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Les Amis de la Terre participent au lancement d'un film pédagogique sur la déforestation

L’histoire de REDD : une réelle solution à la déforestation?

Mécanisme de Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts (REDD)

A quelques semaines de l’ouverture du Sommet de Rio +20 sur l’économie verte, les Amis de la Terre lancent, avec 7 autres organisations, un film pédagogique et critique pour décrypter les enjeux autour du mécanisme de Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD).

La déforestation est une cause majeure des changements climatiques, et représenterait chaque année l’équivalent de 15 à 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Depuis 2006, les Nations unies planchent, dans le cadre des négociations sur le Climat, sur un mécanisme pour réduire les émissions liées à la déforestation, comme l’explique Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour les Amis de la Terre : « Arrêter la déforestation est indispensable pour stabiliser le climat mais le mécanisme REDD ne répond pas à cet objectif. Plutôt que de renforcer les droits des communautés forestières, d’interdire la conversion des forêts en monocultures ou l’exploitation industrielle du bois, ce mécanisme constitue une formidable échappatoire pour les entreprises qui peuvent continuer à polluer en achetant des forêts ou en plantant des arbres ». Le film « L’histoire de REDD : une réelle solution à la déforestation ? », coordonné par FERN [[FERN est une organisation non-gouvernementale (ONG) créée en 1995 pour suivre l’implication de l’Union Européenne dans les forêts et pour coordonner les activités des ONG au niveau européen.]] et réalisé dans le cadre d’un projet européen Grundtvig réunissant 7 partenaires, est avant tout un outil d’éducation populaire comme le souligne Sylvain Angerand : « A travers ce projet, nous voulons sensibiliser les citoyen(ne)s sur les dérives des marchés du carbone et de façon plus générale sur les risques liées à la financiarisation de la nature. Au fil des ans, les entreprises ont pris le contrôle sur les processus des Nations unies: il faut inverser cette tendance et replacer les peuples au cœur de ce qui se discute dans les enceintes onusiennes ». En effet, le Sommet de Rio +20 pourrait constituer une étape majeure pour la prise de contrôle des biens naturels par les entreprises et les acteurs financiers comme le laisse entendre, par exemple, la déclaration sur le capital naturel. Or, comme le montre l’exemple des nombreux pilotes REDD que surveillent les Amis de la Terre, les marchés du carbone et l’arrivée des acteurs financiers est davantage une menace qu’une solution. Juliette Renaud, chargée de campagne pour les Amis de la Terre conclut : « Des centaines de milliers de personnes sont expulsées de leurs terres ou de leurs forêts parce que des entreprises, sous prétexte d’économie verte, prennent le contrôle de ces espaces. Le problème de fond est la surconsommation croissante de ressources naturelles et la compensation de ces excès ne fait que déplacer le problème ailleurs, là où les gens n’ont aucun moyen de s’opposer. »

 

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David Naulinhttp://cdurable.info
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1 COMMENTAIRE

  1. L’histoire de REDD : une réelle solution à la déforestation?
    REDD n’est pas a priori un mécanisme de marché. C’est un mécanisme qui vise simplement à compenser des pays pour la réduction de leurs émissions. Les modalités de mise en oeuvre sont ouvertes et en débat. Il appartient aux pays de décider des moyens à mettre en oeuvre, des sauvegardes à adopter etc. REDD est donc porteur de risques et d’opportunités. C’est un instrument qui ne sera pas meilleur ou pire que ce que ses utilisateurs en feront. Comme un couteau est un ustensile de cuisine utile même si certains peuvent s’en servir pour faire du mal… Doit-on pour autant interdire la fabrication des couteaux? Je trouve utile que les ONG mettent en lumière les risques et proposent des solutions. Mais il est déplorable de ne rendre ainsi compte que d’une vision négative de REDD+ et ainsi de jeter l’instrument sous prétexte qu’il peut être mal employé. Et qu’ont-elles d’autre de réaliste (je précise: réaliste! techniquement, politiquement, financièrement…) à proposer? Je précise enfin qu’on arrive à très bien travailler avec nombre d’ONG, y compris des ONG de plaidoyer comme Green peace ou Rainforest Foundation, à partir du moment où elles abandonnent leurs positions de principe simplistes et qu’elles viennent avec nous sur le terrain chercher à vraiment construire des solutions… Alors pourquoi ces discours chocs qui véhiculent des messages manichéens alors que la réalité est plus complexe et qu’il n’y aura jamais de solution miracle…