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Tous les indicateurs de pollution ont dépassé la cote d’alerte

Le coût de la pollution en Chine

En juillet dernier, un rapport de la Banque Mondiale (« Le coût de la pollution en Chine : estimations économiques des préjudices physiques ») faisait état de 750.000 décès prématurés par an en Chine dus à la pollution.

La Chine est en plein boom économique. En passe de devenir la troisième puissance économique mondiale, le pays affiche un taux de croissance avoisinant les 11% mais cette croissance fulgurante s’accompagne de dégâts collatéraux imparables et d’une boulimie énergivore. Aujourd’hui les chinois sont « la tête dans le guidon » et ne se préoccupent guère des « détails » : l’environnement, la santé et la sécurité industrielle. Pourtant l’avenir qui se profile n’est guère réjouissant et les signes avant-coureurs sont plutôt alarmants… Tous les indicateurs de pollution (de l’air, de l’eau et des sols) ont dépassé la cote d’alerte. Les risques écologiques majeurs se multiplient, la pollution s’aggrave : conséquences d’une industrialisation rapide et non contrôlée sur le plan environnemental, du nombre croissant d’automobiles (3 millions de véhicules à Pékin), des myriades de chantiers et des centrales électriques au charbon émettrices de dioxyde de soufre (SO2). Chine_charbon.jpg Centrale électrique chinoise fonctionnant au charbon, à Kaili dans la province de Guizhou La Chine met en chantier une centrale à charbon par semaine pour répondre à sa demande croissante en énergie. Cette année, la Chine est en passe de dépasser les émissions de CO2 des Etats-Unis (du à l’augmentation de la consommation de charbon, de la production massive de ciment) et est au premier rang pour les émissions de SO2. Les pluies acides affectent déjà le tiers du pays, les régions du sud-est sont particulièrement touchées. Les émissions d’oxydes d’azote et de dioxyde de soufre (SO2) sont 8 à 9 fois plus élevées en Chine que dans les pays développés. A cause de la pollution, le cancer est devenu la première cause de mortalité en Chine. En juillet dernier, un rapport de la Banque Mondiale (« Le coût de la pollution en Chine : estimations économiques des préjudices physiques ») faisait état de 750.000 décès prématurés par an en Chine dus à la pollution. Le régime chinois a demandé à retirer cette partie pour éviter la grogne sociale. On constate également un accroissement du taux de naissances d’enfants déficients à cause de la pollution : trois fois plus élevé que dans les pays développés. Plus que n’importe quel pays au monde, la Chine doit affronter un défi majeur et une crise environnementale sans précédent ! De plus en plus de voix s’élèvent dans le pays pour dénoncer les cas de pollution (défenseurs de l’environnement, écologistes, paysans révoltés par les pollutions des usines, avocats antipollution, etc.). C’est donc aussi la stabilité sociale du pays qui est en péril. Les autorités chinoises sont contraintes de le reconnaitre, les problèmes environnementaux menacent la croissance elle-même. Officiellement, l’environnement est devenu une des priorités du gouvernement chinois, d’autant plus que le pays est mis sur le devant de la scène, avec la préparation des Jeux Olympiques 2008 de Pékin et l’exposition universelle 2010 à Shanghai. Pour la première fois, en mars dernier, le Premier ministre chinois Wen Jiabao faisait le lien entre le mode de croissance économique que connaît aujourd’hui la Chine et la crise écologique qui touche le pays. ciel_bleu_pekin.jpg Pour les JO « verts » de 2008, Pékin nous promet un ciel bleu et pur mais le défi semble bien difficile à atteindre… Pendant les épreuves, la ville prévoit de mettre en place des mesures drastiques tels que retirer de la circulation plus d’un million de véhicules et 13.000 taxis obsolètes, fermer ses usines, limiter les déplacements, et demander aux habitants de ne pas utiliser leur appareil de climatisation. Des mesurettes court-terme qui ne résoudront certainement pas le problème de fond. Si la pollution de l’air est essentiellement due aux centrales électriques au charbon et au trafic des véhicules, ce sont les industries chimiques, agroalimentaires et les usines de pesticides qui contribuent massivement à la pollution de l’eau. La sécurité industrielle reste encore très mal contrôlée alors que les risques écologiques inhérents sont très élevés. Par exemple, début novembre 2006, une explosion accidentelle du complexe pétrochimique de Jilin, au sud de Harbin, a provoqué une immense pollution au benzène du fleuve Songhua. Une des priorités est de renforcer le système de traitement des eaux (certaines villes sont dépourvues de système d’épuration). Beaucoup d’usines sont construites aux bords des rivières et rejettent délibérément leurs déchets dans l’eau. S’ajoute à cela, l’utilisation intensive de pesticides et d’engrais qui polluent les nappes phréatiques et l’eau. L’eau est trop polluée pour un sixième de la population chinoise. barrage-3gorges-yang-tse.jpg Pour répondre à d’énormes besoins en électricité, la Chine construit le plus long barrage hydroélectrique du monde, le barrage des Trois-Gorges, dans le sud-ouest de la Chine, qui devrait être mis en service en 2009. Ce projet pharaonique a déjà englouti 116 localités et entraîné le déplacement forcé de près d’un million et demi de personnes. (voir le très beau film chinois Still Life à ce sujet) Mais récemment, Pékin a admis le risque écologique présenté par le barrage des Trois-Gorges (source Le Monde.fr, 3 octobre 2007) : érosion des sols, glissements de terrain, raréfaction et pollution de l’eau provoquée par la sédimentation, réduction de la surface des terres arables. On prévoit que quatre millions d’habitants devront être relogés par mesure de « sécurité écologique » au cours des dix ou quinze ans qui viennent… Pour lutter contre tous ces phénomènes un ensemble d’actions législatives et une politique de sensibilisation sont peu à peu mis en place en Chine afin de réduire la consommation générale d’énergie et les émissions de polluants, augmenter le traitement des eaux usées, déployer plus d’efforts en terme de recyclage, installer des centrales thermiques au charbon plus modernes (dotées d’équipements réduisant les émissions de soufre), etc. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a recommandé la nécessité de renvoyer les dirigeants locaux à leurs responsabilités, au besoin par des mesures financières. La corruption mine la gouvernance chinoise en matière d’environnement (l’indice de perceptions de la corruption mesuré par l’ONG Transparency International est de 3.5 – Le score de 10 indique l’absence de demandes de pots-de-vin et celui de 0 une corruption systématique). Le Parlement chinois envisage d’alourdir les amendes infligées aux entreprises responsables d’une pollution de l’eau, a annoncé lundi la presse chinoise (principe de « pollueur-payeur »). Tous ces constats rejoignent finalement l’idée maîtresse du Rapport Stern qui a démontré qu’il est moins couteux de prévenir que de guérir. En effet, l’économiste Sir Nicholas Stern a conclu qu’il serait infiniment plus onéreux (entre 5 et 20% du PIB mondial) de ne rien faire pour réduire les émissions de CO2 que de mettre en place des actions rapides et énergiques (coût estimé : 1% du PIB mondial). Au rythme actuel de dégradation de l’environnement, si la Chine ne réoriente pas radicalement son économie vers un développement à faible intensité de carbone et vers des modes de production et de consommation durables, elle risque très rapidement de ne plus pouvoir répondre aux besoins de ses générations futures… Les pays riches doivent montrer l’exemple, faire preuve de leadership dans le domaine et apporter leur appui aux pays émergents pour relever le défi et poser les bases d’un développement économique durable.

 

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