« Chez Les Cols Verts, nous œuvrons collectivement pour un système agricole et alimentaire juste et vertueux pour le vivant. » Pour favoriser l’émergence de systèmes alimentaires territoriaux durables et résilients, le réseau national Les Cols verts forme, accompagne et déploie des collectifs locaux chargés de mettre en place des solutions d’Agriculture Urbaine et d’alimentation durable. Son directeur et co-fondateur Boris Marcel a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Les Cols Verts, un Réseau associatif pour l’Agriculture Urbaine
« Chez Les Cols Verts, nous œuvrons collectivement pour un système agricole et alimentaire juste et vertueux pour le vivant. »


Le Réseau Les Cols verts forme, accompagne et déploie des collectifs locaux chargés de mettre en place des solutions d’Agriculture Urbaine et d’alimentation durable, avec pour objectif de favoriser l’émergence de systèmes alimentaires territoriaux durables et résilients. Il contribue a essaimer des solutions protectrices de la biodiversité, porteuses d’un mieux-vivre pour les populations urbaines et vectrices de développement économique.
- FORMER : En présentiel ou en numérique, sur tous les sujets liées à l’Agriculture Urbaine et à la transition alimentaire.
- ACCOMPAGNER : Les porteurs de projets, les établissements scolaires, les collectivités et les entreprises.
- DÉPLOYER : Des collectifs Cols verts partout sur le territoire, qui œuvrent concrètement avec des actions de terrain.

Questions Cdurable à Boris Marcel
Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Boris Marcel, sélectionné par Les Nouvelles Voix
Boris Marcel est un entrepreneur social breton qui travaille à rendre notre système alimentaire plus résilient, plus juste et plus soutenable. Il est membre de la promotion 2025-2026 Les Nouvelles Voix
Fondateur et directeur du réseau associatif Les Cols Verts, il développe des fermes urbaines et périurbaines dans plusieurs villes françaises, dans des quartiers populaires. Ces lieux sont à la fois des espaces de production alimentaire, des outils de protection de la biodiversité et des tiers-lieux d’éducation, de formation et d’insertion. Ils contribuent concrètement à la résilience alimentaire des territoires, en rapprochant les habitants de leur alimentation et en créant des emplois locaux.
Construire un système alimentaire plus durable, c’est agir à la fois pour le climat et pour une société plus équitable.
À l’échelle nationale, Boris conçoit des formations et des programmes de sensibilisation pour rendre les connaissances sur la transition alimentaire accessibles au plus grand nombre : citoyens, professionnels, collectivités. Il a récemment initié Oya, une entreprise de formation et d’accompagnement dédiée aux métiers de la transition alimentaire – de l’agriculture à la restauration – afin de répondre aux besoins de compétences et de souveraineté alimentaire.
Il intervient également dans plusieurs écoles et lieux de débat public sur les questions de résilience alimentaire, de souveraineté, d’agriculture urbaine et de transition des systèmes alimentaires.

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je suis issu d’une famille d’agriculteurs, même si j’ai grandi avec une certaine distance au monde agricole. Mon lien au vivant s’est construit en deux dimensions.
Le vivant me paraît littéralement magique
D’abord une fascination profonde. Le vivant me paraît littéralement magique. Chaque espèce est une stratégie d’adaptation unique : formes, couleurs, modes d’organisation, intelligence, coopération, émotions. J’ai une admiration particulière pour les grands singes qui constitue cette jonction troublante entre l’humain et l’animal – mais aussi pour les espèces dont l’intelligence et l’empathie sont aujourd’hui largement documentées : corbeaux, cochons, cétacés, perroquets…

l’agriculture est notre premier lien concret au vivant
Ensuite, une découverte du vivant par l’alimentation. La diversité culinaire mondiale m’a fait comprendre que l’agriculture est notre premier lien concret au vivant. Derrière chaque saveur, il y a un sol, un climat, un paysan, une biodiversité cultivée. Comprendre comment pousse une plante, comment fonctionne un sol, comment se structure un écosystème agricole m’a conduit à créer le réseau Les Cols Verts et à travailler sur la transition alimentaire.
Aujourd’hui, j’agis sur le système alimentaire. Dans une autre vie, j’aimerais consacrer davantage de temps à la préservation des espèces. Pour moi, ces deux combats sont intimement liés.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je suis flexitarien lorsque je partage des repas en famille ou avec des amis, et majoritairement végétarien chez moi.
Je cherche à consommer des produits peu transformés : légumes vapeur, céréales variées, légumineuses, oléagineux, fruits… et probablement encore un peu trop de fromage !
la cohérence sans réduire le plaisir
Au-delà du régime alimentaire, ce qui compte pour moi, c’est la cohérence sans réduire le plaisir : réduire l’impact environnemental, préserver la santé, soutenir des filières agricoles respectueuses du vivant et accessibles socialement. L’alimentation est un acte quotidien, mais c’est aussi un levier systémique. Et c’est une des choses les plus agréables sur terre.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis dans un appartement en Bretagne, dans un immeuble assez singulier : très ouvert, presque communautaire parfois. Le jardin est partagé, les voisins se connaissent, on garde les animaux des uns et des autres, on partage parfois des repas. Cette convivialité crée une atmosphère profondément humaine.
Mon habitat idéal serait un lieu semi-ouvert, proche de l’habitat participatif
Mon habitat idéal serait un lieu semi-ouvert, proche de l’habitat participatif :
des espaces privés respectés, mais aussi des espaces communs vivants – jardin partagé, chambre d’amis collective, grande table pour dîner ensemble.
Je crois que l’habitat est un élément clé de la transition écologique : il structure nos modes de vie, nos déplacements, nos relations sociales, notre rapport au territoire.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
L’escalade est mon sport depuis l’âge de 12 ans, et de très loin mon préféré. Elle m’apporte un équilibre physique et mental. En bloc ou en voie, elle me vide l’esprit et me recentre. Je ressens particulièrement le manque de l’escalade en extérieur, au contact direct de la roche et du paysage.
J’alterne avec du workout en extérieur (je ne suis pas fan des salles de musculation) et de la corde à sauter ou de la course pour le cardio.
le sport n’est pas une performance :
c’est une hygiène de vie
Pour moi, le sport n’est pas une performance : c’est une hygiène de vie, une façon de rester en lien avec mon corps et mon énergie. C’est absolument essentiel dans mon quotidien.
5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?
Très tôt, j’ai été en colère contre les multinationales que j’accusais, et que j’accuse encore parfois, de placer la rentabilité avant le bien commun, avec des impacts économiques, sociaux, environnementaux et politiques majeurs.

construire plutôt que dénoncer en permanence
Mais j’ai rapidement compris que l’indignation permanente ne me rendrait pas heureux. J’ai choisi une posture différente : construire plutôt que dénoncer en permanence. Cela ne signifie pas renoncer à l’esprit critique, mais privilégier l’action positive.
La découverte de l’économie sociale et solidaire a été déterminante. Puis l’entrepreneuriat social, l’économie circulaire, l’agroécologie, le biomimétisme, l’innovation frugale, l’économie post-croissance, la théorie du donut… J’enseigne ces modèles depuis plus de dix ans. Il en existe probablement une centaine que j’ai eu la chance d’explorer.
Ces cadres théoriques m’ont donné des outils. Mais c’est surtout le terrain qui m’a appris : créer, tester, ajuster, coopérer.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
mon travail est profondément aligné avec mes passions
Malgré la lourdeur administrative qui peut parfois peser, mon travail est profondément aligné avec mes passions : Former, accompagner, transmettre sur la transition alimentaire, c’est agir sur l’emploi, le climat, la santé, la biodiversité et la cohésion sociale en même temps.
Mon travail me permet de relier mes convictions écologiques, mon goût pour l’entrepreneuriat et mon envie de transmission. C’est un engagement autant qu’un métier.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Mon énergie vient d’un équilibre simple : le sport, le repos, ma famille, mes amis, les voyages, le cinéma, la musique, la curiosité intellectuelle et l’ouverture sur le monde.
Je crois profondément que
pour agir durablement,
il faut préserver sa propre énergie.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon implication principale est professionnelle : construire des projets qui accélèrent la transition alimentaire, former aux métiers en tension, structurer des dynamiques territoriales.
Elle est aussi citoyenne et politique : participer aux débats, soutenir des initiatives collectives, défendre des modèles économiques plus justes et régénératifs.
défendre des modèles économiques plus justes et régénératifs

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je crois à la coopération
comme moteur de transformation.
Aucun acteur ne peut transformer seul le système alimentaire : agriculteurs, transformateurs, restaurateurs, distributeurs, collectivités, chercheurs, citoyens doivent travailler ensemble.
Je crois profondément à la logique systémique et à la compréhension globale d’un secteur pour agir en conscience et en prenant en compte l’ensemble des externalités potentielles.
Mon rôle est souvent celui d’un passeur : connecter, structurer, faire dialoguer des mondes qui ne se parlent pas toujours.
10 – Carte blanche : message essentiel
La transition écologique n’est pas seulement une contrainte ou une nécessité technique. C’est une opportunité de réconcilier l’humain avec le vivant.

Nous pouvons produire autrement, manger autrement, habiter autrement, coopérer autrement. Nous avons les connaissances, les modèles, les expériences. Ce qui manque le plus, ce n’est pas la solution technique : c’est la capacité collective à changer d’échelle.
Je crois à une écologie constructive, positive, exigeante.
Une écologie qui ne nie pas les crises, mais qui choisit d’y répondre par la création plutôt que par le renoncement.
Et je crois profondément que l’alimentation, qui est le principal facteur des limites planétaires, est également le point d’entrée le plus puissant pour transformer nos sociétés.




