a Common Future)
- Zero Waste France
Militer sans s’épuiser, une acte de résistance démocratique
Le 06 octobre 2026, le Mouvement Colibris a organisé une webconférence pour présenter les premières conclusions de la Recherche-action participative qu’il co-anime avec le Mouvement pour l’Économie Solidaire, l’association Allumeuses et des chercheurs et chercheuses, avec le soutien du Fonds de Développement de la Vie Associative. Le tout, dans un contexte marqué par les conséquences d’un été caniculaire catastrophique, d’une crise sociale forte et d’une rentrée politique et sociale sous pression.

Plus de 8 000 morts, des millions d’animaux disparus, des dizaines de milliers d’hectares brûlés. L’été 2026 nous l’a rappelé avec violence que la catastrophe écologique n’a rien de naturel. Elle est le résultat de choix politiques, ceux d’une économie néolibérale et d’un système capitalisme oppresseur qui épuisent la Terre autant que l’ensemble du vivant. Cet épuisement touche aussi celles et ceux qui militent et s’engagent sur des missions d’intérêt général, dans des associations qui doivent répondre à plus de besoins, avec toujours moins de moyens. Pour comprendre et dépasser cette double érosion, le Mouvement Colibris a rejoint la Recherche-action NMSE, aux côtés du Mouvement pour l’Économie Solidaire, de l’association Allumeuses et de chercheur·ses. Lors de la webconférence du 06 octobre dernier, les six intervenant·es en ont partagé les premiers résultats.
Les points clefs à retenir de la webconférence :
- Montrer la valeur, pas seulement la mesurer. Donner à voir tout ce que produisent les organisations de la transition au-delà du monétaire mais aussi, comme le souligne Marie-Laure Guislain, évaluer le sensible : le lien créé, invisible « sans quoi nos luttes ne seraient pas pérennes ».
- Financer les communs. Convaincre les financeur·ses de soutenir la coopération elle-même, et s’allier dans des projets collectifs pour chercher des financements ensemble.
- Se former sans s’imposer. « Y aller progressivement », conseille Valérie Corbière. La formation des bénévoles reste une négociation avec chaque groupe local, rappelle Éric Favre.
- Documenter la critique et savoir dire non. Pour Jean-Louis Laville, les modes d’évaluation imposés dans l’action sociale sont « antinomiques avec la reconnaissance des professionnels et des usagères et usagers ».
- Face à l’extrême droite, s’organiser avant qu’il ne soit trop tard. Gaël Louesdon alerte sur le risque de « révolution nationaliste-identitaire » que préparerait le Rassemblement national au regard des votes à l’Assemblée et des décisions prises dans les municipalités sous son contrôle.
- Remettre le soin au cœur. Pour Marie-Laure Guislain, une chose est claire : « On peut avoir les meilleures stratégies de transformation du monde, si on ne sait pas bien fonctionner ensemble, on n’y arrivera pas. » Et quand le mot « soin » pose question, commencer par des petits pas, comme le fait de proposer une réunion sur la gouvernance, la stratégie ou les espaces d’écoute, et réfléchir ensemble.

