Un petit acte individuel peut-il déclencher un changement global ? Ce manifeste de Remi Revillon d’Apreval nous rappelle qu’une partie croissante de la société sent bien que tout doit changer, accepte même désormais des ruptures radicales et cherche une sortie civilisationnelle. Ce livre révèle aussi quelque chose de plus profond : nous sommes entrés dans l’ère des projets de civilisation. Pendant trente ans, le monde n’a produit que des réformes, des politiques publiques et des innovations techniques. Aujourd’hui réapparaissent des récits totaux … Alors « Une allumette peut-elle changer le monde ? »
Une allumette peut-elle changer le monde ?

Intention du livre : provoquer un basculement de conscience
Le livre se présente comme un manifeste de transformation civilisationnelle. L’« allumette » symbolise une idée simple mais puissante :
Un petit acte individuel peut déclencher un changement global.
L’auteur part d’un constat central, notre civilisation traverse une crise systémique totale : politique, économique, écologique, sociale et existentielle. Le problème n’est pas une défaillance ponctuelle mais un modèle de société devenu obsolète. Le livre cherche donc moins à réformer qu’à refonder.
Diagnostic : une civilisation arrivée à saturation
Le manifeste identifie plusieurs impasses majeures :
- 1. Crise démocratique : Les démocraties représentatives ne représentent plus réellement les citoyens : confiscation du pouvoir, professionnalisation politique, éloignement décisionnel et perte de confiance collective. Le citoyen devient spectateur du système.
- 2. Crise économique : Le modèle actuel dominant repose sur la croissance infinie, la compétition permanente, la financiarisation et la dépendance au travail subi. Résultat : inégalités structurelles, insécurité sociale et perte de sens du travail.
- 3. Crise écologique : La destruction du vivant n’est pas un accident mais la conséquence logique du système productiviste. Le modèle actuel est incompatible avec la biosphère.
- 4. Crise anthropologique : L’auteur insiste pour nous rappeler que la crise est aussi intérieure.
- L’humain moderne souffre de déconnexion, perte de sens, fragmentation entre individu et collectif.
La thèse centrale : changer le système par l’architecture sociale
Le livre propose une idée forte :
ce ne sont pas les individus qui sont défaillants, mais les structures.
Donc changer les comportements ne suffit pas, il faut changer les règles du jeu. L’auteur développe alors une vision systémique reposant sur trois grands piliers.
3 propositions majeures pour changer la démocratie, l’économie, la mobilité et la sécurité
1. La Démocratie Absolue Pyramidale (DAP)
Concept politique central, la Démocratie Absolue Pyramidale (DAP) repose sur 4 principes :
- une souveraineté citoyenne permanente,
- une participation directe structurée,
- une organisation pyramidale inversée partant des citoyens,
- des décisions remontant du terrain vers le sommet.
L’objectif est de dépasser l’opposition démocratie directe / représentative. La Démocratie Absolue Pyramidale cherche à créer efficacité décisionnelle, intelligence collective et responsabilité partagée.

2. Une économie libérée
Le manifeste propose une transformation radicale de l’économie pour :
- sécuriser les besoins fondamentaux,
- libérer l’initiative individuelle,
- réduire la contrainte du travail obligatoire,
- réorienter la production vers l’utilité réelle.
l’économie doit servir la vie, non l’inverse.
On retrouve l’idée d’un socle de sécurité économique universelle permettant créativité et engagement.

Le Module est une caisse isolée et compartimentée (frais, sec, surgelé). C’est un peu comme une grosse cartouche d’imprimante, mais de la taille d’un caddie de course. Le fonctionnement est simple :
1.Tu commandes tes courses (ou ta liste habituelle se renouvelle seule).
2.Le véhicule de livraison arrive devant chez toi.
3.Le Swap : Il ne perd pas de temps à vider des sacs. Il retire ton Module usagé du Dock et « clippe » le nouveau Module plein à la place. L’opération prend 10 secondes.
4.Tu récupères tes courses, comme une boite au lettre devant de chez toi, quand tu veux. La chaîne du froid est maintenue par le Module lui-même.
3. Mobilité et sécurité comme droits fondamentaux
Deux notions surprenantes deviennent centrales :
- Mobilité : condition d’égalité réelle, accès aux opportunités, liberté d’existence.
- Sécurité : non pas sécuritaire, mais sécurité existentielle
L’auteur considère ces éléments comme la base d’une société pacifiée.

Oublie tout ce qu’on t’a raconté sur la « voiture électrique ». Un monde de voitures thermiques individuelles remplacé par des voitures électriques à batterie est une aberration écologique (pollution, pénurie de métaux) et économique. La solution n’est pas de changer juste le moteur, c’est de changer aussi l’usage. Voici le VAC (Véhicule Autonome Commun). Ce n’est pas un bien que tu possèdes, c’est un service qui vient à toi.
Vision globale : une nouvelle civilisation
Au-delà des réformes techniques, le livre esquisse une transition civilisationnelle. Passer d’une société de domination à une société de coopération. Passer de la rareté organisée à l’abondance organisée. Passer du pouvoir vertical à l’intelligence collective.
La métaphore de l’allumette
Une allumette paraît insignifiante, mais elle peut déclencher un incendie transformateur.
le changement systémique commence toujours par une minorité consciente.
Le livre appelle donc à l’engagement individuel, à l’expérimentation sociale et à la diffusion d’idées nouvelles.
Forces et limites du manifeste
Parmi les forces du manifeste : une vision systémique cohérente, un refus du fatalisme politique, une tentative audacieuse d’articuler démocratie, économie et écologie, une dimension mobilisatrice et accessible, avec la volonté de proposer, pas seulement critiquer.
Le livre soulève aussi des interrogations sur la faisabilité institutionnelle concrète, la période de transition entre ancien et nouveau système, la gestion des inévitables résistances politiques et la complexité de mise en œuvre à grande échelle. Il relève davantage du manifeste fondateur que du programme opérationnel détaillé qu’il reste à co-construire …
Le monde ne change pas parce que les individus deviennent meilleurs,
mais parce que les structures permettent enfin aux humains d’être meilleurs.
L’« allumette » est une idée, une prise de conscience, un premier acte. Un appel à repenser entièrement l’organisation politique, économique et sociale afin de rendre possible une civilisation plus juste, sécurisée et vivante.
Questions Cdurable à Rémi Revillon d’Apreval
Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
C’est un mélange entre mon cerveau émotionnel et ma conscience pragmatique
Question complexe. C’est un mélange entre mon cerveau émotionnel et ma conscience pragmatique. L’émotionnel tend clairement à l’empathie envers toute forme de vie, bien que cela décroisse selon le stade d’évolution cognitive du vivant. La conscience pragmatique, elle, sait que la vie, aussi complexe soit-elle, n’est qu’interaction électrique et biochimique. Il ne s’agit que de réponses mécaniques à des stimulations. Dans l’absolu, la pensée est une illusion, elle n’est qu’une suite de réactions : le vivant n’est que de la matière inerte stimulée électriquement.
Ma perception du vivant est une dualité permanente entre ces deux réalités.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Le matin au petit déjeuner, c’est crêpes au Nella Delice. Je viens de découvrir ça, c’est une pure tuerie et, à ma connaissance, ça ne tue pas les orangs-outans. Pour le reste, c’est beaucoup plus simple : Pizza, frites, poulet KFC, pizza, pomme/boudin blanc, pizza, hamburger/frite, pizza, pizza.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
on vit à 5 dans un T3 avec le mobilier et les affaires de 2 logements
Je vis actuellement dans une maison en lotissement avec ma chérie et ses 3 enfants. C’est un peu compliqué car elle traverse une période de sa vie difficile, elle ne pouvait plus garder son appartement. Du coup, on vit à 5 dans un T3 avec le mobilier et les affaires de 2 logements. La maison est remplie d’affaires qu’on doit parfois enjamber pour se créer un chemin. On pourrait croire que c’est dur, mais étonnamment, je le vis bien.
Passant 98% de mon temps chez moi, mon habitat est quelque chose de primordial. Celui de mes rêves, c’est une maison spacieuse (dont j’aurais personnellement créé les plans), avec un coin studio musique/gaming, un jardin juste ce qu’il faut pour ne pas se sentir étouffé et un couloir de nage. Idéalement, plutôt loin de tout, mais pas trop quand même. Plus jeune, je rêvais d’une maison sur l’océan qui serait un État indépendant, mais en grandissant j’ai appris à apprécier le confort de vivre en société.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Un peu de sport tous les jours,
quelques exercices.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?
les gens ont des problèmes et je vois des solutions qui me paraissent évidentes.
Je ne suis pas tellement sûr de pouvoir parler de « savoir ». En fait, les gens ont des problèmes et je vois des solutions qui, moi, me paraissent évidentes. Je me dis que ça ne coûte rien de les proposer. C’est presque comme un jeu : trouver la trajectoire optimale, la trajectoire parfaite qui fait que personne ne pourra proposer mieux. Je pense que même si personne ne souffrait de ces problèmes, je chercherais quand même (d’ailleurs, c’est ce que je fais pour la physique fondamentale, ça ne sert à rien dans l’immédiat, mais comprendre la mécanique de l’univers m’obsède).
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je n’ai pas vraiment de travail prédéfini. Disons que je m’occupe et si ça peut être utile au passage, c’est top.
Plus généralement dans mes activités, je suis l’archétype de l’homme mono-tâche. Quand j’ai un objectif en tête, mon cerveau fait un focus à 100% dessus. Je suis incapable de gérer plusieurs choses en même temps. Ça peut durer des mois, voire des années : je me lève avec une idée, je la travaille, je l’optimise. Dans tout ce que j’ai fait, j’ai cette même quête de perfection absolue. Je ne crois pas que ce soit une question d’ego narcissique ou d’avoir quelque chose à prouver aux autres. J’ai du mal à identifier la source de ce besoin, c’est presque de l’instinct animal.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je suis un gros consommateur d’électricité.
J’ai un ordinateur avec une très grosse carte graphique et 6 écrans qui tournent toute la journée. À côté de ça, je suis obligé de rouler à l’essence, faute de VAC (Véhicule Autonome Commun) qui n’existent pas encore et d’un budget qui ne me permet pas de rouler à l’électrique. Et comme je suis un gros flemmard, je ne prends pas le vélo non plus. Écologiquement, je suis une catastrophe. Et comme je ne compte pas changer, et que je ne suis visiblement pas le seul, il est urgent qu’on change notre approche de la mobilité.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
ce n’est pas parce que personne n’a jamais fait quelque chose, que c’est impossible
Jusqu’ici, je ne faisais pas grand-chose. J’étais spectateur. Avec regret, mais spectateur tout de même. Là, j’ai changé de dynamique. Je pars du principe que ce n’est pas parce que personne n’a jamais fait quelque chose, que c’est impossible. Si personne n’essaie parce que ça n’a jamais été fait, on ne fait pas grand-chose. Donc j’ai pris la décision que j’allais changer le monde. Au pire quoi ? J’aurai l’air idiot d’avoir cru que je pouvais faire quelque chose d’aussi fou. Et après ? Ce risque-là n’est pas bien lourd au vu des enjeux et de ce que je pense pouvoir apporter. Je suis prêt à prendre le risque.
j’ai pris la décision que j’allais
changer le monde

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je suis déconcerté de voir le fossé entre ce qu’on pourrait faire et ce qui est réellement fait
Je suis déconcerté de voir le fossé entre ce qu’on pourrait faire et ce qui est réellement fait. Et comme j’ai la sensation d’être le seul à le voir, je me demande souvent si c’est moi qui suis fou, ou si ce sont les autres. Je pense qu’on sera bientôt fixés.
J’ai mis toutes mes idées dans 3 livres-manifestes :

- Le 1er : « Une allumette peut-elle changer le monde ? » L’objectif : proposer une structure globale qui, à mon sens, solutionnerait une grande partie des problèmes contemporains sans renoncer au confort.
- Le 2ème : « L’humain domestique est-il l’apogée de l’humanité ? » L’objectif : pousser à se comprendre soi-même, pour un jour briser les frontières entre les humains.
- Le 3ème : « La FST » (ma religion), dans sa version vulgarisée « Un grain de sable peut-il dompter l’Univers ?« . L’objectif : comprendre l’Univers et… suspense… Pour le moment c’est un échec. Cependant, cette approche inédite apporte malgré tout des explications mécaniques innovantes, notamment sur la relativité, l’énergie sombre et la nature de la gravité. Je ne sais pas si j’ai raison, mais vivant sur une planète où 8 milliards de gens pensent que dans le ciel vit un barbu qui crée des univers, ma « religion » n’a rien de ridicule.
À partir de là, il y a deux options. Soit j’ai raison, au moins sur certains points, et ces idées finiront dans le débat public et changeront le monde. Soit j’ai tort, et je passerai pour un con. Quoi qu’il arrive, on finira par être fixés.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
L’Histoire est faite de petits détails qui l’ont fait basculer
L’Histoire tient parfois à peu de choses : une personne, une décision, la transmission d’une idée, un accident. L’Histoire est faite de petits détails qui l’ont fait basculer. Il ne faut pas se dire qu’on ne compte pas, qu’on est insignifiant. On ne pèse pas lourd dans l’Univers, certes, mais en additionnant des milliards de petits poids, on peut déformer cet univers.
J’aimerais que chaque personne qui lise ces lignes, mes livres et ce que je propose, prenne conscience que les solutions existent. Il suffit juste de changer d’approche pour les trouver. On peut avoir une trajectoire commune bien plus optimisée que celle qu’on subit actuellement, et je pense que je peux contribuer à dessiner cette trajectoire avec mon esprit singulier, avec ma différence.


