Questions Cdurable à ...

Nicolas Perdrix, DG de sidièse : « Pour transformer le monde, il faut aussi transformer les récits que nous en faisons »

L’Heureux-Scope de la durabilité 2027 : les résultats

Directeur général de Sidièse, directeur d’EPSA Sustainability et associé du groupe EPSA, Nicolas Perdrix défend une conviction : la communication ne doit pas seulement valoriser les engagements des entreprises, mais contribuer à transformer leurs pratiques. À travers ses réponses aux Questions essentielles Cdurable et l’étude L’Heureux-Scope de la durabilité 2027, il dessine les contours d’une nouvelle approche de la transition : plus concrète, plus collective et davantage ancrée dans les réalités économiques, sociales et écologiques.

Heureux-scope de la durabilité 2027

Questions Cdurable à Nicolas Perdrix

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Nicolas Perdrix est directeur général de Sidièse, directeur d’EPSA Sustainability et associé du groupe EPSA. Il accompagne, avec ses équipes, les entreprises dans leurs démarches de responsabilité sociétale, de transformation durable et de mobilisation de leurs parties prenantes.

« Pour transformer le monde, il faut aussi transformer les récits que nous en faisons »

Nicolas Perdrix, directeur général de Sidièse, directeur d’EPSA Sustainability et associé du groupe EPSA

De l’émerveillement à la responsabilité envers le vivant

La relation de Nicolas Perdrix au vivant est d’abord une relation d’émerveillement. Ses voyages à travers le monde lui ont fait découvrir la diversité des paysages, des cultures et des manières d’habiter la planète. Ils lui ont aussi révélé la fragilité des équilibres naturels dont nos sociétés dépendent. Cette expérience nourrit son engagement professionnel depuis une vingtaine d’années : faire évoluer les représentations et les comportements pour préserver ce qui mérite de l’être.

Sa conviction est simple : avant de vouloir protéger le monde, encore faut-il apprendre à l’aimer.

Cette approche se retrouve dans sa conception de l’alimentation, qu’il envisage comme un plaisir, un moment de partage et une relation à la terre. Pour réussir la transition alimentaire, il ne suffit pas de multiplier les injonctions individuelles. Il faut aussi accompagner les producteurs, faire évoluer les modèles économiques et rendre les alternatives désirables et accessibles. Nicolas Perdrix défend ainsi une écologie qui donne envie de changer plutôt qu’une écologie qui culpabilise.

Réconcilier les besoins humains avec des modes de vie plus sobres

Son quotidien illustre cette recherche de cohérence. S’il apprécie l’énergie et la diversité de Paris, il trouve dans la baie de Somme un lieu de ressourcement, de contemplation et de recul. Pour lui, la qualité d’un habitat ne se résume pas au confort ou à l’architecture : elle dépend aussi de la relation qu’il permet d’entretenir avec l’environnement et les autres. Autre choix concret : le vélo, qu’il utilise depuis douze ans comme principal moyen de déplacement dans Paris. Avec son vélo cargo, il transporte aussi ses enfants. Au-delà de ses bénéfices écologiques, cette pratique lui apporte liberté, activité physique et temps de réflexion. Ces exemples traduisent une conception de la sobriété qui ne se réduit pas à la privation. Le vélo permet de concilier plusieurs besoins : se déplacer, préserver sa santé, gagner en autonomie et retrouver du temps.

Cette recherche d’équilibre se prolonge dans sa vision de l’énergie. Nicolas Perdrix souligne la nécessité de réduire les consommations et de mieux utiliser les ressources, tout en rappelant l’importance d’une autre forme d’énergie : celle que procurent les projets, la créativité, l’enthousiasme et la coopération.

La communication, un levier de transformation plutôt qu’un outil de valorisation

Pour Nicolas Perdrix, la transformation écologique ne dépend pas seulement des connaissances scientifiques ou de la pertinence des stratégies adoptées. Elle suppose également de comprendre les mécanismes humains et collectifs qui permettent de passer de la connaissance à l’action. Vingt ans d’expérience auprès des entreprises l’ont conduit à s’intéresser aux sciences humaines, à la psychologie des organisations et à la puissance des récits. Une entreprise ne se transforme pas simplement parce qu’elle a défini une stratégie pertinente. Le changement intervient lorsque ses collaborateurs comprennent cette stratégie, y trouvent du sens et commencent à agir différemment. C’est là que la communication prend toute sa dimension.

« La communication peut et doit être un levier de transformation, pas simplement un instrument de valorisation. »

Cette conviction guide son engagement au sein de Sidièse et d’EPSA Sustainability. Il s’agit d’aider les entreprises à structurer leurs engagements, à transformer leurs pratiques et à mobiliser leurs parties prenantes. La communication responsable ne peut donc pas se limiter à raconter les ambitions d’une organisation. Elle doit contribuer à rendre le changement compréhensible, désirable et possible.

Durabilité 2027 : passer des engagements aux décisions concrètes

Cette vision trouve un prolongement dans L’Heureux-Scope de la durabilité 2027, une étude prospective réalisée par Sidièse à l’initiative de PRODURABLE et d’EPSA. Menée de juin à septembre 2026 auprès de 200 dirigeants et professionnels de la durabilité, elle explore les évolutions que ces acteurs anticipent pour les prochaines années. Son constat principal est que la durabilité ne disparaît pas malgré les incertitudes économiques, les tensions géopolitiques et le recul de certaines impulsions politiques ou réglementaires. Elle change de place dans l’entreprise.

L’étude affiche une note moyenne d’optimisme de 5,62 sur 10. Ce résultat traduit davantage une forme de lucidité qu’un enthousiasme sans réserve. Les professionnels interrogés identifient notamment plusieurs évolutions majeures :

  • L’adaptation climatique devient prioritaire : 64 % choisissent le terme « adaptation » pour décrire la durabilité en entreprise en 2027.
  • Les risques physiques s’imposent : 56 % citent l’aggravation des risques climatiques et la résilience des actifs parmi les principales forces de transformation.
  • L’eau devient stratégique : 64 % identifient sa disponibilité, sa qualité et les conflits d’usage comme des enjeux susceptibles de prendre de l’importance.
  • La sécurisation des ressources progresse : 61 % anticipent une accélération des efforts consacrés aux ressources stratégiques.
  • La finance prend davantage de poids : 52,5 % placent la direction financière parmi les acteurs internes appelés à exercer une forte influence sur les décisions de durabilité.
  • La cohérence devient incontournable : 63 % anticipent une exigence accrue de cohérence entre les discours et les pratiques.

Ces résultats dessinent une évolution profonde : les enjeux écologiques ne peuvent plus être traités comme un sujet périphérique, confié exclusivement aux équipes chargées de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). L’accès à l’eau et à l’énergie, la disponibilité des matières premières, la vulnérabilité des sites de production, la continuité des approvisionnements et l’adaptation des métiers deviennent des questions de stratégie, d’investissement et de pérennité économique.

« La durabilité est en train de quitter le discours pour entrer dans le système d’exploitation de l’entreprise »

De la performance à la robustesse : repenser les modèles économiques

Cette évolution invite à interroger la définition même de la performance. Jusqu’à présent, de nombreuses démarches de transformation durable se sont concentrées sur les engagements, les objectifs de réduction des émissions et les trajectoires à long terme. Ces démarches restent nécessaires, mais elles ne suffisent plus à répondre aux vulnérabilités physiques et économiques auxquelles les entreprises sont confrontées. La question devient aussi celle de leur capacité à continuer de fonctionner lorsque les conditions se dégradent : pénuries de ressources, événements climatiques extrêmes, hausse des coûts ou fragilisation des chaînes d’approvisionnement.

La robustesse consiste alors à préserver les fonctions essentielles, à sécuriser les ressources et à anticiper les risques

Cette réflexion peut aller jusqu’à remettre en question certains modèles économiques. L’étude relève que 29,3 % des répondants anticipent une accélération de l’économie circulaire et 25,4 % une transformation des modèles économiques et industriels. Les réponses ouvertes évoquent également la sobriété, la réduction des volumes et l’abandon possible de certaines offres. Il ne s’agit donc plus uniquement de réduire les impacts négatifs d’un modèle existant, mais de déterminer ce qu’il faut diversifier, adapter ou transformer pour qu’il reste viable dans la durée.

Faire entrer la durabilité dans toute l’organisation

La transformation ne peut toutefois pas reposer sur la seule direction RSE. Selon l’étude, 47 % des répondants voient la durabilité s’installer au plus haut niveau de l’entreprise et 37 % anticipent sa diffusion dans l’ensemble des métiers et des fonctions. Les directions financières, les achats, les ressources humaines, les opérations et les équipes dirigeantes sont appelés à intégrer ces enjeux dans leurs décisions quotidiennes. Pour Nicolas Perdrix, cette évolution confirme que la transition écologique rejoint désormais les grandes questions stratégiques : l’accès aux ressources, la résilience des modèles économiques, la transformation des métiers, les attentes sociales et les nouvelles technologies.

L’intelligence artificielle constitue elle-même un enjeu de durabilité. Son développement soulève des questions relatives à la consommation d’énergie et d’eau, aux infrastructures, à la gouvernance des données, à l’emploi et aux compétences. L’enjeu est de déterminer quels usages créent une valeur durable supérieure à leurs coûts environnementaux et sociaux. Cette approche suppose de dépasser les raisonnements en silos pour considérer ensemble les dimensions écologiques, économiques, technologiques et humaines.

La transition écologique se joue aussi dans le travail et le partage de la valeur

La durabilité ne concerne pas seulement les ressources naturelles ou les émissions de carbone. Elle touche également la relation entre l’entreprise et ses collaborateurs. Dans L’Heureux-Scope de la durabilité 2027, 62 % des répondants placent un partage plus équitable de la valeur en tête des leviers susceptibles de renforcer cette relation. Le sens au travail arrive ensuite, cité par 57 % des participants, devant les conditions de travail, l’adaptation des métiers face à l’intelligence artificielle et la santé mentale. Ces résultats rappellent que les transformations écologiques et économiques ne peuvent réussir sans prendre en compte les aspirations et les conditions de vie des personnes concernées.

Dans ses réponses aux Questions essentielles Cdurable, Nicolas Perdrix insiste sur la nécessité de dépasser les intérêts immédiats des organisations pour mettre leurs capacités d’innovation et d’action au service de transformations qui bénéficient à la société. Son engagement pour l’intérêt général s’est notamment construit autour de la communication responsable, avec l’ambition de faire évoluer les imaginaires collectifs et les modes de consommation.

Coopérer pour construire des réponses à la hauteur des enjeux

Aucune transformation majeure ne peut, selon lui, réussir à l’intérieur des frontières d’une seule organisation ou d’une seule discipline. Dirigeants, responsables RSE, communicants, scientifiques, entrepreneurs, associations et acteurs de terrain détiennent chacun une partie des connaissances nécessaires pour comprendre les problèmes et construire des solutions. Au sein d’EPSA Sustainability, avec Sidièse, ekodev et Mon Univert, Nicolas Perdrix défend le rapprochement d’expertises complémentaires afin d’accompagner les entreprises de la stratégie à la mise en œuvre.

Mais coopérer ne signifie pas rechercher à tout prix le consensus. Cela suppose aussi d’accepter la confrontation des idées, de reconnaître les tensions et de construire collectivement des réponses. Cette conception rejoint l’approche de Cdurable.info : comprendre les interdépendances, confronter les expériences et mettre en lumière les transformations concrètes qui permettent de répondre aux besoins humains tout en préservant le vivant.

Transformer les récits pour rendre l’avenir désirable

Le message essentiel que Nicolas Perdrix souhaite transmettre porte sur notre capacité collective à imaginer et à raconter la transformation. Les engagements à long terme, les réglementations et les outils de reporting ont contribué à faire progresser la durabilité. Mais le contexte impose désormais de relier plus étroitement les ambitions écologiques aux réalités économiques et sociales. Les entreprises doivent apprendre à conjuguer performance, robustesse et limites physiques. Les dirigeants doivent intégrer ces enjeux dans leurs arbitrages. Les collaborateurs doivent pouvoir comprendre les transformations et y trouver du sens. La communication a un rôle essentiel à jouer dans ce passage à l’action, à condition de ne pas se contenter d’annoncer des ambitions : elle doit contribuer à démontrer les résultats et à rendre les changements possibles.

« Nous avons besoin de récits qui ne se contentent plus d’annoncer des ambitions lointaines, mais qui rendent les transformations compréhensibles, désirables et possibles. »

Pour Nicolas Perdrix, transformer le monde suppose ainsi de transformer les représentations qui orientent nos choix. Il ne s’agit pas seulement de mieux expliquer la transition écologique, mais de donner envie de prendre part à des changements qui relient les intérêts des entreprises, les aspirations des collaborateurs et les besoins de la société. Une conviction qui rejoint une question essentielle pour Cdurable.info : comment faire de la reconnexion au vivant non seulement une prise de conscience, mais aussi un moteur de transformation de nos modes de vie, de nos organisations et de notre économie ?


L’intégralité de ses réponses aux questions essentielles Cdurable !?

L’étude Heureux-Scope de la durabilité 2027

L’Heureux-Scope de la durabilité 2027 est une étude prospective réalisée par Sidièse à l’initiative de PRODURABLE et d’EPSA. Menée entre juin et septembre 2026, elle repose sur 26 questions adressées à 200 dirigeants et professionnels de la durabilité. Elle vise à identifier les signaux faibles et les évolutions anticipées par ce panel, sans prétendre représenter l’ensemble des entreprises françaises.


Agence experte de la communication RSE et des transformations positives  des organisations
Cyrille Souche
Cyrille Souchehttps://cdurable.info
Directeur de la Publication Cdurable.info qui a eu 20 ans en 2025 ... L'occasion de supprimer la publicité et d'un nouveau départ vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Je suis ouvert à toute proposition de coopération mutuellement bénéfique au service de la régénération du vivant.

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