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Développement Durable en débat
Journée spéciale Grenelle de l’environnement

Grenelle de l’environnement : premières réactions

Après la conférence de presse de Borloo, les ONG et partis politiques réagissent

jeudi 27 septembre 2007
Posté par David Naulin

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La conférence de presse organisée ce matin par le ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables Jean-Louis Borloo sucite déjà de nombreuses réactions. Les présidents des six groupes de travail ont présenté leurs rapports de synthèse. Ces documents sont censés servir de base au débat public sur Internet et dans les régions, et surtout à la phase finale de négociation, prévue pour fin octobre.



 Pour l’Alliance pour la planète, le Grenelle de l’environnement ne fait que commencer

Yannick Jadot - Porte parole de l'Alliance pour la planèteYannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l’Alliance pour la planète, a assisté à la conférence de presse, voilà ce qu’il en retient : « Les objectifs portés par l’ensemble des associations écologistes dans les différents groupes ne sont pas contestés, et c’est la bonne surprise de ce Grenelle de l’environnement. Mais aujourd’hui, l’enjeu n’est pas là : le Grenelle doit déboucher sur des propositions concrètes, financées et à la hauteur de la crise écologique, rien de tout cela n’est pour l’instant acté. Globalement, aucun consensus ne s’est dégagé sur les moyens à mettre en oeuvre pour dépasser cette crise.

Si, globalement, les rapports de synthèse reprennent de façon plus ou moins satisfaisante les propositions émanant des différents groupes de travail, l’Alliance pour la planète ne valide pas la totalité de ces documents, certaines synthèses finales comportant des imprécisions, des modifications surprise, voire carrément des oublis…

Ainsi, dans le groupe Climat, le diable se cache dans les détails. Pour la partie Transport, une proposition concernant « la promotion et l’utilisation des modes fluvial, ferroviaire et de cabotage maritime pour le transport de fret » a subi l’ajout suivant : « cette proposition est fortement contestée par un acteur économique ». Or, exception faite du nucléaire où deux camps s’opposent, il avait été convenu que ne devaient figurer sur cette synthèse que les mesures consensuelles et majoritaires, sans mention de réserves de qui que ce soit… Du côté des ONG, nous avons respecté cette règle du jeu, alors que certains acteurs ont fait pression. Un tel coup est signé Medef, Confédération générale des PME et Fédération nationale du transport routier. Ces lobbies si puissants qu’ils parviennent, en à peine une journée, à faire plier le président et les rapporteurs du groupe 1 et à obtenir des modifications discrètes mais pas anodines, dans des documents préalablement validés par l’ensemble des collègues…

Autre exemple, concernant le groupe Agriculture, cette fois. La synthèse se réduit à une déclaration d’intention et ne propose rien de concret : pas une allusion à la nécessité de modifier la politique agricole commune (PAC) en faveur des pratiques favorables à l’environnement, pas une définition de ce qu’on entend par « agriculture durable », pas un objectif chiffré concernant la réduction des pesticides, aucun financement prévu pour les aides à accorder au bio ou à la restauration collective… En revanche, on retrouve dans cette synthèse du groupe 4 l’éventualité d’une « certification HVE », ce qui absolument inacceptable. La FNSEA, les Chambres d’agriculture et le lobby des industries chimiques sont bel et bien passés par là !

Enfin, pesticides, OGM, incinération, nucléaire : les conflits de fond restent nombreux. Sans mesures de rupture décidées sur ces sujets, la table-ronde de négociations des 27-28 octobre risque de tourner court. »

- Le site de l’Alliance pour la planète consacré au Grenelle de l’environnement : Grenellorama.fr

 Selon les Verts, des conclusions encourageantes mais imparfaites

Les Verts ont estimé que les conclusions des groupes de travail du Grenelle de l’environnement présentées ce jeudi matin -qui ne sont "que des annonces et non des mesures réelles"- sont "encourageantes" mais répondent "imparfaitement aux questions posées".

En ce qui concerne les transports, le porte-parole Yann Wehrling estime dans un communiqué que "l’absence de recette fiscale (taxe poids lourds) et de ré-orientation budgétaire -en renonçant aux projets routiers nouveaux- pose question quant au financement des mesures annoncées", telles que le réseau de fret ferroviaire et les transports en commun. De même, en ce qui concerne l’énergie, "comment financer les énergies renouvelables quand on sait avec quelle voracité le nucléaire va absorber les budgets publics ?", se demandent les Verts.

En matière de santé, ils font valoir que "l’absence d’accord sur les pesticides est préoccupant tant il est vrai qu’ils constituent aujourd’hui un gros point noir dans la dégradation de l’environnement, de la biodiversité et de la santé". "Même problème sur la question des OGM".

A propos des déchets, ils notent une "incohérence" : "tout le monde sait qu’en ne renonçant pas à l’incinération et en ne responsabilisant pas réellement les producteurs on ne se donne pas les moyens de réduire les déchets". Les Verts se félicitent néanmoins de la reprise de plusieurs propositions formulées par eux "depuis des années", telles que "réduction de la vitesse, soutien à l’agriculture biologique, augmentation des transports en commun et du fret ferroviaire".

"Il appartiendra aux écologistes de faire pression" pour que ces mesures "qui vont dans le bon sens", soient "effectivement reprises par le gouvernement", déclare Yann Wehrling.

 Il y a un "constat de désaccord" sur le nucléaire et les agrocarburants admet Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie

Peu après la publication des propositions des six groupes de travail sur le Grenelle de l’environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet confiait à France 2 : "Les associations environnementales sont maintenant assez radicalement opposées au principe dit des agro/biocarburants alors qu’évidemment dans la profession, notamment agricole, on continue à être très favorable à cette solution". "Il ne sera probablement pas possible d’avoir des consensus sur tout" a-t-elle rajouté.

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