« Évaluation, caractérisation et mise en œuvre des démarches low-tech » est une étude réalisée pour l’ADEME dans l’optique de lever deux freins à l’adoption des low-tech par les acteurs économiques. Elle a permis d’apporter des conclusions objectives et chiffrées concernant la meilleure performance environnementale des solutions low-tech par rapport à leur scénario de référence. De façon transversale, les low-tech sont pertinentes pour aborder les problématiques du changement climatique et d’équipement des ressources. De plus, les travaux, études de cas et entretiens menés ont permis de formaliser un cadre opérationnel complet pour aborder les low-tech à l’échelle d’un produit et des organisations. Ces outils apportent un éclairage complémentaire à ceux portés par nombre d’acteurs des mouvements low-tech et constituent une base technique pour encourager le passage à l’action, qui nécessite un accompagnement culturel pour que les entreprises s’approprient la démarche et que low-tech conservent leur dimension transformante.

Arthur Keller et Émilien Bournigal — https://resilienceterritoriale.org/low-tech/
Qu’est-ce que la low-tech ?

Le qualificatif de low-tech s’applique à une démarche et non pas à son résultat. Ainsi, un objet n’est pas low-tech dans l’absolu, il est plus (ou moins) low-tech qu’une solution alternative répondant au besoin initial.
L’approche low-tech, parfois appelée innovation frugale, est une démarche innovante et inventive de conception et d’évolution de produits, de services, de procédés ou de systèmes qui vise à maximiser leur utilité sociale, et dont l’impact environnemental n’excède pas les limites locales et planétaires. La démarche low-tech implique un questionnement du besoin visant à ne garder que l’essentiel, la réduction de la complexité technologique, l’entretien de ce qui existe plutôt que son remplacement. La démarche low-tech permet également au plus grand nombre d’accéder aux réponses qu’elle produit et d’en maîtriser leurs contenus.
Démarches low-tech, 2022, ADEME

Les Low-tech : scénario « Génération frugale » des Transition(s) 2050
Depuis 2020, l’ADEME a intégré les low-tech dans la palette des outils qu’elle évalue et promeut au service de la transition écologique. Après une étude sur les contours du concept et le paysage de son application en France et dans le monde, l’ADEME a mobilisé les low-tech comme composante clé du scénario « Génération frugale » des Transition(s) 2050. En parallèle, plusieurs antennes de l’ADEME ont soutenu des projets d’application concrète des low-tech, à l’échelle territoriale (AAP et AMI en Bretagne, Normandie, PACA, Bourgogne Franche Comté et Martinique).
A présent, l’ADEME développe une base méthodologique solide permettant d’accompagner et de qualifier une démarche low-tech, ses bénéfices environnementaux et sociaux. En effet, plusieurs définitions co-existent et un débat persiste sur la compatibilité entre le format de l’entreprise à but lucratif et les low-tech, et sur la manière dont les organisations peuvent intégrer les low-tech dans leur fonctionnement. Les travaux menés par l’ADEME soulignent cette ambiguïté et permettent de démontrer comment la démarche low-tech remet profondément en cause notre manière de produire et de consommer (en privilégiant l’existant, la consommation alignée au besoin et la frugalité dans les modes de production et de consommation). La démarche low-tech présente potentiellement de nombreux avantages qui sont des atouts indéniables face aux transitions à venir : réduction de l’impact environnemental, création d’emplois non délocalisables, augmentation de la souveraineté d’approvisionnement en matières premières et en énergie, etc., c’est pourquoi il est essentiel de développer des outils et une trajectoire commune pour que les organisations s’emparent du concept, puissent être accompagnées et réduisent drastiquement leur impact environnemental tout en proposant des produits et services utiles, accessibles et durables.

Exemple de résultats après utilisation du Lowreka score – four solaire (par rapport à des plaques vitrocéramique en France), présentation du webinaire du 20 juin 2025
Ce projet ont pour objectif de poser une base méthodologique partagée et un niveau d’exigence minimal vis-à-vis des organisations qui souhaitent prendre en main et appliquer une démarche low-tech dans leur conception de produits et/ou de services. Les objectifs poursuivis sont les suivants :
- Mesurer la performance des solutions low-tech par rapport à des solutions équivalentes “conventionnelles” et ainsi démontrer la performance environnementale d’un produit ou service qui a bénéficié d’une démarche low-tech.
- Établir un référentiel d’évaluation permettant de caractériser la dimension “low-tech” de produits ou de services, en prenant en compte la dimension relative des démarches (un objet ou service n’est pas low-tech dans l’absolu mais plus ou moins par rapport à une solution alternative répondant à un besoin initial).
- Formaliser les étapes et la marche à suivre pour appliquer une démarche low-tech dans les organisations et concevoir un dispositif d’accompagnement à l’application d’une telle démarche.
Deux outils clé en main à destination des organisations ont été développés, accompagnés de leurs guides d’utilisation et d’outils complémentaires permettant leur appropriation et leur diffusion. En résumé, cette étude apporte des éléments tangibles sur les retombées environnementales de projets low-tech, donne des outils permettant aux acteurs de situer leur propre démarche, et propose une méthode pour passer à l’action.

Récapitulatif des périmètres et questionnements de la méthode MALTO – Méthode d’Application de la Low-Tech en Organisation
Évaluation environnementale
Vers un territoire low-tech, le film
Film documentaire réalisé par Corto Lassus dit Layus pour le Low-tech Lab. Ce film retrace les expérimentations menées dans le cadre du projet « Vers un territoire low-tech » conduit de l’automne 2022 à l’hiver 2023. Pendant 18 mois, 20 structures du pays de Concarneau Cornouaille ont exploré collectivement des façons plus sobres et résilientes de produire, d’apprendre et de s’organiser. À travers les voix des participant·es, ce film plonge au cœur des défis, des réussites et des apprentissages de l’expérimentation Vers un territoire low-tech. Plus qu’un récit, il pose une question essentielle : comment ancrer la low-tech dans nos territoires pour imaginer un futur soutenable et désirable ?
Synthèse de l’étude Ademe sur les démarches Low-tech
Comprendre les résultats du bilan



