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Le Diesel est mort, vive l’électrique !

Par Jeanne Duval

mardi 26 janvier 2016
Posté par Jeanne Duval

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Chant du cygne pour le diesel ? Pas si sûr à brève échéance, mais la motorisation électrique est en embuscade. L’actualité récente devrait donner un coup de pouce salutaire à un mode de déplacement qui promet.



Haro sur le mazout ! Ce n’est plus un simple murmure d’écolo convaincu : la mobilité doit être repensée et « l’impact de nos modes de déplacement sur l’environnement devra être minoré. » (1) A l’appui de ce sentiment de plus en plus largement partagé, le récent scandale Volkswagen, qui n’arrange pas les affaires du diesel. Entre durcissement des normes environnementales et prise de conscience collective, à l’heure de la transition énergétique « le tout diesel, en France notamment, semble engagé sur la voie du déclin » (2). Le glas sonne pour le diesel. Mais le malheur des uns…

La motorisation électrique à l’abordage

« Les émissions polluantes des divers véhicules à moteur thermique sont dans la ligne de mire depuis des années : CO2, NOx, particules fines… Le diesel est aujourd’hui dans le collimateur des autorités publiques… ». Quelle(s) solution(s) pour remplacer les trois quarts du parc automobile français ? L’électrique bien évidemment qui commence à trouver son rythme de croisière, avec une « nouvelle poussée de la voiture électrique sur le marché automobile français en octobre 2015 » (3). Mais qu’en est-il des autres moyens de transports, comme les poids lourds ou les bateaux ? Il n’y a pas que les voitures individuelles qui sont concernées en effet. Et si jusqu’ici, le diesel était considéré comme la solution d’alimentation idéale pour les gros gabarits, les progrès de la motorisation électrique semblent bouleverser petit à petit ce lieu commun.

Au regard du projet d’un parc de bus 100% électrique de la RATP ou encore du développement des bateaux navettes, véritables « bus de mer » électriques comme à la Rochelle, on dirait bien que la fièvre de l’électrique s’étend à tous les domaines. Sur terre comme sur mer, les opérateurs de mobilité développent la motorisation électrique et plusieurs entreprises se positionnent d’ores et déjà comme des acteurs clés de cette « révolution énergétique » dans le domaine mobilité. La société Ruban Bleu, heureux vainqueur du prix de l’innovation technologique au niveau départemental en 2015, construit par exemple des bateaux électriques de tailles diverses, en plaçant la créativité et l’innovation technologique au cœur de son expertise. L’enjeu ? Prouver la viabilité de la navigation électrique. L’entreprise participe ainsi de cette « révolution » des transports maritimes avec des produits comme sa navette propulsée par deux piles à combustible à hydrogène.

Il en est de même en ville. C’est à Paris, où « la transition thermique-électrique se fait le plus attendre », que la RATP ouvre la voie avec son « objectif zéro bus diesel en 2025 » (4). « Avec l’hybride comme transition, et le biogaz comme alternative », (5) le groupe emboite le pas à la transition énergétique et tente de passer à des solutions durables pour les transports de demain. L’opérateur ambitionne ainsi de passer à un parc de bus tout électrique d’ici une dizaine d’année, même si comme le note Christophe Gurtner, PDG de Forsee Power, il reste encore à « mettre en place les lignes de productions permettant de fabriquer ces bus électriques. Nous savons fabriquer les systèmes de batteries, et il faut maintenant fabriquer ces bus. Mais la demande est bien là » (6). Si la dynamique de l’électrique semble donc bien enclenchée dans les villes, elle est également en passe de l’être sur l’eau, bien que, dans les deux cas, des défis techniques de taille restent à relever.

Des défis technologiques...

« L’enjeu est le même pour tous : autonomie et, dans l’idéal et l’avenir, autosuffisance », résume Christophe Gurtner, dans une chronique sur le transport maritime électrique (7). A chaque combat ses détracteurs et dans le cas du tournant de l’électrique, des freins psychologiques et techniques persistent. Les principales remises en cause de la viabilité de ce modèle tiennent en deux mots : autonomie et prix.

Il est vrai que « passer à l’électrique complet représente un certain nombre de contraintes, en fonction de la géographie des lieux : espaces urbains denses ou diffus, régions montagneuse ou plaines… La technologie utilisée et donc l’offre peuvent être variables. » (8) De plus, un bus 100% électrique à l’achat coûte effectivement plus cher qu’un bus à motorisation thermique. Comme le dit Marie-Claude Dupuis, directrice des bus à la RATP, « aujourd’hui, un bus électrique coûte 500 000 €, soit le double d’un bus diesel ». Mais les opérateurs de mobilité restent convaincus de la pertinence du modèle sur certains segments du marché. La RATP vient d’ailleurs de signer un protocole d’accord pour tester un bus électrique de la société basque Irizar. Baptisés i2e, ces bus ont une longueur de 12 mètres et autonomie de 250 kilomètres pour cinq heures de charge (9). Et si le diesel règne encore sur le secteur des longs trajets, les avancées technologiques permettent à l’électrique de continuer sa conquête sur le terrain des trajets urbains, se positionnant finalement comme une alternative crédible. Après le hollandais Ebusco, le chinois Yutong (en partenariat avec à l’alsacien Dietrich Carebus) et le polonais Solaris, c’est le quatrième test mené par la RATP en conditions réelles.

…mais l’enthousiasme est là

Comme pour tout, il est nécessaire de commencer petit mais de voir grand. Ainsi, si un pétrolier ou un porte-conteneur géant propulsé « grâce à la seule l’énergie électrique peut pour l’instant faire sourire » relève Forsee Power, le passage à l’électrique s’opère déjà sur des bateaux effectuant de plus courtes traversées comme les navettes portuaires « Navibus » ou « Transrade » déjà en service sur la côte Atlantique, de la Rochelle à Concarneau. Si pour des longs trajets le problème de l’autonomie reste encore une entrave, l’installation de bornes de recharge pour alimenter des transporteurs électriques en navigation fluviale est simple à envisager. Un bateau électrique coûte aussi bien moins cher à entretenir et à utiliser qu’un bateau diesel…

L’électrique n’est donc pas de l’ordre de l’excentricité mais de l’ordre du possible. C’est bien cette idée que défend le PDG de Forsee Power. Son PDG Christophe Gurtner, n’en démord pas : aujourd’hui, « la solution de la propulsion 100 % électrique est devenu un choix économique rationnel et pertinent », sur l’eau comme sur terre. Le PDG ajoute que si à l’achat un bus diesel est effectivement moins cher, « l’amortissement d’un bus électrique peut être réalisé sur sept ou huit ans, compte tenu des économies générées en consommation de carburant et en entretien ». Dès lors, selon lui, « la solution de l’électrique n’est plus un luxe d’écologiste », mais une opération économiquement viable. Des propos rejoins par Elisabeth Borne, PDG de la RATP, qui estime que « l’électrique, c’est l’avenir » et qu’ « il y a un vrai marché à la clé ».

Comme le déclare Pierre Mongin, précédent PDG de la RATP, « en associant entreprises de transports et constructeurs, le prix des bus hybrides a fortement baissé au Royaume-Uni. Pour l’électrique, nous pouvons entreprendre la même chose. » La solution de la motorisation électrique, en plus d’être souhaitable semble donc possible et même inévitable pour construire le futur de la mobilité durable. Face à cette transformation des modes de propulsion des transports déjà bien entamée, peut-être le diesel finira-t-il à terme par devenir une motorisation de luxe…

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Par : Jeanne Duval

 

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