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Interdépendances N°76 - Janvier 2010

Les coopératives face à la crise

mercredi 20 janvier 2010
Posté par David Naulin

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L’excellent magazine Interdépendances consacre en janvier un dossier aux coopératives face à la crise : "Les coop’ ont un scoop : contre le chômage, elles demeurent un frein efficace. En ces temps de crise, les coopératives affichent en effet une belle résistance, grâce à plusieurs principes favorables à l’emploi. Tant qu’elles ne renient pas leurs propres valeurs..."



 Editorial

Fondées sur des valeurs fortes et une gestion éthique les coopératives sont un modèle intéressant pour entreprendre de façon démocratique et durable, avec le plus souvent une forte implantation locale. Reste aux membres de coopératives de mettre en pratique les principes d’honnêteté, de transparence, de responsabilité sociale et d’altruisme pour donner à leurs structures tout leur sens.

Interdépendances N°76 - Janvier 2010 Moins de licenciements que dans les entreprises classiques, possibilité pour les salariés de préserver l’activité par la reprise de leur entreprise en difficulté (sous forme de Scop, société coopérative de production) : le statut coopératif serait-il un rempart pour l’emploi en temps de crise ? Les membres sont à la fois associés et utilisateurs, et une part des bénéfices est mise en réserve. Le fonctionnement, basé sur l’activité non pas le capital, maintient les personnes au cœur de l’activité, limite la spéculation, et évite les délocalisations puisque le profit n’est pas l’unique priorité. Par leur cadre même, nombre de coopératives ont échappé aux pires dégâts de la crise de 2008.

Fondées sur la propriété collective et l’exercice démocratique du pouvoir, les coopératives ont pour principes la prise en charge et une responsabilité à la fois personnelle et mutuelle, la démocratie, l’égalité (une personne = une voix), l’équité et la solidarité. Coopératives d’usagers, banques coopératives, coopératives d’entreprises, de producteurs (Scop), ou d’intérêt collectif (Scic) : sous diverses formes et de toutes tailles, elles fixent souvent l’activité à échelle locale, mais pas exclusivement : on trouve également des coopératives actives dans plusieurs pays, par le biais de filiales. Innovation récente, le statut de société coopérative européenne adopté en 2003 par l’UE, permet depuis sa transposition en droit français en 2008, à une seule et même coopérative française de passer les frontières nationales sans devoir créer de filiale.

Que leurs statuts se diversifient, et les possibilités des coopératives s’étendent est salué par les acteurs du tiers secteur. Le modèle est toutefois terni lorsqu’elles s’éloignent de leurs principes fondateurs. Les structures qui ces dernières années s’étaient alignées sur des pratiques courantes, certaines banques coopératives par exemple, ont joué et perdu gros. Le statut ne fait pas le moine : on peut être coopérative, adopter les mêmes pratiques que des entreprises d’autres secteurs et subir les mêmes dégâts ; être coopérative et oublier la solidarité et l’équité. Sur ce dernier point, un rapport édité à l’occasion de la campagne “Droits des travailleurs... liquidation totale ?” fin 2009, par le collectif Ethique sur l’étiquette, en lien avec la Clean clothes campaign [1] épingle plusieurs distributeurs pour leurs pratiques en matière de production textile. Concernant la qualité sociale, ou prise en compte des conditions sociales de production, une coopérative figure en mauvaise place parmi les grandes surfaces françaises [2].

En principe, les membres de coopératives adhèrent à une éthique fondée sur l’honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et l’altruisme. En pratique, le respect des valeurs fondatrices dépend des personnes qui composent chaque structure.

 Au sommaire du N°76

AGIR

- Entreprendre sous statut associatif. Le statut associatif peut être un excellent moyen de mettre en œuvre un projet d’activité économique à forte valeur sociale ajoutée. Contre toute idée reçue, « l’entreprise associative » peut se révéler tout à fait performante.
- L’éthique en droite ligne. En 2002, à l’âge de 35 ans et après 10 années passées en Italie où son mari terminait ses études, Anjali Schiavina, indienne originaire de Pondichéry, est confrontée pour la première fois au monde du travail en Inde. Portée par une persévérance idéaliste, elle fonde à Pondichéry l’atelier Creative Art of Souls. En Inde, l’entreprenariat social n’est alors qu’un concept flou.
- Dur dur d’être DD. Il est de bon ton d’évoquer les principes fondamentaux du développement durable et de discuter du bien-fondé de telle ou telle recommandation d’écogeste. Un véritable champ lexical est apparu : “naturel”, “recyclable”, “vert”, autant d’adjectifs qui sont pourtant utilisés à tort et à... tra-vert ! Quelques conseils pour éviter les erreurs classiques du novice durable.
- Le trésor vert. Dans la région de Koudougou au Burkina Faso, le microcrédit et une algue hautement nutritive, la spiruline, sont associés pour améliorer la santé et le revenu des burkinabé.
- Décupler ses forces. Expérimentée dans deux collectivités, la Démarche entreprendre en coopérant (Dec) permet de développer des filières économiques innovantes tout en répondant aux enjeux de développement durable. Son crédo : faire coïncider travail et partage au cœur du territoire.
- Cap sur la solidarité. Deux skippers par bateau, des sponsors... mais surtout 24 associations à caractère social et leurs mécènes. Une transat d’un nouveau genre est née à Saint-Nazaire en octobre dernier. Son nom : la Solidaire du chocolat.

DÉCOUVRIR

- Objectif paix. Photojournaliste de renom, Reza Deghati a voyagé dans une centaine de pays après son exil d’Iran pour avoir critiqué le régime du Shah puis celui des Mollahs. Ami de Massoud, il noue un attachement profond à l’Afghanistan et fonde en 2001 l’ONG Aina, pour répondre aux besoins invisibles de la population afghane confrontée à 30 ans de guerres.
- Le directeur DD 2.0 est au point. Apparues dans les entreprises il y a moins de dix ans, les fonctions de direction du développement durable connaissent déjà une première révolution. S’écartant des enjeux purement communicationnels de départ, leur implication dans la stratégie des entreprises va croissante.
- Revalorisation. Ateliers sans frontières accompagne des personnes en difficulté vers l’emploi, à Bonneuil en banlieue parisienne, en Roumanie, en Algérie et au Maroc, par le biais d’activités de recyclage et de revalorisation d’équipement informatique et sportif. Donner aux personnes une nouvelle chance et aux objets une nouvelle vie, telle est la mission de cette association fondée en 2005.
- L’esprit de résistance. Philippines. L’archipel aux 7 107 îles n’a de paradisiaques que ses cartes postales. Là, comme dans de nombreux pays du Sud, les droits des travailleurs sont régulièrement bafoués par des multinationales en quête d’une main-d’œuvre peu onéreuse et soutenues par un gouvernement peu soucieux de sa population. A la découverte d’un monde du travail pas très décent.

RÉFLÉCHIR

- Le salaire du zappeur. La culture a changé. D’où bien des malentendus. Y a-t-il baisse ou non du niveau éducatif, et pas seulement du niveau scolaire ? Sommes-nous plus égaux qu’avant face à l’accès à la culture ? La réponse dépend de l’idée qu’il y aurait ou non une culture postmoderne, différente de la culture “traditionnelle”, qui incluait pourtant la culture... moderne.
- Manager autrement. On attend de l’économie sociale et solidaire qu’elle soit exemplaire dans tous ses fonctionnements : qu’en est-il du management des personnes, salariées et autres, qui y apportent leur talent et leur engagement ? Exploration d’un domaine encore méconnu dans le tiers secteur.

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[1Campagne « Droits des travailleurs... Liquidation totale ? », lancée en novembre 2009 : www.ethique-sur-etiquette.org.

[2Synthèse de l’étude sur la prise en compte de la qualité sociale par Auchan, Carrefour, Casino, E.Leclerc (commandée au cabinet Syndex).

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