La Mission Lepage remet son rapport final au gouvernement : 88 propositions en faveur de la gouvernance écologique

Au terme de la première phase de la tâche qui lui a été confiée en fin d’année 2007 par le Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, Jean-Louis Borloo, la Mission Lepage a remis son rapport final au gouvernement le 1er février dernier.

Présidente de Cap 21, avocate (son cabinet, Huglo-Lepage Associés Conseil, est membre d’Orée), Corinne Lepage avait en charge la traduction juridique des orientations prévues par le Grenelle de l’environnement en matière de gouvernance écologique. Pour mener à bien cette réflexion, elle s’est entourée d’une vingtaine d’experts au nombre desquels : Dorothée Benoit Browaeys, journaliste scientifique, déléguée générale de Vivagora, Thomas Chaudron, Président national du Centre des jeunes dirigeants d’entreprises et Christian Garnier, Vice Président de la fédération France Nature Environnement.

Les 88 propositions formulées dans le rapport portent en particulier sur l’amélioration des conditions de l’accès à l’information environnementale, le renforcement des règles de l’expertise et de la responsabilité des décisionnaires.

S’agissant du premier point, la mission préconise de « passer d’un droit à communication pour les particuliers à une obligation d’information des autorités publiques » en matière d’environnement et de santé, impliquant la transparence totale et la mise à disposition de toutes les données, même brutes, détenues par l’administration. Elle prévoit en contrepartie la pénalisation de toute initiative de rétention d’information. Elle recommande en outre un encadrement plus strict des secrets défense et industriel, lorsqu’ils ont trait aux questions environnementales et sanitaires, mais également l’élaboration d’indicateurs environnementaux permettant aux consommateurs de comparer les produits qui leur sont proposés. Autre proposition phare, la sécurisation du lanceur d’alerte et la mise en œuvre de procédures internes et externes lui garantissant confidentialité et protection.

Sur la question de l’expertise, « l’objectif doit être de contrebalancer l’asymétrie qui existe entre les différentes sources d’expertise et qui constitue un obstacle à la participation effective du public à l’élaboration des décisions » . Ainsi, le rapport préconise la création d’une haute autorité de l’expertise dont la mission principale sera de contrôler l’indépendance financière, les compétences et la responsabilité des experts. Pluralisme, pluridisciplinarité et contradiction devront ainsi être les maîtres mots d’une procédure d’expertise de qualité. Sur ce point, le rapport cite les travaux de l’association Orée en faveur d’une expertise environnementale d’excellence (page 46).

Enfin, « les propositions relatives à la responsabilité ont pour objet de renforcer tout l’amont du processus de décision au niveau des procédures d’acquisition et de diffusion des connaissances afin de responsabiliser pleinement ceux qui, en toute connaissance de cause des risques et/ou en toute connaissance de cause des incertitudes et des questions auxquelles ils ont refusé de répondre, ont décidé de mettre en oeuvre une technologie, un produit ou un service ». La notion de « faute ayant causé un dommage à l’environnement » pourrait également être insérée dans le Code civil avec la notion de réparation qui lui est rattachée. A ce sujet également, le rapport recommande la transposition dans le droit français de la directive Responsabilité environnementale pour laquelle un projet de loi a d’ores et déjà été déposé au Sénat.

Ce rapport sera complété au printemps prochain par un second document traitant cette fois-ci plus spécifiquement de la gouvernance écologique dans la perspective de la présidence française de l’Union européenne.

Lire aussi

L’eau n’attendra pas : pour réussir la transition hydrique de la France

À moins de six mois de l’élection présidentielle, les Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle (ATEP) interpellent les candidats sur la gestion de l’eau en publiant « L’eau n’attendra pas », un manifeste qui formule dix propositions concrètes pour la période 2027-2032.

Cinq associations lancent un Pacte national pour faire des sols vivants une priorité

Alors que 89 % des sols agricoles de l'Union...

Investir dans notre avenir : L’innovation sociale par la preuve

"Investir dans notre avenir" : ce thème de la...

La transition écologique à l’âge des preuves, une évolution inévitable pour 68% des français

Que font les crises successives à l'opinion et à...

Newsletter

Sur Cdurable

Réseau des Ordonnances Vertes : unir les territoires pour protéger la santé dès la grossesse

Le Réseau Ordonnances Vertes veut faciliter l'accès à une alimentation bio, sensibiliser aux perturbateurs endocriniens et renforcer la prévention en santé environnementale.

Immobilier : après le DPE, la qualité environnementale du quartier devient un nouveau critère de choix !

Deux appartements affichent le même DPE, la même surface...

De la théorie du donut à l’outil pour une approche durable de l’avenir

Comment concilier la satisfaction des besoins humains fondamentaux avec...

L’eau n’attendra pas : pour réussir la transition hydrique de la France

À moins de six mois de l’élection présidentielle, les Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle (ATEP) interpellent les candidats sur la gestion de l’eau en publiant « L’eau n’attendra pas », un manifeste qui formule dix propositions concrètes pour la période 2027-2032.

Paul de Vulpian, cofondateur de Villa Hélène, voit le potentiel thérapeutique des champignons pour la médecine de demain

Saviez-vous que trois des plus grandes révolutions médicales du XXe siècle doivent leur existence … aux champignons ? Et ce n'est pas une plaisanterie...

Cinq associations lancent un Pacte national pour faire des sols vivants une priorité

Alors que 89 % des sols agricoles de l'Union européenne présentent des signes de dégradation, cinq associations engagées dans la transition agricole appellent les...