RSE en entreprise : 43 % des actifs français n’en ont jamais entendu parler selon une étude de la Chaire Impact Positif d’Audencia. Alors que les entreprises multiplient les engagements environnementaux et sociaux, la mobilisation des salariés reste encore limitée. Ils ont une perception très contrastée de la transition écologique et sociale dans les entreprises françaises : seuls 17 % se disent engagés, tandis qu’une large majorité reste encore en attente d’actions concrètes et de conditions favorables pour passer à l’action.

Selon une étude nationale menée par la Chaire Impact Positif d’Audencia avec l’ObSoCo auprès d’un échantillon représentatif de 1 090 actifs français, près d’un tiers se montre réfractaire à la RSE au sein de leur entreprise ! Une autre donnée interpelle : 43 % des actifs déclarent n’avoir jamais entendu parler de la RSE. A l’inverse, seuls 17 % des salariés se déclarent réellement engagés !
Entre manque de connaissance, attentes fortes et perception d’un engagement encore insuffisant des entreprises, la RSE apparaît aujourd’hui comme une transformation en tension, tiraillée entre conviction et attentisme.
Une RSE encore largement méconnue dans le monde du travail
Un premier constat clair – et surprenant – se dégage de cette nouvelle étude :
la RSE reste un concept flou pour une grande partie des actifs.

- 43 % des actifs déclarent n’avoir jamais entendu parler de la RSE
- Seul 35% disent connaître le sujet
- Surtout, 13% seulement des salariés estiment que leur entreprisea fortement intégré ces enjeux. Cette méconnaissance contribue à un décalage entre les stratégies de transformation des entreprises et leur perception par les collaborateurs.
Pour une majorité d’actifs, la transition reste encore abstraite. Ainsi, 63 % estiment que l’intégration des enjeux écologiques et sociaux n’aura aucun impact ou seulement des effets mineurs sur leur entreprise dans les années à venir. Près de 4 actifs sur 10 (39 %) ne savent pas si ces évolutions représentent une opportunité ou une contrainte, révélant une difficulté à se projeter dans ces transformations.

Des salariés prêts à agir… mais à certaines conditions
L’étude met en évidence une segmentation nette des salariés face à la transition :
- 17 % engagés
- 38 % sensibilisés mais encore passifs
- 29 % réfractaires
- 16 % non concernés par le sujet dans leur vie professionnelle

Concrètement, la majorité des salariés ne rejette pas la transition mais attend des incitations plus claires pour s’impliquer. Les attentes sont également bien précises : des outils pour agir (23%), et du temps dédié (22 %) pour intégrer ces enjeux dans leur activité professionnelle. Offrir une réelle marge de manœuvre pour intégrer la stratégie RSE dans l’activité des salariés apparaît ainsi essentiel.

Maintenir le cap de la transformation
Désormais, le principal défi des entreprises consiste à transformer les salariés “sensibilisés” en acteurs de la transition, en rendant la RSE plus concrète et plus opérationnelle dans les métiers.

Comme le souligne Florence Touzé-Rieu, professeure à Audencia et titulaire de la Chaire Impact Positif :
« La transformation RSE ne se heurte pas à un rejet massif, mais plutôt à une forme d’attentisme. La majorité des salariés est sensibilisée mais manque d’outils et de repères pour passer à l’action ».
Dans un contexte d’incertitude économique et politique, cette étude invite les entreprises à maintenir leurs engagements tout en renforçant l’accompagnement des équipes – une condition clé pour accélérer la transformation – pour ancrer davantage la RSE dans le quotidien.

Enfin, un constat positif s’impose : la qualité de l’accompagnement reste le premier moteur de l’engagement. Avec 48 % de salariés engagés dans les entreprises exemplaires — soit plus du triple des autres — le lien entre modalités d’embarquement efficaces et réussite du changement est indéniable.



