En commercialisant aujourd’hui l’iPhone 5 , Apple met non seulement en vente un gadget dernier cri (679 € tout de même) mais impose aussi à ses clients, partenaires et aux producteurs de produits dérivés, une nouvelle donne. Car si le design de l’iPhone 5 marque une rupture avec les modèles précédents, la connectique est, elle aussi, différente : le nouveau chargeur de l’iPhone 5 sera donc incompatible avec les 183 millions d’iPhone, 73 millions d’iPad et 275 millions d’iPod vendus dans le monde (l’adapateur coûte 29 euros). Il en sera de même pour les stations d’accueil et autres chaînes hi-fi : de quoi nous inciter à renouveler tous nos équipements ? Les ressources naturelles s’épuisent et Apple, la plus grande capitalisation boursière de l’histoire des Etats-Unis, se permet une nouvelle fois de les gaspiller pour vendre plus et rendre le consommateur toujours plus dépendant.
Ce 12 septembre n’est en réalité pour Apple qu’un nouveau chapitre de sa longue saga sur le thème de l’obsolescence programmée : en 2001, le groupe à la pomme lançait l’iPod dont la durée de vie est limitée à celle de sa batterie, indémontable [1]. Malgré une action en justice aux Etats-Unis, Apple innove régulièrement pour maîtriser la durée de vie ses produits : impossibilité de mettre à jour le système d’exploitation pour les modèles les plus anciens [2], pièces détachées qui changent à chaque génération. Avec 3 générations d’iPad en 2 ans et 6 d’iPhone en 5 ans [3], les produits Apple sont très rapidement obsolètes !
L’obsolescence programmée du secteur high-tech a un coût écologique et social. Les Amis de la Terre alertent depuis 2010 sur l’exploitation massive des ressources, l’extraction de terres rares et minerais dans les pays du Sud, les impacts sanitaires pour les populations locales, la surproduction de déchets et les pollutions lourdes.
Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables s’insurge : « Combien de ces objets tant désirés aujourd’hui finiront dans les 18 mois dans un tiroir comme 37 % de nos portables voire pire dans nos poubelles [4]. Combien de temps les populations d’Afrique impactées par l’extraction minière nécessaire à ces technologies vont-elles encore supporter de voir leur environnement détruit, leurs cours d’eaux et leurs sources contaminées ? »
Les Amis de la Terre appellent les parlementaires et les sénateurs à mettre un terme à l’aberration environnementale et sociale que constitue l’obsolescence programmée, en adoptant une loi pour allonger la durée de garantie de 2 à 10 ans sur les biens de consommation, pour imposer aux producteurs de mettre sur les marchés des produits réparables et de garantir la mise à disposition des pièces détachées pour faciliter la réparation dans les 10 années suivant l’achat d’un bien.
Des solutions existent pour consommer autrement : donner une seconde vie à nos produits, faire réparer plutôt que de jeter, soutenir les réparateurs et valoriser leur savoir-faire, pour une économie utile socialement, qui préserve les emplois et l’environnement. Retrouvez-les sur www.produitspourlavie.org
Pour en savoir plus
A lire sur CDURABLE.info :
L’obsolescence programmée remet en cause les politiques de prévention des déchets : Le cas des produits électriques et électroniques.
Prêt à jeter, enquête sur l’obsolescence programmée de nos équipements.
L’iPad : un gadget inutile, nuisible et vite obsolète ?.









NEED 2012 : 4ème Forum de la nouvelle économie durable







