L’écologie s’inscrit dans un nouvel équilibre : moins abstraite, plus concrète, davantage liée au vécu et aux préoccupations des Français. C’est l’idée qui ressort du baromètre annuel Les Français parlent climat 2026, réalisé par Parlons Climat auprès de 5000 répondants. En 2025 on parlait de plus en plus de “backlash” environnemental mais qu’en est-il vraiment ? Comme souvent, c’est un peu plus compliqué quand on se penche sur l’état d’esprit des Français.

Les enjeux climat et environnement s’inscrivent désormais dans un entre-deux, fait d’une polarisation politique plus marquée à droite et d’un ralentissement du soutien déclaré à la transition ; alors que dans un même temps l’écologie du vécu, celle qui touche au cadre de vie et à la préservation de notre santé, rassemble et est largement plébiscitée par les Français. C’est donc sur ce double-tableau que s’ouvre cette nouvelle séquence 2026, avec son lot de défis et d’opportunités.
4 idées phares à retenir du Baromètre 2026

1- L’écologie tend à s’imposer et à se normaliser dans les modes de vie. Végétarisme, voiture électrique, déplacements à vélo, rénovation thermique, panneaux solaires, ne sont plus des pratiques isolées.

2 – Les enjeux de santé, de plus en plus prégnants, mettent tous les électorats d’accord : moins de pesticides, plus de surface agricole en bio.


3 – L’autonomie, terme particulièrement positif aux yeux des Français, tend à s’imposer sur fond de tensions géopolitiques.

4 – Enfin, si on observe bien une baisse sur certains indicateurs de soutien à l’écologie à droite de l’échiquier politique, il semble plus juste de parler de phénomène de polarisation que de backlash.

Beaucoup d’autres enseignements sont à découvrir dans l’étude complète
Les Français parlent climat 2026
Polarisation politique et normalisation des modes de vie, les deux sons de cloche de la transition écologique
En 2026, les indicateurs de soutien au climat et à l’environnement enregistrent de légères baisses, cependant plus fortes à droite de l’échiquier politique, traduisant un phénomène de polarisation, plus qu’un recul en arrière. Ainsi les enjeux environnementaux restent une priorité pour 24% des Français (-2 pts vs. 2025) et les politiques publiques restent majoritairement soutenues par la population (8 sur les 13 politiques suivies), malgré une baisse notable de ce soutien en 2026.
En parallèle, on note qu’une forme de proximité s’est installée entre les Français et la transition. Cela se traduit notamment dans les modes de vie avec près des deux tiers des Français déclarant côtoyer des individus ayant des pratiques écologiques (voiture électrique, rénovation énergétique, végétarisme, panneaux solaires, déplacements en vélo) et une évidence que le processus de transition engagé doit se poursuivre (seuls 8% des Français estiment que les responsables politiques en font déjà trop).
Un son de cloche l’on retrouve en période d’élections municipales dans d’autres sondages. “63 % des Français se disent gênés de voter pour un candidat remettant en cause les mesures de transition écologique déjà engagées dans leur territoire” (Ifop X RAC) et “70% des élus municipaux mettent l’environnement dans leur top 3 des enjeux prioritaires pour le prochain mandat.” (Grande Consultation, The Shift Project).
Des enjeux santé montants, notamment ceux liés à l’alimentation
Si les Français se déclarent préoccupés par la question de la pollution, c’est celle de l’eau potable et de leur alimentation qui les inquiète le plus fortement (respectivement 63% et 60% se disent “très inquiets”). Des sujets qui touchent d’ailleurs plus particulièrement les femmes (+11 pts par rapport aux hommes).

Dans un contexte marqué par plusieurs scandales sanitaires ces derniers mois et années (PFAS, cadmium, algues vertes…), le niveau de soutien aux politiques publiques visant à réduire le recours aux pesticides et à tripler la surface agricole en bio ne faiblit pas (respectivement 84% et 71% de soutien), et reste majoritaire dans tous les électorats.
La santé demeure donc un sujet de préoccupation majeur pour le pays, le troisième derrière le pouvoir d’achat et l’insécurité, comme l’année passée. Or le lien entre protection de l’environnement et protection de la santé apparaît de plus en plus évident aux Français qui sont 76% à avoir déjà entendu parler de ce lien et 75% à affirmer que prendre soin de l’environnement c’est aussi prendre soin de notre santé.
L’autonomie comme horizon désirable
L’année 2026 s’ouvre sur une montée des tensions géopolitiques dont le niveau de priorisation de la part des Français dépasse à présent celui des enjeux climatiques et environnementaux. Ainsi, 28% mettent les tensions internationales dans leur 3 priorités pour le pays (+ 7pts en un an), contre 24% pour l’environnement (- 2pts).
Pour autant, ces deux enjeux se recoupent. Quand il est question d’évoquer des propositions de société idéale, l’idée d’une consommation “produite localement par de petites entreprises” est majoritaire, et ce, dans tous les électorats. Plus de 6 Français sur 10 adhèrent à l’idée que “remplacer les énergies fossiles comme le pétrole, c’est sortir de la dépendance aux pays qui nous en vendent”.
Notons que l’indépendance est aussi une valeur particulièrement forte au niveau individuel. “S’en sortir par ses propres moyens” est même la première source de fierté des Français devant la nationalité française (84% vs. 72%). Les termes “indépendance” et “autonomie” sont d’ailleurs largement connotés positivement (75% et 82%).
Autant d’indicateurs qui donnent à penser la transition écologique comme un moteur de souveraineté dans tous les domaines (énergétique, alimentaire, industriel, numérique…)
Étude complète
Les Français parlent climat 2025 : Quelles perspectives dans un contexte nouveau ?

En bref
- ➡️ La priorisation du sujet climat recule. Mais de – 4pts par rapport à 2022. Et il s’agit surtout d’une dépriorisation au vu d’un contexte de crises multiples qui inquiète énormément les Français.
- ➡️ La transition écologique pâtit de la défiance, intense, vis-à-vis de l’État et des politiques. Mais les mesures climatiques restent en grande majorité acceptées, voire consensuelles, dans l’opinion publique.
- ➡️ Les oppositions sont en augmentation (climatoscepticisme, techno-solutionnisme), mais elles ne se traduisent pas par une opposition systématique aux politiques publiques.
- ➡️ La part de Français qui pensent qu’on ne parle pas assez du climat dans les médias diminue (cf. ADEME), mais on est encore loin d’avoir entendu tous les acteurs perçus comme légitimes pour porter le sujet, notamment les élus locaux et les acteurs économiques.
1. Contexte général :
vision de la société et du politique
La défiance gagne du terrain dans un monde qui fait de plus en plus peur

La défiance impacte le rapport à l’État et à la solidarité

Justice sociale : Dans la définition d’une société juste, le mérite prédomine

3 points majeurs de contexte à prendre en compte
- La lutte contre le changement climatique est un enjeu de coopération conditionnelle, au niveau national et international. La défiance l’abîme.
- L’État joue un rôle central dans les propositions pour la transition écologique, or son intervention est questionnée, avec des manques perçus sur ses missions historiques.
- La transition juste se base sur une définition de la justice sociale qui n’est pas univoque. Dans une société du “mérite”, les aides sont un outil qui perd de son évidence.
2. Environnement et climat :
un contexte difficile
Le contexte économique tend à éclipser l’écologie


La priorisation climat reste hétérogène au sein de la population

Une forte croyance dans la capacité du politique à résoudre les problèmes … moins celui du climat

Une montée des oppositions, mais un impact sur le soutien aux politiques publiques à relativiser

3. Opportunités et challenges spécifiques
Des politiques publiques qui restent consensuelles

La santé : un lien direct avec le climat à mieux exploiter

Des Français qui disent déjà être informés des solutions à leur portée,
sans que cela ne se traduise forcément en passage à l’action

La voiture, un sujet inflammable qui ne se résoudra pas que par l’accessibilité financière

Le soutien aux organisations et mouvements écolos est sociologiquement et idéologiquement marqué

Des émetteurs légitimes pour parler d’environnement et de changement climatique

Les chefs d’entreprise et les marques sont dans leur rôle pour parler climat

Les ONG sont perçues comme légitimes bien que dans le détail, seuls Greenpeace et WWF parviennent à émerger.

Les français parlent climat 2025
Quartiers populaires et écologie
Dans les quartiers populaires, les jeunes attendent qu’on les accompagne vers l’action environnementale
La question environnementale intéresse les jeunes habitants des quartiers populaires. Ils et elles sont même prêts à passer à l’action… à condition qu’on leur explique pourquoi et comment, et qu’on leur montre comment ça peut améliorer leur vie. C’est ce qui ressort de l’analyse croisée de plusieurs enquêtes et études.





