Une exposition événement sur les relations entre humains et animaux

“Bêtes et Hommes” à la Grande Halle du Parc de la Villette

Jusqu'au 20 janvier 2008

Pour sa réouverture après deux ans de travaux, la Grande Halle de la Villette à Paris, qui était autrefois un abattoir, se réconcilie avec les animaux. Sur 3500 m2, dans une scénographie étonnante, l’exposition “Bêtes et Hommes” interroge la manière dont les humains et les animaux entrent en relation dans le monde d’aujourd’hui. Sous un angle inédit, en considérant l’animal pour lui-même – un être vivant à part entière – et non pour ce que ses représentations symboliques disent de l’homme, l ’exposition montre comment, à travers des pratiques concrètes, humains et animaux se sont mutuellement transformés. Les animaux, comme les humains, ont une histoire ; ils interprètent le monde où ils agissent et modifient leurs comportements en fonction de ce qu’ils perçoivent.

Pourquoi « Bêtes et Hommes » dont il y avait tout lieu de redouter la banalité du sujet ? Pour Yolande Bacot, directrice des expositions au Parc de la Villette, « mille signes ont témoigné qu’il y avait là matière à une vraie réflexion pour autant que l’on s’attache à la seule question de la relation des humains aux animaux aujourd’hui dans le monde occidental et que les animaux soient bien pris pour eux-mêmes et non pas dans leur représentation symbolique ou imaginaire ».
Evolution, 1971 -  Photo © Jill Freedman
Evolution, 1971 – Photo © Jill Freedman
La perception que l’on vit une nouvelle grande phase d’extinction des espèces, la prise de conscience que les animaux que l’on mange ne sont pas des choses transformables à l’infini sans conséquences fâcheuses pour les humains, les découvertes récentes de compétences très sophistiquées chez certains mammifères ou oiseaux de nature à ébranler les humains sur leur manière de penser le vivant, etc… nous ont alerté sur l’enjeu philosophique et sociétal de ce qui allait devenir « Bêtes et Hommes ». « Bêtes et Hommes » a pris corps puis forme avec cette proposition étonnante de Patrick Bouchain, scénographe assisté d’Isabelle Allégret, d’une installation couvrant 3500 m2, faite de huttes en cordage et toile de jute, suspendues aux fermes de la Halle. Des abris, des refuges pour symboliser ce dont tout être vivant – humain ou animal – a besoin et surtout pour créer l’intimité nécessaire à la rencontre avec des oeuvres plastiques, photographiques, à l’écoute de sons, à la découverte d’audiovisuels, etc…
Série Lucky family de Yang Zhenzhong, 1995 - © Yang Zhenzhong – Courtesy Shanghart gallery, Shanghaï
Série Lucky family de Yang Zhenzhong, 1995 – © Yang Zhenzhong – Courtesy Shanghart gallery, Shanghaï
Car « Bêtes et Hommes » a aussi cette originalité là de donner sa place et toute sa place aux artistes sans les enrôler dans un propos qui ne serait pas le leur, tout en conservant une narration faite de témoignages audiovisuels, de textes, de citations dont une des plus jolies est sûrement celle de Kant : « L’éléphant a aussi une queue courte avec de longs poils raides dont on se sert pour nettoyer les pipes… « . Si « Bêtes et Hommes » est une exposition rigoureuse, elle n’en est pas moins très joyeuse, offrant aux visiteurs en dehors du plaisir esthétique, celui d’éprouver la présence irremplaçable d’animaux vivants ; des animaux nés en captivité ou recueillis par des zoos après avoir été soit blessés soit abandonnés. Ces animaux « en résidence » – mainates, iguanes, outardes, loutres, corneilles, vautours – résument finalement en eux-mêmes cette question centrale de l’exposition : comment vivre ensemble, humains et animaux, aujourd’hui ? «[…] on s’y promène en famille comme dans un jardin extraordinaire, butinant un savoir toujours inattendu, à la fois pointu et pédagogique, mis à la portée de tous par une scénographie audacieuse.» LE NOUVEL OBS, 18 octobre

 

Informations pratiques :

Bêtes et Hommes – Exposition jusqu’au 20 janvier 2008

du mardi au vendredi de 10h à 18 h, samedi et dimanche de 11h à 19h
(fermeture des caisses 1/2 heure avant la fermeture de l’exposition)

INFO / RÉSA 0 892 684 694 (0,34 € TTC/min)

TARIFS : Plein tarif 10 € – Tarif réduit 8 € – Moins de 16 ans 5 €

ACCÈS À LA GRANDE HALLE : Parc de la Villette, Paris 19e
Métro Porte de Pantin (ligne 5) – Bus 75, PC, 151

David Naulin
David Naulinhttps://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

Lire aussi

Le mouvement ECHO sème les graines d’un nouveau paradigme

Comment impulser une évolution des mentalités et des comportements...

A quoi sert la vérité si personne ne veut l’entendre ?

Les reportages peuvent-ils motiver les gens à adopter un...

Slow Food, le mouvement qui relie plus 1 000 fermes agroécologiques dans le monde

Au centre de l’Iran, une petite ferme familiale est...

Newsletter

Sur Cdurable

Le mouvement ECHO sème les graines d’un nouveau paradigme

Comment impulser une évolution des mentalités et des comportements...

A quoi sert la vérité si personne ne veut l’entendre ?

Les reportages peuvent-ils motiver les gens à adopter un...

Slow Food, le mouvement qui relie plus 1 000 fermes agroécologiques dans le monde

Au centre de l’Iran, une petite ferme familiale est...

Le mouvement ECHO sème les graines d’un nouveau paradigme

Comment impulser une évolution des mentalités et des comportements à grande échelle pour amener plus de cohésion sociale et pour renforcer la volonté d’agir...

Canicule, sècheresse, tension sur la ressource : face au défi de l’eau, le Regard de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur

L'Agence Régionale de la Biodiversité et de l'Environnement (ARBE) de Provence-Alpes-Côte d'Azur publie « Regard sur l'eau 2026 », pour mieux appréhender les enjeux...

Un manifeste pour rapprocher les connaissances et l’action, afin de réagir à temps aux conséquences du dérèglement climatique

Nous vivons une époque de grande conséquence. Nous agissons comme si nous ne l'étions pas. Jamais auparavant nous n’avons vu avec une telle clarté...