La chimie dans l’alimentation : pour le meilleur ou pour le pire ?

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La chimie dans l’alimentation : pour le meilleur ou pour le pire ?

100% naturel. C’est ce que recherche aujourd’hui dans les rayons tout consommateur soucieux de sa santé et de sa sécurité. Les scandales alimentaires poussent à examiner plus sérieusement les étiquettes des produits et à bannir tout ce qui semble « chimique » : adjuvants, arômes, additifs, conservateurs, devenus tabous, sont-ils vraiment nocifs ? Le tout bio est -il justifié ? Venez vous exprimer le jeudi 26 novembre sur le forum de Valeurs Vertes de 10h30 à 11h30.
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En attendant, voici ci-dessous quelques lignes écrites de la main de Pierre Feillet, membre de l’Académie des Technologies, pour cet évènement. A vous les commentaires !

Réflexions de Pierre FEILLET, membre de l’Académie des technologies, en marge du débat.

«De nombreux consommateurs plébiscitent les aliments « naturels » et rejettent l’apport de produits chimiques. Qu’est-ce donc qu’un produit naturel ? En quoi serait-il plus sûr qu’un produit artificiel (produit de l’activité de l’homme) ? Existe-t-il encore des aliments qui n’auraient pas subi une transformation par l’homme ? La réponse est oui : les baies et les champignons sauvages, le gibier, les produits de la pêche (en mer). Mais même le pain, aussi bio soit-il, est fabriqué avec des farines produits de la mouture de blés créés par l’homme au cours d’un long processus de sélection : ce n’est pas un produit naturel. Ce n’est pas davantage un aliment sans produit chimique puisque tous les nutriments (minéraux vitamines, sucres, protéines …) qu’il contient sont des produits chimiques. Le cuisinier lui-même, surtout s’il est très bon, fabrique de nouveaux produits chimiques, qui génèrent à leur tour de nouveaux goûts et arômes et de nouvelles textures, à partir des ingrédients qu’il incorpore dans sa recette et qu’il porte à haute température dans sa casserole ou dans son four, Et si finalement, la notion d’alimentation sans produits chimiques n’avait pas de sens ! La bonne question n’est-elle pas de se demander si les produits chimiques incorporés dans les aliments (extraits de plantes ou d’animaux, ou fabriqués dans des réacteurs) ou déjà présents dans les produits issus de l’agriculture ou de la cueillette sont bons ou mauvais pour la santé. Et s’il serait possible de s’en passer. En particulier, les additifs alimentaires ne sont-ils pas nécessaire pour répondre à de nouveaux besoins liés à l’évolution de la manière dont nous faisons nos achats (souvent, une fois par semaine) et préparons nos repas (rapidement) ? Pourrait-on nourrir les grandes villes sans l’industrie alimentaire et sans additifs ?»

 

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