Le Secrétaire général des Nations Unies appelle à l’élimination des combustibles fossiles afin d’éviter une « catastrophe climatique »

Les pays doivent éliminer progressivement le charbon et les autres combustibles fossiles pour éviter une « catastrophe » climatique, a averti le Secrétaire général de l’ONU, jeudi à New York.
Les combustibles fossiles comme le charbon contribuent au changement climatique.
Les combustibles fossiles comme le charbon contribuent au changement climatique.
« Nous nous précipitons vers la catastrophe, les yeux grands ouverts », a fustigé António Guterres lors d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à l’issue d’une réunion avec les leaders de la société civile en matière de climat venus du monde entier.
« Il est temps de se réveiller et d’agir », a dit M. Guterres.

Une catastrophe se profile à l’horizon

Les politiques actuelles conduisent à une augmentation de la température de 2,8 degrés. Il est encore possible de la limiter à 1,5 degré Celsius.

Le chef de l’ONU a affirmé qu’il était encore possible de limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius, mais que cela nécessiterait une réduction de 45 % des émissions de carbone d’ici à 2030. Toutefois, les politiques actuelles conduisent à une augmentation de la température de 2,8 degrés d’ici la fin du siècle, ce qui « annonce une catastrophe », a souligné M. Guterres. Il a appelé à une action mondiale immédiate en faveur d’émissions nettes zéro « et cela doit commencer par le cœur pollué de la crise climatique : l’industrie des combustibles fossiles ».
« Regardons les choses en face. Le problème ne se limite pas aux émissions des combustibles fossiles. Il s’agit des combustibles fossiles, un point c’est tout », a déclaré le Secrétaire général.

Laisser les combustibles fossiles « là où ils doivent être » dans le sol

Les pays doivent progressivement éliminer les combustibles fossiles, « laisser le pétrole, le charbon et le gaz dans le sol, là où ils doivent être, et stimuler massivement les investissements dans les énergies renouvelables », a-t-il ajouté.
Pour se faire le chef de l’ONU a évoqué plusieurs instruments, dont le Pacte de solidarité climatique à travers lequel les pays riches aideraient les économies émergentes à réduire leurs émissions. Une autre proposition de programme d’accélération appelle les gouvernements à éliminer progressivement le charbon d’ici à 2040, à mettre fin au financement international public et privé du charbon et à transférer les subventions accordées aux combustibles fossiles vers les énergies renouvelables, entre autres mesures. La responsabilité des industries de combustibles fossiles « Mais l’industrie des combustibles fossiles et ceux qui la soutiennent ont une responsabilité particulière », a-t-il déclaré, soulignant leur revenu net faramineux de 4.000 milliards de dollars l’année dernière.
« Pourtant, pour chaque dollar dépensé pour le forage et l’exploration du pétrole et du gaz, seuls quatre cents ont été consacrés aux énergies propres et à la capture du carbone. Échanger l’avenir contre trente pièces d’argent est immoral », a regretté M. Guterres.

Prendre le devant de la transition

M. Guterres a insisté sur le fait que l’industrie des combustibles fossiles devrait utiliser ses ressources massives « pour conduire, et non entraver » la transition mondiale vers les énergies renouvelables. À l’heure actuelle, l’industrie « n’atteint même pas les objectifs très bas de réduction des émissions opérationnelles qu’elle s’est fixée », a déploré le chef de l’ONU. Il a appelé les entreprises de combustibles fossiles à présenter de nouveaux plans de transition crédibles, complets et détaillés qui prévoient la réduction des émissions « en amont et en aval de la chaîne de valeur » – de la production au raffinage, de la distribution et à l’utilisation. Ces plans doivent également fixer des objectifs clairs et à court terme en vue de la transition vers des énergies propres.

Cesser le trafic d’influence visant à freiner le progrès

« Les entreprises du secteur des combustibles fossiles doivent également cesser leur trafic d’influence et leurs menaces juridiques visant à freiner le progrès. Je pense en particulier aux récentes tentatives de subversion des alliances net zéro, en invoquant la législation antitrust », a-t-il déclaré.
« Les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer pour rétablir la vérité. Ils doivent apporter leur contribution en rassurant clairement les citoyens. L’action collective en faveur du climat n’enfreint pas les règles antitrust : elle préserve la confiance du public », a-t-il ajouté.

La responsabilité des institutions financières

Les institutions financières doivent cesser d’investir dans le charbon, dans la prospection de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et dans l’expansion des réserves de pétrole et de gaz – et investir plutôt dans la transition équitable dans les pays en développement.

Le chef de l’ONU a également demandé aux institutions financières d’élaborer des plans détaillés, en précisant qu’elles devaient encourager la transformation énergétique mondiale. Ces plans devraient inclure une stratégie explicite visant à éliminer progressivement les actifs liés aux combustibles fossiles de leurs portefeuilles afin de garantir l’alignement sur l’objectif de zéro émission nette, et divulguer toutes les activités de lobbying et d’engagement politique.
« Les institutions financières du monde entier doivent cesser de prêter, de souscrire et d’investir dans le charbon, où que ce soit – y compris dans les nouvelles infrastructures, centrales et mines de charbon », a-t-il déclaré.
« Elles doivent également s’engager à cesser de financer et d’investir dans la prospection de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et dans l’expansion des réserves de pétrole et de gaz, en investissant plutôt dans la transition équitable dans les pays en développement », a fait valoir le chef de l’ONU.
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