« Les néo-écolos » du lundi 3 au vendredi 14 août dans la Croix

Bionat : des chaussures éthiques pour de beaux pieds bio

Durant deux semaines, la Croix propose chaque jour de découvrir un projet écologique original. De la chaussure, à la municipalité, en passant par l’habitat, un tour d’horizon en France des hommes et des femmes qui ont fait le choix d’un style de vie respectueux de l’environnement. Aujourd’hui, découvrez le portrait réalisé par ÉLISE DESCAMPS d’une marque de chaussure alsacienne bénéficiant d’un éco-label européen.

Le tannage de leur cuir n’utilise pas de métaux lourds, mais des extraits végétaux de chêne ou de châtaignier. Leur semelle est en latex de lait d’hévéa, et non en latex de synthèse. Il y en a aussi en chanvre et en coton, bio bien sûr. Les chaussures de la marque Bionat sont tout ce qu’il y a de plus écologiques. Leur créateur, Rémy Caspar, est un véritable passionné. Il s’est fait un nom dans le milieu du commerce bio, créant la première « biocoop » d’Alsace en 1980, puis plusieurs magasins, avant de se consacrer aux salons bio. C’est à la fin des années 1990 qu’une idée nouvelle germe dans la tête de celui qui s’habille et mange déjà bio, mais n’a pas encore trouvé la voie idéale pour ses pieds. « Sur les salons, je vendais notamment des appareils de pédicure, c’est peut-être pour ça que j’ai pensé à créer des chaussures bio. Personne n’en faisait, ni en France ni en Allemagne. J’ai rencontré un fabricant français de chaussures classiques installé à Cholet, et en 2000, j’ai démarré », raconte-t-il tout simplement. Comme Rémy Caspar ne connaît rien à ce domaine et n’est ni industriel ni styliste, il confie à ce fabricant la conception et la production des modèles. Lui en détermine les contraintes et assure la promotion et la vente, depuis son siège social alsacien. Si ses produits ne peuvent être définis comme bio, car « il n’existe pas de cahier des charges bio dans la chaussure », ils bénéficient cependant depuis trois ans de l’éco-label européen, et Rémy Caspar tente d’en parfaire le concept. Le cuir n’est pas encore bio ? Qu’à cela ne tienne : il cherche actuellement les vaches élevées en bio qui lui permettront de satisfaire à cette exigence. Le chausseur tient par ailleurs au confort et à la qualité. Ses modèles, au design simple qui respecte l’ergonomie du pied, garantis un an, plaisent aux personnes âgées et à celles dont les pieds sont capricieux. Pour en assurer la pérennité et transmettre son savoir-faire, il a racheté en 2003 la petite usine de Cholet, qui, confrontée à une concurrence croissante (l’industrie de la chaussure n’existe presque plus en France), déposait son bilan, n’ayant plus de clients. Il a réembauché ses ouvriers et son patron, qui reste le créateur des chaussures. Et il privilégie les cuirs provenant d’Europe, dont une partie de France. Produits naturels, chaussures confortables, fabrication française : c’est un tout, selon Rémy Caspar, motivé tout autant par l’environnement que par la santé et l’emploi. « L’éthique commence ici. J’essaie dans ma vie d’être cohérent », assure-t-il. Du coup, ses chaussures peuvent paraître chères : de 109 € pour des tongs à 265 € pour une paire de bottes. « On ne peut pas se nourrir bio et acheter à bas prix des chaussures fabriquées sur la base de l’exploitation. Il faut une prise de conscience, prendre de nouvelles habitudes de consommation, en se disant aussi qu’on peut acheter moins, mais de la qualité », plaide-t-il, toujours désireux de « faire du mieux possible ». Sa société est d’ailleurs partenaire de deux associations humanitaires qu’il fait connaître à ses clients sur son site, et il soutient régulièrement Greenpeace. La première année, 500 paires ont été vendues, la deuxième année le double, et aujourd’hui 13 000, avec toujours des perspectives de croissance. Le catalogue compte une quarantaine de modèles.

 

Demain mercredi 5 août dans La Croix : Un tour du monde écologique en famille

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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