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L’École des Ponts ParisTech lance

Ingenius, une revue numérique grand public pour comprendre les grands enjeux scientifiques

La plateforme de vulgarisation de la recherche se lance sur le thème du changement climatique et de la transition énergétique

lundi 28 novembre 2022
Posté par Cyrille Souche

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L’École des Ponts ParisTech lance une nouvelle revue numérique Ingenius qui a pour objectif de donner la parole aux chercheurs et experts de l’École dans une logique de science ouverte et de vulgarisation de la recherche pour mieux faire comprendre les grands enjeux scientifiques d’aujourd’hui et de demain. Elle permettra aussi de valoriser les projets et travaux des élèves-ingénieurs. Les premiers contenus diffusés sont consacrés au thème du changement climatique et de la transition énergétique sous des formats variés (articles, vidéos, podcasts…). Le lancement d’Ingenius est consacré au thème du changement climatique et de la transition énergétique en écho avec la COP27 qui s’est déroulée du 6 au 18 novembre dernier.



Ingenius, une revue numérique grand public pour comprendre les grands enjeux scientifiques

"L’état des connaissances est clair : il est urgent d’agir pour réduire les émissions et éviter les effets les plus graves du changement climatique." Céline Guivarch

Ingenius, une revue numérique grand public pour comprendre les grands enjeux scientifiques
L’École des Ponts ParisTech lance une nouvelle revue numérique Ingenius qui a pour objectif de donner la parole aux chercheurs et experts de l’École dans une logique de science ouverte et de vulgarisation de la recherche pour mieux faire comprendre les grands enjeux scientifiques d’aujourd’hui et de demain

Le site Ingenius, disponible en français et en anglais, s’enrichit chaque mois d’articles, vidéos et podcasts autour de 5 grandes thématiques :

  1. Énergie, Écologie et Climat
Énergie, Écologie et Climat
  1. Ville, Urbanisme et Construction
Ville, Urbanisme & Construction
  1. Mobilités, Transports et Infrastructure
Mobilités, Transports et Infrastructure
  1. Numérique, Modélisation et Intelligence artificielle
Numérique, Modélisation & Intelligence artificielle
  1. Économie et Société.

Un outil de médiation scientifique

En proposant des contenus fiables et accessibles, Ingenius a pour vocation de partager et diffuser les connaissances au plus grand nombre et donne à voir la contribution sociétale des recherches menées à l’École.

Le site agrège des contenus éditoriaux aux formats variés (articles, podcasts, infographies, vidéos…), qui seront enrichis chaque mois et ont été conçus pour s’adresser à un public diversifié que ce soit les communautés académiques et scientifiques du secondaire au supérieur ou plus largement pour tous les férus des questions de science et de société. Il s’adresse aussi à un public international avec la mise à disposition d’une version anglaise.

Parmi les premiers contributeurs figurent :

  • Céline Guivarch, spécialiste de l’économie du changement climatique à l’échelle mondiale, membre du Haut conseil pour le climat, elle est également auteure au sein de l’équipe de rédaction du 6e rapport d’évaluation du GIEC,
  • Pierre-Antoine Versini, docteur-ingénieur en Hydrologie et HDR (Habilité à Diriger des Recherches),
  • Karine Sartelet, directrice de recherche au laboratoire CEREA (laboratoire commun École des Ponts ParisTech et EDF R&D)…

Un planning éditorial adapté aux sujets d’actualité et reflétant la diversité des recherches

Le lancement d’Ingenius est consacré au thème du changement climatique et de la transition énergétique en écho avec la COP27 qui s’est déroulée du 6 au 18 novembre dernier.

Parmi les sujets traités :

Agriculture et sécurité alimentaire : impacts du changement climatique et de nos modes de vie

La pollution plastique, la construction 4.0, les mobilités, les sports et sciences… sont quelques-uns des sujets des prochains mois.

La revue numérique est coordonnée par un comité éditorial constitué de chercheurs, ingénieurs, responsables académiques et personnels administratifs. Il définit et assure le maintien de la ligne éditoriale, oriente les contenus à proposer aux lecteurs en fonction de l’évolution des problématiques de recherche de l’École des Ponts ParisTech et recommande des contributeurs et est également garant des contenus scientifiques diffusés.


Atténuation du changement climatique : le temps de l’action

3000 pages, plus de 18 000 articles académiques évalués, 278 auteurs principaux et des milliers de contributeurs, le rapport du GIEC, paru en avril dernier, représente la somme la plus à jour des connaissances scientifiques sur l’atténuation [1] du changement climatique. Si vous n’avez pas le temps de vous plonger dans ce rapport foisonnant, voici ses principaux messages en quelques lignes, en espérant qu’elles vous donneront envie d’aller plus loin…

Par Céline Guivarch septembre 2022 - 7 mins de lecture

Atténuation du changement climatique : le temps de l’action par Céline Guivarch
© Illustration de Luc Schuiten

En 2021, le premier volet du rapport du GEIC, sur la physique du climat, établissait comme un fait sans équivoque l’influence humaine sur le réchauffement du globe : +1,1 °C par rapport à l’ère préindustrielle, au plus haut de 100 000 ans. Quelques mois plus tard, le deuxième volet montrait les effets en cascade de ce réchauffement sur les écosystèmes et les sociétés humaines. Il mettait également en lumière les connaissances sur les solutions d’adaptation à un climat qui change, mais aussi, sur leurs limites. C’est ici qu’intervient le troisième volet qui synthétise les connaissances scientifiques sur le bilan des émissions passées et les perspectives d’émissions futures, les options de réduction des émissions, les politiques de lutte contre le changement climatique, leur financement et les innovations qu’elles requièrent. Que nous dit ce rapport ?

Une décennie critique

Malgré des politiques et mesures de plus en plus nombreuses, dans de nombreux pays et à tous les échelons de gouvernance, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) restent à la hausse. Ces politiques et mesures ont permis d’éviter des émissions, mais seulement en ralentissant le rythme de leur augmentation à l’échelle mondiale, sans parvenir à inverser la tendance. Ainsi, les émissions de GES, dont l’accumulation dans notre atmosphère cause le changement climatique, n’ont jamais été aussi élevées en valeur absolue.

Climate Change 2022 : Mitigation of Climate Change. Figure SPM.1
Source : IPCC, 2022.

Or, pour se placer sur une trajectoire compatible avec la limitation du réchauffement global à 2 °C, les émissions mondiales doivent être réduites de 20 à 30 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2019. Pour 1,5 °C, c’est une division par 2.

Climate Change 2022 : Mitigation of Climate Change. Figure SPM.4.
Source : IPCC, 2022.

La décennie actuelle est donc critique pour amorcer et accélérer la baisse des émissions mondiales de GES, et enclencher les transformations nécessaires dans tous les grands secteurs - énergie, industrie, transports, bâtiments, infrastructure, villes, agroalimentaire, etc. Quel que soit le niveau de stabilisation du réchauffement global visé, il faut atteindre zéro émission nette de CO2 (que l’on appelle aussi la neutralité CO2 ou parfois neutralité carbone), et une baisse des autres GES – méthane, protoxyde d’azote, gaz fluorés. Dans les trajectoires compatibles avec 1,5 °C, cette neutralité CO2 est atteinte vers 2050 ; et vers 2070 pour 2 °C.

Limiter l’ampleur du changement climatique

Si les transformations nécessaires de tous les grands secteurs sont en effet majeures, nous disposons aujourd’hui de solutions. Ainsi, il existe des options de réduction des émissions, dont le coût est inférieur à 100$ la tonne de CO2, et qui, cumulées, pourraient réduire les émissions mondiales de GES de moitié d’ici 2030. Il s’agit de technologies de production d’électricité renouvelable (solaire, éolien) ou nucléaire, de solutions pour réduire les fuites de méthane et de gaz fluorés, de stockage de carbone dans les sols agricoles, de restauration des écosystèmes et des forêts, de solutions de sobriété et d’efficacité énergétique dans le bâtiment, de développement des transports en commun et des mobilités actives (vélo et marche), de l’électrification des véhicules, des solutions d’efficacité énergétique et matière dans l’industrie, de solutions de recyclage, etc.

Climate Change 2022 : Mitigation of Climate Change. Figure SPM.7
Source : IPCC, 2022.

Le rapport fait un focus spécifique sur les actions portant sur les demandes (d’énergie, de matériaux, de biens, de terres, d’eau) et met en évidence un potentiel important, de 40 à 70 % de réduction d’émission à l’horizon 2050. Certaines de ces actions reposent sur l’adoption de technologies, d’autres relèvent de l’efficacité ou encore de la sobriété. Des exemples de ce triptyque dans le secteur des bâtiments sont :

  • l’installation de panneaux solaires sur les toits (technologie) ;
  • l’isolation (efficacité) ;
  • le réglage du chauffage à 19 °C plutôt que 20 °C (sobriété).

Dans le secteur des transports, les actions se rapportent au cadre « éviter, transformer, améliorer ». Par exemple :

  • éviter des déplacements de personnes avec un urbanisme raccourcissant les distances entre domicile, travail, écoles, commerces, etc. ;
  • éviter des déplacements de marchandises en raccourcissant les chaînes d’approvisionnement, transformer les modes de transport en reportant les modes les plus émetteurs (avion, voiture) vers des modes peu émetteurs (rail, transport en commun) ou non émetteurs (vélo, marche) ;
  • améliorer les véhicules pour qu’ils soient légers et électrifiés, etc.

Le rapport souligne que ces actions sur les demandes ne sont pas la seule responsabilité des consommateurs finaux, mais nécessitent des actions collectives et des politiques publiques pour transformer les infrastructures, construire et permettre l’accès aux alternatives décarbonées pour tous.

Les villes, en première ligne

Le rapport met également l’accent sur les villes, qui concentrent population et activités, et qui concentrent donc les émissions, mais aussi, les leviers pour les réduire : planification urbaine, bâtiments, réseaux de transport, amélioration de l’absorption et du stockage du carbone (en ramenant arbres, végétation, espaces verts, étangs). Ce dernier levier est également une solution d’adaptation face au phénomène d’îlot de chaleur urbain lors des vagues de chaleur qui deviennent plus fréquentes avec chaque fraction de réchauffement du globe.

Le coût d’un certain nombre de ces options de réduction des émissions a beaucoup diminué avec leur déploiement récent (par exemple, le coût du solaire a été divisé par 10 en 10 ans). Et il est établi que le coût macroéconomique des actions pour réduire les émissions est inférieur au coût de l’inaction : agir pour limiter l’ampleur du changement climatique coute moins cher que d’en subir les dommages.

Pour autant, le rapport montre que les transformations majeures que nécessite la réduction des émissions ne pourront se faire à la marge, et met en évidence des barrières à leur mise en œuvre.

Climate Change 2022 : Mitigation of Climate Change. Figure SPM.3. [en ligne]. [Consulté le 4 novembre 2022]. Disponible à l’adresse :
Source : IPCC, 2022.

Des freins à l’atténuation du changement climatique

Certaines barrières sont d’ordre physique. Par exemple, si les infrastructures liées aux énergies fossiles (les centrales électriques à charbon, gaz ou pétrole, les installations industrielles, les véhicules thermiques, etc.) déjà existantes, sont utilisées jusqu’à la fin de leur durée de vie technique, cela saturerait le budget d’émissions correspondant à un réchauffement de 1,5 °C du globe.

D’autres sont d’ordre financier. Les investissements observés sont inférieurs, d’un facteur 3 à 6 selon les secteurs et régions, aux investissements nécessaires pour l’atténuation. Les manques d’investissements sont les plus grands dans les pays en développement, et dans les secteurs des transports, de l’agriculture et de la foresterie. Or, les capitaux disponibles à l’échelle mondiale sont suffisants pour combler ces écarts. Il s’agit de réorienter les investissements, qui financent encore massivement les énergies fossiles, vers les solutions d’atténuation.

D’autres barrières sont d’ordre institutionnel. L’ampleur des transformations à mettre en œuvre nécessite des mesures ambitieuses et coordonnées entre tous les échelons de gouvernance, depuis les territoires, régions, pays, jusqu’à l’Europe et l’international, dans un monde extrêmement inégal. À l’échelle mondiale, les 10 % les plus riches sont responsables de 40 % des émissions environ, tandis que les 50 % les plus pauvres représentent moins de 15 % des émissions. À l’échelle internationale, il s’agit d’organiser la solidarité face au changement climatique, les transferts de technologies, le financement international des actions de réduction des émissions.

Chercher les synergies possibles

Pour contribuer à lever ces barrières, le rapport explore la recherche de synergies avec d’autres objectifs de développement (éradication de la pauvreté, amélioration de la santé, de l’éducation, réduction des inégalités,etc.). Sur la santé par exemple, les synergies sont multiples. La limitation de la combustion d’énergies fossiles, en plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre, diminue les polluants locaux néfastes pour la santé. Développer les mobilités actives réduit les émissions et lutte contre la sédentarité. Adopter des régimes alimentaires moins carnés, suivant les recommandations nutritionnelles, est bon pour la santé et réduit les émissions de méthane.

Le rapport souligne aussi les démarches de transition « juste », qui visent à permettre à tous de trouver leur place dans un futur monde bas-carbone. Ces démarches prennent en compte la question des inégalités dès la conception des politiques d’atténuation. Elles concernent les formations, les reconversions, les constructions collectives d’alternatives.

Prévenir les effets les plus graves

L’état des connaissances est clair : il est urgent d’agir pour réduire les émissions et éviter les effets les plus graves du changement climatique. Chaque fraction de degré additionnel entraine des risques et dommages supplémentaires. Les solutions de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont connues. Nous avons les moyens de les mettre en œuvre, tout en améliorant le bien-être de tous.

Nous sommes à l’aube de décennies d’actions exigeantes pour transformer radicalement tous les grands systèmes et atteindre zéro émission nette de CO₂. Et cette décennie-ci est critique pour les amorcer.

Quel rôle allez-vous jouer dans ces transformations ?


École des Ponts ParisTech

L’École des Ponts ParisTech est une grande école française. Depuis 1747, elle forme des ingénieurs de haut niveau, de futurs dirigeants et des chercheurs aptes à relever les défis de la société et de la transformer. Au-delà du génie civil et de l’aménagement du territoire, qui ont fait historiquement son prestige, l’École développe formations et recherche d’excellence liées aux enjeux de la transition énergétique.

 https://ecoledesponts.fr/

Ingenius, une revue numérique grand public pour comprendre les grands enjeux scientifiques

[1i.e. la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)

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