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Et si nous faisions simplement de la place ?


5 films pour s'ouvrir à l'inconnu et l'inattendu

Le vide n’est peut-être pas si vide… Nous avons souvent tendance à vouloir remplir. Nos journées, nos maisons, nos agendas, nos silences, nos pensées. Une minute sans activité devient une occasion de regarder un écran. Un espace libre appelle un objet. Une question appelle immédiatement une réponse. Comme si laisser de la place signifiait forcément qu’il manquait quelque chose. Pourtant, ce que nous ne voyons pas, ce que nous ne comprenons pas encore ou ce qui semble vide n’est pas nécessairement insignifiant.

Peut-être avons-nous simplement besoin de laisser un peu de place à l’inconnu.


Tout ce que nous ne voyons pas


Lorsque nous regardons le ciel, nous pouvons avoir l’impression de contempler une immensité presque vide, ponctuée d’étoiles, de planètes et de galaxies. La réalité que nous décrit aujourd’hui la cosmologie est beaucoup plus étonnante. Selon les estimations actuelles, toute la matière ordinaire que nous connaissons – celle dont sont faits les étoiles, les planètes, nos corps et tout ce que nous pouvons directement observer – représente moins de 5 % du contenu de l’Univers. 
 Cela ne signifie évidemment pas que « le vide » serait simplement rempli de matière noire ou d’énergie noire. Les réalités physiques sont beaucoup plus complexes. Mais cette découverte nous rappelle quelque chose d’essentiel :

Ce que nous connaissons n’est qu’une partie de ce qui existe.


Nous avons énormément appris. Il nous reste énormément à découvrir. Et c’est peut-être une très bonne nouvelle. Retrouver le droit de dire « je ne sais pas »
. Nous vivons dans une époque où il semble parfois nécessaire d’avoir un avis sur tout, immédiatement.

Une information apparaît, nous devons réagir. Une question est posée, nous cherchons une réponse. Deux possibilités s’opposent, nous devons choisir notre camp. Pourtant, entre « j’y crois » et « je n’y crois pas », il existe toujours une troisième possibilité : « Je ne sais pas encore. Regardons ».
 Ce n’est pas renoncer à comprendre. C’est exactement l’inverse.
 La recherche scientifique avance ainsi depuis toujours : une observation conduit à une hypothèse, une expérience confirme ou contredit cette hypothèse, une découverte ouvre de nouvelles questions.


La Fièvre des Particules raconte merveilleusement cette aventure humaine. Six scientifiques cherchent à comprendre les mécanismes fondamentaux de l’Univers et nous entraînent vers l’infiniment petit. Derrière les machines, les théories et les équations apparaît surtout quelque chose de profondément humain : la curiosité.

Plus nous découvrons, plus l’horizon s’élargit.

Le mystère ne disparaît pas forcément. Il change simplement de forme.


Faire de la place n’est pas renoncer


Dans notre quotidien, laisser de la place peut aussi sembler difficile. Nous avons appris à optimiser, organiser, accumuler, anticiper. Pourtant, tous les espaces ne demandent pas à être remplis. Un silence peut permettre d’écouter. Un moment sans programme peut faire naître une idée. Un terrain laissé tranquille peut accueillir une plante que personne n’avait semée. Une discussion sans conclusion immédiate peut permettre à deux personnes de continuer à réfléchir.
 Faire de la place ne signifie donc pas forcément retirer. Cela peut signifier rendre possible.
 Permettre à quelque chose que nous n’avions pas prévu d’apparaître. Une idée. Une rencontre. Un désir. Une autre façon de regarder ce que nous pensions déjà connaître.


Faire une place à ce qui ne nous ressemble pas

Cette idée vaut également dans nos relations. Nous avons naturellement tendance à nous rapprocher de ceux qui pensent comme nous, vivent comme nous ou confirment ce que nous croyons déjà. Mais si nous remplissons tout l’espace avec nos propres certitudes, que reste-t-il pour l’autre ?
 Faire de la place, c’est peut-être aussi accepter qu’une autre expérience du monde puisse exister sans nécessairement remettre la nôtre en danger.

Écouter n’oblige pas à approuver.
Questionner ne signifie pas croire.

Garder l’esprit ouvert ne demande jamais d’abandonner son esprit critique. Nous pouvons simplement laisser suffisamment d’espace pour regarder avant de conclure.

C’est aussi ce qui nous intéresse depuis près de quarante ans chez Jupiter Films : proposer des films qui ne donnent pas tous les mêmes réponses et qui, quelquefois, posent davantage de questions qu’ils n’en résolvent. Un film peut être une fenêtre. À chacun ensuite de décider s’il souhaite regarder à travers.
 L’extérieur… et l’intérieur L’inconnu n’est d’ailleurs pas seulement devant nous ou au-dessus de nos têtes. Il est aussi en nous.

La Danse de l’Infini explore justement cette autre dimension, à la rencontre de la psychologie, de l’art et de différentes approches spirituelles de l’être humain. Le film propose l’idée d’un potentiel intérieur beaucoup plus vaste que celui que nous nous accordons habituellement. Il ne s’agit pas de confondre les démarches. Une hypothèse scientifique, une expérience intérieure, une intuition artistique ou une réflexion philosophique n’obéissent pas aux mêmes méthodes de validation. Mais elles peuvent chacune ouvrir un espace de questionnement. Peut-être avons-nous besoin des deux mouvements :

Regarder toujours plus loin dans l’Univers et, quelquefois, regarder un peu plus profondément en nous-mêmes

Laisser une place à l’impossible

Il existe aussi ces choses que nous écartons avant même d’avoir essayé. « Ce n’est pas pour moi » ; « Je n’en suis pas capable » ; « C’est trop tard » ; « C’est impossible »
. Puis quelqu’un tente.
 Dans Au-delà des Sommets, trois alpinistes suivent les traces de Bradford Washburn dans les montagnes d’Alaska et poursuivent un rêve particulièrement ambitieux. Derrière l’aventure et les paysages spectaculaires, le film questionne surtout ce qui nous pousse à explorer, à nous dépasser et à faire une place à une possibilité avant même de savoir si nous pourrons l’atteindre.

Imaginer ne garantit pas de réussir. Mais il est difficile de construire quelque chose auquel nous n’avons jamais laissé la moindre place.


Laisser revenir ce que nous pensions perdu

Faire de la place ne signifie pas uniquement regarder vers l’avenir. Cela peut aussi permettre à quelque chose du passé de revenir autrement. Une chanson. Une mémoire. Un savoir. Une histoire familiale.

Dans Deux Chevaux de Gengis Khan, la recherche d’une mélodie perdue devient ainsi beaucoup plus qu’une quête musicale. Elle fait apparaître tout ce qui peut voyager entre les générations et continuer à vivre lorsque nous lui laissons un espace dans le présent. Nous ne sommes pas obligés de choisir entre avancer et nous souvenir.

Le passé peut
nourrir le présent
sans l’enfermer

Et si notre perception elle-même laissait des espaces ?

Nous percevons le monde à travers nos sens, notre éducation, nos expériences et les connaissances que nous avons accumulées. Cette perception est indispensable. Elle reste pourtant partielle. Perceptions choisit justement d’explorer l’idée que notre manière habituelle d’appréhender le monde pourrait ne pas épuiser toutes les possibilités de l’expérience humaine. Le film aborde notamment des phénomènes présentés comme extrasensoriels, un domaine qui appelle naturellement curiosité, prudence et esprit critique.

L’intérêt d’un tel sujet n’est peut-être pas de décider immédiatement s’il faut croire ou rejeter.
 Il peut simplement être de demander :

  • Que savons-nous vraiment ?
  • Qu’avons-nous vérifié ?
  • Qu’est-ce qui relève d’une expérience personnelle ?
  • Qu’est-ce qui peut être reproduit ?
  • Qu’est-ce qui reste encore à comprendre ?

Faire de la place à une question ne nous oblige jamais à accepter sa réponse







Cinq films, cinq espaces à ouvrir


  1. La Fièvre des Particules ouvre un espace vers l’infiniment petit et tout ce que la science cherche encore à comprendre.

  2. La Danse de l’Infini ouvre un espace vers notre monde intérieur et les possibilités que nous nous accordons rarement.

  3. Au-delà des Sommets ouvre un espace à l’exploration, au rêve et au dépassement.

  4. Deux Chevaux de Gengis Khan ouvre un espace à la mémoire, aux racines et à ce que nous pensions perdu.

  5. Perceptions ouvre un espace à la question elle-même : que voyons-nous réellement du monde qui nous entoure ?


Ils ne racontent pas la même chose. C’est précisément ce qui nous intéresse. Laisser une porte ouverte
. Nous passons une grande partie de notre existence à chercher des réponses. Heureusement. Mais peut-être pouvons-nous aussi préserver quelques espaces où la réponse n’est pas encore arrivée.
 Un espace pour respirer. Pour observer. Pour écouter. Pour chercher. Pour changer d’avis.
 Pour faire apparaître quelque chose que nous n’avions pas prévu. Le vide n’est peut-être pas un manque. Il peut aussi être une disponibilité.


Et si faire de la place, finalement, c’était simplement laisser une chance à l’inattendu ?



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