Biopole Angers : un centre innovant pour la valorisation des déchets ménagers

Sommaire : (masquer)

Poursuivant la volonté d’agir en faveur de l’environnement, Angers a fait le choix de nouvelles technologies pour une valorisation maximale des déchets et une minimisation des impacts environnementaux avec la création de Biopole. Situé sur la commune de Saint-Barthélémy d’Anjou au sein du parc d’activités Angers-Est, Biopole est un équipement qui a recours à des procédés innovants tels que le traitement mécano-biologique et la méthanisation.

Pourquoi Biopole ? Aujourd’hui dans l’agglomération angevine, l’élimination des ordures ménagères produites par les habitants de l’agglomération est assurée par l’usine d’incinération située à La Roseraie. Après des études et suite à une phase de concertation avec les habitants, Angers Loire Métropole opte en 2005 pour un nouveau mode de traitement des déchets : le traitement mécano-biologique et la méthanisation. Depuis plusieurs années, Angers Loire Métropole développe une politique forte en matière de prévention des déchets. L’objectif : réduire la production de déchets sur l’agglomération. De nombreuses actions sont menées : opérations de compostage collectif, sensibilisation à l’éco-consommation, au tri et à la collecte sélective. Après le tri, la poubelle comporte encore des déchets valorisables. C’est là tout l’intérêt de Biopole qui prendra en 2011 le relais de l’usine d’incinération de La Roseraie. Conçu pour répondre aux besoins de l’agglomération pour les 30 années à venir, il permettra de séparer les déchets « fermentescibles » des autres déchets et de les valoriser en les transformant en biogaz et en compost. La démarche La conception de Biopole a fait l’objet d’une démarche importante en terme de développement durable : – le bâtiment répond aux normes Haute Qualité Environnementale – l’architecture privilégie des hauteurs de construction limitées de manière à favoriser l’intégration paysagère – les flux de circulation à l’intérieur du site ont été limités de manière à limiter le transport de déchets – le site est équipé d’un réseau de récupération des eaux (eaux de traitement et pluviales) – Biopole générera de l’électricité et de la chaleur (via la cogénération) – l’équipement est intégré dans des bâtiments clos, confinés et maintenus en dépression vis-à-vis de l’extérieur pour des bruits et odeurs maîtrisés.

Comment ça marche ?

Le fonctionnement du site se décline en plusieurs étapes : 1- L’accueil des déchets Biopole accueillera l’ensemble des déchets ménagers résiduels produits sur le territoire. Après passage devant une barrière de détection de radioactivité et pesage, les bennes à ordures ménagères entrent dans le hall de déchargement et déchargent leurs déchets dans une vaste fosse de 3 500 m3 d’où ils seront repris par grappins pour alimenter le traitement mécano-biologique. 2- Le traitement mécano-biologique Cette première partie est particulièrement importante, elle a pour but de séparer les différentes fractions des déchets (ferreux, plastiques, fermentescibles, refus). Elle est composée de 3 étapes : La séparation primaire : les déchets passent à travers un énorme trommel (grand cylindre rotatif équipé de grilles percées-tamis) destiné à séparer les déchets selon leur taille. Trois circuits sont constitués : – Les 0 – 60 mm : Les déchets passant dans ce tamis sont considérés comme étant essentiellement de la matière organique. Après passage sur un tri balistique pour éliminer les objets lourds (pierres, morceaux de verre, etc.) et un séparateur magnétique pour enlever les ferreux, ils vont rejoindre directement la filière organique. – 60 – 250 mm : Ces éléments vont être dirigés vers un séparateur corps creux – corps plats. Les corps plats vont rejoindre les bioréacteurs, les corps creux vont passer devant un tri optique pour séparer les plastiques PET et PEHD qui seront récupérés et valorisés. – Les supérieurs à 250 mm : Ces éléments iront directement vers les bioréacteurs. Les bioréacteurs : la partie supérieure à 60 mm, débarrassée d’une partie des plastiques, passe dans un tube (48m de long, 4m de diamètre) hérissé de pièces métalliques dans lequel les déchets restent environ 3 jours. Ce tube tourne sur lui-même à environ un tour minute et les déchets y sont arrosés. Durant ce séjour, ils commencent à se fractionner, à se séparer. La séparation secondaire : les déchets arrivent dans un nouveau trommel équipé seulement d’une grille de 60 mm. Ce qui passe à travers cette grille est de la fraction organique qui sera débarrassée de ses éléments lourds et séparée de ses ferreux. Le reste va directement vers les refus à haut pouvoir calorifique (haut PCI).
Fonctionnement de Biopole
Fonctionnement de Biopole
Ainsi la première phase de traitement mécano-biologique a permis de séparer : – un flux plastiques PET – PEHD ; – un flux de ferreux ; – des refus à haut pouvoir calorifique ; – les autres refus, les éléments lourds du tri balistique considérés à bas pouvoir calorifique ; – la fraction fermentescible. 3- La méthanisation La fraction fermentescible qui représente près de la moitié du flux entrant arrive dans un local de pré-stockage où elle est mélangée avec des déchets verts broyés qui agissent comme structurants. Les trémies tampons alimentent en continu les 4 digesteurs. La fraction organique séjourne 15 jours chauffée à 55° C dans ces digesteurs où elle est brassée en continu. Durant cette période, les bactéries se développent et transforment la matière organique qui produit un biogaz composé de méthane à 58 %, il s’agit d’une transformation anaérobie (en dehors de présence d’air). Ce biogaz est extrait, épuré et alimente des moteurs de cogénération. Le digestat issu des méthaniseurs est envoyé vers des presses, la matière solide est envoyée vers la partie compostage, les jus sont centrifugés et réintroduits dans le process.
Fonctionnement de Biopole
Fonctionnement de Biopole
4- Le compostage Le digestat solide va ensuite être transféré dans des tunnels fermés où il va séjourner une semaine. Dans ces tunnels, où une aspiration d’air est mise en place, la fermentation du digestat va avoir lieu là encore sous l’action de bactéries. On est dans ce cas dans une transformation aérobie (en présence d’air). Au bout d’une semaine, le produit est transporté en chargeur dans des casiers isolés où il séjournera 2 semaines, il y sera également circulé par de l’air par aspiration et arrosé si nécessaire. À l’issue de ces trois semaines, on considère que le compost est mature et a terminé sa décomposition. Il va dès lors vers une zone de tri final où il est affiné (passage dans un trommel et sur table densimétrique). Le compost est alors stocké pendant un mois avant d’être distribué vers le milieu agricole.
Fonctionnement de Biopole
Fonctionnement de Biopole
5- La valorisation du biogaz Le biogaz extrait des digesteurs est épuré (désulfurisation, siloxanes) et alimente en continu des moteurs de cogénération. Les moteurs produisent de l’électricité qui est revendue à ERDF et de la chaleur qui est réutilisée sur le site en partie et dont le reste pourra être revendu.
Schéma récapitulatif
Schéma récapitulatif

 

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

Lire aussi

Cinq associations lancent un Pacte national pour faire des sols vivants une priorité

Alors que 89 % des sols agricoles de l'Union...

Investir dans notre avenir : L’innovation sociale par la preuve

"Investir dans notre avenir" : ce thème de la...

La transition écologique à l’âge des preuves, une évolution inévitable pour 68% des français

Que font les crises successives à l'opinion et à...

Newsletter

Sur Cdurable

Réseau des Ordonnances Vertes : unir les territoires pour protéger la santé dès la grossesse

Le Réseau Ordonnances Vertes veut faciliter l'accès à une alimentation bio, sensibiliser aux perturbateurs endocriniens et renforcer la prévention en santé environnementale.

Immobilier : après le DPE, la qualité environnementale du quartier devient un nouveau critère de choix !

Deux appartements affichent le même DPE, la même surface...

De la théorie du donut à l’outil pour une approche durable de l’avenir

Comment concilier la satisfaction des besoins humains fondamentaux avec...

Quand les habitants se mobilisent pour faire revivre leur village : Bouge Ton CoQ avec l’ouverture d’une épicerie participative

Alors que 62 % des communes françaises ne disposent plus d'aucun commerce, les épiceries participatives poursuivent leur essor dans les territoires ruraux. Partout en France, des habitants se mobilisent pour recréer un lieu de vie, soutenir les producteurs locaux et maintenir des services de proximité. Forte de l'expérience acquise auprès de près de 300 communes accompagnées, l'association Bouge Ton CoQ lance un nouvel appel à candidatures afin d'accompagner 30 nouveaux projets d'épiceries participatives dès cet hiver.

Cinq associations lancent un Pacte national pour faire des sols vivants une priorité

Alors que 89 % des sols agricoles de l'Union européenne présentent des signes de dégradation, cinq associations engagées dans la transition agricole appellent les...

Investir dans notre avenir : L’innovation sociale par la preuve

"Investir dans notre avenir" : ce thème de la cinquième édition du Sommet de la mesure d'impact résonne dans un contexte marqué par des...

La transition écologique à l’âge des preuves, une évolution inévitable pour 68% des français

Que font les crises successives à l'opinion et à la transition écologique ? L'analyse de Parlons Climat, après 50 heures d'écoute ces derniers mois...